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  • il y a 4 heures
Avec Fahimeh Ponsonnaille, membre de l’Association des femmes iraniennes en France
et du Comité de soutien au droit de l’humain en Iran

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-03-22##

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News
Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui
00:19donne la parole à ceux et ceux qui font bouger la société.
00:23Aujourd'hui, nous allons parler d'un pays où s'engager peut coûter la liberté, la prison, la vie.
00:28Oui, mon invité est Faïmée Poinsanaï, ingénieure française d'origine iranienne, engagée pour les droits humains et la liberté en
00:35Iran.
00:36Elle est membre de l'Association des femmes iraniennes en France et du Comité de soutien aux droits humains.
00:41Elle porte aujourd'hui une parole construite à la fois par son histoire familiale, l'exil et son engagement.
00:46Mais avant cela, avant d'engager cette conversation, comme chaque semaine, mon édito.
00:52Et cet après-midi, comme chaque semaine, je vous propose de nous engager pour le courage des femmes.
00:56Dans les pays soumis à des régimes autoritaires, les femmes jouent depuis des décennies un rôle central dans la résistance.
01:03Elles font preuve d'un courage remarquable, souvent au péril de leur liberté ou de leur vie.
01:08En Iran, comme en Afghanistan, l'histoire récente et l'actualité témoignent de la détermination féminine à défendre les droits
01:15fondamentaux
01:15et à s'opposer à l'oppression malgré des conditions de répression extrêmes.
01:19S'engager pour le courage des femmes, c'est reconnaître et soutenir leur capacité à briser des codes imposés,
01:25à résister à l'injustice et à prendre des risques pour la liberté.
01:29Et ce courage, particulièrement incarné chez les femmes iraniennes, ne se limite pas à une lutte que l'emporte sans
01:35en mesurer les dangers.
01:36Il se joue dans chaque geste quotidien, des gestes qui exposent, qui engagent, des voix qui peuvent coûter la liberté
01:42ou la vie.
01:43Depuis la révolution de 1979, le régime iranien s'est construit en organisant le contrôle de la société à travers
01:50un principe simple,
01:51rendre visible l'ordre et le rendre incontestable, notamment à travers le contrôle des femmes et de leur corps,
01:57en faisant du port du voile un symbole politique et social.
02:01Lorsque Jina Masha Amini meurt après avoir été arrêtée pour son voile jugé mal porté,
02:06ce drame provoque une longue de choc et révèle la violence du système.
02:10Pourtant, loin de se soumettre, des milliers de femmes ont exposé publiquement leurs cheveux aux yeux de tous,
02:16en défiant l'autorité et en prenant des risques réels pour leur sécurité.
02:20Ce geste, dans un pays où l'ordre totalitaire ne tolère aucune dissidence,
02:24est un acte d'une radicalité politique et un cri pour la dignité.
02:27Et il marque un basculement, celui du passage de la peur à la désobéissance visible,
02:33celui du moment où l'obéissance se rompt.
02:36En Iran, le courage des femmes ne se réduit pas à une revendication individuelle.
02:40Il incarne un affrontement direct avec un système de pouvoir.
02:43Il est porteur d'une transformation sociale profonde et force l'admiration,
02:47bien au-delà des frontières de leur propre pays.
02:50Et il s'inscrit dans le ton nom.
02:52Il s'est transmis.
02:53L'histoire montre que la résistance des femmes en Iran ne s'est pas construite en un jour.
02:57Dès les années 80, des mouvements clandestins ont défendu l'accès à l'éducation,
03:01l'expression artistique, la possibilité de circuler sans contrainte.
03:04Cette lutte s'est organisée à travers des réseaux de solidarité,
03:08des ateliers, des manifestations silencieuses, à l'abri des regards, mais contre le pouvoir.
03:13Et parfois, grâce à l'appui de figures emblématiques qui ont encouragé la société à sortir de la peur.
03:19Aujourd'hui, avec la guerre qui s'installe dans le pays et qui fragilise davantage les repères sociaux,
03:23la question de l'organisation de cette résistance devient cruciale.
03:27Comment maintenir la cohésion du mouvement face à la répression accrue,
03:31aux coupures d'Internet et aux bombes qui s'abattent quotidiennement sur le pays et sur la région tout entière
03:36?
03:36Cette capacité à s'organiser, à trouver de nouveaux modes d'action,
03:40est peut-être l'un des plus grands actes de courage et d'espoir pour l'avenir de l'Iran.
03:44Ce que produisent aujourd'hui les femmes iraniennes dépasse leur propre combat.
03:48L'engagement des femmes invite chacun à réfléchir sur la notion de courage,
03:52sur la nécessité de soutenir celle qui, partout dans le monde,
03:55défie l'injustice malgré les risques.
03:57Car chaque geste de résistance, aussi petit soit-il,
04:01est une pierre posée sur le chemin de la liberté et de l'égalité.
04:09Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Faïmé Pansonnaï,
04:13ingénieure française d'origine iranienne, engagée pour les droits humains et la liberté en Iran.
04:18Bonjour, Faïmé.
04:19Bonjour, merci pour l'invitation, Muriel.
04:22Alors, vous le dites clairement dans votre engagement,
04:24et encore récemment dans un discours que vous avez prononcé il y a quelques jours,
04:28moi je suis là pour parler des femmes.
04:30Des femmes iraniennes que vous décrivez comme étant, depuis 1979,
04:34à l'angard du combat contre le régime,
04:36des femmes connues, mais aussi des femmes anonymes,
04:40exécutées, emprisonnées, torturées.
04:42Vous évoquez d'ailleurs ces dix jeunes filles dont les corps ont été exposés en 1981,
04:47même sans que leur nom soit connu.
04:50Et puis vous parlez aussi, on y reviendra tout à l'heure, sur votre histoire familiale.
04:54Alors, qu'est-ce que le sort réservé aux femmes réserve, selon vous,
04:58de la nature même de ce régime iranien ?
05:00En fait, quand je viens vous dire que je veux parler des femmes,
05:04c'est vraiment, ce n'est pas un slogan.
05:07Depuis le premier jour, ce régime a compris qu'en fait,
05:11son existence était liée à l'annulation des femmes.
05:16En fait, la répression des femmes pour lui, c'est la répression de toute la société.
05:21C'est-à-dire, en contrôlant les femmes, il contrôle toute la société.
05:25C'était, comme vous l'avez dit, c'était le premier verrou d'une dictature totale, politique.
05:31Le hijab obligatoire n'était pas juste un code vestimentaire imposé aux femmes.
05:36C'était vraiment le premier acte de démarrage d'une dictature fasciste et religieuse.
05:44Et moi, je vais vous dire, quand on réfléchit aux femmes des violences,
05:49ce n'est jamais pour une cause, ce n'est jamais pour une religion,
05:53ce n'est jamais un acte, je dirais, sans conséquences.
06:02Pourquoi ce régime attaque les femmes autant ?
06:05Parce qu'en fait, les femmes portent la vie, les femmes portent la dignité.
06:10Et c'est vraiment de ça qu'il a peur.
06:11Justement, il devrait s'en satisfaire,
06:13puisque c'est une façon de renouveler leur quota de personnes radicales.
06:17Les femmes leur font peur ?
06:18Les femmes leur font vraiment peur, parce qu'en fait, c'est elles qui portent la liberté.
06:24Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait, depuis les premiers jours,
06:26ce sont les femmes qui portent la liberté.
06:29Alors, vous avez été engagée pendant des années,
06:31mais vous avez pris la parole assez récemment.
06:34Et bien sûr, il y a eu la mort de Macha Amini,
06:37qui a marqué un tournant spectaculaire,
06:40notamment en Europe,
06:42et même dans le monde,
06:44et qui a mis un focus très particulier sur l'Iran,
06:47avec ce slogan qui a été porté par des milliers de femmes partout,
06:50« Femmes, vie, liberté ».
06:52Est-ce que c'est ce moment de basculement
06:55qui vous a incité à prendre la parole, ou c'est autre chose ?
06:58Non, vraiment, moi, j'ai été engagée sur la question des femmes en Iran.
07:02Alors, sur beaucoup de questions liées aux femmes,
07:04mais sur la question des femmes en Iran,
07:06toujours de manière très discrète.
07:07Parce qu'effectivement, on porte en soi,
07:11je dirais, une peur enfouie.
07:14Moi, petite, j'ai fait, en fait, la route vers les prisons.
07:19J'ai marché dans les prisons de Téhéran
07:21pour aller visiter mon père,
07:23qui était emprisonné par le régime du Shah.
07:26Le régime de Khomeini a emprisonné,
07:29torturé et exécuté ma tante et mon oncle,
07:3319 et 21 ans.
07:35Donc, quelque part, on garde, en fait,
07:37cette peur, je dirais, enfouie au fond de soi.
07:42Et quand il y a eu, je dirais, l'assassinat de Gino Marcella-Muni,
07:46ça a été effectivement un moment où bascule, je dirais, pour le monde,
07:49parce que le monde a découvert le combat de longue date des femmes iraniennes.
07:54Mais pour moi, je dirais, c'est horrible à dire,
07:57mais le moment de bascule a été vraiment
08:00de voir le corps sans vie de Nika par terre.
08:03il faut savoir que Nika avait 16 ans.
08:05Je suis arrivée en France à 16 ans,
08:07et ma fille avait 16 ans à ce moment-là.
08:09Donc, c'est vraiment le moment où je pense qu'il y a eu un bascule
08:13en me disant que ce n'était plus possible de rester silencieuse,
08:18que il fallait porter haut et fort la voix de ces femmes,
08:21au moins en France, tant qu'on pouvait.
08:23Alors, vous avez parlé, évoqué votre histoire familiale,
08:25qui est marquée par la répression.
08:27Vous l'avez dit, un père emprisonné, une tante et un oncle arrêtés,
08:29torturés, exécutés.
08:31Donc, quand on grandit avec cette violence un peu comme héritage,
08:34est-ce que cela impose un engagement ?
08:39Je dirais que oui.
08:42Quelque part, en fait, mon éducation,
08:47et aussi mon histoire familiale,
08:49m'ont amenée à m'engager, bien sûr.
08:51Mais on ne choisit pas un engagement juste,
08:54je dirais, par héritage familial.
08:55On réfléchit, on analyse,
08:58on regarde si on s'engage auprès de qui on s'engage.
09:02Pour moi, s'engager auprès des vrais résistants,
09:05c'est d'être juste aujourd'hui en France.
09:08Juste, et j'emploie le mot juste,
09:10pour les justes qui ont soutenu à un moment
09:13les résistants en France,
09:14qui ont soutenu à un moment les opprimés en France.
09:17Donc, soutenir les résistants,
09:18c'est d'être juste aujourd'hui en France.
09:20Et donc, les résistants, les vrais résistants,
09:22ceux qui combattent dans les rues.
09:24Alors, on va revenir tout à l'heure
09:25sur cette notion de vrais résistants.
09:27Je voudrais un peu terminer sur les femmes.
09:29Ce leadership féminin,
09:31on a l'impression qu'il est au cœur
09:33de la résistance iranienne depuis 1979.
09:37C'est un symbole, ce leadership féminin,
09:41de la résistance,
09:41ou c'est une réalité opérationnelle pour vous ?
09:44Non, c'est clairement une réalité opérationnelle.
09:46Alors, ça l'a été avant la révolution,
09:49pour la révolution.
09:51Malheureusement, Khomeini nous a, je dirais,
09:53dérobés, volés, usurpés notre révolution.
09:57Mais cette résistance, elle est vraiment incarnée.
09:59Alors, dès les premiers jours,
10:01les manifestations anti-voile.
10:03Il faut savoir, moi, j'étais, avec ma tante,
10:06voilée pourtant,
10:08à ces manifestations.
10:09Elle était organisatrice de ces manifestations.
10:11Parce qu'il s'agissait des droits,
10:13il s'agissait des droits des femmes.
10:15Et les pancartes disaient,
10:16les droits des femmes sont les droits de toute la société.
10:19Et en fait, ce qu'il faut savoir,
10:21c'est que depuis,
10:22les résistants iraniens s'organisent.
10:25Et les femmes, je dirais,
10:27sont plus qu'à l'avant-garde de cette résistance.
10:29Elles sont organisatrices,
10:31elles sont instigatrices.
10:33Donc, c'est elles qui coordonnent.
10:35Parfois, on peut imaginer que ces résistances
10:38que l'on voit à travers le temps en Iran
10:42sont des résistances un peu, je dirais,
10:47qui naissent de nulle part,
10:48ou qui sont très spontanées.
10:50Il faut savoir qu'il y a une résistance organisée en Iran,
10:53partout en Iran,
10:54à travers les unités de résistance des Moudjahidines du peuple,
10:57qui ont fait une organisation musulmane,
11:01démocratique,
11:04profondément anti-islamiste,
11:07religieux,
11:07fasciste,
11:08depuis 60 ans.
11:10Et donc, ces organisations-là,
11:12ils opèrent à travers l'Iran
11:15en attaquant les QG des pastarans,
11:19donc des fameux corps de gardiens de la révolution,
11:23les IRGC qu'on entend,
11:25ou les CGRI.
11:27– Oui, les pastarans,
11:27c'est les gardiens de la révolution.
11:29– Exactement, les pastarans,
11:30c'est les gardiens de la révolution.
11:32Et en fait,
11:33ils attaquent ces QG-là
11:35de manière très opérationnelle.
11:37Alors,
11:38ironie du sort,
11:40du temps du chat,
11:41on les appelait les terroristes marxistes islamistes.
11:44Ce régime les appelle les terroristes traîtres à Dieu.
11:49Vous voyez la comparaison entre les deux.
11:52Et en fait,
11:53aujourd'hui,
11:54ces résistantes-là,
11:56et vraiment,
11:57il faut le voir,
11:57parce qu'on a des images qui nous parviennent.
11:59Ce sont des femmes qui mènent ces actions-là.
12:01Et en fait,
12:02moi,
12:02je voudrais parler aussi,
12:03par exemple,
12:03de cette jeune résistante iranienne,
12:05je lis bien son nom,
12:06Zahra Baloulipour,
12:08qui était une étudiante,
12:09tuée récemment en janvier,
12:11et dont les parents ont partagé en fait son nom,
12:14faisant partie de la résistance iranienne,
12:16des unités de résistance d'hémogédine du peuple.
12:19Et en fait,
12:20la danse de son père à son enterrement,
12:22ça a été un déchirement,
12:23pour tout le monde,
12:24enfin,
12:25pour nous qui voyons,
12:26pour moi,
12:28dont en fait,
12:29on n'a pas eu les cordes de ma tante et mon oncle,
12:31on a eu juste deux tombes.
12:33Et il y avait une telle chape de plomb à l'époque
12:35qu'on ne pouvait rien y faire.
12:36Et voir maintenant,
12:37avec toute la répression,
12:39ces parents,
12:40ces mères,
12:41ces pères danser sur les tombes de leurs enfants,
12:44c'est vraiment un acte de défiance,
12:46comme vous disiez,
12:47inouï,
12:48extrême.
12:49Après,
12:49il faut voir dans les rues comment elles manifestent.
12:51Moi,
12:52je voudrais que l'on regarde ces filles,
12:54justement,
12:55des unités de résistance,
12:56des mochédines du peuple,
12:57à moto,
12:58à Téhéran,
12:59à Téhéran,
13:00juste la veille des bombardements de Trump,
13:04qui porte le drapeau de l'armée de libération iranienne
13:08et qui porte un drapeau qui dit
13:09« nous pouvons et nous devons renverser le régime ».
13:12Entendez,
13:13en fait,
13:13il faut aussi parler de nos prisonnières,
13:16il faut parler de Maria Maghberi Montférette.
13:18Vous aviez eu la gentillesse de signer,
13:20en fait,
13:21une pétition
13:23parce qu'en fait,
13:23ça fait 16 ans qu'elle est en prison,
13:25juste pour avoir réclamé justice
13:28pour ses soeurs et frères
13:30exécutés en 88
13:32lors des massacres des 30 000 exécutés iraniens.
13:35Donc,
13:35ce qu'il faut savoir,
13:36c'est que les femmes organisent,
13:38les femmes portent ce mouvement
13:41et vraiment,
13:42elles sont l'ossature de la résistance.
13:44Vous ne vous rendez pas compte à quel point ?
13:46Oh ben si,
13:46je l'imagine
13:47et puis on ne peut que saluer les femmes.
13:49Elles sont engagées
13:51et très fortement engagées.
13:53Alors,
13:53le slogan
13:53« Femmes,
13:54Vies,
13:55Liberté »
13:55a fait le tour du monde.
13:56On a vu des mobilisations partout,
13:58notamment en Europe.
13:59Alors,
14:00moi,
14:00la question que je me pose,
14:01c'est que
14:01est-ce que ce leadership féminin irradien
14:04a été réellement compris,
14:06soutenu
14:06ou simplement applaudi à distance ?
14:08On en parle juste après la pause.
14:10Retrouvez la force de l'engagement
14:12avec AJP,
14:14épargne,
14:14retraite,
14:15assurance emprunteur,
14:16prévoyance,
14:17santé.
14:25Nous sommes sur Sud Radio
14:28et c'est la force de l'engagement
14:30et nous sommes ce matin
14:31avec mon invité
14:32Faïmé Pansonaï,
14:34ingénieure française
14:34d'origine iranienne
14:36et nous parlons
14:36de la résistance
14:37des femmes iraniennes.
14:38Faïmé,
14:39juste avant la pause,
14:40vous vous posez cette question,
14:41est-ce que le leadership féminin
14:42iranien
14:43a été soutenu
14:44réellement
14:45par l'ensemble des pays
14:47européens
14:48et outre-Atlantique ?
14:50Alors je dirais
14:50qu'il y a eu vraiment
14:51une émotion globale.
14:53Moi je me suis dit
14:54enfin le monde voit
14:56la résistance des femmes iraniennes.
14:58Mais malheureusement,
14:59je dirais que ça ne suffit pas juste
15:02de soutenir.
15:04Et leur slogan parfois
15:05malheureusement a été dévoyé.
15:07Comme vous le disiez,
15:09leur combat n'était pas
15:10uniquement pour leur liberté individuelle
15:13à porter
15:14ou ne pas porter le voile.
15:15Mais par contre,
15:16c'était vraiment visé
15:17la totalité
15:19de ce régime
15:20misogyne,
15:20sanguinaire,
15:21théocratique,
15:22tout ce qu'on peut mettre
15:23d'adjectif,
15:24je dirais,
15:26horrible
15:26derrière ce mot.
15:28Et en fait,
15:30c'est pour ça peut-être
15:32qu'elles sont
15:33relativement vite
15:33passées à
15:34femme,
15:35résistance,
15:36liberté.
15:36Ce qu'il faut savoir,
15:37c'est que
15:39soutenir ne suffit pas.
15:40Il faut un engagement,
15:41je dirais,
15:41plus ferme.
15:42Il faut des condamnations.
15:43Il faut arrêter
15:45la complaisance
15:46que nos politiques ont
15:47depuis 47 ans
15:48envers ce régime.
15:49Il aurait fallu,
15:50je dirais,
15:51un soutien politique
15:53réellement
15:53de ces femmes
15:54qui descendaient dans la rue.
15:55Et donc,
15:56pourquoi elles sont passées
15:56à femme,
15:57résistance,
15:58liberté ?
15:58Parce que sans résistance,
16:00il n'y a pas de liberté.
16:01Sans liberté,
16:02il n'y a pas de vie.
16:04Donc,
16:05ce slogan est essentiel.
16:07Et vraiment,
16:07moi,
16:07j'ai aussi une pensée
16:09pour,
16:10et en plus,
16:10une ingénieure iranienne
16:12qui est aujourd'hui
16:13condamnée à mort
16:14dans les couloirs
16:15de la mort
16:16en Iran,
16:17à Evin.
16:18Je crois qu'elle est
16:19à Evin.
16:21Et qu'en fait,
16:22elle est condamnée à mort
16:23pour détenir
16:24un papier
16:25sur lequel
16:25c'était marqué
16:26femme,
16:27résistance,
16:28liberté.
16:29Alors,
16:29il y a quelques semaines,
16:30les Iraniens sont descendus
16:32massivement dans la rue.
16:33La répression a été
16:33d'une extrême violence.
16:34On parle de 30 000 morts.
16:37Depuis le début de la guerre,
16:39la situation est devenue
16:40très complexe.
16:41Le système,
16:42en dépit d'une organisation
16:43très hiérarchique,
16:44on a un sentiment
16:46que le système défensif
16:47iranien est très disséminé,
16:49ce qui rend les choses
16:50encore plus difficiles.
16:51Donc,
16:51comment cette résistance
16:52peut-elle encore tenir,
16:54s'organiser ?
16:55Vous lui voyez
16:55quel avenir
16:56a cette résistance ?
16:59Alors,
16:59évidemment,
17:00la répression
17:00est terrible.
17:02Ça a été terrible
17:03pendant 47 ans
17:04et encore.
17:06Mais vous avez vu
17:07que ça ne les a pas arrêtés.
17:08Ça ne les a pas arrêtés
17:09de descendre dans la rue.
17:11Et en fait,
17:12la résistance,
17:14ça fait 47 ans.
17:15Et pourquoi
17:16elle ne s'arrête pas ?
17:17Parce qu'elle s'organise
17:18davantage,
17:19qu'elle est vraiment
17:20enracinée
17:20de plus en plus
17:21dans toutes les couches
17:23de la société.
17:24Et en fait,
17:24ce qu'il faut savoir,
17:25c'est que,
17:26malheureusement,
17:27aujourd'hui,
17:28les bombes
17:30perturbent un petit peu
17:30cette résistance interne.
17:32Mais l'histoire
17:33nous a montré
17:33que les dictatures
17:35ne tombent pas
17:36par les guerres.
17:37Les dictatures
17:37ne tombent pas
17:38par les guerres.
17:39Les dictatures
17:39ne tombent pas
17:40par les complaisances
17:41ou des négociations
17:43diverses et variées.
17:44Les dictatures
17:45ne peuvent tomber
17:46que par le peuple iranien
17:47et par une résistance
17:49organisée.
17:50Il faut vraiment
17:51que le monde
17:52soutienne
17:53cette résistance
17:54organisée
17:55et surtout
17:57quand elle est portée
17:58par des femmes.
17:58Vous,
17:59vous défendez
17:59une alternative politique
18:01avec le Conseil national
18:02de la résistance iranienne.
18:03Si j'ai bien compris,
18:04on a la résistance au sol
18:05tenue par les Moudjadines.
18:07Et puis,
18:08il y a ce Conseil national
18:09qui, semble-t-il,
18:10est pour vous
18:10une alternative crédible.
18:12Comment est-ce qu'on est sûr
18:14que cette alternative
18:15ne va pas reproduire demain
18:16encore une forme
18:17de pouvoir autoritaire ?
18:19Là,
18:19vous posez vraiment
18:20la question essentielle.
18:23pourquoi je crois,
18:24moi,
18:25à cette alternative ?
18:26Elle est crédible.
18:27Alors déjà,
18:28parce que ce n'est pas
18:29un homme providentiel
18:30qui se te proclame...
18:32Ni ça, ni Mola,
18:32en fait.
18:33On va venir,
18:34on va y venir,
18:35effectivement.
18:36Et en fait,
18:37ce n'est pas
18:38un homme providentiel,
18:39ce n'est pas
18:40la concentration
18:41des pouvoirs
18:42dans les mains
18:43d'une seule personne.
18:44C'est un Conseil organisé,
18:46c'est un Conseil pluraliste
18:48qui est composé,
18:50comme je vous disais,
18:51des experts,
18:51des intellectuels,
18:53des différentes ethnies
18:54iraniennes.
18:55C'est un Conseil qui est
18:56rassembleur,
18:57qui essaye en fait
18:58d'avoir aussi
19:01d'autres,
19:01je dirais,
19:02alliances avec notamment
19:03les organisations ethniques.
19:04C'est un Conseil
19:06qui est porté
19:07par une femme,
19:08Mme Rajavi.
19:09Et en fait,
19:11rien que ça,
19:12ce n'est pas anecdotique,
19:13que ce soit
19:14une femme musulmane
19:16démocrate
19:16qui porte
19:17le combat
19:19contre un fascisme
19:20religieux,
19:21ce n'est pas anecdotique.
19:24Il faut
19:25l'hégémonie
19:26des femmes
19:26en face
19:28de ce régime
19:29théocratique
19:30et dictatorial.
19:32Il faut savoir,
19:33Mme Rajavi
19:33a perdu
19:34une sœur
19:35pendant le régime
19:36de Shah,
19:36une sœur
19:37exécutée
19:37enceinte
19:38par le régime
19:39de Khomeini.
19:40Et depuis,
19:40elle a décidé,
19:41elle,
19:42de porter
19:43imaginer le courage
19:44d'une femme,
19:45imaginer sa force.
19:47Elle est jeune ?
19:48Enfin,
19:48à quel âge ?
19:49Non,
19:49aujourd'hui,
19:49elle a 70 ans.
19:50D'accord.
19:50Mais ça fait...
19:51Oui,
19:52ça fait des années
19:52qu'elle mise
19:53et qu'elle
19:54connaît le système.
19:55Et qu'elle porte,
19:56en fait,
19:57toute la résistance iranienne.
19:58Et en fait,
19:59voilà,
20:00on va entendre son nom
20:01dans les années à venir.
20:02C'est une femme
20:03qui,
20:03en plus,
20:04je ne fais pas confiance
20:05qu'à la personne,
20:06évidemment,
20:07même si ça fait des années
20:08que je la suis
20:08et que je la connais.
20:09Mais je fais confiance aussi
20:11à son programme.
20:12C'est un programme
20:13qui est écrit
20:14depuis 1982.
20:15Ce n'est pas un programme
20:16qui date d'hier.
20:17C'est un programme
20:18qui commence
20:19par la séparation
20:20de la religion
20:21et d'État.
20:22C'est un programme
20:23qui dit
20:23l'égalité totale
20:25des femmes
20:26et des hommes
20:27dans toutes les instances
20:29de la société.
20:29Est-ce qu'elle pense
20:29de l'entendre ?
20:30Elle est soutenue ?
20:31Elle est...
20:33Avec la situation actuelle ?
20:34Ou on entend
20:35un Trump
20:36qui dit
20:36c'est moi
20:36qui dois choisir ?
20:37Alors,
20:38on l'entend énormément
20:39auprès des parlementaires
20:41du monde entier.
20:42Elle parle
20:43au Parlement européen.
20:44Elle parle
20:45au parlementaire
20:46du monde entier.
20:47Elle a donc
20:47son plan démocratique
20:48en dix points.
20:49je vous disais,
20:50la séparation
20:50de la religion
20:52et de l'État,
20:52l'égalité des femmes,
20:54l'abolition
20:55de la peine de mort.
20:56L'Iran
20:57est quand même
20:57le premier pays
20:59exécuteur de femmes
21:00dans le monde.
21:01Il faut savoir.
21:01Le deuxième,
21:03pour l'ensemble,
21:04après la Chine,
21:05mais pour les femmes,
21:06c'est la première.
21:06Donc,
21:07l'abolition
21:07de la peine de mort,
21:08un Iran non nucléaire,
21:10un Iran qui respecte
21:11la diversité ethnique,
21:14je dirais,
21:15de notre pays
21:15qui est grande.
21:17Et je dirais,
21:18et c'est une femme,
21:19et je dis encore,
21:19c'est une femme,
21:20et il faut une femme
21:21en face de ce régime.
21:23Et ce qu'il faut savoir,
21:24c'est en ça,
21:25pour moi,
21:26qu'elle est vraiment
21:26l'antithèse de ce régime,
21:28mais aussi l'antithèse
21:29de retour
21:30de toute dictature
21:31en Iran.
21:32Alors,
21:32à quoi ressemblerait demain,
21:33si vous pouvez choisir
21:34son destin,
21:35à quoi ressemblerait l'Iran
21:36que vous espérez ?
21:37Ça sera ma dernière question.
21:39Alors,
21:39j'espère un Iran
21:40libre,
21:42démocratique
21:43et laïque.
21:44Je voudrais un Iran
21:45sans les gardiens
21:47de la révolution.
21:48Je voudrais un Iran
21:49sans SAVAC,
21:51donc la police secrète
21:53du chat.
21:54Je voudrais un Iran
21:55où le corps des femmes
21:56n'est plus un sujet.
21:57Je voudrais un Iran
21:58où le potentiel des femmes
21:59peut enfin apparaître
22:02au monde entier.
22:02Les femmes sont capables
22:04de prendre beaucoup de choses
22:05en Iran.
22:07Elles vont le prouver davantage
22:08dans les années à venir.
22:10Je voudrais un Iran
22:11où l'on danse,
22:11où l'on rit,
22:13où on ne chante plus
22:15des berceuses révolutionnaires
22:16à nos enfants,
22:17parce que moi,
22:18toute mon enfance,
22:19on m'a chanté
22:19des berceuses révolutionnaires.
22:22Et récemment,
22:23il y a encore
22:23une berceuse révolutionnaire
22:24qui est sortie.
22:25Je voudrais qu'on ne chante
22:26plus des berceuses révolutionnaires
22:27à nos enfants.
22:28Je voudrais qu'on chante
22:29des berceuses aux enfants
22:30où ils peuvent
22:33penser, rire,
22:34grandir, rêver.
22:36Et en fait,
22:36ce qu'il faut savoir,
22:37c'est que ce n'est pas
22:38juste un rêve.
22:39Maintenant,
22:39c'est une nécessité,
22:40c'est une légitimité
22:42pour le peuple iranien.
22:43Le peuple iranien,
22:44les femmes,
22:45ont donné tant de prix
22:46pour la liberté
22:47et la démocratie.
22:48elles le méritent.
22:50Moi,
22:50j'appelle vraiment
22:51nos gouvernants
22:52à soutenir
22:54la seule résistance
22:55politique,
22:57alternative,
22:59démocratique,
23:00laïque,
23:01qui est capable,
23:03en irant sur le sol,
23:05de porter la voix
23:06des Iraniens.
23:06Les Iraniens
23:07ne demandent pas
23:08de retour
23:08à une autre dictature.
23:10Juste la liberté
23:11et la démocratie.
23:12Ce monde que vous décrivez,
23:13c'est le monde
23:14qu'on aimerait
23:14pour nous tous
23:15et nous toutes,
23:16partout.
23:16Parce qu'en fait,
23:17c'est une question
23:18universelle
23:18qui décide du corps,
23:19qui décide de la liberté,
23:21qui décide du destin
23:21d'un peuple.
23:23Merci,
23:24Faïmé,
23:24Pansonaï,
23:25d'avoir été avec nous
23:26ce matin.
23:26Merci pour ces mots,
23:27merci pour cet engagement.
23:29Et moi,
23:29je vous dis
23:30à dimanche prochain
23:31pour la force
23:32de l'engagement
23:32avec celles
23:33et ceux qui font bouger
23:34la société,
23:35avec une même énergie.
23:36Et j'espère vraiment
23:37vous retrouver
23:38très nombreux.
23:39à dimanche prochain.
23:40C'était la force
23:41de l'engagement
23:43avec Agipi,
23:44épargne,
23:45retraite,
23:45assurance emprunteur,
23:47prévoyance,
23:47santé.
23:48Agipi !
23:49Sous-titrage Société Radio-Canada
23:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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