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Le documentaire « Il faut ramener Albert », diffusé le 21 avril sur LCP, suit la quête de Nicole, Colette et Roger, respectivement 88, 91 et 98 ans, pour ramener la dépouille de leur frère aîné Albert. Mort au combat pendant la Seconde Guerre mondiale et enterré à Oran, en Algérie, la fratrie souhaite qu’il puisse reposer en France auprès des siens. Code source raconte les coulisses de ce film drôle et émouvant avec Michaël Zumstein, fils de Colette et auteur du documentaire, au micro de Ambre Rosala.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : LCP.
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Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Il faut ramener Albert, c'est le titre d'un documentaire intime, drôle et émouvant, diffusé le 21 avril dernier
00:20sur la chaîne parlementaire LCP.
00:22Son auteur, Michael Zumstein, a eu l'idée après le premier confinement de suivre avec sa caméra sa mère, sa
00:28tante et son oncle, respectivement 91, 88 et 98 ans.
00:34Au printemps 2020, ils se sont tous les trois donnés pour mission de ramener d'Algérie la dépouille d'Albert,
00:41leur frère aîné mort au combat pendant la seconde guerre mondiale,
00:44pour que ce dernier puisse reposer en France auprès des siens.
00:48Chez Code Source, on a eu envie de vous raconter cette histoire et les coulisses de ce film, en donnant
00:53la parole au réalisateur, Michael Zumstein, Ambre Rosala l'a rencontré.
01:07Michael Zumstein habite à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, avec sa femme qui a produit son documentaire et leur fille.
01:13Ils m'accueillent dans leur maison à l'heure du petit déjeuner, et Michael me conduit dans un petit salon
01:18au dernier étage de la maison, où nous nous installons.
01:22Michael Zumstein est né le 16 avril 1970 à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine.
01:27Comme son père est un artiste peintre suisse, Michael a les deux nationalités suisse et française.
01:33Avec ses parents et sa grande sœur, il grandit à Paris.
01:36Michael est juif par sa mère, mais il me raconte qu'il n'a pas grandi dans une famille très
01:41croyante.
01:44Je pense que j'ai appris assez tard que j'étais juif, je le savais de façon inconsciente, mais je
01:50n'ai absolument pas grandi dans la tradition juive.
01:53Pas de fête de Pâques, pas de Bar Mitzvah, on ne mange pas qu'à chair.
01:59Je voyais ça chez les autres et je me demandais pourquoi ce n'était pas comme ça chez nous.
02:03La mère de Michael, qu'il appelle par son prénom Colette, est née à Oran, en Algérie.
02:09Elle a une petite sœur, Nicole, un frère, Roger, et aussi un autre grand frère, Albert, l'aîné de la
02:15fratrie.
02:17Michael sait que ce dernier est mort en 1944, sur le champ de bataille en Italie, pendant la Seconde Guerre
02:22mondiale, et qu'il a été enterré à Oran.
02:25Mais il grandit, sans en savoir vraiment plus sur lui.
02:28On savait qu'ils avaient un grand frère, mais on n'en a jamais posé trop de questions, puisqu'il
02:34y avait du chagrin.
02:36On sentait du chagrin, on sentait beaucoup de pudeur.
02:38Il n'y avait pas de photo d'Albert.
02:40On ne fêtait pas sa date de naissance, on ne fêtait pas sa date de mort.
02:43Je ne savais rien de lui, je ne savais même pas à quel âge il était décédé à la guerre.
02:48Donc on ne savait presque rien.
02:50Si ce n'est que les rares fois où ma mère évoquait son frère, elle pleurait immédiatement, et évidemment, on
02:56s'arrêtait de parler.
02:58Michael Zumstein fait des études de photographie en Suisse, à Vevey.
03:02Puis il devient photojournaliste, et au début de sa carrière, il travaille beaucoup en Afrique.
03:08Il couvre régulièrement les conflits en République démocratique du Congo, en Côte d'Ivoire ou encore au Nigeria.
03:14Mais il revient très souvent à Paris, pour voir sa famille dont il est très proche.
03:19Moi j'ai toujours été, comme tous les gens de notre famille, on a toujours été très proche, très ensemble.
03:26Ce n'est pas forcément une famille très étendue, mais on a beaucoup de petits cousins.
03:31On a pris l'habitude de se réunir de façon assez informelle.
03:34Il n'y avait pas forcément d'obligation d'être à ces réunions familiales.
03:38Mais Roger étant de plus en plus âgé, c'est vrai qu'il sortait de moins en moins de chez
03:45lui,
03:46qu'il a eu des petits pépins physiques, et que donc les réunions de famille se faisaient chez lui.
03:53Mais aussi quotidiennement, Colette et Nicole allaient chez lui pour faire des mots croisés,
03:59pour lui apporter le canard enchaîné, pour discuter, échanger des infos, pour se disputer même.
04:04Donc ce n'est pas une famille forcément très nombreuse,
04:07mais on a toujours pris l'habitude d'avoir des nouvelles des uns et des autres,
04:11avec en point central l'appartement de Roger.
04:13En plus de sa carrière de photojournaliste, Michael commence à faire des documentaires.
04:18Au début de l'année 2020, il gagne une bourse grâce à un projet de documentaire en Centrafrique.
04:24Il est censé partir quelques temps plus tard, mais c'est annulé à cause du Covid et du confinement,
04:29et Michael se retrouve sans aucun projet.
04:32Et mon épouse, Juliette Guigon, m'a dit « Mais pourquoi tu n'irais pas filmer ta famille ? »
04:37Et moi, je n'avais absolument aucune envie de filmer ma famille, je ne l'avais jamais même photographiée.
04:41Donc j'étais très réticent, mais j'y suis allé d'abord avec mon iPhone,
04:45et ça devait être peut-être, je ne savais pas encore,
04:48mais ça devait être peut-être la chronique de trois personnes âgées,
04:52une fratrie, ce qui est assez rare à leur âge, une fratrie pendant le confinement.
04:56Et au bout de deux jours, je filmais avec l'appareil,
04:59et peut-être parce que, ou à cause de la caméra,
05:03Roger, mon oncle, qui est un des personnages du film,
05:07a fondu en larmes après deux, trois jours de tournage,
05:11et il a dit « Il faut qu'on ramène Albert, notre frère.
05:15Je ne peux pas mourir sans ramener le corps de mon frère auprès de nous, à Paris. »
05:21Je ne l'avais jamais prononcé le prénom d'Albert pendant 70 ans.
05:24Et à ce moment-là, j'ai senti qu'il y avait une autre histoire,
05:27une histoire qui, en plus, me touchait particulièrement,
05:30et que j'allais la suivre.
05:32La mère de Mickaël, Colette, a 91 ans.
05:36Sa tante Nicole en a 88, et son oncle Roger, 98.
05:41Colette et Nicole s'emparent de cette mission de ramener Albert.
05:45Depuis l'appartement de Roger,
05:46elles entament des démarches pour ramener le corps d'Albert en France,
05:49et Mickaël vient les voir presque tous les jours pour les filmer.
05:54Dans cette mission, ils avancent un petit peu à l'aveugle.
05:57On commence par chercher des informations,
06:01c'est Nicole qui s'y met,
06:03par chercher des informations sur à qui demander.
06:06On ne parle de rien du tout.
06:08Est-ce qu'il faut demander à l'ambassade de France ?
06:09Est-ce qu'il faut demander au ministère de la Défense
06:11parce qu'Albert était enterré dans un cimetière militaire ?
06:14Est-ce qu'il faut parler aux autorités algériennes ?
06:17Et c'est ça la première marche, c'est à qui demander.
06:21Donc on a envoyé une série de mails,
06:23Nicole a essayé d'envoyer des mails,
06:26les mails lui revenaient parce qu'elle ne marquait pas la bonne adresse,
06:28elle a essayé d'appeler,
06:29et c'est comme ça qu'on commence.
06:32Mon adresse mail, c'est quoi ?
06:35Colette Zoomstein ?
06:38Arrobat, c'est ça ?
06:41Oui, gmail.com.
06:43Gmail.
06:44Gmail.
06:46Un G et après M-A-I-L.
06:49Oui.
06:50Point com.
06:51Point ?
06:52Point com, oui.
06:53Comme.
06:54Point com, c-o-m.
06:57C-o-m ?
06:57C-o-m.
06:59Tom, comment Tom ?
07:01Mais moi, je me rappelle qu'il y avait un robad quelque part.
07:05Non ?
07:09J'assiste ça de façon attendrie,
07:11mais aussi parfois énervé,
07:12puisque quand on refait quatre fois le même mail,
07:14qu'on retourne à nouveau une autre scène,
07:17parce que finalement, le coup de téléphone,
07:19on a oublié de mettre le code de l'Algérie,
07:21j'étais parfois hilar, parfois énervé,
07:24et puis parfois aussi, je me disais,
07:26mais là, il faut que je les aide,
07:27parce qu'autrement, le film, il va durer quatre heures.
07:30Parfois, Mickaël aide sa mère à envoyer des mails
07:33ou à passer des coups de téléphone.
07:35Son cousin Daniel, le fils de Roger,
07:37leur vient aussi en aide,
07:39parce qu'exhumer le corps d'Albert
07:40pour le ramener en France
07:41s'annonce plus compliqué que prévu.
07:45On devait fournir des papiers qu'on n'avait pas,
07:47ou bien aucune des deux administrations
07:50algériennes ou françaises
07:51ne souhaitait faire le premier pas
07:53pour autoriser de peur de froisser l'autre.
07:56On marchait sur des oeufs,
07:58mais on a reçu un soutien assez unanime
08:01et qui nous a beaucoup étonnés
08:03de la part de l'ambassade de France en Algérie,
08:06qui a tout de suite compris ce qu'on voulait faire
08:08une fois qu'on a réussi à les joindre.
08:10Et ils nous ont toujours dit que c'était possible,
08:13que c'était faisable,
08:14que ça allait prendre du temps.
08:15Donc on s'accrochait à ça.
08:17En plus de filmer leur quête pour ramener Albert,
08:19Mickaël décide de prendre sa mère,
08:21son oncle et sa tante séparément
08:23pour leur poser des questions sur leur frère.
08:26Et rapidement, la fratrie commence à raconter
08:28qui était Albert.
08:29Il avait un beau visage,
08:32un beau visage rond.
08:35Albert, il était grand.
08:37Il était souvent torse nu.
08:39Donc je voyais un homme athlétique.
08:42Il avait les cheveux assez longs
08:44et beaucoup plus blonds que les nôtres.
08:47Il rêvait de faire des études de médecine.
08:51Il était très soigneux de son apparence.
08:55Il portait des pantalons blancs
08:58avec le pli bien repassé.
09:00Dans les souvenirs que me racontent
09:02Nicole, Colette et Roger,
09:04il y a un personnage qui apparaît.
09:06D'un seul coup, il prend chair.
09:07On voit ses sourires, on voit ses cheveux,
09:09on voit comment il s'habille.
09:11On comprend quel type d'homme il était,
09:14extrêmement courageux, généreux.
09:16Je vois un personnage extrêmement patriotique aussi.
09:19Je vois beaucoup d'amour
09:22entre les frères et sœurs.
09:25Et ça, c'était très surprenant
09:27parce que jusqu'à présent, il n'existait pas.
09:29Et aussi une époque,
09:31une époque qui était particulièrement triste
09:34puisque tous les enfants juifs d'Algérie
09:38ont subi les lois pétainistes
09:40qu'ils ont tous été exclus
09:41de leurs écoles respectives
09:44et qu'Albert, qui se voyait comme médecin
09:46et même comme médecin militaire,
09:47a été exclu de la faculté de médecine d'Algérie
09:49parce qu'il était juif.
09:51Ça a été une humiliation pour la famille.
09:53Donc je découvre cette époque-là aussi,
09:55qui est une époque noire.
09:57Et c'est en prenant tous ces éléments bout à bout
10:00que je reconstitue une partie de ma famille,
10:02mais aussi une partie de ma famille
10:04avec l'histoire, avec un grand H.
10:06Après plusieurs mois à essayer de ramener Albert,
10:09Colette, Nicole et Roger n'ont toujours pas de réponse
10:12de la part de l'ambassade de France en Algérie.
10:15Ils commencent à se demander si ça va vraiment être possible
10:18et même si c'est la bonne chose à faire.
10:21Roger, il a eu plusieurs allers-retours
10:23entre l'idée de ramener Albert parmi eux
10:28pour qu'il soit là, présent,
10:30pour qu'il reprenne sa place dans la famille,
10:31et en même temps quelque chose d'un peu,
10:33un mouvement un petit peu arrière,
10:36en se disant mais est-ce que c'est pas un peu sacrilège
10:38de déplacer un corps,
10:40de le faire venir en France,
10:42de le faire prendre l'avion ?
10:43Ça semblait irréalisable,
10:45mais aussi inimaginable.
10:47Et évidemment, Colette et Nicole
10:49se sont posé des questions,
10:51même des questions religieuses,
10:52à savoir est-ce qu'on a le droit,
10:54dans la religion juive,
10:56de déplacer le corps de quelqu'un.
10:57Comme on n'est pas du tout religieux,
10:59on ne savait pas,
11:00et Colette s'empresse de demander ça
11:02à la tablette et à Syrie,
11:04et ça fait des scènes parfois un peu étonnantes
11:06quand on mélange le numérique,
11:07le religieux et la morale.
11:09Syrie, je repose la question très clairement,
11:12est-il possible et permis,
11:14dans la tradition et la religion juive,
11:17de déterrer quelqu'un
11:19pour des raisons essentielles
11:21et de l'enterrer ailleurs ?
11:24Bonne question.
11:28Et finalement, l'envie de revoir Albert,
11:31la libération de pouvoir enfin parler de lui,
11:34a fait en sorte qu'on ne s'est plus posé la question
11:37si c'était bien ou pas bien,
11:38mais il fallait le ramener.
11:42Un jour, alors que Mickaël filme son oncle Roger seul,
11:46il lui demande des photos d'Albert
11:48ou des décorations qu'il aurait pu recevoir
11:49quand il était militaire.
11:51Roger se lève et va chercher une chemise
11:54avec à l'intérieur de vieilles lettres
11:56qui ressemblent à des parchemins.
11:58Et je découvre que c'est des lettres d'Albert,
12:00d'Albert qui écrivait à son frère Roger,
12:02puisque les deux sont partis à la guerre
12:05à quelques mois d'intervalle.
12:07Et donc on a une lecture
12:08qui est une lecture d'abord silencieuse
12:10des lettres d'Albert par Roger.
12:12On voit que Roger lit toutes les lettres
12:14avec beaucoup d'émotion.
12:15Et puis ensuite, ces lettres
12:17que Colette et Nicole n'avaient jamais vues,
12:19je leur ai données, je leur ai apportées,
12:21je les ai filmées aussi.
12:23Le 12 mars 1944,
12:25je viens de recevoir ta lettre
12:27« Es-tu toujours à Albanova ? »
12:29On compte dans une forêt d'Olivier
12:30en pleine nature,
12:31je passe les meilleurs moments
12:32depuis que j'ai débarqué en Italie.
12:34Ici, c'est au poil,
12:35au moral comme au physique.
12:37Je fais le point,
12:38je me lave,
12:39j'arrange mes affaires
12:40et surtout,
12:41je me laisse aller au charme du printemps.
12:44Mais je ne savais pas
12:45qu'il avait cette attitude protectrice
12:47et maternelle.
12:48Si tu as besoin
12:49ou même simplement envie
12:51de quoi que ce soit,
12:52écris-moi,
12:52je te l'enverrai de suite
12:53car je veux que tu me le promettes.
12:55Je n'ai que ça à faire
12:57que de m'occuper
12:58de ce que tu pourrais me demander.
13:01Écris régulièrement à la maison
13:02et très souvent,
13:03ne serait-ce que bonjour
13:04parce qu'avec nous deux ici,
13:06ils doivent être plutôt inquiets.
13:08c'est terrible.
13:12Dans le montage du film,
13:13on s'aperçoit que les trois frères et sœurs
13:15lisent les lettres d'Albert,
13:16que Albert leur parle en quelque sorte
13:18et c'est une façon pour moi
13:20de montrer que ça y est,
13:21ils sont réunis,
13:22les quatre ensemble,
13:23c'est douloureux,
13:24mais Albert leur parle
13:26et eux peuvent parler d'Albert.
13:29En mai 2021,
13:31plus d'un an après le début
13:32du tournage du documentaire,
13:35Mickaël reçoit un appel
13:36de son cousin Daniel
13:37qui est en contact
13:38avec l'ambassade de France en Algérie.
13:40Un matin, Daniel m'a appelé
13:43en me disant
13:43je crois que c'est bon,
13:44on a reçu une réponse
13:45et il nous donne une première date.
13:47Ça y est, ça devenait concret.
13:49À un moment,
13:50Colette dit même
13:51je crois qu'Albert prendra l'avion
13:53le 1er juin
13:54et là, ça devient concret,
13:55tellement concret
13:56qu'elle pense que c'est lui
13:56qui va prendre l'avion,
13:57qui est monté dans l'avion.
13:59Et ensuite, il y a eu des reports
14:01parce que le Covid
14:03et on a reçu un dernier email
14:04et à ce moment-là,
14:06en effet, je filme
14:07Daniel qui dit à son père Roger
14:10voilà, Albert entrera
14:12le 28 juillet
14:13et là, c'est très, très concret
14:15et Roger se rend compte
14:16que ça y est, c'est fait
14:17qu'il va pouvoir revoir son frère.
14:19Comment tu te sens
14:20avec le retour d'Albert ?
14:25Rassurer quand même
14:27l'avenir, il est là
14:30avec toute la famille
14:32autrement, il était isolé
14:36le seul pauvre
14:37dans un cimetière militaire
14:39il voulait ça
14:41mais pas la solitude éternelle, non
14:47tandis que là, c'est
14:49l'accompagnement éternel.
14:52Le corps d'Albert
14:53doit rentrer en France
14:55dans quelques semaines.
14:56Alors, Michael et sa famille
14:57s'occupent des derniers préparatifs.
15:00Ils organisent une cérémonie
15:02au cimetière de Bagneux
15:03dans les Hauts-de-Seine
15:04où Albert sera enterré
15:06avec les deux parents
15:06de la fratrie.
15:08N'étant pas forcément religieux
15:10dans notre famille,
15:11on se disait que
15:12ce serait assez magique
15:14si on pouvait avoir
15:15une cérémonie militaire
15:16pour accueillir Albert en France.
15:18On a à nouveau fait des démarches
15:20que la Ténicote
15:21soit à nouveau employée
15:22à faire ces démarches.
15:23Moi aussi, je les ai aidés
15:24là-dessus, c'était très compliqué.
15:26Et là, à nouveau,
15:28on a reçu un accueil
15:28absolument incroyable
15:30du ministère de la Défense
15:31parce qu'ils nous ont dit
15:33mais bien sûr
15:34qu'on va accueillir
15:35votre oncle Albert
15:36et on va le faire
15:37comme il se doit
15:38selon les règles de l'art.
15:39Il y aura un tambour,
15:41il y aura une trompette,
15:42il y aura une sonnerie au mort
15:43et on va lire ses états de service.
15:45Et c'est là que
15:46en retrouvant justement
15:48dans les papiers
15:48de Roger
15:49certaines lettres,
15:50on s'est aperçu
15:51qu'Albert était mort à la guerre
15:53mais il était mort en héros.
15:54Il était parti soigné
15:56des camarades blessés
15:57sous la mitraille
15:58en pleine bataille
15:59de Monte Cassino
16:00et c'est ce qui a été lu
16:01au moment de la cérémonie militaire
16:03et on était extrêmement émus,
16:06heureux et fiers
16:07que la France puisse accueillir
16:09un soldat comme Albert.
16:15Citation à l'ordre de l'armée
16:16du première classe
16:17Albert Lévy
16:19tirailleur calme
16:20et plein d'alent
16:22faisant l'admiration de tous
16:24par son mépris du danger
16:25et sa bonne humeur.
16:27Le 14 mai 1944
16:28à Cadito
16:29s'est placé
16:31sous un tir ajusté
16:32de mitrailleux ennemis
16:33pour soigner
16:34un camarade blessé.
16:35Devant Esperia
16:36a été mortellement blessé
16:38à sa pièce
16:39alors qu'il ouvrait le feu
16:40sur une mitrailleuse ennemie.
17:08Sous-titrage
17:16Toute la famille de Mickaël
17:17se déplace pour assister
17:18à la cérémonie
17:20sauf son oncle Roger
17:21dont la santé est trop fragile
17:23pour qu'il puisse faire
17:24le déplacement.
17:26Mais peu de temps après
17:27il m'a demandé
17:28à voir les images
17:29de la cérémonie
17:30pour être bien sûr
17:31que son frère
17:33était revenu
17:34donc je lui ai fait
17:34un montage pour lui
17:35qu'on a regardé ensemble
17:36on a beaucoup pleuré
17:37et quelques semaines
17:39après avoir en effet
17:41vu que son frère
17:42était là
17:43que toute la famille
17:43était réunie
17:44que Albert était rentré
17:46à nouveau
17:46et prenait sa place
17:47dans notre famille
17:48ben Roger est décédé.
17:52On était triste
17:54parce que Roger
17:55était un pilier
17:56de notre famille
17:57mais on avait
17:58la satisfaction
17:59d'avoir réalisé
18:01ce qu'il voulait
18:02il s'est dit
18:03qu'il fallait ramener
18:04son frère en France
18:05il l'a fait
18:06et ensuite
18:06il a pu partir
18:07tranquillement.
18:26Ambre
18:26où est enterré
18:27Roger aujourd'hui
18:28il est avec son grand frère ?
18:29Oui
18:30il a été enterré
18:31au cimetière de Bagneux
18:32dans les Hauts-de-Seine
18:33avec donc
18:34son frère Albert
18:35leurs parents
18:35mais aussi son épouse
18:37l'épouse de Roger
18:38qui avait elle aussi
18:39été enterrée là-bas.
18:40Colette et Nicole
18:41ces deux soeurs
18:42comment est-ce qu'elles ont réagi
18:43en voyant le documentaire ?
18:44Alors Michael m'a dit
18:45qu'elles avaient été
18:46très contentes
18:46du rendu final
18:47il avait un peu peur
18:49au début des réactions
18:50de sa famille
18:50parce que c'est pas toujours
18:51simple de filmer ses proches
18:52il se demandait un peu
18:53si tout allait être
18:54bien pris ou pas
18:55mais en fait
18:56tout le monde a adoré
18:57sa mère Colette
18:58sa tante Nicole
18:59mais aussi tout le reste
19:00de la famille
19:00les cousins
19:01les petits cousins
19:01qui sont tous ravis
19:03d'avoir un film familial
19:05comme celui-là.
19:06Et au-delà de la famille
19:06est-ce que Michael Zumstein
19:07a eu de bons retours
19:08sur son film ?
19:09Oui il a eu
19:10de très bons retours
19:11dans la presse déjà
19:12qui a été plutôt élogieuse
19:14à propos du documentaire
19:15et il a aussi reçu
19:17un bon accueil
19:18de la part du public
19:19en tout cas
19:19d'après les messages
19:20qu'il a pu recevoir
19:21il m'a dit
19:22qu'il avait reçu
19:23pas mal de messages
19:24sur les réseaux sociaux
19:24sur Instagram notamment
19:26et c'est vrai
19:27qu'il m'a dit
19:27qu'il ne s'attendait pas
19:28du tout à ça
19:29son documentaire
19:30a même été sélectionné
19:31pour le festival international
19:32du documentaire
19:33FIPADOC
19:34et il est vraiment
19:35très content
19:36que ça plaise autant.
19:37Alors ce documentaire
19:38a été
19:39on l'a dit
19:39diffusé le 21 avril dernier
19:41sur LCP
19:42mais on peut encore
19:43le voir en replay
19:44Oui il est disponible
19:45en replay
19:45sur le site internet
19:46de la chaîne parlementaire
19:47jusqu'à la fin de l'été
19:48et on peut aussi le voir
19:50sur la chaîne YouTube
19:51et sur la chaîne
19:52Dailymotion de LCP
19:54Et vous pouvez retrouver
19:55un lien vers le documentaire
19:57il faut ramener Albert
19:58dans la fiche
19:59de cet épisode
20:00Merci Ambre Rosala
20:02et merci à Julien Moncouquiole
20:04pour la réalisation
20:05Codesource
20:06c'est le podcast
20:07d'actualité du Parisien
20:08disponible chaque soir
20:09de la semaine
20:10Si vous aimez Codesource
20:11n'oubliez pas
20:12de vous abonner
20:13sur votre application
20:14audio préférée
20:14de laisser un commentaire
20:16et des petites étoiles
20:17et puis si vous voulez
20:18nous écrire
20:19vous pouvez nous envoyer
20:20un mail
20:21codesource
20:22at leparisien.fr
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