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Depuis quelques semaines, Mark Zuckerberg multiplie les annonces et se rapproche du président des Etats-Unis. Pourtant, le patron de Méta n’a pas toujours été un soutien de Donald Trump. Comment expliquer ce virage ? Code Source fait le point avec Loïc Pialat, correspondant pour le Parisien et Radio France, basé à Los Angeles.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France 24, The Guardian

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#trump #zuckerberg #meta

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Fin du fact-checking, la vérification des faits, éloge de l'énergie masculine en entreprise.
00:18Mark Zuckerberg, le patron de Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp notamment,
00:24semble chercher à plaire à Donald Trump.
00:26Le 45e et 47e président américain qui travaille main dans la main avec un autre milliardaire,
00:33l'homme le plus riche du monde, Elon Musk.
00:35Pour essayer de comprendre pourquoi Mark Zuckerberg a fait ses annonces au début du mois de janvier,
00:41on vous résume aujourd'hui son parcours et ses principales actions ou déclarations
00:45concernant la modération des contenus sur ses réseaux et ses principales prises de position politiques.
00:51Cet épisode de CodeSource est raconté par Loïc Pialat, correspondant du Parisien et de Radio France,
00:56à Los Angeles.
01:06Loïc Pialat, le lundi 20 janvier à Washington, Donald Trump est investi 47e président des Etats-Unis
01:12au Capitole devant un parterre d'invités prestigieux.
01:15Et Mark Zuckerberg, le patron de Meta, Facebook, Instagram notamment, est présent à cette cérémonie.
01:21Est-ce que vous pouvez nous le décrire ?
01:23Alors il porte un costume, c'est rare, avec lui, un costume sombre, chemise blanche, cravate bordeaux.
01:28À côté de lui, il y a sa femme, Priscillia Chan, là c'est plus habituel.
01:31Et il y a une petite image virale qui circule aussi ce jour-là,
01:35de son regard furtif sur le décolleté de la femme de Jeff Bezos, juste à côté de lui.
01:39Et c'est une cérémonie à laquelle il participe, mais qu'il a également financée,
01:43puisqu'il a donné un million de dollars pour aider à l'organisation.
01:46D'un mot, est-ce que c'est surprenant de le voir là ?
01:49Six mois plus tôt, quand Donald Trump menaçait de l'envoyer en prison, oui, ça aurait été surprenant.
01:54Là, vu le déroulé des événements depuis l'élection de Donald Trump le 5 novembre, beaucoup moins.
02:02Alors justement, on va voir ensemble comment Mark Zuckerberg a opéré ce revirement ces dernières semaines.
02:08Mais d'abord, on va retracer brièvement son parcours.
02:11Mark Zuckerberg a 40 ans, il est marié, père de trois filles.
02:15Il est né en mai 1984, il grandit à Dobbs Ferry, dans la banlieue de New York.
02:21À l'âge de 10 ans, il est déjà un petit génie de l'informatique.
02:24Oui, on peut parler de prodige, parce qu'on est en 1995, Internet débute et lui, à l'âge de
02:3011 ans seulement,
02:32il trouve le moyen de connecter l'ordinateur de la maison des Zuckerberg à ceux du cabinet de son père,
02:38un dentiste.
02:39Et donc, il crée ce réseau qu'il appelle lui-même ZuckNet.
02:42Il invente aussi un peu plus tard un lecteur de musique qui apprend les goûts musicaux de son utilisateur.
02:48Mark Zuckerberg entre à Harvard, l'université la plus prestigieuse du pays, en 2002.
02:53Sur le campus, il fait parler de lui en créant un site Internet baptisé FaceMash.
03:00Qu'est-ce que c'est ?
03:01Alors, ceux qui ont vu le film Social Network de David Fincher ont une petite idée.
03:05C'est un site qui permet de comparer le physique des étudiants de l'université d'Harvard.
03:11Deux photos, on choisit celui ou celle qui est le plus attirant ou la plus attirante.
03:16Et ces photos sont issues de la base de données des résidences universitaires.
03:20Le site cartonne au point que l'université le ferme parce qu'il bloque, en fait, il entrave le réseau
03:27Internet de Harvard.
03:28Et puis, au-delà de ça, évidemment, il y a beaucoup d'étudiants et d'étudiantes qui sont mécontents que
03:32leurs photos soient utilisées sans leur autorisation.
03:34Et finalement, Mark Zuckerberg abandonne Harvard.
03:37Oui, parce que FaceMash lui donne une certaine réputation.
03:41Et il travaille sur un autre projet de Facebook qui, au départ, est concentré sur le campus d'Harvard, puis
03:47s'élargit aux autres campus universitaires.
03:50Et à mesure que le site grandit, ça devient conciliable avec ses études à Harvard, qui est quand même une
03:55université difficile.
03:57Et il décide, avec les cofondateurs, de déménager à Palo Alto, dans la Silicon Valley, pour donner le plus de
04:05chances au projet, à ce projet de The Facebook, de réussir.
04:10Loïc Piala, on fait un saut dans le temps.
04:12En 2016, Facebook compte plus d'un milliard et demi d'utilisateurs dans le monde.
04:17Et l'entreprise se retrouve sous le feu des critiques, après la victoire surprise de Donald Trump, à la présidentielle
04:24américaine.
04:24Pourquoi ? Qu'est-ce qu'on lui reproche ?
04:25En fait, la Russie a fait tout un travail de propagande, de désinformation autour de ces élections,
04:32en lâchant des informations comme le fait que le pape soutenait Donald Trump, alors que ce n'était pas le
04:37cas.
04:38Et ces informations ont largement circulé sur Facebook, qui est accusé finalement d'avoir propagé cette propagande et cette désinformation,
04:45et d'avoir au moins directement contribué à l'élection de Donald Trump.
04:50Qu'est-ce qu'on reproche d'autre à Facebook à cette période ?
04:53La principale critique, c'est que Facebook laisserait sur sa plateforme proliférer les discours de haine,
04:59notamment à ce moment-là sur le génocide en Birmanie, des discours de haine contre les musulmans.
05:05Et donc on reproche à Facebook de ne pas suffisamment modérer les contenus qui sont publiés sur la plateforme.
05:10L'autre problème qu'on reproche à Facebook, mais aussi plus largement aux réseaux sociaux,
05:16c'est d'affecter la santé mentale des utilisateurs, et particulièrement des plus jeunes.
05:21Comment Marc Duckerberg réagit à ces critiques ?
05:24Alors au départ, il minimise, on va dire.
05:26Il explique que Facebook, c'est de lui donner trop d'influence que d'imaginer que la plateforme peut jouer
05:33ce rôle.
05:33Et puis il finit quand même par céder un peu à la pression.
05:36Et investi dans la modération, il embauche 35 000 personnes chargées de surveiller les contenus,
05:43de suspendre les faux profils, d'être le plus actif.
05:46Il met aussi en place une technologie d'intelligence artificielle pour repérer les comptes problématiques.
05:52Il y a une volonté, au moins affichée, d'agir, de répondre aux préoccupations d'une partie du public.
05:58En mars 2018, deux quotidiens, le New York Times et le journal britannique Le Guardian,
06:02font des révélations sur ce qui sera appelé le scandale Cambridge Analytica.
06:08De quoi il s'agit ?
06:08Cambridge Analytica, c'est une société de marketing britannique.
06:12Et elle est accusée d'avoir siphonné les données de dizaines de millions d'utilisateurs de Facebook,
06:1887 millions d'utilisateurs, pour ensuite cibler ces messages.
06:24Par exemple, pour le Royaume-Uni sur le Brexit, pour les Etats-Unis sur Donald Trump.
06:29Et Facebook est accusée, dans ce scandale, d'avoir finalement travaillé avec Cambridge Analytica.
06:36Il y a même un hashtag qui circule, « Where is Zuckerberg ? »
06:40parce qu'on estime qu'il n'a pas suffisamment été actif dans ce scandale pour tenter d'empêcher cette
06:46opération.
06:47Et à partir de là, Mark Zuckerberg multiplie les excuses.
06:50En clair, il se présente comme un patron qui cherche à réparer sa plateforme, c'est ça ?
06:55Le 10 avril 2018, Mark Zuckerberg est devant le Congrès américain.
06:59Et pour la première fois, il s'excuse clairement.
07:02Il est clair que nous n'avons pas fait assez pour empêcher ces outils de faire du mal.
07:07Cela inclut les fausses informations, l'ingérence étrangère dans les élections et les discours haineux,
07:13tout comme pour les données personnelles.
07:15Nous n'avons pas réalisé correctement notre responsabilité et c'était une grave erreur.
07:20C'était mon erreur. Je suis désolé.
07:24Il reconnaît ses torts finalement et s'engage à refaire de Facebook une plateforme digne de confiance pour ses très
07:35nombreux utilisateurs.
07:37Loïc Piala, en octobre 2019, il est invité à l'université de Georgetown à Washington
07:43et devant les étudiants, il commence à changer de discours. Qu'est-ce qu'il dit ?
07:47Alors déjà, avant cette conférence, il donne une interview au Washington Post
07:51et il a cette expression en disant que oui, il s'inquiète de l'érosion de la vérité à cause
07:57des réseaux sociaux.
07:58Ce terme d'érosion de la vérité.
08:01Et dans le même temps, il explique qu'il n'est pas sûr que les gens aient envie de vivre
08:05dans un monde, dit-il,
08:07où les seules choses qu'on ait le droit de dire sont des choses qui ont été validées par des
08:13entreprises technologiques.
08:15Et ça reflète finalement la difficulté de gérer la liberté d'expression.
08:21Parce que où est-ce qu'on place le curseur ? Qui place ce curseur ?
08:26Et lui ensuite insiste sur le fait qu'il a créé Facebook pour donner une voix aux gens
08:30et qu'il n'a pas envie de bloquer cette voix et que parfois, oui, il y a des problèmes
08:36avec la liberté d'expression
08:38parce que des gens vont dire des choses peu acceptables, mais que c'est finalement le prix à payer.
08:43Et l'autre point qu'il soulève, c'est qu'en période de crise, les sociétés peuvent être tentées de
08:49vouloir limiter la liberté d'expression,
08:53de voir, dit-il, la parole comme un facteur de division.
08:58Mais il insiste derrière, on se rend compte finalement avec le recul que c'est souvent une erreur.
09:04Et donc, en gros, il défend, lui, la liberté d'expression à tout prix.
09:08L'année suivante, en pleine campagne présidentielle américaine, en juin 2020,
09:13une partie des salariés de Facebook se met en grève. Pour quelles raisons ?
09:17Un peu de contexte. On est au printemps 2020 et l'Amérique traverse une crise sociale
09:23quelques jours après la mort de George Floyd, tué par un policier de Minneapolis.
09:29Des manifestations sont quotidiennes à travers le pays pour dénoncer les violences policières,
09:34pour réclamer une égalité, une équité raciale à travers le pays.
09:38Et ces manifestations s'accompagnent parfois de violences ou de destructions ou de vols.
09:45Et donc, c'est dans ce contexte que Donald Trump publie sur Facebook un message dans lequel il dit
09:49« Quand les pillages commencent, les tirs commencent ».
09:52Et c'est une formule qui est très problématique, en tout cas très controversée, polémique,
09:57parce qu'elle vient d'un chef de la police de Miami dans les années 60 au moment de la
10:01lutte pour les droits civiques.
10:03Et que c'est une remarque qui désigne de manière indirecte, mais assez clairement finalement dans l'inconscient collectif,
10:10les Noirs tout simplement.
10:11Et donc, c'est une formule qui pose problème, y compris au sein de Facebook, des employés de Facebook,
10:16qui mettent la pression sur Mark Zuckerberg, parce que ce n'est pas la première formule choc du président américain,
10:23en disant « Quand allons-nous agir ? Quand allons-nous stopper, arrêter de donner à cet homme une telle
10:31plateforme ? »
10:32Et c'est pour cela qu'on a ces grèves organisées.
10:36C'est un moyen de montrer à Mark Zuckerberg le mécontentement des employés.
10:42Le démocrate Joe Biden est élu président des Etats-Unis en novembre,
10:46et début 2021, après l'assaut du Capitole du 6 janvier, Facebook bannit Donald Trump de son réseau social.
10:54Il sera réintégré deux ans plus tard.
10:56Entre-temps, Mark Zuckerberg se confronte régulièrement à l'administration Biden et à l'Union Européenne. Pourquoi ?
11:03Parce que l'administration Biden et l'Union Européenne veulent réguler les plateformes,
11:08pas seulement Facebook, mais Facebook étant la plus grande de ses plateformes.
11:13Elle est forcément particulièrement ciblée.
11:15Et puis il y a ce témoignage d'une ancienne employée de Facebook, une lanceuse d'alerte,
11:21devant le congrès dans lequel elle détaille les méthodes, les techniques utilisées par Facebook
11:26pour rendre accro les gens quelque part à la plateforme.
11:31On pourrait en tout cas faire en sorte qu'ils restent sur Facebook, y compris les plus jeunes.
11:35Et donc c'est une alerte pour les autorités, aux Etats-Unis comme en Europe.
11:39Je crois que les produits de Facebook nuisent aux enfants, attisent les divisions et affaiblissent notre démocratie.
11:45Les dirigeants de l'entreprise savent comment rendre Facebook et Instagram plus sûrs,
11:50mais ils ne feront pas les changements nécessaires, parce qu'ils ont fait passer leur profit astronomique avant les gens.
11:55Avec ces appels réguliers à Facebook pour qu'il y ait une modération, un contrôle plus affirmé des contenus,
12:03peut-être aussi changer certaines méthodes.
12:06Et Mark Zuckerberg, lui, n'est pas forcément d'accord avec cette approche et cette analyse.
12:12La même année, en 2021, Facebook renonce à un projet concernant Instagram, l'entreprise rachetée par Mark Zuckerberg en 2012.
12:20Instagram travaillait depuis des mois sur Instagram Kids, qui serait une plateforme destinée au moins de 13 ans.
12:28Mais puisqu'il y a tout ce discours sur l'addiction que peut déclencher un réseau social,
12:35et avec ce contexte des révélations de la lanceuse d'alerte, Instagram finit par céder
12:40et décide à l'automne 2021 de mettre un terme à son projet.
12:45À la même période, Mark Zuckerberg se met au sport de combat et il se rapproche d'un homme, un
12:51certain Dana White.
12:52Qui est-il ?
12:53C'est le patron de l'UFC, une ligue de arts martiaux mixtes extrêmement populaire.
12:58Lui-même, Dana White, est une personnalité médiatique, reconnaissable avec de larges épaules, son crâne chauve.
13:04Et il est connu également pour son amitié avec Donald Trump.
13:08Donald Trump, lui-même, grand fan de sport de combat.
13:10Et donc oui, Mark Zuckerberg se met notamment au jujitsu à l'approche de la quarantaine.
13:16Il participe même à des compétitions et il s'entraîne avec des athlètes de très haut niveau.
13:21On fait un saut dans le temps de quelques années.
13:23À la fin du mois de novembre 2024, juste après l'élection de Donald Trump face à la démocrate Kamala
13:29Harris,
13:30Mark Zuckerberg se rend dans la résidence du président américain en Floride, à Mar-a-Lago, pour dîner avec lui.
13:41Si on les compare à Elon Musk, autre grande figure de la tech, elles sont très très différentes.
13:47Elon Musk a quasiment sa chambre dédiée à Mar-a-Lago.
13:49Il soutient bec et ongle le président américain depuis l'été et sa tentative d'assassinat.
13:55Mark Zuckerberg, les relations sont beaucoup plus distantes.
13:58Il est même attaqué en justice par Donald Trump qui estime que son bannissement de Facebook en 2021 était injuste.
14:06Il a aussi menacé dans un livre sorti pendant l'été de l'envoyer en prison à vie si jamais
14:11il faisait preuve d'ingérence dans l'élection de 2024.
14:14Il y a une proximité entre Elon Musk et Donald Trump, presque une influence même d'Elon Musk sur Donald
14:21Trump
14:21qui n'existe pas du tout entre Zuckerberg et le nouveau président américain.
14:25Et ce dîner semble changer la donne.
14:27Après cette rencontre, le patron de Meta mobilise une poignée de ses plus proches collaborateurs dans le plus grand secret.
14:34Oui, un petit comité pour décider de faire évoluer les politiques de Meta
14:40pour mieux coller à la vision de la société de Donald Trump
14:45mais également à celle des dizaines de millions d'Américains qui ont voté pour lui.
14:50C'est un petit groupe qui travaille sur une période très courte et surtout qui travaille totalement détaché du reste
14:57des employés de Facebook
14:58qui ne sont pas du tout informés de ces décisions stratégiques fondamentales pour Meta.
15:06Au début de l'année 2025, le 3 janvier, Mark Zuckerberg nomme un républicain nouveau responsable des affaires internationales du
15:14groupe Meta
15:15à la place d'un homme qui était plutôt à gauche.
15:19Cet homme s'appelle Joël Kaplan et il a travaillé dans l'administration Bush de 2000 à 2008.
15:24C'est la voie républicaine au sein de Facebook qu'il a rejoint dès 2011.
15:30Et donc il est promu au poste de responsable des affaires internationales en lieu et place de Nick Clegg
15:36qui lui était un ancien collaborateur de Tony Blair, donc effectivement plutôt marqué à gauche.
15:42Et en plus de cette promotion, Meta nomme à son conseil de surveillance Dana White, dont on vient de parler,
15:49le patron de l'UFC.
15:51Et ces deux décisions peuvent être interprétées comme un message envoyé au nouveau président américain.
16:00Le mardi 7 janvier, Mark Zuckerberg poste une vidéo de lui sur son compte Instagram.
16:05D'abord, comment est-ce qu'il apparaît ?
16:07Il a les cheveux longs et bouclés, ce qui change quand même avec l'image qu'on a eue pendant
16:1115 ans de Mark Zuckerberg
16:13et ses cheveux courts. Il porte un t-shirt large, un t-shirt noir, un collier apparent
16:19et il a même l'air peut-être un petit peu plus massif, plus musclé que dans le passé,
16:25le fruit sans doute des heures qu'il passe à s'entraîner au sport de combat.
16:29Dans cette vidéo, il annonce de gros changements concernant la politique de vérification des informations
16:34sur les différents réseaux du groupe Meta.
16:37Oui, fini les fact-checkers, ces groupes avec lesquels Meta travaillait pour vérifier la véracité
16:43de ce qui était posté sur Facebook ou Instagram.
16:49Parce qu'ils sont, d'après Mark Zuckerberg, devenus trop politisés et le public ne les croit plus.
16:55Donc c'est devenu finalement contre-productif.
16:57Et à la place, Meta décide d'instaurer des community notes, ce que fait déjà un Twitter.
17:03Les community notes, ce sont en fait les internautes qui s'occupent eux-mêmes de dire
17:06ce qui est vrai ou pas, une forme d'autorégulation.
17:10Mark Zuckerberg veut mettre un terme au fact-checking, mais pas à la modération.
17:14Et il annonce le déménagement de ses équipes de modérateurs de la Californie vers le Texas.
17:29Pourquoi ?
17:29Parce que la Californie est perçue aux Etats-Unis, à tort ou à raison, comme un bastion progressiste.
17:36Et que pour une partie des Américains, chaque décision qui serait prise en Californie serait finalement influencée
17:42par cette culture progressiste ou woke.
17:46C'est que donc dans l'idée d'être le plus objectif possible, de ne pas être biaisé dans la
17:52modération,
17:53Mark Zuckerberg veut déplacer ses équipes au Texas, Etat quand même plus ancré à droite que la Californie.
18:00Comment réagissent les salariés de Meta ?
18:02Ceux qu'on entend, en tout cas, ne sont pas contents.
18:06L'un d'entre eux dit qu'il est très inquiet de cette décision.
18:10Il estime que ça envoie un message clair que les faits ne comptent plus.
18:14Un autre estime qu'avec cette décision, Mark Zuckerberg et Meta finalement se déchargent de leur responsabilité,
18:20de leur devoir, celui de créer une plateforme qui soit respectable.
18:25Et d'autres, en fait, tout simplement, regrettent que s'inquiètent de voir une arrivée, une multiplication des contenus racistes
18:32ou transphobes,
18:34un peu comme ce qu'on a observé avec Twitter après le rachat d'Elon Musk.
18:38Concrètement, qu'est-ce qu'on pourra dire ou ne pas dire sur Facebook ou Instagram à partir de maintenant
18:42?
18:43Le changement le plus notable, en tout cas celui qui est signalé avec force par le New York Times,
18:48c'est la possibilité désormais de partager des contenus qui vont taxer une personne transgenre ou homosexuelle de maladies mentales
18:58ou d'anormales.
18:59Et ce sont, explique-t-on du côté de chez Meta, des changements qui collent finalement aux évolutions du pays
19:06lui-même
19:07où 26 États ont imposé des restrictions sur les transitions de genre.
19:13Le vendredi 10 janvier, Mark Zuckerberg est l'invité d'un podcast très suivi aux États-Unis,
19:19celui de Joe Rogan, un partisan et proche de Donald Trump,
19:22qui a déjà tenu des propos complotistes par le passé.
19:26Et pendant ses trois heures d'interview, le patron de Meta fait des déclarations surprenantes.
19:32Oui, il appelle à un peu plus d'énergie masculine dans le monde de l'entreprise.
19:46Il explique que les sociétés ont été castrées et masculées,
19:51et pense qu'une culture qui célébrerait un peu plus l'agressivité ne serait pas forcément un mal.
19:57Ce qui est ironique finalement, c'est qu'en 2023, Meta comptait dans ses rangs, dans ses effectifs, 36%
20:04de femmes.
20:05Donc on n'était pas exactement dans une invasion du sexe féminin au sein de l'entreprise.
20:11Au même moment, une décision prise au siège de Meta en Californie fait beaucoup de bruit.
20:16Oui, Mark Zuckerberg ordonne le retrait des distributeurs de tampons hygiéniques dans les toilettes des hommes,
20:22pour les employés transgenres.
20:24Et cette décision s'accompagne d'autres, notamment la fin de la politique de diversité dans les ressources humaines.
20:32Meta est loin d'être la seule entreprise aux Etats-Unis à le faire, à remettre en cause ce qu
20:37'on appelle ici le DEI,
20:40pour diversité de genre, d'origine, équité et inclusion.
20:50On en revient au début de cet épisode de Codesources.
20:53Le lundi 20 janvier, Mark Zuckerberg participe à l'investiture de Donald Trump à Washington.
20:58Loïc Piala, il est entouré d'autres grands patrons de la tech qui apportent leur soutien au nouveau président.
21:05Les broligarques, c'est comme ça que les appelle une journaliste américaine.
21:09Oligarque, pour le mot qu'on connaît, et bro en référence à la culture de la Silicon Valley.
21:13Bro, on peut traduire ça par mec, et donc on parle souvent de culture bro dans la Silicon Valley.
21:19Parmi ses patrons, Tim Cook d'Apple, Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon,
21:25Elon Musk, bien sûr, soutien très clair de Donald Trump depuis des mois à ce moment-là,
21:30Sundar Pichai, le patron de Google, et donc Mark Zuckerberg.
21:35Ils sont tous là, ils ont tous contribué financièrement à l'organisation de cette cérémonie.
21:40Et ils ont tous intérêt aussi financièrement à se rapprocher du nouveau président américain Donald Trump.
21:45Alors, il y a plusieurs raisons possibles.
21:48D'abord, il semble convaincu, Mark Zuckerberg en tête, que cette administration Trump sera plus favorable au monde de la
21:54tech.
21:55Mark Zuckerberg explique que cette administration est fière de ses entreprises dominantes,
22:00qu'elle va vouloir soutenir la réussite de la technologie à l'américaine.
22:04Il se dit optimiste sur les progrès et l'innovation que cette administration peut enclencher.
22:10On sait aussi que ces entreprises, toutes, font face à un certain degré à des menaces de l'administration américaine,
22:18du gouvernement américain pour leur position de monopole.
22:21Et autre facteur, c'est le besoin en énergie de ces entreprises pour l'intelligence artificielle,
22:28pour le traitement de données.
22:29Ça réclame énormément d'énergie et le président américain s'est largement engagé sur ce secteur.
22:37Loïc Piala, est-ce que Mark Zuckerberg a retourné sa veste ces dernières semaines ?
22:41Ou bien est-ce qu'on assiste finalement à un retour à ses convictions profondes ?
22:45Je ne sais pas si Mark Zuckerberg a des convictions profondes, très honnêtement.
22:48C'est plutôt un libertarien, c'est-à-dire quelqu'un qui veut tenir le gouvernement à distance,
22:52mais qui reste quand même sur des questions de société,
22:55comme l'homosexualité par exemple, plus progressiste qu'un conservateur.
23:00Mais on a eu l'impression sur cette période que Mark Zuckerberg a passé à la tête de Meta,
23:07qu'il allait un peu là où soufflait le vent.
23:09Donc peut-être qu'en 2028, si c'est un président ou une présidente démocrate qui est élue,
23:14et bien Meta changera à nouveau de stratégie.
23:17L'important pour lui, c'est que son entreprise prospère.
23:20Et donc on a l'impression qu'il s'adaptera quoi qu'il arrive à son environnement.
23:37Merci à Loïc Piala.
23:39Cet épisode de Code Source a été produit par Thibault Lambert et Clara Grosys.
23:44Réalisation, Julien Moncouquiol.
23:46Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
23:49N'oubliez pas notre second podcast, Crime Story.
23:53Chaque samedi dans Crime Story, une grande affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
23:57avec Damien Delseny, le chef du service Police Justice du Parisien.
24:02dit que même une du copier de croire.
24:04Je laoundé, mais d'auvecat,
24:04Sous-titrage Société en listing.
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