- il y a 12 heures
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Le groupe Casino, dont les origines remontent en 1898, est devenu en l’espace de quelques décennies l’un des poids lourds de la grande distribution avec 200 000 employés dans le monde, dont environ un quart en France. Mais aujourd’hui, son PDG Jean-Charles Naouri, se retrouve obligé de vendre, acculé par une dette abyssale. Pour comprendre comment l’empire Casino s’est effondré, Code source revient sur l’histoire de ce groupe emblématique avec Odile Pichon, journaliste au service économie du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : BFM, TV5Monde, INA.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Thibaut Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12C'est un géant français de la grande distribution qui est en train de s'effondrer.
00:16Le groupe Casino, composé des magasins du même nom mais aussi des enseignes Monoprix,
00:21Franprix ou encore Leader Price, est en passe d'être repris par un duo d'hommes d'affaires
00:26après 10 années de descente aux enfers causées par des difficultés financières et la fuite de ses clients.
00:32Alors pourquoi ce méga-groupe français fondé à Saint-Etienne et qui comptait plus de 12 000 magasins dans le
00:38monde en 2022
00:39est-il contraint aujourd'hui de céder une partie de son empire ?
00:43Codesource revient sur la chute du groupe Casino avec Odile Pichon, journaliste au service économie du Parisien.
00:49Elle couvre notamment le secteur de la distribution.
00:59Le mardi 5 décembre, des centaines de salariés du groupe Casino se rassemblent à l'appel de tous les syndicats
01:05en région parisienne
01:06et devant le siège social à Saint-Etienne dans la Loire.
01:09Odile Pichon, pourquoi ces salariés sont-ils inquiets ?
01:12Ils sont inquiets parce que fin novembre, le groupe Casino a confirmé et a annoncé qu'il allait vendre tous
01:17ses supermarchés et tous ses hypermarchés.
01:18Pour les salariés c'est un choc parce que depuis cet été ils savaient qu'il y avait un plan
01:23de reprise qui était engagé
01:24mais dans ce plan de reprise que leur PDG Jean-Charles Nauri avait négocié,
01:29Nauri avait obtenu des futurs repreneurs que les supermarchés et les hypermarchés restent dans le giron du groupe.
01:34Entre temps, les résultats se sont tellement dégradés qu'il a été décidé de vendre ses hyper et ses super.
01:40Les salariés de tout le groupe sont inquiets, non seulement ceux des hyper et des super parce que la dégringolade
01:46de Casino est telle que plus personne n'a de visibilité sur ce qui va se passer.
01:54Alors vous allez nous raconter dans cet épisode de Codesources comment le groupe Casino, un empire français de la distribution,
02:01s'est effondré en l'espace de dix ans.
02:03Mais d'abord on va évoquer rapidement son histoire qui a démarré il y a 125 ans, c'est en
02:081898 à Saint-Etienne donc, grâce à une famille de petits commerçants, la famille Guichard.
02:16Oui Geoffroy Guichard c'est un fils d'épicier qui est né dans la Loire en 1867.
02:20Il gère un magasin d'alimentation générale qui dans un premier temps s'appelle le Casino Lyrique puisque c'était
02:26sur les lieux d'un café chantant en fait.
02:27Il fonde ensuite avec son beau-père en 1898 une société qu'on appelle Guichard Perrachon puisque Perrachon c'est
02:34le nom de son beau-père.
02:36Et cette société va avoir énormément de succès parce qu'elle est basée sur le concept de la distribution moderne
02:43de l'époque qui consiste à vendre en un même endroit du sucre, des produits d'épicerie, etc.
02:49A côté de l'essor de l'entreprise, il faut noter que pendant toutes ces années, Casino est vraiment une
02:54société qui est leader en matière sociale.
02:56Elle propose des aides pour les familles nombreuses à ses salariés, elle octroie des primes à la naissance, elle crée
03:02un système de service médical, des assurances d'essais.
03:05C'est vraiment une entreprise qui est extrêmement bienveillante d'un point de vue social avec ses salariés et c
03:11'est très rare à l'époque.
03:13Comment se développe l'entreprise Casino après la seconde guerre mondiale ?
03:16Elle poursuit son essor tout en continuant à faire des innovations, notamment techniques, ce qui est vraiment sa marque de
03:23fabrique.
03:23Lors d'un voyage aux Etats-Unis en 1947, Pierre Guichard découvre le concept de libre-service.
03:29Le principe c'est que chaque client peut aller se servir lui-même dans le magasin.
03:34Ce concept a beaucoup de succès aux Etats-Unis et donc il va le développer avec succès en France.
03:39En 1950, il instaure également des chambres froides dans ses magasins, ce qui permet pour la première fois de garantir
03:46la chaîne de froid.
03:47Et en ce qui concerne les formats de ses sociétés, il a commencé avec beaucoup de formats dits de proximité,
03:52donc des petits magasins.
03:54Mais en 1970, il ouvre son premier géant hypermarché à Marseille.
03:58Albert trouve toujours tout meilleur odeur de chez lui.
04:01Allons Henriette, ne pâche pas ! Les fritures ne sont bonnes que depuis que Marie les prépare, elle aussi, avec
04:07les huiles du casino.
04:08Tu iras dorénavant acheter ton huile au casino.
04:11Au chic !
04:12On fait un saut dans le temps, Odile Plichon.
04:15En 1992, le groupe Casino voit arriver un nouvel actionnaire à son capital, un certain Jean-Charles Nahouri.
04:22Qui est cet homme ?
04:23Jean-Charles Nahouri, il est né en Algérie, il a été élevé par une mère célibataire dans le sud.
04:27C'est un surdiplômé, c'est un haut fonctionnaire qui a fait l'ENA, mais qui n'a pas fait
04:31que l'ENA.
04:32Il a fait aussi Harvard, il a fait Normalsup, il est docteur en mathématiques.
04:37Il bluffe tout le monde par ses compétences, par ses qualités.
04:40On parle d'un ordinateur sur pattes, on parle de Mozart de la finance.
04:44Ça a été le directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy à Bercy, du temps des socialistes, dans les années 80.
04:50À Bercy, il a modernisé les marchés financiers.
04:53Et ensuite, il a rejoint une banque d'affaires avant de créer son propre fonds d'investissement, qui s'appelle
04:58Euris.
04:58Et qui va prendre le contrôle de la chaîne bretonne de supermarché Rally en 1991.
05:04Et c'est l'année d'après que Rally fusionne avec Casino, avec l'accord du dirigeant de l'époque,
05:10Antoine Guichard, qui est le petit-fils du fondateur.
05:13Et par la suite, il se crée un lien de confiance entre lui et la famille Guichard.
05:17Oui, 5 ans après son arrivée comme associé, Jean-Charles Nauri est vraiment considéré et apprécié.
05:23Ses relations avec Antoine Guichard sont même quasi filiales.
05:27Il visite des milliers et des milliers de magasins, il apprend les ficelles du métier, il apprend très très vite.
05:32On sent qu'il aime entrer dans le détail, dans les rayons.
05:37Vraiment, il a appris à aimer ce métier d'épicier.
05:39En 1997, Jean-Charles Nauri devient l'actionnaire majoritaire du groupe Casino, avec plus de 50% d'épargne.
05:47Il en prend donc de fait le contrôle et décide alors de le faire grossir en rachetant de nombreuses enseignes.
05:53Oui, effectivement, cette année, Casino met la main sur Franprix et sur Leader Price.
05:57Il aide aussi au rachat de prises uniques par les galeries Lafayette et Monoprix,
06:01en échange d'une participation dans Monoprix et de la possibilité de prendre le contrôle de Monoprix plus tard,
06:06ce qu'il fera quelques années plus tard.
06:09En fait, il rachète toutes ses enseignes parce que lui, qui est docteur en mathématiques,
06:13a fait le calcul qu'en combinant le vieillissement de la population
06:17avec le fait que les clients iraient de moins en moins le samedi
06:20dans les supermarchés de banlieue avec leurs voitures,
06:24cela allait favoriser les formats de proximité.
06:26Et donc, il les développe à outrance et ça va être un succès.
06:30Très vite, en région parisienne, sur la Côte d'Azur ou en région Rhône-Alpes,
06:34le groupe Casino devient incontournable,
06:36notamment dans les centres-villes et dans les petits villages et petits bourgs.
06:41Au cours de l'an 2000, il rachète des parts dans le site de vente en ligne cdiscounts.com.
06:47Odile Plichon, à ce moment-là, Jean-Charles Nahouri est perçu comme quelqu'un de visionnaire.
06:51C'est vrai qu'il parvient à sentir les grandes tendances du moment.
06:54Avec Leader Price, par exemple, il est l'un des premiers à croire et à investir dans le secteur du
06:59discount.
07:00Puis, en 2000, il prend 51% de ses discounts,
07:04un site de vente en ligne qui, à l'époque, ne vend que des cd.
07:07Ce site, il en fera une pépite qui est l'une des rares à concurrencer le géant américain Amazon.
07:12Il est quand même important de noter qu'à partir de ce moment-là,
07:15que ce soit pour ses discounts ou pour les précédentes acquisitions,
07:19toutes ces prises de participation ou de contrôle se font par le biais d'une dette
07:22et que le mur de la dette commence à devenir de plus en plus important.
07:26À partir de 2005, il veut aussi accélérer le déploiement de son groupe de distribution sur les autres continents.
07:32Dans les années 70, le groupe s'était déjà un petit peu essayé à l'international
07:36avec les Etats-Unis et quelques autres pays sur d'autres continents.
07:39Mais c'est effectivement dans les années 90 que cela prend beaucoup d'ampleur,
07:44en Asie d'abord et ensuite en Amérique latine.
07:46Au Brésil, il prendra progressivement le contrôle de GPA,
07:49qui est le numéro un de la distribution dans le pays.
07:52Mais aussi du grossiste Asaï en 2007.
07:55Aujourd'hui, ces magasins de l'Amérique du Sud représentent à peu près 20% du total des magasins du
08:03groupe Casino.
08:04Odile Plichon, en 2013, le groupe est à son apogée.
08:07Quelle est la place de Casino et de toutes ses enseignes dans le quotidien des Français ?
08:11En France, c'est le quatrième distributeur, derrière Leclerc, Carrefour et Intermarché.
08:17Sa caractéristique, c'est vraiment d'être présent sur tous les formats.
08:20Il a beaucoup de petits magasins de proximité,
08:22les Vival, les Spars, qui sont très connus dans les villages.
08:26Il a des géants hyper, des super,
08:28mais il a aussi des formats parisiens ou de centre-ville,
08:31comme les Franprix, les Monoprix et ses discounts.
08:34Il est vraiment incontournable dans la vie des Français.
08:36Et Jean-Charles Nauri est vu à ce moment-là comme un patron redoutable ?
08:40Oui, c'est ce qu'on dit de lui.
08:41En même temps, c'est vrai que les grands capitaines d'industrie
08:43qui ont créé des empires à partir de rien
08:46sont souvent des hommes de coup,
08:48c'est des hommes rudes qui sont âpres à la bataille.
08:51Dans le cas de Nauri, cependant, il y a des rumeurs qui circulent.
08:54Il aurait fait suivre telle personne,
08:56il aurait menacé une analyse financière.
08:58Rien ne sera jamais prouvé.
09:00Mais par exemple, quand on fait un portrait sur lui,
09:03un collaborateur refuse de nous parler au téléphone
09:05parce qu'il a peur d'être écouté,
09:07ce qui est quelque chose d'assez rare.
09:09En tout cas, c'est quelqu'un en tant que patron
09:11qui est, ce que je disais tout à l'heure, extrêmement exigeant,
09:14qui peut appeler ses collaborateurs à toute heure.
09:17C'est quelqu'un qui est capable de les récompenser financièrement,
09:20ça beaucoup me l'ont dit.
09:21En revanche, tout le monde le dit,
09:23il ne faut pas le décevoir.
09:24Si vous le décevez,
09:26la version optimiste est que vous vous retrouvez dans un placard,
09:29mais plusieurs personnes m'ont dit aussi
09:30qu'on pouvait être sorti dans l'heure.
09:32Et tout ça, c'est très important
09:34parce que ça va créer un climat de peur.
09:36Les proches collaborateurs qui l'alertent
09:38sur l'AD du groupe qui est en train de gonfler démesurément
09:41n'ont pas été écoutés, voire ont été écartés.
09:45Deux ans plus tard,
09:46Odile Pichon, en 2015,
09:48le 17 décembre,
09:49un financier britannique publie une note
09:51qui met en doute la santé financière du groupe.
09:54Que dit cette note ?
09:55La société Muddy Waters,
09:57ce qui est assez drôle,
09:58ça signifie « eau trouble »,
09:59publie effectivement une note
10:00qui s'appelle « When a genius fails »,
10:03quand un génie échoue,
10:04et qui met à nu pour la première fois
10:06l'endettement faramineux du distributeur.
10:09La dette,
10:09elle est de plusieurs milliards d'euros
10:11et elle s'est constituée au fur et à mesure
10:14des prises de contrôle et de participation
10:15puisque tout ça,
10:16c'est fait par le biais de la dette.
10:18Après cette note,
10:19Casino devient la cible d'attaques régulières
10:21de la part de ce qu'on appelle
10:22des fonds spéculatifs.
10:24Odile Pichon,
10:25qu'est-ce que ça veut dire ?
10:26Ces fonds spéculatifs,
10:27qu'on peut appeler aussi des fonds vautours parfois,
10:30dont Muddy Waters fait partie,
10:32parient à la baisse
10:33sur le cours d'une société en l'attaquant.
10:35Et comme il décrédibilise cette société,
10:38elle est fragilisée,
10:38le cours de son action baisse,
10:40ce qui pose des problèmes.
10:42Alors à partir de là,
10:43quelle est la priorité du patron de Casino ?
10:45La priorité de Jean-Charles Nauri
10:46à partir de ce moment-là,
10:48ce sera de désendetter le groupe.
10:50Il a deux options.
10:51Soit il cède une partie des biens
10:54de ses actifs ou de ses filiales.
10:56C'est ce qu'il fera régulièrement
10:57durant toutes ces années.
10:59L'autre option,
11:00c'est d'avoir des résultats opérationnels
11:02très importants,
11:03des marges importantes
11:04pour rembourser
11:05et avoir du cash
11:06qui rentre dans la société.
11:08Il va décider de faire ça
11:10en gardant des prix élevés dans les magasins.
11:12Et quelles sont les conséquences
11:13de cette stratégie ?
11:14Concernant la hausse des prix,
11:16historiquement,
11:17les enseignes Casino
11:17ont toujours été chères.
11:18Mais le groupe considérait
11:20que ce n'était pas un problème.
11:22Le souci,
11:23c'est qu'aux ces derniers temps,
11:24des gros compétiteurs
11:26comme Leclerc
11:26ou le discounter Lidl
11:28sont apparus
11:28et ont gagné
11:30des parts de marché
11:31justement parce qu'il faisait gagner
11:33du pouvoir d'achat
11:34aux consommateurs.
11:35En voulant, lui,
11:36s'acharner à en faire rentrer
11:38du cash dans les caisses
11:39en permanence
11:39grâce à ses prix élevés,
11:41Nahori, lui,
11:42il a oublié
11:42qu'il était dans un univers
11:43hautement concurrentiel.
11:44Il a un peu oublié
11:46l'aspect compétitif
11:47dans le monde
11:48de la grande distribution.
11:49En parallèle,
11:50la gouvernance
11:51de Jean-Charles Nahori
11:52est de plus en plus
11:53critiquée en interne.
11:54Oui, car même
11:55s'il s'entoure
11:55d'une armée de communicants,
11:57de banquiers
11:58et d'avocats,
11:59sa gestion du pouvoir
12:00reste très solitaire.
12:01Il accorde sa confiance
12:03au compte-gouttes
12:03et comme on l'a dit,
12:04il n'écoute guère
12:05les critiques internes.
12:07C'est une bouffée d'oxygène
12:09pour Casino.
12:10La justice valide
12:11le plan de sauvegarde
12:13de Ralli,
12:13sa maison mère.
12:14En mai 2019,
12:15Ralli,
12:16la société mère
12:17du groupe Casino
12:18fait l'objet
12:18d'une procédure
12:19de sauvegarde
12:20par le tribunal
12:21de commerce de Paris.
12:22Qu'est-ce que ça signifie ?
12:23A l'époque,
12:24Ralli,
12:25qui effectivement contrôle
12:2651% du groupe Casino,
12:28est écrasé par une dette
12:29énorme de 3,3 milliards d'euros.
12:31Il est donc nécessaire
12:32de placer cette société
12:33sous la protection
12:34du tribunal de commerce
12:35pour trouver une solution.
12:37La société sortira
12:38de cette procédure
12:39de sauvegarde
12:40un an plus tard,
12:41en 2020,
12:42avec un étalement
12:43de ses échéances
12:44et elle s'engage surtout
12:45à se désendetter,
12:46notamment en vendant
12:48une grande partie
12:48d'açaï
12:49qui correspond à une partie
12:50de ses magasins
12:51au Brésil.
12:52Après cette procédure
12:53de sauvegarde,
12:53est-ce que le groupe Casino
12:54arrive à sortir
12:55la tête de l'eau ?
12:56Non, pas franchement.
12:57Après la crise du Covid,
12:58l'inflation alimentaire
13:00fait rage en Europe
13:01et en France,
13:02impactant lourdement
13:03le pouvoir d'achat
13:04des ménages.
13:05Alors que pour gagner
13:06des clients,
13:07les enseignes commencent
13:07à se livrer
13:08à une véritable guerre des prix,
13:10Casino, lui,
13:11continue à faire le choix
13:12de garder des prix élevés,
13:13toujours pour ramener
13:14du cash dans les caisses,
13:16sauf que cette fois,
13:17l'écart de prix est tel
13:18que les clients fuient.
13:20réalisant son erreur
13:21début 2023,
13:22le groupe décide
13:23de faire un virage stratégique
13:24à 180 degrés
13:25puisqu'ils annoncent
13:26à grand renfort de com
13:27une baisse massive
13:28des prix de 10%.
13:30Le souci,
13:31c'est qu'à l'époque,
13:32la différence de prix
13:33entre Casino et de Leclerc
13:34est de 35%.
13:35Donc même en baissant
13:36les prix de 10%,
13:37il reste un écart
13:38de 25%.
13:39Et les consommateurs
13:40ne s'y trompent pas,
13:41ils continuent à fuir
13:42les magasins du groupe Casino.
13:44C'est donc un grand échec commercial.
13:47On en vient à cette année,
13:48le vendredi 26 mai 2023,
13:50le groupe annonce
13:51son entrée
13:52dans une procédure
13:53de conciliation
13:54avec ses créanciers.
13:55En clair,
13:56le groupe cherche
13:57des repreneurs,
13:58c'est ça ?
13:59Oui, car la dette
13:59reste abyssale,
14:00elle est de plus de 6 milliards d'euros
14:02début 2023.
14:04Jean-Charles Nahouri
14:04se résout enfin
14:06à transmettre son groupe
14:07avec une priorité
14:09qui est d'éviter
14:10une vente à la découpe,
14:11c'est-à-dire éviter
14:12que son groupe
14:12ne soit dépecé
14:13morceau par morceau
14:14par les repreneurs.
14:16Il faut rappeler
14:17que lorsqu'il avait repris
14:18les rênes de l'entreprise,
14:19il avait promis
14:20à Antoine Guichard,
14:21le petit-fils du fondateur,
14:22de ne jamais laisser tomber
14:23le siège de Saint-Etienne.
14:25Odile Pichon,
14:25qui sont les candidats
14:26pour reprendre
14:27le groupe Casino ?
14:28Dans la dernière ligne droite,
14:29le duo de milliardaires,
14:30le tchèque Daniel Kretansky
14:32et Marc Ladré
14:33de la Charrière,
14:34qui est donc français,
14:35se retrouvent face
14:36à un trio
14:37qui est composé
14:38du spécialiste
14:39des télécoms
14:40Xavier Niel,
14:41du banquier Mathieu Pigasse
14:42et du distributeur
14:43Mouez-Alexandre Zouary,
14:45qui est le propriétaire
14:46notamment de Picard
14:47et de Stokomanie.
14:48Il est très compliqué
14:49de savoir
14:50ce qui s'est passé
14:50dans les coulisses,
14:51mais il y a eu énormément
14:52de banques d'affaires
14:53sollicitées,
14:54il y a eu énormément
14:54de coups bas,
14:55et à l'issue de tout ça,
14:57le trio décide
14:59de jeter l'éponge.
15:00Ce trio,
15:01donc composé
15:02de Pigasse,
15:03Niel et Zouary,
15:05dira à l'époque
15:06qu'il se demande
15:07si les comptes de Casino
15:08n'ont pas été présentés
15:09de façon trop optimiste.
15:14Le 27 juillet,
15:16un accord est donc
15:16finalement signé
15:17avec ce duo
15:18de repreneurs,
15:19Daniel Kretinsky
15:20et Marc Ladray
15:21de la Charrière.
15:22Odile Pichon,
15:23que prévoit cet accord ?
15:24Le plan à Doubet
15:25par Nouary,
15:26finalement,
15:27prévoit l'apport
15:27d'un 2,2 milliards d'euros
15:29en cash,
15:29ce qui est très important.
15:30Surtout,
15:31les créanciers
15:32acceptent d'effacer
15:335 milliards d'euros
15:34de dettes,
15:35ce qui va permettre
15:35à Casino
15:36de poursuivre son activité.
15:37Mais le groupe
15:38n'est pas pour autant
15:39tiré d'affaires.
15:40Fin novembre,
15:41les nouveaux résultats financiers
15:42que le groupe publie
15:43sont tout bonnement
15:44catastrophiques,
15:45d'où les nouvelles sessions
15:46annoncées d'hypermarchés
15:47et de supermarchés.
15:48Qu'est-ce qu'il doit donc
15:49se passer pour Casino
15:51et toutes ses filiales
15:51dans un avenir proche ?
15:53Pour le moment,
15:54ce qu'on attend de voir,
15:55c'est qui sont les candidats
15:56à la reprise
15:57d'un certain nombre
15:58d'hypermarchés
15:59et de supermarchés.
16:00Auchan a fait alliance
16:01avec Intermarché,
16:02ils sont candidats
16:03pour reprendre
16:04l'ensemble
16:04des magasins.
16:06Lidl serait également intéressé,
16:08on parle également
16:09d'autres distributeurs.
16:10Les syndicats
16:11par rapport
16:12à ces sessions
16:12ont deux peurs.
16:13La première,
16:14c'est que les magasins
16:15qui vont racheter
16:15ceux du groupe Casino
16:17leur proposent
16:18des conditions sociales
16:19moins bonnes,
16:21des salaires moindres,
16:22une moins bonne convention
16:23collective, etc.
16:25Ensuite,
16:25ce que redoutent
16:26certains syndicalistes
16:27aujourd'hui,
16:27c'est qu'ils disent
16:28qu'Intermarché,
16:29qui s'est déjà porté
16:30acquéreur pour un parc
16:32de 60 magasins
16:34début octobre,
16:35n'arrive pas
16:36à trouver des gens
16:37pour diriger ces magasins
16:38et qu'il va peut-être
16:39devoir se séparer
16:40de ces magasins.
16:41Et donc,
16:41la deuxième peur,
16:42c'est que
16:43toutes les sessions
16:44ne se traduisent pas
16:45par des rachats,
16:46mais par des fermetures
16:48de magasins
16:48avec évidemment
16:49de la casse sociale au bout.
16:52Odile Pichon,
16:53on a beaucoup parlé
16:54dans cet épisode
16:54de Côte-Source
16:55du désormais
16:56ex-PDG de Casino,
16:58Jean-Charles Nahouri.
16:59Aujourd'hui,
17:00cet homme d'affaires
17:00a tout perdu ?
17:01En 2014,
17:03il arrive à la 53ème place
17:04de la plus grande fortune
17:06de France
17:06au classement Challenge.
17:07Aujourd'hui,
17:08il ne figure même plus
17:09dans ce palmarès
17:10et pire,
17:11il a même laissé
17:12une partie de ses biens
17:13personnels
17:13à l'occasion
17:14d'une procédure
17:15qui visait
17:15un des holdings
17:16de Casino.
17:17Par ailleurs,
17:18la promesse
17:19qui lui était
17:20chère
17:20qu'il avait faite
17:22à Antoine Guichard
17:23d'éviter une dissolution
17:24du siège
17:24de Saint-Etienne
17:25semble complètement
17:26compromise.
17:28Mais il faut quand même
17:30dire que de même
17:30qu'il a décidé récemment
17:32de repousser
17:32son départ en retraite
17:34pour être présent
17:35et pour accompagner
17:36le passage de relais
17:37avec les repreneurs,
17:38il a également
17:39fait preuve
17:40d'humilité.
17:41Cet été,
17:42il a accordé
17:43une grande interview
17:43dans le Point
17:44et il dit,
17:45je cite,
17:46« J'ai clarifié
17:47dans mon cerveau
17:48le fait que mon cas
17:49personnel n'est rien
17:50au regard des 50 000
17:51salariés concernés
17:52et même 300 000 personnes
17:54si l'on intègre
17:55leur famille.
17:56Certains ont beau
17:57lui avoir reproché
17:58des erreurs,
17:59faites ou supposées,
18:01ils y voient quand même
18:02pas mal de panaches. »
18:11Merci à Odile Plichon.
18:13Cet épisode de Code Source
18:14a été produit par
18:15Raphaël Pueillot
18:16et Clara Garnier-Amourou,
18:18réalisation Julien Mokoukiole.
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18:25sur votre plateforme
18:25d'écoute préférée.
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18:33chaque soir du lundi
18:34au vendredi
18:35et le samedi,
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18:37« Crime Story »,
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18:38Faits divers du Parisien.