00:00Sud Radio, le grand matin week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
00:05Bonjour mon cher Didier.
00:06Bonjour Maxime.
00:07Aujourd'hui, la crise énergétique, on le constate, que vous avez déjà évoqué ici il y a quelques semaines,
00:11mérite quelques présisions historiques avec tout ce qu'on voit.
00:14Malgré les annonces de cesser le feu, clairement l'issue de la guerre en Iran demeure incertaine,
00:19mais sans doute ce qui est le plus important aujourd'hui dans ce conflit, c'est qu'il révèle nos
00:23faiblesses.
00:24Notre vulnérabilité est immense pour la simple raison que jamais le monde n'avait connu une crise de cette ampleur,
00:30alors que si on prend notre pays, mais aussi de nombreux autres pays, comme les Etats-Unis en premier lieu,
00:35avec des niveaux d'endettement élevés, ça limite les capacités, de fait les capacités des gouvernements
00:41à limiter le choc de la flambée des prix de l'énergie.
00:44Ceux qui nous écoutent se souviennent peut-être des années 70 avec ces premiers chocs pétroliers.
00:49Ils avaient conduit alors à ce qu'une économie comme celle de la France, où le déficit était rare,
00:54a des déficits permanents, quelle que soit la couleur politique, par la suite, avec les alternances.
00:59Pour se rendre compte de ce que cela donnait aux Etats-Unis, un déficit typique se situe autour de 2
01:04% du PIB,
01:05le produit intérieur brut, alors même qu'on se trouve aujourd'hui sur des niveaux pour les pays du G7,
01:10qui sont passés de 20 à plus de 100%, changement d'univers pourrait-on dire.
01:15Et sachant que des mesures sont prises en France, comme dans d'autres pays, pour atténuer cette crise,
01:20parce qu'elles touchent forcément tous ceux qui la subissent.
01:22Alors voilà, contrôle des prix, baisse de la TVA, rationnement pour les pays les plus touchés, ça arrive,
01:28subvention pour certains combustibles.
01:29Mais ce qui freine, c'est que les marchés obligataires, eux, ont déjà réagi avec une hausse des taux d
01:34'intérêt,
01:35alors qu'en période de crise, la réaction classique est plutôt une baisse des taux d'intérêt à long terme,
01:39car qui dit ralentissement de la croissance anticipe une politique monétaire plus souple.
01:44Eh bien là, tous nous disent, anticipation d'une inflation plus élevée,
01:48mais la lecture de ces marchés, c'est celle aussi d'un risque de dépenses publiques supplémentaires.
01:53Donc choc pétrolier, dépenses publiques en hausse, explosion des déficits et de la dette,
01:59demande d'une prime plus élevée pour ces obligations.
02:01Juste pour avoir une idée d'où nous en sommes, nous étions.
02:04L'an dernier, la dette mondiale avait atteint un niveau record de 348 000 milliards de dollars,
02:10en gros trois fois le PIB mondial, et pour les banques centrales,
02:14ce n'est pas simple face à un tel scénario, car même si le choc pétrolier ralentit la croissance économique,
02:19les banques centrales pourraient se retrouver dans l'incapacité d'intervenir.
02:22La réaction des marchés obligataires est un signal d'alarme,
02:26quand on voit que dans certains pays, les intérêts de la dette,
02:29c'est aussi le cas de la France, sont supérieurs aux dépenses,
02:31comme dans l'éducation et la défense, eh bien la dette est un sujet clé aujourd'hui.
02:35On peut le dire, l'économie mondiale est asphyxiée par ces dettes,
02:38et ce qui se passe en ce moment dans le golfe Persique aura donc des répercussions
02:41sur tous les chocs à venir, même lorsque cette guerre prendra fin,
02:45le pétrole ne redescendra peut-être pas si facilement,
02:48selon plusieurs banques d'affaires, c'est ce que le risque hors mousse est désormais présent,
02:53et permanent, les coûts d'assurance plus de les coûts de logistique sont structurellement plus élevés,
02:57les stocks nécessitent des années pour être constitués,
03:00on voit des raffineurs qui ajustent leur prix en raison de l'incertitude,
03:02on pourrait dire que le monde d'avant-guerre a disparu,
03:06les banques Goldman, City, UBS par exemple sont tous d'accord,
03:09ce sera plus haut, plus longtemps, c'est plus une prévision, c'est la nouvelle réalité.
03:14Et bien justement, en parlant de réalité, il y a aussi cette affaire d'intelligence artificielle
03:17qui prend de plus en plus de place, et concernant cette utilisation de l'IA,
03:22il y a eu un nouveau coup de canif dans la fameuse confidentialité de nos données.
03:25C'est Tchad GPT qui s'est illustré, c'est une histoire venue de Strasbourg,
03:29révélée par les dernières nouvelles d'Alsace, quand un homme de 37 ans interroge son agent conversationnel habituel
03:34pour une demande bien particulière, il veut savoir comment se procurer un Glock,
03:38ce qui est un pistolet automatique pour tuer un agent du renseignement de la CIA, du Mossad et de la
03:43DGSI.
03:44Quelques heures plus tard, il se retrouve interpellé par le RAID, placé en garde à vue,
03:48mais derrière ce fait divers, c'est une nouvelle confirmation de plus
03:51que nos données ne sont pas protégées dans ces discussions,
03:55que ce soit un système automatisé équipé de modérateurs humains,
03:58comme le dit Tchad GPT, le FBI a signalé à la plateforme Pharos,
04:02on peut considérer dans ce cas que c'est une bonne chose d'avoir déjoué un possible attentat,
04:06mais ça montre surtout que ce que nous partageons dans le cadre privé ou d'une entreprise par exemple,
04:11avec le logiciel américain Tchad GPT, on copilote pour Microsoft, pour ne citer que ces deux-là,
04:15et bien les risques sont importants, sans doute un rappel,
04:19car l'intelligence artificielle a désormais envahi nos vies et celle des entreprises,
04:23pour le meilleur comme pour le pire,
04:25sans que tout le monde se pose la question de cette confidentialité avant de partager des infos.
04:30Et à ce sujet précisément, c'est l'État forcément qui est obligé de rebâtre les cartes dans son administration
04:34?
04:35Mieux veut tard que jamais, pourrait-on dire,
04:37de nombreuses entreprises du secteur ont depuis des années tenté de sensibiliser
04:40les gouvernements successifs à ce sujet,
04:42Objectif affiché en tout cas par le gouvernement actuel,
04:45réduire les dépendances numériques extra-européennes de l'État,
04:48avec des étapes concrètes pour cette ambition,
04:51notamment pour la direction interministérielle du numérique,
04:54qui annonce la sortie de Windows au profit de postes sous système d'exploitation Linux,
04:59les logiciels libres,
05:01et autre exemple avec la migration vers des solutions souveraines,
05:03par exemple la Caisse nationale d'assurance maladie,
05:05a annoncé il y a quelques jours la migration de ces 80 000 agents
05:08vers des outils de ce nouveau socle numérique interministériel
05:12comme CHAP, Visio, France Transfert,
05:14pour les transferts des documents.
05:16Le mois dernier, le gouvernement a annoncé
05:17une migration de plateformes de données de santé
05:19vers une solution de confiance,
05:20d'ici à fin 2026,
05:22à suivre donc, car c'est un sujet sensible,
05:24derrière ses intentions,
05:25il faut aussi que notre écosystème numérique,
05:27nos PME, nos ETI, nos start-up,
05:29puissent être à la manœuvre,
05:30ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé,
05:32car il faut revoir les solutions souveraines,
05:35il faut aussi que des champions français puissent,
05:37grâce à cela,
05:38aller plus vite dans leur développement,
05:40avec notamment des commandes.
05:41Et voilà, c'était donc les mises,
05:43les mises en garde de Dié-Testo
05:45qu'on retrouve donc tous les dimanches
05:46sur Sud Radio,
05:47fondateur de La Bourse et de la Vie TV.
05:49Merci.
05:49Merci.
Commentaires