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Avec Vincent Klingbeil, Co-funder European Digital Group, Carlos Diaz,
Entrepreneur Podcast SILICON CARNE, Cyril Darmon, Co-fondateur Biblos AI

Retrouvez Le Numérique pour tous avec Vanessa Perez tous les dimanches à 14H30 sur #SudRadio.
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##LE_NUMERIQUE_POUR_TOUS-2026-02-01##

Catégorie

🤖
Technologie
Transcription
00:00Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez.
00:04Bonjour et bienvenue dans...
00:05Le numérique pour tous, l'émission dédiée à l'innovation numérique et à la tech responsable.
00:10Question qui divise autant qu'elle passionne, comment manage-t-on dans l'incertitude de chaque côté de...
00:15...de l'Atlantique. D'un côté la Silicon Valley avec sa culture de l'agilité, ses levées de fonds et ses salaires.
00:20La French Tech, fort d'un état providence et de talents qui s'exportent mieux qu'il...
00:25...et ne s'épanouissent. French Tech vs Silicon Valley, qui manage comment à l'heure d'où l'incertitude est devenue la...
00:30...la norme, c'est tout de suite et c'est sur Sud Radio.
00:32Sud Radio, le numérique pour tous.
00:35Et pour commencer cette confrontation des modèles, nous avons le plaisir de recevoir...
00:40...Fan Klingbeil, cofondateur du European Digital Group. Vincent, bonjour.
00:44Bonjour.
00:45J'ai envie de vous avoir en plateau. Alors on aime bien commencer par une définition, c'est tout à fait normal. C'est quoi le European Digital Group ?
00:50Alors, European Digital Group, c'est un groupe de services spécialisés dans la transformation...
00:55...concentration IA, Data et Digital. On est aujourd'hui à un peu plus de 2500...
01:00...personnes et on accompagne des grands groupes, des ETI, des PME dans leur transformation.
01:05J'imagine qu'à la tête de chacune des PME qui sont dans votre écosystème, vous avez des patrons qui ont chacun leur personnage...
01:10...comment on arrive à fédérer des gens qui parfois ont un petit égo, peut-être, qui s'aiment bien mettre en valeur ?
01:15Alors c'est vrai que chez EDG, donc on a...
01:18...la croissance a été pour...
01:20...moitié en croissance organique et moitié par croissance externe, et donc on a fédéré effectivement...
01:25...de nombreux entrepreneurs et qui sont devenus associés, qui restent associés de leur société également.
01:30...de EDG, pour aligner les intérêts. Et c'est vrai que pour les fédé...
01:35...parfois j'ai coutume de dire qu'il faut...
01:38...pour gérer un groupe comme EDG...
01:40...il faut presque un doctorat de psychologie, il faut essayer d'être très empathique, de se mettre à la place...
01:45...des entrepreneurs, et de les accompagner au maximum.
01:50Moi je le fais, j'essaye toujours de le faire avec bienveillance, toujours se dire que...
01:54...
01:55...
01:55... ils sont actionnaires du groupe, on a tous des intérêts communs...
01:58...et donc essayer de les fédérer.
02:00...
02:00...et de tout faire aussi, parce que moi c'est important pour moi...
02:03...pour qu'ils restent dans l'aventure.
02:05...
02:05...
02:07...
02:08...
02:09...
02:11...
02:13...
02:15...
02:17...
02:19...
02:21...
02:23...
02:25...
02:27...
02:29...
02:31...
02:33Quand vous prenez une décision stratégique, quelle est la place de l'intuition versus...
02:38L'analyse de tous les chiffres qui peuvent exister sur une grille Excel ?
02:41Alors, c'est vrai que moi...
02:43La fois que je prends une décision, j'ai 50% de la décision qui est prise de manière très analytique.
02:48Je rachate une boîte vers des audits très poussés, des prises de références, audits financiers, fiscaux, sociaux...
02:53Bien sûr, une due deal stratégique, vraiment beaucoup d'analytique.
02:58Et j'ai 50% de mes prises de décision qui sont prises aussi sur l'instinctif.
03:03Ce que j'ai pu constater, c'est que quand on prend une décision juste sur un tableau Excel, on a beaucoup...
03:08Beaucoup de chances de se planter.
03:09Mais inversement, comme l'instinct, ce n'est pas une science exacte, si...
03:13On ne prend que des décisions uniquement à l'instinct, sans creuser un peu l'analytique.
03:16On a aussi...
03:18Des chances de prendre une mauvaise décision.
03:20Pour moi, la bonne décision, c'est celle qui va mixer les deux.
03:23C'est quand mon instinct me dit qu'il faut y aller et que l'analytique confirme ou que l'analytique me dit...
03:28C'est très bien et que mon instinct est d'accord.
03:30Et si je n'ai pas les deux...
03:33Je ne vais pas y aller, c'est vrai que parfois, il y a des fonds de VC ou de PE qui vont...
03:38Alors, il faut traduire à des fonds de venture capital, des fonds d'investissement...
03:40Ou de private equity qui vont uniquement prendre des décisions...
03:43sur le tableau Excel.
03:44Et c'est dommage.
03:45Je pense qu'il faut laisser une place à l'instinct.
03:46Alors, j'imagine que comme tout le monde...
03:48Parfois, effectivement, vous trébuchez.
03:49Il y a des erreurs.
03:50Alors, en France, on tolère mal la culture de l'erreur.
03:52Ça vous stigmate.
03:53Comment vous le vivez, vous, quand il y a un échec ?
03:55Comment vous apprendez les choses ?
03:57Typiquement, moi, j'ai...
03:58J'ai eu un gros échec entrepreneurial et après, deux réussites.
04:02Et je dis souvent que...
04:03En fait, sans l'échec de ma première startup,
04:06j'aurais jamais eu les réussites d'après.
04:07Parce que déjà...
04:08Ça m'a donné une telle rage de revanche.
04:11L'énergie que j'ai pu...
04:13Mettre dans les boîtes d'après,
04:14elle vient du fait que j'étais vraiment très triste
04:17de ne pas avoir réussi.
04:18la première aventure.
04:19Et donc, pour moi, l'échec,
04:21c'est l'impôt à payer avant d'arriver.
04:23au succès.
04:24Et pour moi, quelqu'un...
04:27Enfin, si j'analyse...
04:28Les entrepreneurs ultra-successful,
04:30ceux qui ont monté des boîtes exceptionnelles.
04:33Je pense que pour la plupart,
04:34ils ont énormément galéré,
04:36énormément travaillé.
04:37Ils ont...
04:38connu beaucoup de difficultés et d'échecs
04:39avant d'y arriver.
04:40Pour moi, l'entrepreneur
04:41qui lance sa boîte et enquête...
04:43Quelques mois, c'est exceptionnel,
04:45elle explose.
04:45C'est un mec sur 100 000.
04:4790 000...
04:4819% des entrepreneurs successful
04:50ont énormément galéré.
04:51Et moi, j'ai pas honte de dire...
04:53que j'ai eu beaucoup de difficultés,
04:54que j'ai beaucoup trébuchés.
04:55J'ai essayé d'être résilient.
04:56Je me suis battu.
04:58pour à chaque fois rebondir.
04:59Et ce qui est important de souligner,
05:00peut-être, c'est qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs
05:02qui se disent dans...
05:03Je vais faire un exit,
05:04surtout chez les jeunes,
05:04on doit le dire ainsi.
05:06J'ai un terme pour ça.
05:07Dites-moi.
05:08C'est mon frère, d'ailleurs,
05:10qui m'avait échangé
05:11avec mon frère David.
05:13partager ça.
05:14Il m'a dit, en fait,
05:15là, on assiste à une génération
05:16qu'il appelle la génération Jackpot.
05:18C'est-à-dire, c'est des jeunes
05:19qui, s'ils n'ont pas fait
05:20une énorme levée
05:20ou s'ils n'ont pas vendu leur boîte
05:22dans les deux ans,
05:22ils ont...
05:23j'ai l'impression d'avoir échoué.
05:24Alors que...
05:25Pas pareil, pour moi,
05:2699% des enfants...
05:28d'entrepreneurs très successifs,
05:29ils ont été très patients.
05:30Un succès, ça peut venir
05:31en 10 ans, 20 ans, parfois.
05:33même en 30 ans.
05:34Et c'est vrai que je constate
05:35chez les jeunes
05:35beaucoup d'impatience
05:36à vouloir tout de suite...
05:38tout de suite avoir
05:40d'énormes résultats
05:41alors que...
05:43la plupart des grosses sociétés
05:45des entrepreneurs
05:46qui montaient des...
05:48des empires,
05:48ils ont été très patients.
05:50Il faut se dire que peut-être
05:51l'argent, et ça vous le disiez
05:52à l'heure de la répétition,
05:52l'argent...
05:53ne doit pas être le moteur.
05:54Avant tout, c'est partager
05:54une aventure,
05:55c'est réussir quelque chose ensemble
05:56et l'argent est une conséquence.
05:58C'est important de le rappeler.
05:59Oui, c'est évident.
06:00De toute façon,
06:01donc moi, je suis un...
06:03un ancien avocat reconverti
06:04dans le digital.
06:06Et c'est vrai que quand...
06:08j'ai quitté mon métier
06:09d'avocat d'affaires
06:09pour me lancer dans le digital,
06:10statistiquement,
06:12les chances de gagner...
06:13plus en étant entrepreneur
06:14qu'en étant avocat d'affaires
06:15dans un gros cabinet américain,
06:17elles étaient extrêmement...
06:18faibles.
06:18Donc ce qu'il faut,
06:19c'est se dire
06:19j'y vais parce qu'on va vivre
06:22une aventure exceptionnelle.
06:23pour vivre des émotions
06:25qu'on ne peut pas vivre
06:26dans d'autres secteurs.
06:27Et après...
06:28l'exit et la vente,
06:31ça c'est après,
06:32c'est une conséquence.
06:33de tout ça.
06:34Vincent, on parle aussi
06:35de la solitude du dirigeant
06:36et même de la santé.
06:38mentale des dirigeants aujourd'hui.
06:39Question,
06:40est-ce que c'est une réalité
06:41que vous avez connue ?
06:41A qui vous adressez
06:42quand il y a...
06:43une grande interrogation existentielle ?
06:44Et comment vous pilotez au quotidien
06:45pour ne pas vous sentir tout seul ?
06:47Alors,
06:48c'est vrai que
06:48quand on est dirigeant
06:51d'une entreprise...
06:53et qu'elle grossit,
06:53on a de plus en plus de pression.
06:54Donc,
06:54il faut apprendre à bien gérer
06:55la pression.
06:57Moi,
06:57ce que je veux dire,
06:58que je constate là
06:58depuis quelques années,
06:59c'est qu'avec l'expérience,
07:01j'ai de moins en moins
07:02de pression.
07:03parce que...
07:03Enfin,
07:03c'est pas que j'ai pas de moins
07:04de pression,
07:04mais je la gère beaucoup mieux
07:05parce que la plupart des problèmes...
07:08qui m'arrivent chaque jour,
07:09je les ai déjà eus 50 fois
07:11dans ma carrière.
07:12Et c'est vrai que...
07:13la première fois
07:13que t'as un collaborateur clé
07:16qui démissionne.
07:18t'es paniqué,
07:19tu te dis
07:19mais comment je vais gérer
07:20et tout et tout ça.
07:20Mais quand c'est arrivé
07:21plusieurs fois
07:22et que t'as rebondi à chaque fois...
07:23tu le gères mieux
07:23quand ça t'arrive.
07:24La première fois
07:25que tu perds un client important...
07:28tu te dis
07:28comment je vais faire et tout.
07:29Mais quand ça t'est déjà arrivé,
07:30tu t'apprends à mieux gérer.
07:32Et c'est vrai que...
07:33des nouvelles situations manageriales
07:34qui ne me sont jamais arrivées.
07:35Ça doit arriver
07:36une à deux fois par an.
07:38Là, j'essaie de gérer
07:38mais la plupart des choses
07:39qui m'arrivent en fait maintenant,
07:40j'ai vécu beaucoup de fois
07:41donc ça me permet
07:41de mieux gérer.
07:43Et après, sur la solitude,
07:44moi aussi,
07:44j'essaie d'être bien entouré
07:45donc que ce soit en interne.
07:48ou aussi des coachs externes,
07:49des mentors,
07:50des partenaires qui...
07:53Si j'ai un problème,
07:53je peux demander à Carlos
07:54des conseils et voilà.
07:55Qu'on écoutera
07:55dans la deuxième partie
07:56de cette émission.
07:58Pour conclure,
07:58trois adjectifs
07:59si vous deviez conseiller
08:00un jeune entrepreneur
08:01qui démarre.
08:03Moi, je pense que pour être
08:04entrepreneur,
08:04il faut être très optimiste
08:05parce que comme je l'ai dit,
08:06les stats ne sont pas forcément...
08:08avec nous,
08:08donc il faut être optimiste
08:10et moi, j'adore aussi...
08:11Alors, ce n'est pas de la très grande...
08:13de littérature,
08:13mais un livre qui s'appelle
08:13Le secret sur la loi de l'attraction
08:15et de se dire,
08:16voilà, il faut toujours imaginer
08:17la victoire.
08:18imaginer que ça va bien se passer
08:19et tout ça
08:19et je trouve que c'est quand on a
08:21cet esprit comme ça, positif.
08:23ça rayonne et ça aide
08:25et voilà.
08:26Après, il faut avoir
08:26beaucoup d'énergie
08:26quand on est entrepreneur.
08:28et il a communiqué
08:29à tout le monde
08:30et enfin, on a parlé tout à l'heure
08:31de la résilience.
08:33Il va y avoir beaucoup d'épreuves,
08:34ça va être dur,
08:35mais il faut se dire
08:35on ne lâche pas,
08:37on ne lâche pas.
08:38y croire
08:38et voilà, pour moi,
08:39c'est les trois qui me viennent.
08:40Merci Vincent,
08:41positif et résilient Vincent.
08:43Dingbel pour European Digital Group.
08:44Je vous propose de marquer
08:45une courte pause
08:46et on se retrouve
08:46dans quelques instants.
08:48On va changer radicalement
08:49de perspective
08:49et passer de l'autre côté
08:50de l'Atlantique
08:51direction la Silicon Valley.
08:53pour un regard sans concession
08:54on va dire
08:55sur la façon de manager là-bas.
08:58Pour tous, French Tech
08:59versus Silicon Valley,
09:00ça continue dans quelques instants
09:01et c'est sur Sud Radio.
09:03le numérique pour tous,
09:05Vanessa Perez.
09:06Et dans le numérique pour tous,
09:07nous voici maintenant
09:08de l'autre côté de l'Atlantique
09:09avec un entrepreneur
09:10qui connaît les deux mondes.
09:11Carlos Diaz, bonjour.
09:13Vous êtes donc entrepreneur
09:13franco-américain
09:14basé aux Etats-Unis.
09:15Vous avez cette double culture
09:17qui vous donne un regard uni.
09:18et vous êtes notamment
09:19à l'initiative du podcast
09:20Silicon Carnet,
09:21un podcast sans concession.
09:23sur notre système français.
09:25J'invite nos auditeurs
09:25à l'écouter.
09:26C'est juste passionnant.
09:28Carlos, 10 000 kilomètres de distance
09:29entre Paris et la Silicon Valley,
09:30c'est quoi la grande différence
09:32entre la France et l'État ?
09:33Les Etats-Unis.
09:34Waouh !
09:34Il faudrait des heures
09:36pour en parler,
09:37mais je pense...
09:38Je pense que, oui,
09:38effectivement,
09:39j'ai le sentiment
09:41pour avoir managé
09:41des boîtes
09:42à la fois en France
09:43et aux Etats-Unis
09:44qu'il y a une peur de l'échec
09:47en France
09:47qui est...
09:48bien plus importante
09:48qu'aux Etats-Unis.
09:49Aux Etats-Unis,
09:51c'est la culture de Nike.
09:53C'est Just Do It.
09:54Il faut être dans l'action.
09:56On ne se pose pas
09:57beaucoup de questions.
09:58et on privilégie effectivement
10:00les gens qui font
10:01et qui...
10:03qui ne sont pas là
10:04à se poser la question
10:04est-ce que c'est bien ?
10:05Est-ce que c'est mal ?
10:06Et j'ai l'impression
10:06qu'en France,
10:07on essaie...
10:08de se protéger beaucoup.
10:09Les managers se protègent.
10:10Alors, comme vous avez
10:11des formules sans concession,
10:12on va laisser...
10:13Vous avez une formule violente
10:14d'ailleurs qui consiste à dire
10:15l'entrepreneuriat français
10:16est à la botte de l'Etat.
10:18Expliquez-nous un petit peu
10:19ce que vous mettez
10:19derrière ces mots.
10:20Bah, j'ai l'impression
10:22que l'Etat...
10:23est très très présent
10:23en comparaison
10:24avec les Etats-Unis
10:26en France et dans les...
10:28Écosystèmes.
10:28L'Etat, c'est celui qui finance,
10:31c'est celui qui donne la direction.
10:33C'est l'Etat stratège.
10:34C'est souvent aussi le client,
10:36le principal client.
10:38c'est des entreprises.
10:39Donc, forcément,
10:40les entrepreneurs sont très attentifs.
10:43à ce que fait l'Etat.
10:44C'est celui qui réglemente
10:46et qui met en place
10:46des régulations tout un tas de...
10:48quelque chose comme ça.
10:49Donc, qu'est-ce que ça crée ?
10:50Bah, ça crée des entrepreneurs
10:51qui se mettent au rythme de l'Etat.
10:53Et justement,
10:54moi, je pense que c'est
10:55une erreur fondamentale
10:56parce que l'entrepreneur,
10:56c'est quelqu'un qui court vite.
10:58On le voit bien avec la French Tech,
11:00avec tout ce mouvement
11:01qui a été créé.
11:03L'Etat est omniprésent.
11:04C'est lui qui distribue les bons points.
11:06C'est lui qui distribue l'argent.
11:08Et l'administration,
11:09elle est lente par définition.
11:11Donc, l'entrepreneur,
11:12il est là.
11:13à se caler sur le rythme
11:14de l'administration.
11:15Et moi, dans la Silicon Valley,
11:17c'est pas du tout ce que je constate.
11:18Alors, on va parler
11:18de quelques chiffres
11:19et c'est important
11:20de les avoir en tête.
11:21Google a levé 20.
11:2329 millions de dollars
11:24et Amazon, 53.
11:26Et en France,
11:26on met 600 millions.
11:28dans Doctolib.
11:28Donc, il y a une échelle
11:29qui est inversement proportionnelle.
11:31Comment vous expliquez ce paradoxe ?
11:33Je pense que le capital
11:34est d'une part
11:36beaucoup plus important
11:37dans la Silicon Valley.
11:38que ici,
11:39mais il est surtout
11:39beaucoup plus efficace.
11:41Alors, Google,
11:41c'était en 1999.
11:43Mais même 29 millions
11:44rapportés au prix
11:45de l'inflation aujourd'hui,
11:47on est sur de l'ordre...
11:48de 60, 65 millions.
11:49C'est ça.
11:49C'est sans commune mesure.
11:51Quand vous donnez 29 millions...
11:53en 1999 à Larry Page
11:54et Sergey Brin,
11:56ils fabriquent Google.
11:57Nous, quand on...
11:58file 600 millions à Doctolib.
11:59On fabrique un truc
12:00pour prendre des rendez-vous
12:01chez le médecin.
12:03Bon, peut-être que là,
12:04il faut peut-être
12:05se poser une question
12:05sur l'efficacité.
12:08Qu'est-ce qu'on a fait
12:09dans le digital en France ?
12:11Je suis très critique là-dessus.
12:13Parce que j'aimerais...
12:14Pourquoi je suis critique ?
12:15Parce que moi,
12:15ce que je voudrais,
12:16parce qu'on a les talents en France,
12:17j'aimerais qu'on crée...
12:18le prochain Google.
12:19Ça fait longtemps qu'on nous dit
12:20quand est-ce qu'on crée
12:21le prochain Google ?
12:21Moi, c'est ça ce que j'attends.
12:23J'attends pas simplement...
12:24Alors, je voudrais pas taper sur Doctolib.
12:27C'est un service absolu.
12:28C'est absolument génial.
12:29Mais quand je regarde
12:29les dix dernières années,
12:31j'ai l'impression qu'on a essentiellement...
12:33réformé l'État
12:35et les services de l'État.
12:37Regardez Blabla Cade.
12:38Blabla Cade, c'est un service
12:39qui est là pour...
12:40Parce que la SNCF déconne à plein tube
12:42et que c'est...
12:43hyper cher de prendre un billet de train
12:44et qu'il fallait trouver d'autres solutions
12:45et qu'on a eu besoin des start-up
12:47pour...
12:48pour pallier aux carences de l'État.
12:50Et on a beaucoup de ça dans...
12:53en France.
12:53Alors que dans la Silicon Valley,
12:55bon, bah, l'État, lui aussi,
12:56il dysfonctionne complètement.
12:58Mais on s'en fout.
12:59J'allais vous demander,
12:59Trump aime les entrepreneurs ?
13:01Trump, il n'aime personne.
13:03Trump, il n'aime que lui.
13:04Donc, je pense pas que...
13:08Trump aime les entrepreneurs.
13:09Mais en tout cas,
13:09il aime les gagnants.
13:11Alors, on parlait des...
13:13tout à l'heure avec Vincent,
13:14si vous êtes un entrepreneur qui échoue,
13:16Trump ne va pas vous aimer.
13:18Mais si vous êtes dans une spirale
13:19de la réussite,
13:22alors à ce moment-là,
13:22il va...
13:23il ne va pas vous aimer,
13:23il va vous utiliser.
13:24Remarquez quelque chose
13:25de très intéressant avec Trump.
13:28à l'inverse de la France.
13:29Quand les entrepreneurs en France
13:31vont à l'Élysée,
13:32ils y...
13:33ils vont pour demander de l'argent.
13:34Quand les entrepreneurs vont à la Maison Blanche,
13:36c'est Trump qui leur demande de l'argent.
13:38Belle analyse, belle analyse.
13:40Carlos, vous avez un parcours engagé ?
13:42On commence à le sentir...
13:43maintenant et vous avez notamment participé
13:44au mouvement des pigeons.
13:45Et vous êtes partie.
13:46Qu'est-ce qui vous a fait dire
13:47« Je pars de... »
13:48de France, ça suffit ?
13:49Au début, j'ai cru que le système était cassé
13:51et qu'on pouvait le réparer.
13:52En fait, je me suis...
13:53rendu compte que non,
13:54le système,
13:54il a été conçu comme ça
13:55et qu'en fait,
13:56il fonctionnait exactement.
13:58comme il était prévu
13:59et qu'il fonctionne.
14:01Donc, quand vous êtes dans un système
14:02où vous avez...
14:03quand vous comprenez ça,
14:05vous dites soit je me résigne
14:06ou soit je me barre.
14:08Et d'ailleurs,
14:09moi, je suis parti en 2010.
14:10C'est il y a longtemps.
14:11C'était il y a 15 ans.
14:12Et...
14:13Et quand je parle avec...
14:14Je reviens régulièrement.
14:15J'aime la France.
14:16Je suis...
14:16Moi, je suis atterré.
14:18par ce qui se passe
14:18et j'entends plein d'entrepreneurs
14:20me dire je me barre
14:21et pas simplement...
14:23les entrepreneurs de la tech.
14:24La semaine dernière,
14:25je déjeune...
14:26Enfin, je dînais avec un ami à moi
14:27qui...
14:28C'est un des grands illustrateurs de Paris.
14:29Il travaille pour le New Yorker,
14:30etc.
14:31Il n'a pas une entreprise.
14:33Il est tout seul.
14:34Il me dit mais c'est fini.
14:35Je me barre.
14:36Je pars en Grèce parce que...
14:38j'en ai marre de payer
14:39que 65% de la valeur que je crée
14:41reparte dans l'État.
14:43parce que l'État...
14:44Aujourd'hui,
14:45je ne comprends plus
14:46ce qui est fait avec cet argent-là.
14:4830 secondes pour conclure.
14:48Votre formule préférée,
14:49c'est les entrepreneurs et les politiques,
14:51c'est de l'huile et de l'eau.
14:51Qu'est-ce que ça veut dire ?
14:53Ça veut dire qu'il ne faut pas mélanger.
14:54On a besoin dans un moteur
14:55de l'huile et de l'eau
14:56pour que ce moteur fonctionne.
14:58mais ces deux choses-là
14:59doivent rester dans des compartiments
15:01séparés.
15:03Je pense qu'il faut
15:03foutre la paix aux entrepreneurs.
15:04C'est assez simple à comprendre
15:05quand je dis que c'est de l'huile et de l'eau
15:07que l'État...
15:08L'État foutre la paix aux entrepreneurs.
15:09Je pense que l'État a utilisé
15:11les entrepreneurs,
15:11notamment les entrepreneurs...
15:13La technologie a des fins politiques.
15:15Il en a fait des agents politiques
15:17parce qu'il...
15:18il avait besoin
15:18parce qu'il n'était plus en capacité
15:20à émerveiller la population
15:21et qu'on a utilisé.
15:23les entrepreneurs et la technologie
15:24pour ré-enchanter la société.
15:26Mais ce n'est pas le bon...
15:28le boulot des entrepreneurs
15:28de faire ça.
15:29Merci Carlos Diaz
15:30et je vous invite
15:31à aller écouter le podcast
15:33Silicon Carnet.
15:34Et pour clôturer cette émission,
15:35nous revenons en France
15:36avec un entrepreneur
15:37qui fait le pari de...
15:38de réussir face aux géants américains.
15:39Cyril Darmon, bonjour.
15:40Vous êtes cofondateur
15:41de Biblos AI,
15:42une start-up...
15:43française dans l'intelligence artificielle.
15:45L'ancienne start-up
15:46d'intelligence artificielle...
15:48face à ChatGPT OpenAI,
15:49c'est pas...
15:49c'est audacieux.
15:51C'est audacieux
15:51mais je dirais que...
15:52j'aimerais...
15:53bien faire un parallèle
15:53entre justement
15:55les sports de combat
15:56et la création
15:57de ces start-up.
15:58Quand on fait des sports de combat,
15:59on a deux forces
16:00qui s'affrontent
16:00avec deux combattants.
16:02Et il y a un...
16:03sport de combat
16:03qui utilise la force de l'autre,
16:05c'est le Aïkido.
16:06Et Biblos,
16:07c'est un peu ça.
16:08On va utiliser la force
16:09des LLM,
16:09de ChatGPT
16:10et de tous les autres LLM
16:11justement...
16:13pour être encore plus puissant
16:14et sortir des choses
16:15absolument extraordinaires.
16:16Bien entendu,
16:17l'humain...
16:18l'humain reste au centre même
16:20de la technologie.
16:22Et...
16:23Oui, en une phrase concrètement,
16:24c'est quoi Biblos Aïs ?
16:25Vous promettez quoi ?
16:26C'est...
16:27C'est la...
16:28la possibilité de créer
16:29une multitude d'agents,
16:31d'agents agentiques.
16:33avec des orchestrateurs puissants
16:34métiers orientés.
16:36Pour nos auditeurs,
16:37un exemple...
16:38concrets,
16:38qu'est-ce que vous pouvez faire
16:39dans la journée
16:39pour que...
16:40Déjà gagner 10 heures...
16:43dans une journée
16:43avec des agents puissants,
16:45notamment dans la communication,
16:47dans la création de...
16:48de rapports,
16:48dans la création de...
16:50de modèles
16:50et d'offrir...
16:52d'offrir...
16:53au public
16:54la possibilité
16:54d'aller beaucoup plus vite.
16:55Vous nous disiez en répétition
16:56qu'elle est souveraine.
16:58C'est important pour vous,
16:58la souveraineté ?
16:59C'est très important.
17:00Aujourd'hui en Europe,
17:00la souveraineté prime
17:02avec la...
17:03GPD,
17:03il y a actes,
17:04on colle pile poil à ça.
17:06À qui ça s'adresse,
17:06cette solution ?
17:07Aux entreprises...
17:08entreprises qui ont
17:09une vraie volonté
17:11d'aller plus vite
17:11que les autres.
17:13la possibilité de développer
17:14des agents
17:15pour leur faire gagner du temps.
17:17On a entendu le...
17:18coup de gueule de Carlos,
17:18on a entendu un regard
17:19plus tempéré de Vincent.
17:21Vous vous positionnez
17:21comment entre...
17:23ces deux mondes ?
17:23Plus vers Carlos.
17:25Un coup de gueule ?
17:26Un coup de gueule ?
17:26Vous avez un coup de gueule
17:27à passer ?
17:28Oui, aujourd'hui en France,
17:29c'est un peu compliqué
17:29d'entreprendre
17:30et on ne sait plus
17:32pourquoi on travaille.
17:33Donc, il est fort possible
17:35qu'on parte aussi.
17:36Carlos, vous avez quelque chose
17:37à...
17:38à dire puisque vous avez...
17:38Non, mais moi,
17:39ça me désespère d'entendre ça
17:40parce que quand je vois le...
17:43les talents qu'on a en France
17:45et l'énergie,
17:46j'ai du mal même à...
17:48à comprendre qu'il y a encore
17:49des gens qui aient cette énergie
17:50en fait pour créer ici.
17:53c'est-à-dire qu'on a une chance
17:54incroyable, quoi.
17:55Je peux vous dire que
17:56s'il y avait ces limites...
17:58là, aux Etats-Unis,
17:59si on imposait ces limites
18:01aux entrepreneurs,
18:02ça fait bien longtemps.
18:03qui, eux, se seraient barrés.
18:04Donc, jusqu'à...
18:08Et puis, regardez l'œuvre politique aussi.
18:10Quand même, il faut être sérieux
18:11quand on regarde l'œuvre politique.
18:13qui nous est proposé aujourd'hui,
18:15il n'y a pas un programme libéral.
18:17Il n'y a pas un...
18:18on n'a que des programmes
18:20qui sont socialistes
18:21de la gauche jusqu'à la droite.
18:23Et donc, au bout d'un moment,
18:25il faut quand même
18:25se poser les bonnes questions
18:27et se dire que...
18:28si on veut faire progresser l'entreprise,
18:30il faut accepter le libéralisme.
18:33Parce que ce libéralisme,
18:34c'est celui qui crée de la valeur
18:35et qui crée de la richesse.
18:38Je sens que nos invités autour du plateau
18:39ont envie de répondre à ça.
18:40Donc, droit de réponse,
18:41Cyril et Vincent.
18:42Vincent ?
18:43Vous qui maintenez quand même
18:44plusieurs centaines d'entrepreneurs
18:46sur le sol français.
18:48Effectivement, il y a des avantages,
18:51des inconvénients à être en France.
18:52Nous...
18:53On a quand même eu
18:53une très grosse croissance
18:54en 4 ans.
18:54On est passé de 0 à 310 millions
18:56de chiffre d'affaires en France.
18:58Donc, c'est possible quand même
18:59avec de l'énergie.
19:00Il y a quand même un marché.
19:03Là où je te rejoins
19:05et je vais essayer, moi,
19:06d'être plus optimiste...
19:08...
19:08c'est de me dire
19:08que ce n'est pas impossible
19:09un jour qu'il y ait
19:10un Google français,
19:11c'est-à-dire une société valorisée...
19:13...
19:131 000, 2 000, 3 000 milliards.
19:151 000, 2 000, 3 000 milliards.
19:16Et si ça arrivait...
19:18...
19:18ça pourrait, en fait,
19:19changer tout l'avenir de la France.
19:22Parce que, en fait,
19:22si on...
19:23on regarde aux Etats-Unis,
19:24tu regardes les 4 GAFAM,
19:25elles pèsent 3 ou 4 fois
19:27tout le CAC 40.
19:28Oui, tu suffirais de 4 entrepreneurs.
19:29Si tu revenais
19:30pour remonter une boîte,
19:31il suffirait de 4 entrepreneurs.
19:33qui lanceraient des GAFAM
19:35et le CAC 40 serait multiplié par 4.
19:37Bonne année.
19:38Si on regarde toutes les boîtes IA,
19:40toutes les boîtes IA,
19:41je crois qu'il y a 4, 5 boîtes,
19:42elles représentent...
19:4340% du S&P 500.
19:45En fait, il faut peu de choses.
19:47Il faut...
19:48Il y a quelques boîtes qui émergent.
19:49Est-ce que c'est impossible ?
19:51C'est sûr que c'est moins possible.
19:53Pourquoi ?
19:53Parce que, pour moi,
19:53le vrai souci,
19:55c'est le financement.
19:56Parce que, tout à l'heure,
19:57tu comprends...
19:58apparaît les montants levés
19:59avec moins pour Google
20:02et plus pour Doctoly.
20:03Mais dans les faits,
20:03si on compare OpenAI et Mistral,
20:07c'est OpenAI qui lève plus.
20:08et qui derrière a Microsoft.
20:10Non, mais quand je vois
20:11Google lever 29...
20:12Enfin...
20:13Sergey Brin lever 29 millions
20:14et faire Google
20:15et que je vois justement
20:16OpenAI lever...
20:18et 15 milliards,
20:19je me dis...
20:20La gueule de Google demain
20:21du prochain Google d'OpenAI...
20:23risque d'être encore plus...
20:24Alors les amis,
20:24on ouvre le débat,
20:25mais il nous reste une minute d'émission.
20:26Donc 30 secondes, Cyril.
20:28Ce que je voulais simplement dire,
20:29c'est que pour que vraiment
20:30ça réussisse dans notre pays...
20:33il faudrait simplement
20:34que nos élites soient des patrons,
20:36qu'ils aient au moins travaillé
20:36une fois dans leur vie.
20:38et qu'ils ne soient pas
20:38que dans les dossiers
20:39pour pouvoir faire des lois
20:41qui ne servent strictement à rien.
20:43pénalisés.
20:43Merci Cyril.
20:44Damond, 30 secondes, Vincent ?
20:45Moi, pour conclure,
20:46c'est juste un problème de financement.
20:48Et si on donnait 15 milliards,
20:50comme on a donné à OpenAI
20:51à un entrepreneur français,
20:52on aurait...
20:53des chances de monter
20:53une très belle société.
20:55Merci messieurs,
20:56Carlos, Cyril et Vincent.
20:58Le numérique pour tous,
20:58c'est fini pour aujourd'hui.
20:59Cette semaine encore,
21:00un grand merci à tous
21:01d'être de plus en plus nombreux.
21:03à nous suivre sur YouTube
21:04et à interagir avec nous
21:05sur les réseaux sociaux
21:06et télécharger nos émissions.
21:08Je vous souhaite une excellente
21:09fin de week-end
21:09et je vous dis
21:10à la semaine prochaine.
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