- il y a 9 heures
Dans le Parisien, l’illustre présentateur de France Télévisions a révélé les graves soucis de santé dont il a souffert. En convalescence après plusieurs mois d’hospitalisation, il ne reviendra pas à l’antenne avant février 2021. Michaël Zoltobroda, journaliste au service culture du Parisien, revient sur l’entretien exclusif qu’il a eu avec Michel Drucker.
Code source est le podcast quotidien d’actualité du Parisien. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Journalistes : Thibault Lambert, Raphaël Pueyo et Nathan Chatelain - Réalisation et mixage : Benoît Laur - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian
Archives : INA, France 2.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11C'est une figure familière des Français. Son visage est présent à la télé depuis plus de 55 ans.
00:17Pour beaucoup, son nom est associé à l'émission Champs-Elysées,
00:20qui l'animait chaque samedi soir sur Antenne 2 pendant la décennie 80.
00:24L'animateur de Vivement Dimanche, Michel Drucker, a frôlé la mort au mois de septembre.
00:30A 78 ans, il a subi une opération du cœur dans le plus grand secret, confiné à l'hôpital pendant
00:35plusieurs mois.
00:37Encore convalescent, Michel Drucker a ensuite tout raconté le lundi 30 novembre dans une interview accordée aux Parisiens.
00:43Dans cet épisode de Codesources, Michael Zoltobroda nous raconte comment il a décroché cet entretien
00:49et pourquoi, pour lui, ce scoop a une valeur sentimentale.
00:54Journaliste au service culture du Parisien, Michael Zoltobroda est au téléphone en raison de l'épidémie de coronavirus.
01:05Le mardi 1er décembre, Michel Drucker est en une du Parisien avec ce titre
01:09« Je suis un miraculé », une interview exclusive de deux pages, très lue depuis la veille au soir sur
01:15leparisien.fr.
01:17Michael Zoltobroda, c'est vous qui avez réalisé cette interview.
01:20Qu'est-ce que vous ressentez à ce moment-là, quand l'interview sort ?
01:24C'est une grande fierté. D'ailleurs, ce jour-là, je ne me contente pas de la version PDF comme
01:28d'habitude.
01:29Je vais l'acheter chez mon kiosquier et là, je l'ouvre, je sens les pages et je lis.
01:34C'est l'aboutissement de plusieurs mois de travail, de confiance, de relations avec Michel Drucker et voire plusieurs années.
01:41Et vous pensez aussi à votre grand-mère ?
01:43Ma grand-mère, c'était la première fan de Michel Drucker.
01:48Ses enregistrements au studio Gabriel, pour elle, c'était comme une sortie au théâtre, gratuite en plus.
01:53Et jusqu'à ses 94 ans, elle prenait le bus pour se rendre plusieurs kilomètres plus loin et assister au
02:00tournage et voir des vedettes.
02:02C'était vraiment sa récréation, son moment de bonheur.
02:05Il existe même quelque part une vidéo d'elle avec lui.
02:07Oui, je me souviens d'une émission où on la voit au début regarder Michel Drucker et celui-ci s
02:14'approche d'elle, lui prend les mains.
02:17Je me souviens de ma grand-mère qui allait jouer toute rose comme une midinette devant son idole, comme si
02:22elle avait 18 ans.
02:23Et c'est un moment très fort parce que Michel Drucker aussi, il fait attention à son public de fidèles.
02:28Il connaît chaque personne qui vient tous les mercredis et les remercier à chaque fois.
02:34C'est vraiment quelque chose qui lui tient à cœur.
02:39Alors, vous allez nous raconter comment vous avez décroché cette interview.
02:44Michael Joltobroda, vous avez 40 ans et vous couvrez la télé pour le Parisien depuis 4 ans.
02:49Qu'est-ce qui vous plaît dans cette spécialité ?
02:50On parle de tout.
02:52On rencontre toutes sortes de personnalités, des sportifs, des politiques.
02:57Et bien sûr, on peut rencontrer des personnalités très fortes qui ont une carrière très dense,
03:02comme Michel Drucker, Patrick Sébastien, Jean-Pierre Foucault et d'autres.
03:06L'histoire de cette interview débute il y a plus de deux ans.
03:10En mars 2018, vous faites un reportage avec les fans de Michel Drucker.
03:14Pourquoi ?
03:15À ce moment-là, ça ne va pas pour Michel Drucker.
03:18Son contrat s'arrête en juin.
03:20Il n'a pas de nouvelles.
03:21Il y a une période de doute.
03:22Dans sa tête, il se dit « On ne veut plus de moi.
03:25Du coup, on va aller voir ses fans pour un petit peu ouvrir une porte. »
03:31Ces fans nous disent « Mais Michel Drucker, personne ne peut le remplacer.
03:34C'est la rose des animateurs.
03:36C'est quelqu'un qui ne vieillit pas.
03:38C'est quelqu'un aussi qui s'adresse à tout.
03:40C'est un vrai gentil.
03:41Et pour eux, il fait partie de la famille. »
03:45Suite à ce reportage, vous interviewez Michel Drucker.
03:47Et il se lâche à propos de Laurent Delahousse,
03:49qui convoitait le créneau de 19h le dimanche soir sur France 2,
03:54occupé par Vivement Dimanche Prochain.
03:56Que dit-il ?
03:57« Delahousse n'est pas un mec bien.
03:59C'est une petite bombe.
04:01Je ne m'y attends pas.
04:03Michel Drucker, c'est la personne la plus loyale, la plus fidèle,
04:06la personne qui ne critique aucun de ses confrères
04:09et surtout pas dans la presse.
04:10Et ce jour-là, il se lâche.
04:12Il en avait gros sur la patate.
04:14Il avait envie de régler ses comptes, de faire passer des messages.
04:16Pour lui, c'était trop.
04:17Et c'est un petit peu sa vengeance.
04:19Et il se lâche comme jamais.
04:21Comment il choisit le titre de l'interview ?
04:23C'est moi, d'abord, qui prends l'initiative de lui dire
04:26« Michel, la punchline Delahousse n'est pas un mec bien est très forte.
04:31Mais sorti de son contexte, ça pourrait être juste une phrase pour le buzz.
04:36Je n'ai pas envie de ça.
04:37Il dit plein d'autres choses aussi dans l'interview.
04:39Il se confie.
04:40Je lui fais la promesse que ce ne sera pas le titre de l'interview,
04:44qu'on ne veut pas faire juste du buzz avec cette phrase-là.
04:46Que se passe-t-il ensuite ?
04:47Appel de Michel Drucker.
04:49Il est 23h30.
04:50Moi, je couvre une soirée pour le travail.
04:53Je ne peux pas lui répondre.
04:54Je me dis qu'il y a un souci.
04:55Je regarde le journal en ligne qui vient d'être publié.
05:00Sur la une, il y a la tête de Michel Drucker, la photo, ce titre.
05:04Laurent Delahousse n'est pas un mec bien.
05:07Je me dis là que je suis en train de trahir Michel Drucker
05:09et que ce n'est pas bien.
05:10Je veux appeler la rédaction en chef du journal.
05:12Et avant de passer ce coup de téléphone un peu furieux,
05:16j'écoute le message de Michel Drucker.
05:19Qu'est-ce qu'il dit ?
05:20Il dit, Michael, on a réussi un gros coup.
05:21Je viens de recevoir plusieurs appels qui lui disent
05:24bravo Michel.
05:26Delahousse, il a une image de gendre idéal.
05:29En fait, ce n'est pas forcément un gentil Delahousse.
05:33Et vu ce qu'il vous a fait, vous avez raison de taper du poing sur la table
05:36et de régler vos comptes.
05:37Donc en fait, il est très content.
05:38Il est hyper content.
05:42On avance dans le temps.
05:43Cette année, le mardi 14 juillet,
05:45Michel Drucker participe à la couverture du défilé sur France Télévisions.
05:49Puis il retourne déposer son badge dans sa loge du studio Gabriel à De Padelas,
05:54juste à côté de l'ambassade américaine.
05:56C'est la dernière fois qu'il met les pieds dans ses studios
05:59avant de partir en vacances faire du vélo dans les Alpilles,
06:02dans les Bouches-du-Rhône.
06:03Et il va connaître des ennuis de santé.
06:05Ça, on ne l'a su qu'après.
06:07Mais à ce moment-là, Michel Drucker a des essoufflements.
06:11Son état de santé va de pire en pire.
06:13Il commence à contracter de la fièvre, de plus en plus de fièvre.
06:17On arrive à fin août.
06:18Il se dit que ça ne va pas.
06:19Il contacte ses médecins habituels,
06:22voire des chirurgiens, des pontes en la matière,
06:24qui lui disent que Michel, il faut rentrer à Paris d'urgence.
06:27Michael, tout ça, vous ne le savez pas à ce moment-là.
06:30Et vous lui envoyez un SMS pour lui demander de ses nouvelles.
06:33Juste pour maintenir la relation, c'est quelqu'un que j'apprécie humainement.
06:37Et je lui demande innocemment,
06:40j'espère que vous avez passé un bel été,
06:41que vous êtes bien reposé et je vous souhaite une bonne rentrée.
06:45Qu'est-ce qu'il répond ?
06:46Rien.
06:46Et je m'aperçois qu'il n'a même pas lu mon SMS.
06:49Ce n'est pas du genre de Michel Drucker.
06:51Normalement, il répond dans l'heure, voire dans la minute.
06:54Et c'est quelqu'un de très courtois, de bien élevé.
06:57Il soigne les journalistes et il répond toujours,
06:59amitié, Michel, là, rien du tout.
07:03Quelques semaines passent.
07:05Et le vendredi 25 septembre au soir,
07:07vous vous apprêtez à partir en week-end
07:09et vous recevez un coup de fil important.
07:11C'est Muriel Attal.
07:12C'est la directrice de la communication de Delphine Ernot.
07:15C'est une personne très importante à France Télévisions.
07:18Et là, elle me dit,
07:19« Michael, réserve une place dans le journal demain.
07:22Il y a une personnalité emblématique de notre groupe
07:25qui souhaiterait faire passer un message
07:27et elle souhaite que ce soit toi qui écrives le papier. »
07:30Qu'est-ce que vous lui répondez ?
07:31Impossible.
07:32Ce week-end-là, j'avais prévu de couper mon portable,
07:34de passer deux jours en famille
07:35et de surtout pas écrire un papier du week-end.
07:39Que se passe-t-il le lendemain ?
07:40Je pense qu'à ça.
07:41J'ai envie de savoir.
07:43Je sais qu'il y a un gros coup qui se prépare.
07:44Je veux en être.
07:46Il y a cinq minutes où je suis tout seul.
07:48Je prends mon téléphone.
07:49J'appelle la directrice de la communication de France Télévisions.
07:52Et là, elle me dit,
07:53« C'est Michel Ruecker.
07:54Il vient de se faire opérer.
07:56Et il veut que ce soit toi qui racontes cette histoire. »
07:58Vous faites quoi, du coup ?
07:59À ce moment-là, je regarde ma femme.
08:01Je lui dis, « C'est important.
08:03Elle comprend tout de suite.
08:04Et on annule nos plans.
08:05On était en train de savourer une douzaine d'huîtres.
08:08Et on comprend qu'on doit écourter ce moment-là
08:11et mettre derrière un ordinateur
08:12pour écrire le plus vite ce papier. »
08:14Qu'est-ce que vous dites, en résumé, dans ce papier ?
08:16Que Michel Ruecker a été opéré du cœur
08:18et qu'il va devoir repousser sa rentrée télé.
08:22Mais que c'est vraiment quelque chose d'important,
08:25ce qui s'est passé.
08:26Pas une opération bénigne.
08:28À ce moment-là, je ne me rends pas encore compte
08:30de l'importance de l'opération qui vient de suivre.
08:33Dans les jours qui suivent, vous essayez de le contacter ?
08:35Je lui envoie un SMS.
08:37Je lui souhaite une bonne convalescence.
08:40Pas de nouvelles.
08:42Je réinsiste.
08:43Je lui envoie un nouveau message quelques jours plus tard.
08:46Toujours pas de réponse.
08:49Le jeudi 15 octobre, pour prendre de ces nouvelles,
08:52justement, vous passez par sa productrice historique
08:55depuis les années 70, Françoise Coquet.
08:58Je pensais qu'elle allait m'envoyer bouler.
09:00Visiblement, elle connaissait au moins ma signature
09:03et Michel Drucker lui avait parlé de moi.
09:05Et elle me dit, tout ce que je voulais savoir,
09:07Michel Drucker a le moral.
09:10Il va mieux.
09:11L'opération s'est bien passée.
09:13Elle a pu le voir, elle, quelques jours auparavant.
09:16C'est les premières nouvelles qu'on a du cercle proche de Michel Drucker.
09:20Ce papier vous donne une idée.
09:21Laquelle ?
09:22Aller la voir.
09:23Aller voir ce qui se passe au studio de Gabriel sans Michel Drucker.
09:26Et étrangement, ou plutôt sympathiquement,
09:29elle nous ouvre les portes.
09:30Pas d'attaché de presse.
09:31Ça se passe juste entre nous.
09:33Et à un moment de la rencontre,
09:35elle nous dit,
09:36Michel Drucker, il ne reviendra pas dans les jours prochains à la télé
09:40et pas avant février 2021.
09:42Là, vraiment, avec elle,
09:43vous faites un reportage dans le studio Gabriel.
09:45Vous nous montrez un peu les coulisses.
09:46On est en immersion à News Accueil dans la salle de montage
09:49avec les bancs de montage.
09:51Et il y a aussi un assistant qui nous guide à l'arrière du studio.
09:55On ouvre la porte d'un KGB qui ne ressemble à rien.
09:57En fait, c'est une vraie salle au trésor
09:59avec des milliers de cassettes bêta-cam
10:01où ont été enregistrées toutes ces émissions,
10:04Star 90, Champs-Elysées.
10:07Bonsoir.
10:08C'est la première de Champs-Elysées.
10:09Nous nous retrouvons tous les samedis à 20h30 sur Antenne 2
10:12pendant 70 minutes environ.
10:14Et plus d'un millier de Vivement Dimanche,
10:16dont la première en 1999 avec Roger Hanin.
10:22Près d'une semaine plus tard, le mercredi 21 octobre,
10:24vous recevez un appel.
10:26Qu'est-ce qui s'affiche sur votre smartphone ?
10:28Pendant deux secondes, c'est une image,
10:30mais mon cœur s'arrête de battre.
10:31Enfin, Michel Drucker donne de ses nouvelles, réapparaît.
10:34Je décroche.
10:36Dans les premières secondes,
10:38je vois qu'il y a un truc qui ne va pas.
10:39Michel Drucker bute sur les mots.
10:42Il est très essoufflé.
10:44Et je me dis, mince,
10:45et si c'était plus grave que ce qu'on m'avait raconté ?
10:48Mine de rien, il a cette lucidité à prendre aussi de mes nouvelles.
10:52Ça donne un peu d'espoir.
10:53Et je me dis que, non,
10:55Michel Drucker, il est en train de revenir.
10:57Vous allez interviewer le numéro 2 de France Télévisions,
11:00Stéphane Cidbon-Gomez,
11:0133 ans, à ce poste depuis seulement trois mois.
11:05Et avant d'aller le voir,
11:06vous envoyez un SMS à Michel Drucker.
11:08Je lui demande s'il a une question à poser au numéro 2 de France Télévisions,
11:12peut-être plus pertinente ou quelque chose auquel je n'avais pas pensé.
11:16Pas du tout.
11:17Au lieu d'une question,
11:18il m'envoie un message à faire passer directement à Stéphane Cidbon-Gomez.
11:24Il lui retémoigne son affection,
11:26le fait que le soutien dont lui a fait preuve la direction
11:31l'aide énormément pour sa guérison.
11:34Là, il se sent aimé.
11:36Et c'est là où Michel Drucker est le meilleur.
11:39Vous faites passer ce message à Stéphane Cidbon-Gomez,
11:42le numéro 2 de France Télévisions.
11:43Qu'est-ce qu'il vous dit, lui, au sujet de l'animateur ?
11:46Il dit que c'est un pilier de la maison,
11:48qu'il n'a plus jamais besoin de lui,
11:50que c'est lui qui porte la chaîne.
11:52En gros, c'est l'emblème de France Télévisions.
11:55J'imagine que vous essayez à ce moment-là
11:56d'obtenir une véritable interview de Michel Drucker ?
11:59Oui, depuis le départ, je lui dis
12:01qu'on va vous laisser de la place pour un entretien.
12:04Il reporte toujours parce qu'il a envie de revenir
12:07grandi, guéri, pas affaibli.
12:10Il y a un moment où, pour Michel Drucker, ça va mieux.
12:13Il a envie de s'exprimer, il a envie de se confier.
12:16Il demande à ses médecins s'il peut donner cette interview
12:19qui va lui demander beaucoup d'énergie.
12:21Et l'interview est calée lundi 30 novembre à 13h30.
12:26Quand le jour arrive, quelques heures avant le rendez-vous prévu,
12:29comment vous vous sentez ?
12:31Un peu fébrile et en même temps hyper concentré.
12:33Une interview comme ça, ça arrive une fois dans sa vie.
12:36Impossible de la louper.
12:37Ça ne va pas être une interview polémique.
12:39On va vraiment être dans le ressenti,
12:42dans ce qu'il a vécu.
12:43C'est plutôt dans les confidences
12:45qu'il va falloir aller chercher Michel Drucker.
12:47Et je fais les 100 pas dans mon salon jusqu'à l'ordite.
12:50Michel Drucker m'appelle.
12:52C'est bon, Mickaël.
12:53Je suis prêt.
12:54Comment est sa voix ?
12:55Sa voix est claire.
12:57Sa voix est posée.
12:59J'entends le Michel Drucker que j'ai connu un an plus tôt.
13:02D'où est-ce qu'il appelle ?
13:02D'une chambre de la clinique Bizet,
13:05dans le 16e, à Paris, pas loin de chez lui.
13:08Mais il est encore isolé de tout à ce moment-là.
13:10Et là, vous restez en ligne longtemps avec lui,
13:12plus d'une heure et demie.
13:13Et il se livre.
13:14Il raconte tout.
13:15D'abord, précisément,
13:17ce qu'il a eu comme problème de santé.
13:18Ce qu'on ne savait pas,
13:20c'est que c'est parti d'une infection de la bouche
13:22à la suite d'un soin dentaire.
13:24Il y a une bactérie qui s'est infiltrée dans le sang
13:26et qui allait jusqu'au cœur.
13:29Il fallait opérer tout ça.
13:31Sauf que les médecins font une batterie de test
13:34et ils découvrent autre chose.
13:35Ils découvrent que les artères sont bouchées,
13:38qu'il y a un deuxième souci au niveau du cœur
13:40et qu'il faut faire un triple pontage.
13:42Donc une deuxième opération très lourde.
13:48Et il raconte son opération en détail.
13:50Il a passé huit heures au bloc opératoire.
13:54On lui ouvre le cœur.
13:55Pendant plusieurs heures,
13:56il raconte que son cœur s'est arrêté.
13:59On le branche à une machine.
14:00Pendant plusieurs heures,
14:01il est relié un peu à la vie artificiellement.
14:04Il a quand même 78 ans.
14:06C'est une opération à haut risque.
14:08Et Michel Drucker survit, entre guillemets,
14:10à cette lourde, très lourde opération.
14:13Là, il se rend compte qu'il a vraiment frôlé la mort
14:15et lui-même dit « je suis un miraculé ».
14:18Il raconte aussi qu'il a failli être amputé.
14:21Oui, la bactérie avait atteint aussi sa jambe en premier.
14:23Et si son antibiotique de choc qu'on lui avait administré
14:27n'avait pas été efficace,
14:28on lui aurait coupé la jambe.
14:30Il raconte aussi ses longues journées sur son lit d'hôpital.
14:33Très longue journée.
14:35Il est isolé, il ne voit personne.
14:37Il ne faut pas oublier qu'on est en crise sanitaire,
14:39qu'il y a la Covid,
14:40que les mesures sont très strictes.
14:42Quelques membres de sa famille viennent le voir.
14:44Il y a sa femme, sa fille, sa petite-fille,
14:47quelques proches collaborateurs,
14:49dont Françoise Coquet, sa productrice.
14:51Mais c'est à distance, c'est avec les masques.
14:53Et puis, il y a aussi la nuit,
14:56où il est tout seul,
14:57où il a mal et il ne dort pas.
14:59Des longues nuits où il ne dort pas.
15:01Physiquement, il a très mal ?
15:03Il dit qu'il a découvert la douleur à ce moment-là.
15:06Il y a sa poitrine qui lui fait atrocement mal.
15:09Et à chacun de tout qu'il peut avoir,
15:11c'est comme un déchirement qu'il a sur sa poitrine.
15:14Il est obligé de prendre sur lui.
15:17C'est vraiment une période très dure pour lui.
15:23Pendant toute cette période,
15:24il a le temps de penser.
15:25Il vous raconte qu'il se remémore
15:27ces années où il était journaliste sportif.
15:29Lui qui avait débuté sa carrière en 1964,
15:33à 22 ans,
15:34comme journaliste sportif à l'ORTF.
15:36Commençons par les principaux résultats
15:37enregistrés à l'étranger.
15:38À Kassel, en Allemagne de l'Ouest,
15:40la première Coupe d'Europe d'athlétisme
15:41a connu aujourd'hui son épilogue
15:42avec l'édition féminine.
15:44Le jour où on apprend que Maradona est mort,
15:46il a des flashs qui reviennent dans sa tête.
15:48Maradona, ça correspond à la Coupe du Monde
15:50en Argentine 78,
15:52qui l'a couvert sur place.
15:54Et à l'époque, c'était avec Thierry Roland.
15:55Il en garde des souvenirs très forts.
15:57Combien de temps il est resté hospitalisé ?
15:59On pensait qu'il était rentré à l'hôpital
16:00fin septembre.
16:01En fait, c'était fin août.
16:02Il y a passé deux mois.
16:04Et depuis quatre semaines,
16:05il est en centre de rééducation
16:07où il apprend à monter les marches
16:09et même à faire du vélo d'appartement.
16:13Michael Zoltobroda,
16:14jusqu'à votre premier papier
16:15sur son opération du cœur,
16:17le dimanche 27 septembre,
16:18personne, à part ses intimes,
16:20n'était au courant
16:21qu'il était hospitalisé.
16:22Et quand on l'a su,
16:23il a reçu des centaines
16:25de messages de soutien.
16:27C'est une avalanche de messages
16:28qu'il reçoit trois semaines plus tard
16:30parce qu'il avait coupé son portable.
16:31Et là, il s'aperçoit
16:32que tous les patrons de l'audiovisuel
16:34lui ont laissé un message de soutien.
16:36Tous les animateurs aussi,
16:38de Patrick Sébastien
16:39à Laurent Delahousse.
16:40Un clin d'œil, en tout cas,
16:41amical ce soir également
16:42et des voeux de bon rétablissement
16:44à Michel Drucker
16:45qui vient d'être opéré
16:46et à qui on pense ce dimanche soir.
16:48Il y a aussi ceux
16:49qu'il a vu grandir,
16:50les gens du Jardin,
16:51ou l'Uri Glesias aussi
16:52qu'il appelle de Miami.
16:54Il y a aussi Céline Dion
16:55qui demande de ses nouvelles
16:56et bien sûr,
16:57Brigitte Macron
16:58et Emmanuel Macron
16:59qui lui envoient un message
17:01où il dit
17:02ne lâche rien,
17:03tu es le meilleur
17:04et on est derrière toi.
17:07L'interview dure donc
17:08une heure et demie
17:09quand vous raccrochez avec lui,
17:11vous vous dites quoi ?
17:13Waouh, waouh, waouh, waouh.
17:15Michel Drucker,
17:16c'est quelqu'un
17:18d'assez pudique mine de rien
17:20et là, il s'est mis à nu.
17:22Il a tout donné.
17:24On a six pages d'interview.
17:26Les premières personnes
17:27qui lisent mon interview
17:29dans le journal,
17:31on n'a jamais vu
17:32Michel Drucker comme ça.
17:33C'est exceptionnel
17:35ce document-là qu'il livre
17:36et il n'y a plus aucune question.
17:38Michel Drucker
17:39sera en une
17:40le lendemain.
17:41Vous lui avez fait relire
17:41l'interview ?
17:42Oui, c'était une condition.
17:44Il veut que tous les mots
17:46soient pesés,
17:47choisis.
17:47Il va ajouter
17:48un mot
17:49à son frère
17:51décédé,
17:52Jean Drucker,
17:53qu'on avait trappé
17:54en raccourcissant l'interview.
17:55Il va aussi insister
17:56pour que les médecins,
17:58les spécialistes
17:58qui l'ont opéré
17:59soient bien mentionnés.
18:01C'est des petits détails
18:02auxquels il fait attention
18:03mais qui comptent beaucoup
18:04pour lui.
18:06L'interview sort donc
18:07le 30 novembre
18:08vers 22h
18:09sur leparisien.fr
18:11Le lendemain
18:12dans Le Parisien
18:13et donc à la Une.
18:14Une nouvelle fois,
18:15l'animateur reçoit
18:16des centaines de messages
18:17de soutien.
18:18Qu'est-ce qu'il répond
18:18à tous ces gens ?
18:19Il leur conseille
18:20d'acheter Le Parisien
18:21parce qu'il a tout dit dedans.
18:22Tout est dit dans cette interview.
18:24Ça vous amuse
18:24quand il vous raconte ça ?
18:26Évidemment
18:26parce que ça me flatte.
18:28Michel Drucker
18:29sait flatter les journalistes
18:31mais plus particulièrement
18:32il me raconte
18:33les personnes aussi
18:34qui l'ont appelé
18:36directement.
18:37François Hollande
18:37ou là où il a passé
18:38un petit peu de temps
18:39pour discuter avec eux
18:40ou d'autres personnes
18:41qui lui sont très chères.
18:44Michael Zoltobroda,
18:46finalement,
18:46si vous avez fait tout ça
18:47pour décrocher
18:49cette interview,
18:50c'est pour votre grand-mère ?
18:51En grande partie,
18:53peut-être inconsciemment,
18:55Michel Drucker
18:55c'était son rayon de soleil.
18:57C'était sa sortie
18:58de la semaine
18:59et c'est grâce à elle
19:00que j'ai découvert
19:01Michel Drucker.
19:01Votre grand-mère,
19:02vous en avez parlé
19:03à Michel Drucker ?
19:05Oui.
19:06Je lui en parle le lendemain.
19:07Je lui envoie une photo
19:09de ma grand-mère
19:10et je lui ai écrit
19:11« Elle s'appelle
19:12Zoya Goldberg ».
19:13Qu'est-ce qu'il répond ?
19:14Il me rappelle
19:16et il me dit
19:16« Michael,
19:17tu veux qu'on l'appelle
19:18ta grand-mère ? »
19:19Et là,
19:20je suis un peu embêté
19:21parce que,
19:22effectivement,
19:22je l'ai mis au présent,
19:23peut-être un lapsus,
19:24mais ma grand-mère
19:26est décédée en 2011
19:29et il y a un moment
19:31de gêne
19:31mais beaucoup d'émotion
19:34aussi dans nos échanges.
19:36Et après ça,
19:36vous continuez d'échanger
19:38avec Michel Drucker
19:39et il vous parle
19:40d'autre chose.
19:40Il me dit
19:41« Michael,
19:42qu'est-ce qu'on va faire après ? »
19:43« On a déjà fait
19:44Laurent Delahousse,
19:45on a fait l'opération du cœur,
19:46qu'est-ce que ça sera
19:47le troisième moment fort ? »
19:50Et là,
19:50il me dit
19:50« Évidemment,
19:51ça sera mes obsèques,
19:52Michael. »
19:53toujours en plaisantant,
19:54mais il s'imagine
19:55rencontrer,
19:56retrouver
19:57les grands
19:58qu'il a connus,
19:59les jeunes Hallyday,
20:00les Bedos,
20:01les Coluches,
20:02les Luron,
20:03les Dassin,
20:04les Gainsbourg
20:05qui ont été chers
20:06pour lui.
20:08Et ce qu'il dit,
20:08c'est
20:09« On va refaire
20:10carrière ensemble. »
20:28Merci à Michael Zoltobroda.
20:30Cet épisode a été produit
20:32par Raphaël Pueyo,
20:33Thibaut Lambert
20:34et Nathan Châtelain.
20:35Réalisation,
20:36Benoît Laure.
20:37Code Source
20:38est le podcast
20:38d'actualité du Parisien,
20:40disponible chaque soir
20:41du lundi au vendredi.
20:42Si vous aimez Code Source,
20:43n'hésitez pas à laisser
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