- il y a 10 heures
Ce mercredi 25 mars, François Sorel a reçu Patrick Chomet, ancien vice-président exécutif en charge de l'expérience mobile chez Samsung, Thomas Serval, PDG de Baracoda, Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, et Yves Maitre, operating partner chez Jolt Capital. Ils se sont penchés sur les 25 ans du smartphone et l'histoire de l'iPhone dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Voilà, merci d'être avec nous, 20h01, Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
00:11On fête ce soir les 25 ans du smartphone, les 25 ans approximatifs,
00:15mais on avait vraiment envie de vous raconter l'histoire de cet appareil qui a bouleversé nos vies,
00:20qui a bouleversé la société aussi, parce qu'on s'intéresse à l'aspect technique et stratégique,
00:25que vous avez mis en place opérateur-constructeur, mais le smartphone n'a pas que des bons côtés.
00:31Quand on voit aujourd'hui le temps d'écran et les dégâts que ça fait sur la population,
00:36c'est le revers de la médaille d'une technologie qui, aujourd'hui, est tellement devenue de masse
00:40qu'elle hypnotise finalement la société aussi.
00:44Mais c'est un autre sujet.
00:45Là, j'aimerais qu'on attaque la deuxième partie de ces 25 ans, et 2007, je le disais,
00:51Fred, on s'en souvient de cette keynote, parce que franchement, elle a été mythique,
00:55Apple qui, contre toute attente, lance un produit qui, à l'époque, sur scène,
01:01n'était même pas fonctionnel véritablement.
01:03Enfin, il y a plein de petites anecdotes qu'on peut vous raconter,
01:06mais Steve Jobs tenait en main un produit qui n'était pas fini,
01:09qui a été annoncé en janvier 2007, qui est sorti en juin 2007,
01:13et pendant ces six mois, il a été finalisé, en fait, par l'équipe d'Apple.
01:17Donc, Apple sort ce téléphone, comment ont réagi les opérateurs ?
01:22Tiens, Patrick, par exemple, tu étais chez Vodafone à l'époque.
01:25Comment avez-vous vu arriver Apple sur ce marché ?
01:30Je pense qu'il dira l'même chose.
01:32On savait tous que ce serait significatif.
01:34On savait, avec la puissance de la marque, l'impact de cette marque sur l'éclair,
01:39on savait que ça serait significatif.
01:40Mais on se demandait un peu ce que ça allait être.
01:43C'était un téléphone 2G, ils n'ont pas d'expérience.
01:47Nous, ce qu'on savait pourquoi ils ont fait ce produit, je pense,
01:49ça vient de l'équipe service, ça vient de l'équipe service d'EddieQ,
01:53qui avait la conviction juste que tout ce qui était streaming, musique,
01:58iTunes, le service iTunes, devait passer en mobile.
02:02Et sans passer ces services sur les mobiles, il y avait une grande menace pour Apple.
02:06En fait, c'était un iPod augmenté.
02:08Le projet de départ chez eux, en fait, c'était l'iPad.
02:12Les gens du computing, et leur projet, c'était de concurrencer les PC.
02:15Et entre l'iPad et l'iPhone, il y avait l'iPod, finalement.
02:18Voilà, il y avait la caméra, ils avaient la technologie d'écran et la technologie de touch.
02:22Et je pense que le grand moment, c'est de se rendre compte que tous les services,
02:25avec la 3G et avec l'Internet mobile, allaient passer sur le mobile.
02:28Donc, il y a nécessité pour Apple de faire passer les services sur le mobile.
02:31Et donc, ils ont fait un téléphone.
02:32Alors, ce qui est rigolo, Thomas, c'est qu'à l'époque, tu étais chez Microsoft.
02:35Alors, j'étais chez Microsoft, j'ai deux anecdotes sur ça.
02:37Mais on va commencer par Microsoft.
02:40Donc, déjà, l'iPhone 1 était une grosse merde.
02:43Je suis désolé, c'est à l'antenne, mais il faut vraiment se dire que,
02:45même pour le geek qu'on était, à part l'interface utilisateur et les beaux designs,
02:50il n'y avait rien d'intéressant.
02:52L'interface utilisateur, c'était quand même une sacrée claque.
02:55Oui, mais il n'y avait surtout pas d'App Store.
02:57Alors, c'est ça qui est intéressant.
02:58C'est qu'en fait, et nous, c'est la première anecdote,
03:02on connaissait l'équipe d'EddieQ très bien,
03:04parce que c'est dirigé par des Français, Patrice Gauthier, etc.
03:07Donc, l'équipe d'EddieQ, c'était plein de Français.
03:09Il y a des Français partout.
03:11Le nombre de Français qu'il y avait au poste clé, à l'époque, dans ces boîtes, c'est fou.
03:14Donc, ils ont fait l'App Store, mais contre l'avis de Steve Jobs.
03:18Parce que l'avis de Steve Jobs, c'était qu'il n'y avait pas de gens
03:20qui pouvaient faire des apps aussi bien que les ingénieurs d'Apple,
03:22donc on n'allait pas laisser des développeurs le faire.
03:24L'idée de penser d'App Store, c'est EddieQ,
03:26c'est les équipes-service qui l'ont fait contre Steve Jobs.
03:31Ça, c'est un truc...
03:33Steve Jobs avait été un visionnaire sur plein de trucs,
03:34mais ça s'était fait contre les équipes.
03:36Et pourquoi ?
03:38On le sait, parce qu'en fait, nous, on était allés rêver,
03:40avec l'idée de vivre, à faire une application
03:42pour écouter la radio en streaming.
03:44Et à l'époque, on nous a laissé faire une application
03:47sur l'iPhone 3G,
03:49parce que Steve Jobs ne croyait pas au streaming.
03:53Il croyait au téléchargement des podcasts,
03:55il croyait au download,
03:57mais le streaming, ce n'était pas sa culture.
04:00Et donc, on a fabriqué la première application de l'iPhone.
04:04C'est-à-dire qu'il vous avait donné l'autorisation
04:05parce qu'il était persuadé que vous alliez vous planter ?
04:08Non, il considérait que ce n'était pas le métier d'Apple
04:10de faire du streaming.
04:12Ça ne veut pas dire que les équipes-service ne pensaient pas ça.
04:14C'est juste Steve Jobs qui était le chef.
04:16Lui, sa vision...
04:17C'était le download ?
04:18C'était un super iPod.
04:20C'est-à-dire, on télécharge de la musique.
04:21Et puis l'iPhone se synchronisait sur iTunes,
04:23sur son Mac, sur son Windows.
04:25Et il s'activait dans une boutique.
04:26Et donc, on a fait...
04:27Donc, Maracoda avec Orange
04:29a lancé la première application
04:31de streaming audio sur l'iPhone.
04:33Et c'est là où, je vous rappelais,
04:35quand on faisait une application sur l'iPhone,
04:37sur un téléphone, d'habitude,
04:38on en faisait 5 000.
04:39Et donc là, on nous a dit,
04:41mais l'application sur l'App Store,
04:44le nouvel App Store,
04:44qu'on a laissé autorisé.
04:46Et on a fait 5 000 en 30 minutes.
04:49Et on a fait 200 000, je crois,
04:51en une journée.
04:53Et on avait un deal génial avec Orange,
04:55parce que c'était 1 euro par téléchargement.
04:56Et donc, c'était le...
04:59Donc, c'était pour vous dire
05:00à quel point les gens ne s'attendaient pas...
05:02Mais les gens ne s'attendaient pas
05:03au succès de l'App Store.
05:05L'App Store lui-même avait été arraché
05:08à Steve Jobs contre son avis.
05:10Et donc, quelque part...
05:11Par un français, d'ailleurs.
05:11Il y a Bertrand Serlet qui était...
05:12Exactement.
05:13Et donc, en fait,
05:14on est dans un truc qui est aussi
05:15un accident de la vie.
05:16C'est-à-dire, quelque part,
05:17le truc n'était pas du tout
05:18j'ai tout pensé,
05:19ça va se passer comme ça et ça.
05:21Et l'iPhone 1 étant pas bien,
05:23ils ont dû très vite travailler
05:23avec les opérateurs,
05:24il va pouvoir en témoigner,
05:25pour faire l'iPhone 3G,
05:27parce que, quelque part,
05:28les Etats-Unis étaient encore très 2G,
05:29CDMA et ça.
05:30Donc, ils ne connaissaient pas le streaming.
05:32Alors que l'Europe était
05:33beaucoup plus avancée.
05:34Il faut se rappeler
05:34l'avance de l'Europe pour vous rappeler.
05:36Et donc, c'est pour ça.
05:37Et les meilleurs des réseaux,
05:38c'était celui de Yves.
05:40Juste, j'aimerais qu'on revienne
05:42quand même à la réaction de Microsoft
05:43quand était sorti cet appareil.
05:46Je me souviens très bien
05:47de Steve Balmer
05:48qui avait démonté l'iPhone.
05:50Pas de clavier, rien du tout.
05:51Ça coûtait trop cher,
05:52c'était 700 dollars,
05:53ça ne marchera jamais.
05:54Il y a eu plusieurs meetings stratégiques
05:55auxquels j'ai assisté chez Apple.
05:57Donc, le premier truc...
06:00Entre toi qui confond 20 ans
06:02et là qui confond les boîtes,
06:03les gars, ça suffit.
06:04Le premier truc qui est arrivé,
06:06c'était Steve Balmer
06:07nous expliquant
06:08que l'industrie du mobile
06:09était tellement grosse
06:10qu'il était obligé
06:13que ça soit une industrie par couche.
06:16C'est-à-dire qu'il y a
06:16les fabricants de téléphones,
06:17les fabricants d'OS
06:18et les fabricants de composants.
06:20Et donc, quelqu'un qui fasse tout,
06:22ce n'est pas possible.
06:23Comme sur le PC, finalement.
06:24Voilà.
06:27Alors, pourquoi il n'y avait pas
06:28cette intuition ?
06:28Parce qu'à l'époque,
06:31Bill Gates n'avait pas de smartphone,
06:33n'avait pas de téléphone,
06:33il était dans le PC,
06:35il n'avait vraiment pas senti le truc
06:36alors que c'était lui le visionnaire.
06:38Balmer n'a jamais été visionnaire
06:39dans rien, donc voilà.
06:40Et donc, lui,
06:41il avait une analyse très économique
06:42disant que l'industrie
06:43est tellement grosse
06:43que ce n'est pas possible,
06:45on va reparler sur Android
06:46parce que c'est exactement
06:47cette approche-là,
06:48que ça existe
06:49dans une version
06:49complètement verticalisée.
06:50Premier truc.
06:51Et la deuxième chose,
06:53par contre,
06:53là, il s'est rendu compte
06:53qu'il s'était planté,
06:54c'est qu'en premier rang,
06:56on s'est rendu compte
06:58que les ingénieurs
06:59de Microsoft
07:01étaient sur des iPhones.
07:03Chez Microsoft,
07:04on n'avait pas le droit
07:04d'avoir un library,
07:05on n'avait pas le droit
07:06d'avoir un iPhone.
07:06Quand il s'est rendu compte
07:07que ses execs,
07:08donc ses N-1,
07:10étaient tous sur un iPhone,
07:11mais surtout,
07:11il s'est rendu compte
07:12en revoyant
07:12que le client de mail,
07:14le Exchange,
07:15était mieux codé
07:17sur l'iPhone
07:18que sur Windows Phone.
07:21Et donc là,
07:22c'est Balmer,
07:23il a viré
07:24les mecs de Windows Phone,
07:25ils ont en viré
07:25800 personnes
07:26le jour au même,
07:27il a pris le mec
07:28de Exchange,
07:29il a dit,
07:30c'est toi le nouveau patron
07:30de Windows Phone,
07:31tu te donnes un an
07:32pour attraper le coup.
07:33Mais bon,
07:34il avait perdu deux ans
07:35et ça.
07:35Mais c'est un choc violent
07:37de se rendre compte
07:37que Apple avait mieux fait
07:39les protocoles
07:42de Microsoft.
07:43Là,
07:44c'était une humiliation
07:46majeure
07:46et surtout,
07:47une prise de conscience
07:47qu'il était en train
07:48de perdre
07:48le marché de l'entreprise.
07:49Fred,
07:50je me souviens,
07:50toi à l'époque,
07:51tu étais directeur
07:52de la rédaction
07:53de Zéro Informatique.
07:55J'ai ressorti la une.
07:56Tu as ressorti la une
07:57et tu avais écrit
07:58sur l'iPhone.
07:59Moi,
07:59j'avais écrit sur l'iPhone.
08:00Qu'est-ce que tu avais dit ?
08:01Raconte-nous.
08:01On avait dit à l'époque,
08:02j'en prends notre une,
08:03c'était l'écran tactile
08:05de Nouveauté Phone.
08:06Leur principale nouveauté
08:07reste le navigateur
08:09compatible HTML5,
08:11JavaScript et Flash
08:12et affiche les pages
08:14du web sur PC
08:15sur téléphone.
08:16Et moi,
08:16le tactile,
08:16parce que j'étais un fan
08:17de Blackberry,
08:18moi,
08:19j'avais été le premier
08:19à dire,
08:20mais arrêtez de nous parler
08:20du tactile.
08:21Ça ne marchera jamais.
08:22On a le doigt
08:23qui glisse,
08:24au-delà de l'aspect physique.
08:26On a besoin d'un clavier
08:28pour aller très vite.
08:29Il faut pointer les lettres
08:30une par une
08:30alors que le clavier,
08:31et donc voilà,
08:32j'étais parti là-dessus.
08:34J'avais fait vraiment
08:35un édito,
08:37arrêtez de nous bassiner
08:37avec le tactile.
08:38J'avais été un peu provocateur
08:40parce que je le croyais vraiment.
08:41Je disais,
08:42non,
08:42le tactile,
08:44et puis j'étais un peu
08:45de ceux qui,
08:46un peu comme
08:47parce qu'on a parlé
08:48de Steve Ballmer
08:48à Microsoft,
08:49il faut savoir quand même
08:50que tu avais aussi
08:51Nokia et Blackberry
08:52qui riaient.
08:55Quand ils ont vu
08:56ce truc-là sortir,
08:57ils se sont dit,
08:57il n'a rien compris,
08:58qu'ils retournent
08:59faire des Mac
08:59et qu'ils retournent
09:00faire des PC.
09:01En plus,
09:01ils s'attendaient plutôt
09:03à ce qu'ils sortent
09:03une tablette derrière,
09:04donc ils n'étaient pas
09:05du tout dans cette ambiance.
09:07Et puis,
09:08on n'a pas encore
09:09la guerre des OS.
09:11Il y en a qui était
09:12bien assise sur Symbian.
09:13Android était encore
09:15embryonnaire.
09:17Android,
09:17c'est 2008 vraiment
09:18à la sortie.
09:19Peut-être,
09:20on peut sur Apple
09:21parce que j'ai une différence
09:22de vue
09:24sur comment Apple
09:25a gagné le marché.
09:26On a beaucoup parlé
09:27de technique,
09:28d'user interface,
09:28etc.
09:29On n'a pas parlé
09:29business model.
09:31Et moi,
09:34la manière
09:35dont j'ai vécu Apple,
09:37ça n'a pas été
09:38tellement technologique
09:38parce que je n'étais pas
09:39mystifié par l'iPhone 1.
09:40Il s'avère qu'on a eu
09:41l'iPhone 1
09:42parce qu'on le testait.
09:43Orange a eu l'exclusivité
09:45sur un certain nombre
09:45de pays,
09:46dont la France.
09:47C'était d'ailleurs
09:47une drôle de méthode
09:49de commercialisation
09:50à l'époque.
09:50Absolument.
09:52Mais pour moi,
09:54les négociations
09:54avec Apple
09:55de l'iPhone 1
09:56et le 2,
09:57et c'est pour ça
09:58que je voudrais dire
09:58que pour moi,
09:59la victoire d'Apple,
10:00ce n'est pas l'iPhone 1,
10:01c'est l'iPhone 2.
10:01Oui, c'est celui de 2008.
10:03C'est celui de 2008.
10:05Pas tant pour des questions
10:06techniques,
10:06pour des questions
10:06de business model.
10:07Et je vais vous dire pourquoi.
10:09Et donc,
10:09on est rentrés,
10:11c'est ça,
10:12on est rentrés
10:13dans des négociations
10:14avec Apple.
10:14Les négociations
10:15qu'on avait avec tout le monde,
10:16c'était,
10:17tu me donnes du fric
10:18pour faire le marketing,
10:20on va prendre ton téléphone,
10:21on va le subsidier
10:23et tu vas gagner.
10:24Là, Apple,
10:24ce n'était pas ça.
10:25Non, non,
10:26tu veux mon téléphone Apple ?
10:27C'est toi qui vas me donner
10:28de l'argent
10:28pour faire le marketing.
10:29C'est toi qui vas payer
10:30le marketing d'Apple.
10:32Et tu vas payer
10:33tout ce qu'on va mettre
10:34en magasin.
10:34Et tu vas mettre
10:35des vendeurs dédiés.
10:36Et c'est toi
10:36qui vas payer
10:37leur formation.
10:37Donc,
10:38il a retourné le jeu
10:39en disant
10:39c'est moi le chef.
10:40Mais comment les opérateurs
10:42qui étaient tout puissants
10:43ont réagi à l'époque ?
10:45Eh bien,
10:46ça a été un débat.
10:47Ça devait être vexant,
10:47non ?
10:48Mais plus que ça,
10:49ça a été un débat
10:50que j'ai vécu
10:51chez Orange.
10:52Et après Patrick
10:52nous raconteras
10:53à côté Vodafone.
10:54Parce que c'est un débat
10:54qui a lieu
10:55au niveau
10:55de la direction générale.
10:57C'est pas...
10:57Bien sûr, bien sûr.
10:58Et donc,
10:58il y avait
11:00Didier Lombard
11:01qui était le CEO d'Orange.
11:02Louis-Pierre Vénès
11:03qui était le patron
11:03d'Orange France.
11:05Et on était
11:05dans le bureau
11:06de Didier Lombard.
11:07l'époque d'Orange
11:07un peu compliqué d'ailleurs.
11:09Non, après.
11:10Pas à cette époque-là.
11:11Après 2008.
11:12C'est 2010
11:13où c'est devenu compliqué.
11:15Et à cette époque-là,
11:16il y avait un dilemme.
11:17C'est est-ce qu'on est prêt
11:18à tout casser
11:19notre business model
11:20de co-marketing,
11:21etc.,
11:22pour avoir l'iPhone ?
11:24Ou est-ce que tant pis,
11:25on laisse l'iPhone,
11:26on s'en fiche,
11:27on va continuer
11:28et l'iPhone va mourir ?
11:30Et puis, la décision...
11:30Peut-être qu'Apple pliera.
11:32Se pliera à nos exigences.
11:33Voilà, se pliera
11:33à nos exigences,
11:34mais pas sur l'iPhone.
11:36Et donc,
11:36on a négocié
11:38Didier Lombard
11:39et Louis-Pierre Vénès,
11:40Louis-Pierre était un fan
11:41d'Apple,
11:42puis c'était pas le seul.
11:43On dit, non,
11:44il nous faut l'iPhone.
11:47Il nous faut l'iPhone.
11:48Quel que soit le coût,
11:49de toute façon,
11:50on gagnera beaucoup plus
11:51parce qu'on va prendre
11:51des clients à haute valeur.
11:53Donc, on a pris l'iPhone.
11:54Mais le business model
11:55de l'iPhone 1
11:56était basé sur du revenue sharing.
11:57C'est-à-dire qu'on donnait
11:58une partie de nos revenus.
11:59Ce qui était un arrache-cœur
12:02pour un opérateur.
12:04Et ce qui était inédit pour nous.
12:05Mais,
12:07c'était pas si grave que ça.
12:09Parce qu'on faisait pas beaucoup
12:10de chiffre d'affaires en data.
12:11Et comme le rêve-share
12:12était sur la data,
12:14ils gagnaient pas beaucoup.
12:15Et ils avaient un objectif
12:16de 10 millions.
12:16Mais le drame,
12:18c'est pas sur la négociation
12:19de l'iPhone 1
12:20qui a été extrêmement dur,
12:21où il nous a tordu le bras.
12:23Ça a été sur la 2.
12:24Alors, je vais vous raconter
12:26l'iPhone 2.
12:27Donc, on descend de l'avion.
12:29Il y avait
12:29le patron d'Orange France,
12:32le patron d'Orange Europe,
12:34la patronne marketing,
12:36Alice Halsman, etc.
12:36Il y avait toute la brigade Orange.
12:37Toute la brigade Orange.
12:38On était là.
12:39On rentre,
12:40une grande salle de réunion
12:41et il y avait
12:42Tim Cook,
12:43Phil Schiller,
12:44Mike Fenger
12:45et puis Franck Casanova
12:46et leur fameuse Ligol
12:48qui était une dame extraordinaire.
12:49Elle était tout le temps habillée,
12:49tout le temps noir.
12:50C'était la Ligol.
12:52La juridique, quoi.
12:53C'était la juridique,
12:54oui, la juridique.
12:55Les contrats.
12:55Et donc, on arrive,
12:57comment ça va ?
12:58Ça va,
12:58on venait d'atterrir
12:59deux heures avant,
13:00donc on était complètement décalqué.
13:03Et Apple s'est dit,
13:04on va se faire
13:04des petits Frenchies.
13:05On va se faire des petits Frenchies.
13:06Et là, Tim Cook
13:08regarde
13:09Louis-Pierre Vénais,
13:10pour être tout à fait précis,
13:12et lui dit,
13:12Louis-Pierre,
13:13j'ai une bonne nouvelle
13:14à t'annoncer.
13:16Tu avais raison l'an dernier,
13:17notre business model de rêve cher
13:18était mauvais.
13:19Nous avons donc décidé
13:21de changer de business model
13:22et donc le contrat va changer
13:24et on va revenir
13:25sur votre business model
13:26de subsidies.
13:28Et là,
13:28moi qui étais...
13:29Donc de subvention.
13:29Oui, de subvention.
13:30C'est-à-dire,
13:31on va vous demander des subventions.
13:33Et là, je me suis dit,
13:34c'est la catastrophe.
13:36C'est la catastrophe.
13:37Parce qu'avant,
13:37c'était dur,
13:38mais on gardait la main.
13:39Le marché va être inondé d'iPhone.
13:40Et le problème,
13:41c'est que comme l'iPhone était cher,
13:44il fallait donner
13:45beaucoup de subsidies.
13:46Et si on donnait
13:46beaucoup de subsidies
13:47à nos clients pour l'iPhone,
13:49on n'en avait plus pour les autres.
13:50Et si on n'en avait plus
13:51pour les autres,
13:52on avait un problème,
13:53nous, de business model,
13:55France Télécom Orange,
13:56à l'époque,
13:56France Télécom Orange.
13:57Et donc,
13:58il a cassé,
13:59non seulement la technologie
14:00de l'iPhone était intéressante,
14:01mais pour moi,
14:02la victoire d'Apple
14:04s'est faite au moment
14:05de leur changement
14:06de business model
14:06et de la négociation.
14:08Et c'est ça qui fait
14:09que quelque part,
14:11petit à petit,
14:11les opérateurs ont dû
14:12arrêter les subsidies.
14:14Aujourd'hui,
14:15vous achetez votre téléphone
14:15au prix du marché.
14:18Et que tout ce business...
14:19Il y en a encore un peu,
14:20mais très peu.
14:21Tout ce business model
14:22est tombé.
14:23Et comme tout ce business model
14:24est tombé,
14:25on n'avait plus de droits,
14:27on n'avait plus...
14:27Voilà.
14:29Et tout est parti.
14:30Alors ça,
14:30c'est de la version orange.
14:32Thomas,
14:32après,
14:33je te donne la parole,
14:33Fred aussi,
14:34bien sûr,
14:34mais j'aimerais avoir
14:35la version de Patrick.
14:36Vodafone,
14:36pareil,
14:37même histoire ?
14:38Non,
14:38parce que l'on était
14:38de l'autre côté.
14:39Donc,
14:39Vodafone n'a pas accepté
14:41lire maintenant
14:42les termes
14:42du premier contrat.
14:43Donc,
14:44sur l'iPhone,
14:44on ne l'a pas eu.
14:45Vous ne l'avez pas eu.
14:46Donc,
14:46moi,
14:46j'étais dans une autre bataille
14:47qui était de développer...
14:49Parce que les technologies
14:50qui ont amenées à l'iPhone,
14:50qui sont des operating systems
14:52type Linux,
14:52la 3G,
14:53l'Internet mobile,
14:55ce sont des technologies
14:55qui existaient.
14:56Ils ont fait un produit
14:57magnifique
14:58avec une très belle interface
14:59utilisateur,
14:59une très grande marque,
15:00mais les technologies existaient.
15:01Donc,
15:01ce mouvement était entamé.
15:02Donc,
15:03nous,
15:03Fred Vodafone,
15:04qui a refusé
15:05le premier contrat
15:07tel que proposé,
15:08en fait,
15:09on a développé
15:10tout le reste de l'écosystème.
15:10On parlait du troisième écosystème
15:12à l'époque
15:12contre Nokia
15:14et Windows Mobile.
15:15Donc,
15:15on avait développé
15:16des OS Linux,
15:17Limo,
15:17Tizen,
15:18etc.
15:19On avait fait des solutions
15:20avec Blackberry,
15:20un téléphone monstruo
15:22qui s'appelait
15:23le Storm.
15:23Je ne sais pas si vous avez vu
15:24le film Blackberry
15:25avec un truc,
15:26des écrans qui bougeaient.
15:27Ce qu'il raconte dans le film
15:28est tout à fait vrai
15:29sur ce sujet.
15:30On avait fait des choses
15:31avec Samsung
15:32et jusqu'où,
15:33en fait,
15:36deuxième fameux contrat.
15:38Donc,
15:38j'ai fait les mêmes négociations
15:40que Yves
15:40en parallèle,
15:41en même moment,
15:41avec les mêmes personnes.
15:42C'est-à-dire qu'avec l'iPhone 2,
15:43vous avez craqué, quoi, finalement.
15:44Avec l'iPhone 2,
15:45en fait,
15:45vous ne pouviez pas
15:46ne pas distribuer l'iPhone.
15:47Je pense qu'ils ont été
15:48très forts.
15:49Ils se sont rendus compte
15:49que même en ayant
15:50l'exclusivité
15:51avec un bon opérateur
15:52par marché,
15:53il faut oublier
15:53que les premiers
15:54ont refusé
15:55le premier contrat.
15:56Donc,
15:56aux États-Unis,
15:57Verizon,
15:57qui était numéro 1,
15:58l'a pas pris.
15:59Docomo,
16:00qui est premier au Japon,
16:00l'a pas pris.
16:01C'était AT&T ?
16:02Voilà,
16:02qui était deuxième.
16:03Au Japon,
16:04Docomo,
16:04qui était premier,
16:05l'a pas pris.
16:05C'est SoftBank.
16:06En Europe,
16:07Vodafone,
16:07c'est le plus gros,
16:08l'a pas pris.
16:09Et en fait,
16:09c'est Orange qui a pris.
16:11Ils ont fait tous les deuxièmes.
16:12Ils se sont rendus compte
16:13que même en prenant les deuxièmes,
16:15ils avaient que 20 à 25 %
16:16de tout le marché,
16:17ce n'était pas suffisant.
16:18Donc,
16:18en fait,
16:18ils sont revenus
16:19dans un modèle
16:20où il pouvait adresser
16:21la distribution
16:21de l'ensemble du marché
16:23et avec un très,
16:24très bon produit.
16:25Mais bon,
16:25la concurrence s'est organisée
16:26très rapidement,
16:27donc on peut parler
16:27des développements d'Android.
16:29Ouais,
16:29on va en parler,
16:30mais juste un truc,
16:31moi je me souviens quand même aussi
16:32de ce premier iPhone
16:33que moi j'étais allé acheter
16:35aux États-Unis.
16:36Alors,
16:37je ne suis pas allé pour ça exprès,
16:38mais avec mon camarade Jérôme Colombin.
16:40Mais on l'est ramené,
16:41oui,
16:41on l'est ramené.
16:41On l'est retrouvé
16:42à l'Apple Store
16:43à faire la queue
16:43parce que malgré tout,
16:44il y avait quand même
16:44un engouement.
16:45On sentait qu'il y avait
16:46quelque chose de particulier
16:47avec ce premier iPhone.
16:48On fait la queue,
16:49on arrive en avoir deux,
16:50on les achète
16:51et patatras,
16:52on arrive en France,
16:53ça ne marchait pas
16:53parce qu'ils étaient
16:54complètement bloqués.
16:56C'est-à-dire que même,
16:58enfin,
16:58vous étiez obligés
16:59de mettre une puce,
17:00je crois,
17:01orange à l'intérieur.
17:02Il fallait envoyer un code.
17:04Enfin,
17:04c'était d'une complexité incroyable
17:06et je me souviens,
17:08c'était aussi le début
17:08du jailbreak.
17:09C'est-à-dire qu'il y avait
17:10des petits malins
17:11qui justement ne supportaient
17:12pas l'écosystème
17:14hyper fermé de l'iPhone
17:15qui avaient réussi
17:16à le déplomber
17:18en quelque sorte.
17:19Et on pouvait,
17:19en installant un petit programme,
17:21en ayant quand même
17:22beaucoup de chueur froide
17:22parce que ça pouvait
17:23casser le téléphone,
17:25arriver à mettre
17:25n'importe quelle puce
17:27SIM à l'intérieur
17:28et même en France.
17:29Deux anecdotes techniques
17:30sur le sujet.
17:31La première,
17:32c'est qu'on avait développé
17:33cette fameuse live radio
17:34qui permettait,
17:35c'était sur une base Linux.
17:37Et quand le premier modèle
17:39d'Apple ne marchait pas du tout
17:40parce qu'il était obligé
17:41à passer par l'activation
17:42très très compliquée,
17:43ça créait énormément
17:44de frictions consommateurs.
17:45Et donc l'iPhone 1,
17:46c'est ça qui est intéressant,
17:47c'était une suite
17:48d'erreurs de marketing
17:50de go-to-market
17:50et le pragmatisme d'Apple,
17:52c'était de sortir
17:53de l'arrogance
17:54parce que le monde
17:55de la Silicon Valley
17:56depuis les années 2000,
17:57c'est les opérateurs
17:58sont mal nécessaires,
17:59ils sont nuls.
18:00Il faut bien voir
18:00que la vision,
18:01c'est quand même
18:02que l'opérateur,
18:02il n'est pas du tout
18:03dans la vision Orange,
18:04opérateur Premium
18:05ou Vodafone.
18:06La vision de l'opérateur américain,
18:07c'est vraiment
18:08le monopole totalement nul.
18:10Et donc la Silicon Valley
18:11depuis ses 25 dernières années
18:12n'a qu'un rêve,
18:14supprimer l'opérateur.
18:15C'est pour ça
18:15qu'ils virtualisent les SIM.
18:17Grosso modo,
18:18l'opérateur dans la vision Apple
18:20était l'ennemi
18:20ou le mal nécessaire.
18:22Donc la première version,
18:23pourquoi ils ont fait ça
18:23en disant
18:24qu'on ne laisse même pas
18:25les opérateurs prendre la main,
18:26c'est qu'ils sont trop nuls,
18:27c'est nous qui allons
18:28activer dans nos magasins.
18:29Ils se sont rendus compte
18:29qu'ils n'arrivaient pas
18:29à avoir le volume.
18:30Et donc nous,
18:31on avait fait une petite application
18:32sur Linux.
18:33Et en fait,
18:34quand les équipes
18:35qui avaient été embauchées
18:36par Apple
18:37pour développer
18:38sur l'iPhone 1
18:41ont été virées
18:41puisqu'on leur a dit
18:42maintenant,
18:42on va être activé
18:43chez l'opérateur
18:43et non plus dans le magasin Apple,
18:45on a embauché ces équipes
18:46et en fait,
18:47elles ont pris le code Linux
18:48de notre live radio
18:50et ils l'ont mis en 10 jours
18:52d'une machine Linux
18:53sur iOS
18:54parce que le plus gros mensonge
18:55ou en tout cas,
18:56c'est que c'était juste
18:57une jolie carrosserie en fait,
18:58iOS.
18:59En dessous,
19:00c'était Linux.
19:01C'est-à-dire qu'ils vous vendent
19:03un type d'opérateur
19:03et ils disent
19:04que c'est pas du tout
19:04et on va repartir d'Android.
19:06C'était une version
19:06bien packagée
19:07d'une base open source Linux
19:10avec WebKit
19:11et donc des bases
19:12très très open source.
19:13Et donc,
19:14on ne s'est pas rendu compte
19:16à quel point
19:17ce qui était formidable
19:18pour les développeurs,
19:20c'était leur donner accès
19:21à un bel écran,
19:24à un GPS,
19:26à des accéléromètres
19:27et donc,
19:27toutes sortes de choses
19:28que les développeurs,
19:30et c'est là que l'App Store
19:30va naître,
19:31ils n'avaient pas
19:32les moyens de s'acheter
19:32tous ces accessoires
19:33qui permettaient
19:33de fabriquer
19:34de nouveaux trucs,
19:34des GPS.
19:35Et c'est vrai qu'Apple
19:37a fourni un operating system
19:40finalement très ouvert,
19:41ce qui n'était pas du tout
19:42la culture d'Apple Mac OS,
19:45c'est pour ça qu'il y a eu
19:45iOS et Mac OS,
19:46et qui a donné aux développeurs
19:48des outils pour avoir
19:50un très bon hardware,
19:51subventionné dans la version 2
19:52par les opérateurs,
19:53avec un très bon débit
19:55vendu en illimité.
19:56Et donc,
19:57c'est ça qui a initié,
19:59et c'était facile à développer,
20:00je vous dis,
20:0015 jours pour nous,
20:02alors que les applications
20:03sur même 5 000 pièces
20:05étaient 2-3 mois.
20:06Et donc là,
20:07c'est ça le truc magique
20:09qui a développé les App Store.
20:10Et donc l'App Store
20:11est devenu le nouvel Eldorado
20:13qui a rendu
20:15richissime énormément
20:15de développeurs,
20:16mais on en parlera tout à l'heure.
20:17Mais tu parlais
20:18du webkit d'Apple,
20:19c'était la base,
20:20parce qu'eux l'avaient développé
20:21pour Safari,
20:23pour Mac,
20:24et donc ils se sont dit
20:25on va faire la même chose
20:25pour le mobile.
20:26Mais moi je pense
20:27qu'il y a aussi
20:27une grosse erreur
20:28des opérateurs,
20:29c'est pas de la rougance,
20:31mais c'est de la compréhension,
20:31tu parlais de tous
20:32ces patrons de rangs.
20:34Je pense qu'à l'époque,
20:35les opérateurs,
20:36ils n'ont pas vu arriver
20:36la mobilité.
20:37De la même façon
20:38que beaucoup
20:38n'ont pas vu arriver Internet,
20:40ils ne se sont pas rendus compte
20:41qu'on allait tous,
20:43oui, on avait tous
20:43un téléphone chez nous
20:44de fixe et tout ça.
20:45Ils étaient tellement dans cette...
20:46Ils avaient leur ADN,
20:47c'était le fixe,
20:48c'était pas le mobile.
20:49Ils n'ont pas vu arriver
20:49cette mobilité.
20:50Et le deuxième point,
20:52je pense qu'ils croyaient
20:53tellement à la toute puissance
20:54des réseaux,
20:54on dit attendez,
20:55ils peuvent faire ce qu'ils veulent
20:56sur les couches du dessous.
20:57Nous, c'est nous
20:58qui avons les réseaux,
20:59c'est nous qui avons les tuyaux
20:59et nous, on aura toujours
21:01la valeur.
21:01Et ils ne se sont pas rendus compte
21:02que peu à peu,
21:03ils sont devenus fournisseurs
21:04de connectivité tout simplement
21:05et que là...
21:06Et je pense qu'il y a quand même...
21:07Tu vois, moi je repense
21:08à des interviews
21:09de Didier Lombard
21:09de toute cette époque.
21:12Oui, ils disaient
21:12c'est important la mobilité,
21:13ça arrive et tout ça,
21:14mais ils ne l'ont pas
21:16vraiment vu arriver.
21:17Ils ne se sont pas rendus compte
21:17à quel point ça allait emporter tout,
21:19à quel point on allait voir.
21:19En plus, l'Internet mobile,
21:21on n'y était pas.
21:21On avait des petites interfaces,
21:23on n'imaginait jamais
21:24d'avoir les applications
21:25comme aujourd'hui
21:26et je t'envoie la photo
21:27et je vais sur les...
21:28Enfin, personne n'imaginait ça
21:29et donc ils se sont dit
21:30oui, enfin si c'est pour envoyer
21:31des mails,
21:32se faire du téléphone,
21:32du SMS,
21:33un petit accès Internet
21:34qui est un peu compliqué,
21:36oui, il y aura besoin
21:37des réseaux.
21:38Donc il y a aussi cet aspect-là,
21:39je pense que les opérateurs
21:40sont laissés un peu entraîner
21:41dans ce mauvais virage.
21:43Moi je pense que c'était
21:45inéluctable en fait.
21:46Le grand saut,
21:47c'est Internet sur le mobile
21:48qui ne marchait pas avant
21:49et qui a commencé
21:50à marcher vers
21:512006-2007
21:52avec les operating systems Linux
21:54et en fait,
21:55il ne faut pas oublier
21:55qu'au début,
21:56on appelle ça des téléphones
21:57pour une bonne raison,
21:58c'est que le service
21:58c'est la téléphonie
22:00qui fait partie
22:01du domaine de l'opérateur.
22:02Donc tous ces trucs-là,
22:03c'était des téléphones
22:03et le téléphone
22:05et la messagerie,
22:06ça faisait partie du domaine
22:07d'un infrastructure
22:07de l'opérateur.
22:08À partir du moment
22:09où on passe
22:09à des services Internet,
22:12les forces d'innovation
22:13sont décuplées
22:13donc il y a des milliers
22:15de boîtes
22:16qui font des applications Internet.
22:17Il est impossible
22:18pour un opérateur
22:19de contrôler
22:19tous ses services en interne.
22:21Donc en fait,
22:22pour moi,
22:22le grand saut,
22:23c'est quand l'Internet mobile
22:24s'est mis à marcher,
22:25tout le monde
22:25est Internet
22:26parce que le mobile
22:27donc les forces d'innovation
22:28n'étaient plus
22:28chez les opérateurs.
22:29Alors,
22:30en fait,
22:31il y a eu deux batailles
22:32et c'est là que Google
22:33rentre dans le jeu.
22:34Il y a eu la bataille
22:34de l'Internet mobile
22:35où grosso modo,
22:36c'est l'audience
22:36qui s'est mise sur l'Internet
22:38et donc tout d'un coup,
22:39il y a eu de la pub
22:39et donc un nouvel écosystème
22:41et puis il y a l'App Store
22:41parce qu'en fait,
22:42il y avait besoin des deux.
22:43C'est-à-dire,
22:43d'un côté,
22:44l'Internet mobile
22:45faisait qu'on imprimait
22:46de la publicité
22:46et donc le marché
22:47de la publicité
22:47qui marchait sur le web
22:48se mettait à marcher
22:49sur le mobile.
22:50C'est le moment
22:50où Google s'est dit
22:52ouh là là là là là
22:53jusqu'à présent,
22:54maintenant avec Chrome,
22:55je contrôle l'accès
22:56à l'Internet sur le PC
22:57mais comment je vais faire
22:58si c'est Safari et Apple
23:00et donc quelque part,
23:02là, il y a eu
23:03l'Internet mobile
23:04super important
23:05qui est arrivé
23:05avant l'iPhone
23:08mais l'iPhone
23:09a été le meilleur moyen
23:10d'y accéder
23:10puisque Safari fonctionnait
23:11très bien,
23:12le fameux WebKit
23:12qui était un truc
23:13open source
23:14pour faire fonctionner partout
23:15et puis ce fameux App Store
23:17qui plaisait pas mal
23:18parce qu'en fait,
23:18il rappelait
23:19le modèle de NTT Docomo
23:21et de Minitel
23:22qui était qu'on allait
23:23payer pour des services
23:24parce qu'il fallait bien voir
23:25que la bulle Internet
23:26avait pété,
23:27on ne gagnait plus de l'argent
23:27assez pour avoir la pub
23:28et qu'il y avait quand même
23:29besoin de pouvoir avoir
23:30des applications
23:31d'autres qualités
23:32qu'on paye
23:32et ça,
23:33c'est quelque chose
23:34qui finalement
23:35a été laissé,
23:36je ne sais pas,
23:36ça serait intéressant
23:37de savoir comment
23:37vous l'avez vécu,
23:39normalement,
23:39on n'avait pas le droit
23:40de créer des App Store
23:41sur les opérateurs,
23:42les opérateurs
23:42voulaient le monopole
23:43de l'App Store
23:43et ils l'avaient interdit
23:45et Apple a réussi
23:46à craquer le fait
23:47qu'ils autorisaient
23:48leurs clients
23:49à mettre leur carte bleue
23:50chez Apple
23:51et plus chez l'opérateur
23:51et à facturer,
23:53ça,
23:53ça a créé un business model
23:54rentable
23:56que l'Internet mobile
23:57ne servait pas,
23:58je ne sais pas,
23:58je suis intéressé à...
23:59et qui a éjecté
24:00les opérateurs
24:01par la construction
24:01les opérateurs
24:03ils ont dû changer
24:03leur mode de facturation
24:04je regardais les chiffres
24:05en avril 2010
24:063% des smartphones connectés
24:08consommaient 40%
24:09du réseau cellulaire
24:11et là,
24:12les opérateurs
24:12ils ont dit
24:13à la flûte alors
24:14nous,
24:14qu'est-ce qu'on est
24:15avec nos forfaits,
24:16nos datas,
24:17il n'a pas dû changer
24:17mais je pense que
24:18c'est ça qui est important
24:19c'est que
24:20encore une fois
24:21il y a le changement
24:22technologique de l'iPhone
24:22mais à cette même période
24:24et tout ça est lié
24:25il y a le changement
24:25de business model
24:26et le changement d'usage
24:27où on passe de la voix
24:28à la data
24:29et ce changement-là
24:31a vraiment révolutionné
24:34toute l'économie
24:35y compris l'économie
24:36qu'on connaît actuellement
24:38mais je pense qu'il faut
24:39revenir sur un deuxième sujet
24:40qu'on traitera peut-être
24:41maintenant
24:42dans la dernière partie
24:43de l'émission
24:44c'est l'arrivée d'Android
24:45oui bien sûr
24:45et l'arrivée d'Android
24:46est liée
24:47pour la dernière partie
24:48on parle d'Android
24:49et puis aussi
24:50laisser Windows Phone
24:52qui est assez intéressant
24:53le Facebook Phone
24:54il y a eu plein de choses
24:55voilà c'est pour ça
24:56et je pense que
24:57parce que l'iPhone
24:59c'était une élite
25:00et il y avait
25:01toute cette masse
25:02bien sûr
25:02dont tout le monde
25:04qui n'avait pas les moyens
25:05de mettre
25:07plusieurs centaines
25:08d'euros
25:08dans le téléphone
25:09et là
25:10les opérateurs
25:11se sont dit
25:11il faut autre chose
25:12il nous faut autre chose
25:13c'est pas possible
25:14et donc
25:15sans se coordonner
25:18on est parti
25:19sur Google
25:20et
25:21deuxième chose
25:22quand on part
25:23sur Android
25:23on se dit
25:25il va nous falloir
25:26du volume
25:26et le volume
25:27il n'y a que la Chine
25:28qui est capable d'en faire
25:29pourquoi
25:30en ce qui me concerne
25:31j'avais vécu en Chine
25:32préalablement
25:33j'étais chez Thomson
25:34qui était dirigé à l'époque
25:36par Thierry Breton
25:36le tissu industriel
25:38était prêt
25:38voilà
25:38et donc je savais
25:39que
25:40Nokia faisait faire
25:41beaucoup de ses smartphones
25:42en Chine et en Inde
25:43près de Madras
25:44entre Madras et Pondy
25:46et
25:47beaucoup de choses
25:48se faisaient en Chine
25:48et donc
25:50automatiquement
25:50pour contrer Apple
25:52il n'y avait pas d'autre choix
25:53que de trouver un autre OS
25:55qui était dans la même philosophie
25:57et
25:57de se tourner vers la Chine
25:59et je pense que ça
26:00c'est la deuxième partie
26:01qui a fait
26:02le smartphone
26:03qui a tué
26:03le feature phone
26:04j'allais dire
26:05bon
26:05bon
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