Le 27 novembre 2011, une femme est découverte entre la vie et la mort dans un parking souterrain d’une résidence de Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne. Nathalie, 35 ans, a reçu sept balles de calibre 7,65. Elle succombe quelques heures après son transport à l’hôpital.
Suspecté, son ancien compagnon avoue le crime en garde à vue avant d’être placé en détention. Dans les mois qui suivent, trois autres crimes sont commis dans le même périmètre, avec la même arme : un pistolet semi-automatique. Alors que la psychose s’empare des habitants, les enquêteurs doivent se rendre à l’évidence : le véritable meurtrier de Nathalie court toujours…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
Archives : INA.
#crime #essonne
Suspecté, son ancien compagnon avoue le crime en garde à vue avant d’être placé en détention. Dans les mois qui suivent, trois autres crimes sont commis dans le même périmètre, avec la même arme : un pistolet semi-automatique. Alors que la psychose s’empare des habitants, les enquêteurs doivent se rendre à l’évidence : le véritable meurtrier de Nathalie court toujours…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
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00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast de faits divers du parisien.
00:08Décidément, ce sont les faits divers et leurs conséquences qui ont la vedette aujourd'hui.
00:14Des restes humains ont été retrouvés sur la propriété.
00:17Le préfet de la région Corse a été assassiné de plusieurs balles dans la tête ce soir.
00:21Un couple et ses quatre enfants ont donc disparu. L'enquête se vante aujourd'hui vers un geste criminel.
00:26Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle en m'appuyant sur l'expertise du chef du service police
00:33-justice du parisien, Damien Delsenie.
00:38Bonjour Damien. Bonjour Claudia.
00:40Aujourd'hui Damien, l'affaire du tireur fou de l'Essonne.
00:43Quatre meurtres commis en quelques mois en banlieue parisienne dans un périmètre de seulement 6 km.
00:48Deux femmes et deux hommes tués abattus froidement et une véritable psychose qui s'est emparée de la région pendant
00:55plusieurs jours.
00:57Dimanche 27 novembre 2011, 17h30.
01:01Jean-Yves, cadre technique de 52 ans, s'apprête à rejoindre sa voiture garée dans le parking souterrain de sa
01:08résidence,
01:08aux 4 rues Pasteur, à Juvisy-sur-Orge dans l'Essonne.
01:12Alors qu'il marche dans l'allée centrale, il tombe sur sa voisine Nathalie.
01:17Elle est étendue par terre, dans une mare de sang.
01:20Jean-Yves appelle immédiatement les secours et tente de lui prodiguer les premiers soins.
01:25A l'arrivée du SAMU, la femme de 35 ans respire encore, mais son pronostic vital est engagé.
01:31Elle meurt quelques heures plus tard.
01:35Nathalie Davids, technicienne de laboratoire à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris,
01:40a reçu 7 balles de calibre 7,65.
01:43Deux de ses balles auraient pu, à elle seule, lui donner la mort.
01:47Celle au thorax et celle à la tête.
01:50Le meurtrier s'est acharné sur Nathalie.
01:53Les policiers sont sûrs d'une chose, ils ne voulaient laisser aucune chance à la victime de s'en sortir.
02:01Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 novembre,
02:04les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles se succèdent aux 4 rues Pasteur
02:09pour tenter de récolter des informations.
02:11Aucun habitant n'a été témoin de la scène.
02:14La caméra installée à l'entrée du parking n'a capté aucune image.
02:18Elle n'était pas en état de marche au moment des faits.
02:21En interrogeant ses voisins et ses proches,
02:23les policiers apprennent que Nathalie habitait depuis plusieurs années
02:27dans un appartement de 3 pièces, au 4ème étage de cette résidence moderne.
02:31Elle était propriétaire et membre du conseil syndical.
02:34Elle vivait a priori seule.
02:37Décrite comme polie, gentille et sans histoire,
02:40Nathalie était inconnue des services de police.
02:43Mais le mode opératoire de cette véritable exécution interpelle.
02:47Il fait penser aux techniques du grand banditisme.
02:50La victime n'a pourtant aucun lien avec ce milieu.
02:53Les policiers continuent leur enquête
02:54et c'est Jean-Yves, le voisin qui a trouvé Nathalie dans le parking,
02:58qui va leur apporter un témoignage crucial.
03:01Il leur raconte que Nathalie s'était confiée à lui
03:03à propos d'une relation amoureuse qu'elle avait eue avec un homme
03:06jusqu'à il y a quelques semaines.
03:08Il s'appelle Michel Courtois, a 46 ans,
03:11et il est originaire de Bois-Colombe, dans les Hauts-de-Seine.
03:15Il a entretenu avec Nathalie une liaison éphémère
03:18à laquelle elle a décidé de mettre un terme
03:20quelques semaines avant sa mort.
03:22Il n'est pas connu des services de police.
03:25Les enquêteurs partent à sa recherche
03:27et l'interpellent 6 jours plus tard.
03:32Damien Michel Courtois est mis en examen
03:35le samedi 3 décembre 2011.
03:37Oui, pourtant, il a commencé par nier totalement
03:40tout au long de ses premières auditions en garde à vue.
03:43Mais à la cinquième audition,
03:45il craque devant les policiers.
03:47Il leur explique avoir agi par jalousie
03:50après la rupture avec Nathalie.
03:52Lorsque les policiers vont procéder
03:54à quelques examens scientifiques,
03:55ils vont découvrir des résidus de poudre
03:58pouvant s'apparenter à ceux provenant d'une arme
04:00sur les vêtements de Michel Courtois.
04:02Pour les enquêteurs, c'est une affaire
04:04qui est quasi bouclée.
04:05Il y a des aveux, il y a un peu de poudre
04:07sur ses vêtements.
04:08On a l'impression que c'est une affaire
04:10qui va être vite réglée.
04:11Est-ce qu'on sait quel a été son mode opératoire ?
04:13Apparemment, il serait venu en moto
04:15jusque chez Nathalie.
04:16On dit qu'il habite Bois-Colombe
04:17dans les Hauts-de-Seine.
04:18C'est un petit peu de l'autre côté de Paris.
04:20Ensuite, il s'est introduit dans le parking
04:21en profitant de l'entrée d'un autre habitant
04:25pour pénétrer à l'intérieur des lieux.
04:26Même si ça semble bouclé,
04:28l'enquête n'est pas complètement terminée ?
04:30Non, parce que les policiers sont quand même
04:31toujours à la recherche de l'arme du crime.
04:33Ils ne l'ont pas trouvée chez Michel Courtois.
04:36Ce qu'ils ont, c'est plusieurs douilles de 7,65
04:38qui ont été découvertes sur la scène de crime.
04:41Donc, ils ont un suspect,
04:42ils ont un mobile,
04:43mais effectivement, ils n'ont pas l'arme du crime.
04:46Dans la foulée de sa garde à vue
04:48début décembre 2011,
04:50Michel Courtois est placé en détention provisoire
04:52à la prison de Fleury-Mérogis dans l'Essonne.
04:55Quelques jours plus tard,
04:56alors qu'il est dans le bureau du juge d'instruction
04:58pour sa première audition depuis sa mise en examen,
05:01il revient intégralement sur ses aveux.
05:04Il affirme que ce sont les policiers
05:06qui lui ont mis la pression,
05:07mais qu'il est totalement innocent.
05:10Damien, comment interpréter
05:11cette rétractation de Michel Courtois ?
05:13Alors bon, d'abord, il faut comprendre
05:14que ce type de revirement, c'est très fréquent.
05:16Souvent, un suspect avoue en garde à vue,
05:19parfois même de manière très détaillée.
05:21Puis après quelques jours ou semaines de prison,
05:24parfois aussi après avoir discuté avec son avocat,
05:27il nie l'intégralité de ce qu'il a signé
05:29devant les policiers.
05:30Donc il n'y a pas grand-chose de surprenant
05:32dans ces rétractations de Michel Courtois.
05:34Et ces arguments qui l'avancent
05:35dans le bureau du juge,
05:36ils paraissent à ce moment-là assez minces
05:39pour convaincre le magistrat.
05:42Le mercredi 22 février 2012,
05:45un tout petit peu plus de trois mois
05:47après l'assassinat de Nathalie,
05:49le voisin qui l'a découverte le soir de sa mort,
05:51Jean-Yves, rentre chez lui,
05:53le coffre chargé de course.
05:55Le quinquagénaire pénètre dans le parking
05:57de la résidence du 4 avenue Pasteur
05:59et roule doucement vers sa place.
06:03Il se gare, coupe le contact
06:06et sort de la voiture.
06:08Il va jusqu'au coffre
06:09pour récupérer les courses qu'il a rangées dedans.
06:12C'est à ce moment-là qu'une moto surgit
06:14entre les colonnes de béton.
06:16Le conducteur pointe vers lui une arme
06:18et tire à bout portant deux fois.
06:22Jean-Yves reçoit une balle dans le dos
06:23et une autre en pleine tête.
06:25Il s'effondre.
06:28Quand ils arrivent sur place,
06:29les enquêteurs font rapidement le rapprochement.
06:32Jean-Yves est le voisin
06:33qui leur avait révélé l'existence de Michel Courtois,
06:36l'ex-petit ami de Nathalie.
06:38En quelque sorte,
06:39le témoin clé du premier meurtre.
06:42Michel Courtois est en prison.
06:44Il ne peut pas avoir tué Jean-Yves.
06:46Mais aurait-il pu commanditer sa vengeance
06:48depuis l'intérieur de la prison
06:49où il est incarcéré ?
06:51Difficile à croire.
06:53Et pourtant,
06:54ça semble être l'hypothèse la plus probable.
06:56Au cours de leur enquête sur Michel Courtois,
06:59les policiers ont appris que celui-ci
07:01se vantait de posséder des relais
07:02dans la mafia sicilienne.
07:04Il aurait donc pu mettre un contrat
07:06sur la tête de Jean-Yves.
07:08Mais, un mois après,
07:10leurs certitudes sont bousculées
07:11par un nouveau meurtre.
07:16Le samedi 17 mars,
07:18Harry s'orangise cette fois,
07:19toujours dans les Sônes,
07:20et à seulement 6 km de la résidence
07:23où ont eu lieu les deux premiers meurtres,
07:25un homme de 81 ans est abattu.
07:28Marcel Brunetto n'avait plus beaucoup d'occasion
07:30de sortir de chez lui.
07:31Mais auprès de son entourage,
07:33il s'imposait de l'exercice
07:35pour garder son autonomie.
07:36Alors il se forçait quand même
07:37à une petite marche, chaque jour.
07:40Ancienne employée modèle dans une banque
07:41et retraitée depuis plus de deux décennies,
07:44Marcel partageait le temps
07:45qui lui restait,
07:46entre son épouse et son fils,
07:48dans un petit immeuble tranquille
07:49de cette banlieue bordée par la Seine.
07:52Le samedi 17 mars,
07:54Marcel descend dans le hall de son immeuble
07:55comme chaque jour
07:56car il s'apprête à aller regarder
07:57les boulistes sur le terrain voisin.
07:59Mais un homme l'attend.
08:01Il l'abat d'une balle dans la nuque,
08:03une balle de calibre 7,65.
08:06Le père de Pierre Brunetto
08:08a été tué d'une balle dans la tête
08:10un samedi après-midi
08:11lorsque des voisins découvrent
08:12le corps sans vie du retraité âgé de 80 ans.
08:15Unique indice,
08:16découvert par les policiers,
08:18une douille d'un projectile de calibre 7,65.
08:21Aussitôt, les enquêteurs perquisitionnent
08:22l'appartement familial sans résultat.
08:30Damien, les enquêteurs pensent très vite
08:32que c'est le même meurtrier
08:33que pour Nathalie et Jean-Yves.
08:35Oui, alors pour plusieurs raisons.
08:36La principale, ce sont les douilles
08:38qui sont retrouvées sur chaque scène de crime,
08:40sur les trois.
08:41Elles sont toutes, on l'a dit,
08:42de calibre 7,65
08:44et elles sont aussi de la même marque,
08:45la marque GECO.
08:47On sait aussi que ces trois meurtres
08:49ont été commis
08:50dans un périmètre géographique
08:51assez restreint.
08:52Est-ce qu'il y a d'autres éléments
08:53qui valident cette hypothèse ?
08:55Oui, parce que pour la troisième fois,
08:57des témoignages vont faire état
08:58d'un tireur qui circule à moto.
09:01Sur deux scènes de crime,
09:02des témoins ont vu un homme casqué
09:04qui repartait sur sa moto.
09:07D'autres ont aussi vu un motard
09:08faire des repérages
09:09ou en tout cas des allées et venues
09:10la veille souvent des meurtres.
09:12En revanche, cette fois-ci,
09:14Marcel n'a aucun lien
09:15avec Nathalie ou avec Jean-Yves.
09:17Alors pas du tout.
09:18Effectivement, on l'a dit,
09:19Nathalie et Jean-Yves,
09:20eux, ils étaient voisins,
09:21ils étaient propriétaires
09:22dans le même immeuble,
09:23ils se connaissaient,
09:24ils étaient même membres
09:24du même conseil syndical
09:25et Jean-Yves avait informé
09:27les policiers sur le potentiel suspect
09:30dans le meurtre de Nathalie.
09:31Là, ils ont beau chercher,
09:33ils ne trouvent aucun lien,
09:34les enquêteurs,
09:35entre Marcel
09:35et ses deux autres victimes.
09:37Et l'énigme,
09:38elle va encore se corser
09:39car la série de meurtres
09:41n'est pas terminée.
09:44Le jeudi 5 avril,
09:46Nadia Larsen
09:46est comme d'habitude
09:48chez elle,
09:48dans le quartier
09:49de la Grande-Borne
09:50à Grigny.
09:51Elle a 48 ans,
09:52elle est mère
09:53d'un garçon de 18 ans
09:54et elle vit ici
09:56depuis une trentaine d'années.
09:57Nadia connaît tout le monde.
09:59Dans l'après-midi,
10:00elle décide
10:01d'aller faire un tour.
10:03Au moment où elle arrive
10:04dans le hall de son immeuble,
10:05une moto s'engouffre
10:06rue des Ravins.
10:08Elle s'arrête
10:09au numéro 1
10:09où vit la cadragénaire
10:11et un homme descend
10:12du deux-roues.
10:13Puis il entre dans l'immeuble
10:14sans avoir pris la peine
10:15de retirer son casque.
10:17Quand il croise Nadia,
10:18il ne réfléchit pas.
10:20Son bras se tend,
10:22dans sa main,
10:23une arme.
10:26Deux coups partent
10:27et atteignent directement Nadia,
10:29au thorax
10:30et à la tête.
10:31La femme s'effondre,
10:33le motard repart.
10:38Nadia est transportée
10:39à l'hôpital
10:40de la Pitié-Salpêtrière
10:41à Paris
10:41en état de mort cérébrale.
10:43Elle meurt
10:44des suites de ses blessures
10:45le même jour,
10:46vers 18h.
10:47L'enquête de voisinage
10:49révèle que Nadia
10:50était très impliquée
10:51dans la vie de sa cité.
10:53Mère célibataire,
10:54divorcée,
10:55algérienne de naissance
10:56mais naturalisée française,
10:58elle faisait partie
10:59du conseil de quartier.
11:00Elle travaillait dur
11:02comme employée
11:02à l'aéroport d'Orly,
11:04partait tous les matins tôt
11:05et rentrait tard le soir,
11:07selon ses voisins.
11:08Elle ne semblait pas
11:09avoir de problèmes particuliers.
11:13Et nous commençons
11:14par ce fait divers dramatique
11:15qui pourrait être
11:16relié à d'autres morts
11:17dans la même région.
11:19Une femme de 47 ans
11:20a été tuée
11:20par un homme à moto
11:21hier à Grigny.
11:23La même arme
11:23aurait été utilisée
11:24lors de faits
11:25similaires précédents.
11:26On va y revenir
11:26mais faisons déjà
11:28le point dans ce quartier
11:29de l'Essonne
11:30où l'émotion est très forte.
11:31Damien,
11:31les policiers
11:32se mettent à rechercher
11:33activement
11:34ce tueur à moto.
11:35Oui, parce que
11:36dans le quartier
11:37en plein après-midi
11:37à l'heure du meurtre
11:39il y a plusieurs témoins
11:40qui ont vu
11:40des morceaux
11:41de la scène
11:42ou des bribes de la scène.
11:43Tous,
11:44ils décrivent
11:45un homme
11:45qui prend la fuite
11:47d'ailleurs
11:47plutôt tranquillement.
11:48Ils ne décrivent pas
11:48quelqu'un qui court,
11:49ils décrivent quelqu'un
11:50qui après le meurtre
11:51repart en marchant.
11:52Ils décrivent
11:53un homme plutôt grand
11:53environ 1m80
11:55de corpulence
11:55plutôt mince
11:57disent qu'il avait
11:58un casque noir
11:58sur la tête,
11:59un blouson
12:00de type bombeur
12:00en cuir
12:01sombre
12:02et une sacoche
12:03sur l'épaule.
12:03Il y a même
12:03un des témoins,
12:04un des jeunes
12:05qui est présent
12:05dans le quartier
12:06qui s'y connaît
12:07un petit peu en moto
12:08et qui va donner
12:08le modèle de la moto.
12:09Enfin, ce qu'il pense
12:10être le modèle de la moto,
12:11il va dire
12:12c'est une moto
12:12blanche et bleue,
12:13une Suzuki.
12:14Voilà, donc ils vont avoir
12:15des témoignages
12:16assez précis
12:16sur ce motard.
12:17Dans la ville de Grigny,
12:18les habitants sont
12:19complètement sous le choc.
12:20Oui, alors c'est un quartier
12:21qu'on dit sensible
12:23à Grigny
12:24dans lequel il arrive
12:25qu'il y ait des fusillades,
12:26des bagarres
12:26dans le cadre
12:27de notre trafic
12:28de drogue ou autre.
12:29Mais évidemment,
12:30là on est sur
12:30toute autre chose.
12:31Là, on ne comprend
12:31vraiment pas
12:32pourquoi ces personnes
12:33ont été visées.
12:34Elles n'ont pas de lien
12:35avec un trafic quelconque.
12:37Ce ne sont pas des personnes
12:38qui ont versé
12:38dans la délinquance
12:39jamais de leur vie.
12:40Et donc tout le monde
12:41se dit, en fait,
12:41ce qui est arrivé
12:42à Nadia ou à Marcel,
12:44ça peut nous arriver
12:44à nous aussi.
12:45D'autant qu'il y a
12:46à ce moment-là
12:47un précédent en France.
12:49Oui, alors il faut rappeler
12:50que la France vit
12:51une situation
12:52tout à fait particulière
12:53et une ambiance
12:54tout à fait particulière
12:55à ce moment-là.
12:55Tout le pays est encore
12:57sous le choc
12:57de l'affaire Mohamed Merah
12:59à Toulouse.
13:00On est en mars 2012.
13:02Là aussi,
13:02Mohamed Merah,
13:03on se souvient,
13:04c'est ce tueur
13:04qui circule à deux roues
13:05en scooter
13:06et qui assassine
13:07froidement des militaires,
13:09des enfants
13:09dans une école juive
13:10avant d'être abattu
13:11par le raid
13:12après des jours
13:13et des nuits
13:13d'une chasse à l'homme
13:14qui a plongé tout le monde
13:16à Toulouse
13:16mais bien au-delà
13:17dans l'inquiétude
13:18et qui a même,
13:19souvenez-vous,
13:20interrompu
13:20pendant quelques jours
13:21la campagne électorale
13:22pour les élections présidentielles.
13:24Alors,
13:25ce nouveau tueur
13:26à moto dans l'Essonne
13:27qui semble insaisissable,
13:28c'est une très mauvaise nouvelle
13:30dans le climat.
13:31La population,
13:32elle a peur
13:33et les policiers
13:34commencent aussi
13:35à ressentir la pression.
13:36En gros,
13:37il faut trouver
13:38et vite.
13:39Suite au premier meurtre
13:40de cette série
13:40en novembre 2011,
13:42Michel Courtois
13:43est en détention provisoire.
13:45Est-ce que ces meurtres
13:46à répétition
13:46qui ont lieu
13:47alors qu'il est en prison
13:48signifient qu'il est innocent ?
13:50Alors,
13:50à cet instant de l'enquête,
13:52les policiers,
13:53ils ont encore un doute.
13:54Parce que même
13:55s'il est revenu
13:55sur ses aveux,
13:56il pense toujours
13:57que Michel Courtois
13:59est bien le coupable
14:00du premier meurtre,
14:01celui de Nathalie Davitz,
14:02qui était son ancienne maîtresse
14:03en quelque sorte.
14:04Donc,
14:05il y a plusieurs options.
14:07Soit,
14:07il a des complices
14:08à l'extérieur
14:09qui essaient
14:10de l'innocenter
14:11en tuant d'autres gens.
14:13Ça peut paraître
14:13complètement fou,
14:14mais ça peut être
14:15une hypothèse.
14:16Soit,
14:16on a un phénomène
14:17qu'on appelle
14:17le copycat,
14:18c'est-à-dire
14:19c'est un tueur
14:19qui s'inspire
14:20d'un autre
14:22pour poursuivre
14:22en quelque sorte
14:23son œuvre criminelle.
14:24Sur d'éventuels complices,
14:26est-ce que les policiers
14:27ont quelque chose ?
14:28Alors,
14:28Michel Courtois,
14:29évidemment,
14:29il ne donne aucun élément
14:30puisque lui,
14:30il dit qu'il n'a rien fait,
14:31que ce n'est pas lui.
14:32Et puis alors,
14:33ces fameuses connaissances
14:34dans la mafia italienne
14:35dont on a fait part
14:37au début de l'enquête,
14:37ça semble surtout
14:38être une histoire
14:39que Courtois raconte
14:40un peu au comptoir
14:42des bistrots
14:42pour se faire un peu mousser.
14:44Et les enquêteurs,
14:44ils vont quand même
14:45aller vérifier
14:45parce qu'ils tirent
14:47toujours sur ce fil,
14:48mais ils ne vont rien trouver,
14:49pas de lien
14:50entre Michel Courtois
14:51et une quelconque mafia
14:52qu'elle soit sicilienne ou autre.
14:54Mais les enquêteurs
14:54ont des éléments
14:56contre Michel Courtois
14:57ou alors c'est seulement
14:58les aveux qu'il a fait
14:59et sur lesquels
15:00il est revenu
15:01qui leur permettent
15:02d'imaginer
15:02que c'est bien lui le coupable ?
15:03Bon,
15:03c'est surtout des aveux
15:04et puis c'est surtout le lien,
15:06le mobile
15:06qui pouvait exister.
15:08Michel Courtois
15:09Attali Davids,
15:10il est jaloux,
15:11il va la tuer.
15:11Le problème,
15:12c'est que Courtois,
15:13il n'a pas de moto.
15:14Les policiers,
15:15ils n'ont pas trouvé
15:15d'armes chez lui.
15:17Il y a un peu de poudre
15:18sur ses vêtements,
15:18mais ça peut se trouver
15:20ce type de poudre
15:21sur des vêtements
15:22de gens qui travaillent
15:23dans le bâtiment,
15:23ce qui est le cas
15:24de Michel Courtois
15:25puisqu'il est peintre.
15:26Donc, en fait,
15:27cette espèce de preuve
15:28qui semblait décisive
15:30au tout début de l'enquête,
15:31elle n'apparaît pas
15:32tout à fait pertinente
15:33à ce moment-là.
15:37Vous venez d'écouter
15:38le premier épisode
15:39de Crime Story
15:40consacré à l'affaire
15:42du tireur fou de l'Essonne.
15:44Suite et fin de ce podcast
15:45dans le deuxième épisode,
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15:49et sur toutes
15:50les plateformes d'écoute.
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