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Le 11 mai 1995, Katell Berrehouc est retrouvée morte chez elle à Auvers-sur-Oise, dans le Val-d’Oise. C’est son petit frère qui découvre son corps en rentrant du collège. La jeune étudiante de 19 ans est étendue sur le lit de ses parents, un legging serré autour de son cou. La police retrouve des traces d’ADN sur le corps de la jeune fille, mais les enquêteurs ne parviennent pas à identifier un suspect. Il faudra attendre 23 ans pour que ce cold case soit relancé grâce à l’ADN. En juillet 2018, un suspect est enfin mis en examen pour le meurtre et le viol de Ketell Berrehouc.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

#crime #disparition

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Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast de faits divers du parisien.
00:08Décidément, ce sont les faits divers et leurs conséquences qui ont la vedette aujourd'hui.
00:14Des restes humains ont été retrouvés sur la propriété.
00:17Le préfet de la région Corse a été assassiné de plusieurs balles dans la tête ce soir.
00:22Un couple et ses quatre enfants ont donc disparu. L'enquête se vante aujourd'hui vers un geste criminel.
00:26Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle en m'appuyant sur l'expertise du chef du service police
00:33-justice du Parisien, Damien Delsenie.
00:37Bonjour Damien. Bonjour Claudia.
00:39Aujourd'hui, nous allons raconter l'histoire de l'enquête sur la mort de Kattel Béréouk, une jeune femme de
00:4519 ans retrouvée tuée chez elle en 1995.
00:48Une affaire très mystérieuse qui va connaître un rebondissement 23 ans après les faits.
00:55Kattel Béréouk a 19 ans. Elle a les cheveux châtains ondulés, les yeux foncés et c'est une étudiante brillante.
01:02Elle fait des études en Hippocagne la première année d'une classe préparatoire littéraire à Paris.
01:08Mais elle ne va pas très bien en ce moment et c'est la raison pour laquelle Kattel est revenue
01:12vivre quelques semaines chez ses parents
01:14avec son petit frère Yann dans le Val d'Oise à Auvers-sur-Oise.
01:18C'est une petite commune de 6000 habitants à environ 30 km de Paris sur les bords de l'Oise,
01:24calme et très connue pour être la patrie des impressionnistes.
01:28Le jeudi 11 mai 1995, quand Yann rentre du collège en fin d'après-midi, il est environ 17h30.
01:35Il pousse la porte du pavillon familial, situé au 8 rue Marceau, et appelle comme d'habitude sa sœur, qui
01:42est à l'étage.
01:43Elle ne répond pas.
01:44Au bout de quelques instants, il monte, constate qu'elle s'est fait couler un bain, mais qu'elle n
01:50'est pas là.
01:51Dans la baignoire, l'eau est encore tiède.
01:53En se dirigeant vers l'escalier pour redescendre, le petit frère aperçoit enfin la jeune femme.
01:59Dans l'entrebaillement de la porte de la chambre parentale, il voit ses jambes, couchées sur le lit.
02:05Il pense qu'elles se reposent et descendent l'escalier pour s'installer dans le salon et regarder à la
02:10télé l'émission Hit Machine sur M6.
02:17Vers 18h15, Yann commence à s'étonner que Kattel dorme encore.
02:21Il remonte à l'étage.
02:24Depuis le couloir, il constate que sa sœur n'a pas bougé du lit de leurs parents, sur lequel elle
02:29est couchée.
02:30Il pousse la porte de la chambre et se fige.
02:33Sur le lit, Kattel ne bouge pas.
02:36Elle est à moitié nue.
02:38Son legging est serré autour de son cou.
02:40Elle ne respire plus.
02:42Yann appelle les secours.
02:45À 18h30, trois pompiers arrivent sur place.
02:48Il se précipite sur le corps de la jeune femme et défonce, difficilement, le double nœud qui serre le legging
02:54autour de son cou.
02:56Pendant quelques minutes, il tente de réanimer Kattel, en vain.
03:01À 19h, un médecin constate la mort de Kattel Béréouk.
03:05D'après la rigidité cadavérique, il estime qu'elle est survenue 6 à 12h avant la découverte du corps.
03:12Le médecin note aussi que Kattel ne porte aucune marque de coup ni de violence.
03:17L'ongle du majeur de sa main gauche est cassé, mais à ce stade, cela ne permet pas d'établir
03:22quoi que ce soit.
03:26Damien, la famille de Kattel-Béréouk, ce n'est pas n'importe quelle famille dans cette petite commune.
03:31Non, parce que c'est des gens plutôt discrets, mais le papa de Kattel est un conseiller municipal proche du
03:38maire Jean-Pierre Bequet.
03:39Donc, dans une commune comme ça, c'est quelqu'un qui forcément est connu et sa famille aussi.
03:43Le lendemain, l'autopsie confirme une mort provoquée par strangulation.
03:47Oui, par strangulation, alors par asphyxie consécutive à une strangulation.
03:50Ça veut dire qu'effectivement, ce legging qui est retrouvé noué autour du cou de Kattel a servi à l
03:55'étrangler.
03:56Le seul problème qui ne permet pas d'aller beaucoup plus loin, c'est que ce fameux legging et ce
04:00fameux nœud,
04:01ils n'ont pas été retirés par les gendarmes ni par quelqu'un de la police technique ou scientifique,
04:05ils ont été retirés par les pompiers.
04:07Les pompiers, quand ils sont les premiers à arriver sur les lieux, et c'est souvent le cas,
04:11ils ont tenté une manœuvre de réanimation sur Kattel Béréouk.
04:15Ils ont constaté qu'effectivement, elle était inanimée, qu'il n'y avait plus de battement cardiaque,
04:19mais ils ont quand même tenté quelque chose.
04:21Le seul problème, c'est qu'en faisant cette manœuvre,
04:23ils ont eux-mêmes retiré le double nœud et le legging qui en serrait le cou de Kattel Béréouk.
04:28Donc, ce n'est pas optimal parce qu'en théorie, on dit toujours que ces manœuvres-là,
04:33il ne faut pas les faire quand on est secouriste.
04:35Alors, vous me direz, est-ce qu'il faut tenter de sauver quelqu'un ou préserver une scène de crime
04:38?
04:38Ça, c'est un débat.
04:39Mais en tout cas, là, en l'état, ce geste des pompiers qui a été de défaire ce qui était
04:43la pièce à conviction importante de Smert,
04:47ça a été forcément privé ensuite les enquêteurs de constatations un peu plus objectives sur comment était fait ce nœud
04:54est-ce qu'il pouvait avoir été fait par Kattel elle-même et donc on peut à ce moment-là
04:58valider l'hypothèse d'un suicide
04:59ou est-ce que c'est impossible qu'elle ait elle-même conçu ce dispositif, conçu ce nœud, qu'elle
05:04ait serré elle-même ?
05:05Il y a des suppositions, mais le fait d'avoir fait disparaître en quelque sorte cette preuve,
05:09les pompiers ont privé objectivement les enquêteurs de cette pièce.
05:13Est-ce que l'autopsie révèle d'autres éléments intéressants ?
05:16Non, si ce n'est encore une fois qu'il y a absence de lésions de violence,
05:20c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de lutte, il n'y a pas eu de
05:22bagarre,
05:22elle ne porte pas de coup sur le corps, on l'a dit, il y a cet ongle qui est
05:26cassé sur un doigt de sa main,
05:27mais on n'est pas en capacité de savoir si elle se l'est cassée ce jour-là ou plusieurs
05:31jours avant,
05:32et au niveau des examens qui ont été menés, au niveau gynécologique, etc.,
05:35il n'y a pas de présence de spermatozoïdes ni dans l'anus, ni dans le vagin, ni dans la
05:40bouche.
05:40Donc il n'y a pas de preuve non plus factuelle d'un rapport sexuel,
05:46ou en tout cas de quelque chose qui aurait été un rapport sexuel avant son décès.
05:49Et le médecin légiste, il va rajouter un dernier détail dans son rapport,
05:52il va dire que selon lui, alors avec forcément un laps de temps, une marge d'erreur possible,
05:57mais que pour lui, le décès, il est survenu vers 10h le matin du 11 mai.
06:02Sous les ongles de Cattel, on retrouve un ADN.
06:05Oui, alors c'est un ADN qui est à ce stade évidemment inconnu,
06:08tout ce qu'on sait, c'est qu'il correspond à celui d'un homme,
06:10dont le groupe sanguin est le groupe eau,
06:12mais pour autant, le laboratoire de Lille qui a extrait ce prélèvement et qui l'a traité,
06:17n'est pas capable de dire si cet ADN, il est présent sous les ongles de Cattel
06:22depuis le 11 mai ou depuis quelques jours ou quelques semaines auparavant.
06:29Dans la maison, les enquêteurs ne trouvent pas d'autres éléments
06:32permettant d'en savoir plus sur ce qui a pu se passer.
06:35Aucun désordre n'est constaté, aucune trace d'effraction non plus.
06:38Il y a ce bain qui était encore tiède.
06:41Mais à ce stade, les enquêteurs ne peuvent en déduire quoi que ce soit.
06:45Le petit frère de Cattel, Yann, dit que la porte du garage était fermée,
06:50mais qu'elle n'était pas verrouillée.
06:52La porte de la cuisine et la porte-fenêtre à l'arrière de la maison,
06:55elle, étaient ouvertes comme d'habitude.
06:58A première vue, rien d'anormal donc.
07:01Des agents de la police scientifique relèvent toutes les empreintes
07:04qu'ils peuvent trouver dans la maison des Béréouk.
07:06Dans la chambre de Yann, le petit frère,
07:09les enquêteurs trouvent un préservatif noué,
07:12renfermant du sperme, ainsi que deux emballages de préservatifs.
07:16Le sperme est bien celui de Yann,
07:18et les deux emballages ne comportent pas de traces de l'ADN de la victime.
07:22En revanche, des traces du même lubrifiant que celui des préservatifs
07:26sont prélevées sur le corps de Cattel Béréouk.
07:37A cause de cela, Damien, Yann est un suspect potentiel ?
07:41Oui, alors à cause de cela et à cause d'autres éléments un peu habituels dans une enquête.
07:45D'abord parce que Yann, c'est celui qui a découvert le corps,
07:48et le découvreur d'un corps figure toujours parmi les suspects.
07:52Ensuite, il y a des témoignages qui commencent à arriver aux oreilles des enquêteurs
07:56sur les relations un peu tendues que pouvait avoir Yann avec sa grande sœur Cattel.
08:02Il y avait eu des disputes assez violentes quelques jours auparavant,
08:05notamment le 6 mai, 5 jours avant la mort de Cattel,
08:08une dispute assez violente où il y aurait craché dessus.
08:11Donc il y a aussi des témoignages, notamment au niveau de son école,
08:14et d'une de ses profs qui dit que ce jour-là, le fameux jour où Cattel a été tué,
08:19Yann avait un comportement qu'elle avait trouvé étrange.
08:22Alors elle l'avait trouvé étrangement calme,
08:24parce que c'était un élève plutôt agité d'habitude.
08:26Elle l'avait trouvé cet après-midi-là plutôt calme.
08:28Alors comme ça a pris indépendamment, ça ne veut sans doute rien dire,
08:32mais évidemment dans le contexte, ce sont des témoignages
08:34qui paraissent importants aux oreilles et aux yeux des enquêteurs.
08:38Et surtout, quand ils vont interroger les gendarmes,
08:41Yann, qui est encore une fois celui qui a découvert le corps,
08:43donc qui peut donner un certain nombre de précisions, de dates, d'heures, etc.,
08:48ils vont s'apercevoir que sur sa main gauche, sur le dos de sa main gauche,
08:52il y a des traces de griffures assez profondes, avec du sang qui a coagulé.
08:56Donc comme s'il avait été griffé par quelqu'un.
08:59C'est un élément qu'ils remarquent immédiatement quand ils l'entendent.
09:02Sous les ongles de Cattel, en revanche, on ne retrouve pas l'ADN de Yann.
09:06Oui, parce qu'on vient d'en parler.
09:08S'il a des griffures sur le dos de la main,
09:10on peut évidemment faire le rapprochement tout de suite avec l'ongle cassé de sa sœur qu'on constate lorsqu
09:15'elle est morte.
09:15Donc ils vont effectivement comparer les prélèvements sous les ongles de Cattel avec l'ADN de son frère,
09:20et ça n'est pas ça.
09:21Mais en revanche, on va trouver sur le legging qui a servi à étrangler Cattel,
09:27des traces d'ADN de son frère, des traces d'ADN de Yann.
09:31Alors, ceci étant dit, ce n'est pas complètement surprenant que l'ADN de Yann,
09:36qui est le frère de Cattel, se trouve sur des vêtements de sa sœur.
09:39Ils vivent dans la même maison.
09:40C'est normal que l'ADN puisse se promener comme ça.
09:43C'est quelque chose d'assez volatile, se promener sur les vêtements de quelqu'un d'autre.
09:46Mais cet élément-là, plus les griffures, plus le comportement global de Yann,
09:51plus les rapports un peu tendus avec sa sœur,
09:54effectivement, ça crée une somme d'éléments qui peuvent paraître étranges aux enquêteurs.
09:58Malgré tout ça, Yann Béréouk est mis assez rapidement hors de cause.
10:02Malgré ce climat, il n'y a pas d'éléments objectifs qui permettent sa mise en cause,
10:07notamment l'ADN qui est sous les ongles de Cattel,
10:11qui pourrait être un ADN quand elle s'est défendue, quand elle a griffé son agresseur.
10:15Ce n'est pas celui de son frère, donc il ne peut pas être mis en cause factuellement dans le
10:20dossier.
10:22Les enquêteurs saisissent le journal intime et l'agenda de la victime.
10:27Puis ils commencent à interroger de potentiels témoins.
10:30C'est ainsi qu'ils parviennent à reconstituer la matinée du jeudi 11 mai.
10:34Odette Béréouk, la mère de Cattel, a quitté le domicile familial vers 9h,
10:39après avoir déposé Yann au collège à 8h30.
10:42Cattel dormait encore.
10:44Personne n'est rentré déjeuner à midi.
10:46Yann Béréouk raconte aux enquêteurs que lorsqu'il est arrivé chez lui,
10:50vers 17h30, il a vu le courrier du jour sur la table de la cuisine.
10:54Celui qui était adressé à Cattel était déjà ouvert.
10:58Les enquêteurs interrogent le facteur.
11:00Ce jour-là, il est bien passé chez les Béréouk, entre 11h30 et midi.
11:05Pour preuve, les voisins ont trouvé dans leur boîte aux lettres
11:08un avis de passage d'un courrier recommandé,
11:10sur lequel l'heure de dépôt indiquée est 11h15.
11:15Ensuite, aucune entrée dans la maison n'est connue jusqu'à celle de Yann, vers 17h30.
11:21La voisine des Béréouk livre un témoignage très intéressant.
11:24Elle dit que vers 10 ou 11h, un homme d'environ 25-30 ans est venu à la maison des
11:30Béréouk.
11:31Elle estime que c'était environ 5 minutes après le passage du facteur.
11:35L'homme a d'abord frappé à la porte d'entrée, puis à celle du garage.
11:39Cattel est sorti, et ils ont discuté ensemble, tout à fait normalement.
11:44Selon la voisine, l'homme devait connaître la maison,
11:47dans la mesure où il est allé spontanément vers la porte du garage,
11:51lieu d'entrée habituel de la famille.
11:57Damien, que Cattel ait pu ouvrir à un homme qu'elle ne connaissait pas,
12:02ça étonne beaucoup ses parents.
12:03La maman de Cattel, elle va dire que sa fille, je la cite,
12:07n'aurait pas ouvert la porte à n'importe qui,
12:09encore moins avec la tenue dans laquelle elle se trouvait ce matin-là.
12:12Son papa Alain, il va insister aussi sur le fait que sa fille est une personne
12:16qui l'écrit comme très méfiante, qu'elle n'aurait jamais laissé entrer
12:19quelqu'un qu'elle ne connaissait pas ou qu'elle n'avait pas identifié
12:22par une fonction précise, officielle, un facteur, un gendarme,
12:26enfin quelqu'un qui porte un uniforme et qui a le droit de se faire ouvrir une porte, entre guillemets.
12:29Il va vraiment décrire sa fille comme quelqu'un même de plutôt peureuse,
12:33surtout lorsqu'elle est seule dans la maison,
12:34qui est plutôt quelqu'un à se barricader qu'à ouvrir à n'importe qui.
12:37Et lui, il est très clair, il dit,
12:40moi, il me paraît évident que Cattel connaissait la personne
12:43à qui elle a ouvert la porte ce jour-là.
12:45Grâce à la description physique que fait la voisine de cet homme,
12:48les soupçons se portent sur le facteur.
12:51Juste pour donner le contexte et la description un peu des lieux,
12:54Cattel, elle habite dans une maison avec ses parents,
12:56mais c'est des maisons qui font partie d'un lotissement
12:58où les maisons sont assez rapprochées.
12:59C'est-à-dire que les voisins voient quand même un petit peu ce qui se passe
13:02dans les maisons d'à côté.
13:03Et effectivement, elle va décrire un homme
13:06qui était apparemment de même carrure
13:08et de même corpulence que le facteur,
13:09environ 1m65, 1m70,
13:11Châtain clair.
13:13Elle dit aussi, cette voisine,
13:14qui a eu environ 5 minutes entre le passage du facteur,
13:17qui n'a d'ailleurs pas pris le chemin habituel de sa tournée,
13:20il l'a faite à l'envers de d'habitude,
13:22et donc 5 minutes entre la tournée du facteur
13:24et la venue de cet homme
13:25qu'elle a aperçu devant le domicile d'Eberéhouk.
13:28Alors, c'est une piste évidemment sérieuse.
13:30L'ADN de ce facteur va être prélevé
13:33et comparé à celui qui se trouvait sur la scène de crime,
13:36mais ça va le mettre définitivement hors de cause
13:38puisque ça n'est pas son ADN qui est sous les ongles de Cattel
13:41et il n'y a pas non plus l'ADN du facteur
13:42dans d'autres pièces de la maison.
13:46Les enquêteurs entendent tour à tour tous les proches de Cattel.
13:49Ils dressent le portrait d'une jeune femme très fragile.
13:52D'après son entourage,
13:54Cattel avait des tendances suicidaires.
13:57Quelques mois avant de mourir,
13:58elle avait raconté à ses amis
13:59avoir tenté de se suicider à trois reprises.
14:02Ils pensent même
14:03qu'elle aurait pu mettre en scène sa propre mort.
14:07Cattel allait très mal,
14:09notamment suite au décès de son petit ami, Rudy,
14:12dans un accident de voiture
14:13qu'elle avait annoncé à ses amis et sa famille
14:15à l'automne 1994.
14:18Les proches de Cattel sont formels.
14:20Cet événement avait largement participé
14:22à dégrader l'état de la jeune femme
14:24qui était déjà très déprimée
14:26et souffrait d'un grand manque de confiance en elle.
14:29Dans son journal intime,
14:31les gendarmes recoupent les confidences de Cattel
14:33et tentent à partir de là d'établir une chronologie claire
14:36dans l'évolution de son état psychique.
14:39Entre le mercredi 12 janvier 1994
14:41et le lundi 1er mai 1995,
14:45Cattel y parle de plusieurs tentatives de suicide.
14:48Elle évoque le rejet de ses parents,
14:50ses angoisses,
14:52l'envie que sa vie s'arrête.
14:54Le dimanche 23 octobre 1994,
14:57elle écrit
14:57Rudy est mort.
15:00A la suite de cet épisode,
15:01Cattel est hospitalisée quelque temps.
15:04Cattel Béréouk confirme aussi,
15:06via ses confidences par écrit,
15:08ce que disent ses proches aux gendarmes.
15:10Elle souffre bien de troubles du comportement alimentaire,
15:14enchaînant des phases de boulimie et d'anorexie.
15:17Elle parle de ses amis,
15:19Laure, Camille et Mathilde,
15:22note ses rendez-vous avec Camille,
15:24auxquels elle attribue à chaque fois
15:25un nombre comme une sorte de note.
15:2855 et demi,
15:2954,
15:3153,
15:3252.
15:34Damien Delsenie,
15:36au fur et à mesure,
15:37les enquêteurs comprennent que Camille
15:39est en fait une sorte de double d'elle-même.
15:41Oui,
15:42quand ils vont se plonger dans ce journal intime de Cattel,
15:45ils vont effectivement acquérir la certitude
15:47qu'elle a inventée,
15:49en quelque sorte,
15:50cette amie,
15:51ses amis.
15:51C'est une identité qu'elle s'est forgée
15:53et en fait,
15:54ces fameux numéros,
15:55là,
15:5555 et demi,
15:5654,
15:5653,
15:5752,
15:57ça correspond à des objectifs de poids
16:00qu'elle souhaite atteindre
16:01quand elle est dans une phase
16:02où elle se trouve trop grosse.
16:03Et c'est la même chose pour Mathilde ?
16:05Oui,
16:05mais alors Mathilde,
16:06ce serait le double version boulimique.
16:09Donc,
16:09ils se disent quand même
16:10qu'ils sont face à un vrai mystère
16:13parce qu'ils n'arrivent plus à comprendre
16:15qui était réellement cette jeune fille
16:16qui,
16:16effectivement,
16:18a un côté étudiante très brillante
16:21en hypocagne,
16:22un profil scolaire plutôt relevé
16:24et ils découvrent une jeune fille
16:26qui est en grande souffrance
16:27et qui,
16:28surtout,
16:28s'est construite une sorte de monde à part,
16:31un monde à elle,
16:32avec des faux amis,
16:33des amis imaginaires
16:34et que,
16:35clairement,
16:35elle n'allait pas très bien du tout
16:36à ce moment-là.
16:37Les enquêteurs,
16:38ils vont aussi contacter
16:39le père de son ami,
16:41Rudy,
16:42et là,
16:43ils font une découverte
16:44très,
16:44très étonnante.
16:45Ils vont quand même se rendre compte
16:46que ce fameux Rudy,
16:47lui,
16:47il existe,
16:48il s'appelle bien Rudy
16:49et c'est bien un vrai garçon,
16:49qu'effectivement,
16:50il a fréquenté en hypocagne
16:53qu'a-t-elle,
16:54mais qu'en revanche,
16:55il n'est pas mort,
16:55il est bien vivant,
16:56il a juste quitté Paris
16:57et il est parti faire ses études
16:59à Marseille.
17:06Vous venez d'écouter
17:07le premier épisode
17:08de Crime Story
17:09consacré à l'enquête
17:10sur la mort
17:11de Cattel Béréouk.
17:12Suite et fin de ce podcast
17:13dans le deuxième épisode,
17:15déjà disponible
17:16sur leparisien.fr
17:17et sur toutes les plateformes
17:18d'écoute.
17:19Sous-titrage Société Radio-Canada
17:27Sous-titrage Société Radio-Canada
17:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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