- il y a 12 heures
En février 2017, iTélé change de nom et devient Cnews, avec à sa tête le milliardaire et homme d’affaires Vincent Bolloré. Sept ans plus tard, elle est l’une des chaînes d’info les plus regardées de France, mais aussi la plus controversée. Pour Code source, deux journalistes du service culture du Parisien, Benoît Daragon et Benjamin Meffre, spécialistes des médias, reviennent sur l’évolution de CNews.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network -
Archives : INA, Cnews, France 2, Youtube, Europe 1, AFP.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network -
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11C News sur le canal 16 de la TNT sera-t-elle bientôt la chaîne d'info la plus regardée
00:17de France ?
00:18Depuis sa reprise en main par l'homme d'affaires Vincent Bolloré, il y a 7 ans, ses audiences ne
00:23cessent de progresser.
00:24Il lui arrive à certaines heures de battre BFM TV et elle s'est retrouvée en décembre dernier, leader en
00:31part d'audience plusieurs jours de suite.
00:33C News est aussi de plus en plus controversée, boycottée par des responsables politiques qui l'accusent de laisser trop
00:40de place aux idées d'extrême droite sur son antenne.
00:43Récemment, les dirigeants de la chaîne ont dû s'excuser après un dérapage dans une émission qui affirmait que l
00:49'avortement était la première cause de mortalité en France.
00:52Cet épisode de Codesource est raconté par deux journalistes du Parisien, spécialistes médias au service culture, Benjamin Meffre et Benoît
01:00D'Aragon.
01:07Le jeudi 29 février, c'est un jour important pour ces news.
01:11Des dirigeants et des têtes d'affiches de la chaîne d'info sont auditionnés par des députés à l'Assemblée
01:16nationale.
01:16Benjamin Meffre, ces auditions arrivent à un moment où la chaîne est en pleine polémique.
01:21Oui, quelques jours avant, l'antenne de C News a diffusé une séquence très polémique autour de l'IVG.
01:27Et donc, ses représentants, ses dirigeants, mais aussi des figures de l'antenne se présentent devant les députés de l
01:32'Assemblée nationale.
01:33Alors, on est dans une salle annexe à l'hémicycle, c'est une salle de réunion.
01:36Ils vont devoir répondre aux questions des députés qui veulent se pencher sur le renouvellement de la fréquence de C
01:40News qui doit intervenir en 2025.
01:42Et donc, les députés veulent les interroger sur le contenu, les programmes de C News, pour comprendre notamment pourquoi la
01:48chaîne a été autant rappelée à l'ordre par l'ARCOM, le régulateur de l'audiovisuel.
01:53Vous nous direz à la fin de cet épisode comment tous ces pontes ont défendu leur chaîne devant les députés.
01:58Mais avant, on va voir ensemble pourquoi C News est aussi controversée ces dernières années.
02:03Rappelons qu'au départ, Benoît D'Aragon, les téléspectateurs ont connu cette chaîne pendant longtemps sous un autre nom, e
02:09-télé.
02:09e-télévision, c'est une chaîne qui est créée en 1999.
02:12A l'époque, TF1 a une chaîne d'info qui s'appelle LCI et qui marche fort, qui s'est
02:16inspirée de CNN aux Etats-Unis.
02:18C'est la grande période du câble et du satellite et donc Canal+, pour booster son offre de chaîne
02:23payante, a besoin d'une chaîne d'info et créée e-télévision.
02:25C'est l'heure, l'heure de l'information, l'heure d'e-télévision.
02:29e-télévision va être créée en 1999 et ne va jamais vraiment trouver sa place, peine à imposer son style.
02:36Ils vont toujours être dans l'ombre de LCI.
02:37Et quand en 2005, l'Etat crée la TNT, ils attribuent une fréquence à un nouveau venu, une nouvelle chaîne
02:43qui s'appelle BFM TV.
02:44Et les équipes d'e-télé se disent qu'il y a un coup à jouer sur la télévision gratuite.
02:48Et donc, ils décrochent eux aussi une fréquence.
02:50Mais là encore, ils vont rester pendant de longues années dans l'ombre de BFM, qui sera toujours préférée par
02:55les téléspectateurs.
03:00Dix ans plus tard, en 2015, le milliardaire Vincent Bolloré, propriétaire de Vivendi, prend le contrôle du groupe Canal+,
03:06dont fait partie e-télé.
03:08Et dès l'année suivante, en 2016, il veut imposer des changements au sein de la chaîne.
03:12Il décide de nommer un nouveau directeur de la rédaction qui s'appelle Serge Nedjar et qui est toujours en
03:16poste aujourd'hui.
03:17Serge Nedjar, c'est un proche de Vincent Bolloré.
03:20Et Vincent Bolloré, il est considéré comme un patron très interventionniste.
03:23Quelques mois auparavant, Vincent Bolloré, il a décidé de s'attaquer au grand journal de Canal+.
03:28Il a dégagé Antoine Decaune.
03:30Il a viré le producteur historique de l'émission qui s'appelle Renaud Levanquime pour placer Maïté Nabirabin.
03:35Il a aussi décidé de s'attaquer au guignol de l'info en virant tous les auteurs.
03:39Il écrit lui-même des sketchs.
03:41Vincent Bolloré, il suggère des sketchs aux nouveaux auteurs.
03:43Bref, à e-télé, on se dit qu'il va vouloir intervenir dans les contenus.
03:48La rédaction se mobilise pour mettre en place des garde-fous pour garantir l'indépendance de la rédaction.
03:54Au mois d'octobre, la rédaction d'i-télé décide de se mettre en grève.
03:58La rédaction va se mettre en grève pendant 31 jours, ce qui est un record dans l'audiovisuel,
04:02parce que l'élément déclencheur, ça a été l'arrivée de Jean-Marc Morandini.
04:06Vincent Bolloré est assez proche de Jean-Marc Morandini, qui était un des présentateurs vedettes de sa chaîne Direct8.
04:12Et Vincent Bolloré propose à Jean-Marc Morandini d'arriver sur CNews.
04:15Juste avant l'été 2016, Jean-Marc Morandini vient d'être accusé d'agression sexuelle sur des mineurs.
04:21L'animateur de télévision et de radio, Jean-Marc Morandini, a été mis en examen pour corruption de mineurs aggravés.
04:27Il a été placé sous contrôle judiciaire.
04:29Il est accusé de harcèlement sexuel, notamment dans le cadre d'un casting qu'il avait organisé pour une web
04:34-série.
04:35Et les journalistes se demandent comment Jean-Marc Morandini, qui lui-même fait la une de l'actualité judiciaire,
04:39va pouvoir parler au quotidien de l'actualité, notamment de faits divers.
04:44Nos revendications depuis une semaine, ce sont toujours les mêmes.
04:46C'est la signature d'une charte éthique, c'est la mise en retraite de Jean-Marc Morandini,
04:50c'est la garantie finalement qu'on puisse exercer notre métier en toute indépendance.
04:54Jean-Marc Morandini devient un symbole pour la rédaction d'une résistance à Vincent Bolloré.
04:58Comme Vincent Bolloré ne cède pas et veut imposer à tout prix Jean-Marc Morandini, la rédaction se met en
05:03grève.
05:03Le bras de fer continue à Itélé, en grève depuis lundi.
05:07Laurence Ferrari appelle à la reprise du dialogue en reconnaissant la légitimité du mouvement.
05:12Et à l'issue de la grève, il y a plus de la majorité de la rédaction qui va claquer
05:15la porte et qui va s'en aller.
05:19Dans quelques heures, vous aurez rendez-vous avec CNews.
05:22Itélé vous a accompagné pendant près de 18 ans dans votre quotidien.
05:25Quelques mois plus tard, Itélé change de nom, elle devient CNews en février 2017.
05:30Sa grille est remaniée et l'objectif de la chaîne, c'est toujours de traiter l'information, mais pas avec
05:36les mêmes moyens.
05:37Itélé a toujours perdu de l'argent.
05:39En 2016, au moment de la grève, elle perd 32 millions d'euros.
05:43Donc la direction de CNews se dit que ça ne peut plus durer et qu'il faut revoir le modèle
05:47économique de la chaîne.
05:48Et pour revoir ça, ils ont une idée, c'est de dire que l'info ça coûte cher.
05:50Il faut envoyer des reporters à l'autre bout du monde, à l'autre bout de la France, avec un
05:54car régie, avec un monteur, avec un caméraman.
05:57Et donc du coup, ils se disent que finalement, ce qu'il y a de moins cher, c'est de
05:59faire des débats.
05:59On met trois personnes autour d'une table, on les fait parler de l'actualité.
06:02Et donc toute la grille va être vue pour proposer des débats.
06:06Et d'un point de vue financier, ça marche, puisque les pertes de CNews vont être réduites d'année en
06:10année.
06:10Le journaliste et animateur Pascal Praud, qui est officier déjà sur Itélé, se voit confier une émission quotidienne d'actualité
06:16le matin, l'heure des pros.
06:17Il est aussi nommé conseiller éditorial au sein de la chaîne.
06:20Benjamin Meffre, c'est quoi son rôle ?
06:22C'est un peu la tête de gondole de CNews, c'est celui qui incarne le ton de la nouvelle
06:27chaîne.
06:27C'est un des rares visages connus de l'antenne à cette époque, il faut aussi le rappeler.
06:31Pascal Praud, avant, il a été longtemps sur TF1 en tant que journaliste sportif, il était là sur Itélé.
06:35Et donc il va développer cette émission du matin, qui s'appelle l'heure des pros, une émission de débat
06:39autour de l'actualité, qui va très vite faire parler d'elle.
06:41Le ton est très décomplexé, à tel point que l'émission sera très vite caricaturée en bistrot des pros,
06:47c'est-à-dire une émission dans laquelle on peut à peu près tout dire.
06:49Vous laissez parler les gens, il y a beaucoup de gens qui sont scientifiques et qui sont climato-sceptiques.
06:53Mais ça n'existe plus !
06:54Non, ne dites pas ça madame !
06:55Pascal Praud, il développe une animation très théâtrale, avec ses célèbres lunettes rouges qu'il touche à chaque instant.
07:02Mais on a l'impression d'entendre une fille de Lénine et de...
07:04C'est dommage d'être si jeune et d'avoir déjà des propos si ringards !
07:09Ces chroniqueurs sont très forts en gueule, on peut penser notamment à Elisabeth Lévy, qui traitera de folle Claire de
07:14Mouvion, une écologiste invitée sur le plateau.
07:17Non, oui, je trouve ça normal que les gens puissent s'exprimer !
07:19Pas bien, non !
07:20Donc, s'il vous plaît, je voudrais que vous...
07:22C'est vous qui êtes folle, là !
07:23Je voudrais...
07:24C'est vous qui êtes dingue !
07:25Arrêtez aussi !
07:25À la clé, il y a beaucoup de séquences de buzz, de clash, ça fait parler de l'émission à
07:29l'extérieur et ses audiences ne vont cesser de croître.
07:32Éric Zemmour arrive à l'instant, installez-vous !
07:35En octobre 2019, le polémiste Éric Zemmour intègre une émission qu'il coanime tous les soirs à 19h, ça s
07:42'appelle Face à l'info.
07:43Il y débat et commence pendant une heure l'actualité avec un éditorialiste différent à chaque fois.
07:48Benoît D'Aragon, à ce moment-là, à quoi ressemble une journée typique sur CNews ?
07:52Une journée sur CNews, ça commence globalement avec une matinale de Romain Desarmes,
07:57ensuite il y a Pascal Praud dont on vient de parler, Jean-Marc Morandini,
08:00et le soir il y a Sonia Mabrouk, Laurence Ferrari, et en fin de journée il y a Éric Zemmour.
08:05Il était déjà là du temps d'y télé Éric Zemmour, mais à l'époque il débattait toujours avec quelqu
08:09'un qui était radicalement en désaccord avec lui,
08:11ce qui faisait des débats plutôt équilibrés.
08:14Désormais, dans cette nouvelle grille voulue par Vincent Bolloré, en fait, Éric Zemmour, il a une longue tribune pour exprimer
08:21ses idées.
08:21L'émission est coanimée par Christine Kelly, qui est une ancienne membre du CSA.
08:26Christine Kelly, elle ne le contredit pas beaucoup, elle le relance pour qu'il développe ses idées, pour qu'il
08:30précise,
08:31mais jamais elle ne lui rentre dedans ou elle signifie un désaccord avec lui.
08:35Éric Zemmour, il est souvent challengé par des éditorialistes, mais ce sont des éditorialistes qui sont d'accord avec lui.
08:41On n'est plus sur un débat avec des avis tranchés, mais on est sur des discussions entre personnes qui
08:46sont d'accord.
08:46Et ça, c'est assez emblématique de ce que va devenir CNews au fur et à mesure des années.
08:50C'est-à-dire que souvent, ce sont différentes tonalités de la droite ou de l'extrême droite française
08:56qui débattent entre eux avec des débats qui sont très peu équilibrés.
09:01Et on parle de quoi sur cette chaîne globalement ?
09:03CNews, il y a divers sujets qui reviennent régulièrement.
09:05Globalement, c'est beaucoup de débats sur la sécurité, sur les faits divers, sur l'éducation,
09:11les problèmes dans l'éducation, la difficulté des profs d'histoire à enseigner certaines parties de l'histoire
09:17sans qu'il y ait des débats dans les classes.
09:18Ils sont souvent assez sévères avec l'action du gouvernement.
09:21Ils sont très intéressés par tout ce qui touche à la sécurité de la France.
09:24On parle aussi beaucoup de religion.
09:25Il y a d'ailleurs sur CNews une émission religieuse, ce qui peut surprendre sur une chaîne info
09:29qui s'appelle Enquête d'esprit.
09:32Officiellement, c'est une émission spirituelle, mais dans les faits, c'est une émission
09:35qui est quasiment intégralement consacrée au catholicisme
09:38et qui ne fait parler que des intervenants catholiques.
09:41Et voilà, on peut s'étonner qu'une émission religieuse soit sur une chaîne d'infos,
09:45ce qui n'est pas du tout le cas sur les autres.
09:47Au mois de septembre 2020, dans son émission,
09:50Éric Zemmour tient des propos haineux sur les mineurs isolés qui ont immigré en France.
09:54Racontez-nous cette séquence.
09:55En septembre 2020, il y a un attentat devant les anciens locaux de Charlie Hebdo.
09:59Il y a un jeune homme qui attaque au hachoir des passants,
10:03dans ce lieu évidemment très symbolique de ces attentats de Charlie Hebdo en 2015
10:07qui ont beaucoup secoué la France.
10:08Il se trouve qu'il y a six personnes qui sont placées en garde à vue,
10:12dont plusieurs mineurs isolés.
10:14Le soir même, Éric Zemmour, qui n'est pas encore candidat à l'élection présidentielle,
10:17mais qui a déjà son émission sur CNews, revient évidemment sur ce fait divers.
10:21Il dit à l'antenne, ils n'ont rien à faire ici,
10:23ce sont de voleurs, ce sont des assassins.
10:25Et ils demandent à ce qu'ils quittent la France.
10:27Christine Kelly lui dit, peut-être pas tous.
10:29Et il s'énerve, il dit si, si, tous, tous, tous.
10:32Ce sont tous des délinquants.
10:33Éric Zemmour, vraiment, il n'y a pas de juste milieu.
10:35Il n'y a pas, mais il n'y a pas de juste milieu.
10:37Il faut renverser la table.
10:39C'est-à-dire qu'il faut que ces jeunes, comme le reste de l'immigration,
10:43ne viennent plus.
10:44Tous !
10:44Tous, Christine, tous !
10:46Pourquoi ?
10:47Mais parce qu'ils n'ont rien à faire ici, je vous le répète.
10:50Et s'ils sont souffrants de leur pays ?
10:51Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont.
10:57Cette séquence va provoquer un tollé énorme.
11:00L'Arcom sera saisi, va condamner la chaîne à 200 000 euros d'amende.
11:04Éric Zemmour sera par ailleurs poursuivi pour incitation à la haine
11:06devant le tribunal correctionnel de Paris qui va le condamner à 10 000 euros d'amende.
11:10Des représentants politiques et syndicaux, notamment d'Europe Écologie-Les Verts, de la CGT
11:14ou encore quelques élus de la majorité, décident de boycotter CNews
11:18et font savoir qu'ils ne répondront plus aux invitations de la chaîne.
11:21Benjamin Meffre, en clair, CNews est accusé à ce moment-là de donner trop la parole à la droite ?
11:26Oui, la chaîne est accusée de dérive droitière, d'être devenue un peu 50 nuances de droite
11:30et d'avoir un traitement déséquilibré de l'information.
11:34Et donc, certains responsables politiques vont décider de ne plus y aller,
11:37y compris au gouvernement.
11:38Il faut se rappeler qu'à l'époque, Olivier Véran, par exemple, ne veut pas aller sur CNews,
11:42contrairement à d'autres mondes du gouvernement.
11:43Et c'est d'ailleurs un des sujets, c'est que ce boycott, il va se faire en ordre dispersé.
11:47Il y a certains représentants, y compris de la France insoumise,
11:49qui vont continuer à accepter d'aller sur le plateau de CNews
11:52et d'autres qui vont le refuser.
11:53Benjamin Meffre, la loi oblige pourtant CNews à faire entendre sur son antenne une diversité d'opinions.
11:58Oui, la chaîne est soumise, comme toutes les autres chaînes d'information,
12:03à un respect du pluralisme, c'est-à-dire qu'elle doit donner la parole
12:05à tous les partis politiques représentés.
12:08Mais la chaîne dit justement qu'elle le fait,
12:11qu'elle se tient au respect de cette loi de 1986 avec scrupule.
12:16Et elle explique aussi à l'ARCOM qu'elle tente de faire venir des responsables de gauche,
12:21mais que ces derniers refusent ces invitations,
12:22et que donc il est difficile pour elle d'avoir un équilibre parfait
12:25dans les temps de parole des responsables politiques.
12:26Éric Zemmour finit par quitter la chaîne puisqu'il se porte candidat à l'élection présidentielle de 2022.
12:32Il arrive quatrième au premier tour avec un peu plus de 7% des voix.
12:35Après la présidentielle s'achève une saison 2021-2022 historique pour CNews.
12:41Elle resserre l'écart avec BFM TV qui est leader des chaînes d'info
12:45et réalise 2,1% de part d'audience en moyenne.
12:49Le 3 juillet 2022, le Parisien publie une interview de Serge Nedjar,
12:54le très discret patron de CNews.
12:56Benjamin Meffre, qu'est-ce qu'il répond dans nos colonnes
12:58à celles et ceux qui qualifient la chaîne d'extrême droite ?
13:01Alors il récuse cette accusation,
13:03il explique que sa chaîne ne fait pas monter l'extrême droite.
13:06Il explique d'ailleurs que l'audience de sa chaîne est trop faible
13:08pour avoir une quelconque influence sur le vote des Français.
13:11Et il dit aussi que CNews fait selon lui un travail honnête et objectif
13:15et respecte l'ensemble de ses obligations,
13:17notamment l'équilibre des temps de parole entre les responsables politiques.
13:20Benjamin Meffre, qui regarde CNews ?
13:22La chaîne a un public plutôt âgé avec une moyenne d'âge de 64 ans.
13:26C'est un peu plus que BFM TV mais c'est aussi un peu moins que LCI.
13:30Et après côté politique, si on s'intéresse au vote des téléspectateurs de CNews,
13:34on constate deux choses.
13:36Tout d'abord que les téléspectateurs occasionnels sont assez représentatifs
13:40des derniers résultats de la présidentielle
13:42avec la présence de personnes qui ont voté pour Emmanuel Macron,
13:46pour Jean-Luc Mélenchon, pour Marine Le Pen, pour Éric Zemmour, etc.
13:49En revanche, quand on s'intéresse plus particulièrement aux téléspectateurs assidus,
13:53c'est-à-dire ceux qui regardent plusieurs fois par semaine la chaîne,
13:55là on constate qu'il y a une surreprésentation des électeurs d'Éric Zemmour et de Marine Le Pen.
14:00On en vient à l'année 2023, à la rentrée.
14:03Au mois de septembre, une nouvelle émission hebdomadaire voit le jour sur la chaîne,
14:07le dimanche, face à Philippe de Villiers.
14:09C'est un rendez-vous avec l'ancien homme politique, catholique et ultra-conservateur.
14:14Dans le même temps, le journaliste Laurent Joffrin,
14:16ancien directeur du journal Libération,
14:18et qui était un chroniqueur historique de l'émission de Pascal Praud,
14:21quitte la chaîne pour montrer son soutien aux journalistes du JDD
14:25en grève contre le nouvel actionnaire, Vincent Bolloré.
14:28Benjamin Meffre, c'était l'un des éditorialistes les plus identifiés à gauche sur cette chaîne.
14:33Oui, c'était l'un des chroniqueurs de CNews qui se revendiquaient de gauche.
14:36On le rappelle, Laurent Joffrin, c'est l'ancien patron de Libération, du Nouvel Observateur,
14:40qui avait lancé un mouvement de gauche appelé Les Engagés.
14:44Et donc, il était régulièrement invité sur la chaîne,
14:47sur des plateaux où il était souvent malmené par les autres chroniqueurs
14:50qui étaient régulièrement en désaccord avec ses positions.
14:52Ce que je n'aime pas dans ce que vous dites, c'est...
14:54Mais ne me faites pas venir si vous ne m'aimez pas, si vous êtes fatigant.
14:58Parce qu'il a déjà fait 7%. En fait, ce n'est pas vrai.
15:00Ce n'est pas si mal.
15:01Merci.
15:02Oui, mais c'est un ton et une couleur.
15:04Alors, essayons d'être honnêtes intellectuellement tous.
15:08Il n'a pas posé sa question.
15:09Mise à part lui, qui sont les autres chroniqueurs
15:11qu'on pourrait ranger à gauche sur les plateaux de CNews ?
15:14On pourrait citer Gérard Leclerc,
15:16qui a longtemps été un chroniqueur de CNews
15:18avant de tragiquement disparaître l'année dernière.
15:21Lui aussi était, comme Laurent Joffrin,
15:23souvent malmené sur les plateaux, notamment de Pascal Praud.
15:25C'était un peu la boîte à gifle de l'ensemble des chroniqueurs présents sur le plateau.
15:30On peut également citer le cas d'anciens responsables du Parti Socialiste.
15:34Je pense notamment à Julien Drey ou à François Puponi,
15:37qui a longtemps été élu de Sarcelles et qui est souvent interrogé sur CNews
15:41sur les questions de sécurité ou de communautarisme.
15:45Le 29 septembre, dans son émission L'Heure des Pros,
15:48Pascal Praud établit un lien entre la supposée prolifération des punaises de lits en France,
15:53qui fait les gros titres de l'actualité à ce moment-là,
15:56et l'immigration.
15:57Il y a beaucoup d'immigration en ce moment.
16:00Est-ce que c'est des personnes qui n'ont pas les mêmes conditions d'hygiène
16:05que ceux qui sont sur le sol de France, qui apportent...
16:10Une séquence qui vaut à la chaîne un rappel à l'ordre de l'Arcôme,
16:13Benjamin Meffre, est-ce que le gendarme de l'audiovisuel a beaucoup sanctionné
16:16ou rappelé à l'ordre CNews ces dernières années ?
16:19Oui, CNews fait partie des chaînes les plus épinglées par l'Arcôme,
16:23le régulateur de l'audiovisuel.
16:24Depuis 2019, elle cumule 10 mises en cause.
16:27Donc dans ces mises en cause, il y a plusieurs choses différentes.
16:29Il y a des mises en demeure, des mises en garde,
16:31mais aussi des sanctions, et notamment des sanctions financières.
16:33La chaîne a été condamnée par exemple à 50 000 euros d'amende
16:36pour avoir présenté de manière faussée un sondage.
16:39Donc oui, le dossier CNews à l'Arcôme est volumineux.
16:46Benoît D'Aragon, au mois d'octobre, vous signez un papier dans Le Parisien
16:49avec votre consoeur Pauline Thévenu du service politique
16:52au sujet de l'attitude du gouvernement à l'égard de CNews.
16:55Qu'est-ce que les ministres et leurs conseillers pensent de cette chaîne
16:58et de son succès incontestable ?
17:00Déjà, ils la regardent. Ils la regardent beaucoup.
17:03Pendant des années, dans les ministères, on regardait surtout BFM TV
17:05et puis on zappait à 20h pour regarder le journal télévisé sur TF1 ou sur France 2.
17:10Là, on voit qu'ils zappent entre les deux chaînes d'info continue,
17:13que dans tous les ministères, on écoute Pascal Praud, son édito de 9h,
17:16que Brigitte Macron, par exemple, regarde l'émission en faisant sa gym le matin à l'Elysée.
17:21Et on sent les conseillers qui sont entre défiance et fascination.
17:24Vous avez des ministres qui y vont régulièrement, comme Gérald Darmanin
17:28ou comme Gabriel Attal, quand il est passé à l'éducation nationale
17:30et qu'il a interdit la baïa à la rentrée 2023.
17:33Il va régulièrement sur le plateau de CNews.
17:36Et il y a d'autres ministres qui se méfient, qui n'y vont pas.
17:38Éric Dupond-Moretti, lui, par contre, refuse d'aller sur les plateaux de la chaîne.
17:43En tout cas, tout le monde a conscience que les débats qui ont lieu sur CNews
17:46ont une portée dans l'opinion publique,
17:48notamment auprès de l'électorat de droite,
17:51qui est important pour la majorité présidentielle.
17:53Quelques semaines plus tard, au mois de décembre, CNews bat en termes d'audience
17:57la première chaîne d'info de France, BFM TV, pendant plusieurs jours de suite.
18:01Pendant même une semaine entière, début décembre 2023,
18:05CNews sera tout juste devant BFM avec 2,7% de part de marché
18:09contre 2,5% pour BFM.
18:11Ce qui est intéressant, c'est qu'il n'y a pas plus de téléspectateurs
18:13qui écoutent CNews que BFM, mais ils écoutent plus longtemps.
18:16Notamment parce qu'ils sont fascinés par les débats qui les intéressent.
18:19Et donc, ils zappent moins vite, moins souvent que ceux de BFM TV.
18:22On est en décembre 2023, l'actualité, elle est riche.
18:25Il y a eu un attentat sur le pont Birakem à Paris.
18:27On est toujours sur ce fait divers à Crépole,
18:30où un jeune adolescent a été tué à coup de couteau
18:33lors d'une risque entre deux bandes rivales.
18:36Il y a la loi immigration qui commence à être discutée à l'Assemblée nationale.
18:39Donc voilà, l'actualité, elle est intense.
18:41Et à ce moment-là, CNews bat BFM une semaine entière.
18:44Ce qui était très inhabituel, commence à devenir régulier.
18:47Et à BFM, on commence à s'inquiéter de la montée en puissance de CNews
18:52qui semble désormais inarrêtable.
18:54Cette année, le 22 janvier, à partir de 17h,
18:56au début de l'émission de Laurence Ferrari, Punchline,
18:59le logo de CNews apparaît à l'envers à l'écran.
19:02Nous avons décidé à CNews de mettre notre logo à l'envers
19:08pour leur dire notre solidarité.
19:11Voilà, ça vient de se produire en direct sur CNews.
19:13CNews entend par là soutenir les agriculteurs
19:16qui sont en train de bloquer les routes de France.
19:18Celles des agriculteurs, ils ont retourné les panneaux des villes
19:20pour afficher leur mécontentement.
19:22Et donc CNews fait de même.
19:23C'est extrêmement inhabituel de voir un média
19:26qui affiche comme ça un parti pris, un soutien
19:29à une des parties dans un conflit social.
19:32Benjamin Meffre, le mardi 13 février,
19:34le Conseil d'État rend une décision très attendue
19:37dans laquelle elle demande à l'ARCOM,
19:39le gendarme de l'audiovisuel,
19:40de mieux décompter le temps de parole sur CNews
19:42et sur les autres chaînes.
19:43Oui, en fait, le Conseil d'État a été saisi
19:46par l'ONG Reporters sans frontières.
19:48Et qu'est-ce que dit la décision du Conseil d'État ?
19:51Elle dit que l'ARCOM ne doit plus seulement
19:52surveiller l'équilibre des temps de parole
19:54entre responsables politiques invités
19:56sur les plateaux des chaînes d'information.
19:58Désormais, le gendarme de l'audiovisuel
20:00doit aussi évaluer la diversité des opinions
20:03exprimées par l'ensemble des participants
20:05présents sur ces chaînes et dans toutes les émissions.
20:08Autrement dit, désormais, l'ARCOM
20:09doit surveiller les interventions des chroniqueurs,
20:13des journalistes, des animateurs
20:14et de tous les invités.
20:19Cette décision du Conseil d'État fait les gros titres
20:22sur CNews.
20:23Elle est commentée et débattue en plateau
20:25le soir même.
20:25Et le lendemain, le secrétaire général de l'ONG
20:28Reporters sans frontières, Christophe Deloire,
20:30est invité dans l'émission de Pascal Praud.
20:33Le climat est très tendu entre les deux hommes.
20:35« Prenez des notes, prenez des notes parce que j'ai l'impression
20:38que vous écoutez mal souvent.
20:39Est-ce que le plateau vous convient ? »
20:41« Mais moi je ne juge pas les plateaux. »
20:43« Attendez, je présente les gens d'abord, on dit bonjour.
20:45C'est juste de la politesse. »
20:46Pascal Praud évidemment vend debout contre la décision
20:49du Conseil d'État qu'il estime liberticide.
20:51Et une bonne partie de son plateau,
20:53pour ne pas dire tout son plateau,
20:54est également hostile à cette décision.
20:56« Vous êtes complètement à côté de la plate.
20:57Je ne sais pas ce qu'il vous a appris.
20:58J'ai l'impression que vous avez dit une connerie,
21:00vous ne voulez pas revenir dessus et vous vous enfoncez.
21:02Parce que c'est reporter sans frontières et pour la censure.
21:05C'est emmerdant. »
21:06Christophe Deloire se retrouve au milieu de ces gens
21:09avec une difficulté à pouvoir s'exprimer
21:11et l'interview tourne assez vite au jeu de massacre.
21:14Benjamin Meffre, cette décision du Conseil d'État,
21:16on l'a dit, elle ne concerne pas que CNews.
21:18Elle va aussi impacter des chaînes d'info
21:21comme BFM TV ou France Info
21:23qui ont aussi des éditorialistes et des émissions de débat.
21:26Oui, c'était un aspect important de la décision du Conseil d'État.
21:29La décision ne concerne pas seulement CNews,
21:31mais bien toutes les chaînes,
21:33donc toutes les chaînes d'information
21:34qui devront elles aussi veiller à cette nouvelle conception
21:37de l'équilibre des temps de parole.
21:39Et ça pose un véritable casse-tête, évidemment,
21:41parce qu'il était déjà difficile parfois
21:42de comptabiliser les temps de parole
21:44de chaque responsable politique
21:45durant les campagnes électorales.
21:48Et désormais, si on doit calculer les temps de parole
21:50des différents éditorialistes,
21:52mais sur quelle base ?
21:53Un éditorialiste, par définition, est libre
21:55et peut prendre une position dite plutôt de gauche sur un sujet
21:58et le lendemain prendre une position plutôt de droite sur un autre.
22:00Donc comment classer tout ça
22:03pour avoir une mesure fiable et objective ?
22:05C'est évidemment très difficile à mettre en place.
22:07Bonjour à tous, bienvenue dans Enquête d'Esprit.
22:10Très heureux de vous retrouver.
22:11Benoît Daragon, le dimanche 25 février,
22:14une séquence diffusée dans l'émission religieuse
22:16Enquête d'Esprit sur CNews
22:18déclenche une vague d'indignation.
22:20Qu'est-ce qu'on y voit dans cette émission ?
22:21On est en plein débat sur la constitutionnalisation de l'IVG,
22:25de l'interruption volontaire de grossesse.
22:26Cette émission s'intéresse au sujet
22:28et il présente dans une infographie
22:30les principales causes de mortalité dans le monde
22:33et selon ce graphique qui apparaît à l'écran,
22:37l'IVG est la première cause de mortalité dans le monde.
22:39C'est aussi la première cause de mortalité dans le monde
22:41selon l'institut Worldometer,
22:4473 millions en 2022.
22:47C'est-à-dire que CNews compte les embryons
22:49au même titre que les personnes humaines
22:51qui décèdent des suites d'un cancer
22:52ou d'un accident de la route.
22:54Cette infographie déclenche immédiatement une polémique,
22:57elle est contestée dans la classe politique
22:59et surtout qu'en plateau,
23:00personne ne vient contredire ou atténuer
23:03les chiffres qui sont présentés à l'écran.
23:05Ce dérapage, il provoque un malaise
23:07en interne dans la rédaction ?
23:08Un malaise immédiat.
23:09Le lendemain, Laurence Ferrari s'excuse
23:12en direct.
23:13Ce n'est pas le genre de la maison de CNews
23:14de faire un mea culpa et de l'autocritique,
23:17mais elle présente ses excuses aux téléspectateurs.
23:19La chaîne CNews présente ses excuses
23:22à ses téléspectateurs pour cette erreur
23:24qui n'aurait pas dû se produire.
23:26On sent que même en interne,
23:28la position qui a été prise ce dimanche-là
23:31ne fait pas du tout l'unanimité.
23:32Benjamin Meffre, on en revient au début de cet épisode.
23:35Le jeudi 29 février,
23:37les grands dirigeants de la chaîne
23:38sont convoqués devant la commission d'enquête parlementaire
23:40à l'Assemblée nationale
23:41sur l'attribution des fréquences des chaînes de la TNT.
23:45Et forcément, ce jour-là,
23:46les députés interrogent l'état-major de CNews
23:49sur l'incident qui s'est produit quelques jours plus tôt.
23:51Qu'est-ce qu'ils y répondent ?
23:52Les dirigeants de la chaîne font un mea culpa appuyé.
23:56Ils parlent d'erreurs impardonnables,
23:58ils parlent de honte,
23:59ils parlent de traumatismes en interne.
24:02Et sur le fond de l'affaire,
24:03ils expliquent que la présence de cette infographie
24:06est le résultat d'une erreur technique interne
24:08sur laquelle ils comptent enquêter.
24:10Une erreur technique qui se reproduit à deux reprises,
24:13lors de la première diffusion,
24:14puis la deuxième, sept heures plus tard.
24:16Donc cela interroge évidemment.
24:18En revanche, ils assument totalement le contenu du reste
24:21de ce numéro d'enquête d'esprit consacré à l'IVG.
24:24Trois têtes d'affiches de la chaîne,
24:26Pascal Praud, Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk
24:29sont auditionnés dans l'après-midi.
24:30Que disent les trois journalistes
24:32pour défendre la ligne de CNews ?
24:34Alors, ils n'ont pas beaucoup pris la parole,
24:36qui a été beaucoup monopolisée par les dirigeants de la chaîne,
24:38mais quand ils se sont exprimés,
24:40ils ont tous défendu le travail de la rédaction de CNews,
24:43ils ont tous défendu leur traitement de l'actualité,
24:46estimant qu'il était équilibré
24:48et que l'antenne était maîtrisée sur CNews.
24:51Et quand ils ont été parfois poussés dans leur retranchement,
24:53comme Pascal Praud,
24:54qui a été mis en cause par certains parlementaires
24:56pour des dérapages lors de ses émissions,
24:59il a mis ça sur le compte parfois de la fatigue,
25:01en rappelant qu'il faisait beaucoup d'heures d'émissions quotidiennement,
25:04près de 3h30,
25:05et que donc parfois, il pouvait lui arriver
25:07de ne pas relever un propos
25:08qui après avait créé polémique.
25:10À chaque fois qu'on fait une erreur
25:13parce qu'on ne modère pas un propos sur un plateau,
25:17on s'en veut.
25:18Parce que nous sommes des êtres humains.
25:20Le propriétaire du groupe Canal+,
25:23et donc de CNews,
25:24Vincent Bolloré,
25:25est à son tour auditionné par les députés
25:27le mercredi 13 mars.
25:28Et en résumé,
25:29même si ses positions conservatrices sont connues,
25:32il jure qu'il n'intervient pas
25:33pour dicter la ligne éditoriale de CNews.
25:37Oui, il l'a juré,
25:38et à plusieurs reprises,
25:38jamais il n'intervient sur les contenus,
25:40jamais il ne donne son avis.
25:42Il a reconnu passer de rapides coups de téléphone
25:44à la direction de CNews
25:45quand il y a un record d'audience.
25:46Et voilà, il explique qu'en fait,
25:47il a sifflé la fin de la récré sur Canal+,
25:50et que depuis,
25:51beaucoup de gens lui en veulent,
25:52et que dès qu'il y a une décision
25:53qui ne plaît pas dans le groupe,
25:54on lui attribue,
25:56alors qu'il n'y est pour rien.
25:57Après, il a dit qu'il était très content
25:58de l'antenne de CNews.
26:00Pourquoi est-ce que CNews est un succès ?
26:02Parce que CNews raconte la vérité,
26:04reçoit tout le monde,
26:05enfin en tout cas tous ceux qui veulent y aller.
26:06Et il a reconnu,
26:07notamment interrogé sur l'IVG,
26:09que lui, à titre personnel,
26:10il était partagé entre le droit des femmes
26:12à disposer de leur corps,
26:13mais aussi le droit des enfants à naître.
26:17Donc on sent que sur l'IVG,
26:19il est quand même assez proche
26:20des propos qui ont pu être tenus
26:21sur son antenne.
26:23Benjamin Meffre,
26:24l'ARCOM dira d'ici fin 2024
26:27si la fréquence de CNews lui est renouvelée
26:29en 2025 et pour 10 ans.
26:32Est-ce qu'au vu de tout ce qu'on vient de dire,
26:34il est possible qu'elle perde le droit
26:35des maîtres sur la TNT ?
26:37Disons que c'est peu probable
26:39parce que traditionnellement,
26:40l'ARCOM renouvelle les fréquences
26:42des chaînes déjà existantes.
26:44C'est ce qu'elle vient de faire
26:44avec TF1 et M6 par exemple.
26:47Après, ce n'est pas impossible.
26:49D'ailleurs, au sein de Canal+,
26:50on s'inquiète de ce renouvellement
26:51à venir de la fréquence.
26:53Après, surtout,
26:54ce qui est important de rappeler,
26:55c'est que même si sa fréquence
26:56était renouvelée,
26:58la convention de CNews
26:59serait ensuite rediscutée
27:00avec l'ARCOM.
27:00Et dans ce cadre-là,
27:02l'autorité de régulation
27:03pourrait éventuellement
27:04ajouter de nouvelles obligations
27:05à respecter pour la chaîne.
27:07Benoît Daragon,
27:08est-ce que CNews
27:09peut continuer à être considérée
27:10comme une chaîne d'info aujourd'hui ?
27:12Et si oui,
27:13est-ce qu'elle peut devenir,
27:14à terme,
27:14la première chaîne d'info de France ?
27:16Si la tendance
27:17qu'on observe aujourd'hui se confirme,
27:18ils vont rapidement devenir
27:19la première chaîne de France,
27:21ce qui ne serait pas très étonnant
27:22parce qu'aux Etats-Unis,
27:22Fox News,
27:23qui est une chaîne américaine d'opinion,
27:25a vite remplacé CNN,
27:27qui est vraiment une chaîne d'info
27:28comme peut l'être BFM TV.
27:30Donc la tendance,
27:30elle, pour l'instant,
27:31semble assez logique.
27:33Ce qui va être intéressant
27:34dans le renouvellement de fréquences,
27:35c'est que si la fréquence
27:35est renouvelée,
27:36on va voir si l'ARCOM
27:38leur impose
27:39de nouvelles contraintes
27:40et notamment
27:41de plus équilibrer
27:42leur plateau
27:43lors des débats
27:44qui ne sont pas organisés
27:44avec des politiques
27:45mais avec des éditorialistes.
27:47Et là,
27:47ce qui va être intéressant de voir,
27:48c'est comment les téléspectateurs
27:49vont agir
27:50parce qu'aujourd'hui,
27:50ils sont très nombreux
27:51et ils semblent très contents
27:52de ce qu'ils voient à l'antenne.
27:59Merci à Benjamin Meffre
28:01et Benoît Daragon.
28:02Cet épisode de Code Source
28:03a été produit par Raphaël Pueillot
28:05et réalisé par Pierre Chaffanjon.
28:07Si vous aimez Code Source
28:08et que vous voulez nous aider
28:10à nous faire connaître,
28:11mettez-nous des petites étoiles
28:12sur votre plateforme audio préférée,
28:14Spotify,
28:15Apple Podcasts
28:16ou encore Deezer
28:16et parlez-en autour de vous.
28:18Les podcasts du Parisien,
28:20c'est aussi Crime Story,
28:21une affaire criminelle racontée
28:23chaque samedi
28:23et puis Le Sacre,
28:25un entretien toutes les semaines
28:27avec un ou une médaillée d'or
28:29aux Jeux Olympiques et Paralympiques.
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