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  • il y a 10 heures
Après des mois d’absence, le plus célèbre des animateurs français a présenté un nouveau numéro de « Vivement dimanche ». Pour l’occasion, il a longuement échangé avec six lecteurs du Parisien quelques jours plus tôt. Code source a enregistré cette rencontre et vous en livre les meilleurs moments, avec Carine Didier, journaliste au service Loisirs du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Mathias Penguilly, Marion Bothorel et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian - Archives : INA, France 2.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:04Et merci d'abord, vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à nous suivre,
00:08plus de 400 000 écoutes par mois, 10 millions depuis notre lancement le 6 mai 2019.
00:14Merci de votre confiance.
00:21Michel Drucker a 78 ans, dont 57 de carrière.
00:25Après une lourde opération du cœur en septembre et six mois de convalescence,
00:29il est revenu à l'antenne sur France 2 le dimanche 28 mars.
00:34Michel Drucker avait retrouvé son public pour la première fois quelques jours plus tôt
00:37à la rédaction du Parisien pendant une interview menée par nos lecteurs.
00:42Michel Drucker a accepté qu'on l'enregistre pour Codesource,
00:45vous allez donc pouvoir l'écouter dans ce podcast.
00:47Les coulisses de son retour avec Karine Didier, journaliste au service loisirs du Parisien.
01:00Karine Didier, Michel Drucker, il fait partie du patrimoine pour de très nombreux Français.
01:05Mais oui, tout le monde a en tête les images de Michel Drucker
01:09présentant des émissions de variété comme Star 90 ou Champs-Elysées,
01:13où il se faisait le confinant de toutes les stars de la planète,
01:17que ce soit des artistes chanteurs, des comédiens ou même des sportifs.
01:24Voilà, il fait partie du patrimoine télévisuel français.
01:32On a raconté dans un précédent code source l'opération du cœur qu'il a subie
01:36dans le plus grand secret dans un hôpital parisien le samedi 26 septembre.
01:40Un triple pontage.
01:42Lui qui venait de fêter ses 78 ans.
01:44Karine Didier, est-ce que son émission, Vivement Dimanche, s'est arrêtée pendant sa convalescence ?
01:49Alors non, pas du tout, puisqu'il y a eu des best-of réalisés par sa productrice
01:54qu'il appelle sa soeur jumelle, Françoise Coquet.
01:57Et donc l'émission ne s'est pas arrêtée.
01:59Le vendredi 19 mars, l'animateur retrouve son public pour la première fois
02:04dans les bureaux du Parisien, dans le 15e arrondissement, pas très loin de la tour Eiffel.
02:08Il participe à ce qu'on appelle le face au lecteur.
02:11Une personnalité répond à un panel de six lecteurs.
02:14Et ce jour-là, c'est Roland, Marina, Bernard, Romain, Epiphanie et Eric qui vont lui poser les questions.
02:21Karine Didier, décrivez-nous l'arrivée de Michel Drucker.
02:24Michel, il arrive tout seul, avec sa chienne Isia.
02:28Il porte un survêtement bleu marine assez chic et des baskets blanches.
02:33Et il a l'air très décontracté.
02:35Il raconte tout de suite une anecdote à nos lecteurs.
02:39Me trouver devant vous aujourd'hui, c'est très émouvant,
02:41parce que c'est la première fois que j'ai d'autres interlocuteurs
02:45que les infirmières de nuit, les aides-soignants et les cardiologues.
02:48Parce que moi, j'ai failli ne pas revenir.
02:51Cette interview réalisée par les lecteurs avec vous, Karine Didier,
02:54et Michael Zoltobrona du Parisien, se déroule dans une salle de conférence du Parisien.
02:59Chacun est assis à bonne distance et garde son masque.
03:02Michel Drucker, lui, n'a pas de masque régulièrement pour les photos.
03:05Il commence par revenir sur son opération et son hospitalisation,
03:09qui a donc duré de très longs mois.
03:11J'avais fini par croire que j'étais un peu inoxydable et qu'il ne m'arriverait rien.
03:15Et puis, ça s'est terminé au bloc opératoire pendant presque dix heures.
03:21Et puis, voilà, un mois, deux mois, trois mois, quatre mois, cinq mois,
03:24j'ai découvert surtout l'apprentissage du silence.
03:28Karine Didier, qu'est-ce qu'il dit de son état de santé aujourd'hui ?
03:32Aujourd'hui, il dit qu'il a un cœur tout neuf et qu'il espère être à 100%.
03:37Il dit même qu'il est en meilleure santé aujourd'hui qu'il ne l'a jamais été.
03:42Et il se prépare pour la reprise de son émission ?
03:45Absolument, il se prépare.
03:46Il dit qu'il s'entraîne comme un sportif prêt à faire une grande compétition.
03:51Il fait du rameur, il marche, il fait du vélo électrique.
03:55Il est à fond dans la rééducation.
03:57Michel Drucker revient sur sa carrière, notamment sur son début de carrière qu'on a un peu oublié.
04:03Il a raconté plein d'anecdotes sur ses débuts où il était commentateur sportif.
04:08Ensuite, comment il en est arrivé à présenter des émissions de variété.
04:12Bonjour à tous, bon dimanche, diffusion exceptionnelle aujourd'hui,
04:17avec en tête de distribution Philippe Châtel et toute sa bande.
04:20Plein d'anecdotes aussi sur tout ce parcours, ses 57 ans de carrière.
04:25Ce que tout le monde oublie, c'est que j'ai fait 20 ans de radio.
04:28J'ai fait 10 ans à RTL.
04:30Il y a un jeu qui existe toujours, que j'ai créé sur RTL.
04:34Je parle comme un vieillard, qui était la valise RTL.
04:37Et ensuite, j'ai fait 10 ans à l'Europe 1.
04:40Ce qui fait que j'ai fait 20 ans de radio au quotidien.
04:43Et j'ai été aussi, pendant presque 20 ans, reporter sportif.
04:47J'ai fait la Coupe du Monde en 70, là-derrière de Pelé.
04:50J'étais le plus jeune commentateur de la planète, j'avais 24 ans.
04:53Et mon dernier match, c'est le quart de finale Brésil-France.
04:57Et c'est moi qui commente le match où Luis Fernandez nous qualifie au pénalty.
05:01Bonsoir, ici Roger Piantoni, Michel Drucker, depuis le stade de Guadalajara,
05:05le stade Jalisco, entièrement brésilien ce soir,
05:08pour ce premier quart de finale de la 13e Coupe du Monde
05:11qui va opposer le Brésil à l'équipe de France.
05:13Cinq coups d'immondes, ça fait 20 ans.
05:16Ça veut dire que, en palpitant, il en a encaissé des choses.
05:29Karine Didier, les lecteurs du Parisien, lui font aussi parler de son enfance.
05:33Il n'était pas le préféré de la famille.
05:35Non, il était considéré comme un peu le cancre.
05:38Il n'a pas fait de grandes études.
05:40Et son père, qui était médecin, lui répétait sans arrêt
05:42« Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? Qu'est-ce que tu vas devenir ?
05:45»
05:45Et en fait, Michel Drucker nous raconte que ça l'a stimulé finalement,
05:50que l'exigence de son père lui a donné aussi des armes
05:53pour persévérer dans ce qu'il voulait faire, dans ce qu'il aimait faire,
05:57et réussir aussi longtemps.
05:59Il évoque aussi les animateurs qu'il admire, comme Laurent Ruquier
06:02ou encore Cyril Hanouna, qui va évoluer dans le bon sens, selon lui, dans les années qui viennent.
06:07Et au bout d'une heure de discussion, les lecteurs le lancent sur ses souvenirs,
06:10notamment sur l'incident provoqué par Serge Gainsbourg sur le plateau de Champs-Elysées,
06:15avec la chanteuse Whitney Houston.
06:17C'était le 5 avril 1986.
06:22Whitney Houston, you are great. Congratulations.
06:27Je vais maintenant vous présenter Serge Gainsbourg, qui pour vous s'est mis en smoking.
06:32Il dit que c'est le plus grand scandale de l'histoire de la télé,
06:35que ça l'a marqué à vie, et qu'on continue de lui en parler encore toutes les deux semaines.
06:41He says you are great. Il dit que vous êtes très jolie.
06:43C'est ça, en gros, ce que tu veux lui dire.
06:44Non ! You are not Reagan, I'm not Gorbachev.
06:50So, don't fry, hein ?
06:52I said I want to fuck her.
06:55Oui, alors, je vais vous traduire.
06:57Non, non, non.
06:58Non, non.
06:59He says you are great.
07:00Il dit que vous êtes très jolie.
07:02Aux Etats-Unis, ça fait un scandale que vous n'imaginez pas.
07:06Whitney Houston, agressé sexuellement par un chanteur sous et devant un présentateur incompétent.
07:12Aujourd'hui, il le ferait, je virerai du plateau.
07:15J'ai banqué de sang-froid à l'époque, j'étais encore un peu jeune.
07:19Et d'autant que je ne l'ai pas viré du plateau parce que c'était à la fin de
07:21l'émission.
07:22Il restait un duo.
07:24Et si je le virais, l'émission s'arrêtait parce que le duo, c'était lui et Mitchell qui chantaient
07:29Vieille Canaille.
07:30Mais la suite que j'ai rarement racontée, c'est que, bien entendu, je n'ai pas vu Whitney Houston
07:35pendant des années, des années, des années.
07:37Et puis, un jour, je présente avec Claude H. Schiffer les World Music Awards à Monaco.
07:42En transmis dans le monde entier, les plus gros vendeurs de disques qui étaient en direct depuis Monaco.
07:47Il y avait Jackson, Prince, Ecclesiastes, il y avait Céline Dion déjà et il y avait Whitney Houston.
07:53Quand je vois ça, je dis à Claude Schiffer, je dis, écoute, si tu pouvais te présenter, toi, Whitney Houston,
08:01parce que moi, je ne l'ai pas vu depuis six ans, mais je peux te dire qu'elle ne
08:04garde pas à mon souvenir de moi.
08:06Elle s'en occupe.
08:07Et le soir, j'avais oublié, il y avait un grand dîner à la table du prince et des princesses.
08:11Et qui est à côté de moi de l'autre côté ? Whitney Houston.
08:14Et pour le bout d'un quart d'heure, je suis obligé de la voir face à face, elle m
08:17'a dit
08:18« What's your name ? I'm sure I met you a long time ago. »
08:22« Je suis sûr que je vous ai rencontrés il y a longtemps. »
08:24Et là, je lui dis « Serge Gainsbourg. »
08:28Elle est avec la tédrée, elle m'a dit « Serge Gainsbourg. »
08:31« And you are ? »
08:33« Michael Drucker, Michael Drucker. »
08:35Elle m'a dit « This was my worst nightmare, ça a été mon pire cauchemar. »
08:39Et puis on a sympathisé. Mais c'est une question qui va marquer toute ma vie. »
08:45Il raconte aussi une anecdote moins connue concernant les tout débuts de Serge Gainsbourg.
08:48Oui, il nous dit que Serge Gainsbourg était pianiste dans un cabaret pour des chanteuses à texte.
08:55Et que la première productrice de Michael Drucker a repéré ce pianiste.
09:00Et un jour, il lui a demandé s'il écrivait aussi des chansons.
09:03Et il lui a présenté des textes qui sont « La Javanaise » et « Le poinçonneur des Lilas ».
09:07« Je suis le poinçonneur des Lilas. »
09:10« Le gars qu'on croise et qu'on ne regarde pas. »
09:13Et il a aussi une autre anecdote sur Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot.
09:16Absolument. Une anecdote croustillante où il a dû aller frapper à la porte de Serge Gainsbourg
09:23qui ne venait pas pour enregistrer sur un plateau de télévision, qui avait deux heures de retard.
09:29Et là...
09:29Il est enfermé avec Bardot depuis trois jours.
09:32Gainsbourg a vécu une histoire d'amour courte mais passionnelle avec Bardot.
09:37Donc je tape.
09:39J'ai dit « Serge, ne déconne pas.
09:41Ça fait deux heures qu'on t'entends au but de son... »
09:44Et en guise de réponse, vous voyez ce qu'il me fait ?
09:46Une volute de fumée sous la porte.
09:58L'un des lecteurs du Parisien, Roland Galland, un retraité qui a exactement le même âge que Michel Drucker, 78
10:03ans,
10:04l'invite ensuite à parler de Johnny Hallyday.
10:08Et là...
10:08On découvre un Michel Drucker hilarant quand il imite Johnny Hallyday.
10:14Et ne raconte non pas une seule anecdote, mais les enchaîne, les enchaîne.
10:18Il y en a au moins cinq, six, on n'arrive plus à l'arrêter.
10:20Johnny, à chaque fois il me liseait.
10:23Comment ça se fait ?
10:26Tout le monde imite le chanteur, mais personne n'imite le parleur.
10:29Pourquoi tu n'imiterais pas le parleur ?
10:30Donc il m'a donné des cours.
10:32Alors il me dit toujours « Comment ça se fait alors qu'on a pratiquement le même âge ?
10:37Tu ne fais pas encore tout à fait vieux et moi je ne fais plus du tout jeune. »
10:45Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas, je fais du sport, je veux aller
10:50médecin tout le temps, je me couche tôt.
10:53J'ai la même femme depuis 45 ans.
10:57Voilà.
10:58Et à chaque fois il disait « Quelle vie de con ! »
11:02Il a l'œil qui pétille, il prend le son de la voix de Johnny.
11:06Donc au lieu de dire « beaucoup », il dit « beaucoup » et il nous fait beaucoup rire.
11:11Johnny, je vais déjeuner un jour à Merve d'un coquet.
11:15Il y avait toute la famille, c'était avant tout, avant Dallas.
11:18Il y avait tout Mamie Rock, toute la bande Baudou, les beaux-parents, tout le gang était là.
11:25Et puis bon, Johnny se lève à midi et demi comme toujours parce qu'il prend des compréhens pour dormir.
11:30Et j'étais là, déjeuner, c'est termine.
11:33Moi je n'aime pas qu'il y ait des Blancs, je fais la conversation avec tout le monde.
11:38Et à la fin, j'ai trois heures et demie, il faut que je rentre quand même.
11:42Et là, qu'est-ce qu'il me prend pour le remercier du déjeuner ?
11:45Je lui dis « Tu sais Johnny, qu'est-ce qu'ils étaient bons tes yaourts ? »
11:49Je ne savais pas que ça m'amènerait très loin.
11:51Et là, incollable.
11:52Alors là, tout le monde me le dit.
11:54« C'est tes yaourts aux fruits, à la fraise, à la poire, aux framboises. »
11:57« Tu devrais les goûter et tu devrais goûter mes petits également qui viennent là-bas. »
12:02« Mais quoi tes petits ? »
12:02« Ben mes petits Suisses. »
12:03« Très bien. »
12:04Alors voilà, il me fait 20 minutes sur sa yaourte.
12:10Il est quatre heures, j'en peux plus, je vais rentrer.
12:12Il m'a un copain dans ma bagnole.
12:14Il me dit « Je t'ai fait un cadeau pour Danny, ta femme. »
12:17« Je t'ai mis une caisse de yaourts dans le coffre. »
12:21J'arrive chez moi, ma femme me dit « Qu'est-ce que c'est que ça ? »
12:24« Ben c'est Johnny. »
12:26Écoutez la suite.
12:28Deux mois se passent.
12:29Il fait un vivement dimanche pour un album, pour un film.
12:33Tous ses copains sont là.
12:35Il y a Jean Reynaud, il y a Lelouch, il y a tout le monde, il y a Eddie.
12:38Il est content comme tout, ça.
12:40Et au milieu de l'émission, il se penche vers moi dans la penande.
12:43Et là, avec une tête comme s'il faisait rigole, il me dit
12:46« Arrête ça tout de suite, il vient dans ma loge. »
12:49On m'a pris de coup, la lumière sera lue.
12:50Je t'écroche mon téléphone, je lui dis « Excusez-nous, on a un petit problème technique. »
12:55On traverse le studio, on s'enferme dans la loge.
12:58Camus et tout le monde, qu'est-ce qui se passe ?
13:00Ils se connaissent depuis tellement longtemps, pourquoi ils t'en collèrent après Michel ?
13:04« D'y assis-toi. »
13:06Il va dans la loge, on s'enferme dans la loge.
13:08« Tu sais que je t'aime beaucoup, depuis toujours, et je ne t'ai jamais fait de cadeau. »
13:13« Alors je vais te le montrer, je t'ai amené une caisse de yaourts. »
13:16J'ai dit « Mais Johnny, on est en pleine émission. »
13:19« Oui, mais je voulais te la donner tout de suite. »
13:21Et il me monte des yaourts dans ma loge.
13:23L'émission reprend.
13:25Je dis « Mais Johnny, ça ne pouvait pas attendre une heure. »
13:27« Non, non, non, tout de suite. »
13:28« Deux mois se passent. »
13:30« Je suis dans mon bureau aussi de Gabriel. »
13:33« Il y a le gars de la sécurité qui me dit, Michel, il y a un monsieur Hallyday qui
13:37est là. »
13:37« Je dis non. »
13:38« À midi, c'était lui. »
13:42« J'étais dans le quartier et je me suis dit, tiens, je vais faire plaisir à mon ami Michel,
13:47je t'ai apporté des yaourts. »
13:51« Il m'a poursuivi pendant des mois avec ses yaourts. C'est Johnny. »
14:11« Au petit dîner, il y avait encore France Gall qui était là. »
14:13« Et puis, au dessert, il me dit, il y a avec moi. »
14:17« On va dans son garage. »
14:19« Des housses qui recouvrent des voitures. »
14:21« Il me dit, je ne t'ai jamais fait de cadeau. »
14:22« Non, là, j'ai quelque chose qui va faire plaisir. »
14:25« Il enlève la housse. »
14:27« C'est pour toi. »
14:28« Il me donne les clés. »
14:29« Une Porsche Carrera neuve. »
14:32« C'est ton cadeau. »
14:33« Je lui dis, mais t'es malade, Johnny. »
14:34« Je lui dis, c'est pas quand dire un truc pareil et puis c'est pas mon truc. »
14:37« Il était pas content. »
14:38« Il me dit, bon alors, on continue. »
14:40« Une autre housse, c'est la une Harley Davidson, neuve. »
14:43« Ça, tu peux pas refuser. »
14:45« Je lui dis, mais Johnny, tu me vois. »
14:46« Ça va te donner un cul, Johnny. »
14:48« Je lui dis, tu vas, je vais aller à l'hôpital de Saint-Trompé. »
14:50« C'était Johnny. »
14:52« Johnny, il distribué comme ça. »
15:01« Karine Didier, il faut rappeler que Michel Drucker, à l'âge de 73 ans, en 2016, s'est lancé
15:06dans une nouvelle carrière. »
15:07« Absolument. Il a décidé lui-même de monter sur les planches avec un one-man show
15:12parce qu'il voulait se mettre dans la peau de ceux qu'il avait l'habitude de recevoir, les artistes.
15:16Et en fait, il a pris goût à la scène et à ce jeu. »
15:19« Et sur scène, comme avec nos lecteurs, il raconte une anecdote sur Johnny et le Stade de France. »
15:24« Johnny, le plus beau souvenir de ma carrière. »
15:27« C'est moi qui étais le copilote de l'hélicoptère quand il est descendu d'hélico. »
15:32« Et j'ai préparé ça pendant des mois et des mois et des mois et des mois. »
15:35« Et il m'appelait deux heures du matin, toutes les semaines, pendant six mois. »
15:40« C'était en janvier 1998 et lui chantait en septembre. »
15:44« Et il m'appelait en pleine nuit. »
15:46« Johnny, qu'est-ce que tu fais ? »
15:48« Je dis, je dors. »
15:50« Réveille-toi. »
15:51« Et en pleine nuit, il me disait, est-ce que tu as vu le film Apocalypse Now ? »
15:55« Le copain-là, tu sais, ils arrivent à quatre hélicoptères, ils attaquent le Vietnam. »
15:58« On va attaquer le Stade de France à quatre hélicoptères. »
16:00« Et tu vas me larguer sur la feuille le bonne nuit. » »
16:03« Alors ma femme me réveille, elle me dit, « Qu'est-ce que t'as ? »
16:06« Écoute, j'ai rêvé. »
16:08« J'ai fait un cauchemar. »
16:10« Il y avait Johnny qui m'appelait. »
16:12« Ma femme me disait, « Rendors-toi, t'as fait un cauchemar. » »
16:14« Quinze jours après. »
16:15« C'est Johnny, qu'est-ce que tu fais ? »
16:17« Je dis, je dors. »
16:18« Tu dors tout le temps. »
16:19« Je dis, écoute Johnny, à quatre ans et vingt ans, on dort. »
16:22« Est-ce qu'ils sont prêts, les hélico ? »
16:24« Je dis, mais Johnny, je me suis renseigné, c'est pas possible. »
16:28« On n'a pas le droit de survoler une foule. »
16:30« Si, les Beatles l'ont fait à San Francisco. »
16:32« Oui, mais les Beatles l'ont fait, mais il y avait une DZ, une drop-in zone. »
16:36« Il y avait un truc de gazon sans public. »
16:38« Eh bien, tu fais une drop-in zone, toi-même. »
16:41« Je suis arrivé avec ma tondeuse à gazon et au stade de France, j'ai te fermé. »
16:44« Tu te démerdes. »
16:46« Jean-Claude Camus l'appelait, il me dit, « Laisse tomber, oublie. »
16:50« Mais il me lâche pas. »
16:53« J'ai appelé à l'époque l'Élysée. »
16:55« J'ai appelé le ministère de l'Intérieur, les pompiers,
16:58la sécurité civile, le maire de Saint-Denis, le stade de France. »
17:01« Et j'obtiens un hélico. »
17:03« Non, je l'appelle, finalement. »
17:04« Johnny, réjouis-toi. »
17:06« C'est bon. On aura un hélico. »
17:07« C'est pas beau cul. »
17:08« Je dis quoi, ça, c'est pas beau. »
17:11« Johnny, on n'a pas le droit, je te le dis. »
17:14« Il n'y a que le SAMU et la sécurité civile. »
17:18« Ah ben, on arrive avec quatre hélicos du SAMU. »
17:19« J'ai dit, « Non, on ne peut pas. »
17:22« J'obtiens un hélico. »
17:24« Écoute bien, Johnny. »
17:26« On va décoller d'ici les Moulineaux. »
17:28« Tu seras devant, harnaché. »
17:29« On va prendre un hélico spécialiste des sauvetages en montagne »
17:33« avec un vrai pilote professionnel, mâcheré à côté seulement. »
17:37« On va décoller d'ici les Moulineaux. »
17:39« On va aller au-dessus de la Défense. »
17:41« Direction le stade de France. »
17:43« 50-60 mètres du sol. »
17:45« On n'a pas le droit de surveiller la foule. »
17:47« On va faire un circulaire autour du stade de France, »
17:49« car c'est un neval vu d'en haut. »
17:52« Tu vas descendre à un endroit précis, tu salueras la foule, »
17:55« comme Céline Dion dans le Titanic. »
17:57« On va couper le temps de l'intro. »
18:00« L'intro, c'est allumer le feu. »
18:01« On te descendra en-dessous par une espèce d'ascenseur. »
18:04« Et tu sortiras par le sol. »
18:06« J'ai rien compris. »
18:09« Je dis Johnny. »
18:11« Je dis, écoute, on va répéter. »
18:13« On va faire un vol de reconnaissance avec les Titian. »
18:16« Non, pas avec la Tatia. »
18:17« Pourquoi ? »
18:17« Elle a peur. »
18:18« Je dis, mais si, il faut qu'elle vienne. »
18:20« On l'a fait. »
18:22« D'abord, on l'a fait, mais joli. »
18:24« On décolle, le jour J. »
18:26« On arrive à la hauteur, pratiquement, du deuxième étage à la Tour Eiffel. »
18:29« Et on va vers la Défense. »
18:31« On ouvre la porte de l'Élico dans un fracas épouvantable, »
18:34« parce que les pales de l'Élico, ça fait beaucoup de bruit. »
18:37« Et là, Johnny devient blanc. »
18:39« Arrête ça tout de suite. »
18:40« J'ai le vertige. »
18:42« Six mois de boulot, Johnny, on nous attend. »
18:44« J'ai le vertige. »
18:45« Et je crois que je vais gerber sur la Défense. »
18:47« Il l'a fait. »
18:49« On a les images, il l'a fait. »
18:51« Moi, avec le pilote d'Élico, on repart au Moulineau. »
18:55« Ça y est, allumer le feu a commencé, on est tellement contents. »
18:57« Six mois de boulot. »
18:58« On y va, on prend une moto et je fais tout pour retourner au Stade de France avant la
19:02fin du concert. »
19:03« Je suis dans sa loge avec David. »
19:05« Il arrive, épuisé, tout ça. »
19:07« Je dis alors, Johnny, on a réussi l'Élico. »
19:10« C'est ce qu'il me dit. »
19:11« Pourquoi tu as eu peur ? »
19:16« Après cette discussion qui dure plus de deux heures, il se fait prendre en photo pour le Parisien avec
19:21les lecteurs. »
19:22« Et là, il a l'air un peu fatigué. »
19:24« Oui, il a l'air un petit peu fatigué, mais c'est normal. »
19:26« Il a beaucoup parlé. »
19:28« Les lecteurs l'ont beaucoup sollicité. »
19:31« Et puis, c'est l'heure de déjeuner, il a faim et comme il a perdu près de onze
19:35kilos, qu'il en a repris huit, il nous explique aussi que ça fait partie de sa rééducation de reprendre
19:40ses kilos. »
19:41« Il s'installe pour grignoter et essayer de reprendre encore quelques grammes perdus. »
19:47« J'attendais ça depuis très longtemps. Moi, j'aime bien parler. Comme je n'ai pratiquement pas parlé pendant
19:54six mois, ça m'a fait du bien aujourd'hui d'échanger avec les téléspectateurs et les lecteurs. »
20:01« Et puis, c'est un bon entraînement pour moi avant d'aller sur le plateau. »
20:04« Il est drôle. Il est très gentil, il parle beaucoup et il est très abordable. »
20:11« C'est ça qui me plaît chez lui. C'est son côté simple et naturel et qu'il a
20:14réussi à faire perdurer tout au long de ces années. »
20:21Le mercredi 24 mars, Karine Didier vous assistait à l'enregistrement de son émission, Vivement Dimanche.
20:26Ça se passe au pavillon Gabriel, sa maison, comme il dit, près des Champs-Elysées.
20:30D'abord, est-ce qu'il y a un peu de tension en coulisses juste avant ?
20:34« Pas du tout. Les techniciens, toute son équipe s'agitent à tout préparer.
20:38Mais on sent que tout le monde est serein et lui-même est serein d'ailleurs.
20:41Au point de plaisanter, de dire que son cardiologue vient de le traiter d'extraterrestre.
20:47Donc tout a l'air de se passer formidablement bien. »
20:51Décrivez-nous le moment où ça commence à tourner.
20:54« Alors juste avant le tournage, lui, il est en coulisses, derrière la grande porte du décor blanc et rouge.
21:01Il est concentré et il est calme, serein, il a tout dans sa tête.
21:07Il a quelques petites fiches qui l'attendent sur un coin du canapé rouge, mais il a l'air détendu.
21:14« Bonjour. Heureux, évidemment, et ému de vous retrouver. Vraiment, ça me touche beaucoup.
21:22Ça me va droit au cœur, votre accueil, et c'est le cas de le dire.
21:26Alors merci. Je ne sais pas si, pendant cette longue et douloureuse parenthèse,
21:31vivement dimanche vous a manqué, mais vous, vous m'avez beaucoup manqué.
21:34Et merci pour tous vos témoignages.
21:36Content de retrouver ma maison.
21:37« Ma maison, c'est le service public depuis plus d'un demi-siècle. »
21:41Et donc son premier invité, c'est Gad Elmaleh.
21:43« Gad Elmaleh est devenu assez proche de Michel Drucker.
21:47Et il lui avait promis que quand il reviendrait à l'antenne, il serait là.
21:51Donc il est venu du Maroc pour être à ses côtés pour cette première.
21:55Il est très ému, Gad Elmaleh, en fait, quand l'émission démarre.
21:58« Je suis très très touché. Je suis très très heureux de te voir ici.
22:01Et très très ému aussi.
22:04Et depuis ce matin, je pense à des vannes que j'avais envie de faire dès que j'allais rentrer.
22:09Le fait de te voir ici après tout ce temps, ça va me prendre un petit temps avant de les
22:13faire. »
22:13Il a vraiment la gorge serrée d'être en face de Michel Drucker,
22:17dont il a pris des nouvelles régulièrement depuis son opération.
22:19C'est presque un moment un peu surréaliste.
22:23« J'ai essayé de ne pas trop rire.
22:25C'est pour ça que je t'en voulais beaucoup quand je t'écoutais dans « Rire à J'enfonce.
22:29»
22:29Quand on est opéré du thorax, il ne faut pas rire pendant des mois tellement on a mal.
22:33Donc dès que tu apparaissais ou dès que j'entendais à la radio Laurent Gérard ou Cantelot sur Europe,
22:38j'étais comme ça, on disait « il ne faut pas rire. »
22:40Comment se passe la suite de l'émission ?
22:42Il reçoit ses copains humoristes, une vingtaine en tout.
22:45Les Chevaliers du Fiel, Eric Antoine le magicien, Tom Villa.
22:49Pour tout vous dire, en fait, j'avais écrit vos éloges funèbres.
22:55Non, je m'en fume un écro.
22:57Dorénavant, vous allez retrouver vos amis avec qui vous avez commencé.
22:59Johnny Aznavour, Nefertiti et Pépin Lebref.
23:03Prenez soin de vous, Michel, et embrassez ceux qu'on aime.
23:05Et j'espère que là-haut, il donne des cours d'anglais parce que « I want to fuck you
23:08».
23:08Vraiment, ça ne veut pas dire « il voudrait vous offrir des fleurs ».
23:11Il ne porte ni oreillette et il n'a pas de prompteur.
23:14Donc dès qu'il y a un petit problème technique, il décroche un petit téléphone rouge
23:17qui est juste à côté de lui, sous la coudoir du canapé, pour appeler la régie.
23:22Et c'était amusant de voir qu'il avait toujours ses réflexes, il a toujours la pêche.
23:27Il relance aussi les humoristes et tout est fluide.
23:30Il a tenu le coup pendant les quelques deux heures qu'on durait ce premier tournage ?
23:34Alors il a tenu le coup à tel point que même à la fin du tournage,
23:37il plaisantait encore avec les humoristes qui lui disaient « t'es en forme, tu vas encore rester au moins
23:42dix ans ».
23:43Delphine Ernotte, la présidente du groupe public, dit qu'elle le trouve incroyable de reprendre aussitôt après son opération.
23:52Et voilà, elle y croit, elle est épatée par la performance de Michel Drucker lors de cet enregistrement.
23:57Vous qui avez vu ça aux premières loges, donc avec le face au lecteur quelques jours avant et ce tournage,
24:02c'est impressionnant ?
24:02C'est très impressionnant parce que déjà pendant le face au lecteur, j'avais trouvé qu'il avait l'air
24:08plutôt en forme.
24:09Mais là, sous les projecteurs, on a l'impression qu'il renaît, que ça le dope en fait.
24:13On ne peut même pas imaginer une seule seconde en le voyant qu'il a subi une telle opération parce
24:18qu'il a plutôt bonne mine.
24:20Et il est à l'aise, il a retrouvé tous ses réflexes.
24:24Et même les techniciens autour me disaient « mais il est quand même épatant ».
24:39Merci Karine Didier.
24:41J'ajoute que Michel Drucker va sortir un nouveau livre le 29 avril chez Robert Laffont.
24:45Livre où il raconte ce qu'il vient de lui arriver et dans lequel il rend hommage au personnel soignant.
24:51Ça s'appelle « Ça ira mieux demain ».
24:53Cet épisode a été produit par Mathias Penguili, Thibault Lambert et Marion Bottorel.
24:58Réalisation, Julien Moncouquiol.
25:01Code Source est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
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25:12Et puis vous pouvez nous écrire codesource.fr.
25:18C'est le podcast d'actualité du Parisien.
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