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Le voyage d’Anne Hidalgo dans le Pacifique sud fait couler beaucoup d’encre. Entre voyage officiel et voyage privée, la maire socialiste de Paris doit aujourd’hui rendre des comptes quant à la raison et au financement de son déplacement.
Pour Code source, trois journalistes du Parisien, Christine Henry et Marie-Anne Gairaud, de l’édition de Paris, et Marcelo Wesfreid, du service politique, reviennent sur le « Tahitigate ».Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : Mairie de Paris, TMC
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Pour Code source, trois journalistes du Parisien, Christine Henry et Marie-Anne Gairaud, de l’édition de Paris, et Marcelo Wesfreid, du service politique, reviennent sur le « Tahitigate ».Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:02Bonjour, c'est Raphaël Pueyo pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Depuis le 25 octobre, Anne Hidalgo n'arrive pas à se détacher d'une polémique, le Tahiti Gate.
00:17En cause, le récent voyage de la mer de Paris dans l'archipel français,
00:21destiné notamment à visiter les installations olympiques de surf à Tahiti.
00:25Ses opposants politiques l'accusent aujourd'hui d'avoir profité de ce déplacement officiel
00:29pour passer des vacances avec sa fille qui vit sur place.
00:32Pourquoi le voyage d'Anne Hidalgo fait polémique ?
00:35Élément de réponse aujourd'hui avec trois journalistes du Parisien,
00:39Marcel Ovest-Fret du service politique et Marianne Guéraud et Christine Henry de l'édition de Paris.
00:49Mes chers collègues, je vous invite à vous lever.
00:54Le mardi 14 novembre à 9h, le Conseil de Paris s'ouvre pour 4 jours de débat.
00:58Marie-Anne Guéraud, Christine Henry, vous êtes sur place pour le Parisien.
01:02D'abord, est-ce que vous pouvez nous décrire les lieux ?
01:04Alors quand je rentre dans la tribune de presse, je surplombe la salle du Conseil.
01:08Elle est immense, elle a des boiseries, des dorures, elle est ornée de magnifiques vitraux.
01:13Et Anne Hidalgo, elle surplombe l'hémicycle où siègent en face d'elle les 162 conseillers de Paris.
01:18Marie-Anne Guéraud, quelle est l'ambiance dans les couloirs de l'hôtel de ville ce mardi matin ?
01:23On sent tout de suite qu'il y a une certaine tension qui flotte dans les airs.
01:27Parce que d'ordinaire, les conseillers de Paris circulent dans le couloir avant de rentrer en discutant, en rigolant.
01:33Là, c'est franchement pas le cas.
01:35Les journalistes, ils sont très nombreux ce matin-là devant la grande porte d'entrée de l'hémicycle.
01:40On sent bien que la séance risque d'être animée et que du coup, ça attire beaucoup les médias.
01:47Pour comprendre pourquoi l'atmosphère est si tendue ce jour-là à l'hôtel de ville, il faut revenir un
01:52mois en arrière, le 14 octobre.
01:53Ce jour-là, Marcel Ovest-Fred, la maire de Paris, Anne Hidalgo, revient d'un voyage au Bénin, en Afrique
01:59de l'Ouest.
02:00Oui, elle a assisté à l'Assemblée Générale de l'Association des maires francophones.
02:05Donc ça, c'était à Cotonou, mais c'est une vraie maire globetrotteuse puisqu'elle était aussi le mois de
02:10septembre à New York.
02:11Elle était aussi à Florence, en Italie. Bref, elle a fait des kilomètres.
02:14Le lendemain, Anne Hidalgo décolle pour une autre destination, direction le Pacifique Sud, à 16 000 kilomètres de Paris.
02:21Quel est le but de ce voyage ?
02:22Il y a deux raisons qui sont mises en avant à ce moment-là.
02:25La première, aller sur l'île des Pins, donc ça, c'est la Nouvelle-Calédonie, pour se rendre sur le
02:30site de l'ancien bagne de communards,
02:34là où il y a un cimetière. Ce cimetière des communards, il est géré en partie par la mairie de
02:38Paris.
02:39Puis elle prend l'avion, il y en a pour 7 ou 8 heures, se rendre en Polynésie,
02:43où là, son souhait est d'aller inspecter un site des JO qui est à Tahiti et qui va abriter,
02:50accueillir les épreuves de surf.
02:51Et qui l'accompagne sur place ?
02:53Alors pour ce voyage dans le Pacifique, elle est accompagnée d'une délégation de 5 personnes.
02:58Il y a son chef de cabinet, ça c'est plutôt classique, c'est lui qui organise un peu le
03:01déplacement.
03:01Il y a le directeur de cabinet, Frédéric Léniquet, alors ça c'est plutôt étonnant,
03:05un directeur de cabinet par exemple d'un ministre, il est là, dans le ministère,
03:09pendant que le ministre par exemple fait un déplacement, c'est pareil pour la maire de Paris.
03:12Donc c'est très étonnant qu'un directeur de cabinet soit parti, et aussi longtemps, aussi loin.
03:17Il y a aussi deux adjoints, l'adjoint au sport, l'adjoint aussi aux Outre-mer,
03:22et un patron de délégation, donc un haut fonctionnaire aux Outre-mer.
03:29Le 16 octobre, Anne Hidalgo et ses adjoints atterrissent donc à l'aéroport de Nouméa,
03:33et dans les jours qui suivent, Christine Henry, ils enchaînent les rendez-vous dans l'archipel.
03:37Ils vont sur l'île des Pins, où se trouve le cimetière où reposent les communards parisiens.
03:43Ils rencontrent également des officiels, et puis ensuite le groupe s'envole pour Tahiti, en Polynésie,
03:49pour visiter le site qui accueillera l'été prochain les épreuves de surf des Jeux Olympiques de Paris.
03:54Est-ce que la maire de Paris communique sur ce voyage en postant des photos ou des vidéos sur les
03:58réseaux sociaux ?
03:59Elle ne communique absolument rien sur ce voyage, et pire, sa communication est décalée,
04:04puisqu'elle publie des messages qui laissent penser qu'elle est encore à Paris.
04:08Il y a une vidéo qui est publiée le 19 octobre sur son compte Instagram,
04:12qui la montre en train de circuler à vélo dans la capitale.
04:15Les images sont accompagnées de cette légende,
04:18quand les rayons de soleil sont de retour à Paris, c'est à vélo qu'on les savoure.
04:22Sauf que ce jour-là, Anne Hidalgo, elle n'est pas à Paris, elle est à Nouméa, à 16 000
04:26kilomètres.
04:29Le lendemain, elle s'envole pour une île située à 45 minutes en avion de Tahiti.
04:33Pour y faire quoi ?
04:34Eh bien, Anne Hidalgo a décidé de prolonger ce déplacement officiel par 15 jours de vacances,
04:40et de profiter de cette occasion pour aller rendre visite à sa fille,
04:44qui a emménagé avec son mari et leurs deux enfants dans une île près de Bora Bora.
04:49Son directeur de cabinet reste aussi sur place à titre privé,
04:54tout comme le délégué aux Outre-mer,
04:56et les autres membres de la délégation rentrent à Paris.
05:00Marianne Guéraud, le 25 octobre,
05:02alors qu'Anne Hidalgo est toujours en vacances sur place,
05:04un article du Canard Enchaîné provoque une polémique à Paris.
05:08C'est pas un gros article, c'est un petit écho,
05:11ces fameux échos du Canard que tout le monde s'empresse de lire le mercredi matin.
05:14Et dans cet écho-là, on apprend que lors d'un comité interministériel,
05:18le préfet de police, Laurent Nunez, a évoqué l'absence d'Anne Hidalgo,
05:22puisqu'il devait normalement discuter tous ensemble des plans de circulation
05:25qui vont s'appliquer l'été prochain, pendant les JO.
05:28Et Laurent Nunez dit, on ne peut pas en discuter de ces plans de circulation,
05:31parce qu'Anne Hidalgo est à l'autre bout du monde,
05:33en train d'inspecter un site de Jeux Olympiques, justement, à Tahiti.
05:36Et c'est ce tout petit écho qui va allumer la mèche,
05:39puisque les élus de droite vont évidemment le lire,
05:43et l'opposition parisienne va s'emparer du sujet
05:45et commencer à poser des questions autour de ce voyage
05:47de la maire de Paris à l'autre bout du monde.
05:52Cinq jours plus tard, l'opposition de droite à la mairie de Paris
05:55lui fait une demande écrite pour connaître l'objet, le programme et le coût de ce voyage.
06:00Christine Henry, qu'est-ce qu'il lui reproche en résumé ?
06:02D'abord, il lui reproche sa longue absence de trois semaines loin de Paris,
06:06alors que la capitale connaît une recrudescence des actes antisémites
06:10et que des tensions se font jour avec le conflit israélo-arabe.
06:14Et il condamne surtout le silence observé sur ce voyage
06:17et le mélange des genres entre la partie officielle et la partie privée.
06:21Dans les jours qui suivent, la polémique enfle.
06:24Marcel Oves-Fred, que vous dit son entourage ?
06:26Alors l'entourage est un peu gêné, mais il explique d'abord qu'il y a deux parties.
06:30La partie officielle où la maire de Paris rencontre un certain nombre d'homologues
06:34et va sur le site des JO.
06:36Et ensuite, une partie privée.
06:38Ce que nous dit à ce moment-là la mairie de Paris,
06:40c'est que l'intégralité du déplacement, c'est-à-dire l'aller et le retour
06:44de la maire comme de ses collaborateurs,
06:46a été pris en charge par la mairie de Paris.
06:49Mais le 3 novembre, vous révélez une toute autre information.
06:52Le déroulement des faits n'est pas aussi simple que ce qu'on a bien voulu nous expliquer.
06:56Mais en réalité, le rendez-vous qui était prévu sur le site de Surf le 21 octobre,
07:03ce rendez-vous n'a pas eu lieu.
07:04Pourquoi ? Parce qu'il y a des tensions sur place.
07:07Les organisateurs des JO veulent construire une tour en béton
07:09avec un raccordement sur l'île, sauf que vous êtes dans le corail.
07:14Donc la population locale, elle est scandalisée, elle est outrée.
07:18Et donc le 21, le président de Polynésie française a rendez-vous
07:21avec des associations sur place pour essayer de déminer ce point-là.
07:25Et ce n'est pas le moment pour venir ou pour faire des rencontres.
07:28Donc la maire de Paris est invitée à revenir le lendemain.
07:31Sauf que dans un premier temps, on nous dit, bon, elle y est allée le 22 octobre.
07:35C'est-à-dire, elle y est allée le lendemain.
07:36Et on nous précise même qu'elle est allée sur un bateau à 400 mètres de la berge,
07:41qu'elle a vu l'équipe d'Australie s'entraîner.
07:43C'est très précis, ça jette un peu le trouble parce que nous,
07:47les informations qu'on a aux Parisiens, c'est qu'elle n'a pas en fait assisté
07:50à cette démonstration de surf, qu'elle n'est pas allée sur place.
07:54Donc on se dit, on va revérifier auprès de nos sources initiales.
07:57Et en fait, patatras, deux heures plus tard, la mairie de Paris nous rappelle
08:01pour nous dire, pardon, on s'est mal exprimé.
08:04Ce n'est pas elle qui était sur le bateau à regarder les Australiens s'entraîner,
08:08mais son adjoint au sport, Pierre Rabadan,
08:10qui lui a été le seul membre de cette délégation de six personnes
08:15à se rendre sur le lieu des JO,
08:18qui était pourtant l'un des objectifs affichés de ce déplacement.
08:24Le lendemain, vous publiez avec Christine Henry
08:26une interview de Pierre Rabadan, l'adjoint au sport d'Anne Hidalgo,
08:29et l'une de ses réponses alimente la polémique.
08:32Laquelle ?
08:33Ce que nous apprend Pierre Rabadan,
08:35c'est qu'en fait, la maire de Paris aurait pu, le 22 octobre,
08:38assister à cet événement, il n'y avait pas donc une raison sociale ce jour-là.
08:42En revanche, elle avait un billet pour aller voir sa fille à Rayatea,
08:46qui est à 45 minutes d'avion de là,
08:49et qu'elle aurait pu changer le billet, mais elle ne l'a pas fait.
08:52Elle a basculé, en fait, dans la partie privée du déplacement.
08:56Le 6 novembre, Anne Hidalgo est de retour à Paris,
08:59et pour éteindre la polémique, elle décide de publier un long communiqué sur le site de la mairie.
09:03Ce communiqué va apporter des éléments de précision.
09:06En fait, elle fait œuvre de transparence,
09:09mais une fois que la polémique s'est déjà enquistée,
09:12le communiqué essaye donc de remettre le déplacement dans son contexte.
09:16Il reconnaît qu'il y a une partie privée,
09:18et il offre un premier chiffrage pour 6 personnes.
09:21L'enveloppe a été de 60 000 euros, déplacement,
09:24frais de restauration et d'hébergement compris.
09:26Ça fait à peu près 10 000 euros par personne.
09:28Et dernière chose, elle indique que le voyage-retour papette Paris,
09:33c'est elle qui l'a payé,
09:34qu'en revanche, le voyage-retour des autres collaborateurs
09:37a été pris en charge par la mairie de Paris.
09:38Dans ce communiqué, Anne Hidalgo dévoile aussi son emploi du temps détaillé.
09:42Marcel Oves-Fred, est-ce que la visite à Tahiti
09:45est toujours présentée comme l'argument principal
09:47qui permet de justifier un tel voyage aussi loin de Paris ?
09:50Non, c'est tout l'intérêt de cette mise en récit.
09:54C'est-à-dire qu'elle insiste sur d'autres objectifs
09:57qui ont pu justifier ce déplacement.
10:00Elle repart d'une chronologie qui commence en 2017.
10:03Elle dit en 2017, on évoquait comment célébrer
10:06l'anniversaire de la commune,
10:09donc on avait l'île d'Épin, l'ex-bagne des communards.
10:13Et après, on a eu l'idée de faire une extension
10:15et d'aller en Polynésie française pour parler des JO,
10:18mais aussi pour parler de Nuit Blanche,
10:21spéciale Outre-mer qui se prépare.
10:23Bref, elle élargit complètement ce déplacement
10:26pour que les JO ne soient plus qu'un élément,
10:29j'ai envie de dire presque secondaire,
10:31de ce déplacement dans le Pacifique.
10:33Est-ce que ce communiqué permet de clarifier la situation
10:35et donc de désamorcer la polémique ?
10:37Non, parce qu'en fait, à partir du moment
10:39où Anne Hidalgo s'est empêtrée avec son équipe
10:42dans des explications soit confuses, soit incomplètes,
10:45soit contradictoires,
10:46chaque nouvel élément vient entraîner de nouvelles questions.
10:50Alors, ce communiqué, il apporte des faits chiffrés,
10:53donc ça, c'est un élément de transparence.
10:55Mais pourquoi la mairie de Paris aurait-elle payé
10:59le voyage-retour de certains collaborateurs
11:02qui étaient restés sur place pour prendre quelques vacances,
11:05alors qu'en revanche, ce serait la maire de Paris elle-même
11:09qui aurait payé son billet de retour,
11:11Papette Paris ?
11:12Point d'ailleurs, qui a fait l'objet d'une version contradictoire
11:15de la part d'Anne Hidalgo.
11:16Deuxième point, l'opposition s'interroge.
11:19Pourquoi être allé dans le Pacifique
11:22pour, soi-disant, aller voir un site des JO ?
11:26Ce n'est pas le rôle de la ville d'accueil,
11:29la ville de Paris,
11:30d'inspecter des lieux où vont se dérouler des JO.
11:33Ça, c'est le rôle du comité d'organisation des Jeux olympiques.
11:39Et ça tombe bien, son président, Tony Estanguet,
11:42est allé au mois d'août,
11:44donc quelques semaines avant, sur place,
11:47pour essayer de comprendre, voir quelles solutions ils pouvaient trouver.
11:50Et, comble de l'ironie,
11:52au moment où, en plus, Anne Hidalgo est en Polynésie,
11:55la ministre des Sports polynésienne,
11:58elle se trouve à Paris
11:59pour rencontrer les autorités et les organisateurs des JO
12:02pour essayer de sortir de cet impasse
12:05que représentent les tensions sur place
12:08liées à cette tour des juges.
12:13Dans les jours qui suivent,
12:14la polémique continue de monter,
12:15et notamment dans les médias.
12:17Ce voyage d'Anne Hidalgo qui continue de faire parler.
12:19Voyage polémique d'Anne Hidalgo à Tahiti.
12:21Un voyage qui lui coûte très cher.
12:23En général, c'est le paradis quand on va à Tahiti,
12:25mais pour Anne Hidalgo,
12:26c'est en train de tourner au cauchemar, cette histoire.
12:29Ça va laisser des traces, ce voyage.
12:31Le 7 novembre,
12:32Anne Hidalgo préside une réunion à l'hôtel de ville de Paris.
12:35Autour de la table, il y a ses adjoints.
12:37Christine Henry, tous attendent une réaction de sa part
12:39à seulement quelques jours du Conseil de Paris.
12:42Ben oui, les élus s'attendent à ce qu'elle évoque la polémique.
12:45Et Anne Hidalgo, elle se contente de leur dire
12:47« J'espère que vous avez passé de bonnes vacances.
12:50Moi, elles étaient excellentes, comme vous le savez. »
12:53Cette petite phrase provoquante la fait sourire,
12:56mais elle provoque un profond malaise autour d'elle,
12:59parce que cette affaire a vraiment beaucoup de mal à passer.
13:02Anne Hidalgo est dans le déni.
13:04Tous savent bien que la polémique va continuer d'enfler
13:07jusqu'au prochain Conseil de Paris,
13:09qui doit se tenir la semaine suivante.
13:13Marianne Guéraud,
13:14Anne Hidalgo annonce avoir saisi la commission de déontologie
13:17de la ville de Paris.
13:18Pourquoi ?
13:19Elle annonce ça pour essayer un peu
13:21de mettre un terme à cette polémique,
13:22puisque la commission de déontologie,
13:24ce sont des gens qui ne sont pas élus,
13:26ce sont des hauts magistrats,
13:27qui sont censés avoir une certaine indépendance
13:30vis-à-vis de toutes ces affaires,
13:31et qui doivent jeter un œil totalement extérieur.
13:35Ils vont éplucher les documents
13:37que la maire de Paris va leur remettre.
13:39Ils vont regarder si des fonds publics
13:41n'ont pas été détournés à des fins privées,
13:44afin de s'assurer que les règles ont été respectées.
13:47Le 10 novembre, la commission publie un communiqué.
13:50Quelles sont ses conclusions ?
13:51En fait, elle donne quittus à la maire de Paris.
13:54Ils estiment qu'il n'y a aucun fonds public
13:56qui ont été détournés à des fins privées,
13:58et qu'il n'y a pas matière à polémique.
14:01Alors évidemment, l'opposition crie tout de suite
14:04à la mascarade.
14:04Pourquoi ?
14:05Parce que les membres de la commission de déontologie,
14:07même si ce sont des magistrats qui ne sont pas élus,
14:10ce sont des personnalités qui ont été choisies
14:12par Anne Hidalgo elle-même.
14:13Donc l'opposition laisse planer de doute
14:16sur la totale indépendance de ces haussages
14:19qui auraient épluché justement les factures
14:21de la maire de Paris.
14:24On en revient au début de cet épisode.
14:26Le 14 novembre, le conseil de Paris s'ouvre
14:29devant une salle comble de l'hôtel de ville.
14:31Marianne Guéraud, Christine Henry,
14:32vous êtes sur place pour le Parisien.
14:34Vers 11h, Rachida Dati, la maire du 7e arrondissement
14:37et principale opposante à Anne Hidalgo,
14:40prend la parole.
14:41En réalité, votre demande se résume
14:43à re-voter le budget 2023.
14:46Tout le monde attend cette prise de parole
14:48de l'opposante d'Anne Hidalgo
14:50et à 11h, les débats reprennent
14:53avec le débat sur les orientations budgétaires
14:55où il va être question de l'état des finances,
14:59savoir où en sont les caisses de la ville.
15:01Et Rachida Dati saisit cette occasion
15:03justement pour interpeller Anne Hidalgo
15:05sur son voyage à Tahiti.
15:08Dans le cadre de votre voyage à Libye, à Tahiti,
15:12dont on apprend encore ce matin
15:13que vous avez bénéficié d'un hélicoptère
15:16alors même que vous faisiez croire
15:18que vous étiez en train de faire du vélo
15:20sur une piste cyclable parisienne.
15:22Ça met un peu en colère la maire de Paris
15:25qui nous interpelle, nous, journalistes,
15:27puisqu'on est en face, dans la tribune de presse,
15:29en disant, messieurs, mesdames, les journalistes,
15:31vous êtes convoqués au Dati Show.
15:42On sent quand même que la tension est palpable
15:44et qu'Anne Hidalgo s'attendait évidemment à ces attaques
15:47et qu'elle est quand même tendue.
15:49La beauté de la démocratie, c'est qu'il y ait des différences,
15:53des différences et des projets
15:55qui s'affrontent démocratiquement
15:58et ensuite les électeurs tranchent.
16:00En l'occurrence, ça fait quand même depuis 20 ans
16:02qu'ils tranchent en dehors de ce que vous leur proposez.
16:06Le lendemain, Christine Henry,
16:07vous assistez à une nouvelle passe d'armes
16:09entre l'opposition de droite
16:10menée par Rachida Dati et Anne Hidalgo.
16:13Vers 15h, le bras droit de Rachida Dati,
16:17David Alphand, profite des questions d'actualité
16:19pour l'interroger sur toutes les zones d'ombre
16:22de cette affaire qui n'ont pas encore été éclaircies jusqu'à présent.
16:24Vous avez choisi de déserter Paris pendant près d'un mois
16:27avec pour point d'orgue un séjour à Tahiti.
16:30C'est choquant.
16:31Cet abandon suscite des questions légitimes.
16:36Première question.
16:37Dans votre esprit,
16:39quelle distinction faites-vous
16:41entre un déplacement officiel
16:43et un voyage privé ?
16:45Il enchaîne au total quand même cette question.
16:48La maire de Paris ne répond pas,
16:50mais elle donne la parole
16:51à deux de ses adjoints
16:53qui l'accompagnaient durant ce déplacement.
16:55Tous deux tentent tour à tour, tant bien que mal,
17:00de justifier ce déplacement sans apporter de réponses concrètes.
17:04Ce sont des interventions feuves.
17:07L'opposition s'impatiente, demande des réponses.
17:11Et comme le ton s'enflamme,
17:12soudain, Anne Hidalgo reprend la parole
17:15pour défendre les voyages officiels.
17:18Et là, elle leur dit...
17:19Vous avez oublié de démarrer par le premier voyage
17:22par lequel je commence toujours en janvier.
17:24Toujours.
17:26Auschwitz.
17:27Vous avez oublié ?
17:28Alors là, c'est les générales sur les bancs de la droite
17:31qui jugent ce rappel indécent
17:34dans ce contexte de montée de l'antisémitisme
17:36et tous les conseillers d'opposition
17:38quittent la salle indignée.
17:40Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui.
17:46On va continuer, on va continuer, on va continuer.
17:51C'est dommage, Madame Dati,
17:53parce que j'ai quelques questions à vous poser,
17:56mais je le ferai par la presse interposée
17:58puisque vous les avez invitées ici.
18:02Le Conseil de Paris se termine deux jours plus tard,
18:04le vendredi 17 novembre.
18:06Marianne Guéraud, quel bilan tirer de cette semaine de débat
18:09à l'hôtel de ville ?
18:10Elle a tenté d'allumer un contre-feu
18:13en faisant adopter le jeudi soir, en fin de séance,
18:17une réforme du code de déontologie
18:19dans lequel, du coup, elle demande plus de transparence
18:22sur les voyages de tous les élus du Conseil de Paris
18:26en disant que dorénavant, tous les voyages qu'ils font
18:28dans le cadre de leur mandat
18:29devront être rendus publics.
18:32Puis Anne Hidalgo, elle aura beaucoup surfé sur la vague
18:37du « on m'attaque parce que je suis une femme »,
18:39sur le fait qu'elle dérange en politique.
18:42Mais en l'occurrence, le débat se termine le vendredi
18:46sans que plusieurs questions qui tournaient autour de son voyage
18:50n'aient eu de réelles réponses concrètes.
18:53On n'a toujours pas vu les factures
18:55et les preuves qui ont été apportées à la commission de déontologie.
18:59La commission de déontologie, elle-même, n'a pas eu l'ensemble
19:02des factures du voyage, puisqu'ils ont juste eu à leur disposition
19:06les factures du voyage de la maire de Paris,
19:09mais pas de la délégation entière.
19:11Et puis, on s'interroge toujours sur savoir
19:14est-ce qu'elle a été mandatée officiellement
19:16pour aller voir cette infrastructure pour les Jeux
19:19ou est-ce que ce voyage n'était pas un prétexte
19:23pour ensuite prendre ses vacances à l'autre bout du monde.
19:29Marcel Oves-Fred, au fond, pourquoi ce voyage d'Anne Hidalgo
19:32passe aussi mal auprès d'une partie des Parisiens et des Parisiennes ?
19:35En réalité, quand on regarde le coût global,
19:3860 000 euros, 6 personnes,
19:40les montants ne sont pas astronomiques.
19:42Ce qui choque, c'est autre chose.
19:44C'est le fait que les raisons et le détail de ce déplacement
19:49ont été en partie occultés,
19:51et puis décrits de façon parcellaire,
19:54qui donnent un peu le sentiment qu'on est mal à l'aise,
19:56qu'il y a des choses un peu cachées.
19:57Et puis, ça tombe au plus mauvais moment
20:00parce que les Parisiens sont en train de payer
20:02leur taxe foncière.
20:03Taxe foncière qui a bondi cette année.
20:06La question de la gestion des finances,
20:09Paris étant endettée à plus de 10 milliards d'euros.
20:12Donc, quand les gens apprennent que la mer est à Tahiti,
20:16en plus, Tahiti a une valeur symbolique très forte
20:19dans la population française.
20:20Ça fait vacances, ça fait lagons.
20:22Il y a quelque chose qui vient se percuter.
20:24Enfin, la maire de Paris a un discours
20:27sur la question environnementale
20:29qui est assez forte et coercitive.
20:31Donc, les gens se disent,
20:33mais attendez, est-ce qu'il n'y a pas deux discours ?
20:35L'un qui consiste à dire
20:37« On chasse la voiture de Paris,
20:39on éteint le chauffage, etc. »
20:42Et un autre qui consiste à faire quasiment 30 tonnes de CO2
20:45consommées en deux ans sur un paquet de déplacements.
20:49Alors, attention, tous les maires de Paris se sont beaucoup déplacés.
20:52C'est un rôle, quand on est maire d'une grande capitale,
20:55d'avoir des contacts avec ses homologues.
20:57Mais enfin, ce manque de transparence,
21:00le coût alors que les finances sont compliquées,
21:02et puis la question de l'écologie
21:05un petit peu coercitive sur place,
21:08mais un peu débridée à l'extérieur,
21:10eh bien, ça vient faire des étincelles.
21:11Est-ce que cette polémique peut avoir des conséquences
21:13sur l'éventuelle candidature de la maire de Paris
21:16aux élections municipales de 2026 ?
21:18Il pourrait avoir une déclinaison judiciaire
21:21puisque nous sommes maintenant
21:23à trois signalements à la justice.
21:26Un signalement de la part d'une association anticorruption,
21:29un signalement de la part d'un des élus au Conseil de Paris
21:31et enfin, le député Sylvain Maillard
21:34a signalé ce déplacement au procureur de la République.
21:38On est en 2023, l'élection c'est en 2026,
21:41il peut se passer encore quelques soubresauts judiciaires.
21:55Merci à Christine Henry, Marianne Guéraud et Marcelo Vestfred.
21:59Cet épisode a été produit par Barbara Gouy,
22:02Réalisation Pierre Chafanjon.
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