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Le mercredi 9 décembre 1987, Évelyne Boucher, une jeune lycéenne, est retrouvée violée et morte dans les alentours d’Avignon. Pendant des années, il est impossible de retrouver le meurtrier. Jusqu’à ce que l’ADN récupéré sur son corps à l’époque parle enfin.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier-Amouroux, Anaïs Godard, Clémentine Spiler et Thibault Lambert- Réalisation et mixage : Théo Albaric - Musiques : Audio Network
Archives : INA et France Télévisions.
Documentation. Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes ainsi que les ressources suivantes : le documentaire “Au bout de l’enquête - Affaire Évelyne Boucher, la vérité 20 ans après” (France 2), Le Parisien, Le Monde, Le Figaro, France Soir et L’Heure du Crime (RTL).
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0:00 - Disparition et découverte du corps
8:23 - Les premières pistes (bar, témoins, Renault 5)
15:07 - ADN : profil du tueur, puis impasse
18:00 - Le match FNAEG, procès et condamnation
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Le mercredi 9 décembre 1987, Évelyne Boucher, une jeune lycéenne, est retrouvée violée et morte dans les alentours d’Avignon. Pendant des années, il est impossible de retrouver le meurtrier. Jusqu’à ce que l’ADN récupéré sur son corps à l’époque parle enfin.
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00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:10Des aveux, 33 ans après.
00:12Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:15Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés.
00:17Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service polyjustice du Parisien, Damien Delsenie.
00:30Bonjour Damien.
00:31Bonjour Claudia.
00:32Aujourd'hui dans Crime Story, l'affaire Evelyne Boucher, deux décennies pour la vérité.
00:37Une jeune lycéenne découverte morte dans la Garrigue, près d'Avignon.
00:41Un tueur comme une ombre, comme un fantôme, presque le crime parfait.
00:46Et puis soudain, la lumière qui vient de là où on ne l'attendait plus.
00:55Villeneuve-les-Avignons, sur les rives du Rhône, à côté d'Avignon.
01:00Le mardi 8 décembre 1987 au soir, Gisèle Cronier s'inquiète.
01:04Sa fille de 16 ans, Evelyne Boucher, n'est pas encore rentrée et il commence à se faire tard.
01:10Evelyne est sa deuxième fille.
01:12L'aîné Catherine a deux ans de plus.
01:15Gisèle a aussi eu un fils.
01:17Ses trois enfants ont chacun un père différent, mais ils vivent tous ensemble et s'entendent très bien.
01:23Evelyne s'entend également parfaitement avec son beau-père, Jean-Pierre Hazan,
01:26et il n'y a aucune tension particulière dans cette famille recomposée.
01:30Jean-Pierre, le beau-père, travaille au conseil de Prud'homme,
01:33une instance qu'on saisit pour régler les conflits entre un employeur et un salarié.
01:37Gisèle, la mère, travaille, elle, dans une société de transport.
01:41Leur vie est confortable et réglée comme du papier à musique.
01:46Evelyne est une jeune fille brune, décrite comme souriante, gaie et charmante.
01:50Depuis qu'elle a six ans, elle fait de la gymnastique.
01:53Elle a un très bon niveau et a même concouru au championnat de France scolaire deux ans plus tôt, en
01:591985.
02:00C'est une vraie passion.
02:02Elle donne d'ailleurs des cours de gymnastique bénévolement au collège du Mourion, à Villeneuve-les-Avignons,
02:07où elle a été scolarisée.
02:10En 1987, elle fréquente le lycée Théodore Aubanel, à Avignon, où elle est une élève studieuse.
02:17Evelyne n'a jamais posé de problème, ni à sa mère, ni à son beau-père.
02:21C'est la raison pour laquelle Gisèle Cronier sent tout de suite,
02:25ne voyant pas sa fille rentrer à la maison le mardi 8 décembre 1987, qu'il s'est passé quelque
02:30chose.
02:32Vers 23h, elle contacte la gendarmerie pour signaler cette disparition.
02:39Le lendemain, le mercredi 9 décembre, tôt le matin,
02:43ce sont deux chasseurs qui vont, malgré eux, faire avancer l'affaire.
02:48Il fait très froid ce matin-là, et pas encore tout à fait jour,
02:51quand les deux hommes commencent à arpenter un sous-bois.
02:53Ils se trouvent du côté de Villeneuve-les-Avignons, et plus précisément sur la commune des Angles.
02:59Après quelques minutes de marche, ils sortent du sous-bois et arrivent dans la garigue,
03:03cette végétation broussailleuse typique de la région.
03:08Les deux chasseurs aperçoivent une forme qu'ils trouvent étrange,
03:11mais qu'ils ne distinguent pas bien dans l'obscurité.
03:14Ils décident de s'approcher et découvrent une forme humaine.
03:18En quelques dizaines de minutes, la police judiciaire d'Avignon est sur place.
03:22Ils n'ont pour le moment aucune confirmation,
03:25mais ils sont quasiment certains que le corps est celui de la jeune fille,
03:29dont la mère a signalé la disparition la veille au soir.
03:34Damien, qu'est-ce que les enquêteurs remarquent d'emblée ?
03:37C'est la position du corps de la jeune femme qui va les inciter à penser tout de suite
03:43qu'elle a été victime d'un viol.
03:45Elle est allongée par terre, la jupe est relevée,
03:48et une partie de ses vêtements a été enlevée.
03:51Ils ont été retirés et ils ont été disposés, de manière un peu étrange,
03:55à proximité du cadavre, sur un cartable.
03:58Donc il y a une veste en jean, qui est d'ailleurs tachée de sang,
04:01un pull à motif et un t-shirt avec une inscription en anglais.
04:05Ils vont poursuivre leurs recherches sur la scène de crime.
04:08Ils vont ouvrir le cartable.
04:10Alors dans le cartable, il y a des affaires de classe,
04:12ça c'est pas tellement surprenant,
04:13mais il y a surtout une carte d'identité,
04:15et cette carte d'identité, c'est celle d'Evelyne Boucher.
04:18Le drame s'est probablement déroulé entre 18h et 19h,
04:21quelque part dans la garrigue totalement déserte la nuit venue.
04:24Les policiers, qui ont épluché l'emploi du temps et ses relations,
04:29sont persuadés qu'elle a été victime d'un violeur
04:31qui aurait pu s'attaquer à n'importe quelle autre jeune fille.
04:34Il remarque aussi qu'il manque à la jeune fille une boucle d'oreille.
04:38Oui, celle qu'elle portait au niveau de l'oreille gauche.
04:40Alors, on sait que c'est un élément qui peut servir plus tard,
04:43et donc ils le notent sur leur procès verbal de constatation.
04:47Un médecin légiste va arriver sur place
04:49pour faire les premières constatations sur le corps avant l'enlever du corps,
04:52avant qu'il soit manipulé et donc déplacé.
04:55Il va constater, lui, que la jeune femme a été violemment frappée.
05:00Elle a d'ailleurs le visage tuméfié.
05:02Elle a des marques de strangulation autour du cou.
05:05Il va aussi découvrir un orifice,
05:07un orifice d'entrée de balle,
05:09donc un orifice d'entrée d'arme à feu au niveau du crâne.
05:12Une marque qui laisse penser qu'après avoir été frappée
05:16et sûrement violée,
05:17mais ça l'autopsie le confirmera ou pas,
05:19on lui a tiré une balle à bout portant,
05:22en pleine tête,
05:23ce qui est pour le moins déroutant.
05:24Évidemment, les enquêteurs cherchent l'arme du crime.
05:27Oui, alors, ils vont chercher un peu autour
05:29pour voir si le ou les tueurs ont pu abandonner l'arme à proximité.
05:33On sait que l'arme, c'est évidemment toujours très utile pour une enquête.
05:37Ils ne vont pas la trouver.
05:38Elle n'est pas à proximité du cadavre.
05:40Ils vont fouiller les environs de la scène de crime,
05:43la garrigue, les cours d'eau environnants,
05:45mais ils ne vont rien trouver.
05:53Au palais de justice d'Avignon,
05:55c'est sur le bureau du juge d'instruction Christian Lernou
05:57que le dossier atterrit.
05:59Compte tenu de la violence du crime
06:01et de l'âge de la victime,
06:03il décide d'en faire une priorité.
06:05C'est un magistrat passionné, rigoureux, épugnasse.
06:09C'est lui qui entre en contact avec la mère d'Evelyne Boucher
06:12et qui lui promet de trouver la vérité.
06:15Quelques heures plus tard,
06:17l'information est déjà dans les médias.
06:19C'est ainsi que Géraldine Martinassot,
06:21une amie d'Evelyne,
06:22entend à la radio que le corps d'une jeune fille,
06:25manifestement tuée par balle,
06:26a été retrouvée près d'un bois.
06:30Géraldine vient de rentrer du lycée,
06:31comme elle le raconte dans l'émission de France 2,
06:33au bout de l'enquête.
06:34Elle avait cours le matin,
06:36mais elle a son après-midi de libre.
06:38Aux informations,
06:39on ne donne pas le nom de la victime
06:41et elle n'a aucune raison de penser
06:42qu'il peut s'agir de quelqu'un qu'elle connaît.
06:47Dans l'après-midi,
06:48on sonne à la porte.
06:49L'adolescente ne s'en préoccupe d'abord pas.
06:52Mais quand elle entend des bribes d'échange
06:54entre ses parents et les visiteurs,
06:55elle sort de sa chambre
06:57pour se joindre à la conversation.
07:00Géraldine apprend alors
07:01que la police fait une enquête de voisinage
07:02pour essayer de trouver des témoins
07:04dans l'enquête sur le meurtre de cette jeune fille
07:07retrouvée dans la Garrigue.
07:09Surtout,
07:10elle apprend que la jeune fille en question
07:11s'appelle Evelyne Boucher.
07:15Géraldine se souvient du choc immense
07:17que lui fait cette nouvelle.
07:18Cela fait environ 5 ans
07:19qu'elle est amie avec Evelyne.
07:21Les deux jeunes filles se sont rencontrées au collège
07:23quand elles avaient 11 ou 12 ans.
07:25Elles ont été dans la même classe
07:26pendant un an seulement,
07:28mais ont gardé de cette époque
07:29une amitié forte qui perdure,
07:31même au lycée.
07:35La population de Villeneuve-les-Avignons
07:37est en émoi.
07:38Rien, a priori,
07:39n'explique pourquoi
07:40Evelyne Boucher a été la cible d'un tueur.
07:42On craint la présence
07:43dans les environs d'un prédateur.
07:45Les circonstances de sa mort
07:46font aussi penser à un contrat,
07:49c'est-à-dire un meurtre
07:50commandité par le milieu,
07:51la mafia.
07:53On ne comprend pas pourquoi elle,
07:55ni pourquoi à cet endroit.
07:56Et dans les rues de Villeneuve-les-Avignons,
07:58on a peur.
08:01L'autopsie d'Evelyne Boucher,
08:03pratiquée le même jour
08:04à l'Institut médico-légal de Nîmes,
08:06confirme les premières constatations
08:08du légiste.
08:09La victime a bien été violée,
08:11frappée,
08:12et achevée d'une balle dans la tête
08:14de calibre 22 longs rifles.
08:16On estime l'horaire de sa mort
08:18entre 19h et 22h.
08:23Damien, c'est au cours de cette autopsie
08:25que du sperme est prélevé
08:27sur le corps d'Evelyne Boucher.
08:29Oui, donc c'est un prélèvement
08:30qui permet donc de récupérer ce sperme.
08:33Alors, à l'époque,
08:34on ne peut pas en faire grand-chose
08:36à part le conserver.
08:38Le FNAEG,
08:39le fameux fichier national automatisé
08:41des empreintes génétiques,
08:42n'existe pas encore.
08:43Mais le juge d'instruction,
08:45le juge Lernou,
08:46pressent que ces éléments techniques,
08:48scientifiques pourront peut-être
08:49servir un jour.
08:50Et il insiste
08:51pour que ce sperme soit donc prélevé
08:53et surtout conservé correctement.
08:56En parallèle,
08:57l'enquête de personnalité avance.
08:59Oui, en parallèle,
09:00évidemment, les policiers
09:01essaient d'en savoir un peu plus
09:02sur Evelyne Boucher
09:03et surtout sur sa dernière journée.
09:05Ils vont apprendre que ce jour-là,
09:07elle n'est pas allée en cours.
09:09Avec ses copines,
09:10Evelyne aime fréquenter le Carnot.
09:12C'est un bar qui se trouve
09:13juste à côté de son lycée.
09:15Et ce jour-là,
09:16elle y a passé toute la journée,
09:17plutôt que d'aller en cours.
09:19Un comportement surprenant,
09:21un peu énigmatique,
09:22qui ne lui ressemble pas.
09:23On l'a dit,
09:24c'est une élève plutôt studieuse
09:25qui ne pose pas de problème.
09:26D'autant qu'elle a en plus
09:28pris la peine d'aller déjeuner
09:29à la cantine du lycée.
09:31C'est-à-dire qu'elle n'est pas
09:31allée en cours le matin,
09:33elle est allée déjeuner
09:34à la cantine le midi.
09:35Et après le déjeuner,
09:36au lieu de peut-être
09:36retourner en cours,
09:37ce qui aurait été normal,
09:38elle est retournée au bar,
09:40au Carnot,
09:41pour y passer l'après-midi.
09:42Dans ce bar,
09:43le Carnot,
09:43il y a un serveur
09:44qui lui plaît beaucoup
09:45et qui s'appelle Donato.
09:47Il est un peu plus âgé qu'elle.
09:49Oui,
09:49il a 21 ans
09:50et les policiers vont apprendre
09:52que vers 16h,
09:53Evelyne a quitté le bar
09:54en compagnie de ce Donato
09:56et qu'ils sont allés boire
09:57un café ensemble
09:58dans un autre établissement.
10:00Ils sont revenus
10:00peu de temps après au Carnot.
10:02Puis vers 17h,
10:03Evelyne est partie
10:04voir son petit ami,
10:06c'est-à-dire son petit ami officiel,
10:08celui qu'elle fréquente
10:09depuis environ un mois
10:10et qui se prénomme Salvatore.
10:17Les copines d'Evelyne
10:18confient aux policiers
10:19que leur amie
10:20était un peu amoureuse
10:21de Donato,
10:22bien qu'elle ait également
10:23beaucoup d'affection
10:24pour Salvatore.
10:25Voilà deux pistes intéressantes.
10:27Les deux garçons
10:28sont interrogés.
10:30Le premier, Donato,
10:31raconte qu'autour du café
10:32qu'ils ont partagé,
10:34Evelyne lui a déclaré
10:34sa flamme.
10:36Embarrassé,
10:37il lui a expliqué
10:37qu'il avait 21 ans
10:38L16
10:39et que ce paramètre
10:41empêchait d'office
10:41une relation amoureuse.
10:44Evelyne l'a entendu
10:45et accepté selon lui.
10:47Le deuxième garçon,
10:49Salvatore,
10:50confirme qu'il a vu
10:51brièvement Evelyne
10:51en fin d'après-midi,
10:52après le café
10:53avec Donato donc.
10:54Il n'a rien noté
10:55de particulier
10:56et a accompagné
10:57la jeune fille
10:58à son arrêt de bus
10:59vers 18h.
11:01Le conducteur du bus
11:02confirme d'ailleurs
11:03qu'Evelyne est bien montée
11:05dans son véhicule
11:05et qu'elle en est descendue,
11:07comme d'habitude,
11:08a la résituée
11:09à 500 mètres de chez elle.
11:10De plus,
11:12Donato et Salvatore
11:13ont chacun un alibi.
11:14Ces derniers sont vérifiés
11:16et confirmés.
11:17Les deux garçons
11:18sont mis hors de cause.
11:20C'est alors
11:20qu'un nouveau témoignage,
11:22primordial,
11:22vient percuter l'enquête.
11:25Passé le choc de l'annonce,
11:27Géraldine Martinasso,
11:28l'amie de collège d'Evelyne,
11:30a tenté de se souvenir
11:31de la dernière fois
11:32qu'elle l'avait vue.
11:33C'était la veille,
11:34le mardi 8 décembre,
11:36quelques minutes sans doute
11:37avant sa disparition.
11:41Géraldine vit à quelques centaines
11:42de mètres de chez Evelyne
11:43et sa maison est située
11:45juste à côté
11:46de l'arrêt de bus.
11:48Ce mardi 8 décembre,
11:50un peu avant 19h,
11:51Géraldine est dans la cuisine
11:52de la maison familiale,
11:53à la fenêtre.
11:54Elle voit Evelyne
11:55descendre du bus
11:56accompagnée de Christelle,
11:57une autre de leurs amies,
11:59qui vit elle aussi
11:59dans le quartier.
12:01Les deux filles
12:02tournent au coin de la rue.
12:03Christelle vit à environ
12:04200 mètres de là
12:05et Evelyne encore
12:06300 mètres plus loin.
12:08Rien d'exceptionnel donc.
12:10Mais la suite interpelle Géraldine.
12:13Quinze minutes plus tard environ,
12:14une voiture passe devant chez elle.
12:17Dans cette voiture,
12:17elle croit reconnaître Evelyne
12:19assise à l'arrière.
12:20À l'avant,
12:21il y a seulement un homme
12:22sur le siège conducteur.
12:24Dans son souvenir,
12:25il est grand, mince,
12:27à la peau blanche
12:27et les cheveux
12:28un peu ramenés sur l'avant.
12:30Elle estime qu'il doit avoir
12:31entre 25 et 35 ans.
12:34À aucun moment,
12:35elle ne perçoit
12:36dans le comportement
12:37de son amie
12:37de la peur.
12:38Elle a plutôt l'impression
12:39qu'Evelyne et cet homme
12:41se connaissent
12:41et qu'ils discutent.
12:43Très intriguée,
12:44les enquêteurs
12:45tentent d'en savoir plus.
12:46Mais Géraldine
12:47n'est pas vraiment capable
12:48d'en dire davantage.
12:50À part dire
12:51que la voiture
12:51était une petite voiture
12:52type Renault 5
12:53et qu'elle était
12:54de couleur claire,
12:55elle a beau fouiller
12:56sa mémoire,
12:57elle ne trouve rien.
13:01Damien,
13:02ce sont donc
13:02les seules informations
13:04dont disposent
13:05les enquêteurs.
13:06Oui,
13:06c'est quand même
13:06un témoignage important,
13:08presque crucial.
13:09Donc,
13:09ils vont essayer
13:10d'en tirer
13:10tout ce qu'ils peuvent.
13:11Le magistrat
13:12va leur demander
13:13aux policiers
13:13d'étudier
13:14toutes les possibilités.
13:16Alors,
13:16ils vont même disposer
13:17de moyens assez importants.
13:18Ils vont,
13:19par exemple,
13:19chercher la trace
13:20de toutes les Renault 5
13:22grises
13:22ou en tout cas
13:23de couleur claire
13:24de la ville d'Avignon,
13:25puis du département
13:26du Vaucluse,
13:27puis de la région entière.
13:28C'est évidemment
13:29un exercice
13:30qui prend du temps,
13:31d'autant que la Renault 5
13:32est une voiture
13:33extrêmement répandue,
13:34extrêmement vendue.
13:35Il y en a beaucoup,
13:36il y a des centaines
13:36de modèles à vérifier
13:38et à confronter.
13:39Et malgré tout,
13:40malgré ces vérifications
13:41extrêmement patientes
13:42et précises,
13:43ça ne leur permet pas
13:45de remonter
13:45jusqu'au coupable.
13:46Environ trois jours
13:47après la découverte
13:48du corps d'Evelyne Boucher,
13:50les gendarmes retrouvent
13:51sa deuxième boucle d'oreille.
13:52C'est plus précisément
13:53un voisin
13:54qui va retrouver
13:55cette boucle d'oreille.
13:56Il va la retrouver
13:57près de la maison
13:58des parents d'Evelyne,
14:00à environ 350 mètres
14:02de chez elle.
14:03Donc,
14:03ils se disent
14:04que c'est peut-être
14:05à cet endroit
14:05qu'elle a été
14:07agressée,
14:07en tout cas molestée,
14:08jusqu'à pouvoir perdre
14:10une de ses boucles d'oreille.
14:11Alors,
14:12c'est un vrai espoir
14:13parce que ça signifie
14:14pour eux
14:14que quelqu'un est venu
14:15l'enlever spécialement ici,
14:17à proximité de son domicile.
14:19Quelqu'un qui connaissait
14:20donc le quartier,
14:21car c'est un lotissement
14:23relativement excentré
14:23qui se trouve
14:24dans la Garrigue.
14:25Alors,
14:25on va évidemment
14:26se pencher
14:27sur des profils
14:28d'hommes
14:29qui habitent plutôt
14:30dans le secteur
14:31d'Avignon,
14:31de Villeneuve-les-Avignons.
14:33Des hommes vont être interrogés,
14:34mais finalement,
14:35ça ne donne rien de plus
14:36non plus.
14:37En fait,
14:37pendant des mois
14:38puis des années,
14:39les enquêteurs
14:40referment surtout
14:41des portes.
14:42Un mois après le meurtre,
14:43le sperme
14:43qui a été prélevé
14:44sur la scène de crime
14:45va être analysé.
14:47Il permet de savoir
14:48une seule chose,
14:49c'est que le groupe
14:50sanguin du suspect,
14:51c'est le groupe A,
14:53groupe aussi assez répandu.
14:54Alors,
14:55c'est un indice,
14:55certes supplémentaire,
14:57mais qui va surtout
14:58permettre de mettre
14:58des suspects
15:00ou de potentiels suspects
15:01hors de cause.
15:02Mais ça ne permet
15:03pas tellement plus que ça.
15:04En 1993,
15:06on arrive à extraire
15:07du sperme
15:08l'ADN
15:09de ce violeur
15:10et de ce tueur.
15:11Alors,
15:11c'est une grande
15:11avancée scientifique.
15:13On a donc
15:14un profil génétique,
15:15cette fois-ci,
15:15que le juge,
15:16Christian Lernou,
15:17décide de comparer
15:19à tous les hommes
15:20qui étaient proches
15:21d'Evelyne Boucher,
15:22des amis,
15:23des membres de la famille.
15:24Et comme ces prélèvements
15:25qui sont effectués
15:26un par un
15:27vont tous être négatifs,
15:29cela permet au moins
15:30aux enquêteurs
15:31de savoir de manière certaine
15:33que le coupable,
15:34celui qui a violé
15:35et tué
15:36Evelyne Boucher,
15:37n'est pas quelqu'un
15:38de son environnement direct,
15:39c'est-à-dire pas un ami proche
15:41ou pas un membre
15:42de sa famille.
15:43Et c'est toujours pareil,
15:44ça ne leur donne
15:45toujours pas
15:45le nom d'un suspect.
15:47Les enquêteurs
15:48soupçonnent
15:48des meurtriers
15:49en série.
15:50Oui,
15:51c'est-à-dire que
15:51le mode opératoire,
15:53le viol,
15:54l'utilisation
15:54d'une arme à feu
15:55pour achever la victime
15:56va évidemment
15:58amener
15:58les enquêteurs
15:59à s'intéresser
16:00à des tueurs en série
16:01ou à des tueurs de passage.
16:02Ils vont donc soupçonner
16:04notamment
16:04un certain Roberto Succo
16:07qui est un italien
16:08qui est un routard du crime
16:10qui a commis
16:10de nombreux crimes
16:11en France,
16:13en plus souvent passé
16:14par la région d'Avignon
16:15et dans le sud-est
16:16de la France.
16:17Donc c'est une piste
16:17qui va être exploitée,
16:18tellement même exploitée
16:19que son corps
16:21va être exhumé
16:22avec l'accord
16:23des autorités italiennes
16:25où il est enterré
16:26pour comparer justement
16:27son profil ADN
16:29au profil ADN
16:30de celui
16:31qui a été isolé
16:31par les experts français
16:32sur la scène de crime.
16:34Ces résultats
16:35vont s'avérer négatifs.
16:36D'autres tueurs
16:37en série français
16:37cette fois
16:38vont aussi
16:39faire l'objet
16:40de vérifications.
16:41Les plus connus
16:41d'entre eux,
16:42Michel Fourniret,
16:43Émile Louis,
16:44tous ces hommes
16:44dont on a déjà parlé
16:46dans Crime Story
16:47ainsi qu'un autre homme,
16:48un certain
16:48Luc Tangor
16:50dont on vous parlera
16:51bientôt.
16:52Et la famille d'Evelyne,
16:54comme les enquêteurs,
16:55va rester dans
16:55l'incertitude
16:56comme ça
16:57pendant des années.
16:58Oui,
16:59ça devient réellement
17:00une impasse,
17:01un vrai cold case
17:02comme on dit,
17:02c'est-à-dire que
17:03personne n'est soupçonné,
17:05n'est mis en garde à vue,
17:05n'est même mis en examen
17:06dans cette affaire,
17:07il n'y a pas de suspect.
17:08Alors le lundi
17:0929 novembre 1993,
17:12on est six ans
17:13après les faits,
17:14Gisèle Cronier,
17:15la mère d'Evelyne
17:15qui évidemment,
17:16elle n'a jamais
17:17cessé de se battre
17:18pour faire vivre le dossier,
17:20essayer de le faire avancer,
17:21elle va choisir
17:22de médiatiser
17:23encore plus
17:24cette affaire,
17:25de la remédiatiser
17:26en quelque sorte,
17:26en passant
17:27dans l'émission
17:28de Jacques Pradel
17:29qui s'appelle à l'époque
17:30Témoins numéro 1,
17:31où elle va lancer
17:32un appel à témoins
17:34à la télévision
17:34à une heure
17:35de grande écoute.
17:36Moi je voudrais m'adresser
17:37à toute personne
17:38pouvant donner
17:39un renseignement,
17:41fournir une piste,
17:42un indice.
17:43Ce que je voudrais
17:43leur demander ce soir,
17:44c'est qu'il ne faut pas
17:45qu'ils hésitent,
17:46qu'ils téléphonent
17:47et je pense qu'on retrouvera
17:50la paix
17:50que le jour
17:51où l'assassin
17:52sera arrêté.
17:53Mais cet appel,
17:54il va rester totalement vain,
17:56il n'y a pas de piste
17:56nouvelle
17:57qui s'ouvre
17:58après cette émission.
17:59En fait,
18:00tout cela va durer
18:01jusqu'au mois
18:01de juin 2006.
18:03Donc là,
18:04on est 19 ans
18:05après les faits.
18:06Il y a une comparaison
18:07automatique
18:08au fichier national
18:09des empreintes génétiques
18:10qui a été créé
18:11entre temps,
18:11qui va signaler
18:13la correspondance
18:14à plus de 99,9%,
18:17c'est-à-dire
18:17quasiment 100%,
18:18de l'ADN
18:19d'un homme
18:20avec celui
18:22qui avait été prélevé
18:23sur le corps d'Evelyne.
18:26Au début des années 2000,
18:27le meurtre d'Evelyne Boucher,
18:29une adolescente
18:29retrouvée violée,
18:31battue
18:31et tuée d'une balle
18:32dans la tête
18:32en décembre 1987
18:34dans le Gard
18:35près d'Avignon,
18:36n'est toujours pas résolu.
18:37Pourtant,
18:38le juge d'instruction,
18:39les enquêteurs
18:40et la mère de la jeune fille
18:41ont tout fait
18:41pour qu'il le soit.
18:43Six ans après les faits,
18:44en novembre 1993,
18:46la mère d'Evelyne
18:47a même accepté
18:48de participer
18:49à l'émission
18:49de Jacques Pradel,
18:50témoin numéro 1,
18:51dans l'espoir
18:52d'obtenir des informations
18:53sur la mort de sa fille
18:54et le ou les responsables.
18:57Mais la même année,
18:58les progrès
18:58de la police scientifique
18:59permettent d'obtenir,
19:01à partir du sperme
19:02prélevé sur le corps
19:03de la victime,
19:04le profil génétique
19:05du violeur
19:05et donc très probablement
19:07celui du tueur.
19:08À ce moment-là,
19:09il n'existe pas
19:10de fichier
19:11recensant les différents
19:12profils ADN.
19:13Pour espérer trouver
19:14une concordance,
19:15il faut donc avoir
19:16un suspect
19:16déjà identifié
19:18afin de comparer
19:19les ADN,
19:20ce qui n'est pas le cas.
19:21Il faudra attendre
19:22l'année 2006,
19:2419 ans après le crime,
19:25pour que l'ADN parle enfin.
19:33Le vendredi 16 mai 2003,
19:35Robert Greiner,
19:36un pompier professionnel
19:37d'Avignon
19:37âgé de 50 ans,
19:39décide d'aller se promener
19:40avec sa famille
19:41sur le pont du Gard,
19:42un aqueduc antique
19:43bâti par les Romains
19:44à quelques kilomètres
19:45de Nîmes.
19:46Au retour de la balade,
19:47quand il récupère sa voiture
19:48afin de quitter le parking,
19:49il réalise
19:50qu'il a perdu son ticket.
19:52Cette preuve
19:53que vous avez bien payé
19:54votre entrée pour le pont
19:55doit obligatoirement
19:56être présentée
19:57pour que la barrière
19:57permettant de quitter
19:58le parking se soulève.
20:00Robert Greiner
20:01se retrouve donc coincé.
20:02Il décide alors
20:03de suivre de très près
20:04la voiture située devant lui
20:06pour sortir en même temps qu'elle.
20:07Le stratagème ne fonctionne pas
20:09et les vigiles
20:10coincent Robert Greiner.
20:11Le ton monte,
20:13puis une bagarre
20:13finit par éclater
20:14entre l'automobiliste
20:16et un vigile.
20:17La police est appelée
20:18à la rescousse
20:18et quelques mois plus tard,
20:20Robert Greiner
20:21est convoquée
20:21par le tribunal correctionnel
20:23de Nîmes
20:23pour violences volontaires.
20:25Il écope
20:26de trois mois de prison
20:27avec sursis.
20:28Il doit également
20:29se rendre
20:30à une convocation
20:31en vue de prélever son ADN
20:32dans le cadre
20:33de la constitution
20:33du fichier national
20:35automatisé
20:35des empreintes génétiques.
20:39Damien Delsenis,
20:40ce FNAEG,
20:41le fichier national
20:42automatisé
20:43des empreintes génétiques,
20:44existe depuis 1998.
20:46Oui,
20:47ce fichier,
20:48il a été institué
20:49par la loi
20:49du 17 juin
20:511998
20:52relative à la prévention
20:53et à la répression
20:54des infractions sexuelles
20:55ainsi qu'à la protection
20:56des mineurs.
20:57Ce fichier,
20:58il a vu le jour
20:59suite à l'affaire
21:00Guy Georges
21:01dont on parle souvent,
21:02ce violeur en série
21:03parisien.
21:04L'enquête avait démontré
21:05qu'il y avait
21:06quelque part un trou
21:07dans la raquette
21:07donc on a créé
21:08ce fichier.
21:09Alors ce fichier,
21:10on l'a rempli
21:11évidemment au fur et à mesure
21:13de l'inscription
21:14des empreintes
21:15et ADN
21:16d'un certain nombre
21:17de suspects
21:17et surtout
21:18on a élargi
21:19le volet
21:20parce que
21:20c'était d'abord
21:21uniquement
21:22les délinquants
21:23et les criminels
21:23sexuels
21:24qui étaient inscrits
21:25sur ce FNAEG
21:26et puis en 2001
21:27on a étendu
21:28à un certain nombre
21:29de personnes
21:30auteurs de crimes
21:31dits violents
21:32ou très violents
21:33et puis en 2003
21:34on a encore étendu
21:35l'accès à ce fichier
21:36alors cette fois-ci
21:37beaucoup plus largement
21:38à toutes les personnes
21:40qui étaient mises en cause
21:41dans des procédures
21:42d'atteinte au bien
21:43alors les atteintes au bien
21:44ça peut être des vols
21:45des cambriolages
21:46même une dégradation
21:47voilà vous faites un tag
21:48c'est de l'atteinte au bien
21:49donc vous pouvez être inscrit
21:50au FNAEG
21:51et puis des atteintes
21:52aux personnes
21:52c'est-à-dire
21:53des violences
21:54comme dans le cas
21:54justement
21:55de Robert Greiner
21:56qui s'est battu
21:57avec des vigiles
21:58sur un parking
21:59il pouvait
22:00à partir de 2003
22:01être inscrit
22:02au fichier national
22:04des empreintes génétiques
22:05donc c'est pour ça
22:05que le fichier
22:06a connu
22:06à un moment donné
22:07une croissance exponentielle
22:09puisqu'on s'est mis
22:10à y inscrire
22:10de plus en plus de personnes
22:12pour de plus en plus
22:13de crimes
22:13et de délits
22:16Robert Greiner
22:17commence par refuser
22:18de se soumettre
22:18à ce test
22:19est-ce que c'est possible ?
22:21alors
22:21ce qui est impossible
22:22c'est d'inscrire
22:24quelqu'un de force
22:24à ce fichier
22:25donc oui
22:26quelque part
22:27c'est possible de refuser
22:28par contre
22:28si on refuse
22:30c'est un délit
22:31et on peut être condamné
22:32à des amendes
22:33et même
22:33à de l'emprisonnement
22:34parce qu'en général
22:35on vous le redemande plusieurs fois
22:36et au bout d'un certain nombre
22:37de refus
22:38ça peut se terminer
22:39par des peines de prison
22:40et Robert Greiner
22:41c'est ce qu'il va faire
22:42il va refuser plusieurs fois
22:44de se soumettre
22:44à ce test
22:45à ce prélèvement ADN
22:46et puis quand il va sentir
22:48que les menaces
22:49d'emprisonnement
22:49deviennent quand même
22:50assez concrètes
22:51il accepte de le faire
22:52et donc immédiatement
22:54l'ADN
22:55de Robert Greiner
22:56rejoint
22:57l'immense fichier national
22:58des empreintes génétiques
22:59il finit par se soumettre
23:01à ce test
23:02plusieurs années
23:03après la bagarre
23:04on est le mardi 9 mai 2006
23:06quand l'ADN
23:07de Robert Greiner
23:08est donc comparé
23:09à l'ensemble
23:10des ADN
23:11inscrits au FNAEG
23:12oui c'est à dire que
23:13techniquement
23:14quand l'ADN
23:15de quelqu'un
23:15rentre dans le fichier
23:17et bien son code barre
23:18en quelque sorte
23:19puisque l'ADN
23:19se résume à un code barre
23:20dans ces cas là
23:21il va être automatiquement
23:23comparé
23:24aux milliers
23:26dizaines
23:26centaines de milliers
23:27millions maintenant
23:28de fiches
23:28qui sont dans ce fichier
23:30national des empreintes génétiques
23:31alors surtout
23:31elle va être comparée
23:33l'empreinte de Robert Greiner
23:34à toutes les fiches
23:36qui sont des fiches
23:37ADN inconnues
23:38alors c'est quoi
23:38l'ADN inconnu
23:39c'est de l'ADN
23:40qu'on prélève
23:41sur une scène de crime
23:41on ne sait pas
23:42à qui il appartient
23:43mais on le rentre
23:44dans le fichier
23:44justement en se disant
23:45peut-être qu'un jour
23:46cet ADN inconnu
23:48il matchera
23:49avec un ADN
23:50identifié
23:51nominativement
23:52et c'est exactement
23:53ce qui se passe
23:53ce mardi 9 mai 2006
23:55l'ADN de Greiner
23:57et bien il va matcher
23:58avec l'ADN
23:59qui avait été prélevé
24:00sur la scène de crime
24:02à Villeneuve-les-Avignons
24:03en gros le fichier
24:04qu'est-ce qu'il dit
24:05il dit
24:05bah voilà
24:06l'ADN de Robert Greiner
24:07il correspond
24:08à 99,9%
24:10à l'ADN
24:12du violeur
24:13et du tueur
24:13d'Evelyne Boucher
24:18les enquêteurs
24:20établissent qu'à l'époque
24:21des faits
24:21Robert Greiner
24:22travaillait dans la caserne
24:23située aux 116
24:25rue Cartière
24:26à Avignon
24:26juste en face
24:28du lycée
24:28où était scolarisé
24:29Evelyne Boucher
24:30sa présence
24:31dans les environs
24:32le jour du crime
24:33est donc crédible
24:34mieux encore
24:35il découvre
24:36qu'à l'époque
24:37du meurtre d'Evelyne
24:38un ami
24:38de Robert Greiner
24:39habitait à une centaine
24:41de mètres
24:41du domicile
24:42de la famille
24:43de la victime
24:43le suspect avait donc
24:45une raison
24:45de connaître
24:46ce lotissement
24:47et de venir chercher
24:48la jeune femme
24:49directement ici
24:50les enquêteurs
24:51savent qu'à partir
24:52du moment
24:52où ils interpelleront
24:53Robert Greiner
24:54ils n'auront que
24:5548 heures de garde à vue
24:56ils ne veulent donc
24:57pas se précipiter
24:58ils ne sont plus
24:59à quelques jours près
25:00et ils veulent avoir
25:01en leur possession
25:02un maximum d'éléments
25:05ils essaient donc
25:06d'en savoir plus
25:07sur leur suspect
25:08numéro 1
25:08et pour cela
25:09ils contactent
25:10la caserne d'Avignon
25:11sur le registre
25:12de présence
25:13qui a été conservé
25:14on peut lire
25:14que le mardi 8 décembre 1987
25:16jour de la disparition
25:18d'Evelyne Boucher
25:19le pompier
25:19ne figure pas
25:20au planning
25:21il était donc
25:22tout à fait libre
25:22de ses mouvements
25:24intéressant
25:25les enquêteurs
25:26décident aussi
25:27de faire appel
25:27une nouvelle fois
25:28à la mémoire
25:29de Géraldine Martinasso
25:31l'ami de jeunesse
25:32d'Evelyne Boucher
25:32qui l'avait aperçu
25:33à l'arrière d'une voiture
25:34le soir de sa disparition
25:37il lui présente
25:37plusieurs photos d'hommes
25:38ressemblant à celui
25:40qui était selon elle
25:40au volant de la voiture
25:42emmenant Evelyne
25:42ce soir-là
25:44parmi ces photos
25:44ils en ont glissé
25:46une du pompier
25:46prise à l'époque des fées
25:5019 ans après
25:51Géraldine Martinasso
25:52n'hésite pas une seconde
25:54elle pose son doigt
25:55sur un cliché
25:55et dit à l'enquêteur
25:57c'est pour lui
25:58que vous m'avez fait venir
26:01le lundi 19 juin 2006
26:03Robert Greiner
26:04est interpellé
26:05devant chez lui
26:06dans une maison
26:06adossée à la Nationale 7
26:08à 10 km au nord d'Avignon
26:09le pompier soupçonné
26:11du meurtre d'une adolescente
26:12il y a 19 ans
26:13a été mis en examen
26:14ce matin
26:14son avocat
26:16met en doute
26:16la fiabilité
26:17de cette preuve scientifique
26:19il nie tout
26:20il n'a pas tué Evelyne
26:22et d'ailleurs
26:22il ne la connaissait même pas
26:24les enquêteurs
26:25tentent d'en savoir plus
26:26mais impossible
26:27Robert Greiner
26:29s'enfonce
26:29dans un mutisme total
26:35Damien
26:35l'ADN garantit
26:37une concordance
26:37entre Robert Greiner
26:38et le violeur
26:39d'Evelyne Boucher
26:40à 99,99%
26:42est-ce que ça veut dire
26:43qu'il y a une marge d'erreur ?
26:44Oui mais il y a toujours
26:45une marge d'erreur
26:46en matière d'ADN
26:47et celle-là
26:47elle est vraiment
26:49infime
26:49pour ne pas dire nul
26:50mais évidemment
26:51il n'y aurait que l'ADN
26:53on pourrait encore
26:54avoir un léger doute
26:54mais les enquêteurs
26:56ils ont d'autres
26:57atouts dans leur manche
26:58d'abord le fait que
26:59ce pompier
27:00il était quand même
27:01dans une caserne
27:02située en face
27:03du lycée d'Evelyne Boucher
27:04il savait donc
27:06qui était Evelyne
27:07contrairement à ce qu'il dit
27:07puis surtout
27:08où elle vivait
27:09et qu'en plus
27:10ce jour-là
27:10les enquêteurs ont établi
27:11que le jour des faits
27:13Robert Greiner
27:14il ne travaillait pas
27:15il n'était pas inscrit
27:15au planning
27:16donc il n'était pas
27:17à la caserne ce jour-là
27:18il n'était pas de garde
27:19donc il était
27:20parfaitement libre
27:21entre guillemets
27:22de ses mouvements
27:22donc tout ça
27:23dissipe quand même
27:24un certain nombre de doutes
27:26alors évidemment
27:26la défense de Greiner
27:28elle va utiliser
27:28cet argument
27:29en disant que l'ADN
27:31ne peut pas être
27:31une preuve unique
27:32et ne se suffit pas
27:33à lui-même
27:34qu'il y ait une marge d'erreur
27:35et qu'en plus
27:36Robert Greiner
27:37nie les faits
27:38il va d'ailleurs dire
27:39qu'en fait
27:39il travaillait lui
27:40ce jour-là
27:41il se souvient
27:41qu'il travaillait
27:4219 ans plus tôt
27:43quand même
27:43et que l'absence
27:44de son nom
27:45sur le registre
27:46de la caserne
27:46est simplement
27:47une erreur matérielle
27:50Robert Greiner
27:52est mis en examen
27:53et écroué
27:53oui
27:54et il va
27:54continuer
27:55de nier
27:56alors c'est difficile
27:57pour la famille
27:58parce qu'après avoir appris
27:59longtemps après
28:00que le meurtrier
28:01avait été identifié
28:02puis arrêté
28:03évidemment
28:04ce qu'ils espéraient
28:05c'était
28:05des réponses
28:06à minima
28:07sur pourquoi
28:08leur fille
28:09Evelyne
28:09a été ciblée
28:14à la caserne d'Avignon
28:16où Robert Greiner
28:17était devenu sergent-chef
28:18ses collègues
28:19encaissent la nouvelle
28:19avec beaucoup de surprises
28:20décrit comme un homme
28:22au fort caractère
28:23et parfois rustre
28:24il n'avait jamais
28:25en 25 ans
28:27fait l'objet
28:27d'une quelconque sanction
28:29le mercredi
28:304 décembre 2002
28:31à la demande
28:32de la préfecture
28:33du Vaucluse
28:34il s'était même vu
28:35remettre
28:35la médaille de Vermeil
28:36une décoration
28:37qui récompense
28:38les soldats du feu
28:39ayant fait preuve
28:40de dévouement
28:42originaire de Metz
28:42en Moselle
28:43Robert Greiner
28:44aime le soleil
28:45par-dessus tout
28:46et c'est ce qui le pousse
28:47à quitter sa région natale
28:48pour le Vaucluse
28:49à l'aube de ses 20 ans
28:50c'est là qu'à la fin
28:51des années 70
28:52il fait la rencontre
28:53d'une femme
28:54qu'il épouse
28:55quelques mois plus tard
28:57en 1978
28:58il entre comme pompier volontaire
29:00à la caserne
29:01de Villeneuve-les-Avignons
29:023 ans plus tard
29:03il intègre le corps
29:05des pompiers professionnels
29:06à Avignon
29:08en 1987
29:09il se marie avec sa compagne
29:10plus jeune que lui
29:11puisqu'elle est âgée de 19 ans
29:13et lui 34
29:14et ils ont ensemble
29:15un enfant
29:17tous les matins
29:18il rejoint sa caserne
29:19située juste en face
29:20du lycée au Banel
29:21à 100 mètres
29:22de l'arrêt de bus
29:23qu'emprunte tous les jours
29:24Evelyne Boucher
29:25pour rentrer chez elle
29:29les enquêteurs sont persuadés
29:31que contrairement à ce qu'il dit
29:32Robert Greiner
29:33connaissait l'adolescente
29:34quand il était pompier bénévole
29:36à la caserne de Villeneuve-les-Avignons
29:38il passait devant la maison
29:39des parents d'Evelyne
29:40quasiment tous les jours
29:41pour s'y rendre
29:42en 1991
29:44il s'installe dans une maison
29:45située à une dizaine de kilomètres
29:47au nord d'Avignon
29:47c'est là
29:48que les enquêteurs
29:49viennent le cueillir
29:51le lundi 7 avril 2008
29:52le procès de Robert Greiner
29:54s'ouvre devant la cour d'assises
29:56du Gard à Nîmes
30:01Damien
30:02au premier rang
30:03il y a les partis civils
30:04et notamment la mère
30:05d'Evelyne Boucher
30:06Gisèle Cronier
30:07Oui
30:08depuis le début de l'affaire
30:09elle se bat
30:10pour connaître la vérité
30:12elle n'a jamais lâché
30:13malgré les années
30:15d'incertitude
30:16sans doute même
30:17qu'elle n'espérait plus
30:18vraiment connaître un jour
30:20le nom
30:20ni le visage
30:21du meurtrier de sa fille
30:22donc pour elle
30:23c'est un immense soulagement
30:25de voir quelqu'un
30:26dans le box des accusés
30:27et en même temps
30:28ce qu'elle aimerait surtout
30:29c'est qu'il s'explique
30:30sur les faits
30:31mais lui
30:31va continuer de nier
30:33L'expert en analyse ADN
30:34démontre pourtant
30:35qu'il est impossible
30:36que l'ADN trouvé
30:37sur le corps d'Evelyne
30:38soit celui de quelqu'un d'autre
30:39c'est pourtant la thèse
30:41des avocats de la défense
30:42la thèse des avocats
30:43de Greiner
30:43on a les deux versions
30:45qui s'opposent
30:45dans un débat
30:46qui est finalement
30:46assez stérile
30:48jusqu'à ce qu'à la surprise générale
30:50Greiner
30:51finisse par admettre
30:52qu'il a bien eu
30:54un rapport sexuel
30:55avec Evelyne
30:56mais un rapport sexuel
30:58consenti
30:58selon lui
30:59mais qu'il ne s'en souvenait plus
31:01c'est pour ça que
31:02voilà
31:02le nom d'Evelyne Boucher
31:03ne lui disait rien
31:04compte tenu
31:04de ses nombreuses
31:06autres relations
31:07extra-conjugales
31:08alors c'est évidemment
31:10très improbable
31:11comme explication
31:12déjà parce que
31:13une relation sexuelle
31:14consentie
31:15ne laisse pas
31:15les traces
31:16laissées sur le corps
31:17d'Evelyne Boucher
31:18ce jour-là
31:19on le rappelle
31:19de multiples contusions
31:20d'une strangulation
31:22un visage tuméfié
31:23par les coups
31:24des traces traumatiques
31:25aussi sur les organes génitaux
31:27et d'autre part
31:28parce que
31:29le meurtre d'Evelyne
31:30il a quand même été relaté
31:31dans les journaux
31:32le lendemain
31:33de sa disparition
31:34donc si Robert Greiner
31:35avait eu une relation sexuelle
31:36consentie
31:37avec Evelyne
31:38la veille
31:38on a du mal à imaginer
31:40qu'il n'aurait pas fait
31:41le lien à l'époque
31:42avec l'adolescente
31:44tuée
31:44donc même
31:45s'il n'était pas
31:46allé voir la police
31:46à ce moment-là
31:47pour des raisons
31:48qu'on peut imaginer
31:48à minima
31:49ça aurait quand même
31:50dû le marquer
31:51et il aurait quand même
31:51dû s'en souvenir
31:52donc tous ces éléments-là
31:54ne laissent finalement
31:55aucune place au doute
31:58Les experts décrivent
31:59Robert Greiner
32:00comme intelligent
32:01mais narcissique
32:02et immature
32:03avec
32:03à l'époque des faits
32:04un problème d'alcoolisme
32:06oui et puis ça se confirme
32:07en fait
32:08son comportement dans le box
32:09il est assez taiseux
32:11on a l'impression
32:12que c'est un procès
32:13qui ne le concerne pas
32:14alors que c'est le sien
32:15c'est surtout
32:16une des premières fois
32:17que l'on juge en France
32:19un homme
32:19pour un crime commis
32:2020 ans plus tôt
32:22alors ça se fait
32:23pour des crimes
32:23contre l'humanité
32:24à l'époque
32:24mais sur des affaires criminelles
32:26c'est assez nouveau
32:27et l'avocat d'ailleurs
32:28de Gisèle Cronier
32:29de la maman
32:30d'Evelyne Boucher
32:30il souhaite lui
32:32que ce procès
32:32serve d'exemple
32:34il va dire
32:34j'attends le verdict
32:35mais il est clair
32:36que nous demanderons
32:37la fin du délai
32:38de prescription
32:39pour certains types
32:40de crimes
32:40notamment les crimes
32:42commis
32:42contre les mineurs
32:43ce débat
32:44il est quelque part
32:45toujours vivant aujourd'hui
32:46puisque le débat
32:47sur la prescription
32:47il revient inlassablement
32:49dans ces affaires
32:50de Colquais
32:51où souvent
32:52la prescription
32:52finit quelque part
32:54par être une arme
32:55de défense
32:56pour les auteurs
32:57lorsqu'ils sont identifiés
32:58des années après
32:59la prescription
33:00est toujours
33:00un principe
33:01de droit
33:02en France
33:03le seul crime
33:04imprescriptible
33:06c'est le crime
33:06contre l'humanité
33:07mais jusqu'à maintenant
33:08tous les autres crimes
33:09y compris
33:10ceux commis
33:10sur des enfants
33:11ont un délai
33:13de prescription
33:27Le jeudi 10 avril 2008
33:29Robert Greiner
33:30est condamné
33:31à la réclusion criminelle
33:32à perpétuité
33:33il fait appel
33:35le lundi 28 septembre 2009
33:37presque un an et demi plus tard
33:39son deuxième procès s'ouvre
33:40devant la cour d'assises
33:41d'appel du Rhône
33:42à Lyon
33:44le vendredi 2 octobre
33:45Robert Greiner
33:46est à nouveau
33:47condamné
33:47à la réclusion criminelle
33:48à perpétuité
33:49il se pourvoie
33:50en cassation
33:51en juin 2010
33:53la cour de cassation
33:54rejette son pourvoi
33:55sa condamnation
33:56est donc définitive
33:57il fait alors
33:58une requête
33:59en révision
33:59de l'arrêt
34:00de la cour d'assises
34:01le jeudi 25 mars 2021
34:03cette requête
34:04est rejetée
34:06Robert Greiner
34:07meurt en prison
34:08le lundi 9 janvier 2023
34:10des suites de problèmes respiratoires
34:12il n'a jamais reconnu
34:14avoir tué Evelyne Boucher
34:21vous venez d'écouter
34:23Crime Story
34:23l'affaire Evelyne Boucher
34:25deux décennies
34:26pour la vérité
34:27ce récit était écrit
34:28par Claudia Prolongeau
34:29et raconté
34:30avec Damien Delsenis
34:31vous pouvez retrouver
34:32tous nos podcasts
34:33sur le site
34:33leparisien.fr
34:34et sur n'importe quelle
34:36plateforme d'écoute
34:36il y avait à la production
34:38Thibault Lambert
34:39Anaïs Godard
34:40et Clémentine Spiller
34:41à la réalisation
34:43Théo Albaric
34:44et à la rédaction en chef
34:45Jules Lavi
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