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Le 5 décembre 2017, Johnny Hallyday s’éteignait à l’âge de 74 ans, des suites d’un cancer du poumon. À l’occasion des cinq ans de sa disparition, Code source retrace le parcours de l’idole des jeunes devenu monument du rock français. Cet épisode est raconté par Emmanuel Marolle, chef du service culture du Parisien (Episode 2 sur 2).

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Thibault Lambert, Emma Jacob et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : INA.

#johnnyhallyday #obsèques

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:04Aujourd'hui, la vie de Johnny, deuxième et dernier épisode.
00:13Johnny Hallyday est mort il y a cinq ans, le 5 décembre 2017.
00:17Mais le chanteur est encore dans l'actualité avec une exposition qui lui est consacrée à Bruxelles
00:22et dont le Parisien a parlé le 19 décembre.
00:25Codesource avait déjà raconté la guerre familiale autour de son héritage,
00:28mais cette fois, nous avons voulu retracer sa vie, son parcours,
00:33pour essayer de comprendre comment Johnny est devenu un mythe.
00:37Deuxième et dernier épisode, aujourd'hui on retrouve Emmanuel Marolle,
00:41chef du service culture du Parisien.
00:58Le premier épisode de ce podcast se terminait sur le mariage de Johnny avec Laetitia.
01:03Emmanuel Marolle, à cette période, dans les années 90,
01:07Johnny Hallyday est caricaturé à travers sa marionnette dans les guignols de l'info sur Canal+.
01:12C'est des séquences qui reviennent assez régulièrement dans l'émission et où il passe pour un crétin,
01:17ce qui n'est quand même pas terrible pour une star de la musique comme il est.
01:45Et puis il y a ce truc un peu, je ne sais même pas comment l'appeler,
01:50surréaliste de la boîte à coucou, où on voit la marionnette de Johnny arriver avec une boîte
01:55et à chaque fois qu'il dit « Ah que coucou », il y a un œuf qui sort et
01:58ça fait « coucou ».
01:59Bon, ça ne fait pas de fumée au moins.
02:01Ah que non, que ça, c'est une boîte à coucou.
02:03Ah que coucou.
02:07Cette caricature au guignol de l'info correspond à une période aussi où il y a des hauts et des
02:12bas pour Johnny.
02:13Les albums ne sont pas toujours formidables dans les années 90.
02:17Il y a un épisode où il propose à 6000 fans d'aller le voir à Las Vegas.
02:23Chacun débourse quelque chose comme 7000 francs à l'époque, ce qui est une fortune.
02:26Pour partir en avion, assister à ce concert, en fait, le show n'est pas terrible, tout le monde est
02:31déçu.
02:31Et c'est un bad buzz vraiment pour lui, à tel point qu'il va réinviter tous ces gens-là
02:36à assister à une répétition sur sa prochaine tournée pour se faire pardonner, entre guillemets.
02:41Les gros concerts qu'il fait en France le sauvent,
02:44il y a notamment cet anniversaire des 50 ans au Parc des Princes en 1993,
02:48où il fait une entrée dans le stade totalement dingue,
02:52où il va fendre la foule depuis le fond du stade jusqu'à la Seine.
02:57Il y a toujours un moment, un truc hallucinant qui se passe sur scène et qui le sauve.
03:08Emmanuel Marolle, en 1998, le 7 janvier,
03:11Johnny Hallyday s'exprime longuement dans le journal Le Monde,
03:14une interview de deux pages accordée à son ami, l'écrivain Daniel Rondeau,
03:18qui vient de signer la biographie du chanteur.
03:21Il parle évidemment de sa carrière, de sa musique, de sa vie, mais aussi de ses excès.
03:25C'est-à-dire qu'on le savait plus ou moins, mais là il le dit vraiment.
03:28Il dit vraiment qu'il a été dépendant de la drogue, de la cocaïne, de l'alcool.
03:35Et il y a quelque chose d'assez touchant dans cette interview,
03:38déjà parce qu'un artiste aussi connu et aussi important que lui
03:42se confie rarement sur des choses pas toujours glorieuses pour lui.
03:46La même année, en septembre 1998,
03:49Johnny Hallyday est au Stade de France, à Saint-Denis, près de Paris,
03:52là où les Bleus de Zinedine Zidane et Aimé Jacquet
03:55viennent d'être sacrés champions du monde de football.
03:58Johnny organise une série de trois concerts géants.
04:01Et ça commence mal puisque le premier doit être interrompu
04:04parce qu'il y a des trompes d'eau qui tombent sur Saint-Denis
04:07et la Seine est totalement inondée, tout comme toutes les installations électriques.
04:11Et il y a cette fameuse séquence de son producteur Jean-Claude Camus
04:14qui arrive sur scène et qui dit
04:16« C'est la mort dans l'âme
04:21que nous allons annuler cette représentation de ce soir.
04:26La séance d'aujourd'hui est reportée à vendredi prochain. »
04:33qui aura lieu quelques jours plus tard.
04:36Et là, il y a encore une entrée en scène absolument dingue de Johnny
04:39qui est à la fois réelle et irréelle, c'est le cas de le dire.
04:43C'est-à-dire qu'on le voit arriver depuis un hélicoptère
04:46et se poser sur le toit du Stade de France.
04:48Sur les images, on voit que c'est lui.
04:50Mais en fait, en réel, au moment où ça se passe,
04:53c'est une doublure qui se pose sur le toit du Stade de France.
04:56Et les images, par contre, sont bien celles de Johnny
04:58qui a enregistré cette séquence quelques temps auparavant.
05:01Donc voilà, on est à la fois entre la réalité et la fiction
05:03et il arrive quelques secondes plus tard sur scène.
05:11Un an plus tard, en septembre 1999,
05:14Johnny sort son 42e album studio,
05:17100% album composé par son fils David.
05:20Oui, c'est un disque important pour lui.
05:21Déjà, c'est l'un des plus gros succès de sa carrière.
05:23Et puis, c'est aussi un album qui va sceller les retrouvailles
05:27avec son fils, qui est devenu musicien,
05:30qui porte son nom, son nom de scène.
05:32Mais évidemment, c'est pas facile d'être chanteur, compositeur
05:36quand on s'appelle David Hallyday.
05:38Et là, il se trouve qu'il lui fait un album sur mesure
05:41avec d'autres intervenants.
05:42En tout cas, c'est lui qui prend les rênes de l'album
05:44qui s'appelle 100%, S-A-N-G.
05:47Et il y a cette fameuse chanson qui porte aussi ce nom-là
05:50qui parle vraiment de la filiation entre David et Johnny
05:53et qui est aussi l'une des chansons les plus importantes de son répertoire.
05:57Au-delà de nos différences
06:02Des coups de gueule, des coups de sang
06:07À force d'échanger nos silences
06:15Maintenant qu'on est face à face
06:19On se ressemble 100%
06:25Au début de l'année 2006, on apprend qu'à 62 ans,
06:29Johnny Hallyday a ouvert une procédure
06:31pour obtenir la nationalité belge,
06:33nationalité de son père biologique,
06:35apparemment pour des raisons fiscales.
06:37Oui, en fait, il y a des gros problèmes d'argent
06:39autour de Johnny Hallyday à cette époque-là, dans les années 2000.
06:43Il y a cette demande de nationalité belge
06:45pour échapper au fisc,
06:47ou en tout cas avoir des avantages fiscaux.
06:50Et quelques temps auparavant, il a quitté son label historique Universal
06:57pour signer chez Warner.
06:59Et ça se termine devant les prud'hommes.
07:02Enfin, ça se passe très très mal entre son ancienne maison de disques et lui.
07:05Et à cette occasion-là, on récupère des documents internes, nous, chez Universal.
07:10Et on se rend compte que Johnny vit totalement à crédit
07:13et dépendant d'Universal.
07:15C'est-à-dire qu'il a un train de vie de milliardaire,
07:18mais en même temps, il n'a pas non plus les revenus d'un milliardaire.
07:22Et surtout, il a des problèmes avec l'administration fiscale.
07:25Et en fait, Universal lui fait des prêts sans arrêt
07:27pour qu'il puisse continuer à s'acheter des choses délirantes,
07:30des I.O., des trucs comme ça.
07:32Et donc, il y a un moment où il est dans une impasse
07:36financièrement et fiscalement.
07:37Et c'est pour ça qu'il essaie de partir en Belgique, puis en Suisse.
07:40Quelques années plus tard, le 14 juillet 2009,
07:43pour la fête nationale, à l'âge de 66 ans,
07:46Johnny offre un concert géant, gratuit, à Paris,
07:49au Champs-de-Mars, devant la Tour Eiffel.
07:50Ben oui, c'est une symbolique très très forte pour lui
07:53et dans sa carrière.
07:55Donc c'est Johnny qui est devant la Tour Eiffel
07:57et qui fait un concert historique et énorme
08:01devant des centaines de milliers de spectateurs.
08:03Et quoi, ma gueule ?
08:06Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
08:08Et c'est aussi ce qui le liait à Jean-Claude Camus,
08:11à l'époque, son producteur.
08:12C'est-à-dire que, pour eux, rien n'était impossible.
08:15Il y avait toujours des idées totalement délirantes
08:19que Camus essayait de rendre possibles.
08:22Dans les mois qui suivent,
08:23Johnny Hallyday connaît plusieurs graves problèmes de santé.
08:27Déjà, Emmanuel Marolle, dans une interview au mois de septembre,
08:30il révèle avoir été soigné pour un cancer.
08:32Au détour d'une interview au Canada,
08:35il dit comme ça, de manière presque entre parenthèses,
08:37j'ai eu un petit cancer et j'ai été soigné comme ça très très rapidement.
08:41Donc on apprend à cette occasion-là qu'il a eu un cancer du côlon
08:45qui a effectivement été pris à temps
08:48et qu'a priori, tout va bien.
08:50Ça, c'est en septembre.
08:51C'est une déflagration médiatiquement
08:53parce que personne ne l'a vu venir.
08:54Son entourage a réussi à verrouiller les informations
08:58et à faire en sorte que ça ne sorte pas.
09:00Il se trouve que c'est sorti au Canada
09:01parce que sans doute, Johnny, à ce moment-là,
09:03est dans un festival de cinéma
09:04et n'est pas entouré par son staff habituel.
09:06Et voilà, il lâche ça comme ça, presque par hasard.
09:09Et donc, ça se met à être commenté de partout dans tous les médias.
09:12Qu'est-ce qui se passe ?
09:13Oh là là, est-ce que ce n'est pas plus grave que ça ?
09:15Etc.
09:15Moi, je me souviens que ce jour-là,
09:17je suis à Lille pour faire un reportage
09:19sur son concert au Zénith.
09:21Et ce soir-là,
09:22je me dis, c'est marrant,
09:23je trouve qu'il a du mal à se déplacer.
09:25Comme s'il avait mal au dos.
09:27Et le lendemain, toujours pour faire un article
09:30sur les suites de cette histoire de cancer,
09:31j'appelle Jean-Claude Camus.
09:33Donc, on parle de ce petit cancer,
09:34comme il a dit lui-même.
09:36Et puis, je lui dis, mais c'est curieux,
09:37je l'ai trouvé qu'il avait mal au dos.
09:38Et il me dit, effectivement,
09:40il a des problèmes de hernie discale actuellement,
09:42mais bon, ça va soigner,
09:44ça, ce n'est pas trop trop grave.
09:46Et il se trouve qu'au fil des jours,
09:47au fil des semaines,
09:48puisqu'il enchaînait les concerts,
09:49ça s'est aggravé vraiment.
09:51On lui fait des piqûres chaque soir
09:53avant de monter sur scène pour qu'il puisse tenir le coup.
09:56Jusqu'à une date de concert à Orléans en décembre,
09:59qui est le dernier concert de l'année 2009.
10:02Je retourne le voir,
10:03on fait une interview ce soir-là.
10:05Et il est très détendu.
10:06C'est le dernier show de l'année.
10:08Il va bientôt retrouver sa famille.
10:10Et il sait qu'il va se faire opérer d'une hernie discale.
10:13Mais pour lui, c'est une formalité, vraiment.
10:15Il se fait opérer à Paris ?
10:16Oui, il se fait opérer à Paris
10:17par le neurochirurgien Stéphane Delajoux,
10:20qui est un peu le chirurgien des stars.
10:21A priori, l'opération se passe bien.
10:24Il repart assez vite à Los Angeles.
10:26Et en fait, il est victime d'une infection en arrivant là-bas.
10:32Et une infection qui tourne vraiment très très mal,
10:35puisque Laetitia l'emmène de toute urgence à l'hôpital,
10:39au Cédar Sinaï à Los Angeles.
10:41On l'a vu ces derniers jours assis dans un fauteuil roulant.
10:44C'était selon son entourage,
10:45pour ne pas se fatiguer après un long voyage en avion pour Los Angeles.
10:49C'est là-bas, en effet, sur la côte ouest des Etats-Unis,
10:51que Johnny Hallyday vient d'être hospitalisé
10:53suite à une petite série de petits ennuis de santé.
10:56Et semble-t-il, une plus grosse alerte récemment.
11:00Et là, il est placé sous coma artificiel.
11:03Et pendant plus d'une semaine,
11:04la France est suspendue aux nouvelles qui arrivent,
11:08avec le décalage horaire, de Los Angeles.
11:11On craint le pire.
11:12Il y a des rumeurs.
11:13Tous les jours, il va mourir dans quelques heures.
11:15Et puis, comme souvent,
11:17il arrive, après plus d'une semaine,
11:19à reprendre du poil de la bête
11:21et à être sauvé
11:22et à sortir de ce coma
11:24de manière assez miraculeuse,
11:27puisque, encore une fois,
11:29on était sur le point d'organiser des obsèques nationales.
11:32L'Elysée et le président de la République de l'époque,
11:35Nicolas Sarkozy,
11:36suivaient ça de très très près.
11:38Et finalement, une fois de plus,
11:40Johnny avait réussi à ressusciter.
11:49Emmanuel Marolle, en 2011,
11:50un jour de mars,
11:51vous recevez, au Parisien,
11:53qui était à ce moment-là à Saint-Ouen,
11:54en Seine-Saint-Denis, près de Paris,
11:55Johnny, pour un face au lecteur,
11:57une interview menée par un panel de nos lecteurs.
12:00Ils sont comment, avec lui, face au mythe ?
12:02C'est un panel qui est composé
12:04de gens, évidemment, qui connaissent Johnny,
12:06mais qui ne sont pas spécialement
12:07des fans inconditionnels.
12:08Et donc, ils ont beaucoup de curiosité pour lui.
12:10Il a traversé justement cette période de 2009, 2010,
12:14un petit peu compliquée.
12:15Il y a eu beaucoup de changements dans sa vie artistique.
12:17Il a changé d'entourage, de producteur,
12:20d'attaché de presse.
12:20Il travaille avec des nouvelles personnes,
12:22avec Mathieu Chédide, etc.
12:23Enfin, on sent qu'il y a eu un avant et un après
12:25le coma de 2009.
12:27Et en fait, il lui pose les questions
12:28de manière extrêmement libre.
12:31Il rebondit sur ce qu'il peut dire,
12:33ce qui n'est pas toujours le cas
12:33dans les faces au lecteur,
12:34parce que parfois, les lecteurs sont un peu scolaires
12:36et posent leurs questions
12:37et passent à la question suivante,
12:38mais ne vont pas aller chercher plus loin,
12:41ne vont pas demander une explication, etc.
12:42Et là, au contraire, ils y vont.
12:43Ils lui demandent des choses,
12:45ils rajoutent des questions,
12:46ils lui posent des questions
12:47sur ses rapports avec David,
12:49qui sont un peu compliqués à l'époque,
12:51sur Laura, qui est un peu en perdition,
12:53qui est dans la drogue,
12:54qui a des problèmes psychiatriques.
12:56Et Johnny parle de tout ça.
12:58Et moi, je suis observateur,
13:00parce que souvent, dans cet exercice-là,
13:02on laisse évidemment parler les lecteurs
13:04avec la personnalité.
13:05Et je suis assez sidéré
13:07de voir les échanges qu'il y a
13:09entre les lecteurs et Johnny.
13:10Et Johnny, il est naturel ?
13:12Oui, Johnny, il est assez naturel
13:14et il répond assez franchement aux questions,
13:17sans doute beaucoup plus facilement
13:19que si ça avait été un journaliste,
13:21pour le coup, pour l'avoir pratiqué
13:22parfois en interview,
13:23quand il n'avait pas envie
13:24de répondre à une question,
13:25je peux vous dire que c'était réglé
13:26très très vite.
13:27On fait un bond dans le temps de 6 ans.
13:28Le 8 mars 2017,
13:30Johnny Hallyday annonce qu'il est soigné
13:32depuis plusieurs mois
13:33d'un cancer des poumons.
13:34Mais le 10 juin, à Lille,
13:36il monte sur scène avec ses grands amis,
13:38Jacques Dutronc et Eddie Mitchell,
13:40pour la première date de la tournée
13:42Les Vieilles Canales.
13:43Oui, alors ça, c'est une idée absolument géniale
13:46d'un producteur qui s'appelle Valéry Zetoun,
13:48qui a voulu un peu reconstituer
13:51le rat pack à l'américaine,
13:53c'est-à-dire le trio Dean Martin,
13:56Frank Sinatra et Samy Davis Jr.
13:58Et là, c'est Johnny Hallyday,
14:00Eddie Mitchell et Jacques Dutronc,
14:01les potes du square de la Trinité
14:03quand ils étaient ados
14:05et quand ils commençaient la musique.
14:07Et l'idée, c'est vraiment
14:08qu'ils partagent les chansons
14:09en duo, en trio,
14:11que les uns chantent
14:12les chansons des autres, etc.
14:14Et là, c'est un rêve de fan,
14:16ce spectacle.
14:17C'est un bonheur d'entendre
14:19les répertoires de chacun
14:20s'entremêler, comme ça.
14:22Et surtout, cette tournée,
14:23elle démarre alors que tout le monde sait
14:25que Johnny est malade.
14:27Alors lui, il répète,
14:28notamment pendant la conférence
14:30de présentation de la tournée
14:31à la scène musicale,
14:32je me souviens qu'il ne voulait pas
14:34parler de la maladie.
14:35Il y a eu une première question
14:36de l'animatrice de la conférence de presse.
14:39« Comment allez-vous ? »
14:40Il a répondu « Je vais bien,
14:42je me soigne,
14:43tout le monde sait que j'ai un cancer,
14:45mais ça va,
14:45et la preuve, je suis là,
14:46et je démarre la tournée. »
14:47Et il a eu une énergie
14:49pendant cette tournée,
14:50jusqu'au bout,
14:52totalement hallucinante.
14:53Il y avait quasiment un hôpital
14:55derrière la scène
14:56qui pouvait le soigner.
14:58Il prenait de l'oxygène,
14:59parfois, quand il quittait la scène
15:01pendant le concert.
15:02Il y a eu certains concerts
15:04qu'il a faits,
15:04notamment les derniers,
15:05où il était épuisé.
15:07Et pourtant,
15:08il y avait toujours cette voix
15:10bluffante
15:11de puissance,
15:16d'intensité
15:17qui était toujours là
15:18et qui a toujours été là
15:19jusqu'au bout.
15:22Emmanuel Marolle,
15:23le 5 décembre 2017,
15:24vous assistez à un concert
15:26de Dépêche Mode
15:27à Paris,
15:27à Bercy,
15:28rebaptisé l'Accor Hotel Arena
15:30avec plusieurs amis et confrères.
15:32Et quelques heures plus tard,
15:33l'un d'entre eux,
15:33qui travaille pour l'agence France Presse,
15:35l'AFP,
15:36reçoit un appel
15:37en pleine nuit,
15:39peu après 2h du matin.
15:40Je vais au concert de Dépêche Mode
15:42avec mon camarade du Parisien,
15:44Éric Bureau.
15:44Et on savait déjà
15:45que c'était la fin pour Johnny.
15:47On était vraiment sur...
15:49en train de préparer
15:50un certain nombre de sujets,
15:51d'articles,
15:52en se disant
15:53que ça allait sans doute
15:54être imminent.
15:55il y avait une alerte
15:56quelques jours auparavant.
15:57Et on retrouve à ce concert
15:58de Dépêche Mode
15:59Nicolas Praviel,
16:00qui est le journaliste musique
16:00de l'AFP.
16:01Et on se retrouve après,
16:03on discute,
16:04on boit des coups.
16:05Et évidemment,
16:05très vite,
16:05on parle de Johnny
16:06parce qu'on est tous
16:07un peu suspendus
16:09aux dernières nouvelles.
16:10Et on se quitte
16:12un peu tard.
16:13Et quelques minutes
16:14après son retour à la maison,
16:16Nicolas de l'AFP
16:17voit le numéro
16:19et le nom
16:19du manager de Johnny,
16:21Sébastien Farrand,
16:22s'affichait sur son téléphone.
16:24Sébastien lui dit
16:26j'imagine que tu sais
16:27pourquoi je t'appelle.
16:28Il lui dit
16:28ben oui,
16:29je pense,
16:30Johnny est mort.
16:32Alors Nicolas
16:32a besoin d'une confirmation,
16:35c'est toujours le cas
16:35à l'AFP,
16:36on a besoin de deux sources
16:37pour annoncer
16:37la disparition de quelqu'un.
16:39Et Sébastien Farrand,
16:40le manager de Johnny,
16:41lui dit
16:41mais Laetitia est en train
16:42de rédiger
16:43un communiqué,
16:45enfin une lettre
16:45qui était quasiment finie
16:47de toute façon
16:47puisque Nicolas l'a eue
16:48très très vite après.
16:50Et donc après avoir échangé
16:51avec Sébastien Farrand
16:52quelques minutes,
16:53Nicolas rédige
16:55un premier flash AFP
16:57qui est envoyé
16:57à 2h44
16:58et qui dit
17:00Johnny est mort,
17:02épouse à l'AFP.
17:03Ce qui est une façon
17:03de dire,
17:04c'est l'épouse de Johnny
17:05qui confirme à l'AFP
17:06qu'il est mort.
17:07Il est 4h30 du matin
17:09si vous venez de nous rejoindre.
17:10On vous rappelle
17:10donc l'info de la nuit.
17:12Johnny nous a quittés,
17:13nous l'avons appris
17:13vers 2h40.
17:19Un cortège digne
17:21d'un chef d'État.
17:22La venue des Champs-Élysées
17:24comme vous ne l'avez jamais vue.
17:26D'un côté,
17:27les centaines de milliers
17:28de fans de Johnny.
17:30De l'autre,
17:31ce cortège funéraire
17:33aux allures
17:34rock'n'roll.
17:35Le samedi 9 décembre 2017,
17:38des obsèques nationales
17:39sont organisées à Paris
17:40dans l'église de la Madeleine.
17:42Oui, c'est des obsèques
17:45hors normes
17:46à l'image de Johnny
17:47depuis le début de sa carrière.
17:49C'est-à-dire qu'il y a
17:50près d'un million de personnes
17:52dans les rues de Paris
17:53où le convoi funéraire
17:57passe par les champs
17:58pour arriver jusqu'à la Madeleine.
18:00Il y a un corbillard
18:02aux vitres transparentes
18:03où on peut apercevoir
18:05le cercueil blanc de Johnny
18:06qui était un clin d'œil,
18:08une référence à Elvis Presley.
18:10Apparemment,
18:10c'était un peu
18:11ses dernières volontés.
18:12d'avoir un cercueil blanc.
18:13Il y a 700 bikers
18:15en moto
18:16qui suivent
18:17le corbillard.
18:18Il y a
18:19le président de la République,
18:20Emmanuel Macron,
18:21qui va prononcer
18:22un éloge funèbre
18:24sur le parvis
18:25de la Madeleine.
18:26Et puis,
18:26à l'intérieur,
18:27c'est une cérémonie
18:29très émouvante
18:30où il y a
18:31des textes
18:31qui sont lus
18:32par Marion Cotillard,
18:34par Carole Bouquet,
18:35par Patrick Bruel,
18:36par Lynn Renaud,
18:37évidemment,
18:37la marraine artistique
18:38de Johnny,
18:39par Jean Reno,
18:40qui était un de ses
18:40grands amis.
18:41Et puis, il y a aussi
18:42de la musique
18:42avec quatre guitaristes
18:46emblématiques
18:46des dernières années
18:48de la carrière
18:50de Johnny,
18:50à savoir
18:51Mathieu Chédide,
18:52M,
18:52Yarol Poupot,
18:53qui l'a accompagné
18:54sur toutes les dernières tournées,
18:57tout comme Robin Le Mesurier,
18:58qui a été un guitariste
18:59de Johnny
19:00pendant des années
19:01et des années
19:02sur scène.
19:02Et puis,
19:03Maxime Nucci,
19:04alias Yodelis,
19:05qui est le dernier
19:07compositeur
19:08des derniers albums
19:09de Johnny.
19:10On l'a vu
19:11en vous écoutant,
19:12Johnny a eu une carrière
19:13en danse.
19:14Il a aussi,
19:14par moments,
19:15été moqué.
19:16Pourquoi est-ce qu'il a
19:17autant touché les gens ?
19:19Pourquoi il est devenu mythique
19:20comme ça ?
19:21Il est devenu mythique
19:22déjà parce qu'il est arrivé
19:23à un moment
19:23où il y avait tout à inventer,
19:25c'est-à-dire que le rock
19:26en France n'existait pas.
19:27Après, il y a la personnalité
19:29de ce garçon
19:30qui est un homme du peuple.
19:31C'est quelqu'un
19:32qui s'est fait
19:32un peu tout seul.
19:34Donc ça,
19:34ça a toujours touché les gens.
19:36Et puis,
19:36il y a le côté phénix,
19:39la façon dont il a pu
19:40parfois sombrer,
19:42se relever,
19:43avoir une vie personnelle
19:44très compliquée.
19:46Et puis,
19:46il y a aussi
19:46le charisme
19:47qu'il pouvait avoir
19:48sur scène.
19:49C'est-à-dire que,
19:50moi,
19:50je me souviens
19:50que la première fois
19:51que j'ai vu à Bercy,
19:51j'avais l'impression
19:52qu'il chantait dans mon salon
19:53parce qu'il avait
19:54une telle puissance vocale,
19:56une telle présence,
19:57une telle énergie
19:58que là,
19:59la salle me paraissait
20:00toute petite.
20:01Et même quand il était
20:02mourant
20:03au moment de la tournée
20:05des Vieilles Canailles
20:05où on se demandait
20:06comment il allait pouvoir
20:07monter sur scène,
20:08il arrivait à donner
20:10quelque chose
20:11d'extrêmement puissant
20:12qui était totalement sidérant.
20:21Merci Emmanuel Marolle,
20:22Code Source
20:23est le podcast quotidien
20:24d'Actualité du Parisien.
20:26Vous pouvez nous interpeller
20:27sur Twitter,
20:27at Code Source
20:28ou nous écrire
20:29codesource
20:30at leparisien.fr
20:32Cet épisode de Code Source
20:33a été produit par
20:34Raphaël Pueillot,
20:35Thibault Lambert,
20:36Clara Garnier-Amourou
20:37et Emma Jacob.
20:38Réalisation,
20:39Julien Moncouquiol.
20:40Le Parisien publie
20:42un nouveau podcast,
20:43podcast hebdomadaire
20:44consacré aux faits divers,
20:46Crime Story,
20:46présenté par Claudia Prolongeau
20:48avec le chef du service
20:49police-justice du Parisien,
20:51Damien Delsony.
20:52Chaque samedi,
20:53dans Crime Story,
20:54il vous raconte
20:55une grande affaire criminelle.
20:56Crime Story est disponible
20:58dès maintenant
20:59sur toutes les plateformes audio.
21:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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