Le 27 novembre 2011, une femme est découverte entre la vie et la mort dans un parking souterrain d’une résidence de Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne. Nathalie, 35 ans, a reçu sept balles de calibre 7,65. Elle succombe quelques heures après son transport à l’hôpital.
Suspecté, son ancien compagnon avoue le crime en garde à vue avant d’être placé en détention. Dans les mois qui suivent, trois autres crimes sont commis dans le même périmètre, avec la même arme : un pistolet semi-automatique. Alors que la psychose s’empare des habitants, les enquêteurs doivent se rendre à l’évidence : le véritable meurtrier de Nathalie court toujours…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
Archives : INA.
#crime #essonne
Suspecté, son ancien compagnon avoue le crime en garde à vue avant d’être placé en détention. Dans les mois qui suivent, trois autres crimes sont commis dans le même périmètre, avec la même arme : un pistolet semi-automatique. Alors que la psychose s’empare des habitants, les enquêteurs doivent se rendre à l’évidence : le véritable meurtrier de Nathalie court toujours…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
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00:01Vous écoutez Crime Story, l'affaire du tireur fou de l'Essonne, deuxième et dernier épisode.
00:10Entre le dimanche 27 novembre 2011 et le jeudi 5 avril 2012,
00:154 personnes sont tuées dans les halls de leurs immeubles dans le département de l'Essonne,
00:20à moins de 6 km les unes des autres.
00:22A chaque fois, le procédé est le même.
00:25Le meurtrier arrive à moto, pointe son pistolet semi-automatique sur les victimes et tire.
00:32Des balles de calibre 7,65 sont systématiquement retrouvées sur place.
00:37Mais depuis les 4 mois que le tueur sévit, aucune trace de l'arme.
00:41Cela signifie qu'il l'a encore avec lui et qu'il peut continuer à tuer.
00:46Après le premier meurtre, un homme a été arrêté.
00:49Mais au fur et à mesure que le temps passe et que les meurtres continuent,
00:52il fait de moins en moins figure de principal suspect.
00:56La chasse à l'homme est lancée par les gendarmes et policiers mobilisés
01:00pour tenter d'arrêter le plus vite possible le tueur à la moto qui sévit depuis 5 mois dans l
01:04'Essonne.
01:05En avril 2012, la panique gagne tout le département.
01:08Le meurtre de Nadia, une femme sans histoire, en pleine journée,
01:13au milieu de la cité de la Grande-Borne, est dans tous les esprits.
01:16Plus de 900 policiers et gendarmes sont mobilisés.
01:20Une surveillance aérienne de la route nationale 7 est mise en place.
01:23Les quelques personnes qui ont aperçu le tireur parlent d'un homme sur une moto,
01:28une Suzuki bleue et blanche avec un air rouge.
01:31C'est le modèle GSXR 750, sorti d'usine en 2001.
01:37Elle est équipée d'une coque arrière blanche,
01:39de deux feux incrustés à l'arrière et d'un pot d'échappement noir.
01:43Sur les routes du département, les automobilistes racontent rouler avec la peur au ventre
01:48et sursauter à chaque fois qu'une moto les dépasse.
01:50Chacun redoute de tomber sur le tueur en série.
01:53Le vendredi 6 avril, le lendemain du meurtre de Nadia,
01:57les enquêteurs étendent leurs investigations aux hommes que Michel aurait pu croiser en détention
02:02et qui seraient sortis depuis peu.
02:05Mais là encore, ils font chou blanc.
02:07La procureure d'Evry n'exclut aucune piste, à l'exception de celle du terrorisme.
02:12Elle veut rassurer la population.
02:14Il n'y a pas, en Essonne, un tueur radicalisé comme quelques semaines plus tôt Mohamed Mera à Toulouse et
02:20Montauban.
02:21La thèse d'un commanditaire et d'un tueur à gage est-elle sérieusement étudiée ?
02:25Surtout, les autorités craignent que la série meurtrière continue.
02:29Dans le journal Le Parisien du samedi 7 avril,
02:32un numéro et une adresse mail permettent à ceux qui auraient des informations
02:36de contacter directement le ministère de l'Intérieur.
02:40Une course contre la montre commence et les enquêteurs doivent la gagner.
02:45Damien, les enquêteurs continuent à chercher un lien entre les victimes.
02:50Est-ce qu'ils trouvent quelque chose ?
02:51Encore une fois, ils essaient de trouver une logique dans ce qui vient de se passer,
02:55dans cette série de quatre meurtres.
02:56Mais à part les deux premières victimes qui habitaient le même immeuble
03:00et qui ont été étudiées dans le même parking,
03:02il n'y a rien de commun entre les quatre victimes.
03:04Ces quatre meurtres ne répondent donc à aucune logique.
03:07Comment est-ce que les enquêteurs travaillent ?
03:09Alors, ils sont toujours sur le seul suspect qui tienne jusqu'ici,
03:12qui est Michel Courtois.
03:13Donc, il va être entendu encore à nouveau, Michel Courtois,
03:16avec l'objectif qu'il donne des détails qu'il n'a peut-être pas donnés,
03:19qui refassent peut-être des aveux un peu plus détaillés.
03:22Ils vont mener aussi des expertises sur le bornage téléphonique
03:25pour essayer de voir si un même téléphone a pu être repéré
03:28à proximité des quatre scènes de crime les jours des meurtres
03:31pour essayer de trouver quelque chose.
03:34Il y a une grosse, grosse tension et une grosse, grosse pression sur les enquêteurs.
03:38En fin de semaine, le nom d'un propriétaire d'une moto
03:41qui ressemble à celle aperçue sur les scènes de crime
03:43revient plusieurs fois aux oreilles des enquêteurs.
03:46Oui, parce qu'il y a un groupe d'enquêteurs qui va être chargé
03:49d'expertiser tous les fichiers de carte grise
03:52qui peuvent se rapporter à cette fameuse Suzuki,
03:55cette fameuse moto qu'on voit sur les scènes de crime.
03:57Et à un moment donné, ils vont trouver le nom d'un propriétaire de cette Suzuki
04:03qui va correspondre à une adresse sur la carte grise
04:06qui n'est pas l'adresse de ce propriétaire,
04:08mais qui a une adresse sur laquelle apparaît un certain Yoni Palmier.
04:12Il a 33 ans, donc les policiers vont décider en quelque sorte
04:16de faire un petit contrôle, une visite de routine chez lui
04:19parce qu'ils se disent que c'est quand même bizarre,
04:20ce Yoni Palmier, il a une carte grise sur une Suzuki
04:23mais qui est au nom de quelqu'un d'autre.
04:25Donc il frappe chez Yoni Palmier, Yoni Palmier ouvre la porte,
04:28mais assez vite, les policiers qui rentrent chez lui
04:30sont frappés par le côté un peu bizarre du garçon et de la situation.
04:35D'abord parce que la première chose qu'il fait quand les policiers arrivent chez lui,
04:37c'est qu'il s'empresse d'aller refermer son ordinateur portable
04:40qui est sur une table du salon.
04:42Alors il discute, il lui pose la question sur cette carte grise, cette Suzuki,
04:46lui il tombe des nus, il dit moi je ne comprends pas de quoi vous me parlez,
04:48je n'ai pas de Suzuki, je n'ai jamais fait immatriculer de moto, etc.
04:51Mais en revanche, il leur dit tout de suite,
04:53bon moi la moto je ne sais pas de quoi vous me parlez,
04:55par contre ça tombe bien que vous soyez là
04:56parce que je voudrais vous parler d'agression dont je suis victime.
05:00Il leur dit c'est un certain Niorca,
05:02alors c'est quand même un nom ou un prénom qui n'est pas très répandu,
05:05qui me veut du mal, qui m'agresse, qui me menace, etc.
05:09Donc les policiers ne comprennent pas,
05:11ils viennent pour une histoire de moto, de carte grise,
05:13ils tombent sur quelqu'un de bizarre qui leur parle d'agression dont ils seraient victimes,
05:16donc ils quittent les lieux,
05:18mais assez rapidement, ils appellent les enquêteurs en charge du dossier à la PJ de Versailles,
05:23et ils leur disent Yoni Palmier, il y a un truc, c'est bizarre,
05:26il faut sans doute creuser.
05:27Donc les enquêteurs de la police judiciaire de Versailles
05:29retrouvent finalement la trace du fameux propriétaire de la moto,
05:33il est arrêté le matin du samedi 14 avril à Paris,
05:37mais selon les premières investigations,
05:39cet homme, il a en fait été victime d'une usurpation d'identité
05:42de la part d'un homme qui voulait immatriculer sa moto,
05:46et cet homme, c'est à nouveau Yoni Palmier.
05:48Oui, alors il y a cette première découverte,
05:50donc là ils comprennent, les policiers,
05:51en interpellant ce propriétaire de moto qui s'est fait usurper son identité,
05:55ils comprennent que Yoni Palmier n'est pas clair,
05:56mais ils vont surtout apprendre autre chose,
05:58c'est que dans le même temps, les policiers,
06:00ils font le tour de tous les garages, les stations-services de la région,
06:03toujours à la recherche d'un utilisateur de Suzuki,
06:06et ils vont tomber sur un garagiste qui va leur dire
06:08Ah ben moi, j'ai un souvenir assez particulier,
06:11parce que récemment, un homme est venu me voir
06:13pour installer sur une voiturette sans permis,
06:16un crochet, vous savez comme on installe derrière les voitures
06:19pour tirer des caravanes ou peu importe,
06:21pour traîner une moto, pour tracter une moto.
06:24C'est un peu bizarre quand on a une voiturette,
06:25de vouloir tracter une moto,
06:27et surtout, il m'a payé avec un chèque,
06:29ce chèque, il est en bois, il est sans provision,
06:31et le garagiste, il a gardé ce chèque,
06:33et ce chèque, il est au nom de Yoni Palmier.
06:36Donc là, les policiers, ils ont un Yoni Palmier
06:39qui usurpe l'identité de quelqu'un pour acheter une moto,
06:41qui fait un chèque en bois à un garagiste
06:42pour installer un crochet de tractage pour une moto,
06:45donc là, ils commencent à faire le lien entre cette fameuse Suzuki
06:50qu'ils cherchent depuis plusieurs jours et Yoni Palmier.
06:54Le samedi 14 avril, 9 jours après le meurtre de Nadia,
06:58Yoni Palmier est interpellé
07:00alors qu'il sort de l'appartement de sa mère,
07:02Harris Orangis.
07:04Les enquêteurs étaient sur sa piste depuis déjà 24 heures.
07:07Ils ont eu le temps de le suivre
07:09et de constater que Yoni Palmier,
07:11avec sa voiturette sans permis,
07:13a passé la journée à se rendre dans des boxes qu'il louait.
07:17Notamment à Draveil, la commune où il vit,
07:19à Harris Orangis, à quelques mètres de chez sa mère,
07:22et à Grigny.
07:23Par le passé, Yoni Palmier avait loué un box à Juvisy-sur-Orge,
07:27dans l'immeuble même,
07:29où ont été tués les deux premières victimes,
07:31Nathalie et Jean-Yves.
07:33L'appartement des parents de Yoni Palmier
07:35se situe, lui, à 1 km de celui de Marcel,
07:38la troisième victime assassinée.
07:41Né au mois de décembre 1978 dans le Val-d'Oise,
07:44Yoni Palmier est décrit comme un homme solitaire,
07:47quelque peu renfermé sur lui-même,
07:49nourrissant une passion pour les armes.
07:51Justement, le tueur en série de l'Essonne
07:54a fait preuve d'un certain sang-froid
07:56au moment d'abattre ses victimes.
07:58Un élément pouvant accréditer la piste
08:00d'un amateur d'armes à feu.
08:02Après l'identification de Yoni Palmier,
08:05les enquêteurs interrogent plusieurs armuriers
08:07et responsables de stands de tir de la région.
08:09Le gérant d'un club de tir sportif
08:11se souvient aussitôt de lui.
08:13Il s'était montré agressif avec d'autres clients
08:16et le gérant lui avait demandé de quitter les lieux.
08:20D'autres témoins racontent que Yoni Palmier
08:22a été vu dans son quartier,
08:24déambulant avec un casque de moto
08:26et des lunettes de plongée.
08:29L'enquête sur les meurtres commis dans l'Essonne ces derniers mois
08:32qui vient de s'accélérer.
08:34Un homme de 33 ans pourrait être mis en examen
08:36et écroué ce soir.
08:38Il ne reconnaît pas sa participation au crime,
08:40mais des armes ont été retrouvées à son domicile.
08:42Il a déjà été condamné en 2004.
08:45Damien, quel est le profil de cet homme ?
08:48Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est assez contrasté.
08:51Côté pile, on pourrait presque le comparer
08:53à l'idiot du village,
08:54même si là, on est en ville,
08:55on est loin d'un village.
08:57Un type un peu simplet,
08:58parce qu'il y a des gens qui racontent
08:59que Yoni, c'est le type qui roule en voiturette sans permis,
09:02qui fait des roues arrières avec son vélo,
09:05qui se balade souvent seul.
09:07C'est un espèce d'illuminé.
09:09En tout cas, personne ne l'a jamais vu, d'ailleurs,
09:10sur une moto.
09:12Mais côté face,
09:14il y a quelqu'un quand même de très violent,
09:16potentiellement,
09:16avec une histoire aussi familiale très complexe,
09:19un père qu'il n'a jamais vraiment connu.
09:21Et puis surtout,
09:21les policiers,
09:22ils disposent de ses antécédents judiciaires.
09:24Et parmi ses nombreux antécédents judiciaires,
09:27pour des vols,
09:28pour des recels,
09:28pour un peu de stupes,
09:30il y en a surtout un qui les intéresse
09:31et qui est de taille,
09:32c'est qu'il a quand même essayé de poignarder sa mère.
09:34Le lundi 16 avril 2012,
09:36Yoni Palmier est placé en garde à vue.
09:38Comment se passe sa première audition ?
09:40Les auditions,
09:41les premières,
09:41elles se passent non seulement face à des policiers,
09:43ça c'est,
09:44somme toute,
09:44assez classique,
09:45mais elles se passent en présence de psychocriminologues.
09:47C'est une des premières fois
09:48qu'on fait ça dans ce type d'enquête,
09:50parce qu'on sent que ce Yoni Palmier,
09:52il a un profil un peu bizarre,
09:53un peu borderline.
09:55Donc les premières auditions,
09:56elles sont assez étranges,
09:57parce qu'en fait,
09:58il va un peu promener tout le monde dans son univers.
10:00Il ne va absolument pas reconnaître
10:02qu'il est le tueur
10:03et qu'il est l'auteur de ces quatre meurtres.
10:05Il va parler de ce fameux Nyorka,
10:07qui est ce personnage qui a l'air un peu imaginaire,
10:09qui aurait pu le forcer à faire des choses,
10:11etc.
10:11Enfin,
10:12tout ça est extrêmement nébuleux,
10:13donc ça ne va pas beaucoup avancer dans les premières heures.
10:16Et puis,
10:16à un moment donné,
10:16les policiers,
10:17ils vont un peu durcir le ton,
10:18ils vont un peu se fâcher,
10:19quelque part,
10:20et ils vont un peu plus secouer,
10:22alors pas au sens physique du terme,
10:24mais en tout cas,
10:24ils vont pousser un peu plus
10:25Yoni Palmier dans ses retranchements.
10:27Et là,
10:27il va commencer,
10:28il va commencer à reconnaître
10:29des morceaux de choses
10:30et surtout,
10:32il va conduire les enquêteurs
10:34dans ce fameux box
10:35et donc vers l'arme du crime.
10:36Qu'est-ce qu'ils trouvent exactement dans ce box ?
10:38Dans ce box,
10:39ils vont trouver
10:40deux pistolets automatiques
10:41de calibre 7,65.
10:43Rappelez-vous,
10:44le 7,65,
10:45c'est le calibre qui est utilisé
10:46sur les quatre meurtres.
10:47Une troisième arme
10:48qui est d'un plus gros calibre.
10:49Elles sont toutes placées sous scellés,
10:51expertisées assez rapidement
10:52parce qu'il faut aller vite.
10:54Mais lui,
10:54malgré ses découvertes,
10:55il continue quand même
10:56à nier
10:57ou en tout cas,
10:58à être très évasif
10:59sur sa participation à ces meurtres.
11:01Et alors,
11:01Michel Courtois,
11:02l'homme incarcéré à tort maintenant,
11:04on peut penser pour le meurtre
11:06de son ancienne compagne Nathalie.
11:07Il est libéré le mercredi 11 avril 2012,
11:11juste après l'arrestation
11:11de Yoni Palmier.
11:12Oui,
11:13il se passe encore quand même
11:13quelques jours
11:14avant qu'il soit libéré.
11:15Il a quand même fait
11:15sept mois de détention provisoire,
11:17mais il ne sera définitivement blanchi
11:20qu'en 2015.
11:21Il va d'ailleurs attaquer l'État
11:23et réclamer en réparation
11:24de son préjudice
11:25la somme de 600 000 euros.
11:26La cour d'appel de Paris,
11:28finalement,
11:29elle lui en accorde
11:2918 000
11:30au titre de préjudice moral
11:32et matériel
11:33et un peu plus de 34 000
11:34au titre de ses frais d'avocat.
11:38Malgré les preuves accablantes,
11:40Yoni Palmier n'en démord pas.
11:41Il n'est pas responsable
11:43de la mort
11:44de ses quatre habitants
11:45de l'Essonne.
11:46Pourtant,
11:47une expertise balistique
11:48a révélé
11:49que l'une des armes
11:50retrouvées dans le box
11:51que Yoni Palmier louait
11:52est bien celle
11:53qui a permis
11:54de commettre les quatre crimes.
11:56Alors comment croire cet homme ?
11:58Déjà condamné
11:58à six reprises.
12:00En 2004 d'abord,
12:02Yoni Palmier,
12:03alors âgé de 26 ans,
12:04est condamné
12:05à 18 mois de prison,
12:06dont 8 mois fermes
12:07pour des faits
12:07de violences volontaires
12:08aggravées
12:09et port d'armes prohibées.
12:11Toujours en 2004,
12:13il est également condamné
12:14à trois mois de prison ferme
12:15pour, de nouveau,
12:16des faits de port d'armes
12:18et des dégradations.
12:19Deux ans plus tard,
12:20les juges du tribunal d'Evry
12:21lui imposent une peine
12:22de 100 jours amende
12:23pour s'être fait
12:24encore une fois,
12:25interpellé avec une arme
12:26et sans avoir
12:27de permis de port d'armes.
12:28En 2008,
12:30Yoni Palmier est condamné
12:31une nouvelle fois
12:32pour des infractions
12:32au code de la route.
12:33Il roule sans permis
12:35et sans assurance.
12:36En 2010,
12:37il est cop d'un rappel
12:38à la loi
12:38après des violences
12:39commises sur des mineurs.
12:41Et la même année,
12:42il est mis en cause
12:43dans une procédure d'escroquerie.
12:45Enfin,
12:46au mois de février 2011,
12:48il est condamné
12:48à un mois de prison
12:49avec sursis
12:50et a payé une amende
12:51pour des menaces de mort
12:52proférées contre un de ses voisins,
12:54dont il a également dégradé la voiture.
12:57C'est à la fin de cette année-là
12:58que pour la première fois,
12:59il tue.
13:03Pourquoi avoir tué de sang-froid
13:04quatre personnes
13:05qu'il ne connaissait pas
13:07depuis cet après-midi,
13:08la justice
13:08tente de comprendre
13:09les motivations de Yoni Palmier,
13:11celui que l'on surnomme
13:12le tueur de l'Essonne ?
13:13Le mardi 31 mars 2015,
13:16trois ans après son arrestation,
13:18le procès de Yoni Palmier
13:19s'ouvre devant
13:19les assises de l'Essonne
13:21à Évry.
13:22Crâne rasé,
13:23l'air abattu,
13:25Yoni Palmier arrive à l'audience
13:26une main dans la poche,
13:28vêtue d'un jean
13:28et d'un pull gris.
13:31Sa défense est fragile.
13:33Il dit qu'on l'a agressé
13:34toute sa vie
13:34et que la justice
13:35n'a jamais rien fait.
13:37Maintenant qu'il est accusé,
13:38on ne fait rien
13:39pour l'innocenter.
13:43Damien,
13:43ce qui est frappant,
13:44outre le fait
13:45que Yoni Palmier
13:46continue à dire
13:47qu'il n'a absolument
13:47rien à voir avec tout ça,
13:49c'est qu'il n'a pas
13:50vraiment de mobile
13:50pour avoir commis ses crimes.
13:52Non,
13:53on a l'impression
13:53qu'effectivement
13:54c'est quelqu'un
13:54qui a choisi ses victimes
13:55au hasard.
13:56Alors,
13:56les lieux peut-être pas
13:57puisqu'on sait
13:58que le parking
13:59où il y a deux meurtres,
14:00c'est un parking
14:01dans lequel il avait loué
14:02auparavant un box.
14:03Le meurtre de Marcel
14:05Brunetto,
14:06le retraité,
14:07il avait vécu
14:08dans la même barre d'immeuble,
14:09alors pas au même numéro,
14:10très très loin
14:11et le quatrième meurtre,
14:13c'est pas très loin
14:14d'un de ses domiciles.
14:15Donc,
14:15il y a
14:16une explication,
14:17une logique géographique
14:18dans ce qu'il fait.
14:19En revanche,
14:20effectivement,
14:21on a l'impression
14:22qu'il tue
14:23presque la première personne
14:24qu'il croise
14:25à l'endroit
14:25où il a choisi de frapper.
14:27Il ne comptait visiblement
14:28pas s'arrêter
14:28à ces quatre meurtres-là.
14:29Non,
14:30parce que ce qui est très inquiétant,
14:31c'est la découverte
14:32qui est faite dans un des box,
14:33parce que c'est quelqu'un
14:33qui a beaucoup de points de chute,
14:36il ne vit pas toujours
14:37au même endroit
14:37et surtout,
14:38il loue des boxes
14:38un peu partout.
14:39Et dans un des boxes,
14:40d'ailleurs le dernier
14:40qui va être découvert
14:41par les policiers
14:42au cours de l'enquête,
14:43on va s'apercevoir
14:44qu'il y avait dans cette pièce,
14:46sur une petite mezzanine,
14:47notamment,
14:48un lit de camp,
14:49un réchaud à gaz,
14:50de quoi tenir
14:51une sorte de siège.
14:52Il y avait même
14:53du matériel médical,
14:54du matériel de perfusion.
14:55Et puis,
14:56plus inquiétant encore,
14:57on y découvre
14:58des explosifs
14:59et d'autres armes,
15:01beaucoup d'armes
15:01et beaucoup de munitions,
15:03toujours les mêmes marques.
15:03D'ailleurs,
15:04c'est ces fameuses
15:05douilles Géco
15:07Donc, on se dit,
15:08mais en fait,
15:09il avait peut-être prévu
15:10encore d'autres choses
15:11et des choses peut-être
15:12encore plus lourdes
15:13que ce qu'il avait fait jusque-là.
15:15Mais Yoni Palnier,
15:16lui,
15:16il continue de nier les faits.
15:17Oui,
15:18et puis ça va être le cas
15:19un peu tout au long
15:19de son procès.
15:20En fait,
15:20il va toujours,
15:21on a l'impression toujours
15:22qu'il raconte une histoire
15:24un peu à la troisième personne
15:25qui n'est pas son histoire.
15:27Mais enfin,
15:27le jeudi 16 avril 2015,
15:29à la fin de son procès,
15:30il est condamné
15:31à la perpétuité
15:32avec une période
15:33de sûreté de 22 ans,
15:35ce qui est la peine
15:35maximale en France.
15:36Cette peine est accompagnée
15:37de ce que l'on appelle
15:38dans le jargon de la justice
15:39une rétention de sûreté.
15:41Qu'est-ce que c'est ?
15:42Alors,
15:42c'est quelque chose
15:43qui est rentré
15:43dans le code de procédure pénale
15:45il n'y a pas très longtemps,
15:46en 2008.
15:48Alors en fait,
15:48ça permet de réévaluer
15:50chaque année
15:51la peine de prison
15:52d'un détenu
15:53une fois que sa peine
15:54de sûreté est terminée.
15:55Alors,
15:56pour faire très simple,
15:57c'est en fait
15:58pour s'assurer
15:58que quelqu'un
16:00qu'on estime dangereux
16:01ou encore dangereux
16:02après 22 ans
16:03ou 25 ans de prison
16:04puissent encore
16:05être maintenus
16:06enfermés en fait.
16:07Cette rétention de sûreté,
16:08c'est une façon
16:09de prolonger
16:10une peine de prison
16:11pour éviter
16:11que des gens
16:12sortent au bout
16:13de 25 ou 30 années
16:14de prison
16:14si on estime
16:15qu'ils sont encore dangereux.
16:17Yoni Palmier
16:18est jugé
16:19une nouvelle fois
16:20en appel
16:20devant la cour d'assises
16:21de Paris
16:22à partir du mardi
16:2314 mars 2017
16:25et là,
16:26sa posture
16:26est complètement différente.
16:27Là,
16:28cette fois-ci,
16:28il va tout reconnaître.
16:29Il ne va pas être
16:29très explicatif
16:31mais en tout cas,
16:31il va reconnaître
16:32la responsabilité
16:33et il reconnaît
16:34être l'auteur
16:35des quatre meurtres.
16:36Donc,
16:36il va écoper
16:37de la même peine,
16:38c'est-à-dire
16:39la prison à vie
16:41avec 22 ans
16:42de sûreté
16:42mais en revanche,
16:43on ne parle plus
16:44là de cette fameuse
16:45rétention de sûreté
16:46donc de cette
16:48surpeine
16:48en quelque sorte
16:49à laquelle il avait été
16:50condamné en première instance.
16:54Détenu depuis avril 2012,
16:57Yoni Palnier
16:57pourra demander
16:58une libération conditionnelle
17:00au bout de 22 ans
17:01d'incarcération,
17:02c'est-à-dire
17:03en avril 2034.
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