00:00Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de ne pas aller sur les plateaux de télé
00:03lors des soirées électorales, pour le premier tour et pour le second tour.
00:09En clair, le gouvernement doit rester en dehors de tout ça ?
00:12Exactement, dimanche soir et puis le dimanche suivant, côté gouvernement, ce ne sera pas de son, pas d'image.
00:17Le Premier ministre a même signé une circulaire en ce sens, document que le Parisien s'est procuré
00:21et qui dirait, selon ce journal, que les membres du gouvernement sont tenus
00:25à une obligation renforcée de neutralité institutionnelle et de réserve,
00:30notamment lors des séquences médiatiques relatives au scrutin,
00:34afin de garantir une stricte séparation entre la communication gouvernementale d'un côté
00:38et l'expression politique partisane.
00:41Ceci afin, dit Sébastien Lecornu, de garantir la clarté du débat démocratique.
00:45Alors c'est vrai que le gouvernement semble un petit peu en retrait de ses élections municipales,
00:49en tout cas plus que ça ne pouvait l'être par le passé.
00:51Rachida Dati est sorti du gouvernement pour mener sa campagne.
00:54Il ne reste que deux ministres du gouvernement de Sébastien Lecornu qui sont candidats.
00:58La ministre des Sports, Marina Ferrari, qui va essayer de défier son rival LR,
01:02elle-même étant sous la bannière du Modem, à Aix-les-Bains.
01:05Et Michel Fournier, ministre de la Ruralité, ministre délégué,
01:08qui lui repart pour un tour au Voivre, sa commune des Vosges,
01:12où il y a quelques 280 âmes et où il est maire depuis 1989, excusé du peu.
01:17Les autres, et ils sont assez nombreux,
01:19ministres du gouvernement de Sébastien Lecornu qui se présentent,
01:21le sont beaucoup plus loin sur la liste.
01:23En tous les cas, ils ne sont pas tête de liste.
01:25C'est le cas, évidemment, de Sébastien Lecornu lui-même à Vernot en Normandie,
01:28de Gérald Darmanin à Tourcoing dans le Nord.
01:30Ils sont très nombreux, en réalité, à se présenter.
01:32Mais on voit bien que cet enjeu est finalement un peu plus secondaire
01:35que ça n'a pu l'être par le passé pour le gouvernement.
01:37Paul, en clair, ça veut dire qu'il n'y a pas un camp représenté
01:40par le gouvernement pour les municipales ?
01:42Non seulement il n'y a pas un camp représenté par le gouvernement,
01:44mais surtout les candidats membres du gouvernement
01:46le seront sous des bannières politiques concurrentes au niveau national.
01:49Et surtout, j'irai plus loin, Romain,
01:51ces élections municipales sont, selon moi,
01:53le premier véritable acte de l'après-Macron.
01:56On ne se soucie plus guère d'Emmanuel Macron,
01:59ni même de son héritage politique au travers de ses élections.
02:02Et surtout, celle-ci révèle cruellement
02:03que le mouvement politique fondé par le président de la République
02:06n'est en définitive qu'un agrégat d'individualités isolées,
02:09et en chacune, après le macronisme,
02:11leurs ambitions propres et souvent divergentes.
02:14Et regardez, ça c'est plus intéressant,
02:15même Gabriel Attal est aux abonnés absents.
02:18Lui, il sait que l'élection va être un naufrage pour Renaissance,
02:21il s'y implique le moins possible.
02:22Alors certes, il a fait quelques sauts de puce
02:24pour soutenir quelques candidats à Nantes, à Tours,
02:26à Malakoff ou à Levallois,
02:28mais là, ces jours-ci, il était en tournée surtout internationale
02:30sur des thèmes beaucoup plus éloignés des grandes villes,
02:33la diplomatie, la défense.
02:35Bref, il ne veut surtout pas que le naufrage annoncé
02:38puisse rejaillir sur lui.
02:40Il y a quand même Édouard Philippe
02:42qui représente des candidats sous l'étiquette Horizon,
02:46qui présente des candidats sous l'étiquette Horizon.
02:48Oui, vous avez raison,
02:49et Édouard Philippe, surtout,
02:50a misé, lui, énormément sur ses élections municipales.
02:53Il a même dit que sa réélection au Havre
02:55conditionnerait sa participation, sa candidature
02:57à l'élection présidentielle de 2027.
03:00Mais vous voyez ce que ça donne ?
03:01Pour la première fois,
03:02il est donné lui-même perdant au Havre
03:04dans certains sondages,
03:05et Christian Estrosé, le vice-président de son parti,
03:07qui est candidat à Nice,
03:09n'est pas non plus assuré de la victoire.
03:11Pierre-Yves Bournazel,
03:12je n'aurais pas besoin de beaucoup le commenter,
03:14et surtout qu'il refuse de fusionner avec Rachida Dati,
03:17est assuré à ce stade de ne pas être maire de Paris,
03:19ou pratiquement.
03:20Et donc, on voit bien qu'au fond,
03:22le parti Horizon,
03:23qui se voulait d'abord le parti des maires,
03:25se révèle en réalité surtout une écurie
03:27pour un candidat à l'élection présidentielle,
03:29Édouard Philippe,
03:30mais a du mal à ancrer des candidats,
03:33et donc des maires,
03:34véritablement dans le paysage politique local.
03:36Surtout, ils sont concurrencés aussi
03:38par la percée du RN,
03:39qui vient bousculer cela.
03:41Et Édouard Philippe, peut-être,
03:43a ici trouvé une sorte de fragilité structurelle.
03:47Trop occupé à soigner son image nationale,
03:49il n'a peut-être pas suffisamment investi sur le terrain.
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