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Après une récompense aux Golden Globes, un César et l’Oscar 2025 de la meilleure chanson, la chanteuse et le compositeur reviennent sur leur folle épopée avec le film de Jacques Audiard. Dans cet épisode long-format de Code source, Camille et Clément Ducol reviennent sur leurs parcours et l’aventure « Emilia Pérez » avec Jules Lavie et Emmanuel Marolle, chef du service culture du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network, Camille
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Épisode exceptionnel de Codesource, c'est rarement le cas mais nous avons des invités.
00:16Aujourd'hui, invités prestigieux, la chanteuse Camille et le compositeur Clément Ducol, son compagnon.
00:22Ils ont tous les deux signé la bande originale du film musical de Jacques Audiard, Emilia Perez.
00:27Ils rentrent de Los Angeles où ils ont remporté le 2 mars l'Oscar de la meilleure chanson originale pour
00:33El Mal.
00:34Ils avaient déjà reçu un César et un Golden Globe.
00:38Camille et Clément Ducol reviennent sur leur parcours et sur l'aventure Emilia Perez.
00:43Un entretien mené avec Emmanuel Maroll, le chef du service culture du Parisien.
00:50Merci beaucoup à tous les deux d'avoir accepté notre invitation.
00:54On est très heureux de vous recevoir tous les deux dans Codesource.
00:56D'abord, comment vous vous sentez aujourd'hui de retour en France avec cet Oscar ?
01:02Moi j'ai quand même la joie au cœur.
01:04Oui, moi aussi je me sens joyeux.
01:06Très joyeux.
01:07Très festif, très envie de partage.
01:10Et une fierté aussi.
01:11Une pression qui retombe aussi, j'imagine ?
01:13Oui, ça tombe très très vite.
01:15C'est tombé même le soir des Oscars.
01:17Tout de suite après j'ai senti une sorte de descente.
01:19J'ai amorcé une descente assez intense.
01:23Camille, vous chantez Emilia.
01:25Six titres piano-voix disponibles sur toutes les plateformes.
01:28Avec vous, Clément Ducol au piano.
01:29On va y revenir, mais d'abord dans ce podcast, on va revenir sur votre parcours à tous les deux.
01:34Parcours qui vous a amené à cet Oscar.
01:36Et avec nous, il y a Emmanuel Maroll qui dirige le service culture du Parisien.
01:40Et qui vous suit, Camille, depuis 20 ans, depuis votre album Le Fil.
01:44Emmanuel, rappelez-nous pourquoi cet album Le Fil a autant marqué les esprits.
01:48C'était un disque totalement audacieux, libre, comme on en avait rarement entendu à l'époque.
01:56Lève-toi, c'est décidé, laisse-moi te remplacer, je vais prendre ta douleur.
02:03On avait l'impression qu'avec Le Fil, Camille réinventait complètement la chanson.
02:09Qu'elle cassait complètement des codes qu'on pouvait connaître de la chanson française ou de la variété française.
02:16Elle lutte, elle se débat, mais ne résistera pas.
02:19Je vais bloquer l'ascenseur, je vais prendre ta douleur.
02:25Il y avait quelque chose de très libre.
02:28C'était un album pour moi en liberté, véritablement, et imprudent.
02:32Je dis imprudent parce que j'ai un souvenir particulier de cet album au moment d'un prix qui s
02:37'appelait le prix Constantin,
02:38que Camille a eu à l'époque.
02:39J'étais dans le jury, composé de journalistes.
02:42Le prix Constantin récompensait un album d'un ou d'une jeune artiste.
02:46Et le président du jury, c'était Alain Bachung.
02:48Je ne sais pas si tu es au courant de ça, Camille.
02:51Et en fait, il y a eu des discussions pendant le jury.
02:53Il y avait quelques albums comme ça qui ressortaient, dont Le Fil.
02:56Et je me souviens très bien qu'Alain Bachung a complètement plié le match, si on peut dire, dans les
03:01discussions.
03:02Il a dit, pour moi, il y a un album, de toute façon, qui forcément doit avoir le prix.
03:06Camille, c'est Le Fil de Camille, parce que c'est un disque imprudent.
03:09Et dans la musique, il faut être imprudent.
03:11Je ne sais pas si tu as eu vent de ça à l'époque, Camille.
03:14Je n'ai pas eu vent de ce mot, que je trouve très très joli, très bien trouvé.
03:18Je cultive l'inconscience, l'innocence.
03:21L'imprudence, ça veut dire qu'on sait qu'il y a des dangers.
03:24Et je crois que moi, j'aime bien me dire, j'y vais sans penser aux dangers.
03:28Mais je trouve ça très très beau.
03:30Ça me parle, imprudence.
03:40C'est un disque presque expérimental, parce qu'il y a une note qui reste tout au long du disque,
03:47un si.
03:48Et pourtant, il s'est vendu à, je crois, 400 000 ou 500 000 exemplaires.
03:52C'est fou comme succès.
03:53Oui, d'ailleurs, cette note tenue, je crois que c'était ça, ma sécurité.
03:57C'est comme le fil sur lequel tu fais de l'acrobatie, de l'équilibrisme.
04:02Et donc, dans l'imprudence, il faut toujours s'assurer un filet à soi-même, en fait.
04:08Se l'inventer, ce filet, cet endroit où on revient et autour duquel on joue.
04:12C'était très instinctif aussi, comme disque.
04:15C'est qu'il y avait beaucoup de travail sur la voix, sur les voix.
04:18Il y avait peu d'instruments.
04:20Je ne sais pas comment tu percevais ça, l'accueil qui a été dithyrambique pour le disque à l'époque.
04:24Je percevais ça comme un écho dans le monde.
04:27Pour moi, ce disque, c'était un manifeste de mon être au monde.
04:30Comment j'entends la musique, comment je l'interprète.
04:33Ça m'a donné l'impression, enfin, ce n'est pas une impression, le sentiment d'exister au monde, donc
04:39de naître au monde.
04:40Comment est-ce que vous aviez commencé à chanter, au tout départ ?
04:46Instinctivement.
04:46Je crois que j'ai toujours aimé la sensation des sons dans la bouche, dans le corps, jouer avec ça.
04:54Et puis, j'ai tout de suite aimé les rythmes et chanter et danser très petite.
04:57J'ai des souvenirs très, très anciens.
04:58J'ai une voix de soprano et quand j'étais petite, je me souviens, j'aimais bien jouer dans les
05:02hauteurs.
05:20Clément Ducol, vous êtes un enfant de la balle, votre papa était compositeur, vous avez une formation de musique classique.
05:25Racontez-nous, vous, comment est né votre amour de la musique ?
05:29Moi, comme vous l'avez dit, j'étais sur les genoux de mon père, qui était compositeur de musique contemporaine
05:34et professeur au CNSM de Paris.
05:36En fait, moi, quand j'étais petit, comme ma soeur faisait aussi de la musique et ma mère est musicienne
05:40aussi, je pensais naïvement que le monde entier était musicien.
05:44Je pensais vraiment que tout le monde faisait de la musique.
05:46C'était la norme, c'était normal.
05:47J'ai cru ça très longtemps, jusqu'à à peu près mes 11 ans, je pense.
05:52C'est en observant le boulanger dans ma rue, que j'aimais beaucoup, et qui un jour m'a dit,
05:58mais moi, je ne sais pas faire de musique.
05:59Toi, tu sais faire des instruments, moi, je ne sais pas.
06:01J'ai dit, ah bon, mais comment c'est possible ?
06:04Là, j'ai compris qu'il y avait des gens qui faisaient d'autres métiers, ou en tout cas, qui
06:08ne savaient pas forcément faire de musique.
06:11Et j'ai dit ça à ma mère, à cet âge-là, elle était très inquiète.
06:14Il m'a dit, non, mais si tu veux, tu peux faire d'autres choses.
06:16J'ai juste compris que moi, je suis musicien, en fait.
06:21C'est à cet âge-là que j'ai réalisé que moi, j'étais un petit musicien, et que ça
06:25devait être mon rôle dans cette société.
06:28Camille, Clément Ducol, vous travaillez ensemble, et vous vivez ensemble.
06:31Vous avez deux enfants, un garçon, Marius, né en 2010, et une fille, Lila, née en 2013.
06:37Racontez-nous comment vous vous êtes rencontrés.
06:39C'était pendant un casting, c'est ça ?
06:41Un casting ? Ah, une audition.
06:43J'ai orchestré, on m'a rencontré avec Clément.
06:46Non, ça c'est une vision rétrospective.
06:48C'était une audition pour ma tournée Music Hall.
06:52C'était ma troisième tournée, et je cherchais des body percussionists,
06:57des personnes pratiquant les percussions corporelles.
07:00Percussions corporelles, d'accord.
07:01Et qui puissent faire des percussions corporelles et chanter en même temps.
07:07Et du coup, quand vous avez auditionné Clément Ducol, vous avez flashé sur lui tout de suite ?
07:12J'ai constaté son talent.
07:14Il ne s'agissait pas de coup de foudre amoureux à cette époque.
07:18C'était un coup de foudre musical.
07:20Je me suis dit, waouh, c'est la personne que je cherche pour ce rôle sur scène.
07:24Et du coup, à quel moment ça a basculé ensuite ?
07:27Clément Ducol.
07:28Moi, j'ai fait toute la fin de la tournée, mais j'étais très professionnel.
07:31À aucun moment, j'ai montré quoi que ce soit.
07:33C'était quand même ma patronne, quoi.
07:35Il était derrière moi sur scène, donc je ne pouvais pas voir.
07:38Et puis, quand même, la dernière date, c'était à Sydney, au Sydney Festival.
07:43Et je me suis juste dit, bon, c'est la dernière fois que je la vois, potentiellement.
07:47Donc, je vais au moins lui partager tout le bonheur que j'ai ressenti à être à ses côtés pendant
07:52ces quelques mois, quoi.
07:53Vous étiez déjà amoureux ?
07:54Oui, en creux, quoi.
07:57C'est-à-dire que...
07:58C'est-à-dire ?
08:00Non, mais en creux, dans la mesure où je ne pouvais pas l'assumer.
08:02Je ne pouvais pas complètement l'assumer.
08:04Mais à ce moment-là, je me suis dit, je vais au moins lui partager le bonheur que j'ai
08:07eu avec elle, à ses côtés, musicalement.
08:11C'est ce que j'ai réussi à exprimer à la fin du dernier concert.
08:13On était sur une plage à Bondy Beach, à Sydney, avec toute l'équipe.
08:16C'est là que les choses ont tourné, à mon avantage.
08:21Et au sien, peut-être aussi.
08:35Emmanuel Marolle, vous avez vu Clément Ducol sur scène avec Camille à ce moment-là, donc pendant cette tournée Music
08:41Hall.
08:42C'était en 2008 et c'était en Angleterre.
08:44Le fait que cet album soit avant tout en anglais avait permis à Camille d'aller faire une tournée internationale
08:50et dans des pays anglo-saxons.
08:51Et effectivement, ce qui m'avait vachement frappé à l'époque, et j'en avais parlé avec des journalistes anglais,
08:56c'est que souvent, les artistes français qui vont jouer à l'étranger, il y a beaucoup d'expatriés.
09:01Enfin, je ne sais pas comment vous le ressentiez dans la salle, mais il y avait beaucoup d'anglais aussi
09:04qui étaient là.
09:05Et essentiellement des anglais qui avaient lu des papiers sur l'album, sur Camille,
09:10et sur le fait que cette chanteuse française arrivait avec quelque chose, certes en anglais, mais de très très singulier,
09:16que les anglo-saxons ne savaient pas faire.
09:17Et donc, le concert était très très spectaculaire.
09:20Et toute la tournée a été comme ça.
09:22Beaucoup plus spectaculaire que ce qu'on avait vu sur la tournée du Phil.
09:24C'est-à-dire qu'il y avait un groupe qui était avant tout composé de musiciens comme Clément,
09:30c'est-à-dire qui faisaient des percussions corporelles, qui se tapaient sur le low-core, le torse, qui tapaient
09:34avec les pieds,
09:35qui multipliaient les cœurs derrière Camille.
09:39Il y avait un piano, si je me souviens bien.
09:41Je me disais, qu'est-ce que ça va donner sur les grandes scènes, les grandes scènes de festival.
09:44Et je me souviens d'un concert absolument dingue au Vieille Charrue, l'été suivant, où là c'était devant
09:5160 000 personnes.
09:52Et le côté très épuré de la formation sur scène, c'est-à-dire très peu d'instruments et avant
09:57tout des voix et des percussions corporelles,
10:00c'est-à-dire la puissance physique de la musique, là, résonnait de manière hallucinante en plein air, comme ça,
10:06devant un très très gros public.
10:08Je ne sais pas comment vous l'avez vécu, tout ça, ces moments très différents, c'est-à-dire à
10:12la fois des théâtres et en même temps des scènes de festival totalement immenses.
10:16Moi, c'est ce que je préfère dans mon métier.
10:19C'est cette variété des théâtres plus grands, des clubs et puis des grands festivals, avec un public qui me
10:25connaît, un public qui ne me connaît pas, avec ce challenge.
10:28Et puis à ciel ouvert, parfois en plein jour, donc pas du tout dans une salle obscure.
10:33C'est physique, quoi.
10:34Moi, j'adore ça, j'ai l'impression d'être navigatrice.
10:37Clément Ducoyle, vous, vous êtes compositeur, arrangeur, orchestrateur.
10:40Vous travaillez avec de nombreux artistes, donc comme Camille, bien sûr, mais aussi Vianney, Vincent Delerme, Alain Souchon, la liste
10:47est vraiment très longue.
10:48Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la musique, c'est quoi votre travail quand vous êtes sur un
10:51album ?
10:53Il y a une image que j'aime bien, c'est peut-être la coucheur, celui qui aide l'artiste
10:59dans sa création intime,
11:02qui l'aide à se séparer d'une certaine manière de son oeuvre, pour la partager avec le monde.
11:07C'est un endroit très intime, c'est un endroit où on est face à quelqu'un qui est en
11:11pleine création.
11:11Et donc, il faut être là à la fois pour l'aider musicalement, donc exister quand même à travers ça,
11:17en tant qu'arrangeur,
11:18donc apporter des touches de couleurs, mais savoir suffisamment s'effacer pour, en tout cas, avoir un égo suffisamment présent,
11:27mais en même temps pas trop, pour que cette oeuvre soit la plus belle possible, qu'elle nous dépasse un
11:33peu,
11:33et aider le créateur à s'en défaire et à la partager.
11:38Concrètement, ça varie. Par exemple, Camille, elle fait des choses beaucoup dans son dictaphone,
11:43donc des fois il y a une voix seule, des fois il y a une voix avec un petit piano.
11:52Comme vous le voyez, il y a une chose de très harmonieux.
11:55Et là tu te dis, il y a du boulot, et là je te dis bon, voilà.
11:59Ça peut être des choses très brutes, et moi souvent j'aime bien parce qu'on parle de quelque chose
12:02de très brut,
12:03et on va façonner comme une petite maison à partir de ça, en se disant,
12:06tiens on va tâtonner
12:07et puis parfois au contraire il y a des artistes qui arrivent avec des choses
12:10très construites, très écrites
12:11très blindées parce qu'il y a aussi une peur
12:13de perdre le contrôle et donc là
12:15mon travail va être plutôt l'inverse d'essayer de découdre
12:18un peu pour être plus dans quelque chose
12:20d'ouvert. Moi ce que j'aime
12:22c'est l'expérimentation et là dessus
12:24on se retrouve beaucoup avec Camille
12:25je sens que tous les deux on est
12:28explorateurs du son, explorateurs
12:30dans la vie globalement, on aime
12:32l'aventure, on aime les choses nouvelles
12:33Et quand vous travaillez ensemble comment ça se passe
12:35si vous n'êtes pas d'accord par exemple qu'il y a le dernier mot
12:38On vient de
12:40territoires très différents musicalement
12:42moi je suis bourré de théorie
12:44si je puis dire, et Camille
12:45est une musicienne d'instinct, on apprend beaucoup
12:48l'un l'autre, moi je suis sorti du conservatoire
12:50avec une volonté
12:51de désapprendre ou en tout cas de mettre
12:53ma théorie au service de quelque chose
12:56qui est plus de l'ordre émotionnel
12:58vraiment d'aller chercher
13:00au fond de moi pourquoi je fais tout ça
13:02maintenant, pourquoi j'ai tout ce bagage
13:04à quoi il va servir
13:05à raconter une histoire, à raconter des émotions
13:07à raconter ce que je ressens
13:08et Camille, vraiment
13:11vous en parliez tout à l'heure sur le fil
13:13et sur le terme
13:16imprudence
13:18moi j'étais bourré de prudence
13:20quand on est bourré de théorie on a plein de prudence
13:22et donc Camille m'a vraiment aidé à déconstruire complètement les codes
13:26et à me rendre compte qu'à travers tout ça
13:28il y avait un champ de possibles extraordinaire
13:40on en revient à l'aventure
13:42Emilia Pérez
13:42au départ Clément Ducol c'est vous en novembre 2019
13:46qui recevez un SMS pour ce travail
13:49composer la musique du prochain film de Jacques Audiard
13:51qui va s'appeler Emilia Pérez
13:53l'histoire d'une avocate qui aide un baron de la drogue à changer de genre
13:57une sorte de polar musical inclassable
14:00et Clément Ducol très vite
14:01vous avez associé Camille à ce travail
14:04comment ça s'est passé vraiment le tout départ ?
14:06oui effectivement donc au début j'ai reçu ce SMS de Jacques Audiard
14:09et le SMS c'était bonjour je m'appelle Jacques Audiard
14:11je suis réalisateur de films
14:14je m'apprête à faire
14:15j'ai fait un traitement
14:17que j'aimerais fabriquer en opéra
14:20ou en comédie musicale
14:22est-ce que ça peut vous intéresser ?
14:23si c'est le cas prenons un café
14:24traitement donc une vingtaine, une trentaine de pages
14:26qui racontent l'histoire
14:27une sorte de petite nouvelle
14:29je prends un café
14:29et ce qui est très agréable avec Jacques Audiard
14:32c'est que pas une seconde il me demande ce que j'ai fait avant
14:34il me demande à écouter des choses
14:36on se parle, on parle d'opéra
14:38moi j'ai eu la chance de faire pas mal d'opéra
14:40quand j'étais jeune
14:41parce que je chantais quand j'étais jeune
14:44et très vite il me dit
14:45bon allez on va dîner avec Thomas Bitguin
14:47son co-scénariste
14:48et puis petit à petit ils me disent
14:49mais nous on sait pas écrire des textes de chansons
14:51par contre on sait écrire des scénarios
14:53mais on a pas envie de musicaliser le scénario
14:56on a plutôt envie de
14:57que les chansons racontent le récit
15:01que tout soit imbriqué tissé
15:03et donc là dessus il me dit
15:05à qui est-ce qu'on pourrait trouver
15:06comme auteur de chansons
15:09et moi j'ai quand même glissé le nom de Camille
15:11Jacques et Thomas connaissaient le travail de Camille
15:14ils se sont rencontrés
15:15et très vite ça a marché
15:18et de fil en aiguille
15:19Camille n'est pas devenue que l'auteur des textes
15:21mais évidemment on a composé ensemble
15:23elle a composé des chansons de son côté
15:25tout s'est imbriqué comme ça très vite
15:31Alors on a déjà raconté dans Code Source
15:33les coulisses de la création d'Emilia Pérez
15:36on a déjà fait deux épisodes sur Emilia Pérez
15:38la musique, les chansons ont donc été écrites
15:41composées dès le début de l'écriture du scénario
15:43donc main dans la main avec Jacques Audiard
15:45et donc son co-scénariste Thomas Bideguin
15:49Camille, il y a eu une version audio du film
15:52avant même les images
15:53donc avec uniquement votre voix
15:55vous avez chanté toutes les chansons
15:57et joué tous les dialogues
15:58c'était quoi cette version audio ?
16:00Jacques nous a raconté que pour son film
16:03Les Olympiades
16:04il avait filé le film au théâtre avec ses comédiens
16:08il aurait aimé faire la même chose avec Emilia Pérez
16:11mais je crois qu'à l'époque
16:12on n'avait pas encore le casting
16:13et puis le casting était international
16:14c'était trop ambitieux
16:15ne serait-ce que pour des raisons de planning
16:17de rassembler tout le monde
16:19et du coup il est venu avec cette idée
16:22de faire un film audio
16:23donc on a enregistré les dialogues
16:25donc j'ai fait plusieurs personnages
16:27avec plusieurs voix
16:28la voix de l'enfant
16:29la voix de Jesse
16:31la voix d'Emilia
16:33avec une espèce d'effet étrange sur la voix
16:36un peu lynchien
16:37et puis Rita
16:38et du coup ce document existe
16:41et on l'a réécouté récemment
16:43et c'est assez charmant
16:44et ça a permis à Jacques
16:46de visualiser le film dans son entier
16:49d'entendre le rythme du film
16:53parce que c'est l'un de ses soucis principaux
16:54c'est que vraiment
16:55il parle souvent du côté cardiaque
16:58du rythme du film
16:59que la musique devait soutenir
17:01le battement de coeur du film
17:03et qu'on ne veut pas de flottement
17:05et que les chansons servent aussi
17:08à faire une plongée dans les émotions des personnages
17:11qui seraient peut-être plus lourdes en dialogue
17:14ou donner des informations
17:15qui seraient plus lourdes sous forme de dialogue
17:16donc voilà ce document audio
17:18ce film audio
17:19il nous a aidé à comprendre
17:21comment la musique s'imbriquait
17:23avec les dialogues
17:23et comment on pouvait améliorer cela
17:25je crois que Zoé m'en a parlé assez récemment
17:27qu'elle avait écouté ce document
17:28quand Jacques l'avait
17:29Zoé Saldana la comédienne
17:31Zoé Saldana la comédienne
17:32quand il l'avait rencontré, approché
17:35et il l'a monté comme un film
17:37il a voulu vraiment avoir ce document
17:39pour après pouvoir couper dedans
17:41mettre des scènes avant les autres
17:42comme s'il avait
17:45une heure et demie à peu près
17:46une heure cinquante
17:47et après vous vous êtes adapté aux comédiennes
17:50quand elles ont chanté les chansons
17:52donc les comédiennes Carla-Sophia Gascogne
17:55qui interprète Emilia Perez
17:56et les deux grandes stars
17:57Zoé Saldana et Selena Gomez
17:59et vous êtes adapté à leurs accents
18:01c'est ça le scénario a été adapté à leurs accents
18:03alors leur tessiture de voix déjà
18:06donc on a adapté, harmonisé différemment
18:08certaines mélodies
18:09ou changé les tonalités
18:11Zoé Saldana est portoricaine
18:15elle peut se balader dans les accents hispaniques
18:17mais on avait envie de garder cette authenticité
18:19qui convenait aux personnages
18:21puisque le personnage est un personnage de femme
18:23qui est victime de sexisme, de racisme
18:26et il y a une vraie immigration portoricaine au Mexique
18:29donc on a gardé son accent
18:54Pour ce qui est de Selena Gomez
18:55on a décidé de garder son caractère mexicain-américain
19:00parce que Selena est de papa mexicain
19:04et de mère américaine
19:05et donc on a décidé d'aller dans ce sens-là
19:08et c'est vrai que ça allait bien au personnage aussi
19:12Carla-Sophia Gascogne par contre
19:14elle est madrilène
19:15très caractérisée dans son accent
19:17mais comme elle a vécu je crois 10 ou 15 ans au Mexique
19:20elle fait très bien l'accent
19:22mais par contre avec son dentier dans le personnage de Manitas
19:26ça allait des esches
19:27des esches très madrilènes
19:29donc on a dû refaire tous les es
19:31ça a pris deux jours
19:32Jacques était ravi
19:51Et vous vous avez écrit en espagnol ?
19:53Voilà j'ai écrit en espagnol
19:54Vous étiez vraiment très à l'aise en anglais
19:56moins en espagnol
19:57enfin vous avez appris l'espagnol à l'école
19:58et dans vos études
19:59vous avez fait Sciences Po etc
20:00mais ce n'était pas forcément évident j'imagine d'écrire des paroles en espagnol
20:04quand ce n'est pas sa langue natale
20:05Quand j'ai compris que le film était en espagnol
20:07je n'ai pas vu du tout comme un obstacle
20:09mais comme quelque chose de jubilatoire
20:11parce que je me suis dit
20:13trop bien
20:15j'ai pouvoir explorer un nouveau continent de son
20:21donc moi j'avais fait espagnol jusqu'au bac à vrai dire
20:24mais j'ai l'oreille musicale et voilà cette curiosité
20:26et donc je me suis lancée et ce que j'ai demandé à Jacques
20:30c'est d'avoir toujours un consultant linguistique
20:31je pouvais toujours poser mes questions
20:34donc ça n'a pas été des traductions
20:37je n'ai pas écrit en français pour traduire ensuite les chansons en espagnol
20:39parce que ça n'avait pas de sens
20:40j'étais tout de suite dans la musicalité de la langue
20:43le rythme de la langue, les accents de la langue, les toniques, les accents toniques
20:47et puis mais toujours avec ce regard linguistique précis
20:52chaque chanson a été beaucoup travaillée, retravaillée
20:55je pense à la chanson El Mal
20:57qui va vous permettre de gagner l'Oscar
20:59au départ c'est une version plus électro c'est ça ?
21:02alors il y a eu au moins 6 chansons différentes pour El Mal
21:05au début comme c'est une scène très difficile
21:08où elle est face à ce public corrompu
21:10c'était très dur, le texte est très dur
21:12c'était difficile, on a essayé plein de choses
21:15la première je me souviens c'était assez lyrique
21:17c'était assez mélodique
21:18on essayait de planer au dessus de cette espèce de fange humaine
21:23et après il y a eu Bob Dylan
21:26à un moment la référence de Jacques
21:28c'était un peu Bob Dylan
21:29donc un truc plus verbeux
21:31plus folk
21:33Sympathy for the Devil
21:34oui alors il y a eu ça bien sûr
21:37il y a eu ça aussi
21:39il y a eu ça
21:39et puis je ne sais plus comment
21:41on a fait au moins 6 versions de chansons
21:43et puis finalement on a abouti à ça
21:45cette espèce de rock opéra rapé
21:48un peu étrange
21:49mais effectivement
21:51avant le tournage il y avait un côté plus électro
21:53qui rendait la chanson peut-être un peu plus chaude
21:56ou un peu plus chaloupée
21:58et ça c'est Jacques qui
22:00après le tournage
22:02est arrivé en studio
22:03il a écouté
22:04il est fort de l'interprétation de Zoé
22:08il a dit
22:08non mais là il me faut de la transpiration
22:10il me faut de la poussière
22:11il me faut un truc beaucoup plus rock
22:13et donc on a fait venir
22:16nos musiciens
22:18et on a tout refait
22:20en groupe rock
22:22complètement trivial
22:24et en live
22:25dans le studio
22:26c'était assez jouissif
22:43ce film la première fois qu'il est montré
22:45c'est au festival de Cannes 2024
22:46où il va recevoir le prix du jury
22:48et un prix d'interprétation féminine collectif
22:51comment est-ce que vous avez vécu
22:52cette première projection à Cannes ?
22:55très émouvant
22:55parce que nous on l'a vu et revu
22:57et revu et revu pendant des mois ce film
22:58presque trop
23:00on en a marre au bout d'un moment
23:01au bout d'un moment
23:01on a besoin de le lâcher
23:04c'est quand même une grosse équipe
23:06surtout sur les comédies musicales
23:07il y a beaucoup de gens au son
23:08beaucoup de gens à la musique
23:09et chacun d'un autre genre
23:11on voulait donner le meilleur
23:12pour cette oeuvre
23:13et parfois avec des regards différents
23:14donc il y a des moments de tension
23:16il y a des moments de crispation
23:17mais parce qu'on veut tous le mieux
23:19mais avec chacun
23:20dans notre interprétation
23:22et ce qui était très beau à Cannes
23:23c'est la première fois qu'on le voyait
23:24dans une salle assise
23:26avec un public
23:27et puis avec quasiment
23:29toute l'équipe du film
23:30ça c'était assez émouvant
23:31de sentir que ça y est
23:32on avait mis au monde
23:33un petit
23:35une petite enfant
23:36une oeuvre
23:37qui s'envolait
23:38qui avait sa vie propre
23:40qui nous maintenant
23:40qui était au dessus de nous
23:41qui nous dépassait
23:42et qu'on pouvait plus contrôler
23:43moi j'étais exsangue
23:44j'étais encore dans le travail
23:47j'avais du mal à sortir
23:48de ce regard de travail
23:49encore à Cannes
23:50je regardais des trucs
23:51j'ai
23:52des détails
23:54on savait très bien
23:55qu'on avait poussé
23:56à bout
23:56tous
23:57tous les curseurs
23:59et qu'en fait
23:59le résultat
24:01était
24:02c'est étrange de dire ça
24:03mais un compromis
24:04entre tous nos perfectionnismes
24:06en fait
24:06de toute l'équipe
24:07de la Monteuse
24:07du son
24:08de Jacques
24:09de notre envie
24:10à tous
24:10de donner le mieux
24:11à ce film
24:12un tournage
24:13j'imagine que c'est
24:13beaucoup de talent
24:14effectivement
24:14beaucoup de gens
24:15perfectionnistes
24:16du coup ça doit être
24:16très dur à gérer
24:17au quotidien
24:17ah mais c'est la
24:18c'est la foire
24:19c'est la foire d'emploi
24:20il y a un tournage
24:21enfin moi le tournage
24:22j'ai halluciné
24:23le tournage d'Emilia Perez
24:25c'est les chartiers quoi
24:28il faut jouer des coudes
24:29vraiment
24:30il faut se faire sa place
24:31c'est des équipes
24:32tellement énormes
24:33c'est normal
24:33tout le monde prêche
24:34pour sa paroisse
24:35il y a je sais pas
24:36sur la scène d'ouverture
24:37il y avait 200 personnes
24:38sur le plateau
24:39c'était énorme
24:39des figurants partout
24:40des danseurs
24:41donc moi naïvement
24:42je pensais que les infos
24:43allaient nous arriver
24:44donc j'attendais
24:46en fait faut être proactif
24:47tout le temps
24:48faut aller chercher l'info
24:49quel genre d'info
24:50il faut chercher ?
24:52on gérait par exemple
24:52sur la scène d'ouverture
24:53tous les figurants
24:54il y avait plein de figurants
24:55et plein de danseurs
24:56et il fallait qu'on les voit
24:57sur leurs lèvres
24:58chanter les chœurs
24:59et ils changeaient de plan
25:00tout le temps
25:01et ça on nous le dit pas forcément
25:02donc il y a un moment
25:03quand ils sont en gros plan
25:04sur un étal
25:05parce que c'est dans un marché
25:07sur un étal
25:08de quelqu'un
25:08qui plie des chemises
25:09il faut que cette personne
25:10soit capable
25:11de faire les chœurs en question
25:12donc il faut aller vite
25:14chercher l'info
25:15de quel moment
25:16ils vont capturer
25:16dans la chanson
25:17pour dire à ce monsieur
25:18attention il va falloir
25:19que vous chantiez
25:21telle phrase
25:22ou en tout cas
25:23que vous fassiez
25:23le mouvement de bouche
25:25et parce qu'ils vont filmer
25:27ce cadre là
25:27et ça par exemple
25:28ces infos là
25:29si on va pas les chercher
25:29on les a pas
25:30il faut veiller à ce que
25:31les comédiennes chantent
25:32parfaitement en playback
25:32et en même temps
25:33qu'on ait une prise live
25:34qui se tienne
25:35on est obligé
25:36de bousculer
25:37même le réalisateur
25:39parfois
25:39qui peut être
25:40pas content sur le moment
25:41et puis après
25:42dire que
25:42on avait tort
25:44ou que finalement
25:45on avait raison
25:46et que
25:46voilà
25:46donc c'est vraiment
25:48pas évident
25:48il faut bousculer
25:49les hiérarchies aussi
25:50parfois
25:50oui parce que c'est une
25:51comédie musicale aussi
25:52enfin c'est un film musical
25:53donc il y a quand même
25:55la réalisation
25:55le metteur en scène
25:56est quand même
25:57est quand même contraint
25:58par le tempo d'une chanson
25:59la structure d'une chanson
26:00même si aujourd'hui
26:01on peut faire beaucoup de choses
26:02on peut éditer beaucoup de choses
26:03même sur place
26:04sur le tournage
26:04mais il est quand même pris
26:05dans ce carcan là
26:06c'est assez intéressant
26:07parce qu'il y a des allers-retours
26:08permanents
26:08c'est une oeuvre dans l'oeuvre
26:09donc il y a des allers-retours
26:10entre la musique
26:10et la mise en scène
26:11une tension
26:11et une collaboration
26:12entre les deux
26:13mais ça veut dire que
26:13c'était quelque part
26:14une réalisation à trois
26:16si on peut dire
26:17c'est-à-dire que Jacques Odir
26:18vous a pas dit
26:18bon voilà la musique s'est faite
26:19maintenant vous êtes gentil
26:21mais c'est moi qui ai les commandes
26:22il a complètement les commandes
26:24mais on était
26:25nous étions sur le tournage
26:27pour donner notre
26:28comme tout le monde
26:29comme tous les corps de métier
26:30notre point de vue
26:31et puis pour réagir
26:33si nécessaire
26:34Netflix a racheté les droits
26:36et a choisi de diffuser
26:37Emilia Peres
26:37et a mis le paquet
26:38pour en faire la promotion
26:39et là aux Etats-Unis
26:41c'est le début d'une campagne
26:42une campagne qui ressemble
26:43à une campagne électorale
26:44pour essayer de décrocher
26:45des Oscars
26:46Netflix met de gros moyens financiers
26:49vous Camille
26:50Clément Ducol
26:50vous faites le choix
26:51d'aller vivre
26:52à Los Angeles
26:53avec vos deux enfants
26:54cinq ou six mois
26:55le temps de mener cette campagne
26:56y compris
26:57pour des raisons environnementales
26:59pour éviter
27:00les allers-retours
27:00en avion
27:01à quoi ça ressemble
27:03une campagne comme ça
27:04vous devez faire quoi
27:05concrètement ?
27:06il faut faire quoi ?
27:07il faut être
27:08ce que j'ai pu éviter
27:09de faire jusqu'à aujourd'hui
27:10c'est d'être en représentation
27:11permanente
27:14ça consiste à
27:15c'est des projections
27:16beaucoup
27:17parce que les votants
27:18c'est quelques centaines
27:19de professionnels du milieu
27:20c'est ça qu'il faut convaincre
27:21séduire
27:21onze mille votants
27:22pour les Oscars
27:24et c'est très
27:25il y a un vrai protocole
27:27pendant
27:27jusqu'aux nominations
27:29il s'agit pour nous musiciens
27:31de séduire entre guillemets
27:32les votants de notre branche musique
27:34parce qu'il n'y a que la branche musique
27:36qui vote pour les musiciens
27:37jusqu'aux nominations
27:38après les nominations
27:40il reste à peu près un mois
27:41c'est le dernier round
27:42de vote
27:43et là c'est ouvert
27:44à toutes les autres branches
27:45donc là il faut aller rencontrer
27:46des comédiens
27:47des metteurs en scène
27:49donc en gros
27:49c'est des projections
27:50suivies souvent de Q&A
27:51modérées par un journaliste
27:53suivies de réceptions
27:54des cocktails
27:55des dîners
27:56le but étant
27:57de rencontrer un maximum
27:58de votants
27:58on est pris par la main
27:59par un ou plusieurs
28:02publicistes
28:02des attachés de presse
28:04et par l'équipe de Netflix
28:05dont c'est le métier
28:06à plein temps
28:07six mois sur une campagne
28:08six mois sur la préparation
28:09de la suivante
28:10est-ce que ça vous a plu
28:11de faire ça
28:11en gros
28:12quels sont les bons côtés
28:13les mauvais côtés
28:13de ce genre de moment
28:14est-ce qu'on rencontre
28:15des gens formidables
28:16des gens moins formidables
28:17les mauvais côtés
28:18c'est qu'on fait pas
28:19beaucoup de musique
28:20moi je crois que j'ai jamais
28:21passé autant de temps
28:23sans faire de musique
28:24vraiment de toute ma vie
28:25je crois
28:26on a passé cinq mois
28:27à quasiment
28:28pas faire de musique
28:29pas faire notre métier
28:30mais après ce qui est intéressant
28:32c'est qu'on justement
28:32on a fait autre chose
28:33et parler de ce qu'on fait
28:37avec parfois
28:38une manière un peu ludique
28:40c'est très intéressant
28:41c'est comme
28:42on parle depuis toujours
28:43et parfois on oublie
28:44comment on a fait
28:45pour apprendre à parler
28:46là on est obligé
28:47de raconter aux gens
28:48comment on a fait
28:49pour écrire notre musique
28:50alors que nous
28:50c'est instinctif
28:52donc ça c'est super intéressant
28:55et évidemment
28:56plein de belles rencontres
28:56parce qu'on rencontre
28:57beaucoup de musiciens
28:58beaucoup de nos pères
28:59on rencontre une autre culture aussi
29:01une autre manière de faire
29:02c'est une belle parabole
29:02et puis le cinéma
29:04le moment du partage
29:05il est dans ces moments-là
29:06dans ces rencontres
29:07avec le public
29:07et avec nos pères
29:09c'est-à-dire
29:09il y a un partage
29:09d'expériences
29:10de compétences
29:11pour le coup
29:12c'est pas de la compétition
29:13là c'est vraiment
29:14de la rencontre
29:15et de la curiosité
29:17un vrai enthousiasme
29:18c'est très très très
29:20épanouissant
29:21les messages
29:22si on peut dire
29:23que vous essayez
29:24de faire passer
29:24à ce moment-là
29:25c'est quoi ?
29:25à part voter pour nous
29:26évidemment ça j'imagine
29:27mais au-delà de ça
29:28c'était quoi
29:29le plus important pour vous ?
29:30le plus important
29:31j'ai l'impression
29:31que c'est d'être
29:32complètement nous-mêmes
29:33ce qui demande
29:34un certain travail
29:35parce qu'il faut
29:37il faut vraiment
29:37essayer de leur montrer
29:39qui on est
29:39et pourquoi on a fait cette œuvre
29:41pourquoi elle nous a porté ?
29:42c'est pas si facile
29:43d'être authentique
29:44alors qu'on est en campagne
29:44justement
29:45il faut se relâcher un peu
29:46en fait c'est très difficile
29:48pour moi c'est très difficile
29:49de ne pas être authentique
29:50ce qui est plutôt difficile
29:52c'est le rythme
29:54de coureur de fond
29:55cette présence
29:56à autant
29:58d'événements
29:59de rencontres
30:00de célébrations
30:02de prix
30:03très codifiés
30:04très protocolaires
30:05voilà moi j'ai fait
30:06beaucoup de repassages
30:09beaucoup de
30:09voilà des choses
30:10que j'ai jamais fait avant
30:11pour me préparer
30:12aux événements
30:13on préparait des discours
30:15on se faisait rire
30:16des fois
30:16à se répéter
30:18mais c'est une très belle aventure
30:20parce qu'on était avec l'équipe
30:21on était avec le cast
30:22donc il y a
30:23quelque chose
30:24d'ordre du collectif
30:25qui se passe
30:26donc voilà
30:27je trouve que
30:27la difficulté
30:28c'est plutôt
30:29cette endurance
30:30qu'il faut avoir
30:31et après
30:31c'est de la présence
30:32c'est juste être soi
30:34et se présenter
30:35tel qu'on est
30:35et après il y a quelque chose
30:36de très américain peut-être
30:37qui est pas
30:38enfin moi je vis
30:40comme de deux manières
30:41il y a le sur contrôle
30:42il y a un contrôle
30:44de tout ce qu'on va dire
30:45du temps
30:46c'est carrément
30:47des fois on avait
30:48dans les interviews
30:48on avait un timer devant nous
30:50qui défilait
30:50et il fallait vraiment
30:51que ça dure 5 minutes quoi
30:53donc il y a ce sur contrôle
30:55qui
30:55du temps de discours aussi
30:57qui est assez nouveau
30:59pour nous en tout cas
31:00et qui était
31:01qui offrait un cadre
31:02en fait je dois dire
31:03assez agréable
31:04parce que
31:05on a un super cadre
31:06donc au milieu de ce cadre
31:07à nous d'être créatif
31:09et d'être nous-mêmes
31:09on a envie d'être spontané
31:12de parler des choses
31:13dont on a envie de parler
31:14là c'est
31:15et Clément Ducol
31:15vous jusqu'ici
31:16vous étiez plus dans l'ombre
31:17des artistes
31:19avec lesquels vous travaillez
31:20ça vous a fait quoi
31:20d'être plus dans la lumière
31:21cette fois-ci ?
31:22c'est difficile pour moi
31:24c'est difficile
31:25mais comme je disais tout à l'heure
31:26ça m'oblige moi
31:27à raconter justement
31:28des métiers
31:29qui sont un peu plus dans l'ombre
31:30comme vous dites
31:31il faut accepter
31:32ce moment de lumière
31:33faut pas être
31:34faut pas s'excuser
31:35d'être là quoi
31:36pour moi c'est un travail
31:37c'était en anglais aussi
31:38et c'était en anglais
31:43pendant cette campagne
31:44pour les Oscars
31:45il y a eu
31:45les incendies
31:46qui ont frappé Los Angeles
31:47il y a eu aussi
31:48l'élection de Donald Trump
31:49le 5 novembre
31:50comment est-ce que vous
31:51vivez cette période
31:52à ce moment-là ?
31:52je m'étais fait un scénario
31:54que Kamala Harris
31:56allait être élue
31:56et que c'était en phase
31:59avec Emilia Perez
32:00etc
32:01et en fait
32:02c'était très difficile
32:03l'élection de Trump
32:04déjà parce qu'on pouvait pas
32:06parler de politique
32:06parce qu'on venait d'arriver
32:07aux Etats-Unis
32:08il n'y a pas une culture
32:09des dîners
32:10de parler à bâton rompu
32:12jusqu'à pas d'heure
32:13après avoir dîné ensemble
32:14il n'y a pas cette culture
32:15comme ici
32:15de la discussion politique
32:16voilà
32:18ça ça m'a vraiment manqué
32:19et puis on a rencontré
32:20des français
32:21un peu après les élections
32:22on a pu commencer à parler
32:23et puis on en a parlé
32:24aussi à des américains
32:24ça c'était vraiment dur
32:26je me suis sentie vraiment seule
32:27et c'était anxiogène
32:29et puis
32:29Los Angeles
32:30n'est pas du tout
32:31une terre pro-Trump
32:32donc après
32:33on a surtout fait l'expérience
32:35du milieu artistique
32:36qui s'oppose
32:37voilà
32:38il n'y a eu pas un seul prix
32:39sans un mot cinglant
32:42on a senti
32:43une vraie envie de résister
32:44puis au bout d'un moment
32:45moi j'ai senti
32:46énormément de tristesse
32:47et de détresse
32:48parce que ça commence
32:49à être concret
32:49la politique fasciste
32:51du gouvernement américain
32:53j'ai senti
32:54moi personnellement
32:55l'inquiétude monter
32:56quand même
32:56la détresse
32:57la compassion
32:59et voilà
33:00on est de retour en France
33:01et on est toujours
33:02très inquiet
33:02et les feux
33:03qui nous rappellent
33:04que la Californie
33:05et Los Angeles
33:06c'est une sorte de
33:07grand mirage en fait
33:08parce qu'en fait
33:09tout ça est construit
33:10sur une énorme faille
33:12et donc
33:13c'est d'une fragilité
33:14folle en fait
33:15alors que
33:16c'est là
33:16il y a la tech
33:17maintenant
33:17il y a l'industrie du cinéma
33:19qui est énormissime
33:20la musique
33:21moi j'ai halluciné
33:22de la dimension
33:23de l'industrie
33:24là-bas
33:24du cinéma
33:25et puis tout d'un coup
33:26il y a un feu
33:27qui ravage tout
33:27et en fait
33:28on se rend compte
33:29à quel point
33:29tout ça peut disparaître
33:31très peu de temps
33:31le 5 janvier
33:33c'est les Golden Globes
33:34à Los Angeles
33:34les Golden Globes
33:35qu'on présente souvent
33:36comme l'antichambre
33:37des Oscars
33:38Emilia Perez
33:38triomphe
33:39avec 4 récompenses
33:41dont meilleur film étranger
33:42vous recevez tous les deux
33:43le Golden Globe
33:44de la meilleure chanson
33:46après ça
33:46fin janvier
33:47des anciens tweets
33:48de l'actrice
33:49Carla-Sophia Gascogne
33:50sont retrouvés
33:51par une journaliste canadienne
33:52des tweets racistes
33:53islamophobes
33:54vous vous désolidarisez d'elle
33:55mais vous continuez
33:57à vous investir à fond
33:58dans cette campagne
33:59pourquoi vous y croyez encore
34:00à ce moment là ?
34:02pour tout le travail
34:03qu'on avait accompli
34:03sur ce film
34:04et pour cette oeuvre
34:05qu'on aime encore
34:06et qu'on aimait
34:07donc évidemment
34:09tout ce qu'elle a pu dire
34:10est totalement inexcusable
34:11et ça a été
34:12une déception profonde
34:13une trahison
34:14voilà
34:16on était très concernés
34:19pour Jacques aussi
34:20et toute l'équipe en fait
34:22pour tout le travail
34:23que ça représente
34:24quand il se passe
34:25quelque chose comme ça
34:26mais on n'arrête pas
34:27un cheval au galop
34:28et nous on était lancés
34:30on a été très soutenus
34:31par Netflix
34:32ils nous ont rassurés aussi
34:34qui disaient
34:34bon la musique
34:36on peut sauver la musique
34:37voilà
34:38mais vous vous êtes dit
34:39le film est cuit
34:40pour les Oscars
34:41c'est pas de nous
34:42mais il y a des gens
34:43qui nous ont dit
34:44tout de suite
34:45ils nous ont dit
34:46c'est plié
34:48voilà
34:48on rigole pas du tout
34:49avec ça là-bas
34:50voilà
34:51donc nous on était
34:52un peu consternés
34:52et attristés
34:54et on ne voulait pas
34:56trop y croire quand même
34:57mais en tout cas
34:57on restait aussi concentrés
35:00sur notre campagne
35:01en se disant
35:01c'est le mieux
35:02qu'on puisse faire
35:02pour le reste de l'équipe
35:03on en arrive au jour J
35:05le dimanche 2 mars
35:06à Los Angeles
35:13vous recevez l'Oscar
35:14de la meilleure chanson originale
35:16pour El Mal
35:17Oscar remis par Mick Jagger
35:19des Rolling Stones
35:20qu'est-ce que vous ressentez
35:21à ce moment-là ?
35:22quand j'ai vu
35:23que c'était Mick Jagger
35:25là
35:27elle a pleuré
35:27elle a pleuré
35:29c'est comme quand j'ai vu
35:30qu'il y avait Elton John
35:30au Golden Globes
35:32là
35:33où j'étais dans un état
35:34d'émotion
35:35c'est des grands grands monsieur
35:37quoi
35:37et Mick Jagger
35:39voilà
35:40donc
35:40oui donc revoir J
35:41voilà
35:41J, me dire
35:42ça se trouve
35:43on va avoir un Oscar
35:44avec lui
35:45et j'ai fait
35:46une espèce
35:46d'ascenseur émotionnel
35:48j'aurais voulu pleurer
35:49et je me suis dit
35:51non
35:51tu restes concentré
35:54voilà
35:54si tu montes sur scène
35:56il faut quand même
35:57voilà
35:57il y a peu de temps
35:58et puis il y a beaucoup d'enjeux
36:00c'est important de remercier
36:01d'être présent
36:02et pas complètement retourné
36:04chamboulé quoi
36:05Clément Ducol
36:05vous avez perdu votre père
36:07en janvier 2024
36:08Bruno Ducol
36:09qui était donc compositeur
36:10comme vous
36:11comme on le disait au début
36:11Camille
36:12vous aussi
36:12vous avez perdu votre père
36:14c'était il y a plus longtemps
36:15en 2012
36:16votre père Hervé Dalmé
36:17qui a publié son premier disque
36:19un album de blues
36:20à titre posthume
36:21grâce à vous
36:22et à vos proches
36:23votre frère musicien également
36:25sous le pseudonyme
36:26de H. Bassam
36:27j'imagine
36:28je pose d'abord la question à vous
36:29Clément
36:30que vous avez pensé
36:30à votre père
36:31après cette récompense
36:32oui bien sûr
36:33il est mort
36:34pendant la dernière phase
36:36de travail d'Emilia Pérez
36:38malheureusement
36:38il n'a pas vu
36:39la naissance d'Emilia Pérez
36:41mais de son vivant
36:42il m'a donné
36:43beaucoup de
36:44de force
36:46créative
36:47et à sa mort
36:49il m'a donné aussi
36:50une énorme force
36:51pour rester actif
36:53dans ce film
36:53c'était très très long
36:54très compliqué
36:55et puis
36:56et puis pour toute cette campagne
36:58Oscar
36:58toutes ses récompenses
37:00les Césars
37:01et tout ça
37:01j'ai beaucoup pensé à lui
37:02parce que
37:03j'osais croire
37:03qu'il était pas très loin
37:06mon papa
37:07il y a une chanson
37:07pour lui dans le film
37:08pour tous les papas
37:09donc c'est un peu
37:10mon parrain
37:11mon papa
37:11mon parrain
37:12dans ce film
37:13il est toujours présent
37:14dans tout ce que je fais
37:15et
37:16on pense très fort
37:17à notre héritage
37:18à notre généalogie
37:19dans ces moments là
37:20et on remercie
37:22d'être là
37:22et c'est aussi
37:23un présent
37:25pour tous ceux
37:25qui nous ont donné la vie
37:27et puis
37:28on a dédié
37:29cet Oscar
37:29à nos enfants
37:30Marius et Lila
37:31parce qu'ils ont été
37:32nos
37:33ce qui a donné
37:35tout notre ancrage
37:36et
37:37notre ancrage
37:38émotionnel
37:39pendant tout ce travail
37:41comment ils ont vécu ça
37:42vos enfants
37:43justement
37:43cette aventure
37:44américaine
37:44ah ils ont aimé
37:46Los Angeles
37:47ça les a amusés
37:48ou effectivement
37:48vous étiez très pris
37:49par la campagne
37:51oui mais on était ensemble
37:52avec eux
37:52au même endroit
37:53parce qu'on sait
37:54qu'on se déplace beaucoup
37:55pour notre profession
37:57on souvent les prend avec nous
37:59comme là
37:59c'était le cas
38:00mais des fois aussi
38:01on est absent
38:02et là on a travaillé à deux
38:03sur ce film
38:04pendant longtemps
38:05et du coup
38:05parfois on était quand même
38:06absent
38:07géographiquement
38:08donc là c'était l'occasion
38:09d'être en famille
38:09pendant plusieurs mois
38:10dans notre petite maison
38:11à Vénice
38:12et on a adoré quoi
38:14et puis bon
38:15c'est des emplois du temps
38:16qui restent gérable
38:16quand on est sur place
38:17vous avez des Q&A
38:19question and answers
38:20les interviews le soir
38:21des interviews
38:22parfois par Zoom
38:23ou des journalistes
38:25qui viennent
38:26mais je veux dire
38:26c'est pas
38:27voilà
38:28c'est gérable
38:28il faut être présent
38:29sur la durée
38:30mais on a quand même
38:31du temps pour soi
38:32bon les américains
38:33bossent beaucoup le dimanche
38:34bon on va juste y habituer
38:36samedi dimanche
38:36ça n'existe pas forcément
38:38mais il y a des jours pour soi
38:39et donc voilà
38:40on avait un quotidien quand même
38:41avec nos enfants
38:43et c'est une ville
38:44à partir du moment
38:45où on a
38:46on a un peu d'argent
38:47parce qu'il faut toujours
38:48de l'argent dans cette ville
38:49on peut faire plein de choses
38:50et c'est très accueillant
38:51et très
38:52les enfants ont adoré
39:03on le disait au début du podcast
39:05vous venez de publier
39:07de mettre en ligne
39:07six chansons
39:08issues de tout ce travail
39:10ça s'appelle
39:10Camille sings Emilia
39:12certaines des musiques du film
39:14donc avec seulement
39:15votre voix
39:16Camille
39:16et on entend votre piano
39:18on vous entend au piano
39:19Clément Ducol
39:20vous parlez de cadeaux
39:21que vous offrez à votre public
39:22oui c'est un cadeau
39:23que je me fais à moi aussi
39:24et que je fais à mon public
39:28parce que c'est des chansons
39:29qui racontent à la fois
39:31l'origine de ce film
39:33et son aboutissement
39:35parce que je les ai enregistrées
39:37juste avant les Oscars
39:39on était tous les deux
39:40à la fois épuisés
39:41et puis
39:43et riches de toutes ces rencontres
39:45et je crois qu'il y a une naissance
39:46qui se donne
39:47une naissance
39:48et une essence
39:49qui se donne dans ces chansons
39:50je crois que c'est un luxe aujourd'hui
39:52et oui c'est un cadeau
39:53de pouvoir écouter des chansons
39:55dans leur nudité
39:57dans leur simplicité
39:58après toutes ces années
40:01où on a façonné ces chansons
40:03on les a transformées
40:04on les a habillées
40:06là on peut les déshabiller totalement
40:08elles sont complètement à l'os
40:09moi ça me touche toujours
40:11d'entendre dans leur forme
40:12la plus simple
40:13les chansons
40:13je trouve que c'est comme ça
40:14que ça me touche le plus
40:15c'est un guitare-voix
40:16un piano-voix
40:17et ce qui est beau
40:18c'est d'avoir vécu tout ça avant
40:19et de les amener maintenant
40:20sur le territoire le plus simple
40:22Clément Ducol
40:23vous ces chansons
40:23vous les préférez comme ça finalement ?
40:25je crois que je les préfère comme ça
40:27et Camille ?
40:29moi ce que j'aime c'est chanter
40:31donc c'est le plaisir ultime
40:34c'est d'être à cet endroit
40:36papa
40:37papa
40:38papa
40:40papa
40:40papa
40:41vous ne voulez pas la quitter
40:42cette Emilia finalement ?
40:44en faisant ces titres
40:48pour prolonger encore un peu l'histoire
40:50alors qu'on a le sentiment
40:51que la page s'est tournée
40:52avec les Oscars
40:55prolonger ou conclure
40:57et puis je pense que c'est un document important
40:58parce que peut-être que
40:59on le souhaite
41:00qu'Emilia aura une postérité
41:02après le film
41:03c'était le souhait de Jacques
41:04d'en faire un opéra
41:05aujourd'hui il est question
41:06peut-être que ça devienne un Broadway
41:08ou un opéra
41:10on espère que plein de chanteurs
41:11vont s'en emparer
41:12et je pense que c'est important
41:13qu'il y ait un témoignage
41:16de comment nous
41:17nous interprétons ces chansons
41:19Emilia de toute façon
41:19nous habite maintenant à vie
41:20mais j'ai l'impression
41:21qu'il faut aussi tourner la page
41:23pour qu'on reste dans l'amour d'Emilia
41:26et comme on disait au départ
41:27c'est notre vie d'artiste
41:29c'est une sorte de fil en fait
41:30et ces fils
41:30ils vont construire un grand canevas
41:33mais il faut passer à autre chose
41:52Merci beaucoup Camille
41:54Clément Ducol
41:55merci à vous Emmanuel Marolle
41:56Camille Sings Emilia
41:58c'est disponible sur les plateformes
42:00Code Source
42:00et le podcast quotidien du Parisien
42:02épisode produit par Clara Grosis
42:05Pénélope Gualkirotti
42:06et Thibault Lambert
42:07réalisé par Pierre Chafanjon
42:09Olia au cigarro
42:11quand nous abrassons
42:13La ultima vez
42:18La ultima vez
42:22La ultima vez
42:27La ultima vez
42:48Papa, papa, papa
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