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(Suite et fin) À l’été 2000, le patron d’un supermarché, Richard Alessandri, dort à son domicile près d’Avignon, lorsqu’il reçoit deux tirs mortels dans son sommeil. Sa femme Edwige, présente à côté de lui dans le lit, appelle les secours qui la retrouvent qui la retrouvent sous le choc et couverte de sang. Elle raconte s’être réveillée avec le bruit des coups de feu, et avoir vu dans la pièce deux personnes qui ont pris la fuite. Avec son témoignage, une des premières pistes envisagées est celle d’un cambriolage qui a mal tourné.

Mais une semaine après le meurtre, le parquet ouvre une information judiciaire pour homicide volontaire. Après avoir interrogé les proches du couple, les enquêteurs repèrent des incohérences dans les déclarations d’Edwige et de ses fils. La famille Alessandri se retrouve alors au début d’une procédure judiciaire qui va durer plus de vingt ans.

Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

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#crimestory #crime #edwigealessandri

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Transcription
00:00Vous écoutez Crime Story, l'étrange meurtre de Richard Alessandri, deuxième et dernier épisode.
00:10Dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 juillet 2000, Edwige Alessandri est réveillée par un tir de fusil.
00:16Elle entend deux personnes au moins quitter sa chambre précipitamment.
00:20A côté d'elle, son mari Richard a été touché à l'épaule et au visage.
00:25Il baigne dans son sang et ne bouge plus.
00:27Quand les pompiers arrivent sur place, il est trop tard pour le sauver.
00:31Edwige, Johan, son fils aîné de 17 ans issu d'un premier mariage, et Brice, 12 ans, son deuxième fils
00:38qu'elle a eu avec Richard, sont sous le choc.
00:41Dans la maison, il n'y a pas de traces d'effraction.
00:43Et pendant 4 mois, l'enquête n'avance pas.
00:46Mais le mardi 28 novembre, tout bascule.
00:49Les gendarmes accusent Edwige Alessandri d'avoir tué son mari et placent également son fils Johan en garde à vue,
00:55quelques jours seulement après qu'il a fêté ses 18 ans.
01:02En réalité, cela fait plusieurs mois que les gendarmes ont des doutes sur la version d'Edwige Alessandri.
01:08Dès septembre, deux mois après le meurtre donc,
01:11ils creusent discrètement la piste familiale et en apprennent plus sur la situation du couple.
01:16Richard et Edwige se sont rencontrés très tôt, à la fac.
01:20Ils ont eu une première histoire d'amour, intense, et émaillé de grosses disputes.
01:25Ils se séparent et se remettent ensemble plusieurs fois, avant de finalement partir dans des directions opposées.
01:32Edwige se marie, donne naissance à son premier enfant, Johan, et s'épanouit dans cette vie.
01:38Mais plusieurs années après, elle recroise Richard, et leur histoire reprend immédiatement.
01:44Elle annonce à son mari de l'époque,
01:46« J'ai retrouvé l'amour de ma jeunesse, j'ai retrouvé l'amour de ma vie, donc je te
01:49quitte. »
01:51Elle épouse Richard, devient Edwige Alessandri.
01:54Ensemble, ils ont Brice, son deuxième fils,
01:58ils montent une affaire florissante et s'installent dans une luxueuse villa,
02:01dans le Vaucluse, à Pernes-les-Fontaines.
02:06Damien Delsenie, sur le papier, tout va bien dans ce couple,
02:10mais en entendant leurs proches,
02:12les gendarmes découvrent que le quotidien d'Edwige et Richard est en fait assez tumultueux.
02:17Il y a le côté un peu carte postale, la très belle maison,
02:20les affaires qui sont florissantes, qui tournent très bien,
02:23et puis il y a en fait un couple qui est formé de deux personnalités très fortes.
02:27Ils ont chacun un très fort caractère,
02:29et c'est comme ça d'ailleurs qu'ils sont décrits par leurs proches.
02:32Et ces proches, ils vont décrire des scènes de disputes assez régulières.
02:35En fait, il n'y en a aucun qui prend le pas sur l'autre,
02:38mais ce sont deux personnes qui ont tendance à monter un peu vite dans les tours.
02:41La femme de ménage du couple va apprendre aux gendarmes
02:44que de temps en temps, Edwige et Richard faisaient chambre à part.
02:48Oui, alors en soi, ce n'est pas forcément une information exceptionnelle,
02:53mais ils vont fouiller quand même évidemment les gendarmes,
02:55parce que qui dit chambre à part dit peut-être problème de couple.
02:57Ils vont découvrir que Richard Alessandri, il plaît beaucoup aux femmes,
03:01qu'il a pas mal de maîtresses.
03:03Un de ses amis va d'ailleurs le confirmer en disant
03:05qu'il aimait les femmes, les femmes l'aimaient beaucoup, et voilà.
03:08Donc sans surprise, c'est un sujet évidemment de tension et de discussion dans le couple.
03:13Ce portrait-là, ce n'est pas du tout celui dressé par Edwige quand elle est interrogée ?
03:17Non, non, elle n'a pas du tout évoqué de problème de couple,
03:21ce qui d'ailleurs l'a rendu assez vite suspecte en premier lieu aux yeux des enquêteurs.
03:27Alors ce qui peut toujours être étonnant, parce que quand quelqu'un dit que ça va bien,
03:29ça le rend suspect, mais c'est parce que les enquêteurs,
03:31ils découvrent que finalement ce n'est pas si lisse que ça,
03:34et qu'en fait c'est à partir des éléments qu'ils vont trouver sur cette vie
03:38finalement un peu moins rose que ce qu'elle veut bien en dire,
03:40qu'ils vont les mettre sur la piste d'un huis clos familial plus compliqué,
03:43peut-être de secrets, peut-être de rancœurs,
03:46et qu'ils vont exploiter cette possibilité qu'elle soit impliquée dans la mort de son mari.
03:50Et ça va les faire basculer entre l'hypothèse du cambriolage,
03:53donc de l'intervention extérieure,
03:55et celle de quelque chose de beaucoup plus familial
03:58qui s'est joué finalement à huis clos,
04:00entre Edwige, son mari et les enfants à côté.
04:04Finalement, et depuis le début,
04:06les éléments matériels laissent peu de place à la thèse du cambriolage.
04:10La terre retrouvée dans la maison
04:12semble plutôt avoir été posée là avec délicatesse
04:14que laissée malencontrieusement par un intrus.
04:17Pareil pour les pots de fleurs,
04:18qui ont été rangés précautionneusement
04:20pour libérer l'accès à la fenêtre cassée,
04:22alors qu'on aurait attendu qu'ils soient déplacés dans la précipitation,
04:26pourquoi pas même renversés.
04:27Mais ce n'est pas tout.
04:29Un expert en acoustique estime qu'il est impossible
04:32d'entendre des propos
04:33après un tir qui s'est déroulé à bout touchant.
04:37Pourtant, Edwige Alessandri est formelle.
04:39Le tir l'a réveillé en sursaut
04:41et juste après,
04:42elle a entendu un homme dire
04:44« Merde, le coup est parti,
04:46tirez-vous, tirez-vous ! »
04:48Un autre élément pèse lourd.
04:50Trois mois après la mort de son mari,
04:52au mois d'octobre,
04:53Edwige a récupéré une prime d'assurance vie.
04:56Un contrat de prévoyance
04:57d'une valeur d'un million sept cent mille francs de l'époque,
05:00soit un peu plus de deux cent mille euros aujourd'hui.
05:02Ce chèque lui a été remis par un agent d'assurance
05:05sur une aire d'autoroute,
05:06ce qui étonne pour le moins les gendarmes.
05:09Enfin, un dernier élément
05:11a définitivement changé les choses pour les enquêteurs.
05:14Ils ont également effectué des prélèvements
05:16sur les membres de la famille.
05:18Sur Edwige et sur son fils aîné Johan,
05:20ils n'ont rien trouvé de probant.
05:22Mais dans les pores de la peau
05:24du pouce du plus jeune enfant,
05:25Brice,
05:26ils ont prélevé des résidus de poudre.
05:34Damien,
05:35est-ce que vous pouvez nous en dire plus
05:37déjà sur cette procédure ?
05:39Ces prélèvements,
05:40ils ont été effectués,
05:40juste pour rappel,
05:42le soir,
05:43la nuit des faits.
05:44Ils n'ont pas été effectués plusieurs mois après.
05:45Le soir des faits,
05:46ils ont été effectués par les gendarmes.
05:47C'est une mesure de police technique
05:48et scientifique assez répandue.
05:51Lorsque les enquêteurs
05:52arrivent sur une scène de crime
05:53où une arme à feu a été utilisée,
05:55ils procèdent à ce qu'on appelle
05:56un tamponnage.
05:57Comme son nom l'indique,
05:58il s'agit de tamponner les doigts,
06:00les mains et même souvent
06:01les avant-bras des témoins
06:02ou des suspects
06:03et de faire analyser ensuite
06:05ces prélèvements.
06:06Parce que lorsqu'on manipule
06:07ou qu'on tire avec une arme,
06:09surtout avec un fusil de chasse,
06:10il y a toujours des résidus de poudre
06:12qui viennent se poser
06:13sur votre peau
06:13ou sur vos vêtements.
06:15Alors,
06:15ils sont presque invisibles
06:17à l'œil nu,
06:17mais en revanche,
06:18ils peuvent être révélés
06:20par ce tamponnage.
06:21Qu'est-ce que les enquêteurs
06:22peuvent en déduire ?
06:23Alors,
06:23deux choses.
06:24Soit Brice,
06:25il a manipulé cette arme
06:26avant ou après le tir,
06:28soit il était très très proche
06:30au moment du coup de feu,
06:31en tout cas suffisamment proche
06:32pour avoir des résidus de poudre
06:33sur les doigts,
06:34mais cette poudre,
06:35elle est présente
06:36en toute petite quantité,
06:37donc on peut se poser la question
06:38est-ce que c'est vraiment déterminant ?
06:40On peut aussi dire
06:41qu'il a pu toucher ce soir-là
06:42un objet qui a été pollué
06:43par le coup de feu
06:44près du lit ou autre.
06:45Alors,
06:46ce qui est frappant en tout cas,
06:47c'est que
06:47ni son frère Johan
06:48ni sa mère Edwige
06:50ne portent, eux,
06:51des traces de résidus de poudre
06:52ce soir-là.
06:52Alors, on sait aussi,
06:54on le rappelle,
06:54qu'Edwige,
06:55elle a pris une douche
06:55lorsque les pompiers étaient présents,
06:57c'est-à-dire avant l'arrivée
06:58des gendarmes,
06:59c'est-à-dire avant le tamponnage.
07:00Donc, on peut imaginer
07:01que de toute façon,
07:02au moment où on lui fait le tamponnage,
07:03elle a été lavée
07:04et donc elle n'a plus de poudre
07:05sur les doigts
07:06s'il en a eu avant.
07:07Est-ce que Brice est entendu ?
07:08Alors oui,
07:08le mardi 28 novembre 2000,
07:10les gendarmes,
07:11en quelque sorte,
07:12ils embarquent tout le monde,
07:13Edwige bien sûr,
07:13mais aussi Johan,
07:14mais également
07:15le plus jeune des fils, Brice.
07:22de la famille Alessandrie
07:23dans trois voitures différentes.
07:25Mise en cause par les enquêteurs,
07:27Edwige continue à nier.
07:29Brice,
07:29le plus jeune fils de 12 ans,
07:31est entendu dans un appartement
07:32à côté de la gendarmerie
07:34sous le régime
07:34de la rétention judiciaire
07:36puisqu'il est trop jeune
07:37pour faire l'objet
07:37d'une garde à vue.
07:39En gros,
07:39il n'a pas la même pression,
07:41mais il n'a pas
07:41les mêmes droits non plus.
07:43La méthode est légale,
07:44mais le fait de choisir
07:45cet appartement
07:46peut être interprété
07:47comme une tactique
07:48pour le mettre à l'aise
07:49et l'amener à se confier.
07:51De son côté,
07:52Johan est entendu lui aussi,
07:53à l'intérieur de la gendarmerie.
07:56Pendant plusieurs heures,
07:57il garde la même version
07:58et c'est au cours
07:59de la nuit suivante
08:00qu'il en change.
08:02« Maintenant,
08:02je vais vous dire la vérité »,
08:03annonce-t-il.
08:04Et il passe aux aveux.
08:06Johan raconte de nouveau
08:08la soirée du 16 juillet.
08:10Mais cette fois,
08:11il parle d'une dispute
08:12entre les parents
08:13et d'un coup de feu.
08:16Quand il arrive dans leur chambre,
08:18il découvre sa mère
08:19munie d'un fusil
08:20et le corps de son beau-père
08:21gisant sur le lit.
08:23Dans les secondes qui suivent,
08:25Brice,
08:26alerté par le bruit,
08:27serait arrivé à son tour
08:28en haut de l'escalier.
08:30Sa mère et son frère
08:31se seraient alors jetés sur lui
08:32pour l'empêcher
08:32de voir la scène.
08:34Il lui explique
08:35que c'est un accident
08:35et ils décident ensemble
08:37de maquiller la scène de crime
08:39en cambriolage
08:40qui aurait dérapé.
08:42Brice déplace
08:42les pots de fleurs
08:43et met de la terre
08:44dans la maison.
08:45Johan, lui,
08:46va cacher le fusil
08:47dans une aide aux bépines.
08:49Après ses aveux,
08:50les gendarmes
08:51retournent avec le jeune homme
08:52à l'endroit
08:53où il a dissimulé
08:53l'arme du crime.
08:54Mais elle est introuvable.
08:56Peu importe
08:57pour les enquêteurs.
08:58Leur religion est faite.
09:00Ils n'ont plus aucun doute
09:01sur la culpabilité
09:03d'Edwige Alessandri.
09:07Damien,
09:08quand les enquêteurs
09:09livrent cette version
09:10à Edwige Alessandri,
09:12comment est-ce qu'elle réagit ?
09:13Elle répond immédiatement
09:14c'est faux.
09:15Mais les aveux
09:16de son propre fils
09:17vont en quelque sorte
09:18achever la conviction
09:20des gendarmes
09:20et du juge d'instruction
09:21et elle est mise
09:22en examen pour meurtre.
09:23Edwige Alessandri
09:24est placé
09:25en détention provisoire
09:26et pourtant,
09:27Johan est revenu
09:28sur ses aveux
09:29dès sa sortie
09:30de garde à vue.
09:30Dès le lendemain,
09:32il dit
09:33mais en fait,
09:33non,
09:34tout ce que j'ai dit hier
09:35c'est faux.
09:36Simplement,
09:37les enquêteurs
09:38et le juge d'instruction
09:39ils estiment
09:39que les aveux
09:40d'Yohan
09:40c'est juste venu
09:41un peu comme la cerise
09:42sur le gâteau
09:42parce qu'ils sont convaincus
09:44depuis des semaines
09:45qu'Edwige Alessandri
09:46elle a tout inventé
09:47de cette histoire
09:48de cambriolage.
09:48Il y a plein d'éléments
09:49pour ça.
09:50Il y a la mise en scène
09:51ils sentent que
09:52tout ce qui est
09:52effectivement trouvé
09:53dans la maison
09:54a été un peu disposé
09:55là pour faire croire
09:56qu'il y a d'autres éléments
09:57qui leur posent
09:58vraiment problème.
09:58Alors il y a cette fameuse
09:59expertise acoustique
10:00qui dit que
10:00quand il y a un coup de feu
10:02qui survient à proximité
10:03on a les oreilles
10:04qui se mettent à siffler
10:05on ne peut pas entendre
10:05quelqu'un parler
10:06dans la seconde qui suit.
10:07Et puis il y a des petits détails
10:08comme par exemple
10:09sur la table de nuit
10:10cette nuit-là
10:10il y a la montre
10:11de Marc Breitling
10:12qui est une montre
10:13assez chère
10:13de Richard
10:14qui est posée
10:14sur la table de nuit
10:15avec une liasse de billets
10:16pas mal d'argent liquide
10:17sur cette table de nuit
10:18et forcément
10:19ils se disent
10:19si quelqu'un vient cambrioler
10:21il repart au moins
10:22avec une montre
10:22et de l'argent liquide.
10:23Donc il y a tous ces éléments
10:25qui font que
10:25finalement les aveux
10:26c'était vraiment
10:27ça venait couronner
10:28l'hypothèse principale
10:29des gendarmes
10:30qui est que
10:31c'est Edwige Alessandri
10:32qui a tué son mari
10:33tout ça dans le cadre
10:34d'un huis clos total.
10:35Elle est placée
10:35en détention provisoire
10:37pendant un temps
10:37et puis finalement
10:38il y a son procès
10:40auquel elle comparaît libre.
10:41Donc son premier procès
10:42il va se dérouler
10:43en 2006
10:44à Avignon
10:44devant la cour d'assises
10:45du Vaucluse.
10:46Aux assises du Vaucluse
10:47le procès
10:48qui s'est ouvert ce matin
10:49permettra-t-il
10:50d'en savoir plus
10:51sur le meurtre
10:52d'un gérant de supermarché
10:54en juillet 2000
10:55à Pernes-les-Fontaines
10:56c'est l'épouse
10:57de cet homme
10:58qui est accusé du crime.
10:59Le premier jour
11:00elle va arriver
11:01avec autour du cou
11:02un collier en or
11:03qui était un cadeau
11:03de son mari Richard
11:04c'est un peu pour donner le ton
11:06elle va constamment nier
11:08ce qu'elle fait
11:08depuis le début
11:09de la procédure
11:09un quelconque rôle
11:11dans la mort
11:11de Richard Alessandri
11:12ça ne va pas convaincre
11:13les jurés
11:14qui vont la condamner
11:15à 12 ans de prison.
11:16Alors elle fait appel
11:17la même année
11:18en décembre 2006
11:19elle va comparer
11:20devant la cour d'assises
11:21d'appel du Gard à Nîmes
11:23et là elle est condamnée
11:24de nouveau
11:24cette fois à 10 ans
11:26de prison.
11:27Mais il va y avoir
11:27un troisième procès
11:28puisque la cour de cassation
11:29va être saisie
11:30va casser
11:32les deux premiers
11:33les deux premiers arrêts
11:34et donc les deux premières
11:35condamnations
11:35d'Edwige Alessandri
11:37et elle va recomparaître
11:38une troisième fois
11:38devant les assises
11:39du Rhône
11:40cette fois à Lyon
11:40en février 2009
11:41et là encore
11:42elle est déclarée coupable
11:44une troisième fois
11:45et elle est condamnée
11:45à 10 ans de prison.
11:48En octobre 2010
11:50après avoir été emprisonnée
11:51pendant 5 ans
11:52Edwige Alessandri
11:53est placée
11:54en liberté conditionnelle
11:55le feuilleton judiciaire
11:57semble terminé
11:57mais en mars 2011
11:59son avocat demande
12:01l'ouverture d'un procès
12:02en révision
12:02sur la base
12:03d'éléments nouveaux
12:04Il y a eu trop d'erreurs
12:05dit-il
12:06Faute d'avoir su exploiter
12:07les indices
12:08la culpabilité de
12:09Madame Alessandri
12:10a été posée
12:11comme postulat
12:12Ensuite
12:13on s'est attaché
12:14à modeler un masque
12:15de meurtrière
12:15à ma cliente
12:17Au-delà de sa conviction
12:18l'avocat s'appuie
12:20sur des faits
12:21Dès le lendemain
12:21du meurtre
12:22dans la nuit du 16
12:23au 17 juillet 2000
12:24les gendarmes saisissent
12:26dans le jardin
12:26de la villa
12:27cossue du couple
12:27par terre
12:28derrière une haie
12:29des mégots de cigarettes
12:31Ils ne portent pas l'ADN
12:33d'un des membres
12:33de la famille
12:34et sont mis de côté
12:35Ce n'est que pendant
12:37le troisième procès d'assises
12:38en 2009
12:39qu'on valide
12:40la demande de comparaison
12:41de cet ADN
12:42avec ceux du FNAEG
12:44le fichier national
12:45automatisé
12:45des empreintes génétiques
12:46Mais contre toute attente
12:48le résultat sera connu
12:50après le verdict
12:51qui condamne définitivement
12:53Edwige Alessandri
12:54Pourtant
12:55cet ADN parle
12:56comme on dit
12:57Le fumeur est identifié
12:59Il s'agit d'un homme
13:00habitant la région
13:01et connu pour des cambriolages
13:04Interrogé une première fois
13:05par les gendarmes
13:06à l'été 2009
13:07il est de nouveau auditionné
13:08par la police judiciaire
13:10d'Avignon
13:10en septembre 2010
13:12Plus de 10 ans
13:13après les faits
13:14il ne peut donner
13:15une explication précise
13:17sur la présence
13:18de ces mégots
13:18porteurs de son ADN
13:19dans le jardin
13:20de la famille Alessandri
13:22Il se rappelle
13:23à peine être venu sur place
13:24Il suppose
13:25que c'était pour voler
13:26des produits de piscine
13:27De l'avis
13:28de l'avocat
13:29d'Edwige Alessandri
13:30c'est largement suffisant
13:32pour remettre en question
13:33les verdicts
13:34des trois procès
13:35J'ai un excellent espoir
13:37parce que je dispose
13:39quand même
13:39d'éléments solides
13:40Je vais pouvoir abattre
13:41d'autres cartes
13:42que j'ai
13:42et voilà
13:44il y a des personnes
13:45qui ont intérêt
13:45à bien se tenir
13:46Je pense aux auteurs
13:47réels du meurtre
13:48parce que
13:49depuis le début
13:50Madame Alessandri
13:51et ses enfants
13:52d'ailleurs
13:52que ce soit Johan
13:53et Brice
13:54les deux
13:54ont toujours
13:55je dis bien toujours
13:57soutenu
13:58qu'il s'agissait
13:59d'une intrusion
13:59de cambrioleur
14:00qui s'était mal terminée
14:02Damien
14:03comment est-ce qu'on explique
14:05cet énorme raté ?
14:06Alors comment on explique
14:07ce raté ?
14:07Un peu difficilement
14:08parce que
14:09ces fameux mégots
14:11ils sont récupérés
14:12sur la pelouse
14:13le lendemain
14:14du meurtre
14:15et on sait que la pelouse
14:15elle a été tondue
14:16la veille
14:16dans l'après-midi
14:17donc ces mégots
14:18ils sont contemporains
14:19au meurtre
14:20de Richard Alessandri
14:21alors ce qui est compliqué
14:23à comprendre
14:23c'est pourquoi
14:24attendre autant de temps
14:25attendre 2009
14:26finalement
14:27pour parvenir
14:28à identifier
14:28les ADN
14:29qui sont présents
14:30sur le mégot
14:30et surtout
14:30cet ADN
14:31qui nous intéresse
14:32et qui va être
14:33en fait identifié
14:34après la condamnation
14:36d'Edwige Alessandri
14:37donc ça c'est assez
14:38incompréhensible en réalité
14:39si ce n'est
14:39que depuis le début
14:40les enquêteurs
14:41le juge d'instruction
14:42ils sont partis
14:43sur la piste
14:44d'un huis clos familial
14:45que tout s'est passé
14:46dans la maison
14:46et qu'il n'y a pas eu
14:47d'intervention extérieure
14:49il n'y a que comme ça
14:49qu'on peut expliquer
14:51ce qu'on peut appeler
14:52un raté
14:52ou en tout cas
14:52une piste
14:53qui a été négligée
14:54dans l'enquête
14:54Est-ce que d'autres pistes
14:56ont été exploitées ?
14:57Oui
14:58il y a eu d'autres pistes
14:59comme ça
14:59qui ont été un petit peu
15:00abandonnées
15:01comme ce témoignage
15:02d'un jeune homme
15:02qui s'est confié
15:03à des gendarmes
15:04pour dire
15:05moi je peux vous donner
15:06une liste de noms
15:07de personnes
15:07qui ont participé
15:08au cambriolage
15:09chez les Alessandri
15:10qui a mal tourné
15:11cette personne
15:12elle va être entendue
15:13mais pareil
15:14ça ne donnera pas
15:14de suite réelle
15:15en tout cas judiciairement
15:16parlant
15:19un dernier jeune homme
15:20qui sera interpellé
15:21entendu lui aussi
15:23chez qui on va trouver
15:25notamment
15:25une trace
15:26enfin une chaussure
15:27qui correspond
15:28aux traces de pas
15:29qui avaient été relevées
15:30pareil le lendemain
15:31du meurtre
15:32dans le jardin du Mas
15:33pas très loin
15:34de l'endroit
15:34où ont été trouvés
15:35les mégots de cigarettes
15:36donc c'est vraiment
15:37assez troublant
15:38parce qu'on trouve
15:38des mégots
15:39on trouve de l'ADN
15:40on trouve une trace
15:40de chaussure
15:41tout ça nous ramène
15:42sur des gens
15:42sur des individus
15:43qui sont déjà connus
15:44en plus pour des vols
15:45pour des cambriolages
15:46mais malgré tout
15:47cette piste là
15:48elle sera de nouveau
15:49abandonnée
15:50au moment de la procédure
15:51de révision
15:51et ces gens là
15:52ne seront jamais inquiétés
15:53pour la justice
15:54et pour les enquêteurs
15:56Edwige Alessandri
15:57reste et restera
15:58la coupable
15:59de ce meurtre
15:59peut-être qu'il y avait
16:00quelque chose aussi
16:01dans la personnalité
16:02d'Edwige Alessandri
16:03qui agaçait un petit peu
16:05les gendarmes
16:05oui il y a eu tout de suite
16:07un problème de sincérité
16:09voilà
16:10y compris le soir des faits
16:12où ceux qui sont intervenus
16:13ont senti quelque chose
16:14d'un peu étrange
16:15ils ont toujours senti
16:15qu'elle cachait quelque chose
16:17et puis
16:17elle avait un côté
16:18Edwige Alessandri
16:19très sûre d'elle
16:20voire même
16:20parfois un peu
16:21un peu cassante
16:22un peu hautaine
16:23qui a probablement
16:24agacé les gendarmes
16:25enfin ça
16:26ils ne devraient pas
16:26en tenir compte normalement
16:27qui a aussi sans doute
16:28pas mal agacé les jurés
16:30pendant les trois procès
16:31d'assises
16:31ceux qui l'ont défendu
16:32d'ailleurs ses avocats
16:33ont aussi été confrontés
16:34à ce caractère
16:35assez trempé
16:36alors même qu'ils étaient
16:38quand même eux
16:38persuadés de son innocence
16:39et qu'elle allait
16:40arriver à convaincre
16:41les gens de cette innocence
16:42mais effectivement
16:43elle peut avoir
16:43un caractère
16:44qui la dessert
16:45à certains moments
16:46le fils d'Edwige Alessandri
16:48Johan
16:48qui est donc celui
16:49qu'il a accusé
16:50du meurtre
16:51pendant sa garde à vue
16:52il se bat
16:53à ce moment là
16:53pour défendre sa mère
16:55vous l'aviez rencontré
16:56en 2019
16:57pour qu'il vous en parle
16:58oui alors il avait mis
16:59un peu de distance
16:59géographique
17:00avec le Vaucluse
17:01et la France
17:02puisqu'à l'époque
17:02il travaillait en Nouvelle-Calédonie
17:03il travaillait dans l'immobilier
17:04et effectivement
17:06il racontait à quel point
17:07d'abord leur vie
17:08avait été totalement broyée
17:09d'une part par la mort
17:11de Richard Alessandri
17:11dans ces conditions là
17:13mais aussi par tout
17:13ce qui s'est passé après
17:15les soupçons
17:16les gardes à vue
17:17le fait que lui
17:18effectivement craque
17:19au cours de cette garde à vue
17:20alors il expliquait
17:20assez bien pourquoi
17:21il disait
17:22moi je venais d'avoir 18 ans
17:23j'avais perdu mon beau-père
17:24dans des circonstances
17:25extrêmement violentes
17:26et un matin
17:26on vient tous nous chercher
17:27on met ma mère
17:28dans une pièce de la gendarmerie
17:30moi dans une autre
17:30mon frère dans un appartement
17:32à côté
17:32et il racontait à quel point
17:33la pression des gendarmes
17:34avait été très forte sur lui
17:35il disait voilà
17:36on m'a retiré ma montre
17:37on a fermé les volets
17:38je me suis retrouvé
17:38dans une pièce
17:39où il faisait noir tout le temps
17:40je ne savais plus
17:40si on était le jour
17:41et la nuit
17:42et à un moment donné
17:43je voulais juste sortir
17:44de cette pièce
17:44et j'ai compris que
17:45pour sortir de cette pièce
17:46il fallait que je leur donne
17:47ce qu'ils voulaient
17:47et ce qu'ils voulaient
17:48c'était que je charge ma mère
17:49c'est comme ça
17:50qu'ils l'expliquaient
17:50des années après
17:51alors évidemment
17:52il s'en voulait beaucoup
17:53d'avoir été
17:53une sorte d'instrument
17:54de la culpabilité de sa mère
17:56en l'ayant dénoncé
17:57mais il expliquait aussi
17:58à quel point
17:59il en voulait
18:00aux enquêteurs
18:01à la justice
18:01comme il disait
18:02d'avoir littéralement
18:04broyé leur vie
18:04et broyé leur famille
18:05l'avocat d'Edwige Alessandri
18:07veut demander
18:07un procès en révision
18:09qu'est-ce que c'est
18:10exactement cette procédure ?
18:11c'est une procédure
18:12qui est très très rare en France
18:13c'est-à-dire qu'on estime
18:14que quand une condamnation
18:15est définitive
18:16comme c'est le cas
18:16pour Edwige Alessandri
18:17il y a eu trois verdicts
18:18à chaque fois les coupables
18:19à chaque fois les condamnés
18:20il y a une possibilité
18:21toujours de saisir
18:22la cour de révision
18:23mais alors c'est une procédure
18:24qui est extrêmement compliquée
18:26extrêmement longue
18:27et qui en fait
18:28ne peut se mettre en route
18:30que si les magistrats
18:32estiment
18:32qu'il y a un élément
18:33nouveau
18:34qui doit permettre
18:35de remettre en cause
18:36en quelque sorte
18:37les condamnations
18:38donc il ne s'agit pas de dire
18:40je suis innocent
18:40je vous le dis depuis 20 ans
18:41et j'ai envie de vous convaincre
18:43une quatrième fois
18:43il s'agit d'apporter
18:44un élément
18:45qui n'était pas dans le dossier
18:46ou en tout cas
18:47qui a échappé
18:49aux jurés
18:49aux juges
18:50aux enquêteurs
18:51pendant toute cette période
18:51donc c'est une procédure
18:52qui est très peu
18:54couronnée de succès
18:54il y a eu des dizaines
18:55de demandes de saisine
18:56de cette cour de révision
18:57en réalité
18:58elle n'a rendu que 12 fois
18:59une décision réelle
19:01de révision
19:02pour dire voilà
19:02la justice s'est trompée
19:03on est dans le cadre
19:04d'une erreur judiciaire
19:04donc vous voyez
19:04c'est très très peu
19:05depuis la libération
19:12Edwige Alessandri
19:13n'a aujourd'hui
19:14plus de recours
19:14pour tenter de faire
19:15reconnaître son innocence
19:16elle a purgé sa peine
19:18mais elle reste coupable
19:19du meurtre de son mari
19:21Richard Alessandri
19:22dans la nuit du dimanche 16
19:23au lundi 17 juillet 2000
19:25ses enfants
19:26qui l'auraient aidé
19:27à maquiller la scène de crime
19:28n'ont eux
19:29jamais été inquiétés
19:30par la justice
19:41vous venez d'écouter
19:42Crime Story
19:43le podcast
19:44fait divers du Parisien
19:45avec à la production
19:47Thibaut Lambert
19:48et Raphaël Pueillot
19:49à la réalisation
19:50Julien Moncouquiole
19:51et à la rédaction
19:53en chef
19:53Jules Lavi
19:54un épisode raconté
19:55avec Damien Delsenis
19:57et un podcast
19:58à retrouver
19:58chaque samedi
19:59sur le site
20:00leparisien.fr
20:01et sur toutes les plateformes
20:03d'écoute
20:30Sous-titrage Société Radio-Canada
20:33Sous-titrage Société Radio-Canada
20:36Merci d'avoir regardé
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