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  • il y a 12 heures
Cette jeune femme était jugée à la mi-mars par le tribunal correctionnel de Paris pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de plusieurs crimes ». L’enquête a pu démontrer qu’elle envisageait de s’attaquer avec un sabre à des personnes catholiques de Béziers. Clara Seren-Rosso, journaliste au service police-justice du Parisien, a assisté à l’audience. Pour Code source, elle raconte la dérive d’une adolescente livrée à elle-même, fascinée par l’ultra-violence.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 15 mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné une jeune femme de 21 ans à 2 ans et
00:16demi de prison pour association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de plusieurs crimes.
00:22Elle avait déjà été condamnée à 4 ans par le tribunal pour enfants pour des faits commis quand elle était
00:28encore mineure.
00:29Leïla B avait été arrêtée chez elle à Béziers dans les Raux en 2021.
00:34Déscolarisée, elle vivait recluse depuis 2 ans dans sa chambre.
00:38Elle consignait par écrit des projets d'attentats.
00:41Elle dialoguait sur internet avec des djihadistes.
00:43Et quand elle a été neutralisée, elle semblait préparer l'attaque d'une église proche de chez elle à Béziers.
00:50Codesources prend le temps de revenir sur cette affaire aujourd'hui avec Clara Seren-Rosso du service police-justice du
00:56Parisien.
01:04Clara Seren-Rosso, le mercredi 13 mars, vous êtes au palais de justice de Paris pour suivre le procès de
01:09Leïla Bé.
01:10Cette jeune femme de 21 ans doit être jugée par le tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs terroristes en vue
01:17de la préparation de plusieurs crimes.
01:19Est-ce que vous pouvez d'abord nous la décrire au début de ce procès pour qu'on puisse se
01:23l'imaginer ?
01:24Elle est assez étonnante, Leïla, au début de son procès.
01:27Elle se cache un peu derrière ses longs cheveux bruns.
01:29Elle est complètement mutique.
01:31Elle est aussi complètement engoncée dans une grosse doudoune noire.
01:34En fait, elle fait beaucoup plus jeune que son âge.
01:36C'est une jeune femme de 21 ans qui a l'air d'en faire 17 ans.
01:39Elle a une voix claire, une voix de petite fille.
01:42Elle répond par oui ou par non, mais elle est assez mutique, en fait.
01:46Alors, on va revenir à la fin de ce podcast sur ce procès et raconter comment il s'est terminé.
01:51Mais d'abord, on va rappeler cette affaire.
01:53Clara Seren-Rosso, tout commence au printemps 2021, début avril.
01:57Les autorités françaises reçoivent une information importante en provenance du Maroc.
02:02En fait, le 3 avril, les renseignements français, donc la DGSI,
02:06ils reçoivent un renseignement qui les inquiète.
02:08Il y a un projet d'attentat qui va se faire probablement lors du week-end de Pâques.
02:12Alors, on ne sait pas trop si ça va viser une église à Strasbourg ou à Montpellier.
02:16Mais ce qu'on sait, c'est que c'est une attaque vraiment imminente,
02:19puisqu'une jeune femme discute avec des internautes sur Telegram.
02:23Cette jeune femme, c'est donc Leïla.
02:24Et ce qu'elle veut faire, c'est attaquer des fidèles avec un sabre.
02:28Que fait la justice ?
02:29La justice, elle ouvre une enquête préliminaire le jour même de cette alerte attentat,
02:33parce que là, on est deux jours avant le dimanche de Pâques, donc c'est vraiment imminent.
02:37Cette enquête préliminaire va très vite.
02:39Oui, en fait, ça prend quelques heures.
02:40Son adresse IP, donc l'adresse internet de son ordinateur,
02:44permet de remonter assez facilement à son domicile, donc à Béziers.
02:50Une perquisition est organisée en pleine nuit.
02:52C'est possible en matière de terrorisme, la nuit du samedi 3 au dimanche 4 avril,
02:56à Béziers, donc dans les Raux, dans un appartement du quartier de la Devese.
03:00Les policiers, ils arrivent à 1h55 du matin et ils défoncent la porte.
03:05Alors ça, ça prend quelques minutes.
03:06Et c'est un détail assez important, puisque les enquêteurs, en exploitant le téléphone de Leïla,
03:12ils se rendent compte qu'en 13 secondes, elle a eu le temps d'effacer 4 applications.
03:16Parmi elles, il y avait Instagram ou Telegram, des réseaux sur lesquels elle échangait avec des internautes sur ses projets
03:22d'attentat.
03:22Et en fait, quand ils entrent, ils trouvent Leïla debout dans le hall d'entrée et elle les laisse passer
03:27sans rien dire.
03:29Et dans la chambre de Leïla, les enquêteurs sont surpris par la décoration.
03:34Oui, cette décoration, elle est pour le moins étonnante.
03:36La première chose qu'ils trouvent sur sa table de nuit, c'est un couteau de cuisine de 30 cm
03:40de long.
03:41Ce qu'on trouve aussi sur les murs, c'est des photos qui ont été imprimées par Leïla elle-même
03:45sur du papier glacé.
03:47Alors les photos, c'est la décapitation de Samuel Paty dans un coin, dans un autre coin.
03:51Il y a une photo des tours jumelles du World Trade Center en feu.
03:54Il y a des photos de djihadistes, il y a des photos de la fusillade de Columbine.
03:58Voilà, c'est une décoration très très violente.
04:00On trouve aussi des engins explosifs à moitié terminés, des fils électriques partout.
04:04En fait, c'est une véritable armurerie.
04:06Concrètement, c'était des bombes qu'elle était en train de fabriquer ?
04:08Oui, tout à fait. On se rend compte que le processus de fabrication arrivait à sa fin.
04:11En fait, elle avait scotché des bouteilles entre elles avec des batteries de téléphone.
04:15Il y avait des fils qui dépassaient tout ça.
04:17On se rend compte que c'était quand même sur le point d'être achevé.
04:19Les policiers découvrent aussi plusieurs produits chimiques dans la chambre.
04:22Sur une table au milieu de sa chambre, il y a des bouteilles d'acide sulfurique,
04:27des bouteilles d'éthanol, des bouteilles d'alcool à brûler.
04:30Il y a aussi des petites boulettes d'aluminium qui servent à être incrustées dans les bombes
04:34pour faire un maximum de dégâts.
04:35Il y a aussi des traces au sol.
04:36Oui, il y a une trace au sol de brûlure de 15 cm de diamètre dans sa chambre.
04:41On retrouve les mêmes traces dans son salon.
04:43On retrouve les mêmes traces aussi dans les chambres de ses sœurs.
04:46En fait, c'est le résultat des essais de ces mini-bombes.
04:48Et alors elle, ce qu'elle dit, c'est que c'est les chaises à roulettes qui ont abîmé le
04:52sol.
04:54Leïla a trois sœurs et un petit frère, Clara Seren-Rosso.
04:58À ce moment-là, la jeune femme a 18 ans.
05:00Elle est déscolarisée depuis deux ans.
05:02Et depuis deux ans, justement, elle vit recluse dans sa chambre.
05:06C'est un peu triste, mais sa mère, elle a été auditionnée par les policiers.
05:09Et elle disait qu'elle ne sortait que tous les six mois pour aller aux toilettes, pour se faire à
05:13manger.
05:14Ce qu'on sait, c'est que la mère n'avait pas du tout accès à la chambre de sa
05:17fille, mais qu'elle trouvait que des odeurs un peu étranges émanaient de la porte.
05:22Cette mère, elle a l'air complètement dépassée.
05:24Oui, elle n'a jamais travaillé.
05:26Elle a un état psychologique assez fragile.
05:28En fait, elle a fait de la dépression.
05:29Elle a été hospitalisée aussi en 2018 dans un hôpital psy.
05:32Elle a des épisodes délirants.
05:34En fait, ce qu'on apprend, c'est qu'elle passe ses journées à fumer devant les écrans et que
05:37les enfants se sont un peu gérés tout seuls.
05:39On ne prend pas les repas ensemble.
05:40Chacun fait son truc et Leïla, quand elle a été auditionnée, elle disait qu'elle ne mangeait que des pâtes.
05:45Décrivez-nous l'état de cet appartement.
05:47Alors, les policiers, quand ils sont rentrés dans l'appartement, ils ont dit que c'était épouvantable.
05:52On vit dans une grande précarité dans cet appartement.
05:55Il y a des sacs poubelles partout.
05:56Il y a des casseroles avec des asticots qui grouillent.
05:58Il y a des excréments par terre.
06:00Il y a des graffitis sur les murs avec des insultes.
06:02Voilà, c'est dans un état de saleté assez incroyable.
06:05Le père de Leïla, qui est aussi par ailleurs gravement malade, n'est pas du tout présent dans sa vie.
06:11Ses parents se séparent au moment de l'interpellation.
06:13Mais même avant ça, il y avait beaucoup de bagarres entre les deux.
06:16Lui était alcoolique.
06:17Donc Leïla se réfugiait souvent chez ses grands-parents.
06:21Clara Seren-Rosso, en 2019, les policiers avaient déjà eu affaire à Leïla.
06:26Oui, en fait, ils entrent au domicile familial parce qu'ils vont placer son petit frère.
06:29Donc ils veulent faciliter le placement.
06:31Ils trouvent Leïla avec trois couteaux dans les mains.
06:33Et elle fait très très peur à un fonctionnaire qui était là pour faciliter les choses.
06:37Elle le poursuit dans l'immeuble.
06:38Il est obligé de sortir à l'extérieur tellement il a peur.
06:41Et ce qu'on sait, c'est que les policiers ont fait un rapport en disant qu'ils avaient eu
06:44réellement peur pour leurs collègues.
06:46La même année, en 2019, une collégienne avait aussi fait un signalement visant Leïla
06:49pour des propos qu'elle avait tenus sur Internet, sur Instagram.
06:52Les renseignements, ils ont reçu une alerte de cette collégienne de Clamart
06:56qui discutait sur Instagram via les messages privés avec une jeune femme qui se disait américaine
07:01et qui disait qu'elle voulait mourir.
07:03Mais avant ça, elle voulait tuer quelqu'un.
07:05Et il se trouve en fait que cette jeune femme, c'était Leïla.
07:07Dans le cadre de la perquisition du 4 avril 2021,
07:11les enquêteurs saisissent des carnets de Leïla, des journaux intimes macabres.
07:15La jeune fille est obsédée par la mort.
07:18Oui, on retrouve des cahiers à spirale, comme des sortes de journaux intimes, effectivement,
07:22où elle parle de son amour pour la souffrance des autres.
07:25Alors c'est assez étonnant, on a des listes, des différentes étapes pour décapiter une personne.
07:30Sa grande autre passion, c'est les gens brûlés vifs.
07:33Elle explique à quel point ça lui procure du plaisir, en fait, de regarder des épisodes de mort violente.
07:38Le titre de son tout premier carnet, c'est « Moi, j'aurai votre sang sur mon visage ».
07:43Il y a aussi des dessins dans ces carnets.
07:45Oui, elle dessine plutôt bien Leïla, c'est assez étonnant d'ailleurs.
07:48Par contre, elle ne les utilise pas à très bonnes essences et capacités.
07:52Il y a des dessins d'armes, beaucoup, beaucoup de dessins d'armes en 3D.
07:55Il y a des dessins de bourreaux qui pendent des gens, surtout des personnes noires.
07:59C'est des dessins très, très violents.
08:01Il y a beaucoup d'écrits racistes d'ailleurs aussi dans ces carnets.
08:03Oui, complètement.
08:04Leïla, c'est une adepte des théories néo-nazies et en même temps djihadistes.
08:09Elle ne fait pas de distinction entre les deux.
08:11Donc il y a des dessins avec beaucoup de croix gammées,
08:14beaucoup de personnes noires qui subissent des sévices,
08:16beaucoup, beaucoup de racisme, d'homophobie aussi et d'antisémitisme dans ces dessins.
08:21Autre élément troublant que renferment ces carnets,
08:23ce sont plusieurs schémas de son ancien lycée par exemple ou encore d'une église.
08:28Oui, alors c'est en ouvrant les carnets que les policiers se rendent compte
08:31que le projet d'attentat, il ne visait pas nécessairement une église à Montpellier ou à Strasbourg,
08:36mais bien à Béziers, parce qu'elle, elle habite juste en face de l'église Notre-Dame de la Réconciliation
08:41à Béziers.
08:41Et on trouve un plan assez précis de cette église-là,
08:45avec notamment une mention en plein milieu du dessin qui dit « les gens ici à 17h ».
08:50En fait, c'est l'horaire d'affluence de cette église-là à l'heure du catéchisme
08:54où il y a beaucoup d'enfants dans l'église.
08:56Elle fait la même chose pour les plans de son lycée avec les horaires d'affluence.
09:02Concrètement, elle écrit aussi sur ces possibles projets d'attentat.
09:05Oui, complètement. En fait, c'est loin d'être théorique.
09:08On lit dans son carnet, je cite « Je vais parler de mes plans un petit peu.
09:12Le plan 1, le matin, je vais faire exploser les bombes placées à l'avance.
09:16Je vais descendre un voisin, puis deux autres et peut-être plus.
09:19Le plan 2, il est beaucoup moins sanglant selon elle.
09:22Elle dit « Je vais me rendre chez quelqu'un en particulier
09:25et abattre toute la famille et lui en dernier,
09:27s'assurer de le tuer en dernier pour qu'il voit des trucs horribles avant de crever ».
09:31Pendant sa garde à vue, Leïla confirme aux enquêteurs sa fascination pour la mort
09:35et pour les idéologies mortifères.
09:37Il y a une évolution en fonction des gardes à vue.
09:39Au tout début, elle a du mal à le dire.
09:41Elle dit qu'en fait, c'est plutôt un hobby,
09:43que c'est l'histoire qui l'intéresse, que c'est la guerre.
09:45Et finalement, il y a une garde à vue où elle explique qu'effectivement,
09:47ça la fascine et qu'elle avait vraiment un projet d'attentat.
09:50Ce qui est intéressant, c'est que lors de cette garde à vue-là,
09:52elle ne signe pas sa déposition parce qu'elle se rend compte qu'il va y avoir une portée assez
09:55importante.
09:56Le lendemain, quand même, elle persiste et elle finit par signer.
09:59Elle n'a pas le choix, en fait.
10:00Elle l'a dit et maintenant, c'est trop tard.
10:02Donc là, à demi-mot, elle reconnaît qu'elle avait un vrai projet.
10:04Oui, complètement.
10:05On a un peu l'impression qu'elle ne fait pas exprès de le reconnaître,
10:07mais elle dit aux enquêteurs « Je voulais faire exploser une bombe,
10:10mais je ne savais juste pas quand ni où ».
10:12Clara Serène-Rosso, ce qui apparaît dans l'enquête,
10:15c'est que Leïla échangeait sur Internet avec des djihadistes.
10:18Plusieurs djihadistes, dont un de son âge, qui lui proposait de l'épouser
10:22parce que lui voulait partir en Syrie.
10:24Ses échanges portent surtout sur des demandes d'armes.
10:27Elles demandent à des gens comment est-ce qu'elle va réussir à se procurer une arme.
10:31Elle ne parle pas qu'avec des djihadistes,
10:32elle parle aussi avec des néo-nazis de ses projets d'attentat.
10:36La jeune adulte de 18 ans, donc, fait l'objet de plusieurs expertises psychiatriques.
10:40Que disent les experts à son sujet ?
10:42C'est un peu étonnant.
10:44Les experts ne relèvent aucune maladie psychiatrique la concernant.
10:47Alors, évidemment, il parle d'une personnalité borderline.
10:50On sait qu'elle a une phobie sociale.
10:52On sait qu'elle a un gros, gros manque d'empathie et des carences au niveau des affects.
10:56En fait, elle dit qu'elle n'aime que les chats et sa mère.
10:58Donc, on se rend bien compte qu'il y a un souci et des troubles mentaux,
11:02mais pas de maladie.
11:03Et donc, on ne peut pas parler d'une altération du discernement la concernant.
11:08Clara Seren-Rosso, on en revient à son procès,
11:11qui se tient devant le tribunal correctionnel de Paris du 12 au 15 mars.
11:16Jusqu'à son procès, elle était en détention provisoire.
11:18Elle est dans le box des prévenus.
11:20Quand vous la regardez, vous ressentez quoi ?
11:22Je crois qu'on ne peut pas s'empêcher d'être inquiet.
11:24Moi, j'arrive en avance au procès.
11:26Je suis une des premières à mon sort sur le banc.
11:27Je suis à deux mètres de Leïla.
11:30Elle regarde vide.
11:31En fait, elle me regarde vraiment fixement.
11:32Mais on voit que dans ses yeux, il ne se passe pas grand-chose.
11:35Donc ça, ça fait très peur.
11:36Au début de l'audience, Leïla est interrogée sur son père,
11:39qui était donc gravement malade,
11:40et qui est mort pendant l'enquête,
11:42quand elle était en détention provisoire.
11:44Oui, et ça, la présidente, elle le rappelle en fait au tout début.
11:47Mais c'est des faits qu'elle rappelle.
11:49Et elle ne s'attend pas du tout à ce que Leïla la contredise.
11:51Or, quand elle rappelle ces faits-là, Leïla fait non de la tête.
11:54Alors, la présidente, elle lui demande,
11:55« Qu'est-ce qui vous arrive ? Est-ce que votre père, vous pensez qu'il n'est pas
11:58mort ? »
11:58Leïla, elle continue à dire non.
12:00La présidente lui demande,
12:01« Est-ce que vous pensez qu'il est toujours vivant ? »
12:03Et elle dit oui.
12:04Pendant la plus grande partie de l'audience,
12:06la prévenue ne dit rien, ou presque.
12:08Elle se comporte un peu comme une petite enfant qui boude.
12:11Elle répond par oui, par non, je ne sais pas, je ne sais plus.
12:14C'est très frustrant pour tout le monde.
12:16On a envie de savoir ce qu'il y a dans la tête de cette jeune femme,
12:18et on n'y arrive pas.
12:22À un moment, un après-midi, pendant l'audience,
12:25sa mère vient s'asseoir dans la salle avec les spectateurs.
12:28Oui, alors ça, ça crée l'événement dans la salle.
12:31Leïla, ça a été un mur depuis le début du procès.
12:33Et là, d'un seul coup, sa mère arrive,
12:35elle se tord les mains,
12:36elle gigote dans le box des prévenus,
12:38elle essaye de parler à son avocat,
12:39mais il est trop loin, alors il faut qu'elle se penche.
12:41L'avocat demande une suspension d'audience qui lui est accordée.
12:44Alors elle discute avec sa mère pendant quelques minutes.
12:47Finalement, sa mère décide de s'en aller,
12:49et on ne la reverra plus.
12:50Quelle est la ligne de défense de Leïla et de ses avocats ?
12:53Alors Leïla, elle dit qu'elle a changé de hobby.
12:55Maintenant, ce n'est plus les tueries de masse,
12:57c'est la musique des années 90.
12:58Alors elle n'en dit pas plus, on ne sait pas ce qu'elle écoute.
13:00Le vrai argument, et celui qui est le plus utilisé par ses avocats,
13:04c'est de dire que tout ce qu'elle a fait, c'était pour faire peur.
13:06Elle n'avait pas un réel projet d'attentat.
13:08Ce qu'elle dit en fait à l'audience,
13:10c'est qu'elle attendait qu'on l'arrête
13:12pour la stopper dans ses projets d'attentat.
13:15Le vendredi 15 mars,
13:16le tribunal correctionnel de Paris
13:18condamne Leïla à deux ans et demi de réclusion,
13:21une peine qui s'ajoute aux quatre ans de prison
13:23décidée auparavant par le tribunal pour enfants,
13:26pour les faits qu'elle avait commis quand elle était encore mineure.
13:29Clara Seren-Rosso, le tribunal,
13:31précise avoir pris en compte
13:33la carence matérielle et affective de son enfance,
13:36mais il dit aussi avoir tenu compte
13:38d'événements graves survenus en prison.
13:41Que s'est-il passé en prison ?
13:43En fait, Leïla, elle fait peur à ses co-détenus.
13:45Ce qu'on sait, il y a plusieurs co-détenus
13:47qui ont été entendus,
13:48et c'est qu'elle leur demande tout le temps
13:51« Combien est-ce que je vais prendre
13:52si je tue une personne ? »
13:54« Combien est-ce que je vais prendre en plus
13:55si j'en tue deux ? »
13:56On sait qu'au début,
13:57elle ne sort pas du tout en promenade.
13:58Ensuite, on sait qu'elle compte
13:59ses pas dans la promenade
14:01pour mesurer la cour.
14:02On voit qu'elle regarde assez attentivement
14:04les sorties, les entrées.
14:05Et elle a été surprise par les surveillants
14:07en train de regarder une vidéo d'évasion.
14:09Donc, ce n'est pas très rassurant.
14:10On l'a dit au début de ce podcast,
14:12c'est un renseignement transmis par le Maroc
14:14qui a permis l'interpellation de Leïla.
14:16Est-ce qu'elle était suivie
14:17par le renseignement français ?
14:19Non, Leïla, elle n'était pas du tout fichée S.
14:21On ne la surveillait pas en ligne
14:23ou même en physique.
14:24C'était une jeune femme
14:26qui était passée sous les radars
14:27et qui avait cette passion
14:29pour la mort violente
14:30sans que personne ne le sache,
14:31à part quelques internautes.
14:43Merci à Clara Seren-Rosso.
14:45Cet épisode de Code Source
14:46a été produit par Thibaut Lambert
14:47et Raphaël Pueillot,
14:49réalisé par Pierre Chafonjon.
14:51Code Source, c'est le podcast quotidien
14:53d'actualité du Parisien.
14:55Chaque mercredi, il y a aussi maintenant
14:56Le Sacre, un nouveau podcast du Parisien
14:59consacré à Paris 2024.
15:01Confidence de médaillé d'or olympique
15:03et paralympique au micro d'Anne Lorbonnet.
15:05Et puis, n'oubliez pas Crime Story,
15:07chaque samedi, une grande affaire criminelle
15:08racontée par Claudia Prolongeau
15:10avec Damien Delseny,
15:12le chef du service police-justice du Parisien.
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