00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:05Il est 7h13, c'est à la une ce matin.
00:09La taxe sur les petits colis, on va tout vous raconter.
00:12Félix Mathieu dans C'est quoi le problème ? Dans quelques minutes,
00:15il sera là pour vous raconter évidemment qu'est-ce qui pose vraiment problème.
00:20Mais depuis son imposition, c'est-à-dire depuis le 1er mars,
00:25la France impose une taxe de 2 euros sur les petits colis
00:28qui sont importés, qui proviennent évidemment de Chine.
00:31C'est une bonne idée évidemment sur le principe.
00:34Sauf que ça vise les plateformes comme Temu, Chine, AliExpress, etc.
00:41Bien sûr, tout ce qui arrive en France par avion.
00:45Résultat, les spécialistes du dédouanement des colis de l'e-commerce
00:51qui se sont installés depuis quelques temps à l'aéroport de Roissy,
00:55leurs chiffres dégringolent.
00:57C'est le cas de Frédéric Campagnac, fondateur et PDG de Clevelings,
01:01société de dédouanement des colis, qui est avec nous.
01:04Bonjour.
01:05Bonjour monsieur. Vous m'entendez ?
01:07Oui, on vous entend très bien.
01:10Donc oui, parce que les colis n'arrivent plus aujourd'hui par avion,
01:14mais finalement, on le reverra tout à l'heure,
01:16ils arrivent par la route, c'est encore pire,
01:18parce qu'ils viennent évidemment des aéroports de chez nos voisins européens.
01:22Alors vous, vous êtes spécialiste dans le dédouanement des colis à Roissy,
01:24vous les réceptionnez. Quel impact a eu cette taxe sur votre activité ?
01:31Alors, ça a eu un impact total.
01:36total, c'est-à-dire qu'on n'a plus un seul colis en dédouanement depuis le 1er mars.
01:43En tout cas, on n'a plus du tout un colis d'e-commerce en dédouanement depuis le 1er mars,
01:48donc c'est vraiment radical.
01:50Pour vous mettre un peu en perspective, nous, on était donc un acteur spécialisé du domaine,
01:55que j'ai fondé il y a déjà une quinzaine d'années,
01:58et on est devenu le leader en France,
02:01notamment en reprenant du volume de la Belgique et des Pays-Bas,
02:06parce que traditionnellement, c'est toujours un peu plus simple de faire du dédouanement,
02:11et c'est un peu plus simple de faire de la logistique dans le pays du Nord qu'en France.
02:16Et donc, nous, il a fallu qu'on travaille très dur avec l'aéroport,
02:20avec aussi une compagnie aérienne française Cargo,
02:23qui a revu le CMA-CGM Cargo.
02:25On avait tous les avions Cargo pendant un moment,
02:28et en travaillant ensemble,
02:30on a réussi à rapatrier pas mal de volumes à destination de France.
02:39sur la France,
02:40et on était très contents de ça.
02:42Et puis, en 24 heures, le balancier a retourné totalement,
02:46et tout ce qu'on avait construit sur les années est reparti.
02:51Oui, c'est ça, depuis 12 ans, évidemment,
02:53puisqu'il y a cette interdiction.
02:55Je sais que vous avez rencontré hier le ministre du Commerce,
02:58Serge Papin, Frédéric Campagnac.
03:01Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
03:02Alors, non, pour le moment, je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer M. Papin.
03:08Je pense même, je suppose, qu'il serait très gêné de me rencontrer.
03:12J'avais cru comprendre qu'il y avait une rencontre de prévu hier.
03:16Non, c'était pas ça ?
03:16Non, hier, il y a eu une rencontre de prévu,
03:18mais j'ai rencontré son conseiller.
03:21Ah, son conseiller, oui, oui.
03:22Voilà, c'est ça.
03:24On ne m'a pas proposé de rencontrer M. Papin,
03:27parce que je pense qu'il serait malheureusement très gêné,
03:30parce qu'encore une fois, vous l'avez dit,
03:31les objectifs de la taxe étaient tout à fait louables.
03:34D'ailleurs, nous sommes un représentant en douane et nous y travaillons.
03:39C'est-à-dire que nous sommes un acteur des objectifs qu'il recherchait.
03:43Oui.
03:44Et donc, vous lui avez fait part de votre surprise,
03:49de votre mécontentement,
03:50parce que vous, c'est toute votre activité qui est mise en l'air, quoi.
03:56Mise à mal.
03:56Oui, absolument, absolument, parce qu'on était vraiment spécialisés là-dedans.
04:00C'est quand même très, très spécifique.
04:02Le traitement de colis, en général, ce ne sont pas les mêmes acteurs.
04:05En acteur français, en fait, on n'est que deux qui existent.
04:08Souvent, c'est la poste et nous.
04:11Alors, voilà, on s'entend très bien également.
04:14Et on a les mêmes problèmes.
04:17Oui.
04:17Mais là, Frédéric Campagnac,
04:19votre activité s'était spécialisée beaucoup autour du dédouanement
04:24de ces petits colis,
04:25qui venaient notamment de Chine, essentiellement,
04:27et qui sont taxés, c'est ça ?
04:30Ah oui, absolument, notre activité était complètement concentrée là-dessus.
04:35Et encore une fois, notre problème, ce n'est pas la taxe.
04:37Non.
04:38C'est le fait que la taxe soit appliquée seulement en France.
04:41Oui, voilà, c'est ça.
04:42C'est ça, notre problème.
04:43Parce qu'aujourd'hui, évidemment,
04:46eh bien, ce que font les Chinois,
04:48c'est qu'ils atterrissent avec leur avion cargo ailleurs, en Europe,
04:54et tout est acheminé par la route, c'est ça, en France ?
04:58C'est ça, absolument.
04:59Parce que les avions sont, voilà, c'est très flexible.
05:01On peut faire atterrir un avion où on veut.
05:04D'ailleurs, j'ai vu sur les images d'une télé
05:07qui ont été prises à Liège,
05:10les avions d'une compagnie aérienne
05:13qui atterrissaient uniquement à CDG avant.
05:17Et là, je les ai vus sur les images,
05:19ils atterrissaient à Liège.
05:21Avant, c'était 777, c'est des gros porteurs.
05:24Et en fait, c'est ce qu'on a connu, nous, ici, à CDG.
05:28C'est-à-dire qu'il y a eu un départ quasiment total
05:30de tous les avions cargo chinois
05:33et de la plupart des avions cargo français aussi
05:38et des autres pays pour les autres pays européens.
05:42Oui, voilà, c'est ça.
05:44Et avec, bien sûr, des conséquences.
05:47Parce que, vous l'avez dit, sur votre entreprise,
05:52et vous avez une question ce matin,
05:53est-ce que votre entreprise va pouvoir survivre
05:56à cette situation ?
05:58Oui, absolument.
06:00Alors, c'est censé être temporaire.
06:02Donc, normalement, cette taxe est temporaire
06:04jusqu'en novembre, le moment où l'Union européenne
06:08va mettre en place une taxe équivalente.
06:11Mais jusque-là, il n'y a aucune raison
06:13pour des chargeurs chinois
06:17de passer en France.
06:20On a fait un calcul.
06:21Le coût par article,
06:24le coût de la taxe est de 2 euros
06:25et le surcoût en camion par article
06:29sur nos données, c'est un centime.
06:32Maximum.
06:33Maximum.
06:34Parce qu'il y a des hubs de la Poste
06:37en Nord-France
06:37et de Mondial Relais
06:39et d'autres logiciels de Derniers Kilomètres.
06:41On peut injecter l'AS.
06:42Il n'y a aucun surcoût.
06:44Donc, bon, évidemment,
06:46on va en reparler dans un instant.
06:48Je vous propose...
06:49Merci, Frédéric Campagnac,
06:50d'avoir été avec nous.
06:51Je vous propose de rester
06:51parce que dans 5-7 minutes maintenant,
06:54on verra justement
06:55dans C'est quoi le problème
06:56avec Félix Mathieu,
06:58la raison de fond,
06:59ce qui a poussé évidemment à tout ça
07:00et les questions que cela pose.
07:03C'est une bonne idée.
07:04C'est plutôt une bonne idée, en fait,
07:05à la base,
07:06de taxer des petits produits,
07:07mais des petits colis.
07:08Mais évidemment,
07:09il faut le faire de façon uniforme.
07:12Sinon, ça ne sert à rien.
07:14Il est 7h20.
07:155 minutes.
07:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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