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Un violon fabriqué en 1719 par le célèbre luthier italien Antonio Stradivari vient peut-être de réapparaître. L’instrument, d’une valeur estimée à 10 millions d’euros, avait été dérobé par les nazis à l’été 1944 au Musée national de Varsovie. Pour Code source, Yves Jaeglé, journaliste au service Culture du Parisien, raconte son voyage en Pologne avec l’association Musique et Spoliations, sur les traces de ce stradivarius extrêmement rare.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.

#stradivarius #nazisme #vol

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La belle histoire du Stradivarius de Varsovie, c'est le titre d'une longue enquête publiée dans Le Parisien le
00:18mardi 1er novembre.
00:19Yves Géglet, un journaliste du service culture de notre rédaction, a suivi une spécialiste sur les traces d'un violon
00:26unique au monde,
00:27un Stradivarius estimé à 10 millions d'euros.
00:31Volé par des soldats nazis à la fin de la seconde guerre mondiale, il était considéré comme introuvable jusqu'à
00:37tout récemment.
00:38Un mystérieux collectionneur s'est manifesté, il pense avoir en sa possession cet instrument si convoité.
00:45Yves Géglet nous raconte cette histoire et son reportage aujourd'hui dans Code Source.
00:58Yves Géglet, le lundi 24 octobre, vous vous rendez en reportage en Pologne au musée national de Varsovie, la capitale,
01:06pour y visiter des parties habituellement fermées au grand public.
01:10C'est le plus grand musée de Varsovie et c'est un petit peu l'équivalent du Louvre pour eux.
01:14C'est un musée qui abrite des collections nationales, à la fois de peintures qui vont de Rembrandt, du siècle
01:20d'or hollandais, jusqu'à Renoir.
01:23Il y a même de l'art contemporain mais il y a aussi des collections complètement différentes.
01:27C'est un musée vraiment général.
01:29Si vous êtes dans ce musée, c'est pour accompagner une femme en mission sur place.
01:34Elle s'appelle Pascale Bernheim.
01:36Qui est-elle en quelques mots ?
01:37Elle a été d'abord un presario d'artiste dans la musique classique.
01:40Elle a travaillé à l'auditorium du Louvre.
01:42Maintenant, elle doit avoir entre 50 et 60 ans.
01:45Elle a fondé une association qui s'appelle Musique et Spoliation.
01:49C'est l'enquêtrise dans cette association.
01:51Donc elle est en même temps rigolote, elle ne se décourage jamais.
01:55Et c'est quelqu'un qui sait exactement ce qu'elle veut.
01:57Que fait son association Musique et Spoliation au juste ?
02:01C'est une association qui a été créée en 2017, donc assez récemment.
02:05On connaît bien les histoires de restitutions d'œuvres d'art, de peintures,
02:09qui ont été raflées par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale,
02:13spoliées à des familles et qui leur sont rendues après bien des péripéties.
02:16Les instruments de musique, c'est beaucoup moins connu.
02:19Il se trouve que Pascale Bernheim et son associé sont des mélomanes très passionnés
02:24qui veulent faire avancer les dossiers sur ce plan.
02:27Pourquoi vient-elle passer quelques jours en Pologne à ce moment-là ?
02:30Elle est missionnée par un client qui donc pense posséder un Stradivarius très rare
02:38et il se pose des questions sur l'origine de ce violon qui pourrait effectivement provenir d'un vol,
02:43mais sans que lui ait été au courant évidemment.
02:45Alors Yves Géglet, avant toute chose, c'est quoi un Stradivarius ?
02:49Le Stradivarius est un nom mythique de l'histoire de la musique
02:52qui renvoie beaucoup à des violons, mais pas uniquement.
02:55Le nom fait référence à un très célèbre luthier italien qui s'appelle Antonio Stradivari
03:01qui a vécu à la fin du XVIIe et dans la première partie du XVIIIe siècle
03:04qui avait un don pour fabriquer des instruments qui sonnaient d'une manière exceptionnelle
03:09et donc il a fabriqué plusieurs centaines de violons Stradivarius.
03:13Le client qui a fait appel à Pascale Bernheim pense qu'il a en sa possession un Stradivarius très rare.
03:20Il a même un nom, le Stradivarius Lauterbach.
03:23Qu'est-ce qu'il a de si particulier cet instrument ?
03:25S'il y a, comme je le disais, environ 600 violons fabriqués par Stradivari,
03:30il y en a 26 ou en tout cas moins d'une trentaine qui ont eu accès à une forme
03:34de légende
03:35parce qu'ils ont été joués par de grands instrumentistes.
03:39Lauterbach, c'était le nom d'un chef d'orchestre et musicien allemand du XIXe
03:43qui a eu en main cet instrument et c'est ce qui en fait toute sa valeur.
03:47Mais ce violon a disparu il y a plusieurs décennies.
03:49Oui, il a été volé en 1944 par les nazis dans ce musée de Varsovie
03:54et depuis on a perdu sa trace.
04:05Avant de nous raconter ce jeu de pistes que vous menez aux côtés de Pascale Bernheim,
04:09vous allez dans un premier temps nous dire ce que l'on sait du parcours de ce violon
04:14avant d'avoir perdu sa trace.
04:15D'abord, en quelle année est-il fabriqué ?
04:18En 1719, ce qui est l'âge d'or des Stradivarius,
04:22c'est-à-dire que ce luthier était au sommet de son art, il a déjà un certain âge.
04:27Les experts disent qu'après il perdra un petit peu la main.
04:30Donc c'est vraiment 1714-1720 la meilleure période de ces violons.
04:35Dans les décennies qui suivent, cet instrument voyage au gré de multiples propriétaires.
04:40Oui, il a d'abord été acheté par un musicien français.
04:44Ensuite, il passe dans les mains d'un autre luthier qui s'appelle Willaume,
04:48qui est connu notamment pour avoir fait des copies de Stradivarius.
04:50Ensuite, il est acheté par Lothar Bach, ce musicien allemand qui va lui donner un petit peu ses lettres de
04:55noblesse.
04:56Puis ensuite par un collectionneur allemand.
04:57Et en 1901, ce collectionneur vend le violon à un riche industriel polonais.
05:02Il s'appelle Henrik Groman, c'est un polonais qui est d'origine allemande.
05:08Son père fait partie d'une génération de pionniers allemands qui sont venus s'installer à Hutsch,
05:13une petite ville à l'origine mais qui, avec la révolution industrielle
05:16et l'industrie du textile et notamment du coton qui se développe à Hutsch,
05:20va devenir une sorte de Manchester de l'Europe de l'Est.
05:23Il y a donc beaucoup d'industriels qui vont faire fortune, dont les Gromanes.
05:28Et donc Henrik, qui est le fils du fondateur de la dynastie,
05:31va à la fois développer cette industrie très florissante,
05:34mais ce sera aussi un mécène artistique et musical de son temps
05:38qui va faire salon chez lui et donc il va acheter ce Stradivarius.
05:42En 1913, il décide de faire expertiser ce violon.
05:45En 1913, il va à Londres avec son instrument voir Hill & Sons.
05:50Ce sont les meilleurs luthiers européens qui se trouvent en Angleterre.
05:53Et ce luthier va décrire très précisément le violon, l'hauterbac.
05:58Le vernis n'est pas équivalent à notre violon.
06:01On peut étudier le bois.
06:03Donc ce violon va être décrit dans les moindres détails
06:06et c'est ça qui va l'authentifier comme un instrument qui entre vraiment dans l'histoire.
06:11Henrik Groman meurt en 1939, à l'âge de 76 ans.
06:16Qu'est-ce qu'il advient de ce Stradivarius après sa mort ?
06:18Alors Henrik Groman donc effectivement meurt brutalement dans un conseil d'administration.
06:24Il a perdu sa femme un mois avant.
06:26Ils n'ont pas eu d'enfants ensemble.
06:29Et donc il a décidé de faire une donation à l'état polonais.
06:34Et donc le Stradivarius part avec l'ensemble de sa collection à Varsovie
06:38où il est placé au musée national.
06:42La même année, en 1939 donc, la Seconde Guerre mondiale éclate.
06:47Et cinq ans plus tard, à l'été 1944,
06:50alors que les alliés libèrent progressivement l'Europe occupée par l'Allemagne nazie,
06:54en Pologne, Varsovie est à feu et à sang.
06:57Il y a une résistance polonaise très forte qui décide en 1944
07:01d'essayer de se libérer elle-même.
07:03Et donc ils luttent contre les Allemands.
07:05Et c'est une boucherie absolue.
07:07Il y a eu 200 000 morts en deux mois.
07:09Il y a eu 85% de Varsovie qui a été rasée.
07:13Et du coup, cet état de chaos absolu va être propice à tous les pillages.
07:17Et les employés du musée national de Varsovie redoutent donc à ce moment-là un pillage.
07:21Dans ce musée, les Allemands savent qu'il y a des instruments de musique.
07:25Et ils ont un programme presque scientifique
07:28à travers une unité spéciale qui s'appelle Commando Musique
07:31pour rafler des instruments de valeur de Vienne à Varsovie,
07:34y compris à Paris, en Belgique.
07:36Et donc que font les conservateurs de ce musée ?
07:38La guerre devient de plus en plus chaotique et dangereuse,
07:42y compris pour les biens culturels.
07:44Et les conservateurs du musée décident, un peu dans un sauve-qui-peut,
07:49de cacher un maximum d'œuvres d'art et d'instruments
07:51là où ils peuvent, dans des cachettes qu'ils vont trouver.
07:55Un jour, des soldats allemands découvrent une cachette dans la chapelle
07:59qui se situe à l'intérieur du musée.
08:00Oui, ils arpentent ce musée qui est énorme et où il y a différentes caches,
08:05puisqu'il y a des milliers d'œuvres.
08:06Et ils entrent dans cette chapelle et ils découvrent effectivement
08:10presque une caverne d'Ali Baba avec différentes œuvres,
08:13dont ce Stradivarius, d'autres instruments et d'autres pièces de collection.
08:25Après la guerre, l'État polonais diligente une enquête auprès des alliés américains
08:29afin de déterminer où le violon a pu aller après le vol.
08:34Qu'est-ce que ça donne ?
08:35Cette enquête mène à un SS qui était à Varsovie pendant la guerre
08:40et qui est accusé d'avoir volé ce violon.
08:43La police américaine chargée de ce dossier se rend dans la maison de la veuve de ce soldat
08:49et il trouve un violon.
08:51Les Américains disent qu'ils ont remis le violon à l'État polonais.
08:55L'État polonais dira plus tard qu'il n'a jamais été en main de ce violon,
08:59mais des spécialistes expliqueront qu'en fait, il y a sans doute une erreur sur ce violon,
09:04que ce n'était pas le Lotterbach.
09:06On voit qu'il y a eu beaucoup d'erreurs dans cette enquête américaine,
09:09donc il y a beaucoup de mystères autour de ça.
09:14Yves Géglet, on en revient au début de cet épisode.
09:17Au musée national de Varsovie, vous avez l'occasion de voir cette cachette dans la chapelle.
09:23À quoi est-ce qu'elle ressemble aujourd'hui ?
09:25Cette cachette se trouve vraiment dans une pièce d'angle et sous un escalier.
09:30On voit effectivement un endroit qui ressemble à une minuscule chambre de bonne, à un débarras.
09:36C'est complètement fou d'imaginer qu'il y a eu là des instruments de musique,
09:41certains avec des diamants qui avaient joué à la cour du Tsar.
09:45Il y a eu là des œuvres d'art japonaises et asiatiques qui appartenaient aussi à ce collectionneur.
09:50C'était vraiment un endroit qui semblait introuvable, mais que les Allemands ont trouvé.
09:54L'enquêtrice que vous accompagnez, Pascal Bernheim, vous parle d'une difficulté dans ses recherches.
10:00Ce Stradivarius, l'outerback, n'a jamais été pris en photo.
10:04Oui, c'est un vrai mystère parce qu'à la fin du XIXe siècle, quand Henrik Groman l'a eu
10:10en main,
10:11la photographie dans ces milieux riches et cultivés devenait quand même assez banale.
10:16Mais il n'existe pas de photo de l'instrument.
10:18Or, une image du Stradivarius permettrait très facilement de l'authentifier.
10:24Il suffit d'envoyer une photo à un luthier n'importe où en Europe.
10:28Et très rapidement, en regardant les stris du bois, en étudiant l'instrument,
10:33il peut vraiment apporter la preuve d'un expert.
10:36Donc effectivement, l'absence de photo est très mystérieuse.
10:41Que décide de faire cette enquêtrice à ce moment-là ?
10:43Elle décide d'aller à Houtch, une ville qui se trouve aujourd'hui à deux heures de train de Varsovie.
10:49Henrik Groman vivait à Houtch.
10:52Donc il y a des archives dans cette ville où elle espère trouver une photo de cet instrument
10:58et consulter le testament d'Henrik Groman où elle espère enfin trouver noir sur blanc
11:04le mot Stradivarius qui validerait un leg.
11:07Le mercredi 26 octobre, vous prenez donc un train en direction de Houtch,
11:12situé à environ deux heures de la capitale.
11:14À quoi ça ressemble lorsque vous arrivez là-bas ?
11:16Quand on sort de la gare, ça ressemble à pas grand-chose.
11:19C'est une ville qui a connu d'énormes transformations.
11:22C'est une ville qui a été très riche à la fin du 19e siècle avec la révolution industrielle,
11:26ses usines en briques rouges qui se trouvent au cœur de la ville
11:28et qui sont entourées des villas des propriétaires de l'époque.
11:31Ensuite, la ville avec le communisme a beaucoup changé.
11:34On va aux archives et ça ressemble vraiment à un quartier communiste.
11:38Et vous accompagnez Pascal Bernheim aux archives de la ville.
11:41Racontez-nous comment vous procédez sur place.
11:43On se trouve devant une masse de documents hallucinantes
11:47parce qu'en fait, un industriel de ce niveau, des testaments, il en a écrit plusieurs.
11:52Il l'a refait au dernier moment après la mort de sa femme.
11:54Ce sont des documents manuscrits de centaines de pages en polonais,
11:59parfois en allemand, parfois en russe.
12:02On passe trois heures avec un interlocuteur polonais.
12:05Au final, on ne trouve rien.
12:08On fait aussi une recherche dans la presse de l'époque.
12:11On s'attendait à trouver beaucoup plus de choses sur Enric Groman,
12:13qui était une personnalité très connue à Hutsch.
12:16Et on tombe uniquement sur une nécrologie au moment de sa mort,
12:19mais qui parle exclusivement du capitaine d'industrie qu'il a été
12:23et pas du tout de son aspect artistique.
12:25Vous vous rendez ensuite dans ce qui était la demeure d'Enric Groman,
12:29la Villa Groman, qui vous accueille lorsque vous arrivez là-bas.
12:32C'est une artiste qui elle-même a travaillé dans la culture.
12:36Aujourd'hui, elle a 76 ans et elle nous raconte que dans les années 90,
12:41donc juste après la chute du mur, elle négocie avec la ville de Hutsch,
12:46où elle cherche un lieu alternatif d'art contemporain avec son mari,
12:50qui est à la fois passionné d'impression, de gravure et d'art.
12:54Et donc, ils obtiennent le droit d'acquérir cette maison
12:57qui accueillait depuis la fin de la guerre un jardin d'enfants.
13:00De l'extérieur, ça ne ressemble à rien.
13:02On est d'ailleurs passé devant en nous disant que ça ne peut pas être ça,
13:05ça ressemble à un squat.
13:07Mais quand on ouvre la porte, on est dans un monde féérique,
13:12avec des puits de lumière partout, de très grandes baies vitrées,
13:14au sol une mosaïque de marbre, des pièces qui sont dans leur jus,
13:19parce qu'en fait, cette femme n'a jamais fait de travaux,
13:21alors c'est aussi très abîmé,
13:22mais on tombe par exemple sur le piano d'Henrik Groman,
13:26face à ses tentures, le vrai bureau de Groman,
13:30c'est un salon où se réunissent les intellectuels,
13:32et nous, on est là.
13:33Aujourd'hui, tout est vide,
13:34mais on hume l'époque d'une Europe défunte et très cultivée.
13:39À un moment, lorsque vous prenez le thé,
13:41votre hôte, cette vieille dame, tend un livre à Pascal Bernheim.
13:44Cette femme a publié l'an dernier un livre qui raconte l'histoire de la villa,
13:50alors jusqu'à aujourd'hui,
13:51donc il y a beaucoup de photos de son mari et d'artistes des années 70-80,
13:55et en moment, en tournant les pages, on tombe sur le violon.
13:58Alors là, il y a des cris de joie,
14:00Pascal Bernheim embrasse même cette dame,
14:04on pense qu'on a enfin trouvé la photo du violon.
14:09Alors immédiatement, elle prend une photo de cette page du livre,
14:13elle l'envoie à un expert luthier qu'elle connaît bien à Paris,
14:17et cet expert, en quelques minutes, en étudiant les détails de cette photo,
14:22lui répond, non, ce n'est pas le vrai Stradivarius.
14:28Yves Géglet, ce voyage n'a pas permis d'authentifier le violon,
14:32mais à ce stade, Pascal Bernheim, l'enquêtrice,
14:34a tout de même acquis une certitude grâce à un document trouvé dans les archives.
14:39Oui, alors, avant de partir en Pologne,
14:41elle pensait acquis que le Stradivarius appartenait à l'État polonais,
14:45puisqu'il a été volé au musée national de Varsovie,
14:48et par des documents qu'elle a trouvés dans les archives,
14:50elle découvre que si ce gros man a légué beaucoup de ses collections à l'État polonais,
14:57on n'est sûr de rien pour ce violon, il ne le mentionne jamais,
15:01donc, en termes juridiques, le violon a été déposé en dépôt dans ce musée,
15:06mais n'est pas un lègue.
15:07Et qu'est-ce que ça change, ça ?
15:09Ça change tout, parce qu'on pensait que cette affaire
15:12pouvait finalement se conclure par une restitution en grande pompe à l'État polonais,
15:18mais maintenant, on n'est plus sûr de rien,
15:20parce que tout dépendra de la bonne volonté du collectionneur actuel,
15:23en tout cas, il semble plus difficile pour la Pologne
15:26de réclamer cet instrument dans la mesure où il n'y a pas de document
15:30qui prouve une propriété d'État.
15:33Donc, si on vous suit, ça veut dire que la Pologne n'a pas forcément le droit
15:36de réclamer cet instrument ?
15:38En termes juridiques, la Pologne pourrait être en difficulté
15:41si elle voulait réclamer cet instrument.
15:43Après, pour avoir beaucoup parlé avec l'association
15:46et aussi avec l'associé de Pascal Bernheim,
15:48qui est une juriste mondialement reconnue dans les affaires de spoliation,
15:54elle m'a expliqué que la diplomatie joue aussi un rôle.
15:56Si l'État polonais, qui est très nationaliste
15:59et qui fait un gros travail pour aboutir à des restitutions d'œuvres volées
16:04par les Allemands au pays,
16:06décidait quand même de mener une action,
16:09en fait, ce serait probablement une bataille d'avocats
16:11à travers différentes juridictions.
16:13Et ça reste quand même assez ouvert, ce qui pourrait se passer.
16:16Yves Géglet, pour en revenir à ce mystérieux propriétaire
16:19qui a missionné l'association Musique et Spoliation,
16:23est-ce qu'on est sûr, finalement, que l'instrument qu'il possède
16:27est bien ce fameux Stradivarius Lauterbach
16:30qui a disparu à la fin de la guerre ?
16:32Moi, je ne peux pas vous dire que j'en suis sûr
16:34puisque je n'ai pas vu l'instrument,
16:35mais ce que m'a dit l'avocat de l'association,
16:38c'est qu'avant de se lancer dans cette enquête en Pologne,
16:41ils ont mené une expertise extrêmement pointue du Stradivarius.
16:45Et cette expertise, elle conduirait à une très forte présomption
16:48qu'il s'agit bien de l'instrument qu'on cherche.
16:51On sait où est ce propriétaire aujourd'hui ?
16:53Alors, l'avocate refuse de le dire.
16:55Il y a une règle de confidentialité.
16:57Il s'est adressé à une association française,
16:59à une avocate française.
17:01Il pourrait se trouver en France
17:03ou dans un pays voisin.
17:05Au vu de ce que l'on sait aujourd'hui,
17:06si ce détenteur a bien le fameux Stradivarius Lauterbach,
17:10il peut en faire ce qu'il veut ?
17:11Pas tout de suite, en tout cas,
17:13puisque si l'association Musique et Spoliation
17:15a pris ce dossier en main,
17:16c'est qu'il y a un besoin de mettre à jour
17:18le pédigré complet de l'instrument.
17:20Une fois que les juristes auront fait ce travail,
17:25si effectivement l'État polonais n'est pas considéré
17:27comme le détenteur réel ou même moral de l'instrument,
17:31oui, le propriétaire actuel pourra décider
17:34de le léguer à ses enfants s'il en a et qu'il le souhaite,
17:37mais il aura aussi le droit de le vendre.
17:40Ce qu'on aimerait, nous, c'est un jour
17:41voir et entendre ce Stradivarius.
18:04Merci à Yves Géglis.
18:05Cet épisode de Code Source a été produit par
18:07Raphaël Pueyo et Clara Garnier-Amourou.
18:10Réalisation, Julien Mokoukiol.
18:13Code Source, c'est le podcast d'actualité du Parisien.
18:16N'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée
18:20pour ne rater aucun épisode.
18:21Sous-titrage Société Radio-Canada
18:34Sous-titrage Société Radio-Canada
18:37Sous-titrage Société Radio-Canada
18:40Sous-titrage Société Radio-Canada
18:41Sous-titrage Société Radio-Canada
18:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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