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  • il y a 2 heures
Avec Mathieu Pacaud, chef étoilé et propriétaire du restaurant Divellec (près des Invalides à Paris)

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-05-08##

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Transcription
00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot.
00:07Il est 7h11 sur Sud Radio et à la une ce matin, un chef étoilé qui dénonce un mensonge d
00:12'Etat à la suite des Jeux Olympiques
00:13qui n'ont visiblement pas provoqué les fameuses retombées économiques attendues.
00:17Bonjour Mathieu Paco.
00:19Bonjour.
00:20Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:21Alors racontez-nous dans quelle situation êtes-vous ce matin, dans quelle situation est votre restaurant
00:26pour qu'aujourd'hui vous qualifiez la situation qu'il vous arrive de scandale d'Etat ?
00:32Écoutez, c'est assez simple.
00:33Nous, on a un restaurant qui est sur les Invalides à Paris, rue Faveur.
00:39Et en avril 2024, ils ont commencé à bloquer tous les quartiers.
00:45Enfin, tous ces quartiers-là ont commencé à être bloqués, ainsi que les Champs-Elysées.
00:49Et on a commencé à dire, attendez, on a quand même des clients qui viennent, il faut qu'on puisse
00:54travailler.
00:54Ils ont dit, mais attendez, ne vous inquiétez pas, c'est le Jeux Olympiques, il faut que tout se passe
00:57bien.
00:58Donc Gabriel Attal nous a promis des aides.
01:00Ils ont dit, vous allez être indemnisés, vous n'allez rien perdre.
01:05Et les connaissant un peu, on s'est dit, bon bah, on va rester ouverts, on va maintenir nos salaires,
01:10on va utiliser aucun levier parce que, pour pas qu'ils puissent nous dire derrière,
01:15vous allez fermer parce que vous ne pouvez pas recevoir de gens.
01:19Et donc, on a essayé de tout faire.
01:20Et donc, plus le temps avançait, plus on commençait à nous mettre...
01:24À un moment, ils viennent nous dire, il faut retirer les terrasses qu'on avait montées.
01:27Donc, on retire toutes nos terrasses.
01:29Donc, ça fait des clients en moins ?
01:31Bah, ça fait beaucoup de clients en moins, surtout qu'à Paris, quand il fait beau, c'est quand même
01:35rare.
01:35C'est deux mois par an, donc les gens aiment bien dehors.
01:39Suite à ça, ils ont commencé à monter des barricades de 25 mètres de haut tout autour.
01:45Et donc, bon, entre-temps, il y a une dissolution.
01:47Je ne sais pas si vous vous en souvenez.
01:49Ah oui, oui, je deviens que vous vous en souvenez.
01:51Il y a une dissolution.
01:52Et donc, bon, on n'a aucun client.
01:56C'est-à-dire que notre chiffre d'affaires, on perd 80% de notre chiffre d'affaires.
02:00Donc, en fait, il y a la période des JO qui se révèle être une catastrophe économique pour votre restaurant.
02:05Il y a l'instabilité politique qui, visiblement, provoque aussi, et chez les clients, et chez certains décisionnaires, quand même,
02:11un petit moment de flottement.
02:13Aujourd'hui, concrètement, vous en êtes tous.
02:15C'est-à-dire que vous avez rempli des tonnes et des tonnes de paperasse.
02:18Et ça donne quoi ? Aucune réponse ?
02:20Ah non, mais attendez.
02:21Aujourd'hui, les JO se terminent.
02:26On commence à être vraiment dans une situation économique plus que difficile.
02:30Et je commence à demander, attendez, où sont les aides ?
02:33La réponse du gouvernement, c'est de dire, non, on n'a rien promis.
02:37C'est le gouvernement d'avant qui a promis.
02:39Ah d'accord.
02:40Donc, ça se renvoie à la faute.
02:41Ah non, mais il se renvoie à la faute.
02:43Je dis, mais attendez, la France, c'est quand même une démocratie.
02:46Il y a une continuité de l'État.
02:48Et on commence à aller un peu crier.
02:50On est plusieurs restaurateurs à avoir un peu crié.
02:52Et là, ils disent, on va mettre...
02:53Ils ont mis des plateformes pour l'indemnisation.
02:56Ah, les fameuses plateformes.
02:57Les fameuses plateformes.
02:58Ça veut dire des heures et des heures de paperasse, normalement.
03:00Ah, mais c'est plus que des heures.
03:02C'est des heures de paperasse.
03:03Il faut des attestations d'un comptable, d'un expert comptable.
03:07Il faut tout sortir, tous les chiffres, jour par jour,
03:10prouver que par rapport à l'année dernière, il y a une perte.
03:12Et donc, on remplit tout.
03:14Et on nous dit, vous n'inquiétez pas, vous allez être remboursés.
03:19Indemnisés.
03:20J'ai aucune nouvelle.
03:20Il s'avère qu'un jour, je suis invité à l'Élysée.
03:23Je vois le président Macron.
03:24Je lui dis, on en est où des aides ?
03:27Ah oui, je m'en occupe.
03:28Le lendemain, on reçoit un mail.
03:31Puis, il ne se passe plus rien.
03:33Et en décembre, cette année, donc quasiment un an et demi après,
03:37il nous renvoie un truc en disant, vous n'inquiétez pas,
03:42à la fin du mois, avant la fin de l'année, vous allez être indemnisés.
03:47Et là, silence total.
03:48Et donc là, c'était en fin de l'année dernière.
03:51Et donc là, depuis absolument aucune nouvelle.
03:53Aucune nouvelle.
03:54Et c'est pour ça que j'ai mis un poste.
03:55Le lendemain du poste que je mets, j'ai la ministre, un ancien ministre qui m'appelle,
04:01qui me dit, c'est pas normal, enfin bref, vous savez, les politiques, un peu ce qu'ils font.
04:06Ils vous chantent la messe.
04:07Et je reçois, le surlendemain, un refus en me disant, vous n'êtes pas éligible aux aides.
04:15Ah d'accord, donc attendez, on refait.
04:17Donc il y a eu les JO, il y a eu la dissolution, il y a eu les nombreux allers
04:20-retours.
04:20Le président de la République lui-même qui vous explique qu'il va s'en occuper,
04:23vous recevez un mail pour à la fin, après des heures et des heures de paperasse,
04:26de convocations, d'avocats, d'experts comptables, de papiers, d'attestations délivrés sur les plateformes.
04:31Finalement, la réponse, c'est, au fait, on a oublié de vous dire, vous n'êtes pas éligible.
04:35Vous n'êtes pas éligible parce que c'est pas à cause des Jeux Olympiques que vous avez perdu de
04:40l'argent.
04:41Mais c'est incroyable, qu'est-ce que vous avez répondu à ça ?
04:43Attendez, entre-temps, j'ai revu l'ancien ministre, qui vient avec tout son dossier,
04:49et qui me dit, c'est tout à fait, c'est anormal, je m'en occupe,
04:52donc là, on va faire une procédure, et en fait, on est plusieurs restaurateurs,
04:55on est en train de se regrouper pour attaquer l'État en justice,
04:58parce qu'à un moment donné, on ne peut plus rester silencieux face à ça.
05:02Vous êtes combien de restaurateurs ? Parce qu'on imagine que même dans votre situation comme ça,
05:06vous devez être, j'imagine, plus d'une centaine de restaurants quand même à réclamer des aides,
05:10parce que des restaurateurs qui ont perdu du chiffre d'affaires dans cette période des Jeux Olympiques,
05:14ils doivent en avoir quand même pas mal.
05:16Je pense que la majorité des restaurateurs ont perdu du chiffre d'affaires.
05:19Il y a eu vraiment à Paris des zones qui étaient vraiment dommageables.
05:23Il y a eu des péniches qui n'ont pas reçu d'aide,
05:25alors qu'on sait tous qu'ils ont quand même fait tout leur truc sur la Seine
05:29et qu'aucune péniche ne pouvait naviguer.
05:33Et en fait, si vous voulez, ils vous annoncent des aides,
05:35mais en fait, la réalité, c'est qu'on ne connaît pas les conditions d'octroi de ces aides.
05:39Mais il y a aussi, j'imagine, une autre mécanique pour le restaurateur que vous êtes,
05:43Mathieu Paco, en rappelant que vous êtes chef étoilé,
05:45propriétaire notamment du restaurant Divellec, vous le racontiez,
05:47juste à côté des Invalides.
05:49Il y a aussi cette mécanique qui est que pendant les Jeux Olympiques,
05:52on a vu, sans les citer, de grandes marques, de grandes enseignes,
05:55de fast-food, de boissons, on va dire, avec des bulles à l'intérieur,
05:58de grands sodas américains, avoir, eux, de grands stands
06:01à proximité des épreuves olympiques, avec peut-être un peu moins de sécurité,
06:05mais qui, eux, ont pu vendre de la malbouffe,
06:07mais alors là, à tour de bras, sans que ça pose de problème à personne.
06:10Il y a ça aussi.
06:11Non mais attendez, sur les Invalides, ils ont mis ces barricades
06:14pour faire du tir à l'arc.
06:15À l'intérieur de ce périmètre, c'était un restaurant qui était fait par Coca-Cola.
06:21Oui, c'est ça.
06:22Nous, on leur a dit, attendez, on a les structures,
06:24on a les salariés, on peut venir faire un manger dedans.
06:30Comme ça, tous les commerçants participaient.
06:33Et les gens disaient, non, c'est trop compliqué,
06:35vous comprenez, pour des raisons de sécurité.
06:37Donc d'un côté, ils vous disent,
06:39on va vous aider pour ne pas que vous commenciez à crier.
06:43Et de l'autre côté, on fait venir Coca-Cola
06:45pour aller servir quand même de la merde à manger aux gens,
06:49alors qu'on est quand même en France.
06:50C'est quand même le pays de la gastronomie.
06:52Qui plus est dans une partie où elle est particulièrement exposée
06:55avec les Jeux olympiques et l'image qu'elle est sentie à envoyer.
06:59Et derrière, personne n'est là pour vous aider,
07:02pour dire quoi que ce soit.
07:03Et en fait, c'est ça.
07:04Et en fait, c'est un ras-le-bol général,
07:05parce qu'on passe son temps à payer des centaines de milliers d'euros
07:09de taxes, d'impôts, de choses.
07:12Et en plus, on rajoute par-dessus ça le fait qu'on ne peut pas travailler.
07:19On vous aide.
07:20Et vous savez, le pire, c'est que quand il y a une période
07:22qui était quand même compliquée,
07:23quand vous perdez 80% de votre chiffre d'affaires,
07:25vous ne pouvez pas payer vos salaires.
07:27Parce que c'est très compliqué.
07:29Donc, il faut trouver des solutions.
07:31Donc, on a des actionnaires, on va dire,
07:34qui sont sensibles à tout ça,
07:36qui ont remis de l'argent.
07:37Mais c'était compliqué de payer les charges sociales.
07:39Les mecs, vous mettent quand même les amendes.
07:41Bah oui, c'est ça qui est inouï.
07:42C'est absolument ça qui est inouï.
07:43Et qu'est-ce que vous répondez,
07:44ce sera ma dernière question, Mathieu Paco,
07:46à tous ceux qui disent, en réalité,
07:48oui, ils sont bien gentils, les restaurateurs.
07:49Mais enfin, l'État n'a plus un copec.
07:50Je ne vois pas pourquoi, là,
07:51on irait en plus aider les restaurateurs.
07:53Après tout, pendant les JO,
07:54il y a plein d'autres professions qui ont morflé.
07:56Et tout le monde n'a pas eu le droit à cette promesse d'aide.
07:59Moi, je leur répondrais que quand on promet quelque chose,
08:01on tient ses promesses.
08:03Et sinon, c'est plein d'États de droit.
08:05Ça devient n'importe quoi.
08:06Et donc, je pense qu'à un moment donné,
08:08il faut...
08:09Dans ce cas-là,
08:10nous ne payons plus nos taxes,
08:11nous ne payons plus la TVA,
08:12nous ne payons plus rien.
08:13Chacun fait ce qu'il veut.
08:14Et puis, ce sera l'anarchie et la révolution.
08:17Et je pense que...
08:18J'ai l'impression que c'est ce qu'ils cherchent.
08:20Bon, en tout cas, ça c'est dit.
08:22Merci beaucoup, Mathieu Paco,
08:23d'avoir été avec nous.
08:23Merci à vous.
08:24Chef étoilé, propriétaire du restaurant Divelec,
08:27donc près des Invalides,
08:27qui attend toujours, après les JO,
08:29les fameuses indemnisations
08:32vous l'avez compris, la situation est un peu plus complexe.
08:34Et c'était un coup de gueule
08:35qu'il était important de passer visiblement.
08:37De bon matin sur Sud Radio.
08:38Il est 7h20.
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