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  • il y a 9 heures
Le 12 juin 2019, le premier ministre Edouard Philippe a annoncé devant l’Assemblée Nationale le calendrier du projet de loi contenant l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Il sera présenté en conseil des ministres en juillet et voté en septembre 2019. C’était une promesse de campagne de Emmanuel Macron, deux ans plus tard les dates sont fixées. Qu’est ce qui a pris autant de temps ? Avec Christine Mateus, reporter au service société du Parisien, l’équipe Code source a voulu revenir sur ce qui a empêcher cette promesse de campagne d'être à l'ordre du jour avant. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Conception et préparation : Jeanne Boezec - Reporter : Clawdia Prolongeau - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira et Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian - Archives : Public Sénat, France Inter, RTL, France 3, France 2, AFP, RMC, Tétu, TF1.   

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11C'est une promesse électorale qui aura mis des années à voir le jour.
00:16La PMA pour toutes, la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes,
00:21y compris donc pour les couples de lesbiennes et celles qui veulent un enfant seul.
00:25Pendant la campagne présidentielle de 2017, le candidat Macron se prononce pour cette mesure.
00:31Son Premier ministre, Edouard Philippe, n'en fixera le calendrier que deux ans plus tard.
00:36Pourquoi un tel délai ? Qu'est-ce qui empêchait jusque-là l'accouchement de la PMA pour toutes ?
00:41Une histoire révélatrice du travail politique.
00:47A mes côtés, Christine Mathéus, reporter au service Société qui a suivi le dossier depuis le début.
00:51Le 12 juin dernier, lors de son deuxième discours de politique générale,
00:56Edouard Philippe donne le feu vert pour le débat parlementaire sur la procréation médicalement assistée pour toutes.
01:01Il autorise le recours à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes.
01:06Est-ce que vous pouvez nous décrire cette scène à l'Assemblée nationale ?
01:09Il est interrompu par une standing ovation.
01:11Tous les députés, enfin une grande partie des députés, se lèvent pour l'applaudir.
01:17Donc c'est vraiment de bonne augure pour les partisans de la mesure.
01:20Qu'est-ce qu'il dit précisément ?
01:21Il précise le calendrier attendu de longue date par ceux et surtout celles qui attendent la PMA pour toutes en
01:28France.
01:29Beaucoup craignaient que le débat soit repoussé après les élections municipales de mars 2020.
01:35Ce ne sera pas le cas.
01:36Le projet de loi sera adopté en Conseil des ministres fin juillet
01:39et pourra être débattu au Parlement dès la fin septembre, juste avant la discussion budgétaire.
01:45Ça a pris deux ans pour aboutir à cette scène.
01:47Quand est-ce qu'Emmanuel Macron parle pour la première fois de la PMA ?
01:51La question c'est est-ce que le candidat Emmanuel Macron en parle lors de la campagne présidentielle ?
01:57Est-ce que c'est dans son programme ?
01:58Alors oui et non.
02:00Ce n'est pas clairement précisé, mais c'est quand même sur son site de campagne.
02:04Il en parle.
02:05Il explique à plusieurs reprises que c'est sa conviction personnelle, qu'il est en faveur de la PMA.
02:09Lors d'un débat organisé avec le magazine Cosette, il le redit.
02:15Pareil avec le magazine Tétu.
02:17En tout cas, le candidat se prononce en faveur de la PMA sans que ça soit clairement spécifié dans son
02:22programme.
02:23Dès la campagne de 2017, il envoie déjà aussi un message aux opposants à cette mesure.
02:28Oui, parce qu'il garde en mémoire les manifestations monstres de 2012-2013
02:33qui ont été organisées par le collectif associatif La Manif pour tous.
02:37La France apparaît à ce moment-là divisée et il n'a pas envie de connaître ça sous son quinquennat.
02:44Donc il leur explique qu'ils vont participer aux discussions, qu'on va attendre l'avis du CCNE qui doit
02:50se prononcer sur ce point.
02:52Il avait notamment dit qu'il n'était pas question d'humilier cette France-là, cette France de la Manif
02:57pour tous.
02:57Qu'est-ce que c'est le CCNE ?
02:59Le CCNE, c'est un organisme indépendant, Comité Consultatif National d'Éthique,
03:04qui est chargé de donner des avis en fonction des avancées de la recherche qui posent de nouveaux problèmes d
03:11'éthique et de société.
03:12Le gouvernement n'est absolument pas tenu de le suivre,
03:16mais c'est souvent une aide pour les parlementaires pour prendre des décisions.
03:23Christine Mathéus, expliquez-nous à ce moment-là quelles sont les forces en présence,
03:27qui est pour, qui est contre, la PMA pour toutes.
03:29Les gens qui sont pour, en tout cas qui se montrent et qui interviennent sur le terrain médiatique,
03:33ce sont beaucoup les associations des familles homoparentales,
03:36les associations de lutte contre l'homophobie.
03:39C'est très important de se mobiliser, parce qu'en face, on a des obscurantistes,
03:44des gens dont le seul but est de contester des droits qu'on veut obtenir pour être à égalité,
03:50et qui vont se mobiliser encore.
03:52Donc oui, il faut bouger, oui, il faut descendre dans la rue.
03:54Qu'est-ce qu'on va ?
03:56Pour qui ?
03:57Pour tous !
03:58Qu'est-ce qu'on va ?
04:00Les opposants, ce sont ceux qui étaient déjà contre le mariage pour tous,
04:06donc la Manif pour tous, Allianz Vita, Juriste pour l'enfance.
04:11Ils sont jeunes, parfois très jeunes,
04:16et forment une bonne moitié des cortèges contre le mariage pour tous.
04:21Papa ! Papa !
04:23Papa ! Papa !
04:25On envisage de priver définitivement des enfants de père.
04:29Je peux vous confirmer, oui, qu'il y aura aussi une mobilisation immense.
04:33On a aussi l'église catholique, qui est contre la PMA, mais pour tout le monde,
04:39donc y compris pour les couples hétérosexuels,
04:41et puis également des médecins,
04:44des médecins qui sont contre la PMA,
04:46et qui nous expliquent qu'une PMA, c'est oui, s'il y a des raisons médicales derrière.
04:53Des couples hétérosexuels et infertiles.
04:56Si cette infertilité est diagnostiquée,
04:58à ce moment-là, on peut partir sur une PMA.
05:01Après son élection du 7 mai 2017,
05:03une fois arrivé au pouvoir pendant le début de son quinquennat,
05:07Emmanuel Macron ne parle plus de PMA pour toutes. Pourquoi ?
05:09Alors, c'est vraiment le mot d'ordre.
05:11On attend l'avis du comité consultatif national d'éthique.
05:15On veut savoir ce qu'ils pensent de cette PMA pour toutes,
05:18avant d'engager un débat.
05:20Les ministres sont priés de respecter ce mot d'ordre,
05:23sinon ils se font recadrer assez vertement.
05:25C'était le cas pour Marlène Thiapa,
05:27qui en septembre 2018 avait annoncé la PMA en 2018.
05:33On lui a fait comprendre que c'était peut-être un peu trop tôt.
05:37Pourtant, et c'est le hasard qui veut ça,
05:39la PMA arrive dans l'actualité,
05:41car nous sommes en 2017 à ce moment-là,
05:44et comme tous les 5 ans,
05:45la loi de bioéthique doit être révisée.
05:48Oui, c'est dans la loi.
05:50Depuis 1994,
05:52on doit adapter cette loi au progrès de la science.
05:55Voilà, on est amené à se prononcer
05:57sur la recherche sur les embryons.
06:00Voilà, c'est des choses qu'on n'avait pas en 1994.
06:03Donc, on est obligé d'adapter cette loi.
06:05Ça tombe bien, cette loi doit être révisée.
06:08Et donc, c'est à ce moment-là
06:09que s'engage le débat sur la PMA pour toutes.
06:15Quand on parle de PMA pour toutes,
06:17finalement, on parle de quoi précisément ?
06:19C'est un droit à l'accès
06:21des techniques de procréation médicalement assistée
06:24qu'on ouvre aux femmes seules
06:26et aux couples de lesbiennes.
06:29Exclusivement sur une insémination artificielle
06:31avec donneur.
06:32C'est-à-dire qu'un donneur de sperme
06:34va aider ces femmes à avoir un enfant.
06:37On n'est pas sur de la fécondation in vitro,
06:39on n'est pas sur de l'accueil d'embryons,
06:40on est exclusivement sur cette méthode-là.
06:42Et qui peut bénéficier de la PMA en France pour l'instant ?
06:46Exclusivement les couples hétérosexuels.
06:48C'est le cas depuis 1994.
06:50Ce sont donc des couples
06:51qui ont été diagnostiqués infertiles,
06:54au moins pour l'un des deux membres,
06:56qui ont besoin d'un coup de main de la médecine
06:58pour avoir un enfant.
06:59Et l'autre cas de figure,
07:01c'est le risque de transmettre
07:04une maladie grave au conjoint
07:06ou à l'enfant
07:07qui ouvre aussi aux techniques de la PMA.
07:10Et donc, qui n'a pas le droit,
07:12qui n'a pas accès à ces techniques aujourd'hui ?
07:13Les femmes célibataires donc,
07:15les couples de lesbiennes,
07:17mais aussi les femmes hétérosexuelles en couple
07:20qui sont âgées de plus de 43 ans,
07:23parce qu'en France,
07:24on ne peut pas bénéficier de ces techniques de PMA
07:27si on a dépassé cet âge.
07:29Et puis, des femmes aussi
07:31qui ont déjà fait un parcours de PMA,
07:34qui ont fait par exemple
07:34quatre fécondations in vitro.
07:36Et en France, c'est la limite.
07:39On ne peut pas aller au-delà.
07:40Pour les femmes qui ne sont pas arrivées
07:41à tomber enceintes
07:43après ces quatre fives,
07:45pour tout le monde,
07:46c'est direction l'étranger
07:47pour un désir d'enfant.
07:48Alors justement,
07:49est-ce qu'on sait combien il y a de PMA
07:51réalisés chaque année
07:52par des Françaises à l'étranger ?
07:54On estime les PMA faites à l'étranger
07:57entre 2000 et 3000.
07:59Il y a 11 pays européens
08:01qui permettent à toutes les femmes
08:03de faire une PMA.
08:05Mais les Françaises vont essentiellement
08:07en Espagne et en Belgique,
08:09qui sont les pays voisins.
08:11C'est aussi pour un souci de proximité,
08:14parce que quand vous recevez
08:15le coup de fil de la clinique,
08:16c'est maintenant, il faut venir.
08:18On essaie de ne pas aller trop trop loin.
08:20Donc ce sont essentiellement
08:22ces pays-là
08:22qui accueillent les Françaises.
08:27Qui sont les plus nombreuses
08:28à aller faire des PMA à l'étranger ?
08:29Ce ne sont pas les lesbiennes,
08:31ce ne sont pas les femmes célibataires,
08:33ce sont essentiellement
08:34les femmes hétérosexuelles
08:35qui se rendent à l'étranger.
08:37Celles qui n'ont pas réussi
08:38ou qui ont dépassé l'âge légal
08:41pour prétendre à une PMA,
08:43c'est elles qu'on retrouve à l'étranger.
08:45Les PMA, ça représente
08:46beaucoup de naissances en France ?
08:48Oui, ça représente
08:49un enfant sur 30 en 2018,
08:51d'après les chiffres de l'INED,
08:53l'Institut National d'Études Démographiques.
08:56Quand on parle de PMA,
08:58il y a forcément une question
08:58de coût et de remboursement.
09:00Combien ça coûte, par exemple,
09:02pour une femme seule,
09:03sans problème de santé,
09:04et qui va en Espagne ?
09:05D'après les témoignages
09:07que j'ai pu recueillir,
09:09les chiffres vont entre 8 et 10 000 euros.
09:13Parce que ça comprend l'hébergement,
09:16ça comprend les transports,
09:18les actes médicaux qui ne sont pas remboursés,
09:22les congés apposés aussi.
09:24Donc oui, c'est très cher.
09:25À combien est-ce qu'on estime le coût
09:27d'une PMA en France pour la sécurité sociale ?
09:29Alors, ça dépend de quoi on parle.
09:31Selon l'assurance maladie,
09:33le coût moyen d'une fécondation in vitro
09:35s'élève en France à un peu plus de 4 000 euros.
09:38Ça comprend, encore une fois,
09:39les traitements, la ponction d'ovocytes,
09:41l'hospitalisation et les actes eux-mêmes.
09:44Mais dans la PMA pour toutes,
09:45on ne parle pas de fécondation in vitro.
09:47On parle d'insémination artificielle avec donneur,
09:50qui est beaucoup moins onéreuse.
09:52Ça va autour de 1 000 euros.
09:54Et lorsqu'on regarde les chiffres de l'INSEE,
09:57on voit que les couples de femmes,
10:00ça tourne autour de 27 000 couples
10:03de moins de 45 ans.
10:04Donc on n'est pas tellement sur un enjeu financier,
10:06on est surtout sur une question sociétale.
10:18Emmanuel Macron l'a dit,
10:19il faudra attendre l'avis du Comité national d'éthique.
10:22Comité national d'éthique qui organise
10:24les états généraux de la bioéthique
10:27entre janvier et avril 2018.
10:29Oui, pendant 4 mois,
10:31on va prendre le pouls de la société
10:33sur plusieurs thématiques.
10:35Force est de constater que la recherche sur l'embryon,
10:38les neurosciences, l'intelligence artificielle,
10:40toutes ces thématiques-là ont été totalement éclipsées
10:43par la PMA pour toutes,
10:45même la fin de vie,
10:46qui pourtant est un sujet qui fait beaucoup parler.
10:50Sur le site dédié des états généraux,
10:53il était possible de donner son avis,
10:55de poser des commentaires
10:56sur les différentes thématiques abordées.
10:58et 45% des commentaires
11:02concernaient la thématique procréation et société.
11:05Et donc, il y a aussi des débats organisés dans des salles
11:08aux quatre coins de la France
11:09où les gens peuvent venir directement échanger.
11:11Racontez-nous ça.
11:12Oui, il y en a 250 qui sont organisés
11:15dans toute la France
11:16sur plusieurs thématiques.
11:18On ne va pas parler que de la PMA pour toutes.
11:20et il apparaît que lors de certains débats
11:24sur cette thématique-là de la PMA pour toutes,
11:27on a les opposants et les anti
11:29qui trustent un peu ces salles.
11:32Chacun s'accuse mutuellement de confisquer le débat.
11:36Ça a été parfois un peu tendu, oui.
11:38Une fois que le gouvernement a récolté
11:40toutes ses contributions,
11:41nous sommes en avril 2018
11:42et là, le dossier ne va pas avancer
11:44pendant plusieurs mois.
11:45Pourquoi ?
11:46C'est toujours le même mot d'ordre.
11:49On attend l'avis du CCNE.
11:51Je suis favorable à ce qu'on étende la PMA
11:54aux femmes seules
11:56et aux couples femmes de même sexe.
11:58Vraiment, on n'a pas envie de revoir
12:00la manif pour tous
12:03défiler dans les rues de la France entière.
12:05Et donc, pour l'instant, on ne bouge pas.
12:08J'attendrai que la Commission nationale d'éthique
12:11rende l'avis qui lui est demandé.
12:12Ça doit être juste après l'élection
12:13pour prendre la décision
12:15en faisant mûrir ce débat éthique et social.
12:18Parce que je pense que ce sont des sujets graves
12:20qui ne se prennent pas à l'emporte-pièce.
12:22L'avis du Comité national d'éthique
12:24tombe le 25 septembre 2018
12:27et il est favorable à la PMA pour toutes.
12:30Absolument.
12:30Et on avait déjà eu avant ça
12:32le feu vert du Conseil d'État,
12:34du Défenseur des droits.
12:35Donc à ce moment-là,
12:36on a vraiment toutes les instances
12:37qui se prononcent en faveur de la PMA pour toutes.
12:39Et que dit le gouvernement à ce moment-là ?
12:41Là, les vannes s'ouvrent un peu quand même.
12:45Là, on a des membres du gouvernement
12:47qui se prononcent très clairement
12:50en faveur de la PMA pour toutes
12:52et qui expliquent que, oui,
12:54on va mettre tout ça en débat.
12:56Très prochainement.
12:57Alors que jusque-là,
12:58ils étaient très discrets,
12:59ce que vous disiez.
12:59Oui, on respectait.
13:01Lorsque le Président de la République
13:03explique qu'on attend
13:04l'avis du CCNE,
13:07voilà,
13:08les membres du gouvernement
13:09sont priés
13:09de respecter la parole présidentielle.
13:11Et là, au sein du gouvernement,
13:13une fois que le comité consultatif national d'éthique
13:16se prononce pour,
13:18qui fait les sorties médiatiques
13:19en faveur de la PMA pour toutes ?
13:21Sans surprise, Marlène Schiappa,
13:22secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes.
13:25Et puis aussi Christophe Castaner,
13:27qui est secrétaire d'État
13:28chargé des relations avec le Parlement,
13:31qui se prononce favorablement aussi
13:33pour la PMA pour toutes.
13:34Vous y êtes favorable.
13:36Moi, j'y suis favorable.
13:37Vous savez que nous travaillons sur cette loi.
13:39Quand ?
13:40Elle se reprête à l'été ?
13:42Oui, c'est effectivement une proposition
13:43que je porte
13:44à un moment où il y a une hésitation
13:46au sein même du groupe majoritaire
13:48à l'Assemblée nationale
13:49sur la PMA
13:49et le remboursement de la PMA.
13:50À l'intérieur du groupe
13:51à l'Assemblée nationale,
13:52il y a une hésitation sur la PMA aussi ?
13:53Bien sûr, il y a des hésitations,
13:54il y a des débats.
13:55Il y a un engagement de campagne
13:56du président de la République
13:57d'ouvrir la PMA à toutes les femmes.
13:59Ça a été recadré quand même.
14:00Mais absolument pas.
14:01Les mots n'ont jamais changé
14:04sur ce sujet depuis le début.
14:06Et là, quelle est la réaction
14:07des opposants à cette mesure ?
14:09Après la vie du CCNE,
14:11il y a une petite manifestation
14:12qui est organisée au pied du bâtiment.
14:15PMA !
14:16C'est PMA !
14:17L'OF !
14:18L'OF !
14:18Il n'y a vraiment pas grand monde,
14:21une quarantaine de personnes.
14:22La crainte de voir
14:24les grandes manifestations
14:25de la manif pour tous
14:26commence un peu à s'éloigner,
14:27d'autant qu'on a différents sondages
14:29qui montrent que 6 Français sur 10
14:31sont favorables à la PMA pour toutes.
14:34Le gouvernement commence à être
14:36un peu tranquille
14:37sur la mobilisation
14:38de la manif pour tous.
14:40L'avis du Comité national d'éthique
14:41est favorable.
14:42Il n'y a pas beaucoup de réaction
14:43des opposants.
14:44Et pourtant,
14:45la PMA pour toutes
14:46n'est pas lancée.
14:47Pourquoi ?
14:48Parce que les députés
14:49souhaitent également
14:50participer aux discussions
14:51en amont
14:52avant le débat parlementaire.
14:54Il est créé
14:55une mission d'information
14:57qui est présidée
14:58par Xavier Breton,
15:00un député LR
15:01qui est opposé
15:02à la PMA pour toutes.
15:03Le rapporteur,
15:04c'est Jean-Louis Touraine
15:05qui lui est un député
15:07de la République en marche,
15:08qui lui est favorable
15:09à la PMA pour toutes.
15:10Et là,
15:11c'est le défilé des experts,
15:13des représentants associatifs.
15:16On travaille sur la PMA pour toutes
15:18et cette mission
15:19rend aussi un avis favorable.
15:30Emmanuel Macron reçoit
15:31des associations LGBT
15:33en novembre 2018.
15:34Qu'est-ce qu'il leur dit ?
15:35Il est là pour parler
15:36avec les associations
15:38de la PMA,
15:39de l'homophobie
15:40et il annonce
15:42à ce moment-là
15:42le report du débat
15:44en juin 2019.
15:46Il fait comprendre
15:47que ça ne sera pas
15:48à l'agenda
15:49tout de suite,
15:49tout de suite
15:50et il y a deux associations
15:52de femmes lesbiennes
15:53qui quittent la table.
15:55Qu'est-ce qui explique
15:56ce report ?
15:57Nous, journalistes,
15:58on nous explique
15:59que l'agenda parlementaire
16:00est surchargé
16:01et qu'on n'a pas le temps
16:02de le faire.
16:04Alors,
16:04il y a des élections européennes
16:05qui se profilent
16:06et on n'a pas envie
16:07de mettre sur la table
16:09plusieurs sujets
16:10supposés clivants.
16:12Donc ça,
16:13c'est la première raison.
16:14Et puis,
16:15en novembre,
16:16il y a la crise
16:17des gilets jaunes
16:18qui démarre en France.
16:19Le report du délution !
16:21Là aussi,
16:22la société,
16:22elle apparaît divisée
16:24mais pas à cause
16:24de la PMA pour toutes.
16:26D'autant que la PMA pour toutes,
16:27elle n'est pas toute seule.
16:28Le projet de loi bioéthique,
16:30c'est un gros morceau.
16:31Il y a plusieurs thématiques.
16:33Ce dossier-là,
16:33il n'est pas scindé.
16:35C'est potentiellement
16:36un très très gros sujet
16:37qui arrive.
16:38Parce qu'il y a quoi d'autre ?
16:39Les recherches
16:40sur l'embryon,
16:41l'intelligence artificielle,
16:43les neurosciences.
16:45C'est vraiment
16:46un très très gros morceau.
16:47L'automne et l'hiver passent.
16:49On arrive à mars 2019
16:50et rien n'a bougé.
16:52Comment ça se passe
16:53du côté des femmes
16:53qui attendent cette mesure ?
16:55On s'impatiente.
16:56On s'impatiente.
16:57Et celles qui militent
16:59au sein des associations
17:01nous parlent à ce moment-là
17:02d'un phénomène inquiétant.
17:04Cette année,
17:05il y a une augmentation spectaculaire
17:06des agressions
17:07contre les femmes lesbiennes.
17:09Là, on est sur un chiffre
17:10d'une femme agressée chaque jour.
17:12Comment est-ce qu'on explique ça ?
17:13Les lesbiennes prennent la parole
17:14et témoignent beaucoup plus
17:15d'où l'augmentation
17:16des signalements
17:17de 42% d'actes lesbophobes.
17:19En France, aujourd'hui,
17:20on risque d'être agressée
17:22en toute impunité pour ça.
17:24C'est absolument pas normal.
17:25Je ne sais pas,
17:26les hétéros,
17:26ils se roulent des galofs partout.
17:28Ils se mettent les mains aux fesses.
17:31Personne ne dit rien.
17:31C'est normal.
17:32Mais dès que c'est une personne,
17:33on va détourner le regard.
17:35Regarde comment elle est.
17:36Les regards hyper insistants.
17:38Et on nous explique
17:38à ce moment-là
17:39que ce climat délétère,
17:41ce flou autour de la PMA pour toutes,
17:42participe à l'augmentation
17:44de ces agressions.
17:45Donc il est temps,
17:46il est temps de légiférer là-dessus.
17:48Et Marlène Schiappa,
17:49la secrétaire d'État
17:49à l'égalité entre les hommes
17:51et les femmes,
17:52confirme ce calendrier
17:53le 7 mars 2019
17:55dans le Parisien.
17:56Elle confirme donc
17:56que le projet de loi
17:57sera présenté
17:59en Conseil des ministres
18:00avant l'été 2019.
18:02On en arrive à l'annonce
18:03d'Edouard Philippe
18:04pendant son discours
18:05de politique générale.
18:06Il s'engage en faveur
18:07de la PMA pour toutes
18:08avec un calendrier précis.
18:11Présentation du projet de loi
18:12avant l'été,
18:12vote solennel
18:13avant la fin de l'année 2019.
18:16Est-ce que vous pensez,
18:17Christine Mathéus,
18:17que ce calendrier
18:18va être tenu ?
18:19Oui, je pense vraiment
18:20que la loi va être votée
18:23dans les rangs de la majorité
18:24à part la députée Agnès Thiel
18:25qui s'est prononcée
18:27contre la PMA pour toutes.
18:29Ça me semblerait quand même
18:30assez incroyable
18:31que la loi ne passe pas.
18:33Au moment de rédiger la loi
18:35autorisant la PMA pour toutes,
18:36quelles vont être les questions
18:38qui vont se poser ?
18:39Il y a plusieurs questions
18:40qui se posent.
18:41La France,
18:42elle est aujourd'hui
18:43dans une situation
18:44de pénurie de gamètes,
18:45donc de dons de sperme
18:46et d'ovocytes.
18:48Il y a 3000 couples
18:49qui sont en attente
18:50de dons aujourd'hui en France.
18:53Est-ce que ces femmes
18:54vont passer après eux ?
18:55Comment ça va s'organiser tout ça ?
18:57Ça, c'est une question
18:58qu'on est en droit de se poser.
18:59Le remboursement
19:00de la sécurité sociale.
19:02Aujourd'hui,
19:03les couples hétérosexuels
19:05qui entreprennent une PMA
19:07sont remboursés.
19:08Est-ce que ça veut dire
19:09qu'on va demander
19:10à ces femmes
19:11de participer financièrement
19:13à leur projet ?
19:14Et la troisième question,
19:15c'est la filiation.
19:16Aujourd'hui,
19:17la PMA pour toutes,
19:18elle est interdite.
19:18On est obligé
19:19de le faire à l'étranger.
19:20Donc, lorsque les couples
19:21de femmes reviennent
19:22d'une PMA
19:23faite en Espagne
19:25ou en Belgique,
19:26que l'enfant
19:27vient au monde en France,
19:28il n'y a pas de problème
19:30pour la mère biologique,
19:30mais pour la compagne,
19:32elle est obligée
19:33de passer par l'adoption
19:35pour être le parent légal
19:37de cet enfant.
19:37Et là,
19:38comment ça se passerait ?
19:38Aujourd'hui,
19:39une des pistes,
19:40c'est la présomption
19:41de co-maternité.
19:42C'est un acte
19:44qui est signé
19:44devant un notaire,
19:45un acte de projet parental
19:47qui va faire
19:47de ces deux femmes
19:48les mères
19:50de cet enfant à naître.
19:55Est-ce que ça va régler
19:56toute la question,
19:57finalement,
19:57cette nouvelle mesure ?
19:58Pas forcément,
19:59parce qu'il y aura
20:01toujours des femmes
20:02qui auront dépassé
20:03la limite d'âge.
20:04Qui est de 43 ans.
20:05Qui est de 43 ans,
20:06absolument.
20:08Si le temps d'attente
20:09est trop long en France,
20:11peut-être que,
20:12si elles ont les moyens,
20:13elles vont aller
20:14dans une clinique privée
20:16à l'étranger
20:16ou à l'hôpital.
20:17C'est le cas en Belgique
20:18où il y a des hôpitaux publics
20:19qui permettent aux femmes
20:21de faire une PMA.
20:22Donc,
20:23ça ne va pas forcément
20:24régler tous les problèmes.
20:25Le calendrier
20:26est donc bien défini
20:27par le gouvernement.
20:29Cette mesure
20:30semble donc lancée.
20:31comment réagissent
20:32en ce moment
20:32les opposants
20:33à la PMA pour toutes ?
20:35La manif pour tous
20:36commence à mobiliser
20:37dans ses rangs.
20:38Elle prévoit
20:40d'ores et déjà
20:40des manifestations.
20:42Il n'est pas question
20:43pour eux
20:43que cette PMA pour toutes
20:44passe comme une lettre
20:45à la poste.
20:46Christine Mathéus,
20:47on voit que le lancement
20:47de la PMA pour toutes
20:48aura pris plus de deux ans
20:49mais en fait,
20:50ça fait beaucoup plus longtemps
20:51que ça que la mesure
20:52avait été promise
20:52puis reportée.
20:54Oui,
20:54le candidat
20:55à l'élection présidentielle
20:56de 2012,
20:57François Hollande,
20:58en parlait déjà.
20:59Il s'était prononcé
21:01en faveur
21:01de la PMA pour toutes
21:03et puis,
21:04après son élection,
21:06ça a été aussi
21:06une épidémie
21:07de revirement.
21:09Là aussi,
21:09on attendait
21:10la vie du CCN,
21:12on se demandait
21:13si on n'allait pas
21:13l'intégrer
21:14à une loi famille.
21:15Il y a eu
21:15les grosses manifestations
21:16de la manif pour tous
21:17et on recule.
21:19Et puis,
21:20il y a eu l'arrivée
21:20à Matignon
21:21de Manuel Valls
21:22qui est un farouche
21:25opposant à la PMA pour toutes.
21:27Est-ce que François Hollande
21:28regrette de ne pas avoir
21:29fait la PMA pour toutes ?
21:31Oui,
21:32il en a parlé
21:33tout récemment
21:34au moment du cinquième anniversaire
21:35de l'adoption
21:36de la loi
21:37du mariage
21:38entre personnes
21:38du même sexe.
21:39Il regrette
21:40de ne pas avoir
21:41franchi cette étape
21:42qui manifestement
21:43va être franchie
21:44par son successeur.
21:48Merci à Christine Matheus.
21:53Épisode conçu
21:54et préparé
21:55par Jeanne Boézek,
21:56réalisation et mixage,
21:58Alexandre Ferreira.
21:59Code Source
22:00est le podcast
22:01d'actualité du Parisien.
22:02Nous sommes disponibles
22:03gratuitement
22:04sur leparisien.fr,
22:05l'application du Parisien
22:07et toutes les plateformes
22:08comme YouTube,
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