00:00Oui, et ça nous a été rapporté par Maud Bréjean, la porte-parole du gouvernement,
00:03avec ce propos liminaire qui souvent annonce le pire,
00:06sans vouloir commenter les résultats, dit-elle, c'est la petite phrase,
00:09c'est comme quand on dit « je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas
00:12».
00:12Ça démarre mal.
00:13Ça prête à le faire.
00:14Le chef de l'État a donc néanmoins insisté sur le fait que, rapporte Maud Bréjean,
00:19les arrangements des partis ne devraient pas faire oublier quelques principes.
00:23C'est vague, mais on voit à peu près où est-ce qu'ils regardent.
00:26En réalité, ils regardent du côté des deux extrêmes.
00:28Les extrêmes, où qu'ils soient, poursuit le chef de l'État, demeurent dangereux pour la République.
00:33On ne peut pas oublier les discours et les actes d'excès.
00:36Là encore, d'où qu'ils viennent, on ne peut pas oublier non plus les principes républicains,
00:39niés par ces accords, d'où qu'ils viennent.
00:42Donc le président de la République a en réalité rappelé son engagement pour les extrêmes,
00:46son combat, dit Maud Bréjean, contre l'extrême gauche et contre l'extrême droite,
00:49qui mène depuis huit ans.
00:50Donc le président de la République renvoie dos à dos le RN et la France insoumise.
00:54Les renvoie dos à dos complètement, en refusant de nommer la France insoumise,
00:57alors que lorsque l'on regarde la situation dans les principales villes de France
01:00où il y a des accords électoraux, en réalité, la quasi-totalité des alliances
01:03dont il est question, ce sont des alliances de la gauche, du centre-gauche
01:05avec la France insoumise.
01:06Soit des fusions techniques, soit au moins des désistements
01:09qui permettront à des candidats de gauche de se faire élire
01:11avec les voix des insoumis.
01:13Mais Emmanuel Macron n'a évidemment pas de mots pour qualifier cela
01:16et même il en diminue la gravité en refusant de nommer les choses
01:20pour ce qu'elles sont, à savoir le problème singulier
01:22que pose l'antisémitisme au sein de ce parti.
01:25Dans un autre registre, Bruno Rutaillot avait un peu plus de courage hier,
01:28par exemple, en refusant d'appeler à voter pour Christian Estrosi
01:31qui s'est passablement renié, notamment sur la question du Moyen-Orient.
01:34Ce qui est étonnant dans ses propos du président de la République,
01:36c'est qu'il s'en prenne aux arrangements des partis, entre guillemets.
01:39Pourtant, c'est un peu sa spécialité, lui.
01:41Bah oui, il n'y a quand même pas plus tard que deux mois,
01:43et alors même qu'il s'était déjà fait élire avec les voix des insoumis,
01:46quand présidentielle négociait avec les socialistes les termes d'une alliance de fêtes
01:51pour faire voter son budget.
01:52Alors, la tambouille politique, c'est la grande spécialité du chef.
01:55Quand le chef lui-même ne veut plus goûter à la tambouille,
01:57c'est que généralement, il faut fuir le restaurant.
01:59Surtout, il ne voit pas à quel point le paysage politique
02:01a été éclaté sous l'effet de sa politique.
02:04Et en quelque sorte, les résultats des élections municipales
02:07en sont l'un des symptômes.
02:10La conséquence d'Emmanuel Macron, du macronisme après plus d'huit ans,
02:13c'est notamment de faire monter les extrêmes,
02:16car le camp central, le camp centriste,
02:19s'est arrogé le droit de revendiquer tous les sujets,
02:21toutes les causes, sans au fond en traiter durablement un seul,
02:24nourrissant ainsi un procès en inefficacité de l'État
02:26qui précipite les électeurs vers des alternatives radicales.
02:31Une dernière chose que l'on pourrait dire aussi,
02:32c'est que si le président de la République
02:34prétend ne pas avoir à commenter les résultats,
02:36c'est qu'en réalité, il avait aussi très peu de candidats
02:38qui pouvaient se revendiquer de faire l'élection
02:40véritablement sous sa bannière,
02:42et que l'essentiel de ce qu'il avait à faire
02:44dans cette entre-deux-tours était de s'assurer
02:45que Pierre-Yves Bournazel, le candidat à l'horizon à Paris,
02:48soit débranché suffisamment vite
02:50pour permettre l'élection, si possible, de Rachida Dati.
02:52On voit bien aussi, là encore,
02:54à quel point est-ce que le macronisme,
02:56le centrisme incarné par le président de la République
02:58n'a pas réussi à s'implanter durablement
02:59dans le paysage local.
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