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Après des semaines de négociations entre la région Ile-de-France et l’Etat, le prix du passe Navigo a été fixé à 84,10 euros par mois à partir de 2023. Une augmentation qui mécontente les usagers, qui se plaignent d’un service dégradé. Code source fait le point avec Sebastian Compagnon et Jila Varoquier, journalistes au service transports du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol-Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France TV, France Inter, Europe 1.

#PassNavigo #transilien #ratp

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le prix des transports en commun augmente en Ile-de-France en janvier 2023.
00:16Un peu plus de 84 euros par mois pour le pass Navigo qui permet de circuler partout dans la région,
00:22contre 75 euros jusqu'ici, le ticket grimpe d'1,90 euros à 2,10 euros.
00:28Épilogue d'un feuilleton qui a duré plusieurs mois et que le Parisien a raconté au jour le jour,
00:33un bras de fer entre l'exécutif, Emmanuel Macron en tête,
00:37et la présidente de région qui gère les transports, la républicaine Valérie Pécresse.
00:41Cet épisode de CodeSource est raconté par deux journalistes du service transport du Parisien,
00:46Gila Varroquier et Sébastien Compagnon.
00:58Cet après-midi, Valérie Pécresse affiche le sourire de la victoire.
01:02Hier, la candidate Les Républicains remporte un succès historique
01:07dans une région dirigée par les socialistes depuis 17 ans.
01:10Sébastien Compagnon, on a choisi de commencer ce récit en 2015.
01:14Le 13 décembre, Valérie Pécresse pour Les Républicains remporte les élections régionales en Ile-de-France.
01:20Concrètement, à partir de là, quel est son rôle en ce qui concerne les transports régionaux ?
01:24Valérie Pécresse devient présidente de ce qu'on appelait le STIF,
01:28aujourd'hui Ile-de-France Mobilité,
01:30qui est l'autorité organisatrice des transports régionaux.
01:33Donc c'est elle qui dresse les priorités, les chantiers,
01:37qui commande les services, le nombre de bus, le nombre de métros
01:40aux opérateurs que sont la RATP ou la SNCF.
01:44Gila Varroquier, pendant la campagne pour les régionales,
01:46Valérie Pécresse a pris un engagement sur le prix des transports.
01:49Oui, elle avait dit qu'elle n'augmenterait pas le prix du pass Navigo.
01:52Je maintiendrai le pass Navigo à 70 euros,
01:54parce que je ne jouerai pas avec le pouvoir d'achat des fonds signatifs.
01:57Finalement, elle a quand même dû augmenter le pass une première fois de 2 euros en 2016,
02:02une deuxième fois 3 euros en 2017.
02:04On arrive à 75 euros par mois pour prendre le métro, le train, le RER,
02:08les totalités des transports en Ile-de-France.
02:13Sébastien Compagnon, quel est le modèle économique du transport en commun dans la région ?
02:17Qui paie quoi ?
02:18Alors, Ile-de-France Mobilité a un budget d'environ 10 milliards d'euros par an.
02:22La moitié du budget provient de ce qu'on appelle le versement mobilité,
02:25qui est versé directement par les entreprises de plus de 11 salariés.
02:30Les usagers qui achètent des tickets, des abonnements,
02:33contribuent à environ 30% du budget.
02:36Et enfin, les collectivités comme la région, les départements, la ville de Paris,
02:41finissent de boucler le budget.
02:43Arrive l'épidémie de Covid-19 à partir de la fin de l'hiver 2020.
02:47GILA, cette épidémie et les confinements à répétition
02:50bouleversent l'équilibre financier d'Ile-de-France Mobilité.
02:53Et oui, parce que d'un coup, il n'y a plus personne dans le métro avec le confinement.
02:58Valérie Pécras a voulu continuer à faire circuler les trains
03:01pour permettre aux personnels soignants de se déplacer.
03:04Mais du coup, ça veut dire qu'il y a une chute de toutes les recettes des tickets
03:07que prennent les touristes, les occasionnels et le pass Navigo.
03:11Les recettes tombent à zéro, les coûts, eux, restent très élevés.
03:15Oui, parce que chaque mois, IDFM verse 300 millions d'euros à la SNCF,
03:19400 millions à la RATP pour faire circuler les trains,
03:23payer les agents, payer l'électricité.
03:26Alors, même pendant le Covid, même s'il y avait une partie qui était en chômage partiel,
03:30il y a quand même des agents qu'il fallait continuer à payer
03:33et les trains ont quand même continué à circuler.
03:35Quel est le résultat sur les caisses d'Ile-de-France Mobilité IDFM ?
03:39Alors, évidemment, ça a des conséquences très lourdes
03:41sur les recettes d'Ile-de-France Mobilité.
03:44En 2020, l'Ile-de-France Mobilité accumule les pertes.
03:47On atteint plus d'un milliard et demi d'euros fin 2020 de manque à gagner.
03:52Sébastien Compagnon, pendant l'été 2020,
03:54Valérie Pécresse, en tant que présidente d'Ile-de-France Mobilité,
03:57brandit une menace.
03:58Alors, elle explique que si l'État ne vient pas en soutien à Ile-de-France Mobilité
04:02pour faire face à toutes les pertes accumulées à cause du Covid,
04:06elle sera obligée d'arrêter de payer chaque mois les opérateurs
04:10que sont la SNCF et la RATP,
04:12auxquels elle verse chaque mois des centaines de millions d'euros.
04:14Nous avons décidé à l'unanimité du Conseil d'administration d'Ile-de-France Mobilité,
04:18qui comprend, comme vous le savez, Anne Hidalgo,
04:20tous les départements d'Ile-de-France,
04:22toutes les couleurs politiques,
04:23à l'unanimité, nous avons décidé que le 8 juillet,
04:27date à laquelle nous n'aurions plus de trésorerie,
04:29nous cesserons de payer la RATP et la SNCF.
04:32Et dès ce moment-là, elle parle d'une potentielle augmentation du prix du pass Navigo.
04:36Oui, dès juin 2020, elle explique que si rien n'est fait,
04:40elle serait peut-être contrainte d'augmenter de 20 euros par mois le Navigo.
04:44Une augmentation de 20 euros par mois.
04:45Et évidemment, elle ajoute, je m'y refuse, j'attends que l'État intervienne.
04:49Je refuse d'instaurer un impôt Covid sur les franciliens.
04:52Cet impôt Covid ne passera pas par mois.
04:54Le gouvernement aura les clés de la solution.
04:58Et il faudra qu'il décide.
05:00Et le lundi 27 septembre, elle met sa menace à exécution.
05:04Un communiqué d'Ile-de-France Mobilité indique
05:06qu'IDFM arrête de payer la RATP et la SNCF pour les transports régionaux.
05:11Que fait le gouvernement en réaction ?
05:13Après des semaines, des mois de bras de fer, l'État annonce qu'un protocole de financement
05:18est enfin trouvé pour une aide d'environ 2,6 milliards d'euros.
05:23Mais alors cette aide, c'est simplement une avance.
05:27Il y a une toute petite partie d'aide directe,
05:29mais c'est seulement un emprunt à taux zéro que l'autorité régionale devra rembourser.
05:34Gilles Avaroquier, près d'un an plus tard, à l'été 2021, le scénario se reproduit.
05:38Exactement la même chose. Valérie Pécresse estime qu'il lui manque encore de 900 millions d'euros.
05:44Elle demande à l'État de l'aider. L'État rechigne. Le bras de fer dure tout l'été.
05:49Valérie Pécresse finit par arrêter de payer la SNCF, la RATP.
05:54Et le gouvernement finit par lui aussi accepter de lui verser près d'un milliard d'euros.
06:00À cette période, la vie reprend son cours.
06:02Les discothèques, par exemple, rouvrent en juillet 2021.
06:05De plus en plus de Français alternent travail en présentiel et à distance.
06:10Comment reprend le trafic des bus, des métros et des RER en Ile-de-France, Sébastien Compagnon ?
06:14Alors après des mois de couvre-feu, de confinement, le nombre de passagers a beaucoup chuté.
06:20On est à peu près moins 30%.
06:22Les habitudes ont beaucoup changé.
06:24On voit qu'il y a certains jours où il y a beaucoup moins de gens dans les transports.
06:27Par exemple, vendredi, il y a presque moins 20%.
06:29Il y a, disons, à peu près 3 bus sur 4, 9 trains sur 10, selon les lignes, selon les
06:38heures.
06:38Voilà, on est toujours sur une offre, ce qu'on appelle, allégée.
06:41À ce moment-là, on peut dire que la RATP est désorganisée ?
06:43Alors oui, c'est sûr que sortir de mois de confinement, de couvre-feu et avec des personnels aussi qui
06:51ont beaucoup été touchés par le Covid.
06:53Certains sont en arrêt maladie.
06:54Les transports ont été parmi les plus touchés par la crise du Covid.
06:58Et donc, retrouver une activité normale après des mois comme ça, c'est très compliqué à organiser.
07:04Pendant la campagne présidentielle 2022, Valérie Pécresse est candidate pour Les Républicains.
07:09Elle ne ménage pas le président sortant, Emmanuel Macron, qu'elle accuse par exemple de copier son programme.
07:15Échec au soir du premier tour, le dimanche 10 avril, elle termine cinquième derrière Éric Zemmour.
07:21On en arrive au mois de septembre, le mercredi 14 septembre, en tant que présidente d'Île-de-France Mobilité.
07:26Valérie Pécresse échange avec des associations d'usagers des transports en commun.
07:30Enfin, Gila Varroquier, elle leur explique en résumé que le prix du pass Navigo et du ticket de métro vont
07:36augmenter.
07:37Pourquoi selon elle ?
07:38Parce qu'il y a eu la hausse du coût de l'énergie évidemment.
07:42Mais pas seulement, à partir de l'année prochaine, on va commencer à payer le super métro du Grand Paris,
07:48ce qu'on appelle le Grand Paris Express, qui fait le tour de Paris.
07:51Il va y avoir aussi les débuts du prolongement de la ligne 14.
07:54Même si elle n'est pas en service, il faut payer les premiers essais qui vont commencer à être faits
08:00au milieu de l'année prochaine.
08:01Tout ça fait qu'en 2023, il va manquer 750 millions d'euros.
08:04Que dit Valérie Pécresse sur le prix du pass Navigo et du ticket de métro ? Dans quelle mesure il
08:08pourrait augmenter ?
08:09À ce moment-là, elle va même jusqu'à parler de 100 euros, d'un pass Navigo à 100 euros.
08:13Et puis, elle montre qu'elle a plusieurs scénarios,
08:15parmi lesquels on pourrait arriver soit à 80 euros, soit à 90 euros,
08:20en fonction de l'effort que tout le monde fera.
08:26Quand Valérie Pécresse parle aux usagers et parle aussi aux journalistes,
08:30dont bien sûr les journalistes du Parisien,
08:32elle commence à essayer de faire pression sur ses partenaires, c'est ça ?
08:34Qu'est-ce qu'elle essaye d'obtenir ?
08:35Elle multiplie les sorties médiatiques pour demander du soutien.
08:40Alors, il y a d'abord le soutien des collectivités, des départements.
08:43La ville de Paris accepte d'apporter 7,5% de plus.
08:47Après, il y a les entreprises qui sont visées pour aussi augmenter considérablement
08:52leur effort financier.
08:54Et enfin, l'État, qui a consenti un prêt de 2 milliards,
08:58mais Valérie Pécresse tire vraiment la sonnette d'alarme en disant
09:01« S'il n'y a pas un effort général qui est fait, on va dans le mur,
09:05on va vers un Navigo à 100 euros, ce qui évidemment est impensable pour elle. »
09:10Et d'un mot, il y a une échéance clé dans les semaines à venir,
09:12c'est le 7 décembre. Pourquoi cette date ?
09:14« C'est ce qu'on appelle le conseil d'administration d'Ile-de-France Mobilité.
09:18C'est à ce moment-là que l'autorité qui organise les transports en Ile-de-France
09:22décide de son budget. Elle ne peut pas être en déficit.
09:26Et si elle n'a pas d'aide de l'État, elle va adopter une grille tarifaire
09:30et augmenter le pass Navigo à 90 euros ou à 80 euros
09:34en fonction de la réponse du gouvernement. »
09:36« Sans surprise, la région Ile-de-France qu'elle préside accepte de payer plus.
09:40C'est le cas également pour la ville de Paris et les autres départements concernés. »
09:43« Oui, alors chaque collectivité accepte d'augmenter sa participation de 7,5%.
09:49Ça fait à peu près 100 millions d'euros en tout.
09:51Donc c'est bien, mais ça ne règle pas du tout le problème.
09:54Mais au moins, ils ont fait cet effort d'augmenter leur participation. »
09:58« Par contre, Gilles Avaroquier, l'État semble ne pas vouloir céder. »
10:02« Non, parce qu'il estime qu'il a déjà prêté 2 milliards d'euros,
10:05qu'il faut être équitable avec l'ensemble des régions.
10:08Et puis Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement Clément Beaune,
10:13le ministre des Transports, répétait à plusieurs reprises
10:15que c'est la responsabilité de la région. »
10:17« C'est une compétence de la région.
10:18C'est Madame Pécresse qui peut appuyer sur le bouton ou ne pas le faire.
10:22Madame Pécresse est maîtresse de son budget,
10:24des dépenses qu'elle engage et des recettes qu'elle récupère. »
10:27« Donc, à Valérie Pécresse, de faire mieux. »
10:29« Et il y a un amendement qui doit être examiné en novembre au Sénat
10:32pour augmenter ce qu'on appelle le versement mobilité.
10:35On en parlait, la taxe pour les transports
10:37qui est acquittée par toutes les entreprises de plus de 11 salariés.
10:41Sébastien Compagnon, ce bras de fer intervient
10:43alors que les transports sont désorganisés.
10:46Concrètement, quelle est la situation à ce moment-là
10:48dans les métros, les RER et les bus ?
10:50« Depuis la rentrée scolaire 2022,
10:52les opérateurs sont confrontés à une vraie pénurie de personnel,
10:56notamment de conducteurs de bus
10:58et aussi de conducteurs de train et de métro.
11:00Sur le réseau de bus de la RATP,
11:03la situation est très compliquée, très dégradée,
11:05avec 25% de bus par rapport à ce qui est normalement attendu.
11:10Il y a pratiquement 1000 courses de bus par jour
11:12qui ne sont pas réalisées.
11:14Donc, ça se traduit par des temps d'attente fortement rallongés.
11:17Dans le métro également, aux heures de pointe,
11:19il y a un peu moins de métro que prévu.
11:20Donc, on retrouve des niveaux de saturation
11:23équivalents à ceux d'avant Covid.
11:25Donc, évidemment, dans ce contexte,
11:27imaginez une hausse du Navigo,
11:29ça passe très très mal auprès des usagers.
11:31Le trafic des bus, notamment,
11:32est perturbé par un plus fort taux d'absentéisme.
11:35Et le 10 octobre, le Parisien rapporte
11:37que des dizaines de conducteurs de bus
11:39ont réalisé de faux arrêts de travail.
11:41Et oui, la RATP s'est rendue compte
11:42que parmi les arrêts maladie,
11:45il y a une petite partie qui sont des défauts.
11:48Une enquête est en cours,
11:50mais il semblerait qu'il y ait un vol
11:53de tampons d'un médecin.
11:55Il y a une centaine d'arrêts maladie
11:56qui ont été réalisés avec ce tampon.
11:58Il y a 60 personnes qui ont été licenciées.
12:01Il y a une soixantaine de procédures
12:03de licenciement en cours.
12:04La RATP et l'assurance maladie
12:06ont déposé une plainte pour faux
12:08et usage de faux.
12:11Sébastien Compagnon, en octobre,
12:12le taux d'absentéisme des chauffeurs de bus
12:14de la RATP s'établit à 13%
12:17contre 10% les mois précédents.
12:19Et le 25 octobre, le Parisien explique
12:22qu'une prime a été créée
12:23par la direction de la RATP
12:25pour récompenser les conducteurs
12:27qui sont présents au travail.
12:28Oui, on apprend qu'elle ait lancé
12:30une prime d'assiduité
12:32qui peut aller jusqu'à 450 euros
12:34pour un conducteur qui n'aurait aucune absence
12:36pendant trois mois consécutifs.
12:39Alors, c'est censé lutter
12:41contre l'absentéisme,
12:42mais c'est quand même un peu mal accueilli
12:43par les syndicats qui disent
12:44que quelqu'un qui a son enfant malade
12:47ou qui a des bonnes raisons d'être absent
12:49sera pénalisé par rapport à ses collègues.
12:51Gilles Avaroquier, le mercredi 23 novembre,
12:53les sénateurs rejettent l'amendement
12:55destiné à augmenter le versement mobilité,
12:59la taxe donnée par les entreprises
13:00à Île-de-France Mobilité.
13:02Et oui, c'est même un coup de poignard
13:03pour Valérie Pécresse
13:04parce que c'est majoritairement
13:05des sénateurs républicains
13:07qui ont voté contre ça.
13:09L'idée, c'était d'étaler la participation de tous
13:12et donc de faire participer aussi
13:14les entreprises à l'augmentation du pass Navigo.
13:16Mais là, ils ont dit non
13:18parce qu'ils estiment que les entreprises
13:20participent déjà suffisamment.
13:22Le vendredi 25 novembre,
13:23Gilles Avaroquier vous expliquez dans Le Parisien
13:25que le pass Navigo
13:26va probablement bientôt passer à 90 euros.
13:30Et oui, parce que sans aide de personne,
13:32ni les entreprises, ni l'État,
13:34il manque à peu près 350 millions d'euros,
13:36ce qui fait qu'il faut augmenter le pass à 90 euros.
13:40Deux jours plus tard, le dimanche 27 novembre,
13:42le ministre des Transports Clément Bonne
13:44est sur Europe 1
13:45et il semble ne pas fermer la porte
13:46à un effort financier de la part du gouvernement.
13:49Je rappelle que dans la crise Covid, par exemple,
13:51où il y avait déjà une grande difficulté de financement,
13:52nous avons donné 2 milliards d'aides
13:54à la région Île-de-France.
13:55Ça a été la plus aidée de France.
13:56C'était légitime.
13:57Et donc là, il y a des discussions qui sont en cours
13:58avec la région Île-de-France,
14:00avec Valérie Pécresse,
14:01dont je mesure les difficultés d'organisation
14:03pour cette région.
14:04Et nous verrons dans les prochains jours,
14:06les prochaines semaines,
14:07comment on peut aider.
14:07Le lendemain, le lundi 28,
14:09Valérie Pécresse est interrogée dans Le Parisien
14:11et elle tient bien à montrer
14:13qu'elle n'est pas responsable
14:14de la forte augmentation à venir du pass Navigo
14:16et du ticket de métro.
14:18Alors elle dit que cette hausse
14:19serait socialement insupportable
14:22et elle vise directement Emmanuel Macron
14:26en disant que c'est 15 euros d'augmentation,
14:28c'est la taxe Macron.
14:30Donc elle vise directement le gouvernement,
14:32ce qui agace beaucoup du côté
14:34de la majorité présidentielle.
14:40Sébastien Compagnon,
14:41comme vous le faites régulièrement
14:42au service transport du Parisien,
14:44ce jour-là, vous faites parler
14:45des clients de la RATP.
14:46Qu'est-ce qu'ils vous disent
14:47à propos de cette augmentation à venir
14:48du pass Navigo et du ticket de métro ?
14:50Alors je me rends à Châtelet-Léal,
14:52là où le centre croise
14:53la plupart des lignes du réseau RER Métro
14:56et je tombe sur une jeune femme
14:59avec un bébé dans une poussette.
15:01Elle me dit mais pour moi,
15:0290 euros, c'est vraiment trop cher pour moi.
15:05Et en même temps, je n'ai pas le choix,
15:07je ne vais pas frauder avec ma poussette.
15:09Il y a d'autres usagers qui disent
15:11bon, écoutez, ça coûte très cher,
15:12les transports, donc en plus,
15:14la plupart ont un remboursement
15:17de 50% pour leur employeur
15:18et d'autres enfin me disent
15:20que c'est une aberration,
15:21qu'il faudrait peut-être rendre
15:22les transports gratuits
15:24face à l'urgence climatique
15:26et à la transition écologique.
15:28Le mardi 29 novembre,
15:29Sébastien Compagnon,
15:30Gilles Avaroquier,
15:31vous interviewez le nouveau président
15:33de la RATP,
15:34l'ancien chef du gouvernement
15:35Jean Castex.
15:37La veille, le jour où il a pris
15:38ses fonctions,
15:38une grosse centaine de grévistes
15:40a envahi le hall du siège
15:42de la RATP à Paris
15:43avec des fumigènes
15:44dans le cadre d'un mouvement
15:45pour des augmentations de salaires.
15:47Nous avons décidé de venir en soutien
15:49à nos camarades en lutte
15:50et de souhaiter la bienvenue
15:51à Jean Castex
15:51et d'attirer son attention
15:53sur les préoccupations
15:54des salariés de la RATP.
15:56Est-ce que Jean Castex
15:58a conscience de prendre
15:59ses fonctions dans un climat
16:00tout à fait particulier ?
16:01Alors, il apparaît assez détendu,
16:03jovial, comme il est assez souvent
16:05et assez grave aussi
16:07parce qu'il a conscience,
16:08il a toujours dit
16:08qu'il savait que c'était une maison
16:10avec beaucoup de difficultés
16:11et que c'est justement
16:12ce qu'il animait,
16:13ce qu'il motivait.
16:15Il a conscience aussi
16:16qu'il doit faire ses preuves
16:18parce qu'il a cette formule
16:19en disant
16:19c'est au pied du mur
16:20qu'on voit le maçon.
16:22Je suis un serviteur de l'État,
16:23c'est parce que c'est difficile
16:24justement que je m'engage.
16:26Sur la question du prix
16:27du pass Navigo,
16:27est-ce qu'il peut faire quelque chose
16:29lui en tant qu'ancien Premier ministre ?
16:30Alors là, la question est compliquée
16:32puisqu'il est président de la RATP,
16:35il n'est pas censé s'immiscer
16:37dans un débat parlementaire
16:39ou entre IDFM et le gouvernement.
16:43Il explique que si
16:44Île-de-France Mobilité va mal,
16:46la RATP va mal
16:47puisque la RATP est l'un des principaux
16:50sous-traitants d'Île-de-France Mobilité
16:52donc elle a besoin de finances stables
16:55pour que la RATP ait les moyens de travailler.
16:57Gilles Avaroquier,
16:58le fait que l'État ne veut pas aider
16:59Île-de-France Mobilité,
17:01présidée par Valérie Pécresse,
17:02comment est-ce que c'est perçu
17:03par les associations d'usagers ?
17:05Elles ont l'impression que c'est le résultat
17:06de rivalités politiques
17:07entre l'État et la région,
17:10entre Valérie Pécresse et Emmanuel Macron
17:12et elles les appellent à se mettre
17:14autour de la table,
17:14essayer de trouver une solution
17:16pour discuter
17:16et pour contenir la hausse du pass Navigo.
17:19Sébastien Compagnon,
17:21le lundi 5 décembre,
17:22à trois jours du conseil d'administration
17:24d'Île-de-France Mobilité,
17:25conseil d'administration
17:26pendant lequel son budget
17:28et les nouveaux tarifs
17:29vont être votés,
17:31le gouvernement envoie
17:33des signaux contradictoires.
17:34Oui, alors on a Bruno Le Maire,
17:37le ministre des Finances,
17:39qui explique à la radio
17:40qu'il ne se voit pas expliquer
17:42aux contribuables de Nantes
17:44qu'il donnerait comme ça
17:46des centaines de millions d'euros
17:47seulement à la région parisienne.
17:48Mais au même moment,
17:50on a le ministre des Transports,
17:51Clément Beaune,
17:52qui dit que les discussions
17:53sont toujours ouvertes.
17:55Gabriel Attal,
17:56le ministre des Comptes Publics,
17:57qui semble un peu plus ouvert
17:59à la discussion.
17:59Mais on ne sait toujours pas
18:01concrètement combien d'euros
18:03le gouvernement va consentir
18:05pour aider les finances
18:07d'Île-de-France Mobilité.
18:08Le mardi 6 décembre,
18:09le ministre des Transports,
18:11Clément Beaune,
18:12fait une annonce importante
18:13dans le Parisien.
18:14L'État accorde une aide
18:16exceptionnelle
18:17à Île-de-France Mobilité,
18:18200 millions d'euros.
18:20Il s'exprime dans nos colonnes
18:21pour expliquer que le gouvernement
18:22souhaite aider non seulement
18:24l'Île-de-France Mobilité,
18:25mais aussi les autres régions,
18:26les autres autorités régionales.
18:28Alors ça change tout
18:29parce que le Navigo
18:31va augmenter de 9 euros,
18:32alors que sans cette aide
18:34exceptionnelle de 200 millions,
18:35il aurait fallu l'augmenter
18:37de 15 euros.
18:38On en arrive au mercredi 7 décembre.
18:40Finalement,
18:40le conseil d'administration
18:42d'Île-de-France Mobilité
18:43enterrine le nouveau prix
18:45du pass Navigo,
18:4684 euros et 10 centimes,
18:48une augmentation de 12%.
18:50Le ticket à l'unité, lui,
18:52passe d'1,90 euros
18:53à 2,10 euros.
18:55Sébastien Compagnon,
18:57on sait comment les usagers
18:58perçoivent ces augmentations ?
18:59Les associations d'usagers
19:02sont très fatiguées,
19:03on va dire,
19:03par ces longues batailles
19:05ce qu'ils appellent
19:06politiciennes
19:06entre le gouvernement
19:07et l'Île-de-France Mobilité.
19:09Et juste rappel
19:10que c'est une augmentation
19:11inédite de 12%,
19:13ça ne s'est jamais vu,
19:14c'est beaucoup plus
19:14que l'inflation.
19:15Donc il n'y a pas
19:16de quoi crier victoire.
19:18D'autant que si on va
19:20vraiment dans le fond des choses,
19:21tous les grands problèmes
19:23financiers sur le long terme
19:24ne sont pas du tout réglés.
19:25Il s'agit seulement
19:26d'une aide exceptionnelle
19:27qui ne fait que retarder,
19:29repousser encore
19:30un débat sur
19:31comment financer
19:32l'ensemble des transports
19:34franciliens
19:34dans les 10 années à venir.
19:35Aide exceptionnelle,
19:36ça veut dire qu'a priori,
19:37dès l'année suivante,
19:38le pass Navigo
19:39passera à 90 ?
19:40C'est difficile
19:41de prénire l'avenir,
19:42mais les plus pessimistes
19:43disent que
19:44si rien n'est fait
19:45et qu'on n'a toujours
19:46pas de hausse
19:47de versement en mobilité,
19:48la taxe versée
19:49par les entreprises,
19:50on pourrait aller vers,
19:51pourquoi pas,
19:52130 euros.
19:53Pour éviter
19:54d'en arriver là,
19:55le ministre des Transports
19:56propose d'ailleurs
19:57une grande conférence
19:58sur le financement
19:59des transports régionaux
20:00dans laquelle
20:01tous les partenaires
20:02doivent se réunir
20:03et trouver des solutions
20:04pour les 10 années à venir.
20:10Merci à Gilles Lavarroquier
20:11et Sébastien Compagnon.
20:13Code Source
20:13est le podcast quotidien
20:15d'actualité du Parisien.
20:16N'oubliez pas
20:17de vous abonner
20:17pour ne rater aucun épisode.
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20:26a été produit
20:27par Raphaël Pueillot,
20:29Thibaut Lambert
20:29et Emma Jacob.
20:31Réalisation
20:32Julien Moncouquiol
20:33Sous-titrage Société Radio-Canada
20:35Sous-titrage Société Radio-Canada
20:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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