Décédée à l’hôpital en 2018, la mère de Sophie Mayer a été placée quelques mois auparavant à l’Orpea des Chanterelles, au Pré-Saint-Gervais. Soupçonnant l’établissement de maltraitance, Sophie Mayer raconte son combat contre Orpea au micro d’Ambre Rosala.
Dans ce podcast : Le leader mondial des EHPAD l'entreprise française ORPEA est dans la tourmente depuis la publication fin janvier des « fossoyeurs ». Ce livre enquête du journaliste Victor Castanet dénonce en résumé la stratégie du groupe pour doper sa rentabilité allant jusqu’au rationnement des protections intimes ou de la nourriture.
Plusieurs familles vont porter plainte contre ORPEA et d'autres contre KORIAN un autre poids lourd du secteur. Pour bien comprendre leur détermination Code source vous propose aujourd'hui le témoignage de l'une des futures plaignante Sophie Mayer, 57 ans, sa mère a été victime selon elle de mauvais traitements dans l'un des EHPAD d'ORPEA Sophie Mayer témoigne au micro d’Ambre Rosala pour Code source.
Cette petite femme blonde aux yeux bleus me raconte qu'elle a été très choquée par les propos du nouveau PDG du groupe auditionné la veille à l'Assemblée Nationale « il faut vous sachiez qu’il y a des événements indésirables dans tous les EPHAD puisque je disais la perfection n'est pas possible dans ce domaine »…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert, Raphaël Pueyo, Thomas Valognes et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : TF1 et Le Figaro.
En savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/orpea-le-combat-de-sophie-mayer-apres-la-mort-de-sa-mere-09-02-2022-DX3VSF2J2BGHHEC7LUSOHCINVU.php
#orpea #mayer #ehpad
Dans ce podcast : Le leader mondial des EHPAD l'entreprise française ORPEA est dans la tourmente depuis la publication fin janvier des « fossoyeurs ». Ce livre enquête du journaliste Victor Castanet dénonce en résumé la stratégie du groupe pour doper sa rentabilité allant jusqu’au rationnement des protections intimes ou de la nourriture.
Plusieurs familles vont porter plainte contre ORPEA et d'autres contre KORIAN un autre poids lourd du secteur. Pour bien comprendre leur détermination Code source vous propose aujourd'hui le témoignage de l'une des futures plaignante Sophie Mayer, 57 ans, sa mère a été victime selon elle de mauvais traitements dans l'un des EHPAD d'ORPEA Sophie Mayer témoigne au micro d’Ambre Rosala pour Code source.
Cette petite femme blonde aux yeux bleus me raconte qu'elle a été très choquée par les propos du nouveau PDG du groupe auditionné la veille à l'Assemblée Nationale « il faut vous sachiez qu’il y a des événements indésirables dans tous les EPHAD puisque je disais la perfection n'est pas possible dans ce domaine »…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert, Raphaël Pueyo, Thomas Valognes et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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En savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/orpea-le-combat-de-sophie-mayer-apres-la-mort-de-sa-mere-09-02-2022-DX3VSF2J2BGHHEC7LUSOHCINVU.php
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le leader mondial des EHPAD, l'entreprise française Orpea, est dans la tourmente depuis la publication fin janvier des Fossoyeurs.
00:19Ce livre-enquête du journaliste Victor Castaner dénonce en résumé la stratégie du groupe pour doper sa rentabilité
00:26allant jusqu'au rationnement des protections intimes ou de la nourriture.
00:31Plusieurs familles vont porter plainte contre Orpea et d'autres contre Corian, un autre poids lourd du secteur.
00:37Pour bien comprendre leur détermination, Codesources vous propose aujourd'hui le témoignage de l'une des futures plaignantes,
00:43Sophie Maillard, 57 ans. Sa mère a été victime, selon elle, de mauvais traitements dans l'un des EHPAD d
00:49'Orpea.
00:50Sophie Maillard témoigne au micro d'Ambre Rosala pour Codesources.
00:59Je rencontre Sophie Maillard sur son lieu de travail.
01:02Elle fume une dernière cigarette, puis à peine installée, elle commence à me parler sans détour d'Orpea.
01:09Cette petite femme blonde aux yeux bleus me raconte qu'elle a été très choquée par les propos du nouveau
01:13PDG du groupe,
01:15auditionné la veille à l'Assemblée nationale.
01:17Il faut que vous sachiez qu'il y a des événements indésirables dans tous les EHPAD,
01:24puisque je disais que la perfection n'est pas possible dans ce domaine.
01:31Quand j'ai entendu ce terme « événement indésirable », ça m'a donné envie de vomir.
01:38Quand on parle de la maltraitance, de la souffrance, de la mort d'un être humain comme d'un événement
01:45indésirable,
01:46je me demande ce qui peut être un événement grave.
01:48Enfin, je veux dire, ce ne sont pas les événements qui sont indésirables,
01:54c'est cette façon de procéder qui est indésirable.
01:57J'ai l'impression qu'on nous a endeuillés une deuxième fois.
02:00La mère de Sophie Maillard s'appelait Janine.
02:02Plus jeune, elle était prof d'anglais et de français, et était mariée à un militaire, le père de Sophie.
02:08Sophie me raconte que sa mère était quelqu'un de très fort, qui ne se plaignait jamais de rien.
02:13Elle avait trois enfants dont elle était très proche, mais avait une relation privilégiée avec Sophie, qui est la petite
02:19dernière.
02:20Nous avions des rapports fusionnels, en fait.
02:23C'était un peu « elle et moi contre le monde entier ».
02:25Ça a toujours été comme ça.
02:27De toute façon, on se voyait pratiquement tous les jours.
02:31On allait au cinéma, on allait manger au restaurant, on se téléphonait de toute façon au moins une fois par
02:36jour.
02:37On n'a jamais été éloignés l'une de l'autre.
02:39Je n'ai jamais loupé un Noël, un anniversaire, une fête des mères.
02:47C'était sacré.
02:49Janine est une maman et une grand-mère attentionnées, et plutôt dynamiques.
02:53Mais en 2005, le grand frère de Sophie, qui a un handicap moteur cérébral depuis l'enfance, meurt subitement.
03:00Et à partir de là, Sophie voit sa mère aller de moins en moins bien.
03:05Quand nous avons enterré mon frère, le soir même, elle est venue s'installer à la maison.
03:11Elle n'est pas retournée chez elle.
03:12Donc tout le monde était là pour l'accueillir.
03:14Et elle a vécu à la maison de façon très confortable.
03:19Elle était très bien.
03:20Et il n'a jamais été question de placement en EHPAD.
03:22Et puis, à un moment, elle a fait une très grave anémie.
03:26C'est-à-dire qu'elle ne voulait plus manger, elle ne voulait plus bouger.
03:28Elle est tombée dans la dépression suite à la mort de mon frère.
03:33Alors, c'est arrivé à un tel point qu'un soir, on a appelé le médecin qui nous a dit
03:39« Mais ce n'est pas possible, il faut l'hospitaliser tout de suite. »
03:42Donc elle est partie.
03:43Elle a été hospitalisée à l'hôpital André Grégoire à Montreuil.
03:47À 13h, j'arrive à l'hôpital puisqu'on y allait tous les jours.
03:51Et le médecin me dit « Elle sort demain. »
03:55Mais elle ne peut absolument pas se débrouiller seule.
03:58Vous savez, le mieux, c'est quand même de la placer quelques mois en maison
04:01de façon à ce qu'eux, ils soient là vraiment, qu'ils veillent à ce qu'elle mange bien,
04:06qu'elle s'alimente à heure fixe, qu'elle ait une certaine activité avec un kiné, tout ça.
04:11Et allez, on dit 3-6 mois et après, elle revient chez vous.
04:17Moi, je ne voulais absolument pas.
04:19J'ai insisté pour qu'elle revienne à la maison et le corps médical m'a dit que ça allait
04:23être trop lourd à l'instant T.
04:26Sophie et sa famille finissent rapidement par suivre la vie médicale
04:30et cherchent en urgence un EHPAD qui pourrait accueillir Janine.
04:33Ils veulent trouver un établissement près de chez eux, à Montreuil en région parisienne,
04:37et qui seraient médicalisés, car la mère de Sophie ne peut désormais se déplacer qu'en fauteuil roulant.
04:42Sophie et son mari visitent alors une maison de retraite du groupe Orpea,
04:47auprès Saint-Gervais, la résidence La Chanterelle, qui se trouve à seulement 10 minutes de chez eux.
04:54Vous êtes accueillis, mais avec des sourires de partout, des salamalèques, et voulez-vous un café ?
05:00Et on vous visite, une superbe chambre avec un grand balcon, très clair, très joli.
05:06On nous dit, vous ne vous inquiétez pas, de toute façon il y a un médecin qui est présent au
05:10rez-de-chaussée,
05:10ils m'ont tout fait visiter.
05:11Et vous voyez, il y a même une clinique accolée à la maison de retraite.
05:15Il y a juste la cour à traverser, on y accède directement.
05:18On vous vend quelque chose de solide, de crédible.
05:21On s'est dit, c'est vrai que le cadre était beau, les gens avaient l'air gentils.
05:26On n'avait pas le temps en plus, il fallait agir dans l'urgence.
05:31Donc elle s'est installée là.
05:33Quelques jours après la visite, Sophie accompagne sa mère pour qu'elle s'installe dans cette maison de retraite.
05:39Au moment de partir, Sophie voit que sa mère a les larmes aux yeux,
05:43mais Janine ne dit rien et ne se plaint pas.
05:46Je me souviens d'avoir fermé la porte, d'être rentrée l'embrasser,
05:50d'avoir fait ça au moins 5-6 fois.
05:52Et j'étais avec mon mari qui à un moment m'a attirée,
05:56et après je me suis effondrée en larmes et je m'en voulais.
06:01Et en même temps, à ce moment-là, il n'y avait pas d'autre solution.
06:07Sophie rend visite à sa mère très régulièrement, plusieurs fois par semaine.
06:11Un jour, un mois après l'arrivée de sa mère dans cette EHPAD,
06:14Sophie se rend compte qu'elle a été changée de chambre
06:16et que Janine n'habite plus dans cette grande pièce lumineuse qu'elle avait visitée,
06:20mais dans une chambre bien plus petite et sombre.
06:24Sophie voit sa mère de plus en plus triste,
06:26et au fil des visites, elle remarque plusieurs petites choses
06:30qui lui font se poser des questions
06:31sur la manière dont on s'occupe de sa mère dans l'établissement.
06:36Cette odeur d'urine absolument épouvantable,
06:39ça c'était vraiment quelque chose de terrible.
06:42En plein hiver, elle avait un chemisier alors qu'elle avait moult pulls dans son placard.
06:48Ce qui était frappant aussi, et ça c'est ma dernière fille qui me l'a rappelée,
06:53mais c'est vrai que quand on l'appelait dans la journée,
06:56quand on venait la voir, elle n'avait pas de déficit cognitif.
06:59Et si on venait le soir, entre 17 et 19h, là elle était complètement shootée.
07:05Ma fille, du reste, est allée voir les cadres infirmiers, les médecins.
07:09Elle leur a demandé, mais vous lui avez donné quoi pour qu'elle soit dans cet état-là ?
07:14Montrez-moi la liste des médicaments que vous lui donnez.
07:16Ah mais on ne l'a pas, je ne sais pas, il doit être rangé ailleurs.
07:19Son dossier médical, non mais il est rangé dans le bureau du médecin qui est fermé à clé.
07:25À chaque fois, c'est la même chose. Il n'y a jamais de réponse.
07:27On ne vous apporte jamais de réponse. Jamais.
07:30Le 14 novembre 2018, quelques mois après l'arrivée de la mère de Sophie dans l'établissement,
07:35un membre du personnel de l'EHPAD appelle Sophie Mailleur.
07:40Je reçois un appel d'un aide-soignant qui me dit
07:44« Votre maman est tombée hier et elle semble avoir un peu mal,
07:50je préfère quand même l'envoyer à l'hôpital. »
07:53Pourquoi pas nous avoir prévenus avant ?
07:55Bref, on se retrouve à l'hôpital où là je la trouve pleurant,
07:59me disant qu'elle souffrait le martyr, qu'elle était tombée la veille
08:03et qu'elle avait essayé d'appeler, elle avait même demandé des médicaments,
08:08qu'on ne lui avait rien donné.
08:09Donc elle passe une première radio qui décèle une jambe brisée.
08:14On me dit qu'on ne peut pas l'opérer dans cet hôpital
08:17parce que c'est une opération sur des personnes âgées
08:20et qu'il vaut mieux l'envoyer à Saint-Antoine.
08:22On part à Saint-Antoine.
08:23Là-bas, on nous dit « Désolée, elle ne peut pas être opérée tout de suite
08:27parce qu'elle est sous anticoagulant.
08:29On va attendre que le taux soit relativement bon,
08:32qu'on ne prenne pas trop de risques d'hémorragie. »
08:36Donc elle est opérée à nouveau 24 heures après,
08:38donc on en est à 48 heures.
08:40Elle est opérée.
08:41À la sortie du bloc opératoire, ils font une radio de contrôle
08:44et là ils s'aperçoivent que la deuxième jambe est brisée également.
08:48Donc elle est restée.
08:49Là, elle est à 48 heures avec les deux jambes brisées.
08:52Elle est donc réopérée.
08:55La suite de ça, elle fait un mini-AVC
08:57parce que je pense que la douleur a dû être trop forte.
09:01Je ne sais pas, je ne suis pas médecin.
09:03Donc elle est suivie dans le service de Saint-Antoine.
09:06Et je rencontre le médecin qui me pose des questions sur la chute.
09:09Je me dis « Mais est-ce que vous savez comment elle est tombée ? »
09:11Parce que c'est quand même deux jambes fracturées.
09:12Je lui dis « Non, je ne sais pas.
09:13J'ai essayé d'appeler.
09:14On ne me donne pas de réponse.
09:15Je n'arrive à avoir personne. »
09:18On est allé la voir tous les jours, tous les jours.
09:20Et je revois le médecin qui me dit
09:23« Écoutez, de toute façon, il n'est pas question qu'elle retourne là-bas.
09:25Il y a quand même suspicion de maltraitance. »
09:29L'horreur, la colère, la stupéfaction, l'incompréhension.
09:33Je suis abasourdie.
09:37Après son opération,
09:38les médecins ne donnent plus que six mois d'espérance de vie
09:41à la mère de Sophie.
09:43Sophie et son mari l'accueillent chez eux
09:45et s'occupent d'elle au quotidien.
09:47Mais son état s'aggrave.
09:50Des fractures qui ne s'étaient pas rétablies,
09:52des escarpes partout.
09:54Enfin bon,
09:55elle est décédée trois mois plus tard
09:57dans des souffrances innommables,
10:00mortyres.
10:01Ça a été terrible.
10:02Mais soulagée qu'elle parte à la maison,
10:06entourée de tous les siens.
10:08C'était un dimanche.
10:09Elle a dû le faire exprès
10:10parce qu'il y avait ses enfants et ses petits-enfants.
10:14Donc tout le monde était à la maison
10:16et elle est partie dans mes bras.
10:19Je suis arrivée le matin.
10:22Elle m'a dit trois fois, voilà.
10:24Comme si, voilà, on arrive au bout.
10:27Ce sont les derniers mots qu'elle a dit.
10:30Après, ça s'est passé en deux, trois heures.
10:33Mais elle souffrait trop.
10:36Après le décès de sa mère,
10:38Sophie est persuadée
10:38Corpea est en cause dans cette mort
10:40qu'elle juge prématurée.
10:41Elle essaye de joindre la direction
10:43de l'établissement La Chanterelle
10:45pour avoir des explications,
10:46mais elle n'a aucune réponse.
10:49Après plusieurs relances,
10:50elle finit par obtenir un rendez-vous
10:5215 jours après la mort de sa mère
10:54et elle s'y rend avec son mari.
10:56Il se retrouve face à sept personnes
10:58dont la directrice de l'établissement
11:00est la responsable départementale d'Orpea.
11:03Il donne à Sophie et son mari
11:05leur version de la chute de la mère de Sophie.
11:09Il me donne comme explication.
11:11Ça s'est passé la nuit.
11:12Elle a enjambé la barrière de son lit médicalisé
11:14et elle est tombée.
11:16Maman, à cette époque, ne pouvait plus bouger.
11:19Elle était en fauteuil roulant
11:20et en plus, elle était sous somnifère.
11:21Donc, c'était matériellement,
11:25physiquement, impossible.
11:27C'était impossible.
11:28Il n'y avait même pas à discuter.
11:30Ça n'était pas possible.
11:31Ils n'en démordent pas.
11:33Et ils me disent
11:34« De toute façon, les personnes âgées
11:36ne ressentent pas la douleur. »
11:38Je crois que là, ça a été le summum.
11:41Et trois jours plus tard,
11:43je reçois une lettre
11:45disant que la responsabilité
11:47de la Chanterelle
11:48n'était pas du tout engagée
11:49dans le décès de maman.
11:51Hors d'elle,
11:52Sophie Mayer réfléchit
11:53à attaquer le groupe Orpéa en justice.
11:55Mais elle se dit
11:56qu'elle n'arrivera pas
11:57à faire face à cette grosse machine
11:59et finit par jeter l'éponge.
12:03Le samedi 29 janvier 2022,
12:05Sophie est chez elle avec son mari
12:07quand elle entend parler
12:08du livre du journaliste indépendant
12:10Victor Castanet,
12:11« Les faux soyeurs ».
12:13Sortie trois jours plus tôt,
12:15cette enquête,
12:15nourrie de près de 250 témoignages,
12:18accuse le groupe Orpéa,
12:19le même qui s'est occupé
12:21de la mère de Sophie Mayer,
12:22de maltraitance
12:24envers certains résidents d'EHPAD.
12:27J'entends ça à la radio
12:30et j'arrive dans le salon
12:32et j'ai dit à mon mari,
12:33« T'as vu, ils ont sorti un truc
12:34contre Orpéa ? »
12:35Et lui me répond,
12:36« Oui, il était invité
12:38à je sais quelle émission et tout. »
12:40Et donc, je la prends comme ça.
12:42Ça a été comme un électrochoc
12:43en me disant,
12:44« Mais en fait,
12:45ouais, c'est pas arrivé qu'à nous,
12:46mais j'ai pas... »
12:48Enfin, j'ai pas rêvé,
12:48j'ai pas...
12:49J'ai pas affabulé, quoi.
12:51C'est...
12:51C'est toute une organisation,
12:54en fait.
12:55Et j'ai pas voulu acheter
12:56le livre tout de suite.
12:58En revanche,
12:59j'ai pris mon téléphone
13:01et j'ai envoyé un mail
13:03à toutes les rédactions
13:04possibles et imaginables.
13:05Et le Parisien m'a appelée
13:08dès le dimanche matin.
13:10Sophie donne une première interview
13:13au Parisien,
13:13dans laquelle elle raconte
13:15tout ce qui est arrivé
13:16à sa mère.
13:17Et tout de suite
13:18après l'interview,
13:19elle contacte une avocate
13:20qui rassemble les plaintes
13:22de familles de victimes
13:23en vue d'une action de groupe.
13:25Puis Sophie donne
13:26d'autres interviews
13:27pour BFM TV,
13:29France 3 ou encore TF1.
13:31Sophie Maillard a bondi ce matin.
13:33Aujourd'hui décidée
13:34à porter plainte,
13:35elle affirme qu'en 2018,
13:37Orpéa l'en a dissuadé
13:39après l'accident de sa mère,
13:41laissait selon elle
13:4124 heures les deux jambes cassées
13:43dans sa chambre d'EHPAD.
13:45Et on nous a dit qu'en fait...
13:47Ces interviews filmées
13:48sont très importantes pour Sophie
13:50qui tient à témoigner
13:51à visage découvert.
13:53Je crois qu'il ne faut pas
13:55se cacher derrière
13:56une image floutée
13:58ou derrière un pseudo
13:59pour bien montrer qu'on existe,
14:01qu'on est réel,
14:02ce ne sont pas des mensonges
14:03et surtout de leur faire comprendre
14:05qu'on n'a pas peur.
14:10Ce qui me fait très plaisir,
14:12c'est que depuis,
14:13il y a plein d'autres plaignants
14:14qui veulent bien
14:15se faire interviewer et tout.
14:17Et plus on sera nombreux
14:18à être interviewés,
14:20plus on sera nombreux
14:21à diffuser,
14:22à accepter de diffuser notre image
14:23et plus ça aura de poids.
14:26Rapidement,
14:26l'enquête de Victor Castaneff
14:28est la une des médias.
14:29Le 30 janvier,
14:31le groupe Orpéa
14:32décide de limoger
14:33son directeur général
14:34et le lendemain,
14:36le gouvernement annonce
14:37l'ouverture d'une enquête
14:38visant le groupe.
14:39Sophie Maillard,
14:40elle,
14:41est contente que l'on parle
14:42enfin de la maltraitance
14:44dans les EHPAD.
14:45Tout le monde savait
14:46et personne ne disait rien.
14:48Maintenant,
14:50plus personne ne pourra dire
14:51qu'on ne savait pas.
14:52Plus personne.
14:53Et c'est important
14:54et ce que je souhaite,
14:55c'est que ce ne soit pas
14:56un coup d'épée dans l'eau
14:57que ça aille jusqu'au bout,
15:00aussi loin que ça puisse aller.
15:01J'ai vraiment envie
15:02que ça devienne une cause nationale.
15:03J'ai vraiment envie
15:04que ça bouge.
15:05C'est vraiment devenu
15:06un combat très important
15:08dans ma vie.
15:37Ambre,
15:38on te retrouve dans une minute
15:39pour une discussion
15:40comme on le fait
15:40à la fin de chaque témoignage.
15:42On va d'abord écouter
15:42la réponse d'Orpea
15:44que nous avons contactée
15:45aujourd'hui avant
15:46la publication du témoignage
15:48de Sophie Maillard.
15:48Nous comprenons l'émotion
15:50de la famille face à la douleur
15:52et la fin de vie
15:52de leurs proches
15:53et leur renouvelons
15:54toute notre compassion.
15:56Nous ne partageons néanmoins
15:57pas l'analyse
15:58qui est faite
15:59de la prise en charge
16:00proposée par notre établissement
16:01qui a traité la chute
16:02de cette résidente
16:03avec professionnalisme
16:05et réactivité.
16:06Le dossier médical
16:07atteste en tout point
16:08les soins qui ont été dispensés
16:10dans le cadre de cette chute
16:11comme tout au long
16:12du séjour de cette résidente.
16:14La direction de la résidence
16:15et l'équipe médicale
16:17sont à la disposition
16:17de la famille
16:18pour les recevoir
16:19comme ils l'ont déjà fait
16:20et répondre à leurs questions.
16:22Voilà pour cette réponse d'Orpea.
16:24Ambre, pour Sophie Maillard
16:26on a bien compris
16:26que ce combat
16:27est très important pour elle.
16:29Qu'est-ce qu'elle va faire concrètement ?
16:30Elle va s'investir
16:31dans cette action de groupe
16:32en justice
16:33que tu as évoquée
16:34dans ton sujet ?
16:35Oui c'est ça.
16:36En fait, elle a pris contact
16:36avec une avocate
16:38qui coordonne cette action
16:39de groupe en justice
16:40et l'idée c'est que
16:42début mars
16:43avec cette avocate
16:44toutes les victimes
16:45qui se sont manifestées
16:46aillent porter plainte
16:47tout en même temps
16:48pour que ça ait plus de poids
16:49et donc Sophie est complètement
16:51investie dans cette action de groupe
16:52elle suit ça de très près
16:54et surtout elle appelle
16:55que ce soit par ses témoignages
16:57dans les médias
16:57ou dans son entourage
16:59elle appelle toutes les victimes
17:00à se joindre
17:01à cette action de groupe.
17:02Avec cette plainte
17:03qu'elle va déposer
17:04est-ce qu'elle espère
17:05obtenir la vérité
17:06sur ce qui est réellement
17:07arrivé à sa mère
17:08sur les circonstances
17:09de cette chute ?
17:11Non, c'est pas vraiment ça
17:12l'objectif.
17:12Elle a dépassé ce stade-là
17:14je pense qu'elle sait
17:14qu'elle ne pourra
17:15jamais vraiment savoir
17:16ce qui s'est passé
17:17dans la chambre de sa mère
17:18quand elle est tombée
17:19ce qu'elle attend d'Orpea
17:20de ce qu'elle m'a dit
17:21c'est simplement
17:22qu'il reconnaisse
17:24qu'il y a eu des problèmes
17:25dans la prise en charge
17:25de sa mère
17:26et elle m'a clairement dit
17:27qu'elle le faisait
17:28pour sa maman
17:29pour la mémoire de sa mère.
17:30Et est-ce qu'elle en veut
17:31aux salariés d'Orpea
17:32de cette maison de retraite
17:34la Chanterelle
17:34auprès Saint-Gervais
17:35près de Paris ?
17:36Non, pas du tout
17:36ce qu'elle m'a expliqué
17:37c'est qu'elle est remontée
17:38contre le groupe Orpea
17:39en tant qu'institution
17:40en tant que système
17:42mais qu'elle sait
17:43que dans les EHPAD
17:44le personnel médical
17:45travaille souvent
17:45dans des conditions difficiles
17:47avec peu de moyens
17:48et de personnel
17:48et donc elle sait
17:49que les soignants
17:50font de leur mieux
17:50et qu'ils ne sont pas
17:52responsables
17:52des dysfonctionnements.
17:54Dernière question
17:54Ambre
17:55quand tu as rencontré
17:56Sophie Maillard
17:57elle t'a expliqué
17:58que c'est la dernière interview
18:00qu'elle accordait à un média.
18:01Oui c'est ça
18:02elle m'a dit
18:02que c'était la dernière fois
18:03qu'elle prendrait la parole
18:04dans les médias
18:05alors elle se laisse encore
18:06la possibilité de témoigner
18:07plus tard
18:08si jamais il y a du nouveau
18:09ou des rebondissements
18:10dans cette affaire
18:11mais pour l'instant
18:11elle arrête
18:12elle m'a expliqué
18:13qu'elle avait envie
18:13qu'on voit d'autres personnes
18:15témoigner
18:15parce qu'elle pense
18:16que plus les témoignages
18:17seront nombreux
18:18et plus leur action
18:19aura de poids.
18:23Merci Ambre Rosala
18:25et merci à Bérangère Lepetit
18:26pour son aide.
18:27Cet épisode de Code Source
18:28a été produit par
18:29Thibault Lambert
18:30Sarah Amny
18:31Raphaël Pueyo
18:32et Thomas Vallogne
18:32réalisation
18:34Julien Moncou-Kiol
18:35Code Source
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