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Le 11 mai 1995, Katell Berrehouc est retrouvée morte chez elle à Auvers-sur-Oise, dans le Val-d’Oise. C’est son petit frère qui découvre son corps en rentrant du collège. La jeune étudiante de 19 ans est étendue sur le lit de ses parents, un legging serré autour de son cou. La police retrouve des traces d’ADN sur le corps de la jeune fille, mais les enquêteurs ne parviennent pas à identifier un suspect. Il faudra attendre 23 ans pour que ce cold case soit relancé grâce à l’ADN. En juillet 2018, un suspect est enfin mis en examen pour le meurtre et le viol de Ketell Berrehouc.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

#crime #disparition

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Transcription
00:00Vous écoutez Crime Story, qui a tué Katel Béréouk, deuxième et dernier épisode.
00:09Le jeudi 11 mai 1995, Katel Béréouk, une étudiante en classe préparatoire littéraire de 19 ans,
00:16est retrouvée morte chez elle par son petit frère.
00:19Elle est morte asphyxiée, avec son legging, et elle a peut-être été violée.
00:24En raison de traces de lubrifiant retrouvées sur le corps de la victime et dans la chambre de Yann,
00:29son petit frère est un temps soupçonné.
00:32Mais les éléments ne sont pas suffisants, et il est finalement mis hors de cause.
00:36Le facteur à son tour fait l'objet de soupçons.
00:39Mais l'analyse de son ADN le disculpe, lui aussi.
00:43En creusant davantage, les enquêteurs découvrent que Katel avait une personnalité trouble.
00:49Souffrant d'anorexie et de boulimie, elle se confiait régulièrement dans un journal intime,
00:54où les enquêteurs découvrent qu'elle s'est inventée des amis imaginaires.
01:00Les enquêteurs sont déconcertés par ce qu'ils apprennent sur Katel.
01:03Et ils ne savent plus vraiment ce qu'il faut croire.
01:06Peu après les pistes du frère de Katel et du facteur,
01:09un nouveau suspect potentiel apparaît dans le radar des enquêteurs.
01:13C'est un camarade de classe de Katel.
01:16Dans les affaires de la jeune femme,
01:17les gendarmes trouvent une lettre d'amour qui lui est adressée,
01:20et qui est signée du nom de ce camarade.
01:22Le jeune homme est placé en garde à vue.
01:25Mais il est vite relâché, sans aucune charge.
01:28Les enquêteurs réalisent que la lettre a en fait été écrite par Katel elle-même.
01:33La piste est aussitôt refermée,
01:35et la personnalité de l'étudiante intrigue de plus en plus.
01:43Damien, un peu désespéré,
01:45les gendarmes décident d'effectuer, dans le courant de l'année 1995,
01:49des prélèvements sur tous les habitants d'Auvers-sur-Oise,
01:52qui ont entre 25 et 45 ans.
01:54Oui, ça fait un total de plus de 700 prélèvements.
01:58Alors, pourquoi ils font cette campagne massive ?
02:00D'abord parce qu'en fonction du témoignage de la voisine
02:03qui a aperçu des personnes âgées entre 25 et 45 ans
02:06autour de la maison ou devant la maison de Katel ce jour-là,
02:09ils vont restreindre sur cette tranche d'âge 25-45.
02:12Et puis ensuite aussi, parce que des prélèvements comme ça,
02:14il faut le dire, ça coûte de l'argent,
02:16c'est des moyens qu'il faut mettre sur une enquête.
02:18Et donc, ils vont réduire.
02:20Mais enfin, ça fait effectivement 700 personnes qu'il faut prélever.
02:22Donc, il faut comparer ensuite l'empreinte ADN
02:25à celle qui existe dans le dossier.
02:26Mais ces 700 prélèvements, ça ne va strictement rien donner.
02:29Sept ans plus tard, en 2002, l'enquête n'a pas avancé,
02:33mais l'ADN du meurtrier présumé est ajouté
02:35au fichier national des empreintes génétiques,
02:38le FNAEG, qui vient d'être créé.
02:40C'est ça, le FNAEG, à l'époque, il est tout jeune.
02:42Il n'y a pas beaucoup encore d'inscriptions dans ce FNAEG,
02:44puisque ça démarre.
02:45On commence à l'enrichir de toutes les empreintes génétiques
02:48de suspects ou de criminels.
02:50Donc, voilà, c'est quelque part un pari sur l'avenir.
02:53On a cet ADN, on ne sait pas à qui il appartient,
02:54mais on les rentre dans ce FNAEG.
02:56Pour l'instant, cet ajout au fichier ne donne toujours un.
02:58Il n'y a pas de résultat.
03:00Ça ne matche pas avec les quelques ADN qui sont présents
03:02à ce moment-là dans le fichier.
03:04Et le mercredi 20 avril 2005,
03:07dix ans après la découverte du corps de la jeune femme,
03:09un non-lieu est prononcé.
03:11Oui, parce qu'un non-lieu, ça veut dire quoi ?
03:13Ça veut dire qu'au bout de dix ans,
03:14le juge d'instruction estime que,
03:17malgré les investigations qui ont été faites,
03:20on ne trouve pas, on n'a plus de pistes.
03:22Les pistes qui ont été examinées
03:24sont toutes arrivées sur des cul-de-sac.
03:26Et donc, on décide de clore le dossier.
03:28Un non-lieu, ça veut dire ça.
03:29Ça veut dire qu'on ferme le dossier.
03:30Alors, ce n'est pas une mort définitive du dossier.
03:32On peut toujours le rouvrir
03:33si on considère qu'il y a des éléments nouveaux,
03:36que quelque chose n'a pas été fait ou pas bien fait
03:38et qu'on peut le refaire dans les années qui viennent.
03:39Mais en tout état de cause,
03:41à partir du 20 avril 2005,
03:43il n'y a plus d'enquête
03:44sur le meurtre de Kattel Béréouk.
03:48Même si l'enquête est officiellement close,
03:51des vérifications sont menées les années suivantes.
03:54En 2004, le violeur et tueur en série
03:57Michel Fourniret est arrêté.
03:59Il a été arrêté jeudi dernier en Belgique.
04:01Michel Fourniret est un forestier français de 61 ans,
04:05présenté comme un bon père de famille.
04:07Toute la journée, sa maison a été fouillée par la police
04:10pour vérifier s'il n'y avait pas de cash.
04:12Au fur et à mesure qu'on prend conscience
04:14de l'ampleur de ces crimes,
04:15on réexamine un certain nombre d'affaires.
04:18En 2011, 15 ans après le meurtre de Kattel Béréouk,
04:21plus de 300 poils et cheveux
04:23sont prélevés dans une camionnette
04:25utilisée par Michel Fourniret
04:27entre 1996 et 2003.
04:30Pour la famille de Kattel Béréouk,
04:32l'espoir de savoir ce qui est arrivé à leur fille,
04:35renaît.
04:37Toutes les affaires de disparition
04:38et d'homicide non élucidés
04:40sur l'ensemble du territoire sont recensées.
04:43L'objectif est de comparer l'ADN de chaque victime
04:46à ceux retrouvés dans la camionnette
04:48de celui qu'on surnomme l'ogre des Ardennes.
04:51Le parquet de Pontoise rouvre le dossier
04:54de Kattel Béréouk.
04:55Mais encore une fois,
04:56les analyses ne donnent pas le résultat attendu.
04:59Et rien ne permet de lier Michel Fourniret
05:02à la mort de l'étudiante.
05:04Pour autant, cette démarche ne sert pas à rien.
05:07Le dossier de Kattel étant rouvert,
05:09les enquêteurs bénéficient de 10 nouvelles années
05:12avant que la prescription ne le ferme à nouveau.
05:18Damien, à ce moment-là,
05:20vous êtes reporter aux Parisiens
05:22dans l'édition du Val d'Oise
05:23et vous entendez parler pour la première fois
05:25de cette affaire.
05:27Alors, en réalité, la première fois
05:28que je m'entends parler de l'affaire Béréouk,
05:29c'est aux alentours de l'année 2000-2001.
05:32Donc, on est déjà à 5-6 ans après les faits.
05:34Et en fait, c'est un gendarme, moi,
05:35de la section de recherche de Versailles
05:36qui va m'en parler
05:38en me parlant justement des dossiers
05:39qu'il n'arrive pas à résoudre.
05:41Et il me dit que c'est un vrai mystère.
05:43Il appelle ça, lui, le mystère de la Chambre jaune,
05:45d'ailleurs, quand il m'en parle à l'époque.
05:46Il me donne quelques éléments factuels
05:48sur cette enquête en me disant
05:49voilà, on est face à un crime.
05:51On a des éléments,
05:52enfin, on a un ADN qu'on n'arrive pas à identifier.
05:54Et surtout, on est face à une victime
05:56qui avait une vie tellement
05:58et des secrets tellement importants
06:00et une espèce de vie parallèle
06:01avec des identités inventées
06:02qu'on n'arrive pas à attraper cette affaire
06:05et à en démêler les fils.
06:07Mais quand on a voulu aller plus loin dans l'enquête
06:09et essayer de médiatiser cette affaire,
06:11on s'est toujours heurté.
06:12Alors, à la fois au silence des enquêteurs
06:14et du juge d'instruction,
06:14mais ça, c'est logique et on a l'habitude.
06:16Mais on s'est aussi heurté
06:18à la volonté réelle, farouche,
06:20de la famille de Cattel
06:21de ne jamais médiatiser cette affaire.
06:23Alors, ça peut paraître surprenant,
06:24c'est parfaitement respectable,
06:26mais ça peut paraître surprenant
06:27parce qu'en général,
06:27quand une enquête est au point mort,
06:29au bout de 5-10 ans,
06:31qu'on a l'impression que le dossier va se refermer
06:32et qu'on ne saura jamais,
06:33les familles, beaucoup, se mobilisent justement
06:35pour qu'on en parle,
06:36pour que les enquêteurs ne lâchent pas l'affaire,
06:39n'arrêtent pas d'enquêter
06:40pour que la justice ne clôture pas un dossier.
06:43Et là, la famille Béréouc,
06:44elle a toujours été très en retrait,
06:46elle a toujours laissé, en quelque sorte,
06:47la justice faire son travail,
06:48mais même quand, en gros,
06:50il ne se passait plus rien.
06:51Donc, on a toujours eu beaucoup de mal
06:53à investiguer plus en avant
06:54parce que la famille mettait vraiment le frein
06:57pour qu'on ne médiatise pas
06:58ce qui était arrivé à leur fille.
06:59En 2017,
07:01alors que ça n'existe pas encore au niveau national,
07:03le parquet de Pontoise va proposer
07:05de lancer un projet Cold Case.
07:07Oui, en effet.
07:08Et alors, il y a une greffière
07:09qui est en poste au tribunal de Pontoise
07:11et qui est en poste depuis très longtemps.
07:13Et elle, elle va se souvenir de ce dossier
07:16qu'a-t-elle Béréouc
07:16parce qu'elle l'a traité quelque part
07:19il y a des années et des années auparavant.
07:21Ce dossier, il existe toujours,
07:22il est simplement aux archives
07:23puisqu'il a été refermé.
07:26Et elle se dit,
07:27bah tiens, s'il y a un dossier
07:28qu'on doit peut-être ressortir
07:29et relancer,
07:30eh bien, c'est celui-là.
07:31Donc, effectivement,
07:32avec les nouvelles techniques,
07:34les nouvelles techniques,
07:36on peut ressortir des scellés,
07:37les repasser, les réexaminer.
07:38On va pouvoir, en fait,
07:40essayer de enfin percer
07:42le mystère de cette affaire
07:43et de ressortir des cartons
07:46le dossier Béréouc.
07:47Le mercredi 13 décembre 2017,
07:50l'affaire connaît enfin un rebondissement.
07:53Oui, parce que 23 ans après les faits,
07:56eh bien, l'ADN,
07:57le fameux ADN qu'on avait
07:58depuis la première heure
07:59de cette enquête,
08:00il va enfin parler
08:01et il va surtout donner un nom.
08:04Cyril Elbaz.
08:05Ce meurtre est lucidé 23 ans plus tard
08:07grâce au progrès
08:08de la gendarmerie scientifique.
08:09Un suspect de 47 ans
08:11vient d'être mis en examen
08:12et incarcéré.
08:13confondu par son ADN,
08:15l'homme a été interpellé mardi.
08:16Si l'ADN de Cyril Elbaz
08:18est consigné dans le FNAEG,
08:20c'est parce qu'il a déjà été condamné.
08:22C'était le vendredi 17 juin 2011.
08:25C'est le parquet
08:25qui a décidé de rouvrir
08:27ce vieux dossier.
08:28Écoutez, le procureur
08:29de la République de Pontoise,
08:30il salue le travail des enquêteurs
08:32et des experts de la gendarmerie.
08:33L'IRCGN,
08:35l'Institut de recherche criminelle
08:37de la gendarmerie,
08:38qui a retravaillé sur les scellés,
08:40qui a retravaillé sur les prélèvements,
08:42les analyses.
08:43Tout ça a été à nouveau rentré
08:45dans le fichier national
08:46des empreintes génétiques.
08:48Et là, nous sommes arrivés
08:49à un rapprochement
08:50d'un individu
08:52qui avait été fiché en 2011.
08:55Cyril Elbaz,
08:56courtier en assurance,
08:57âgé de 43 ans à l'époque,
08:59passait alors en correctionnel
09:00devant le tribunal de Melun,
09:02en Seine-et-Marne,
09:03pour violences et agressions sexuelles
09:05sur sa compagne.
09:06Il est copé de 8 mois de prison.
09:08Le mardi 3 juillet 2018,
09:10quand il est interpellé
09:11dans le cadre de l'enquête
09:12sur la mort de Kattel Béréouk,
09:14il habite à Fresnes,
09:16avec sa compagne.
09:17Son ADN est prélevé
09:18une nouvelle fois.
09:20Les résultats confirment
09:21que c'est le même
09:22que celui qui avait été retrouvé
09:24en 1995
09:25sous les ongles de Kattel Béréouk.
09:28Il est également présent
09:29sur le legging
09:30qui a servi à l'étrangler
09:31et sur son pull.
09:33En revanche,
09:34il n'est retrouvé
09:35sur aucun autre élément
09:36de la maison.
09:37Ni dans la chambre
09:38de la jeune fille,
09:39ni dans celle des parents
09:40sur le montant du lit,
09:42ni dans la salle de bain.
09:43Cyril Elbaz
09:44est placé en détention provisoire.
09:47Au moment du meurtre
09:48de Kattel Béréouk,
09:49Cyril Elbaz
09:50avait 23 ans.
09:52Il avait pour petit boulot
09:53de faire du porte-à-porte
09:55pour vendre des lithographies,
09:56des impressions de dessins.
09:58Face au gendarme,
10:00il peine à expliquer
10:01comment son ADN
10:02a pu se retrouver
10:03sous les ongles
10:03de l'étudiante.
10:05Mais il dément formellement
10:06l'avoir tué.
10:07Il ne voit même pas précisément
10:09de qui il s'agit.
10:11Peut-être lui a-t-il vendu
10:12des tableaux
10:13et peut-être l'a-t-elle griffé
10:14par inadvertance.
10:16Mais si c'est le cas,
10:18il ne s'en souvient
10:18absolument pas.
10:28Damien,
10:28l'avocat de Cyril Elbaz
10:30dit qu'en fait,
10:31son client est piégé
10:32par ses propres tentatives
10:34d'explication.
10:35C'est-à-dire qu'au tout départ
10:36de ses auditions,
10:37Cyril Elbaz,
10:38il commence par dire
10:39ce qui peut être compréhensible.
10:40On est quasiment
10:41un quart de siècle après
10:42par dire qu'il ne se souvient pas
10:42du tout de cette histoire,
10:43d'être allé là-bas, etc.
10:44Puis quand il comprend
10:46et quand on lui dit
10:46« bah oui, mais votre ADN
10:47il est sous les ongles
10:48de la victime »,
10:49là, il va y avoir
10:49effectivement s'expliquer
10:50un peu plus.
10:51Il va dire « bah oui,
10:52à l'époque, moi,
10:52je vends des lithos,
10:53je fais du porte-à-porte,
10:54donc c'est possible. »
10:55Et c'est même certain
10:56que je me trouvais
10:56à Auvers-sur-Roy ce jour-là.
10:57J'ai dû effectivement
10:59lui proposer des lithographies.
11:00Peut-être qu'à cette occasion,
11:02voilà, elle m'a griffé.
11:02C'est ce qu'il explique.
11:04Simplement, voilà,
11:05depuis le début,
11:06cet ADN sous les ongles
11:07de Cattel Béréouk,
11:08c'est la pièce maîtresse
11:09de l'enquête.
11:10Et comme cet ADN,
11:11c'est le sien,
11:13expliquer qu'il a juste
11:14fait frapper à une porte,
11:16proposé une lithographie,
11:17qu'elle a refusé,
11:18qu'il est reparti,
11:19ça ne tient pas tellement
11:20la route.
11:20En plus de ça,
11:21il y a son passé judiciaire
11:23qui ne l'aide pas vraiment.
11:24Oui, parce qu'il y a
11:25cette histoire,
11:25effectivement,
11:26de violences conjugales
11:28et d'agressions sexuelles,
11:29alors,
11:29qui se passe dans un contexte
11:30avec une ex-compagne,
11:32un contexte, voilà,
11:33de conjugale compliqué,
11:34mais bon,
11:35pour lequel il est condamné.
11:36Et c'est d'ailleurs
11:37la raison pour laquelle
11:38son ADN sera prélevée
11:39sur cette affaire-là.
11:39Il y a aussi une affaire
11:40plus ancienne
11:41qui l'a impliquée
11:43avec un complice
11:44sur une affaire de vol
11:45dans lequel il y avait aussi
11:47une notion d'agression sexuelle.
11:49Donc, effectivement,
11:49il a le profil de quelqu'un
11:51qui a déjà un casier judiciaire,
11:53a déjà des antécédents
11:54et a des antécédents aussi
11:56en matière et de violences
11:57sur des femmes
11:58et éventuellement
11:59d'agressions sexuelles.
12:00En janvier 2020,
12:02après un an et demi
12:03d'incarcération,
12:04Cyril Elbaz
12:04est remis en liberté.
12:06Oui, alors,
12:06pour pas mal de raisons
12:07en réalité
12:08qui sont peut-être
12:09difficiles à comprendre
12:10comme ça,
12:10mais d'abord
12:11parce qu'on est très très longtemps
12:12après la commission des faits.
12:14En 2020,
12:14on est plus de 25 ans,
12:16enfin, on est 25 ans après
12:17et pour les affaires anciennes
12:18comme ça,
12:19bon, voilà,
12:19il y a une tendance
12:20à se dire
12:20au moment où Cyril Elbaz
12:21il est identifié,
12:22il a plus de 40 ans,
12:24donc on l'a mis en détention
12:25quand même
12:25pendant un an et demi
12:27mais là,
12:27l'enquête n'étant pas
12:28encore terminée,
12:29on ne peut pas encore
12:30le renvoyer devant
12:30la cour d'assises
12:31donc en attendant le procès,
12:32on va le remettre
12:33en liberté.
12:34Évidemment,
12:35ce qui va profondément
12:37outrerait les parents
12:37de Catelle Berréou
12:38qui eux attendent la vérité
12:39depuis un quart de siècle
12:40et quand on leur donne
12:41un suspect,
12:42finalement,
12:42on se rend compte
12:42qu'il passe un an et demi
12:43en prison
12:44et qu'après,
12:44il ressort
12:45mais ce n'est pas tellement
12:46étonnant dans ces dossiers
12:47anciens,
12:47ça ne veut pas dire
12:47que c'est logique
12:48et forcément compréhensible
12:49mais en tout cas,
12:49ça arrive fréquemment
12:50dans des dossiers
12:51sur lesquels il s'est passé
12:52beaucoup de temps
12:53qu'un suspect
12:54qui en plus reste
12:55à ce moment-là
12:56présumé totalement innocent
12:57et qui surtout
12:58nie les fait
13:00farouchement
13:00et catégoriquement
13:01depuis le début de l'enquête.
13:06En effet,
13:07Cyril Elbaz
13:07est officiellement
13:08mis en accusation
13:09pour le meurtre
13:10précédé du viol
13:11de Catelle Berréouc.
13:12Oui,
13:13alors,
13:13une accusation,
13:14un chef d'accusation
13:15qui peut paraître surprenant
13:16par rapport à ce qu'on a dit
13:17puisque c'est le meurtre
13:18de Catelle Berréouc
13:19qui fait aucun doute.
13:19En revanche,
13:20le viol,
13:20depuis le début de l'enquête,
13:23il n'est pas clairement,
13:24en tout cas factuellement,
13:25établi
13:25dans la mesure
13:26où le légiste
13:27a toujours dit
13:27qu'il n'y avait pas
13:28de traces forcément
13:29d'une relation sexuelle
13:32concomitante
13:32ou contemporaine
13:33au meurtre,
13:33qui n'avait pas non plus
13:34de traces de violence
13:35sur le corps,
13:36quelqu'un qui ne semblait pas
13:37avoir été forcé
13:38ni frappé
13:39ni violenté.
13:40Mais en revanche,
13:41le juge d'instruction,
13:43en tout cas,
13:43lui a estimé
13:44qu'il y avait sans doute
13:45un mobile sexuel
13:47derrière ce meurtre.
13:48Il y avait aussi
13:48cette mise en scène
13:49quand même
13:49du corps de Catelle Berréouc,
13:50on se souvient,
13:51elle est à demi-nue
13:52sur un lit,
13:53elle est attachée
13:54et étranglée
13:55avec son legging
13:55sur la tête de lit.
13:56Donc,
13:56que cette mise en scène
13:58pouvait aussi constituer
14:00un mobile sexuel,
14:01en tout cas,
14:01quelque chose de sexuel
14:02qui s'est produit
14:03en amont du meurtre.
14:06Le mardi 11 octobre 2022,
14:1027 ans après les faits,
14:12Cyril Elbaz
14:12est mis en examen
14:13pour le meurtre précédé
14:15du viol
14:15de Catelle Berréouc.
14:17Le parquet de Pontoise
14:19pense que Cyril Elbaz,
14:20qui avait l'habitude
14:21de faire du porte-à-porte
14:22à cette époque-là,
14:23a violé
14:24puis tué Catelle Berréouc,
14:26ce fameux jeudi 11 mai 1995.
14:29Selon l'avocat
14:30de Cyril Elbaz,
14:31toutes les pistes
14:32n'ont pas été assez creusées,
14:34notamment dans la famille
14:35et dans les proches
14:36de l'étudiante.
14:37Une opinion
14:38qu'il aura l'occasion
14:39de défendre
14:39devant une cour d'assises,
14:41puisqu'il y aura bien
14:42un procès
14:43dans les mois qui viennent.
14:46Vous venez d'écouter
14:47Crime Story,
14:48le podcast fait divers
14:49du Parisien,
14:50avec à la production
14:51Emma Jacob,
14:53Thibaut Lambert
14:53et Raphaël Puyot,
14:55à la réalisation
14:56Julien Moncouquiole
14:57et à la rédaction
14:58en chef
14:59Jules Lavi.
15:00Si vous avez aimé
15:01cet épisode,
15:01vous pouvez nous le dire
15:02avec des petites étoiles
15:03ou en nous laissant
15:04des commentaires.
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15:09qui nous ont permis
15:10d'écrire cet épisode.
15:11Crime Story est un podcast
15:12raconté avec Damien Delsenis
15:14et à retrouver chaque samedi
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15:18et sur toutes les plateformes
15:19d'écoute.
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