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Les Alpes françaises accueilleront en 2030 les Jeux olympiques d’hiver. Mais jusqu’ici, la mise en place du chantier s’est faite dans la confusion. Code Source fait le point avec Sandrine Lefèvre, journaliste au service Sports du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Pénélope Gualchierotti, Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La France se prépare à accueillir les Jeux Olympiques d'hiver en 2030 dans les Alpes françaises,
00:18six ans après le succès de ces Jeux d'été à Paris,
00:21mais la mise en place de cet immense chantier s'est faite jusqu'ici dans la plus grande confusion et
00:26la discorde.
00:27Le biathlète et champion olympique Martin Fourcade,
00:30qui a longtemps été pressenti pour chapeauter l'organisation de ces Jeux,
00:35a finalement jeté l'éponge début février.
00:37C'est Edgar Gropiron, ex-champion de ski agrobatique français,
00:41qui devra donc mener à bien ce projet monté à la hâte
00:45et dans lequel de nombreux élus locaux et des barons de la politique entendent bien peser de tout leur poids.
00:51On fait le point dans Codesources avec Sandrine Lefebvre,
00:55journaliste au service des sports du Parisien.
00:57Elle couvre toute l'organisation de ces Jeux Olympiques d'hiver.
01:14Bonsoir à tous.
01:15Au nom du comité d'organisation des 16e Jeux Olympiques d'hiver,
01:20je vous souhaite la bienvenue en Savoie et en France.
01:23Sandrine Lefebvre, la dernière fois que des Jeux Olympiques d'hiver ont été organisés en France,
01:28c'était en 1992 à Albertville en Savoie.
01:32Comment ça s'est passé ?
01:33Albertville 92, ce sont d'abord des champions qu'on découvre.
01:36Edgar Gropiron, Fabrice Guy en combiné nordique.
01:39On découvre aussi le biathlon puisque les femmes vont être championnes olympiques.
01:43C'est aussi une cérémonie qui a laissé une mémoire dans tous les esprits, y compris au CIO.
01:50Ça avait changé la région et c'est ce qu'on retient surtout encore maintenant.
01:54Ce sont les infrastructures,
01:55puisque la route pour Moutier a été faite pour Albertville.
02:00C'est aussi le TGV.
02:01Ce sont les stations qui sont désenclavées.
02:03Donc ça a vraiment transformé la région.
02:1218 ans plus tard, en 2010, la France se porte à nouveau candidate en vue des JO d'hiver de
02:172018.
02:18Elle présente dans son dossier la ville d'Annecy, mais c'est un échec.
02:22C'est un cuisant d'échec même. On y va en ordre dispersé, on n'a pas vraiment de projet,
02:26on n'a pas vraiment d'argent puisque la candidature, on n'a pas vraiment les moyens de la mener.
02:32Et puis surtout, on a face à nous deux gros adversaires qui sont Pyeongchang et qui sont Munich, deux villes
02:38qui ont vraiment envie d'accueillir les Jeux.
02:40Et nous, on y va et à l'arrivée, on obtiendra uniquement 7 voix sur 140.
02:44Donc là, c'est la douche froide et c'est vraiment le fiasco qui derrière mènera à travailler pour obtenir
02:51les Jeux avec le succès qu'on connaît à Paris 2024.
02:54Avant qu'on aille plus loin, rappelez-nous qui décide d'attribuer ou non des Jeux à un pays, une
02:59ville en particulier ?
03:00A l'époque, c'était les membres du comité international olympique qui avaient chacun une voix et chaque candidat présentait
03:08son projet.
03:09Et puis à la fin, il y avait une session du CIO et là, chaque membre votait et le projet
03:15qui obtenait le plus de voix l'emportait.
03:17Désormais, ça a changé depuis l'attribution des Jeux de Paris 2024, puisque désormais, faute de candidats, le CIO préfère
03:26directement négocier avec les potentielles candidatures.
03:30Et puis, c'est désigné non plus par les membres du CIO, mais chacun se met un petit peu d
03:36'accord autour des différentes villes.
03:39A partir de 2022, plusieurs entités en France, qui sont portées par l'organisation des Jeux de Paris 2024, ambitionnent
03:47à leur tour de présenter à nouveau une candidature pour les JO d'hiver en France.
03:51Qui a cette idée au départ ?
03:53C'est Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui émet ce souhait.
03:58Il y a Laurent Wauquiez aussi, à l'époque président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui lui aussi se
04:03dit que ce serait peut-être pas mal que sa région organise à un moment les Jeux d'hiver.
04:08On y va à tâtons parce que ça coûte très cher, c'est un vrai projet qu'il faut construire
04:14et du coup, on n'est plus sur une horizon 2034, voire 2038.
04:20En 2023, le CIO, le Comité international olympique, est activement à la recherche d'une candidature sérieuse pour les JO
04:27d'hiver de 2030.
04:28Et elle se rapproche alors de la France et d'Emmanuel Macron, un partenaire de confiance à ce moment-là,
04:34puisque le pays organise les Jeux de Paris.
04:36Et sous l'impulsion du chef de l'État, les deux régions alpines, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne
04:42-Rhône-Alpes s'unissent pour dessiner une candidature commune express.
04:47Ce projet est alors présenté en juillet au CIO.
04:50Le dossier ne met pas en avant une ville en particulier, mais bien l'ensemble des Alpes françaises.
04:56Sandrine Lefebvre, à partir de là, il y a une sorte de campagne qui démarre pour convaincre le comité.
05:02Qui en prend la tête ?
05:03Alors la difficulté, c'est que tout le monde est un petit peu occupé par la livraison des Jeux d
05:07'été.
05:08Et du coup, l'homme providentiel un petit peu devient David Lappartien,
05:12qui vient d'être élu à la tête du comité olympique français.
05:17Donc lui prend le dossier et puis va échanger avec les deux présidents de région,
05:22donc Renaud Muselier pour la région Sud et puis Laurent Wauquiez qui est alors encore président de la région Aura.
05:30Donc tout le monde se met autour de la table,
05:31mais globalement ce sont les trois hommes qui vont un petit peu coucher le projet sur un papier.
05:38Et il s'implique j'imagine pour essayer de plaire et de rendre la candidature attrayante auprès du CIO ?
05:43Même si on sent très bien que la candidature française est très bien partie,
05:48elle est face à la Suède et face à la Suisse,
05:51il faut quand même un petit peu jouer le jeu.
05:54Et du coup, il y a une commission d'évaluation qui se déplace,
05:57des membres du comité international olympique viennent voir un petit peu à quoi ressemble le projet français.
06:02Et là, il faut en mettre encore plein la vue.
06:05On a Laurent Wauquiez qui chausse les skis, qui emmène tout le monde en balade.
06:11Enfin voilà, il faut plaire.
06:13On est à La Plagne.
06:14Dernier mois, vous avez le site de ce qui a été les Jeux Olympiques 1992, la piste de bobsleigh.
06:20Et ça y est, on est là tous les quatre ensemble,
06:22avec Renaud Muselier de la région Sud,
06:24David Lapartien du comité national olympique,
06:26Marie-Amélie Le Fur du comité paralympique.
06:28Et ce site, il est complètement emblématique de ce qu'on veut faire.
06:31Toujours en 2023, au début du mois de novembre,
06:33le CIO annonce qu'il entre en discussion exclusive avec les Alpes françaises,
06:38qui sont donc quasiment assurés de décrocher l'organisation des Jeux en 2030.
06:43Sandrine Lefebvre, à ce moment-là, est-ce que les architectes de ce projet ont l'intention de s'inspirer
06:48de l'organisation
06:49et du système de gouvernance des Jeux de Paris qui doivent se dérouler l'été suivant ?
06:53Ça dépend de quel côté on se place.
06:55Pour l'État et pour le comité olympique, ainsi que pour le comité paralympique,
07:00il est indispensable de retenir ce qui était la recette magique des JO de 2024.
07:06En revanche, les régions Aura et Paca, elles détestent Paris 2024,
07:14parce que les deux présidents estiment que les politiques sont très peu en vue dans ce dossier,
07:19qu'on voit surtout émerger Tony Estanguet, le patron du comité d'organisation,
07:25et qu'on voit très peu Valérie Pécresse, la présidente de l'île de France,
07:28ou Anne Hidalgo, la maire de Paris.
07:30Du coup, eux se disent que dès le départ, qu'ils devront mettre leurs pattes et la main sur ce
07:36dossier.
07:37Le mercredi 24 juillet 2024, soit deux jours avant le lancement des Jeux olympiques de Paris,
07:43le CIO attribue officiellement les Jeux d'hiver 2030 à la France, aux Alpes françaises,
07:49mais sous condition, c'est-à-dire ?
07:51Sous condition des garanties de l'État, puisqu'on est à ce moment-là une période assez complexe au niveau
07:57politique en France.
07:58L'Assemblée nationale a été dissoute.
08:00Le Premier ministre demeure Gabriel Attal.
08:03La difficulté qu'ont Gabriel Attal comme Emmanuel Macron,
08:06c'est d'engager la responsabilité d'un gouvernement qui est démissionnaire et qui, du coup, va changer.
08:12On ne sait pas encore qui va être nommé Premier ministre.
08:14Et c'est un peu compliqué, à ce moment-là, de donner une lettre qui garantit que l'État paiera
08:21plusieurs centaines de millions pour ses Jeux d'hiver.
08:25Du coup, on va patienter et on va demander surtout au CIO, qui n'a pas vraiment le choix d
08:30'ailleurs,
08:30d'attendre cette lettre pendant encore quelques semaines.
08:33À ce moment-là, un sportif fait figure de favori pour présider le futur comité d'organisation de ses Jeux.
08:39C'est le biathlète Martin Fourcade, 36 ans.
08:43Pourquoi est-ce qu'il semble cocher toutes les cases ?
08:45Martin Fourcade est le sportif français qui incarne le plus les Jeux d'hiver.
08:49C'est le biathlète qui est connu de façon internationale.
08:52Il a décroché six médailles d'or olympique, donc c'est assez conséquent.
08:56Et puis, il est membre du comité international olympique, donc c'est aussi une garantie pour les discussions futures
09:03entre le comité international qui organise réellement les Jeux, puisque c'est lui qui a la main sur les Jeux
09:09olympiques.
09:10Et puis, il rassure aussi l'État.
09:13Il a travaillé auprès de Tony Estanguet à Paris 2024, donc c'est le successeur naturel de Tony Estanguet.
09:22À ce moment-là, son nom revient beaucoup. Est-ce que lui, il est partant pour présider l'organisation de
09:27ses Jeux ?
09:28Alors, il participe à la phase de candidature, un petit peu de loin, parce que ce sont effectivement David Lapartien
09:34et les deux présidents de région qui ont pris en main ce dossier.
09:36Mais lui est là pour présenter le dossier devant les membres du CIO le 24 juillet.
09:42Et puis, il est séduit, mais Martin Fourcade, c'est quelqu'un qui d'abord aime regarder comment les choses
09:48se déroulent
09:49avant de s'engager réellement.
09:51Dans les mois qui suivent, la France est toujours instable politiquement et ça, ça inquiète le CIO.
09:56Les garanties de l'État vont tarder à arriver.
09:59Michel Barnier, qui est alors Premier ministre, va attendre début octobre pour apposer sa signature sur le document.
10:05Donc voilà, le CIO est un petit peu inquiet.
10:08Le gouvernement est renversé derrière.
10:10Du coup, le budget n'est pas voté.
10:12Il ne le sera qu'au mois de janvier.
10:14Donc, ça commence un petit peu à agacer le CIO, tout comme les soucis de mise en place de la
10:20gouvernance
10:21parce que la France disposait de trois mois pour installer le comité d'organisation
10:25et elle va mettre beaucoup plus de temps.
10:28Justement, à l'automne 2024, dans Le Parisien, vous écrivez un papier intitulé
10:32« Je cherche patron désespérément »
10:35et vous expliquez à l'intérieur qu'il n'y a toujours pas d'instance d'organisation constituée,
10:40que la nomination de Martin Fourcade est au point mort.
10:43Qu'est-ce qui se passe ?
10:44Ça cache oui parce que personne n'arrive à se mettre d'accord autour de Martin Fourcade.
10:49Clairement, l'État, le comité international olympique et le mouvement sportif
10:53souhaitent que ce soit lui qui devienne le patron.
10:56Face à deux présidents de région qui ne l'entendent pas de cette façon,
11:00eux ont d'autres candidats à pousser.
11:03Et puis, on n'arrive pas à s'entendre autour de la personnalité de Martin Fourcade.
11:07On va parler de conflit d'intérêts puisque Martin Fourcade est un sportif,
11:12même en retraite, il est énormément sollicité par les sponsors, il a des partenaires.
11:18Et du coup, pour pouvoir prendre la tête de ce comité d'organisation,
11:22il faudrait qu'il abandonne ses sponsors.
11:24Donc, tout ça va un petit peu retarder la mise en place du comité d'organisation.
11:29Et parmi les points de crispation ou de désaccord entre Martin Fourcade
11:34et les deux architectes du projet, les deux présidents de région,
11:38Laurent Wauquiez et Renaud Muselier,
11:39il y a notamment les sites qui ont été retenus pour accueillir des épreuves
11:43et qui ne semblent pas toujours être des choix très cohérents.
11:47Expliquez-nous ça.
11:47Il a fallu faire très vite pour proposer une carte des sites au comité international olympique.
11:53Et du coup, il y a deux présidents de région qui ont aussi envie de se partager les sites de
11:59compétition.
12:00Donc, dès l'instant où tout ce qui est alpin biathlon a été donné à la région Alpes-Nord,
12:07il va falloir mettre plus au sud tout ce qui reste,
12:09c'est-à-dire les épreuves de freestyle et les épreuves sur glace, le patinage, le hockey.
12:15Et c'est ainsi qu'on arrive à une carte qui, sur le papier, est plutôt chouette,
12:20mais qui, dans les réalités des faits, est très complexe, éclatée sur les deux régions.
12:26Et puis, on se demande, du coup, comment tout ça va pouvoir se coordonner.
12:32Il y a un cas qui crée beaucoup de tensions entre les différents acteurs du dossier,
12:36celui de la station Val d'Isère en Savoie.
12:39Alors, quel est le problème de Val d'Isère au juste ?
12:41Val d'Isère a été mis sur la carte d'entrée,
12:44puisque c'est la station qui organise le critérium de la première neige.
12:48Donc, c'est une épreuve de Coupe du Monde très connue au niveau international.
12:52Dans le même temps, on place Courchevel et Méribel,
12:55qui sont deux stations qui ont accueilli les derniers championnats du monde.
12:58Et du coup, on se retrouve avec un éclatement des sites.
13:02Le CIO va mettre un petit peu son grain de sel et dire que
13:05si la France veut obtenir l'organisation des Jeux,
13:09il va falloir qu'elle revoie un petit peu ses cartes.
13:11Et du coup, avec cette même logique de partage,
13:13on va retirer un site dans le sud, qui est Isola 2000,
13:17et un site dans le nord, qui est Val d'Isère.
13:20Seulement, ce choix, qui est au départ assumé par les porteurs du projet,
13:26va fortement agacer Jean-Claude Killy,
13:28qui est le héros français des Jeux de 1968.
13:33C'est sa station, Val d'Isère,
13:34et il va s'insurger contre ce choix.
13:38Du coup, Val d'Isère est remis officiellement sur la carte
13:42avec un point d'interrogation.
13:44Wauquiez a promis que si Val d'Isère était rajouté,
13:47c'est la région Aura qui financerait.
13:51Seulement, il ne s'était sans doute pas aperçu
13:52qu'à l'époque, ça risquait de coûter entre 60 et 80 millions d'euros.
13:57Sandrine Lefèvre, dans ce partage des épreuves
14:00entre le nord et le sud,
14:01il y a aussi des arbitrages qui posent question
14:03sur le plan écologique.
14:05C'est le cas des sports sur glace.
14:07Expliquez-nous ça.
14:07L'idée est de les installer au cœur du stade de Nice,
14:13donc un stade de football,
14:14qui est bien sûr ouvert,
14:16et ça ne pose pas de soucis pour les organisateurs
14:21qui se disent qu'on n'a qu'à couvrir le stade
14:23pour ensuite le climatiser,
14:25puisqu'on doit organiser des épreuves sur glace.
14:28Et là, forcément, ça renvoie à la Coupe du Monde de foot au Qatar.
14:33On avait beaucoup décrié à l'époque les stades climatisés,
14:38et là, on s'oriente vers quelque chose qui va ressembler à ça.
14:41C'est un non-sens écologique.
14:43Les deux présidents de région, porteurs du projet,
14:45ont aussi imposé des choix surprenants
14:47pour les cérémonies d'ouverture et de clôture de ces Jeux.
14:51Racontez-nous ça.
14:52Laurent Wauquiez, lui, qui avait d'abord expliqué en phase de candidature
14:55qu'il faudrait qu'elle soit dehors,
14:57avec le magnifique décor des Alpes derrière,
14:59maintenant, a décidé que ce serait à Lyon,
15:03au stade Groupama Stadium.
15:05L'inconvénient de ce site,
15:08c'est qu'il n'y a aucun sportif à moins de 300 km de là.
15:12Tous les sportifs vont être en station,
15:14vont être aussi du côté de Nice.
15:16L'autre délire, c'est la cérémonie de clôture.
15:20Le lieu, c'est Christian Estrosi, le maire de Nice,
15:24qui va l'imaginer un jour,
15:25et va se dire, tiens, nous, puisque les Parisiens ont organisé
15:29la cérémonie d'ouverture des Jeux de 2024 sur la scène,
15:32nous, on va la mettre, la cérémonie de clôture, en 2030,
15:35sur la promenade des Anglais.
15:37Ce n'est absolument pas arrêté.
15:38On imagine désormais que tout le monde va se mettre autour de la table
15:42et puis qu'une fois qu'un directeur artistique sera nommé,
15:46on y verra plus clair sur les sites.
15:49Fin décembre, dans Le Parisien, vous écrivez un long papier titré
15:52« Jeux d'hiver 2030, déjà l'état d'urgence »
15:55pour expliquer à quel point ces Jeux semblent mal embarqués.
15:58Il y a notamment des vraies craintes et des zones d'ombre
16:01sur le budget de ces Jeux. Pourquoi ?
16:03Alors au tout début, les politiques avaient estimé
16:06que le comité d'organisation devait avoir un budget
16:10d'environ un milliard d'euros.
16:12Dès le départ, côté État et côté mouvement sportif,
16:16on leur explique que un milliard, ça ne va pas tenir.
16:19Résultat, quelques mois après, on présente un projet
16:22uniquement pour le comité d'organisation de 2,1 milliards d'euros.
16:27Un budget auquel s'ajoute celui de la Société de livraison
16:30des ouvrages olympiques.
16:31C'est ce qui va notamment servir à construire la patinoire
16:35qui manque en face du stade de Nice.
16:38Du coup, on est autour d'un budget global de 2,7 milliards d'euros actuellement.
16:43Si on veut comparer avec Paris 2024,
16:45le budget du comité d'organisation avait atteint à la fin
16:484 milliards d'euros.
16:49C'est un projet beaucoup plus faramineux
16:51avec très peu d'argent public
16:54puisque les jeux d'été ont tendance à s'équilibrer
16:57entre les sponsors, ce que le CIO apporte
17:01et puis la billetterie.
17:02Pour les jeux d'hiver, le modèle est complètement différent.
17:06La billetterie est moins importante,
17:08les sponsors aussi beaucoup moins nombreux.
17:12Du coup, l'argent privé ne suffira pas
17:14et on va être obligé d'injecter de l'argent public.
17:16Et là, sur un budget de 2,1 milliards pour le comité d'organisation,
17:20il est prévu de mettre 500 millions d'euros d'argent public.
17:25Sandrine Lefebvre, cette année, le 3 février,
17:28après des semaines de tensions,
17:29Martin Fourcade annonce dans une lettre qu'il renonce,
17:32en clair qu'il ne veut pas être nommé à la tête du futur comité d'organisation de ces jeux.
17:37Qu'est-ce qu'il dit en résumé dans cette lettre ?
17:39Martin Fourcade jette l'éponge, il explique qu'il y a des divergences beaucoup trop importantes
17:44et qu'il n'a pas envie de sacrifier ses convictions personnelles dans ce projet.
17:50Mon ambition pour ces jeux est claire,
17:52ils doivent être en phase avec leur époque,
17:53pleinement conscients des enjeux écologiques
17:55et ancrés dans la réalité économique de notre pays.
17:58Cette vision n'est pas partagée par tous les acteurs de ce dossier,
18:00et je le regrette.
18:01Je ne peux me résoudre à sacrifier mes convictions.
18:03Lui a déjà une vision pour ces jeux olympiques.
18:06Il a travaillé auprès de Tony Stanguet pour les jeux d'été.
18:09Il est membre du CIO,
18:11et il a envie que ce soit cette fois le projet de la montagne,
18:15les jeux d'hiver de demain.
18:17Les acteurs politiques ont envie de décider à peu près de tout dans ce projet.
18:21Et Martin Fourcade, lui, s'imaginait être un président un peu comme était Tony Stanguet,
18:27c'est-à-dire un président assez libre dans ses convictions, dans ses choix.
18:31Là, Martin Fourcade a un petit peu l'impression qu'il va avoir les mains liées
18:37et qu'il ne sera pas grand décideur du projet.
18:40J'imagine que c'est un peu la stupeur à ce moment-là ?
18:42C'est la stupeur côté État, côté CIO et côté mouvement sportif.
18:47Jusqu'au bout, on a essayé d'installer Martin Fourcade.
18:52Et c'est carrément le soulagement du côté des deux régions.
18:56Laurent Wauquiez va rester un petit peu à l'écart des polémiques.
19:01Et puis il y a Renaud Muselier qui, lui, va carrément parler d'un bol d'air.
19:04Donc son message veut dire bon débarras, au revoir Martin Fourcade.
19:08Martin, je ne le connaissais pas.
19:09Moi, je ne connaissais que l'immense champion qu'il est, qu'il y reste d'ailleurs.
19:12Mais après, ce n'est pas parce qu'on a un immense champion
19:14qu'on est capable de piloter le coujou.
19:18Au moment de cette démission, les acteurs des Jeux d'hiver
19:21cherchent déjà un nouveau candidat en ordre dispersé.
19:25Il n'y a pas de plombée qui avait été prévue.
19:27Et du coup, tout le monde va décrocher son téléphone.
19:30Renaud Muselier, lui, va songer à Teddy Riner.
19:33Ça fait sourire tout le monde.
19:34Teddy Riner, c'est un immense champion qui incarne parfaitement le sport français.
19:38On l'imagine un peu moins à la montagne.
19:41Puis surtout, Teddy Riner, il prépare les Jeux de Los Angeles en 2028.
19:46Donc, il n'a aucune envie de s'investir à fond dans le projet des Alpes.
19:51Mais ce n'est pas grave, Renaud Muselier s'est dit qu'il ferait un excellent ambassadeur.
19:56Et donc, il l'a contacté.
19:57C'est finalement le profil d'Edgar Gropiron, 55 ans, qui finit par s'imposer.
20:02Est-ce que vous pouvez nous le présenter ?
20:04Edgar Gropiron, c'est le champion des Jeux d'Alberville.
20:07Il avait remporté la médaille d'or en ski de bosse.
20:10Ceux qui ont vécu 1992 et les Jeux d'Alberville se souviennent de lui.
20:15C'est un petit peu le fêtard, le sportif fêtard, un peu déjanté avec une combinaison rouge et un haut
20:22multicolore.
20:23Et puis, il virevoltait sur la piste de la Clusa.
20:27Rien n'est fait, tout est à faire et Edgar ne rate pas son coup.
20:30Il est super sur le saut, en rythme, comme il le veut.
20:33L'impression artistique est parfaite.
20:35Gropiron n'a pas besoin de prendre trop de risques.
20:37Il file vite, bien groupé.
20:39Il est le meilleur et le prouve encore.
20:43Edgar Gropiron aura 23 ans le 17 mars prochain.
20:46Il est double champion du monde et il est en route pour une gloire éternelle.
20:50Il devient le premier champion olympique de cette spécialité.
20:53Donc, il a marqué les esprits.
20:56Depuis, on le voyait beaucoup moins dans les instances françaises.
21:00Il était dans les instances du comité international olympique.
21:04Edgar Gropiron a l'avantage de connaître le comité international olympique.
21:09Il est proche de Renaud Muselier, de Laurent Wauquiez.
21:12Il habite près d'Annecy.
21:15Donc, voilà, il cochait à peu près toutes les cases.
21:19Le mardi 18 février, vous êtes en reportage pour le Parisien au Groupama Stadium de Lyon
21:24où est officiellement présenté le comité d'organisation des Jeux d'hiver 2030,
21:30présidé par Edgar Gropiron.
21:32Quelle est l'ambiance sur place ?
21:34Il y a beaucoup de monde, mais beaucoup d'élus politiques des deux régions,
21:38de toutes les stations et les villes qui sont concernées par les futurs sites hôtes.
21:45Et puis, il y a un petit peu de sportifs, très peu.
21:49Donc, il y a également les deux présidents de région,
21:52Fabrice Pancou qui a remplacé Laurent Wauquiez, la tête de la région, aura.
21:56Renaud Muselier est là pour notamment faire le show sur la Seine
21:59puisque c'est quelqu'un de très volubile qui explique toute sa fierté d'organiser les Jeux Olympiques dans sa
22:06région.
22:07Donc, on se dit, bon allez, ça va enfin se mettre en route.
22:12Sandrine Lefebvre, on l'a vu, les démarrages de ces Jeux d'hiver ont été très compliqués.
22:16Quels sont les premiers gros chantiers qui attendent maintenant Edgar Gropiron à la tête de l'organisation de ces Jeux
22:22?
22:22Edgar Gropiron va d'abord devoir se trouver une équipe.
22:26Il va aussi sans doute devoir revoir la carte des sites
22:28puisqu'on sait pertinemment qu'il va falloir revoir cette carte qui est particulièrement éclatée.
22:35Or, plus une carte est éclatée, plus les frais sont importants
22:41puisqu'à chaque fois, il faut installer un village olympique pour les athlètes.
22:46Il faut pouvoir acheminer les spectateurs et les sportifs sur les lieux de compétition.
22:51Puis surtout, il va aussi falloir qu'ils trouvent un sens à ces Jeux d'hiver.
22:57Qu'ils écrivent le récit, la vision.
22:59On se souvient qu'à Paris 2024, l'histoire était des Jeux ouverts au plus grand nombre
23:05et dans des sites iconiques.
23:08C'est de cette histoire qu'a découlé la cérémonie d'ouverture sur la Seine,
23:12qu'a découlé l'organisation des compétitions près des monuments de Paris.
23:16Donc, il va falloir qu'il écrive toute cette histoire, Edgar Gropiron.
23:20Il n'a plus que cinq ans pour le faire, c'est très peu.
23:23Si on rembobine un petit peu l'histoire de Tony Estanguet avec les Jeux d'été,
23:29Tony Estanguet a mis les mains dans le cambouis à partir de 2014
23:34pour des Jeux qui ont été organisés dix ans plus tard.
23:38Là, Edgar Gropiron dispose de Boitimoin.
23:45Merci à Sandrine Lefebvre.
23:47Cet épisode de Côte-Source a été produit par
23:49Clara Garnier-Amourou, Clara Grousis et Pénélope Gualquierotti.
23:54Réalisation Julien Moukoukiole.
23:55N'hésitez pas à vous abonner à Côte-Source sur votre plateforme d'écoute préférée
23:59ou sur la chaîne YouTube du Parisien.
24:01À laisser des pouces en l'air, des étoiles, des commentaires.
24:04C'est ce qui nous aide le plus à nous faire connaître.
24:06On vous invite également à écouter notre podcast entièrement consacré aux faits divers,
24:11Crime Story.
24:12Chaque samedi, une nouvelle affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
24:16avec Damien Delsenis, le chef du service police-justice du Parisien.
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