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Un accord a finalement été trouvé pendant la 29ème Conférence des Parties sur le Climat (COP29) en Azerbaïdjan mais il est jugé insuffisant face aux enjeux climatiques.

Cet épisode de Code Source est raconté par deux journalistes spécialistes de l’environnement, Frédéric Mouchon et Emilie Torgemen qui co-pilote le service Futurs du Parisien. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : Huffington Post, Le Monde, France TV

#cop29azerbaijan #cop29 #changementclimatique

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La COP29, la conférence sur les changements climatiques, qui s'est achevée le 24 novembre à Bakou,
00:17a été dénoncée comme un fiasco par de nombreux participants et les associations.
00:22Des appels au boycott avaient été lancés avant même son ouverture
00:26et beaucoup de chefs d'État n'ont pas voulu se rendre sur place en raison du pays organisateur cette
00:31année,
00:32l'Azerbaïdjan, un petit État du Caucase, qui tire sa richesse du pétrole et du gaz
00:37et qui refuse de réduire sa production d'énergie non renouvelable.
00:41On retrace l'échec de cette COP29 aujourd'hui dans CodeSource avec deux journalistes du Parisien
00:46qui couvrent les sujets liés à l'environnement et le climat, Émilie Torgemène et Frédéric Mouchon.
00:58Émilie Torgemène, avant de raconter pourquoi cette COP29 a été qualifiée de fiasco
01:02par des dizaines d'États et les organisations environnementales,
01:06rappelez-nous en quelques mots ce qu'est une COP, depuis quand ça existe et ce qu'on y fait
01:11?
01:11Alors, une COP, c'est une conférence des partis.
01:14Les partis, en l'occurrence, ce sont des États.
01:16Il y a plusieurs types de COP.
01:18Celle qui nous intéresse, c'est la COP Climat,
01:20mais il y a aussi la COP Biodiversité et la COP contre la désertification.
01:24Celle qui nous intéresse, elle existe depuis 1995.
01:29Cette année, c'était donc la 29e.
01:30Il y en a tous les ans.
01:32Et en fait, ce qu'on y fait, c'est à la fois très simple et très compliqué.
01:35Des négociateurs qui représentent les États doivent discuter pour voir jusqu'à quel point
01:40ils peuvent atterrir sur un consensus sur des objectifs climatiques.
01:44Et autour de ces gens qui sont le cœur de la COP,
01:47eh bien, il y a des observateurs, des ONG environnementales, des journalistes,
01:52mais aussi des entreprises qui peuvent porter leurs intérêts.
01:55À la fin, l'idée, c'est d'obtenir des accords pour avancer sur des objectifs climatiques.
02:01L'une des COP les plus importantes s'est tenue à Paris en 2015, la COP 21,
02:06qui a abouti à un accord majeur, l'Accord de Paris.
02:09Rappelez-nous en quelques mots ce que c'est.
02:10En fait, l'accord de Paris, ce sont donc ces 198 parties, 197 États plus l'Union européenne,
02:16qui se sont mis d'accord pour rester sous 2 degrés et si possible sous 1,5 degré de réchauffement
02:23par rapport à l'époque pré-industrielle, c'est-à-dire par rapport à la fin du 19e siècle.
02:29En fait, c'est à partir de cet objectif-là que depuis 2015, on est tous en train de discuter.
02:36Frédéric Mouchon, comment sont choisis les pays hôtes de la COP ?
02:39Alors, les Nations Unies ont découpé le monde en 5 groupes de pays.
02:43L'Afrique, l'Asie Pacifique, l'Amérique Latine et les Caraïbes, l'Europe Occidentale et l'Europe Orientale.
02:51Et en fait, à tour de rôle, il y a un roulement et chacun de ces 5 groupes de pays
02:55est choisi pour accueillir une COP.
02:57Il y a généralement un des pays de ce groupe qui se porte candidat.
03:00Il y a eu une élection au sein des pays de ce groupe.
03:03Et l'année dernière, l'élection a porté la candidature de l'Azerbaïdjan.
03:08Est-ce que le pays organisateur, chaque année, dispose de pouvoirs particuliers pendant sa COP ?
03:13Vous êtes un peu le maître de cérémonie quand vous êtes un pays organisateur.
03:16Donc, si vous êtes un bon maître de cérémonie, la cérémonie se passe bien.
03:20Et si vous n'êtes pas bien organisé, si vous avez mal préparé votre cérémonie,
03:24ce qui a semblé être le cas cette année, ça se passe mal.
03:27Donc, en fait, le pays hôte est très important pour mettre de l'huile dans les rouages
03:31et faire en sorte que le dialogue se passe bien entre les différentes parties,
03:35donc tous les pays qui sont réunis à la COP.
03:37En 2022, la COP 27 s'est tenue à Charmelchec, en Égypte.
03:41Et l'an dernier, en 2023, c'était à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, une puissance pétrolière.
03:46Mais cette conférence sur le climat avait tout de même abouti à un accord important.
03:51Lequel ?
03:52Alors, au bout des négociations, le texte final qui avait été adopté à l'Union Limité
03:57mentionnait pour la première fois l'objectif d'une sortie des énergies fossiles,
04:01ce qui était un vrai pas en avant.
04:03Alors, encore une fois, le problème de ces COP, c'est que c'est un objectif affiché.
04:07Maintenant, si les promesses ne sont pas tenues, en fait, c'est juste des paroles en l'air.
04:11Cette année, vous l'avez dit, la conférence sur les changements climatiques
04:13se déroule donc à Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan.
04:16Et des mois avant, les ONG et des États ne cachent pas leur scepticisme.
04:21Pourquoi ?
04:21D'abord parce que l'Azerbaïdjan, ce n'est pas un État comme un autre.
04:25On a beaucoup évoqué les droits humains qui étaient remis en cause dans le pays,
04:29l'invasion du Haut-Karabakh par Bakou et le déplacement de populations arméniennes.
04:33Le fait aussi que ce soit un État pétrolier qui a annoncé vouloir encore développer
04:37ses projets d'énergie fossile.
04:39Et pour ce type de pays, en fait, organiser une COP, il y a un côté valorisant.
04:45C'est-à-dire qu'en fait, ils sont sous l'œil du monde entier pendant 15 jours.
04:48Donc accueillir la COP, ça leur permet de se redorer un peu leur blason à peu de frais.
04:54Émilie Torgemène, avant son ouverture, est-ce que cette COP est considérée comme un événement important cette année ?
04:59Oui, cette COP est très importante.
05:02C'est ce qu'on appelle une COP intermédiaire et donc elle était prévue comme étant une COP un peu
05:06technique
05:07où on allait parler de points pas très sexy, mais important puisqu'elle a été thématisée finance.
05:13Pour être très clair, on va parler en fait de ce que les États les plus riches sont prêts à
05:18mettre comme argent
05:20pour aider les États les plus pauvres à financer leur transition énergétique.
05:24Selon un consensus scientifique, les pays les plus riches devraient donner 1000 milliards de dollars par an
05:29aux pays qui en ont le plus besoin.
05:32Ces pays utiliseraient l'argent d'une part pour sortir du pétrole, par exemple, pour développer les énergies renouvelables
05:37ou aussi pour s'adapter aux risques des catastrophes naturelles.
05:42Donc ça, c'est le consensus scientifique, l'objectif qu'il faudrait atteindre.
05:47Mais pour l'instant, les pays les plus riches ne donnent que 100 milliards de dollars par an, c'est
05:51-à-dire 10 fois moins.
05:521000 milliards de dollars de la part des États les plus riches, c'est beaucoup ?
05:55Non, c'est rien du tout. 1000 milliards de dollars, pour nous, c'est 12 zéros derrière 1, ça paraît
06:00énorme.
06:01En réalité, c'est 1% du PIB mondial.
06:04Et si on rapporte à plus proche de nous, c'est la moitié de l'argent que les Français mettent
06:08sur leur assurance vie.
06:09Donc au niveau global, c'est pas un effort énorme.
06:15Le 3 janvier 2024, le ministre de l'écologie Azeri, qui s'appelle Mouktar Babaïef, est nommé président de la
06:22COP29,
06:23donc qui doit se tenir quelques mois plus tard.
06:25C'est donc lui qui orientera les négociations et son profil pose question.
06:30Oui, son profil pose question parce qu'il a travaillé pendant 16 ans dans la compagnie pétrolière nationale, la State
06:36Oil Company,
06:37donc entre 1994 et 2010.
06:39Et il y a occupé des fonctions aux relations extérieures, puis au marketing,
06:42avant d'en devenir vice-président chargé de l'écologie,
06:46ce qui peut faire sourire quand il s'agit d'une compagnie pétrolière.
06:49En fait, ce qui pose réellement problème, c'est d'organiser une COP sur le climat,
06:53quand on a été soi-même président d'une compagnie pétrolière,
06:56qui plus est dans un pays qui tire 50% de ses recettes du pétrole et du gaz.
07:00Dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 novembre,
07:03Donald Trump remporte l'élection présidentielle aux Etats-Unis.
07:07Et ça, c'est une très mauvaise nouvelle pour les négociateurs à quelques jours de la COP.
07:11Oui, on peut même dire que c'est le pire des scénarios possibles pour plusieurs raisons,
07:15parce que d'abord, Trump est ouvertement climato-sceptique.
07:18On se souvient qu'il avait décidé sous sa présidence de se retirer des accords de Paris sur le climat
07:22et qu'il a promis, là, pendant sa campagne électorale aux Etats-Unis,
07:26de forer, forer, forer, en relançant notamment les projets d'extraction de pétrole et l'exportation de gaz.
07:31Après ce retrait des accords de Paris, d'ailleurs, Joe Biden avait re-signé,
07:35s'était ré-engagé dans les accords de Paris.
07:37Et là, c'est de nouveau un retour en arrière.
07:40Or, on le sait, sans le poids des Etats-Unis dans les négociations sur le climat,
07:43c'est difficile d'emporter l'adhésion des autres gros pays producteurs de pétrole et pollueurs,
07:48notamment la Chine.
07:49Le vendredi 8 novembre, soit à trois jours du début de la COP,
07:53le ministre des Affaires étrangères de la Papouasie-Nouvelle-Guinée,
07:57état insulaire de 10 millions d'habitants au sud-ouest de l'océan Pacifique,
08:01annonce que son pays préfère tout simplement boycotter les négociations.
08:05Pourquoi ?
08:06En fait, il estime que ces COP sont une perte de temps totale.
08:10Il le dit clairement, il dit qu'il en a assez de la rhétorique et du manège
08:13qui a consisté à ne rien faire du tout au cours des trois dernières COP.
08:16Et ce qu'il dit, c'est pourquoi est-ce qu'on dépenserait tout cet argent
08:19pour nous rendre à l'autre bout du monde et participer à ces colloques
08:22qui finalement n'aboutissent pas à des mesures très concrètes
08:25pour des pays comme le sien qui, eux, souffrent du réchauffement climatique.
08:29Par ailleurs, beaucoup de pays ont déjà prévu d'envoyer des délégations
08:32sans leurs représentants de haut niveau, leurs chefs d'État ou leurs ministres.
08:36Oui, déjà, par rapport à ce que représentait l'Azerbaïdjan,
08:40on l'a dit plus tôt, politiquement, diplomatiquement,
08:43ce qui s'était passé au Karabakh.
08:45Donc ça, c'était compliqué pour certains pays de se rendre dans ce pays.
08:49Et par ailleurs, cette COP, elle était considérée par beaucoup de gens
08:52comme une petite COP, une COP un peu technique de transition
08:56avant la conférence climat qui sera organisée l'an prochain au Brésil
08:58et qui constituera, elle, une COP beaucoup plus politique
09:01où là, on risque de retrouver des chefs d'État.
09:03D'ailleurs, Emmanuel Macron lui-même avait prévu de ne pas y aller
09:06alors qu'il s'était rendu auparavant à plusieurs COP d'importance.
09:10Celle-ci, avant même qu'elle ne débute,
09:13le chef de l'État s'est dit qu'il n'irait pas.
09:15Frédéric Mouchon, ici, à la rédaction du Parisien,
09:18avec vos collègues qui couvrent les sujets liés aux enjeux climatiques,
09:21vous avez fait le choix de ne pas y aller.
09:24Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?
09:26On s'était rendu aux trois précédentes COP
09:29et celle-ci, c'est vrai qu'elle avait un peu une odeur de soufre
09:32étant donné le pays qui l'accueillait,
09:34le fait que ce soit de nouveau un État pétrolier.
09:36Ça fait trois ans de suite qu'un État pétrolier accueille la COP.
09:40On se doutait que ce serait une COP qui n'aboutirait pas à grand-chose.
09:43D'ailleurs, avant même que la COP commence,
09:45on a titré « Une COP qui s'enfloppe ».
09:47C'est loin, ça coûte cher.
09:49Par ailleurs, quand on est dans les COP,
09:50c'est en fait dans un grand bâtiment unusien
09:52et une fois qu'on rentre dans le bâtiment,
09:54on ne peut pas vraiment sortir,
09:55on ne fait que suivre les débats.
09:56Et là, ce qui était encore plus compliqué,
10:00c'est que sortir, aller faire des reportages en Azerbaïdjan,
10:02ça nous paraissait assez compliqué.
10:04Donc, on a décidé de la suivre depuis Paris.
10:09Frédéric Mouchon, juste avant la COP,
10:10l'Observatoire européen du changement climatique,
10:13Copernicus, publie des prédictions alarmantes.
10:16Oui, c'est le service d'observation de l'atmosphère
10:19de l'Union européenne
10:20qui observe notamment l'évolution des températures
10:23à la surface du globe.
10:24Et une étude parue juste avant la COP
10:26a montré que l'année 2024
10:28serait quasi certainement la plus chaude
10:30jamais enregistrée.
10:31Et la première, ça c'est important,
10:33avec une hausse de la température moyenne du globe
10:35de 1,5 degré au-dessus de la période pré-industrielle.
10:39Or, ces 1,5 degré,
10:40c'était le seuil à ne pas dépasser
10:43qu'on s'était fixé lors de la COP de Paris.
10:46Et donc, le fait de dépasser ce seuil aujourd'hui
10:48montre qu'en fait, le réchauffement climatique,
10:50lui, se poursuit
10:51au même rythme que les COP
10:53qui, elles, n'avancent pas.
10:54Lui, le réchauffement, il se poursuit, il avance.
10:56Émilie Torgemene, le lundi 11 novembre,
10:58la COP29 s'ouvre donc à Bakou,
11:01la capitale de l'Azerbaïdjan.
11:02Et le lendemain, le président Azeri,
11:05Ilham Aliyev, monte à la tribune
11:07pour prononcer un discours.
11:12Qu'est-ce qu'il dit ?
11:12Il dit, et en fait, il répète
11:14que les énergies fossiles,
11:16à savoir le pétrole et le gaz,
11:18à savoir les énergies qui réchauffent
11:20le plus notre atmosphère, sont, je le cite,
11:22des dons de Dieu.
11:29Cette déclaration, ce n'est pas la première fois
11:31qu'il a faite, mais elle provoque l'effroi,
11:33évidemment, à ce moment-là,
11:34et à l'ouverture de la COP.
11:35Ça donne un peu le ton.
11:37Et un habitué des négociations
11:39qui étaient sur place
11:40nous a confié que même
11:41les négociateurs Azeri,
11:43les négociateurs qui représentent son pays,
11:45étaient véritablement effrayés
11:47par cette annonce.
11:49Dans les premiers jours de cette COP,
11:50les négociateurs parviennent
11:51à s'entendre sur des règles
11:53à appliquer sur le marché carbone.
11:56De quoi est-ce qu'on parle exactement ?
11:57Dans le jargon onusien,
11:58on parle de l'article 6
12:00de l'accord de Paris.
12:01L'idée, c'est que des États
12:03et des entreprises vont pouvoir payer
12:05pour compenser leurs émissions
12:07de gaz à effet de serre
12:08et, en fait, les acheter
12:09à des États ou des pays
12:11qui ont fait mieux
12:12que leurs propres objectifs.
12:14C'est l'article 6
12:15de l'accord de Paris de 2015
12:17et c'est un point
12:18qui était en suspens
12:19depuis 9 ans.
12:20Donc, en effet,
12:21quand en Azerbaïdjan
12:22il y a un accord
12:23dès le premier jour,
12:25eh bien,
12:25la présidence Azeri
12:27se félicite.
12:28C'est très technique
12:29mais c'est un point
12:29qui est avancé.
12:30Par la suite,
12:31les discussions
12:31sur d'autres sujets,
12:32notamment sur l'aide
12:33des pays les plus riches
12:35accordés aux États
12:36les plus pauvres
12:37dont on a parlé,
12:38s'enlisent.
12:39Oui, en fait,
12:40en Azerbaïdjan,
12:40on a vu la fracture
12:42entre les pays les plus riches,
12:44surtout des pays du Nord,
12:45l'Union européenne
12:45et les États-Unis
12:46et les pays les plus vulnérables
12:48qui s'est vraiment aggravé.
12:50Il y a aussi
12:51un troisième groupe
12:52qui est pointé du doigt,
12:54c'est ces pays
12:55anciennement pauvres.
12:56En fait,
12:57des pays qui sont dans la liste
12:58de ceux qui devraient
12:59bénéficier de l'aide
13:00et dedans,
13:01on a la deuxième puissance
13:02économique mondiale
13:02à savoir la Chine.
13:04La Chine ne veut pas
13:05qu'on lui donne de l'argent
13:06mais elle ne veut surtout pas
13:07rentrer dans la liste
13:08des pays développés,
13:10des pays qui sont
13:11historiquement pollueurs
13:12et qui devraient
13:13obligatoirement
13:14contribuer
13:14et aider les autres.
13:16Donc en fait,
13:16il y a plein de points
13:17de crispation
13:18et rien n'avance
13:19pendant toute la première semaine.
13:21Qu'est-ce qui bloque
13:22alors concrètement
13:22dans ces négociations ?
13:24Eh bien,
13:24ce qui bloque,
13:25c'est le contexte international.
13:26Ce qui bloque,
13:27c'est que la COP
13:27n'est pas une bulle
13:28isolée du monde
13:30et en réalité,
13:30une semaine avant
13:31l'ouverture de la COP,
13:32il y a eu aux États-Unis
13:33l'élection de Donald Trump.
13:35Donc les délégués
13:36qui sont à bas coût
13:37ont beau représenter
13:38Joe Biden,
13:39on sait que leur parole
13:40ne vaut rien ou presque.
13:42Trois jours après
13:43le début de la COP,
13:44c'est le président
13:45Javier Mileï,
13:46le président argentin
13:47qui a rappelé
13:48toute sa délégation.
13:50C'était très théâtral,
13:5180 personnes ont dû
13:52rentrer en Argentine.
13:54L'Argentine va peut-être
13:55d'ailleurs être
13:55le premier pays
13:56à sortir de l'accord
13:57de Paris
13:57avant les États-Unis
13:58et beaucoup craignent
14:00en fait un effet domino
14:01qui ferait que ces COP,
14:03ces accords
14:04sur le climat
14:04n'auraient juste
14:05plus aucun sens.
14:09Le vendredi 22 novembre,
14:11à la toute fin
14:12des deux semaines
14:13de négociations
14:13qui étaient prévues
14:14pour cette COP 29,
14:15le président de la conférence
14:17propose un texte d'accord
14:18qui suscite
14:19un énorme tollé.
14:20On attendait ce texte
14:22à midi,
14:22il avait été annoncé,
14:23midi hors local,
14:24il est arrivé à midi
14:25heure de Paris,
14:26ça fait presque trois heures
14:27de retard,
14:28donc ça donne un peu
14:29la difficulté
14:30d'obtenir un texte.
14:31Et ce texte,
14:32il dit que les États
14:34les plus riches
14:35sont prêts à accorder
14:36250 milliards de dollars
14:38pour aider les États
14:40les plus pauvres.
14:41250 milliards,
14:42c'est donc un quart
14:43de la somme réclamée,
14:45donc évidemment
14:46ça provoque un tollé
14:47auprès des États concernés
14:49mais auprès des ONG aussi,
14:51auprès des membres de l'ONU,
14:52bref,
14:52ça ne satisfait pas
14:53beaucoup de monde.
14:54Et donc la COP
14:55ne s'arrête pas ce vendredi
14:56comme c'était prévu,
14:57elle se poursuit,
14:57les négociations se prolongent.
14:59Oui, la COP joue
15:00les prolongations,
15:01alors ça n'est pas
15:02tout à fait inhabituel,
15:03c'était le cas
15:03d'à peu près
15:04toutes les COP précédentes.
15:06Les ONG
15:07essaient de mobiliser,
15:09elles font une petite
15:10manifestation sur le site,
15:12donc dans le stade de Bakou,
15:13sous le slogan
15:14« mieux vaut ne pas avoir d'accord
15:16qu'avoir un mauvais accord ».
15:18Et d'ailleurs,
15:19ça s'est déjà fait,
15:20ça s'était passé à Copenhague
15:21où finalement
15:22tout le monde était rentré
15:22chez soi sans accord.
15:24Mais dans la nuit
15:25du samedi 23
15:26au dimanche 24 novembre,
15:27un accord est finalement scellé.
15:29Racontez-nous ce moment.
15:31Oui,
15:31et il est scellé
15:32au milieu de la nuit,
15:33un tout petit peu
15:34avant 3h du matin,
15:35heure locale.
15:36C'est à ce moment-là
15:37que Mouktar Babaev,
15:38le président de la COP,
15:40tape de son marteau
15:41pour dire
15:42que l'accord est scellé.
15:46Le moment est surréaliste
15:47pour plein de raisons.
15:48Et d'abord parce que
15:48la réunion avait été
15:50convoquée à 20h.
15:51et donc de report en pause,
15:54on arrive à 3h du matin
15:55avec des négociations
15:56qui se font dans les alcoves,
15:58en secret,
15:59les observateurs
16:00n'y comprennent rien.
16:01Et finalement,
16:02à 3h du matin,
16:03la décision,
16:04c'est que 300 milliards
16:06de dollars
16:07vont être accordés
16:08chaque année
16:09pour aider les pays
16:10les plus pauvres
16:11à partir de 2035.
16:12Donc un tout petit peu plus
16:13que les 250 milliards prévus,
16:16mais toujours très en dessous
16:17de ce qui était exigé.
16:19Et le marteau tombe.
16:21Le moment est tellement surréaliste
16:22qu'après le coup du marteau,
16:24la représentante
16:25des délégués indiens,
16:26donc une très grosse
16:27et très importante délégation,
16:29se lève indignée
16:30et dit
16:31« J'avais prévenu
16:32que je voulais parler
16:33avant que le marteau tombe,
16:35avant donc la fin de la COP.
16:36Je ne suis pas d'accord.
16:38Et en fait,
16:38le message, c'est
16:39vous nous avez volé l'accord. »
16:46Cet accord est donc jugé décevant
16:47et à l'arrivée,
16:48beaucoup de participants
16:49ne cachent pas leur amertume.
16:51Après la délégée indienne,
16:52il y a plusieurs représentants
16:54d'État qui s'émeuvent
16:55et qui le font savoir très fort.
16:57Donc à 3h du matin,
16:58toujours dans le stade de Bakou,
17:00on a les États les plus pauvres,
17:01type le Malawi,
17:02qui dit que ce sera
17:03très nettement insuffisant
17:05et que c'est un scandale.
17:06En gros,
17:07que les pollueurs historiques
17:09ne sont pas à la hauteur
17:10de leurs responsabilités.
17:11On a les pays africains
17:13qui disent sensiblement
17:14la même chose
17:15par la voix
17:16du négociateur kényan
17:17qui les représente.
17:19Et puis,
17:19côté européen,
17:20en fait,
17:20on regrette autre chose.
17:22On regrette,
17:23par exemple,
17:23qu'il n'y ait pas eu
17:24d'évolution des listes
17:26des pays débiteurs.
17:27En gros,
17:28que la Chine ne soit pas venue
17:30rejoindre les pays riches
17:31qui pourraient contribuer.
17:33Et autre point,
17:34il n'y a eu aucun mot,
17:35mais zéro,
17:36sur la sortie des fossiles.
17:38Les énergies fossiles,
17:39donc le gaz
17:39et le pétrole essentiellement.
17:41Or,
17:42c'était l'avancée majeure
17:43de la COP précédente.
17:45Et de ce côté-là,
17:46rien n'a été fait,
17:47rien n'a été dit.
17:48Frédéric Mouchon,
17:49la prochaine COP,
17:50la COP30,
17:50doit se tenir l'an prochain,
17:52en 2025,
17:53à Belém,
17:54au Brésil.
17:55Est-ce qu'elle risque
17:56d'être boudée
17:56par de nombreux négociateurs
17:58après ce qu'il s'est passé
17:59à Bakou ?
18:01Non,
18:02je dirais même au contraire.
18:03Je pense que beaucoup
18:04de dirigeants s'y rendront
18:05parce qu'elle intervient
18:07dix ans après
18:08la COP de Paris.
18:09qu'elle sera très politique
18:11et qu'elle se déroulera
18:12à Belém,
18:13qui est la porte d'entrée
18:14de l'Amazonie.
18:15Or, symboliquement,
18:16on le sait,
18:16la forêt amazonienne
18:17est considérée comme
18:18l'un des poumons verts
18:19de la planète.
18:19Et c'est un poumon malade
18:21en raison de la déforestation
18:23qui y règne.
18:24Donc, se rendre à Belém
18:25pour plein de dirigeants,
18:26ce sera une étape
18:28essentielle et cruciale.
18:32Émilie Torgemène,
18:33après cette COP 29,
18:34on serait tenté de penser
18:35que ces grands sommets
18:36organisés chaque année
18:37ne sont finalement
18:39pas très utiles
18:40pour lutter contre
18:40le réchauffement climatique.
18:42Est-ce que c'est vraiment
18:43le cas ?
18:43Cette COP à Bakou
18:45a été un fiasco.
18:47C'est un mot
18:47qui a été très largement répété.
18:49Mais ça n'est peut-être
18:50pas la fin du monde.
18:51Il y aura une COP
18:51l'année prochaine
18:52et l'année suivante.
18:53Et l'année d'encore après,
18:54un certain nombre de chercheurs
18:56estiment que sans ces réunions mondiales,
19:00sans ces grands sommets
19:01où effectivement il y a des États,
19:02certains qui tirent dans un sens,
19:04certains dans d'autres,
19:06où ils sont sous notre œil,
19:08à nous, de médias,
19:10sous l'œil de la société civile,
19:11sous l'œil des ONG.
19:12Eh bien, sans ces COP-là,
19:13on serait sur une trajectoire
19:14de plus 5 degrés,
19:16plus 6 degrés peut-être,
19:17alors que là,
19:18on est déjà tristement
19:20sur une trajectoire
19:21d'environ plus 3 degrés.
19:23C'est déjà un petit mieux.
19:32Merci à Émilie Torgemène
19:33et Frédéric Mouchon.
19:35Cet épisode de Code Source
19:36a été produit par Clara Grousis
19:38et Clara Garnier-Amouroux,
19:40réalisation Pierre Chafanjon.
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20:01du Parisien,
20:02Damien Delsenis.
20:03Et enfin,
20:04si vous voulez nous écrire,
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