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Sébastien Simon est arrivé troisième au Vendée Globe, bouclant un tour du monde en solitaire en soixante-sept jours. Le skipper vendéen de 34 ans, qui navigue depuis son enfance, s’est accroché malgré tous les obstacles. Sébastien Simon témoigne au micro de Barbara Gouy.
Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Grouzis et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : TV Vendée, Vendée Globe
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NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Codesource prend le large aujourd'hui avec un podcast sur le Vendée Globe,
00:16cette course autour du monde à la voile et en solitaire.
00:19Témoignage de l'un des skippers engagés, Sébastien Simon, 34 ans.
00:24Il a dû affronter plusieurs avaries, des conditions parfois dantesques
00:28avec des vagues de 10 mètres ou encore la fuite d'une réserve de gazole
00:31qui lui a fait perdre une partie de sa nourriture.
00:34Malgré tout ça, Sébastien Simon a terminé troisième.
00:38Il revient aujourd'hui sur sa course et plus largement sur son parcours,
00:41son apprentissage de la voile grâce à son père, son premier Vendée Globe avorté en 2020,
00:46un grave accident en mer en 2023 qui a failli le laisser paralyser.
00:51Sébastien Simon se confie aujourd'hui dans Codesource au micro de Barbara Gouy.
01:05Sébastien me rejoint dans les locaux du journal alors qu'il est de passage à Paris,
01:09une semaine seulement après avoir terminé le Vendée Globe.
01:13Pour comprendre d'où lui vient sa passion pour la voile, il faut revenir à son enfance.
01:18Sébastien Simon est né le 6 mai 1990.
01:21Lorsqu'il a trois ans, ses parents divorcent.
01:24Il grandit entre sa mère et son père qui habitent tous les deux en Vendée
01:27et c'est un enfant plutôt discret.
01:29Son père habite au Sable d'Olonne et il l'emmène souvent en croisière sur son bateau à voile.
01:38C'était sympa, d'abord on partait en croisière, il y avait ses amis qui se joignaient à nous
01:42et très vite en fait on ne s'est retrouvés que tous les deux.
01:45Donc c'était des croisières d'une semaine, dix jours, ça me paraissait toujours trop court.
01:49Il essayait de me faire barrer et régler le bateau, ce que je n'aimais pas trop quand j'étais
01:53petit.
01:53Je me souviens que souvent il me laissait tout seul à la barre et il partait faire la sieste.
01:58Je me souviens avoir affronté des conditions qui me paraissaient quand même assez osées pour l'époque.
02:03Au départ c'était plutôt l'esprit d'aventure qui m'intéressait, aller dans un port, un autre,
02:08rencontrer des gens, faire les manœuvres, dormir dans le bateau, c'est un environnement exceptionnel pour un gamin.
02:13Et puis très vite en fait c'est la compétition qui m'a vraiment plu.
02:16Sébastien découvre la voile en compétition quand il a 12 ans en 2002.
02:20Cette année-là, les Sables d'Olonne accueillent des courses nationales d'Optimiste
02:24qui est un petit bateau à voile.
02:26On allait tous les étés passer des week-ends dans la maison que mon grand-père a fait construire
02:31dans les années 60 au Sables d'Olonne avec ma grand-mère.
02:33Et on se baladait, on faisait une balade habituelle tous les soirs et tous les midis
02:38entre le port de pêche, le remblai, etc.
02:41Et à un moment on voit ces optimistes rentrer.
02:44Mon père commence à discuter avec des parents de gamins
02:47et moi je commence à regarder l'optimiste, je ne m'imaginais pas trop que c'était comme ça.
02:51Je dis j'aimerais bien essayer.
02:53Et puis voilà, après il était condamné à m'emmener tous les week-ends en régate.
02:56Il fallait toujours être le premier arrivé pour être le premier sur l'eau à l'entraînement,
03:00un bateau près, gré, alors que les autres n'étaient même pas encore arrivés.
03:03Il a dû fabriquer une remorque pour y mettre l'optimiste.
03:07Il a un peu sacrifié tous ses week-ends après, jusqu'à ce que j'ai 15 ans quand même.
03:12Sébastien prend goût à la compétition
03:14et il troque rapidement son optimiste pour de plus grands bateaux à voile.
03:18Il gravit les échelons en faisant des courses départementales, régionales, nationales et ainsi de suite.
03:23Après le lycée, il part faire des études d'ingénieur à Bordeaux
03:26pendant lesquelles il continue à s'entraîner
03:28jusqu'à ce que la voile en compétition devienne son métier en 2014.
03:33Sébastien participe plusieurs fois à la prestigieuse course de la solitaire du Figaro
03:37qui se déroule au large des Côtes françaises et il la gagne en 2018.
03:42En seulement 5 ans, j'accède à une victoire sur la solitaire,
03:45ce qui, au vu du niveau à l'époque, était assez incroyable.
03:49C'est un peu l'aboutissement déjà dans la carrière d'un marin,
03:52donc c'était exceptionnel.
03:55J'en garde des beaux souvenirs, c'est un peu comme gagner le championnat du monde de karting
03:59pour un pilote de Formule 1.
04:00Après, il a le droit d'aller en Formule 1, donc j'en suis très fier.
04:08Le fait de gagner la solitaire du Figaro
04:10lui permet de pouvoir participer aux épreuves qualificatives du Vendée Globe.
04:14J'avais envie d'écrire une histoire avec le Vendée Globe,
04:17qui est une course avec laquelle je suis né quasiment,
04:19puisque la première arrivée a eu lieu quelques mois avant ma naissance.
04:24Donc j'ai vu cette course grandir, j'ai un peu le sentiment qu'elle m'appartient,
04:27je l'ai vu évoluer.
04:28Je rêvais un jour d'en être acteur.
04:31J'ai été spectateur pendant quasiment 30 ans,
04:34donc il m'a toujours apporté beaucoup d'émotions.
04:37C'est une aventure à part entière.
04:39Et aujourd'hui, ça devient une aventure sportive, clairement.
04:41Le Vendée Globe est une course à la voile en solitaire,
04:44sans escale et sans assistance,
04:46qui a lieu tous les 4 ans.
04:48C'est un tour du monde sur une distance de 45 000 km.
04:51Le départ et l'arrivée sont au sable d'Olonne.
04:54Sébastien s'est donc qualifié à l'édition de 2020,
04:57mais à cette période, la France est confinée
04:59et la plupart des événements sont annulés.
05:02On a quand même réussi à faire un Vendée Globe en 2020,
05:04dans des conditions très particulières.
05:06Moi, j'ai pris le départ, je me souviens d'avoir remonté ce chenal
05:10pour aller prendre le départ du Vendée,
05:12avec personne aux abords du chenal.
05:16Donc j'avais un peu le sentiment de me faire voler mon Vendée Globe,
05:18mon premier Vendée Globe,
05:19puisque ce n'est pas le Vendée Globe que je connaissais,
05:21la grande fête populaire.
05:23Il n'y avait pas ces interactions humaines en 2020,
05:25ce qui m'a beaucoup manqué quand même.
05:27En plus, on est parti avec un brouillard un peu bizarre.
05:30C'était une ambiance très particulière quand même.
05:35Le 4 décembre, près d'un mois après le départ,
05:38Sébastien est contraint d'abandonner la course.
05:40J'étais quatrième et malheureusement,
05:42j'ai heurté un objet qui a déchiré ma coque,
05:45qui a causé mon abandon.
05:47Donc je suis rentré en Afrique du Sud,
05:49aux côtés d'Alex Thompson et Samantha Davis à ce moment-là,
05:51et ça a été une grosse déception.
05:54Il n'y avait pas forcément de solution pour réparer.
05:57Les gens ne comprennent pas toujours,
05:59mais des fois, il faut se résigner, c'est comme ça.
06:03Donc ça a été dur, ça a été très dur pour moi.
06:06J'avais quand même mis beaucoup d'énergie au service de ce projet,
06:09et ça ne s'est pas passé comme je l'aurais voulu.
06:11J'avais quand même un sentiment, un goût amer,
06:13parce que j'étais quatrième,
06:16j'avais l'impression d'avoir quand même ma place sur cette course.
06:18Mais bon, voilà, c'est comme ça.
06:23Son sponsor, qui l'accompagnait sur cette course,
06:26le lâche après ce Vendée Globe avorté.
06:28Après des mois à chercher un nouveau sponsor,
06:30le groupe Dubreuil le contacte en mai 2023.
06:34Avec ce nouveau sponsor,
06:35Sébastien se lance dans la Transat Jacques Vabre en 2023,
06:39une course en double entre l'Europe et l'Amérique.
06:42Une fois arrivé en Amérique,
06:44il se rend en Martinique pour faire la Transatlantique retour,
06:47cette fois-ci en solitaire.
06:49C'est la première course qualificative du Vendée Globe.
06:52Je suis en troisième ou quatrième position.
06:54Tout va bien, le pied sur le frein,
06:57puisque l'objectif, il est seulement de se qualifier pour le Vendée.
07:00Et là, je n'ai pas de souvenirs,
07:03parce que j'ai un accident grave
07:05où j'ai une commotion cérébrale du sang partout dans le bateau.
07:09Je suis obligé de me recoudre avec des agrafes le front, tout seul.
07:13Je perds la mémoire, je ne sais pas ce que je fais dans le bateau.
07:16J'ai très très mal au dos à ce moment-là.
07:18Quelques mille avant l'arrivée, je démate,
07:21je le masque, comme quoi un problème n'arrive jamais seul.
07:24Et je remets un mât en place, je finis la course.
07:28J'assure ma qualification Vendée Globe.
07:31Et ensuite, hop, direct à l'hôpital.
07:34Et là, on me dit, mais...
07:36T'es venu à pied, là ? Oui.
07:38T'as conduit une voiture ? Oui.
07:40Ça fait combien de temps que t'es comme ça ?
07:42Dix jours ? Ok.
07:44Et là, ils m'ont allongé, ils m'ont dit, là, tu ne bouges plus.
07:46J'ai passé trois jours allongé à l'hôpital.
07:48Ça a été le moment le plus dur de ma vie parce qu'on était en train de me dire
07:53qu'en gros, j'allais devenir tétraplégique et que c'était quasiment fini, quoi.
07:58Je dis, moi qui refuse souvent l'échec, ça a été très dur à accepter.
08:03Et finalement, ça s'est soldé en trois mois d'immobilisation avec un corset.
08:08Ça a été très dur.
08:09J'ai eu du mal à accepter la situation.
08:11À partir du moment où j'ai fini par l'accepter,
08:15j'ai commencé à penser à la suite, à ma rééducation.
08:18Parce que je savais que quatre mois plus tard, il fallait que je reparte en course
08:22pour faire une transat qui était très importante pour mon partenaire.
08:25J'avais à cœur d'aller au bout des choses.
08:29Alors, j'avoue que les médecins n'étaient pas trop ravis.
08:31J'ai dû me faire accompagner.
08:32J'ai dû avoir la confiance de certains de mes proches
08:35qui sont dans le domaine médical pour avoir toutes les autorisations
08:38pour me permettre de repartir quatre mois après mon accident
08:42et seulement trois semaines après une convalescence prolongée.
08:46Et finalement, c'est une phase de qualification
08:50qui se termine par une quatrième place sur la New York Vendée.
08:53Ça a été un moment fort en émotion, je dois dire, ces quelques mois.
08:58Sébastien se remet de son accident
09:00tout en gardant un seul objectif en tête, participer au Vendée Globe.
09:04Il se prépare avec son équipe.
09:05La préparation a été dense parce qu'il a fallu constituer une équipe.
09:08On n'avait pas d'infrastructure, c'est-à-dire pas de locaux.
09:11Pas un tournevis, on a dû tout acheter.
09:13Et c'est un projet vraiment d'équipe.
09:15C'est-à-dire que si l'équipe ne prépare pas bien le bateau,
09:18je ne sais même pas si je sors du port.
09:20Il faut déjà être cinq pour sortir un bateau comme ça du port.
09:23Donc ça, j'en avais conscience depuis le début.
09:26On ne fait pas les choses tout seul.
09:28Ce n'est pas comme en Figaro, justement, en 2018,
09:30où je ne pouvais compter que sur moi-même.
09:32Là, il faut faire avec une équipe.
09:35Il faut réussir à lui faire confiance.
09:36Il faut faire en sorte que l'équipe y trouve son compte.
09:40Et moi, je suis plutôt du genre à essayer de leur donner confiance.
09:43C'est-à-dire que je déteste quand ils viennent me demander de contrôler un truc.
09:47Moi, la question que je pose plutôt, c'est
09:49est-ce que tu es fier de ce que tu as fait ?
09:50Tu me dis oui ou tu me dis non.
09:52Et puis, si jamais il se passe quelque chose de mal,
09:54je ne suis pas en train de dire qui est le responsable.
09:56C'est plutôt comment est-ce qu'on fait en sorte que ça ne se reproduise pas
09:59et quelles sont les solutions pour qu'on puisse progresser ensemble.
10:04À ce moment-là, l'objectif de Sébastien est clair.
10:06Il espère avant tout terminer la course du Vendée Globe
10:09comme il n'avait pas pu le faire en 2020.
10:11Enfin, le dimanche 10 novembre 2024, c'est le jour du départ.
10:16Voir tout ce monde dans le chenal,
10:20pour voir tous les marins partir autant qu'on est,
10:23c'était une claque énorme.
10:25Un peu d'émotion encore quand j'ai vu certains copains
10:27amasser au bord du chenal qui étaient là depuis 3h du mat'
10:30pour réserver leur place, etc.
10:32Là, j'ai versé encore ma petite larme.
10:34Puis à partir du moment où on passe le phare vert,
10:36donc on sort du chenal, il n'y a plus de bruit.
10:38Le bruit est derrière nous.
10:41Et là, c'est trop bizarre, on a l'impression que tout s'arrête.
10:43Bon ben, on va partir.
10:48Ma crainte, c'était de ne pas réussir à me mettre dans le match tout de suite
10:51parce que l'ascenseur émotionnel est très important à ce moment-là.
10:55Pendant son parcours, Sébastien rencontre de nombreuses complications.
10:58On affronte une grosse, grosse dépression, la plus grosse d'ailleurs de ce Vendée Globe.
11:02Je pense que personne n'a eu des conditions aussi dantesques que les nôtres.
11:05Enfin, que les miennes, parce que moi, j'étais au cœur.
11:07J'ai eu 120 km heure de vent, 10 mètres de mer.
11:1010 mètres, c'est un peu plus que 3 étages.
11:12Et là, j'étais deuxième.
11:14Et en fait, j'ai un de mes bouchons de réservoir de gasoil qui s'est ouvert.
11:18Et ça s'est vidé dans 4 de mes 6 sacs de nourriture.
11:22Donc, j'ai récupéré le gasoil pour le remettre dans le réservoir.
11:25Sauf que toute la nourriture était contaminée.
11:27Parce que le gasoil, c'est une saloperie.
11:30Ça passe partout, ça dissout les sachets, etc.
11:33Donc, du coup, moi qui avais prévu 3000 calories par jour, il m'en restait plus que 1000 quasiment.
11:38Et puis, mon équipe avait caché quelques sucreries ici et là dans le bateau.
11:42Ce qui m'a tenu jusqu'à l'arrivée.
11:44Bien heureusement.
11:46Ensuite, j'ai cassé mon foil.
11:48Ça a mis parcours au milieu de l'océan Indien.
11:51Ces foils, c'est ces espèces d'ailes d'avions qu'on commence à voir sur tous les bateaux aujourd
11:54'hui.
11:54Qui les font vraiment accélérer.
11:56Donc, ça veut dire que le bateau, sur un côté, il est 30, 40, parfois 50% moins rapide que
12:03les autres.
12:04Ce qui était un coup dur alors que j'étais en deuxième position.
12:07Et puis, oui, ça, j'en ai pas parlé.
12:10Mais au milieu du Pacifique, en fait, j'ai perdu le carénage de la partie haute de la quille.
12:14La quille, c'est ce qui permet au bateau de rester toujours à l'endroit, en quelque sorte.
12:17Et le carénage de la partie haute de la quille qui est parti.
12:22Ce qui fait que, en fait, ça peut être très dommageable.
12:25Parce que l'eau peut, du coup, sous pression, venir s'infiltrer par les trappes et rentrer à l'intérieur
12:31du bateau.
12:32Donc, j'ai eu très peur à ce moment-là que ce soit une cause d'abandon.
12:35Plus, j'étais au milieu du Pacifique.
12:36Et finalement, j'ai trouvé les solutions.
12:38Et le bateau était suffisamment bien conçu pour résister aux pressions de l'eau.
12:42Donc, c'est resté étanche jusqu'à l'arrivée.
12:47Sébastien tient bon malgré tout.
12:49Il reste concentré sur son objectif.
12:51Il veut finir le Vendée Globe.
12:54Dans le Vendée Globe, tous les jours, on pense à abandonner.
12:56Tous les jours, on se pose la question « qu'est-ce que je fous là ? »
12:58Tous les jours, on se pose la question « pourquoi je fais ça ? »
13:01Et au final, on arrive à surmonter toutes ces petites difficultés au jour le jour.
13:06Et c'est aussi un peu l'ascenseur émotionnel permanent.
13:10Ça nous rapproche toujours de l'arrivée.
13:13Et on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain, ce qui va nous arriver.
13:16Parce qu'on sait qu'il va y avoir un autre problème demain.
13:19On ne sait pas lequel.
13:20Mais c'est sûr que ça va arriver.
13:22Donc, voilà, il faut faire avec.
13:23Ça fait partie de l'aventure du Vendée Globe, clairement.
13:25Pendant ce Vendée Globe, Sébastien bat également le record de distance parcouru en 24 heures.
13:30Avec 615,33 000, l'unité de mesure en navigation maritime.
13:35Ça correspond environ à 990 km.
13:38Une belle victoire.
13:40Mais trois jours avant son arrivée, il a une nouvelle frayeur.
13:43Les trois derniers jours, j'ai fait 100 moteurs.
13:45Parce que le moteur, en fait, ne nous sert pas à nous propulser.
13:48Mais il sert comme un alternateur de voiture.
13:51En fait, on s'en sert pour recharger la batterie.
13:53Et à la fin, mon moteur ne marchait plus.
13:55Donc, j'ai compté uniquement sur les panneaux solaires
13:58qui nous permettent quand même d'alimenter bien le bateau et de recharger les batteries.
14:02Et les hydrogénérateurs à l'arrière, qui sont des espèces d'éoliennes qui traînent dans l'eau.
14:06Donc, ça m'a suffi pour produire suffitamment, enfin, assez d'énergie pour finir le Vendée Globe.
14:10Comme quoi, voilà, on essaie d'avoir beaucoup de redondance à bord des bateaux
14:15pour jamais être vraiment en difficulté.
14:18Ces derniers jours, juste avant l'arrivée, sont les plus difficiles pour Sébastien.
14:23T'as un décompte qui s'affiche sur l'ordinateur.
14:26Tes routages, donc tes simulations de route, vont jusqu'à l'arrivée.
14:30C'est la première fois que tu vois que tu arrives au Sable d'Olonne.
14:34Et alors que t'étais dans un rythme en mer où tu vis ta vie,
14:39tu vis au rythme du soleil, etc.
14:43Tu manges quand on a envie, tu dors quand tu peux.
14:46Voilà, t'as ce décompte qui est là, bien présent,
14:48et qui te rapproche toujours de l'arrivée.
14:50Tu commences à penser à tes proches et autres.
14:53Et ça, ça commence à être long.
14:55On m'a toujours dit, voilà, savoure ces derniers moments, tout ça.
14:58Donc, j'ai savouré.
14:59Puis, au bout d'un moment, j'ai dit, c'est bon, j'ai savouré.
15:01Maintenant, j'ai envie d'en finir, quoi.
15:03J'ai envie de franchir la ligne d'arrivée, clôturer.
15:06Je me rends compte que je vais être troisième, en tout cas que c'est à portée de main.
15:09Mais bon, tant que la ligne d'arrivée n'est pas franchie,
15:12on ne sait pas ce qui peut arriver.
15:13On se prend d'un pêcheur, le mât qui tombe,
15:17une casse de moteur.
15:18Il peut se passer encore mille choses.
15:20Donc, j'étais un peu stressé à ce moment-là.
15:22Je n'ai pas dormi les deux dernières nuits.
15:24Puis, il faisait très, très froid à ce moment-là, moins de degrés.
15:27Voilà, les dernières nuits ont été difficiles.
15:31On n'a pas entendu le top, mais je sais pas.
15:33Bravo, Sébastien, le groupe qui bregne !
15:35Bravo, Sébastien !
15:37Le 17 janvier, à une heure et demie du matin,
15:41Sébastien arrive au Sable d'Olonne.
15:43Voilà, Sébastien Simon, c'est fait, c'est officiel troisième du groupe.
15:48L'arrivée, c'était assez magique.
15:50Il faisait nuit, j'adore les arrivées de nuit, c'est assez magique.
15:53Moi, j'aime beaucoup.
15:54Je trouve qu'il y a une ambiance très particulière.
15:57D'un coup, t'as beaucoup de bateaux qui arrivent auprès de toi,
16:00qui t'empêchent même de faire tes manœuvres et de te positionner.
16:03T'es obligé de composer un peu avec et tu franchis la ligne d'arrivée.
16:07Ton équipe monte à bord du bateau pour l'arrêter, pour descendre les voiles,
16:12pour, voilà, ils te serrent dans tes bras.
16:14C'est un moment assez unique et magique.
16:18En fait, moi, je me suis assis sur le roof et je ne savais pas trop quoi dire
16:20et quoi faire à ce moment-là.
16:22Je venais de passer 67 jours tout seul et j'étais à la fois content
16:25et je ne savais pas quoi dire, voilà, un peu perturbé.
16:30Et puis après, je suis descendu sur le semi-rigide
16:33pour aller voir tous les bateaux accompagnateurs,
16:37notamment mes partenaires, pour les remercier.
16:39C'était une belle surprise parce que normalement, on ne fait pas trop ça,
16:42mais voilà, j'étais euphorique à ce moment-là.
16:45Ensuite, on a passé la nuit au mouillage dans le bateau avec mon équipe.
16:49Donc, de tout seul, je me suis retrouvé à 10 dans le cockpit du bateau,
16:52donc la zone de manœuvre.
16:53Ils m'ont prévu des petites choses pour faire des raclettes avec des bougies, etc.
16:58J'ai mangé un peu de foie gras, de saumon fumé.
17:00Enfin, c'était vraiment un moment très particulier, assez sympa, glacial,
17:05parce qu'il faisait vraiment froid.
17:07Le lendemain matin, on s'est engagé dans le chenal avec le bateau.
17:10Là, je ne m'attendais à rien, parce qu'à me concernant,
17:13même si je connais toutes les arrivées du Vendée Globe,
17:15je suis quelqu'un d'assez discret.
17:17Donc voilà, et en fait, c'était une arrivée magique.
17:20Il y avait un monde fou sur le chenal pour m'accueillir.
17:23Sébastien Simon, qui, vous le voyez, est en train de communier avec son public,
17:28son public qui est venu en ombre ici, tout le long du chenal.
17:31Il est heureux, heureux de cette troisième place,
17:34parce que oui, même s'il vous l'a dit, dans les dernières vidéos qu'il a pu envoyer,
17:39il est assez fatigué, il ne dort pas depuis quelques jours.
17:42Le sommeil ne veut pas de lui.
17:45Ce dont il rêve le plus depuis longtemps, c'est ce podium,
17:48et ce podium, il l'a enfin.
17:52Sébastien atteint un premier objectif en finissant le Vendée Globe,
17:55en plus tout en étant sur le podium.
17:57Mais son rêve absolu serait de le gagner en 2028.
18:00C'est un gros travail sur soi, je pense que rien n'est garanti, c'est une course à part.
18:04Je pense qu'il faut qu'on travaille très dur pour mettre toutes les chances de notre côté.
18:09Le groupe du Roy va beaucoup nous aider.
18:11Donc on va se donner les moyens de le faire,
18:14on va y mettre toute notre énergie, tout notre cœur,
18:17et puis on va espérer réussir à faire quelque chose de beau.
18:22Il nous reste deux marches à gravir, c'est effectivement l'objectif.
18:26Bien sûr, on ne va pas se le cacher.
18:27Il y en aura d'autres qui vont vouloir le gagner,
18:29donc on va essayer de tirer notre épingle du jeu.
18:33Je pense qu'on peut le faire maintenant, ce n'est pas garanti.
18:53Barbara, son père qui lui a transmis sa passion pour la voile,
18:56j'imagine qu'il est très fier de lui aujourd'hui ?
18:58Oui, il est fier de lui.
18:59Pendant la course, il passait son temps à regarder le classement pour voir où en était son fils,
19:03même quand il se réveillait la nuit.
19:04Et le fait que Sébastien soit arrivé troisième en créant la surprise,
19:08lui, ça ne l'a pas surpris.
19:09Il croit beaucoup en lui depuis qu'il est petit et qu'il l'accompagnait sur ses premières courses.
19:13Alors on l'a compris, Sébastien Simon pense déjà au prochain Vendée Globe,
19:17il commence déjà à travailler sur cette échéance pour dans quatre ans,
19:20il rêve de gagner, on l'a compris.
19:21Sur un plan plus personnel, il s'est fixé un autre défi.
19:25Oui, il prépare avec ses amis un Ironman qui est un des plus longs triathlons.
19:29Il me dit que pour le coup, c'est un défi très personnel,
19:31c'est une façon pour lui d'explorer ses limites.
19:33Il ne le fait pas pour se comparer aux autres, mais pour se dépasser lui-même.
19:37Il y a deux ans, il avait fait un Alpha Ironman,
19:39c'est la moitié d'un Ironman, ça fait 70 kilomètres.
19:42Il l'avait fait en 4h40 et il a apprécié le fait de participer à un événement sportif
19:46qui n'était pas de la voile.
19:47C'était la première fois pour lui,
19:49mais il insiste vraiment sur le fait que c'est qu'un défi personnel
19:52et qu'il veut rester concentré sur le Vendée Globe 2028.
19:55Merci Barbara Gouy.
19:57Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Grosys et Thibault Lambert,
20:01réalisé par Julien Moncoucciol.
20:03Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
20:06N'hésitez pas à laisser un commentaire ou des petites étoiles
20:09sur votre application audio préférée.
20:11Et puis on vous invite également à écouter le second podcast du Parisien,
20:15Crime Story.
20:16Chaque samedi matin dans Crime Story, une nouvelle affaire criminelle,
20:19racontée par Claudia Prolongeau et Damien Delsenis,
20:22le chef du service Police Justice du Parisien.
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