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Le jeudi 17 mars à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, Emmanuel Macron organise une grande conférence de presse pour présenter son programme électoral. Il parle notamment de la retraite à 65 ans et il promet de durcir les conditions d’accès au RSA. Des promesses de campagne qui sont également dans le programme de la candidate les Républicains Valérie Pécresse. Récit.

Dans ce podcast : Retraite à 65 ans, une activité avérée pour toucher le RSA, le revenu de solidarité active. Emmanuel Macron a formulé plusieurs promesses de campagne qui sont dans le programme de Valérie Pécresse. En parallèle le président candidat a réussi à attirer à lui plusieurs personnalités Les Républicains comme l'ancien ministre Sarkozyste Eric Woerth autant d'éléments qui ont fait dire à Valérie Pécresse dans le Parisien le 16 mars « la campagne de Macron c’est débauchages et pâle copie ». Cet épisode de Code source est raconté par deux journalistes du service politique du Parisien Quentin Laurent en charge de la droite et Pauline Théveniaud qui couvrent l'Elysée.
Quentin Laurent on peut dire que la présidentielle 2022 va se jouer à droite pourquoi ? Il y a deux choses : le Président de la République depuis qu'il a été élu s'est déporté sur le côté centre-droit…

Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/presidentielle-comment-emmanuel-macron-a-neutralise-valerie-pecresse-29-03-2022-YUEGRIMAW5HIFIG75FSYZRLHXE.php

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Marion Bothorel, Sarah Hamny, Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : BFMTV, AFP, LCI, Huffpost.

#présidentielle #macron #pécresse

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Retraite à 65 ans, une activité avérée pour toucher le RSA, le revenu de solidarité active,
00:19Emmanuel Macron a formulé plusieurs promesses de campagne qui sont dans le programme de Valérie Pécresse.
00:25En parallèle, le président candidat a réussi à attirer à lui plusieurs personnalités, les républicains,
00:31comme l'ancien ministre sarkoziste Éric Wörth.
00:34Autant d'éléments qui ont fait dire à Valérie Pécresse dans Le Parisien le 16 mars,
00:38la campagne de Macron, ses débauchages et pas le copie.
00:43Cet épisode de Codesource est raconté par deux journalistes du service politique du Parisien,
00:48Quentin Laurent en charge de la droite et Pauline Théveniot qui couvre l'Elysée.
00:58Pauline Théveniot pour la présidentielle 2017, Emmanuel Macron, ancien ministre de l'économie de François Hollande,
01:04a mené une campagne en cherchant à séduire à droite et à gauche.
01:08Et à ce moment-là, dans son équipe, il y a beaucoup de socialistes.
01:10Oui, notamment beaucoup d'anciens strauss-caniens qui ont mis leur réseau à son service.
01:14Il y a aussi des grands élus PS qui sont déçus du quinquennat Hollande,
01:17comme le maire de Lyon, Gérard Collomb, et puis des députés socialistes qui se sont agrégés autour de lui,
01:23qui ont créé un lien avec lui au moment de l'examen à l'Assemblée de sa fameuse loi, dite
01:27loi Macron.
01:28Depuis l'été 2021, quant à Laurent, on peut lire que la présidentielle 2022 va se jouer à droite. Pourquoi
01:33?
01:34Il y a deux choses. Déjà, le président de la République, depuis qu'il a été élu, s'est déporté
01:38sur le côté centre-droit.
01:40C'est vrai qu'on dit souvent qu'il braconne, qu'il essaye d'affaiblir le parti Les Républicains pour
01:45avoir plus de chances d'être réélu.
01:47Sauf que ça ne va pas complètement fonctionner.
01:49C'est-à-dire que LR ressort quand même des municipales, des départementales et des régionales,
01:54disons pas totalement affaiblies, puisqu'ils ont conservé leur position.
01:57Ce qui fait qu'on arrive à la rentrée 2021 avec un président qui gouverne plutôt au centre-droit,
02:03un parti de la droite qui, mine de rien, va être présent pour relever le gant.
02:06Et à côté de ça, une Marine Le Pen, donc plus à l'extrême droite,
02:09qui est toujours donnée comme étant une des principales adversaires d'Emmanuel Macron dans les sondages.
02:18Il y a aussi le journaliste, futur candidat, Éric Zemmour,
02:22dont on parle beaucoup pendant l'été et à l'automne, et qui fait une percée dans les enquêtes d
02:25'opinion.
02:26Pauline Théveniot, Emmanuel Macron prononce un discours de l'Elysée le mardi 9 novembre
02:31pour évoquer la cinquième vague de l'épidémie de Covid.
02:34Mais le président parle aussi notamment des retraites.
02:37Il confirme repousser la réforme des retraites.
02:40Mais il précise aussi qu'il faudra, à l'avenir, travailler plus longtemps.
02:44Oui, absolument. Il dit trois choses sur les retraites.
02:46Qu'il faut repousser l'âge légal, de départ à la retraite.
02:49Travailler plus longtemps en repoussant l'âge légal.
02:52Aller vers un système plus juste, en supprimant les régimes spéciaux.
02:55Qu'il faut supprimer les régimes spéciaux et instaurer une retraite minimale à 1000 euros.
02:59Qu'est-ce qu'il dessine là, Emmanuel Macron ?
03:01Il dessine tout simplement les contours de son futur programme de candidat à l'élection présidentielle.
03:06Et il fait évidemment un énorme clin d'œil à l'électorat de droite.
03:10D'autant que dans le même discours, il durcit considérablement le ton sur le contrôle des demandeurs d'emploi.
03:17Pôle emploi passera en revue les centaines de milliers d'offres d'emploi disponibles sans réponse.
03:22Dès les prochaines semaines.
03:25Les demandeurs d'emploi qui ne démontreront pas une recherche active verront leurs allocations suspendues.
03:31Le samedi 4 décembre, Valérie Pécresse remporte la primaire interne des Républicains.
03:36Elle bat au second tour le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avec 61% des suffrages.
03:42Valérie, 69 326 voix, 60,95, 61%.
03:50Pauline Théveniot, quand Valérie Pécresse gagne, quelle est la réaction des macronistes ?
03:54Ils s'inquiètent les macronistes quand ils voient que c'est Valérie Pécresse qui emporte le congrès LR.
03:59Pourquoi ? Parce que c'est la candidate qui a certainement le profil qui est le plus proche de celui
04:04d'Emmanuel Macron.
04:05C'est une femme, ce qui peut incarner une forme de modernité.
04:09Et donc, ils se disent qu'une partie du socle d'Emmanuel Macron pourrait être tentée d'aller voter pour
04:15elle.
04:16Et surtout, les macronistes, ils avaient préparé le terrain avant ce congrès LR.
04:20Et ils espéraient, si jamais elles le perdaient, pouvoir rallier des élus pécrécistes à eux.
04:25Mais là, il va sans dire que ça tombe à l'eau.
04:29Quant à Laurent, par rapport à Éric Ciotti, Valérie Pécresse semble beaucoup plus proche d'Emmanuel Macron.
04:34Pauline Théveniot vient de le dire.
04:36Au niveau de ses idées, en tout cas, elle est centriste.
04:38Ce qui est sûr, c'est qu'au sein de la galaxie et les Républicains,
04:42elle est beaucoup plus sur la frange centre que la frange droitière.
04:45Il faut se rappeler qu'en 2019, quand elle quitte LR, elle le quitte parce qu'elle dit
04:48« Voilà, ce parti, ce n'est plus possible, ce ne sont plus mes idées, il est devenu trop radical.
04:53»
04:53En femme libre, j'ai décidé de quitter les Républicains.
04:56Parce que le parti est cadenassé de l'intérieur, il est cadenassé dans son organisation,
05:01mais il est aussi cadenassé dans ses idées.
05:03Vous savez, ça fait trois ans que je plaide pour un changement de ligne et un changement de stratégie.
05:09J'ai plaidé pour l'élargissement de la droite. On a eu le rétrécissement.
05:13Après avoir remporté la primaire, elle va devoir rassembler la famille
05:17et donc donner des gages à Éric Ciotti et à cette frange de la famille de droite
05:21pour bien leur montrer qu'elle va les rassembler et qu'elle compte défendre leur combat.
05:24Valérie Pécresse a de très bons sondages après avoir remporté la primaire LR le mercredi 8 décembre.
05:30Quentin, dans l'enquête Ipsos Soprasteria pour le Parisien et France Info,
05:33elle est créditée de 16% des intentions de vote.
05:36Oui, alors chez Valérie Pécresse, ils sont ravis puisque les sondages précédents qu'il a testés,
05:41elle la donnait en général aux alentours de 10-11%.
05:42Donc là, on donne l'impression qu'il y a un vrai effet primaire.
05:45Ça donne l'impression d'une dynamique et ça va pouvoir lancer sa campagne.
05:48Surtout qu'à ce moment-là, elle est au coude à coude avec Marine Le Pen qu'on donnait comme
05:52l'éternel rival d'Emmanuel Macron.
05:54Le lundi 10 janvier 2022, Pauline Théveniot, Emmanuel Macron est dans les Alpes-Maritimes, à Nice et à Tende.
06:00Pour parler sécurité, il est avec son ministre de l'Intérieur, l'ancien sarkoziste Gérald Darmanin.
06:05Le président de la République, il vient pour faire un discours sur le futur site de l'hôtel des polices.
06:10Et pourquoi il est là, Emmanuel Macron ?
06:11Il est là pour présenter la future loi de programmation du ministère de l'Intérieur.
06:16Cette loi, comme elle ne pourra pas être votée d'ici à la fin du quinquennat,
06:19c'est tout simplement le volet sécurité de son programme.
06:23Sécurité, c'est justement l'un des thèmes sur lesquels Valérie Pécresse l'attaque sans cesse.
06:27Et on a un objectif qui est de doubler la présence policière sur la voie publique à horizon 2030.
06:32Ça représente 3 000 agents à peu près de plus sur la voie publique.
06:36Autant dire que c'est tout à la fois une réponse à sa rivale de droite et aussi une volonté
06:41de chasser sur ses terres.
06:43Quant à Laurent, le mercredi 9 février, coup dur pour Valérie Pécresse,
06:47l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, une figure des Républicains, annonce qu'il soutient Emmanuel Macron.
06:54C'est dans une interview au Paraisin, Eric Woerth dit qu'Emmanuel Macron est le mieux à même de défendre
06:59les intérêts des Français.
07:00C'est un coup dur pour la droite parce qu'Eric Woerth, c'est un ancien ministre.
07:03C'est un ancien ministre de Nicolas Sarkozy, donc un emblème.
07:07C'est le président de la commission des finances de l'Assemblée, donc sa compétence est reconnue par tous.
07:11Il faut aussi quand même rappeler qu'Eric Woerth ne faisait pas vraiment partie de la campagne de Valérie Pécresse.
07:16Il avait pris ses distances.
07:17Plusieurs à droite le suspectaient, redoutaient qu'il puisse faire ce pas vers Emmanuel Macron.
07:22Là, on est à quelques jours du premier grand meeting de Valérie Pécresse prévu aux Ennemis de Paris.
07:27Un moment présenté comme capital par son équipe de campagne.
07:30Et d'autres personnalités de droite, moins connues qu'Eric Woerth, partent chez Emmanuel Macron.
07:35Pauline Thévenu.
07:36Le plus notable, c'est notamment l'annonce du soutien de Natacha Bouchard, la maire de Calais, qui est par
07:41ailleurs une très proche de Xavier Bertrand.
07:43En fait, cette semaine, elle vire au supplice chinois pour Valérie Pécresse.
07:45Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas un jour, sans qu'un élu de son camp, annonce son
07:49ralliement à Emmanuel Macron.
07:50Alors certes, ce ne sont pas toujours des gens connus, mais néanmoins, cette petite musique, elle est plus que nuisible
07:56pour Valérie Pécresse à quelques jours de son meeting.
07:58Ce timing, il ne doit rien au hasard.
08:00Les marcheurs ont bien évidemment aussi en tête de paralyser ce grand rendez-vous de Valérie Pécresse.
08:06À partir de là, Quentin Laurent, forcément, les journalistes politiques se demandent de plus en plus ce que va faire
08:11l'ancien président Nicolas Sarkozy, s'il va dire, s'il soutient Valérie Pécresse.
08:16Oui, parce qu'il faut savoir qu'à droite, Nicolas Sarkozy, même s'il n'est plus vraiment dans le
08:21jeu politique de premier plan, ça reste la figure tutélaire, la personne qu'on va voir à qui demander des
08:26conseils,
08:27et la personne dont on attend le soutien pour une élection comme l'élection présidentielle.
08:31Sauf qu'à ce moment-là, Nicolas Sarkozy ne s'est pas affiché avec Valérie Pécresse, il ne l'a
08:35donné aucun signe, laissant présager d'un futur soutien.
08:38Et ça commence à tarauder un peu les équipes de Pécresse qui se demandent, mais qu'est-ce qu'il
08:41va faire ? Est-ce qu'il va nous soutenir ? Ou est-ce qu'il pourrait au contraire plutôt
08:45pencher du côté d'Emmanuel Macron ?
08:48Mes chers compatriotes, arrive le jour du grand meeting de Valérie Pécresse, le dimanche 13 février, aux Zénithes de Paris.
08:55Quentin Laurent, est-ce que vous pouvez nous décrire la candidate LR à la tribune ?
08:59Alors Valérie Pécresse, elle est debout derrière un pupitre, avec un micro à l'oreille, et contrairement à son habitude,
09:05elle n'a pas de discours en main,
09:06elle va lire sur un prompteur, c'est une toute première pour elle, et il se trouve que ce meeting
09:10va être une catastrophe.
09:11Je vous appelle au sursaut, 5 ans, c'était trop, 10 ans, ce sera trop tard !
09:19Elle n'a pas l'habitude du prompteur, ce qui fait que ça donne une impression de quelque chose d
09:23'assez robotique, d'assez caricatural.
09:25Qui aime son pays le protège, il le transmet comme on transmet un trésor.
09:31Pour moi, la démocratie ne se tire pas au sort !
09:34L'exercice va être plutôt moqué, on nous disait c'est le discours de sa vie, c'est celui qui
09:38va lancer sa campagne.
09:40Patatra, c'est complètement raté.
09:41Que se dit l'entourage d'Emmanuel Macron, Pauline Théveniot, après cette prestation ?
09:45Ils appuient là où ça fait mal, on voit très vite, ce dimanche-là, des tweets de marcheurs apparaître, assez
09:51critiques,
09:52plus encore que sur la forme, c'est sur le fond que les marcheurs insistent.
09:55Pourquoi ? Parce que Valérie Pécresse, pendant ce meeting, elle a évoqué le grand remplacement.
10:00Face à ces questions vitales, pas de fatalité, ni au grand déclassement, ni au grand remplacement !
10:10Cela montre à quel point elle est tiraillée entre les deux lignes qu'elle doit rassembler au sein de son
10:15camp.
10:16Et ça, les marcheurs ne se privent pas de le souligner.
10:18Le grand remplacement, théorie d'extrême droite régulièrement mise en avant dans cette campagne par Éric Zemmour.
10:25Pauline Théveniot, le 19 février, dans Le Parisien, vous signez un papier sur la stratégie d'Emmanuel Macron à l
10:31'approche de l'officialisation de sa candidature.
10:34Alors son plan Emmanuel Macron, c'est de se déclarer tard dans cette campagne.
10:38Officiellement, il met en avant la nécessité de voir comment évolue la crise sanitaire.
10:42Officieusement, il sait aussi qu'il a tout intérêt à profiter de sa position de surplomb,
10:46d'autant qu'il voit bien qu'en fait ses adversaires ne bénéficient pas de son absence de la scène.
10:51Il reste largement en avance dans les sondages.
10:54Sur le fond, à ce moment-là, on ne sait pas encore trop quel projet il veut développer, sur quelle
11:00ligne il va le mettre l'accent.
11:02Et certains pointent à cette époque une difficulté, c'est qu'à force de tenter de fracturer à gauche puis
11:07à droite,
11:08il doit parler à des publics très très différents.
11:10Ça a conduit à faire de grands écarts, voire d'apparaître comme un candidat à Traptou.
11:16Pauline Théveniot, vous le disiez au début de cet épisode de Code Source,
11:20pour la présidentielle 2017, dans l'équipe d'Emmanuel Macron,
11:23il y avait beaucoup de Strauss-Cagnin, de socialistes.
11:26Aujourd'hui, parmi les piliers de sa campagne, il y a un homme qui était dans l'équipe de François
11:31Fillon en 2017,
11:32directeur adjoint de la campagne de François Fillon.
11:35Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-mer, qui est-il ?
11:38C'est un ancien élu Les Républicains qui a rejoint Emmanuel Macron au lendemain de son élection en 2017.
11:43Lui, il est élu du département de l'Eure, c'est un grand copain de Gérald Darmanin,
11:47mais aussi de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, du conseiller et député LREM Thierry Solaire.
11:54Entre eux, il forme dès le début du quinquennat ce qu'on appelle la bande des potes de droite au
11:59sein de la Macronie.
12:00Il joue un rôle assez prépondérant dans la campagne de réélection d'Emmanuel Macron,
12:04puisque lui, il est en charge des comités d'élus locaux qui soutiennent Emmanuel Macron.
12:09Le mercredi 2 mars, nouveau ralliement à Emmanuel Macron d'une personnalité LR,
12:14Les Républicains, cette fois c'est un ancien Premier ministre.
12:16Oui, c'est Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui annonce son soutien sur LCI.
12:22Le président, selon moi, a été à la hauteur de la fonction.
12:26Je souhaite sa candidature et je le soutiendrai.
12:30L'annonce passe totalement inaperçue, puisque la guerre en Ukraine vient de se déclarer
12:35et toute la tension est focalisée sur cette tragique actualité.
12:39Pauline Théveniot, le lendemain, le jeudi 3 mars, en fin de journée,
12:42Emmanuel Macron officialise sa candidature dans une lettre aux Français,
12:46publiée par la presse régionale, dont fait partie le Parisien.
12:49Que dit le président sortant pour séduire les électeurs de droite ?
12:53Alors, il n'y a pas d'annonce dans cette lettre, il n'y a pas de grande nouveauté.
12:56En revanche, il met une nouvelle fois en avant deux thèmes dont il veut faire les marqueurs de sa campagne
13:02et qui parlent à la droite, travailler plus et les baisses d'impôts.
13:05Merci donc d'être présent ici aujourd'hui pour cette présentation.
13:09Le jeudi 17 mars, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, Emmanuel Macron, le chef de l'État candidat,
13:15organise une grande conférence de presse pour présenter son programme électoral.
13:19Et Pauline Théveniot, parmi les annonces que l'on retient, il y a la réforme des retraites.
13:23Mais ce n'est pas une découverte, puisque la mesure a été éventée quelques jours plus tôt dans la presse,
13:28puis confirmée en plateau par ses lieutenants.
13:30Mais effectivement, Emmanuel Macron, il propose de repousser l'âge légal de la retraite à 65 ans.
13:36Nous sommes dans une société qui vieillit, c'est une chance, c'est une force de nos sociétés
13:40où on améliore le soin, la prévention.
13:43Et donc à cet égard, la réforme que je souhaite mener, c'est d'augmenter l'âge légal progressivement,
13:50mener cet âge légal jusqu'à 65 ans.
13:51Il ajoute qu'il souhaite prendre en compte la pénibilité, les carrières longues,
13:55instaurer un niveau de pension minimal.
13:58Mais les projecteurs sont braqués sur cette proposition de reporter l'âge légal.
14:03C'est un revirement en 2017, il avait spécifiquement écarté cette option dans son programme.
14:09C'est aussi mot pour mot ce que propose Valérie Pécresse.
14:12Le président promet aussi de durcir les conditions d'accès au RSA, le revenu de solidarité active.
14:17Il dit qu'il veut conditionner le RSA à l'exercice d'un minimum d'activité de la part du
14:24bénéficiaire.
14:25Il propose, je cite, l'obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine
14:29pour une activité permettant d'aller vers l'insertion professionnelle.
14:32Ce sont des mots qui sont très très proches de ceux utilisés par Valérie Pécresse dans son programme
14:37puisque la candidate LR, elle, elle propose, je cite encore,
14:40une obligation de 15 heures d'activité par semaine pour tout bénéficiaire du RSA.
14:45Il est interrogé là-dessus, Emmanuel Macron ?
14:46Ah oui, les journalistes ne manquent pas de l'interroger sur cet emprunt au programme de la candidate LR.
14:52Et lui, tout simplement, il s'en défend en renvoyant la balle à ses adversaires.
14:57Si à ce point, ils ne savent se différencier du projet que je porte,
15:01qu'ont-ils été faire dans cette galère ?
15:02Comme s'ils leur renvoyaient le problème à eux.
15:04C'est leur problème, pas le mien.
15:05Cette accusation, il la balaye même d'une formule un peu provoque finalement
15:09quand il dit « je m'en fiche ».
15:11Royalement, totalement, présidentiellement.
15:16Quant à Laurent, la candidate LR, Valérie Pécresse, réagit sur Twitter.
15:20Elle parle de déni d'autorité dans les annonces du président
15:23et elle ne manque pas de tacler ce qu'elle appelle des contrefaçons à son programme.
15:30Quant à Laurent, vous aviez interviewé Valérie Pécresse pour Le Parisien la veille,
15:34juste avant cette conférence de presse.
15:36Il y avait donc eu des fuites, notamment sur la retraite à 65 ans,
15:40que promet Emmanuel Macron.
15:42Et elle n'avait pas de mots assez durs pour parler de la campagne du président.
15:45Oui, la formule qu'elle utilise, c'est « débauchage » et pas le copie,
15:48pour résumer la campagne d'Emmanuel Macron.
15:50Parce que forcément, elle voit qu'il y a une partie de ses mesures phares,
15:54les questions de la retraite, les questions du RSA,
15:56qui sont dans l'ADN de la droite, qui sont dans son programme.
15:58Et elle se fait piller, c'est le mot qu'ils utilisent.
16:01Donc en fait, elle se fait aussi un peu démonétiser.
16:03À quoi sert la campagne de Valérie Pécresse,
16:05si le président sortant lui pique toutes ses bonnes idées ?
16:08Dans les jours qui suivent, Pauline Théveniot, l'entourage d'Emmanuel Macron,
16:11est obligée de démentir, avoir plagié la candidate à l'air.
16:15Oui, notamment parce que cette proposition,
16:16elle a semé le troupe jusque dans les rangs de la majorité.
16:19Il y a des marcheurs qui se demandent où le président veut en venir,
16:21s'il ne chasse pas un peu trop pas droite, justement.
16:24Alors on voit des ténors de l'aile gauche monter au créneau,
16:28notamment le patron des députés LREM, Christophe Castaner,
16:31Elisabeth Borne, pour assurer qu'il ne s'agit pas
16:34de formuler la même proposition que Valérie Pécresse.
16:37Quand Emmanuel Macron parlait d'obligation,
16:39ils reviennent un peu sur ce propos en disant
16:40« mais non, ça se fera au cas par cas ».
16:42Et surtout, ils insistent sur le fait qu'il ne s'agira pas
16:45de faire des travaux d'intérêt général,
16:47mais d'avoir une activité d'insertion.
16:49Pauline Théveniot, clairement, Emmanuel Macron fait campagne à droite aujourd'hui ?
16:52Alors lui et ses équipes jurent que non.
16:55Ils sont toujours accrochés à leur sacro-saint en même temps
16:57et de dire que c'est le dépassement et qu'ils prennent les bonnes idées partout.
17:01On ne peut quand même que noter les emprunts dont on vient de parler à la droite
17:05qui visent à séduire l'électorat de droite.
17:07D'un mot, quant à Laurent, de son côté, Valérie Pécresse dit en clair
17:10qu'Emmanuel Macron n'est pas de droite.
17:12Depuis le début, elle tire à boulet rouge sur son bilan,
17:15notamment sur les questions de sécurité.
17:17Elle dit « voilà, les chiffres de la délinquance ont augmenté,
17:19il n'a pas un bon bilan en matière de sécurité,
17:21il n'a pas un bon bilan en matière de dettes. »
17:23Le camp de Valérie Pécresse va continuer de marteller que non,
17:25Emmanuel Macron n'est pas de droite.
17:28Pauline Théveniot, Emmanuel Macron a tout fait pour affaiblir Valérie Pécresse ?
17:32Pas uniquement Valérie Pécresse finalement, mais la droite modérée en général.
17:36Emmanuel Macron, en fait, il veut occuper un vaste espace central
17:39au sein de la vie politique française.
17:41Et on l'a vu tout au long du quinquennat,
17:43essayer justement d'affaiblir, de fracturer la droite à ce dessin.
17:47Il y a une scène qui était tout à fait parlante pendant sa conférence de presse,
17:51il y a une journaliste qui lui a demandé s'il pourrait travailler avec Valérie Pécresse.
17:54Qu'est-ce qu'il a répondu Emmanuel Macron ?
17:56Il a répondu « je n'exclus rien ».
17:58C'est aussi évidemment une manière de poursuivre son opération d'affaiblissement
18:02de Valérie Pécresse, qui ne s'y est pas trompée,
18:05elle a bien flairé le piège, puisque dès le lendemain,
18:07elle a absolument fermé la porte à cette hypothèse.
18:09Quant à Laurent, les jours passent, le premier tour le dimanche 10 avril approche,
18:13et finalement Nicolas Sarkozy ne devrait pas soutenir Valérie Pécresse,
18:18même si rien n'est sûr, on sait pourquoi.
18:20Ce qui est certain, c'est que Nicolas Sarkozy n'a jamais vraiment porté dans son cœur Valérie Pécresse,
18:24même s'il ne porte vraiment dans son cœur pas grand monde Nicolas Sarkozy.
18:28Ce qu'il voit, c'est qu'aujourd'hui, elle est de moins en moins en capacité de faire gagner
18:32son parti,
18:33donc ce que disent certains de ses proches,
18:35c'est que Nicolas Sarkozy préférerait sauver sa famille
18:38en lui faisant peut-être passer un deal, un pacte avec Emmanuel Macron,
18:44et que c'est peut-être comme ça que lui pourrait agir en faveur de son ancienne famille
18:47et non en soutenant Valérie Pécresse.
18:57Merci à Pauline Théveniot et Quentin Laurent.
19:00Toute l'actualité de la présidentielle des 10 et 24 avril est à retrouver sur leparisien.fr.
19:06Cet épisode de Code Source a été produit par Marion Bottorel,
19:10Sarah Amny, Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux.
19:13Réalisation, Julien Moncouquiol.
19:15Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
19:18un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
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