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Né sous X en 1989, Florian Deygas grandit sans chercher à retrouver sa mère biologique. Mais en 2019, à 30 ans, il décide finalement de partir sur ses traces. Au bout de plusieurs années d’investigations, alors que son enquête est au point mort, une photo publiée sur Twitter va tout changer. Florian Deygas raconte son histoire au micro d’Ambre Rosala.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
#adoption #aidesociale #merebiologique
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11En juin et en juillet, à travers deux articles, le Parisien a raconté l'histoire d'un homme de 34
00:17ans,
00:17né sous X en 1989, qui vient de retrouver l'identité de sa mère biologique.
00:24Alors qu'il croyait ne jamais savoir pourquoi il a été abandonné à la naissance,
00:27ses recherches ont été relancées par un tweet, tweet qu'il a envoyé presque par hasard le jour de la
00:33fête des mères, le dimanche 4 juin.
00:36Florian Dégas témoigne aujourd'hui dans Codesources.
00:39Il a reçu la reporter de Codesources, Ambre Rosala, chez lui, dans le département des Landes.
00:51Florian Dégas habite à Souston, dans les Landes, avec sa compagne Jennifer et leur fils Mathéo, qui a deux ans.
00:57Il est très brun, fin, avec de grands yeux marrons foncés.
01:01Florian n'a pas toujours vécu ici, dans le sud-ouest de la France.
01:04Il est né sous X, le 27 avril 1989, à Saint-Étienne, dans le département de la Loire.
01:10Il est adopté à l'âge de 4 mois, par un couple d'une quarantaine d'années,
01:14et il grandit dans le petit village de Lupé, à une quarantaine de kilomètres de Saint-Étienne.
01:19Sa mère adoptive travaille dans une usine de tissage, et son père adoptif est haut fonctionnaire et agriculteur.
01:26Enfant, il se demande souvent pourquoi il est plus mat de peau que les autres.
01:29Et on lui explique pourquoi, un soir, quand il a 7 ans, pendant un repas de famille.
01:37Je sors de la salle de bain, et j'étais tout nu.
01:39Je sors de la salle de bain, et puis je vais voir tous les invités.
01:42Je vais me dire, mais pourquoi je suis marron ?
01:44Ma grand-mère était morte de rire, mes parents très gênés.
01:47Et c'est là, en fait, où ils m'ont raconté après que,
01:50ben voilà, pourquoi j'étais tout marron, c'est pourquoi j'avais la peau mate.
01:53Parce que j'avais été adopté.
01:55Parce qu'ils n'étaient pas mes parents biologiques,
01:57qui m'avaient recueilli pour faire du bien à une maman qui ne pouvait pas s'occuper de moi.
02:01En grandissant, Florian trouve dans les affaires de ses parents
02:04un papier avec quelques informations sur sa naissance.
02:07Il sait seulement qu'à l'origine, il s'appelait Eric,
02:09que sa mère biologique était algérienne,
02:11et qu'elle lui a donné naissance à l'âge de 19 ans.
02:14Mais il ne cherche pas à en savoir plus.
02:16A l'école, il constate qu'il n'y a pas d'autres enfants qui lui ressemblent autour de lui,
02:20et sa différence le fait beaucoup souffrir.
02:23Je manquais, c'est des réflexions un peu...
02:25Je ne les voyais pas comme racistes à l'époque, mais maintenant je le sais qu'elles l'étaient.
02:29Des cochons noirs à l'abattoir, va te prendre une douche, etc.
02:33J'ai grandi avec ça, c'était très très douloureux.
02:37Les réflexions racistes se calment quand Florian arrive au lycée.
02:40Il obtient un bac S et il devient sapeur-pompier tout de suite après.
02:44Il déménage à Paris pour exercer son métier,
02:46et là-bas il rencontre Jennifer, qui vit dans les Landes.
02:50En 2014, à 25 ans, il quitte la région parisienne par amour,
02:54et il s'installe avec elle à Souston.
02:56Il ne trouve pas de travail en tant que sapeur-pompier,
02:59alors il devient chauffeur de bus, un métier qui lui plaît beaucoup.
03:02Un matin du mois de mars 2016, quand il a 27 ans,
03:05il commence à se sentir mal alors qu'il est au travail,
03:08en train de faire le même trajet qu'il fait d'habitude.
03:12J'arrivais en gare de Dax, et puis, bon, j'ai été sapeur-pompier,
03:17donc je connais un peu les signes d'AVC, etc.
03:20Je prends le micro du bus avec une voix d'homme en état d'ébriété,
03:24et je dis à mes clients, écoutez, il y a un problème.
03:26Je pense que je suis en train de faire un AVC,
03:28je vais arrêter le véhicule, tout va bien, ne vous inquiétez pas,
03:31et je vous demanderai s'il vous plaît d'appeler les pompiers.
03:34Alors les pompiers arrivent, le SAMU arrive,
03:37et là ils me prennent en charge.
03:39Ça faisait quelques jours déjà que j'avais des signes un peu paralysés,
03:42faiblesse côté gauche, etc.
03:44Je parlais un peu comme ça, j'étais un peu bourré.
03:47Et en fait, j'arrive à l'hôpital,
03:50s'ensuit une ponction lombaire, etc.
03:52Et quelques jours après, on m'annonce de manière assez violente
03:55un interne qui me dit
03:58« Oh ben, c'est une sclérose en plaques, c'est incurable, mais ça se traite bien. »
04:01La sclérose en plaques est une maladie du système nerveux central
04:04qui touche le cerveau et la moelle épinière.
04:07Elle provoque des douleurs chroniques très handicapantes.
04:09Après son diagnostic, Florian est arrêté pendant trois mois.
04:13Puis il reprend le travail au mois de juillet,
04:15mais ses conditions de travail se dégradent.
04:18Son employeur refuse de lui mettre à disposition
04:20des autobus adaptés à sa maladie, automatiques et climatisés.
04:24Il refuse aussi qu'il se mette en mi-temps thérapeutique.
04:27Et surtout, Florian subit de plus en plus fréquemment
04:30les remarques racistes d'un de ses supérieurs.
04:33Un chef de secteur me disait
04:34« Comment va Daesh ? Tu viens chercher les tickets restaurant pour toute ta famille. »
04:38Le lendemain des attentats du 13 novembre,
04:41j'étais au volant de mon car et on me demande
04:42si j'ai bien mis ma ceinture, ce même chef,
04:45ma ceinture d'explosif.
04:46Et là, ça m'a fichu en l'air un peu moralement.
04:50Surtout après le diagnostic de ma sclérose en plaques.
04:52Le déclencheur, ça a été ça.
04:53Ces remarques racistes, vraiment,
04:54quand j'ai compris qu'elles étaient racistes,
04:56quand j'avais 27 ans, là j'ai dit « Florian, il faut que tu saches d'où tu viennes.
04:59»
05:00Il fallait que je parte à la quête de mes origines, en fait.
05:03En décembre, cinq mois après avoir repris le travail,
05:06Florian se met à nouveau en arrêt maladie car il n'en peut plus.
05:08Il finit par être licencié et il tombe en dépression.
05:12Pour essayer de remonter la pente,
05:14il ouvre un compte Twitter pour témoigner de sa maladie
05:17et du harcèlement qu'il a subi au travail.
05:19En parallèle, il commence une thérapie auprès d'une psychiatre.
05:23En 2019, quand il a 30 ans,
05:25celle-ci lui suggère d'essayer de récupérer son dossier
05:28de l'aide sociale à l'enfance, la ZEU,
05:30pour en savoir plus sur ses origines.
05:32Florian fait alors une demande auprès du département des Landes
05:35pour qu'il se charge de récupérer son dossier.
05:39Quelques mois après, je reçois une lettre du département des Landes
05:43qui me dit « écoutez, voilà, on a votre dossier,
05:46le dossier de l'aide sociale à l'enfance. »
05:48« Rendez-vous tel jour, telle heure au département des Landes
05:51à Mont-de-Marsan pour l'ouvrir. »
05:54Voilà.
05:56Je dis « bon, très bien »,
05:57alors je dis ça à ma compagne, on est émus,
05:59je dis « bon, on prend la voiture,
06:01on arrive au département des Landes. »
06:03Ma compagne ne pouvait pas rentrer dans la pièce,
06:06c'était très monacal, on aurait dit vraiment,
06:08quelque chose de sacré.
06:10Alors j'étais là avec cette jeune femme
06:12et on commence à lire
06:14« la mère d'Éric est une jeune fille de 19 ans, etc.
06:17Elle a souhaité demander le secret.
06:19J'apprends en fait qu'elle était seule,
06:21que seul l'entourage proche
06:24a été mis au courant,
06:25le père en a été informé plus tardivement
06:27et que de toute façon,
06:28elle se retrouverait seule
06:29et que le père n'allait pas l'aider,
06:31qu'il ne voulait pas de cet enfant
06:32parce que c'était une grossesse
06:33qui était non désirée.
06:34C'est ce que je me suis dit
06:35quand j'ai lu ça.
06:37On tourne la page et là, elle me dit
06:38« voilà, il y a une signature. »
06:41Elle me dit « d'habitude, les jeunes femmes signent
06:43ou les mamans mettent un X. »
06:45Et là, quand j'ai vu cette signature,
06:46déjà la dame a pleuré avant moi,
06:49la travailleur sociale a pleuré avant moi.
06:51Et moi, je me suis...
06:53J'étais très distant par rapport à ça.
06:56J'ai dit « bon sang, c'est Leïla, quoi.
06:57C'est magnifique comme prénom. »
06:59Et je sors de ce bureau
07:00et là, je m'effondre dans les bras de ma compagne.
07:02Je m'effondre de joie et d'angoisse.
07:06Parce qu'il n'y avait que ça.
07:07Il n'y avait que cette signature,
07:08cette petite signature écleront sur le « i » de Leïla.
07:10En plus de parler de sclérose en plaques,
07:13Florian commence à raconter sur Twitter
07:14sa quête pour retrouver sa mère biologique.
07:17En septembre 2020,
07:19il saisit le Conseil national d'accès aux origines personnelles,
07:21le CNAOP, pour qu'il aide à la retrouver.
07:24Sept mois plus tard, le 11 avril 2021,
07:28sa compagne Jennifer donne naissance à leur fils, Mathéo.
07:31L'accouchement, c'était vraiment beaucoup, beaucoup d'émotions,
07:34autant pour moi en tant qu'homme, qu'enfant adopté.
07:37Quand Mathéo est né, j'ai vu Leïla, en fait.
07:40J'ai imaginé cette jeune fille de 19 ans,
07:42cette jeune femme-là, accouchée toute seule par césarienne.
07:46Et en fait, quand j'ai vu mon fils pour la première fois,
07:48j'ai pensé à moi.
07:49Et donc l'amour que je donne à mon fils,
07:51c'est ce que Jennifer me reproche avec bienveillance,
07:54que je suis un papa poule.
07:55Parce que, ben voilà, je le protège ce petit.
07:58Je vais lui donner tout l'amour que j'ai pas eu au début.
08:01Les recherches du CNAOP pour retrouver la mère de Florian continuent.
08:04Et en janvier 2023, la personne en charge de son dossier
08:08l'appelle pour lui annoncer qu'elle a peut-être une piste.
08:10Elle pense que des documents avec des informations sur l'identité de sa mère
08:13se trouvent dans un centre d'archives.
08:16Mais quelques jours plus tard, cette personne rappelle Florian
08:19pour le prévenir que le centre d'archives en question a brûlé
08:22avant que le dossier ait pu être récupéré.
08:25Le 27 mars 2023, Florian est en vacances avec sa compagne et leur fils
08:29quand il reçoit un nouvel appel du CNAOP.
08:32Je reçois un coup de fil de cette dame du CNAOP
08:34qui m'a dit, ben voilà, malheureusement, je vais vous envoyer un courrier
08:38en vous expliquant toutes les démarches qu'on a entrepris
08:41et qu'elles ont été infructueuses.
08:43Voilà, on n'a pas réussi à retrouver votre mère.
08:45On était en vacances, j'ai pris une sacrée gifle.
08:47Ma compagne, elle me dit à mon port, elle t'appelle en vacances.
08:52Je dis, non, c'est bon, on va passer de bonnes vacances.
08:54J'ai pris une sacrée gifle quand même.
08:57Un mois plus tard, Florian reçoit le compte rendu du CNAOP
09:00sur ses trois années d'enquête.
09:02Il n'apprend pas grand-chose de plus,
09:04mais à l'intérieur, il trouve une photo de lui quand il était bébé.
09:08Et quand j'ouvre ce courrier-là, je regarde ce courrier,
09:10je me dis, mais bon sang, qui m'envoie une photo de Mathéo ?
09:12De mon fils, je ne connais pas cette photo, mais très sincèrement.
09:16Et après, j'ai capté que c'était moi, je regarde derrière,
09:18je vois le CNAOP, je dis, bon, j'ai aucune photo de moi bébé.
09:22Et là, cette dame, je ne sais pas où elle a glané cette photo.
09:24Et là, je me suis encore une fois effondré.
09:27J'ai dit, je ne retrouvais jamais ma mère.
09:30C'est le destin, mais au moins, je sais à quoi je ressemblais quand j'étais petit.
09:33Et je vois que mon fils me ressemble comme deux gouttes d'eau.
09:36Florian n'a plus aucun espoir de retrouver un jour l'identité de sa mère biologique.
09:41Deux mois plus tard, le dimanche 4 juin 2023,
09:44il est chez lui, le jour de la fête des mères.
09:46Il était 20h30, et je dis à Jennifer, zut,
09:49j'ai oublié de souhaiter bonne fête à ma mère.
09:52Je vois, de toute façon, à la haute, j'ai oublié que c'était la fête des mères,
09:54donc je l'appellerai demain.
09:58Jennifer est avec Mathéo, elle va l'embrasser.
10:00Moi, j'étais tout seul sur le canapé, je lui dis, tiens,
10:02je vais souhaiter bonne fête à ma mère et à toutes les mamans sur Twitter.
10:05Je dis, non, Florian, ça fait cliché, quand même,
10:07je vais souhaiter bonne fête à toutes les mamans.
10:09Et puis, je vois cette enveloppe-là, qui était sur un carton,
10:12l'enveloppe du CNAOP, enfin, de mon dossier d'adoption.
10:15C'est la seule enveloppe que je n'avais pas rangée dans les cartons,
10:17parce qu'on déménageait quelques jours après.
10:19Je vois cette enveloppe, et je me dis, tiens,
10:21je vais souhaiter bonne fête à toutes les mères qui n'ont pas eu le choix,
10:24qui ont dû abandonner un enfant,
10:25et puis je vais souhaiter bonne fête à ma maman.
10:27Alors, j'ai dit, ce soir, je pense à mes mamans,
10:31à ma mère, biologique.
10:33J'ai lancé ça, j'ai dit, je vais mettre la petite signature,
10:35parce que moi, je mets toujours des images à mes tweets,
10:37et donc j'ai tweeté ça avec la signature de Leïla.
10:40Le tweet de Florian est rapidement partagé par des gros comptes.
10:43Il est vu plus de 4 millions de fois,
10:45et deux heures après sa publication,
10:47Florian reçoit un message privé sur son compte Twitter.
10:51Et là, je vais sur les messages privés,
10:54puis je vois un compte anonyme qui m'écrit,
10:56« Bonsoir, monsieur, excusez-moi de vous déranger,
10:59mais j'ai reconnu la signature de ma sœur.
11:01Je me dis, c'est quoi ce truc ? Un compte anonyme ?
11:03Elle n'a même pas son abonné ? »
11:05Je me dis, « C'est qui ça ? »
11:07Et puis là, elle commence à me donner des détails.
11:10Je ne veux surtout pas vous induire en erreur,
11:12mais ma sœur a accouché sous X à 19 ans à Saint-Etienne
11:14en avril 89, et nous sommes algériens.
11:17Je lui ai dit, « Mais là, ce que vous êtes en train de me raconter,
11:20c'est tout ce que j'ai dans mon dossier.
11:21Tout ce que je n'ai pas publié sur Twitter,
11:22vous êtes en train de me le raconter. »
11:24Elle me dit, « Écoutez, une de mes grandes sœurs
11:27veut vous appeler. »
11:28Je me dis, « Bon, on s'appelle, oui, si vous voulez, oui. »
11:31Et on s'appelle.
11:32Et là, on parle.
11:34Il était 23h30 et quelques.
11:36Et encore une fois, elle me donne des détails
11:38que je n'avais pas donnés sur Twitter.
11:40La taille, le poids, l'heure d'accouchement,
11:43la césarienne, etc.
11:45Et c'est quelque chose de fou,
11:46parce qu'elles me disent, « C'est bon,
11:48Florian, tu es le fils de ma sœur. »
11:51Florian et les deux sœurs de Leïla
11:53restent plus d'une heure au téléphone
11:54et il en apprend un peu plus
11:56sur l'histoire de sa mère biologique.
11:58« En une heure, j'apprends que
12:00je ne suis pas le fruit de l'amour.
12:01Ce n'est pas une grossesse désirée.
12:03Elle a été abusée
12:04par un homme beaucoup plus vieux.
12:06Elle s'est retrouvée seule.
12:08Elle a subi du chantage.
12:09Et du coup, ses parents, à l'époque,
12:11c'était une famille très traditionnelle.
12:12Il y avait les on-dit dans les villages, etc.
12:14Donc, il ne savait pas qu'elle a un enfant.
12:17Donc, elle a dû faire le terrible choix.
12:20Qu'elle m'abandonne, voilà.
12:21Elle n'avait pas le choix.
12:22Mais elle a beaucoup souffert. »
12:24Les sœurs de Leïla essayent d'aller la voir
12:26et de lui parler de ce bébé
12:27qu'elle a eu 34 ans plus tôt.
12:28Mais elle se braque,
12:30alors elle décide de ne pas tout de suite
12:31lui parler de Florian.
12:33Florian et Samia, l'une des deux sœurs,
12:35décident de faire un test ADN
12:37pour être sûrs qu'ils font bien partie
12:38de la même famille.
12:40Ils achètent un test sur Internet
12:41qu'ils renvoient dans un laboratoire américain
12:44et ils attendent.
12:45Puis, les résultats tombent.
12:47Ils partagent bien le même ADN.
12:49« Et là, je m'effondre en larmes.
12:51Et donc, j'appelle Samia tout de suite.
12:52On pleure.
12:53On se met à pleurer.
12:55Là, j'ai pris conscience, oui, oui,
12:56que la quête était terminée.
12:58Là, c'était bon.
12:59J'avais retrouvé ma mère biologique.
13:01J'en étais certain.
13:01La science l'avait prouvé. »
13:07Le 17 juin,
13:08deux semaines après son tweet devenu viral,
13:10Florian décide de contacter Leïla.
13:12Il n'a pas son numéro de téléphone,
13:14mais il sait par ses sœurs
13:15qu'elle travaille dans un EHPAD
13:17et il arrive à trouver le numéro
13:18pour joindre l'établissement.
13:20« Je prends mon téléphone,
13:22j'appelle l'EHPAD où elle travaille,
13:23je dis « Bonjour, pourrais-je parler à Leïla,
13:24s'il vous plaît ? »
13:26Et là, la dame au téléphone me dit
13:28« Oui, évidemment, je vous la passe. »
13:30Et je dis « Bonjour Leïla,
13:31je m'appelle Florian, êtes-vous assise ? »
13:33« Je crois qu'on a quelque chose en commun,
13:34j'ai quelque chose à vous dire. »
13:36Et là, elle s'effondre.
13:37Elle me dit « Non, non, c'est pas possible. »
13:40On a parlé longtemps,
13:41elle a fait une crise d'angoisse au téléphone,
13:43je l'ai rassurée.
13:44Je lui ai tout de suite dit
13:45que je ne l'en voulais pas.
13:47Je lui ai dit « Si jamais vous culpabilisez,
13:48arrêtez maintenant, stop ! »
13:50Arrêtez de culpabiliser, je vais bien.
13:52J'ai un fils merveilleux,
13:53une femme merveilleuse,
13:54j'ai une maison, tout va bien.
13:56Arrêtez de culpabiliser,
13:57j'ai été pris en charge
13:58dans une bonne famille.
14:00Et quand je lui ai dit ça,
14:01elle s'est effondrée en larmes.
14:02Je l'appelais pour elle, en fait.
14:04Parce que ses sœurs m'avaient dressé
14:05tellement un beau portrait d'elle
14:06depuis ce tweet
14:08que je voulais la soulager, moi.
14:09Et donc j'ai réussi.
14:10Et maintenant, on se parle.
14:12On s'appelle tous les jours.
14:14Voilà, je lui envoie des photos de Mathéo.
14:17Je l'appelle maman.
14:18Pour moi, j'ai deux mamans.
14:20J'ai ma mère adoptive qui est ma mère,
14:21celle qui m'a élevé,
14:22qui m'a donné tout son amour.
14:23Et j'ai ma mère biologique,
14:25du coup, qui est ma mère,
14:26qui m'aime déjà,
14:28qui a une famille qui m'aime déjà.
14:30Et on va se rencontrer,
14:31on va construire quelque chose.
14:49Ambre, est-ce que Florian appréhende
14:51maintenant la rencontre
14:51avec sa mère biologique ?
14:53Un petit peu, forcément.
14:54Mais il m'a surtout dit
14:55qu'il avait vraiment hâte,
14:57qu'il était pressé de la voir en vrai,
14:58de la prendre dans ses bras.
15:00Pour l'instant, il se parle tous les jours.
15:01Ils s'envoient des nouvelles par message
15:03où ils s'appellent.
15:04Et au mois d'octobre,
15:05ils vont enfin pouvoir passer quelques jours ensemble
15:07dans les Landes chez Florian.
15:08Et un peu plus tard,
15:09Florian va aussi rencontrer ses frères et sœurs,
15:12puisque Leïla a eu deux autres enfants après lui
15:14qui ont aujourd'hui 27 et 23 ans.
15:16Est-ce qu'il se sent mieux au niveau psychologique
15:18depuis qu'il connaît son histoire ?
15:20Oui, il m'a dit que c'était la fin
15:21d'un gros chapitre pour lui
15:22et que ça lui faisait beaucoup de bien.
15:24Après, il m'a aussi raconté
15:25que c'était un peu bizarre
15:26de finir une quête aussi importante pour lui
15:28et qu'il avait un peu peur du sentiment de vide
15:31que ça pourrait peut-être laisser.
15:32Mais en tout cas, il se sent mieux.
15:34Il est content de savoir d'où il vient
15:36et de pouvoir le raconter à son fils Mathéo
15:38quand il sera en âge de comprendre.
15:39On l'entend à la fin du sujet.
15:40Il dit qu'il a réussi à rassurer sa mère biologique,
15:43à la soulager quelque part.
15:44Justement, on sait comment elle,
15:46elle vit le fait d'avoir été contactée par son fils ?
15:49Alors au début, ça a été un peu compliqué pour elle.
15:51Forcément, c'est un gros chamboulement dans sa vie.
15:53Mais Florian m'a dit qu'aujourd'hui,
15:54elle était vraiment soulagée.
15:56Sa famille, ses soeurs ont même raconté à Florian
15:58que depuis toujours,
16:00elle sentait que Leïla vivait avec une forme de tristesse en elle
16:02qui était toujours présente
16:03et que depuis qu'elle avait retrouvé Florian,
16:05cette tristesse avait complètement disparu
16:07et qu'elle avait enfin retrouvé sa joie de vivre.
16:10Dernière question, Ambre.
16:11Comment ont réagi les parents adoptifs de Florian ?
16:13Ils ont très bien réagi.
16:15Florian m'a raconté que jusqu'à cette année,
16:17il ne parlait pas vraiment de son adoption avec ses parents.
16:19C'était un sujet un peu tabou pour lui.
16:21Et quand il a annoncé à ses parents
16:22qu'il avait retrouvé Leïla, sa mère biologique,
16:25ça a débloqué quelque chose.
16:26Ça a levé un peu le tabou
16:27et ses parents lui ont dit qu'ils étaient très contents pour lui.
16:30Et ils ont même demandé à Florian
16:32de faire passer un message à Leïla
16:33et de lui dire qu'ils avaient fait du mieux qu'ils pouvaient
16:36pour élever son bébé.
16:37Merci Ambre Rosala
16:39et merci à Marianne Chenoux pour son aide.
16:41Cet épisode de Code Source a été produit par
16:43Raphaël Pueyo,
16:44réalisation Julien Moncouquiol.
16:46Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
16:50Nous publions un nouvel épisode
16:51chaque soir de la semaine,
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16:57comme Apple Podcast,
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