Passer au playerPasser au contenu principal
Le 9 juin dernier, le projet de loi sur la fin de vie est abandonné avec la dissolution de l’Assemblée nationale. Retour sur une réforme « mise en pause » au travers de l’histoire de Loïc Résibois, figure de ce combat, décédé le 24 septembre dernier.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy, Clémentine Spiler et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France 2

#findevie #sante

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 3 octobre, Michel Barnier, le chef du gouvernement, s'est prononcé à titre personnel en faveur du projet de
00:18loi sur la fin de vie.
00:19Ce texte, prévoyé de légaliser en France une aide active à mourir sous conditions strictes,
00:25il a été abandonné en raison de la dissolution de l'Assemblée le 9 juin.
00:28Aujourd'hui, des députés favorables à cette réforme veulent pousser le gouvernement à agir rapidement,
00:33mais le calendrier législatif n'est pas encore arrêté.
00:37Codesources fait le point sur cette réforme mise en pause depuis le 9 juin,
00:41à travers l'histoire de Loïc Rézybois, un homme atteint de la maladie de Charcot,
00:45qui avait témoigné dans Codesources au mois de mai 2024 et qui est mort à 47 ans le 24 septembre.
00:52Cet épisode de Codesources est raconté par Bérangère Lepetit, journaliste au service Société du Parisien,
00:57en charge du dossier de la fin de vie.
01:05Bérangère Lepetit, depuis le mois de juillet, un député favorable à l'aide à mourir,
01:10le centriste Olivier Falorni, 52 ans, veut relancer la loi sur le sujet.
01:15Expliquez-nous ça.
01:15Olivier Falorni, il est réélu député au mois de juin et il fait un petit peu un coup, comme on
01:22dit, en juillet.
01:24Il dépose le premier texte, la première proposition de loi de la nouvelle législature.
01:30Il redépose le texte tel quel, qui était en débat à l'Assemblée avant la dissolution, pour l'aide active
01:37à mourir.
01:38En fait, il dit qu'il faut vraiment reprendre les débats en l'État.
01:41Il fait renaître, finalement, le texte avec tous les amendements qui avaient été déjà adoptés à l'Assemblée,
01:48sachant que six articles avaient été adoptés au moment où Emmanuel Macron a annoncé la dissolution.
01:53Il dit que les débats doivent reprendre.
01:56C'était la réforme, la grande réforme sociétale annoncée par le président Emmanuel Macron.
02:00Il est hors de question qu'on abandonne le texte.
02:03Le jeudi 3 octobre, pour la première fois, le nouveau chef du gouvernement, Michel Barnier,
02:08se dit d'accord avec le projet de loi ouvrant l'accès à une aide à mourir en France.
02:12Il le dit à la télévision sur France 2.
02:14Sur la fin de vie, vous avez dit que vous vouliez reprendre le dialogue.
02:18En fait, il y avait un flou jusqu'à présent, parce que Michel Barnier est connu plutôt pour ses positions
02:23conservatrices.
02:24Donc on ne savait pas s'il allait soutenir ce projet de loi.
02:27Et pour la première fois, il se dit personnellement d'accord sur l'aide à mourir.
02:31Le débat eut lieu à l'Assemblée nationale sur un projet de loi avec lequel j'étais personnellement d'accord,
02:37qui était suspendu à cause de la dissolution.
02:40J'ai dit, je confirme, que je suis favorable à reprendre le travail.
02:50Bérangère Lepetit, on va raconter comment ce projet de loi a failli être voté à l'Assemblée nationale,
02:55juste avant la dissolution du dimanche 9 juin, à travers l'histoire d'un homme qui a témoigné, d'ailleurs,
03:01dans Code Source,
03:02un certain Loïc Résibois.
03:03On va remonter quelques années en arrière.
03:05Si on se place dans les années 2010, Loïc Résibois, qui est-il ?
03:09Loïc Résibois, c'est un homme d'une quarantaine d'années, qui est policier aux renseignements généraux.
03:15Il est marié à Caroline, une femme qu'il a rencontrée au lycée, à Brest, parce que tous les deux,
03:20ils viennent de Bretagne.
03:22De fil en aiguille, ils se sont installés en Picardie, où ils habitent près d'Amiens, dans une maison.
03:27Et donc, Loïc et Caroline ont eu deux enfants, Capucine et Martin, qui aujourd'hui ont une vingtaine d'années.
03:33Loïc et Caroline, ils sont heureux ensemble ?
03:36Loïc et Caroline, ils sont très heureux ensemble.
03:39Ils le disent, enfin Loïc me l'a dit, j'étais fou de bonheur.
03:44Loïc, c'est un homme qui aime son métier, qui a une famille épanouie,
03:47et qui a aussi, je pense, beaucoup de passion dans la vie.
03:51C'est quelqu'un qui est très joueur, qui aime le sport, et il joue notamment beaucoup au tennis.
03:56Un jour, en 2019, il s'aperçoit, après une partie de tennis, que sa main tremble.
04:01Et deux ans plus tard, le diagnostic tombe, donc c'est la maladie de Charcot.
04:04Donc la maladie de Charcot, c'est une maladie incurable, très grave,
04:08qui entraîne la paralysie progressive des membres.
04:11Donc les malades de Charcot, ils finissent avec des gros problèmes pour parler, pour respirer, pour manger.
04:19Et à partir de ce moment-là, Loïc, en gros, apprend qu'il a une espérance de vie fixée entre
04:243 et 5 ans.
04:25Après avoir appris qu'il ait atteint de la maladie de Charcot,
04:28Loïc Rézibois s'engage au sein d'une association,
04:31l'Association pour le droit à mourir dans la dignité, et il ouvre un compte Instagram.
04:36Ça va être son dernier combat.
04:37Ça va donner un sens à sa vie.
04:39Il ouvre ce compte Instagram qui va très vite être suivi
04:43par beaucoup de personnes, beaucoup de malades, notamment, qui lui écrivent tous les jours.
04:48Donc sur ce compte, Loïc, il raconte sa vie, en gros, sa vie de malade.
04:53Il parle un petit peu de son quotidien, de son état de santé qui se détériore forcément,
04:58mais il y a aussi beaucoup de moments assez joyeux, de sa vie en famille,
05:03où il raconte aussi sa vision de la vie, qu'il faut profiter vraiment de chaque instant.
05:07C'est très touchant de le voir sur ce compte.
05:12On s'attache à lui, en fait, en voyant toutes ces petites vidéos.
05:18Il dit « la maladie est un exhausteur de vie ».
05:20C'est un peu son mantra.
05:23C'est ce que dit aussi sa femme Caroline, c'est que paradoxalement,
05:26même pendant la maladie, leur vie reste joyeuse,
05:29parce qu'en fait, il se rend compte que, voilà, très vite,
05:32de toute façon, il va arrêter de travailler, Loïc Rézibois et sa femme aussi.
05:36Donc, ils passent beaucoup de temps ensemble.
05:38Et, en fait, ils essayent vraiment de ne pas s'apitoyer sur leur sort,
05:42de profiter de chaque instant, même s'il y a très vite des difficultés,
05:45même pour se déplacer.
05:46Donc, il y a ce fauteuil roulant qui va faire partie de leur vie.
05:49Mais ils continuent à faire plein de trucs, à avoir des amis.
05:53C'est aussi son propre combat personnel,
05:55de continuer à vivre un peu normalement, finalement.
05:58Bérangère Lepetit, le 12 septembre 2022,
06:01Emmanuel Macron annonce la création d'une convention citoyenne sur la fin de vie.
06:06150 citoyennes, citoyens, qui vont devoir consulter, réfléchir, débattre
06:10de la nécessité ou non de faire évoluer la loi.
06:13Rappelez-nous ce que dit la loi en France, jusqu'ici, sur le sujet.
06:16La loi dite Claes Leonetti, du nom de deux députés.
06:19En fait, la loi prévoit que le malade incurable peut demander l'autorisation
06:24d'accéder à la sédation profonde et continue.
06:26Donc, qu'est-ce que c'est la sédation profonde et continue ?
06:28C'est, en fait, on endort le malade qui arrive en fin de vie.
06:32On arrête les soins, on arrête de le nourrir, de l'hydrater.
06:36Dans les faits, le malade s'endort et il finit par mourir, en général,
06:40de déshydratation au bout de quelques heures, quelques jours.
06:42Mais ça peut durer jusqu'à une semaine, dix jours.
06:44Et, en fait, ce qu'il faut savoir, c'est que c'est vraiment très strict
06:49pour pouvoir bénéficier de cette sédation profonde.
06:52Le malade doit beaucoup souffrir et son décès doit être considéré
06:57comme étant imminent par les soignants.
07:00La Convention citoyenne sur la fin de vie rend son rapport au gouvernement
07:03le 2 avril 2023. Quel est cet avis ?
07:06Donc, c'est un avis qui statue vraiment en faveur du développement
07:12des soins palliatifs et surtout de l'ouverture sous condition,
07:16en France, du suicide assisté et de l'euthanasie.
07:19Alors, quand on parle de suicide assisté et d'euthanasie,
07:22que veulent dire ces deux mots ?
07:23En fait, le suicide assisté, ça veut dire que le malade, en fin de vie,
07:27va pouvoir s'administrer lui-même en produit létal,
07:31un produit qui donne la mort sous forme d'injection.
07:34Tandis que l'euthanasie, c'est quand une autre personne
07:37lui administre ce produit létal.
07:39Et c'est aussi parce que certains malades, en fin de vie,
07:43ils n'ont plus les capacités physiques de s'administrer ce produit.
07:50Le dimanche 10 mars, le président Emmanuel Macron parle de la fin de vie
07:53dans une interview accordée au journal catholique La Croix
07:56et Libération, les deux journaux en même temps.
07:58Que dit-il ?
07:59Il annonce qu'il va y avoir un projet de loi.
08:01Il se base notamment sur les travaux de la Convention citoyenne.
08:05Il dit que la loi actuelle, donc la fameuse loi Claes-Leonetti,
08:09ne suffit pas, qu'il y a plein de malades qui ne peuvent pas en bénéficier.
08:13Et il dit qu'il faut légiférer sur l'aide à mourir.
08:16Bérangère Lepetis a fait des décennies qu'il y a un débat en France sur l'euthanasie.
08:21Oui, le débat existe en France depuis plus de 40 ans.
08:23Il faut rappeler que la DMD, donc l'Association pour le droit de mourir dans la dignité,
08:27qui milite en faveur de l'euthanasie, s'est créée en 1980.
08:32Les présidents qui se sont succédés ont plutôt reculé devant la loi,
08:36notamment François Hollande, qui l'avait quand même inscrit dans son programme en 2012,
08:40qui avait pris l'engagement.
08:41Et en fait, il n'a pas légiféré.
08:43Enfin, ça a donné lieu à la loi Claes-Leonetti de 2016.
08:47Donc c'est quand même un débat qui est très vivant et qui est très ancien maintenant.
08:53Évidemment, c'est une question qui divise, donc ce n'est pas facile politiquement.
08:56Effectivement, je pense qu'il y a pas mal de femmes et de femmes politiques qui ont reculé devant ce
09:00projet de loi.
09:01Malgré tout, ce qu'on peut dire, c'est que l'opinion publique, aujourd'hui,
09:04est très largement favorable à mettre en place l'euthanasie.
09:08Depuis des années, il y a plus de 80% de la population française qui est favorable.
09:12Et là, le dernier sondage en date de l'IFOP, qui date de mai dernier,
09:16dit que 92% des Français se déclarent favorables à l'euthanasie.
09:20Le lundi 22 avril, le projet de loi sur la fin de vie arrive à l'Assemblée nationale,
09:25d'abord en commission, puis dans l'hémicycle.
09:27Et le 14 mai, Loïc Rézibois, donc cet homme atteint de la maladie de Charcot,
09:31témoigne dans Code Source.
09:33Il explique qu'il se bat pour pouvoir mourir en France et qu'il espère bénéficier de cette loi.
09:37L'aide active à mourir, c'est à la fois la garantie d'une mort sans douleur au moment voulu,
09:45et ça c'est important, mais c'est surtout la garantie d'une fin de vie sereine.
09:51En fait, quand vous savez que vous disposez de cette espèce de joker,
09:56mais vous vivez votre fin de vie complètement différemment, avec sérénité,
10:01« Moi, je veux simplement qu'on respecte le choix du malade. »
10:08Il n'y a que lui qui peut savoir s'il n'en peut plus.
10:11Le jeudi 6 juin, Bérangère Lepetit, le principe d'une aide active à mourir est adopté à l'Assemblée.
10:17Oui, c'est ce fameux article 5 du projet de loi qui est adopté après des débats intenses à l
10:23'Assemblée.
10:24Les députés s'accordent sur le fait que le malade en fin de vie va pouvoir accéder à l'aide
10:29à mourir,
10:30mais ils excluent la possibilité qu'un proche puisse lui administrer la substance télétale.
10:36En fait, ce sera uniquement les soignants, donc les médecins, les infirmiers, les infirmières,
10:42qui pourront lui administrer cette substance.
10:45Bérangère Lepetit, à ce moment-là, l'Assemblée nationale est à quelques jours de voter le texte
10:49de façon définitive en première lecture.
10:51C'est ça, parce qu'en fait, il reste néanmoins 15 articles encore à débattre, à discuter,
10:57mais on n'est à même pas 10 jours, parce qu'ils ont jusqu'au 14 juin pour se prononcer
11:05sur le texte.
11:06Le vote solennel est prévu le 18 juin, donc on arrive presque au bout finalement.
11:11Le dimanche 9 juin, on apprend qu'Emmanuel Macron va s'exprimer au soir des élections européennes
11:17remportées par Jordan Bardella pour le RN.
11:19Que se dit Loïc Résibois, qui vit donc près d'Amiens dans la Somme,
11:23à ce moment-là, quand il entend qu'Emmanuel Macron va parler ?
11:26À ce moment-là, il est devant sa télé avec sa femme, et il me dit,
11:30et là je me suis dit, il va dissoudre ce con.
11:34Il y a effectivement la dissolution qui est prononcée.
11:36Et en fait, le lendemain de cette annonce, il est vraiment très en colère,
11:40parce que lui est vraiment dans son rôle de militant pour l'aide active à mourir.
11:45Et en fait, il pense à tous ces malades, tous ces gens avec qui il communique au quotidien,
11:50qui attendent la loi, parce que certains espèrent pouvoir en bénéficier.
11:54Il est vraiment très déçu, parce qu'il veut vraiment mourir en France, Loïc Résibois.
11:59Il ne veut pas aller en Belgique ou en Suisse,
12:01où il pourrait bénéficier du suicide assisté ou de l'euthanasie.
12:04Il me dit, moi, je lui demandais à me faire euthanasier de façon illégale en France.
12:08Oui, parce que concrètement, qu'est-ce qu'il se passe avec cette dissolution ?
12:11Il n'y a plus d'assemblée, et le projet de loi sur la fin de vie n'existe plus.
12:15Voilà, ça rend complètement caduque ce qui a été débattu jusqu'à présent.
12:19Ça faisait des mois, des années qu'ils attendaient ça,
12:22et là, tout est mis à plat.
12:25Il y a un énorme sentiment de gâchis, en fait.
12:28Ils avaient l'impression qu'on était à deux doigts de changer la société,
12:32de faire cette réforme sociétale.
12:33Et là, il y a beaucoup de colère, beaucoup de déception.
12:40L'état de santé de Loïc Résibois se dégrade.
12:43Que font-ils avec son épouse Caroline pendant l'été ?
12:46Pendant l'été, il part à l'île de Ré, dans sa maison familiale.
12:52Finalement, ils ont un été qui est plutôt agréable,
12:55parce qu'il y a beaucoup d'amis, leurs proches qui les rejoignent.
12:59Ils vont à la plage tous les jours.
13:01Il arrive, grâce à un système assez ingénieux, à pouvoir aller dans l'eau.
13:06Mais son état de santé, effectivement, se dégrade beaucoup.
13:10Il a de plus en plus de mal, notamment, à parler.
13:13D'ailleurs, quand je l'ai au téléphone, je m'en rends compte,
13:15parce que son élocution devient de plus en plus difficile.
13:20Il a besoin de s'équiper de son appareil respiratoire pour mieux pouvoir respirer.
13:25Pendant l'été, le couple prépare les derniers instants de Loïc, et c'est très compliqué.
13:30Oui, c'est compliqué, parce que Loïc va prendre la décision de se servir de la loi actuelle,
13:34la loi Clès-Leonetti.
13:36En fait, ils vont rencontrer des médecins qui, au début, vont refuser,
13:41parce qu'ils estiment que le risque de mort n'est pas assez imminent.
13:45Et puis, ils vont avoir du mal à trouver un soignant qui est d'accord pour lui administrer cette injection,
13:53qui lui permet de s'endormir.
13:55Sur l'île de Ré, c'est compliqué.
13:57Le cabinet infirmier, qui est le plus proche de chez eux, refuse.
14:00Et ça, Loïc et Caroline, ça les met dans une situation très inconfortable,
14:06et Loïc, ça l'angoisse beaucoup.
14:07Mais ils vont quand même réussir à trouver un infirmier qui accepte de les aider,
14:11un infirmier de la région.
14:12Oui, finalement, c'est un infirmier de La Rochelle qui va accepter de venir à l'île de Ré.
14:16Il a été touché par la situation de Loïc, par son combat.
14:19Et finalement, il sort de son secteur pour faire cette sédation.
14:22Le lundi 23 septembre, Loïc Rézibois témoigne une nouvelle fois de ce qu'il vit
14:27et de son combat pour mourir en France, à l'île de Ré.
14:30C'est chez nos confrères de France 2 qui l'ont vu sur l'île de Ré,
14:34cinq jours avant la diffusion de ce reportage.
14:36Loïc Rézibois ne peut quasiment plus se passer de son respirateur.
14:41Il est totalement dépendant.
14:43Son corps est devenu sa prison.
14:45Bérangère Lepetit, qu'est-ce qu'on voit dans ce reportage ?
14:48En fait, on voit Loïc Rézibois dans les derniers jours de sa vie.
14:51Finalement, on le voit à l'IT, mais on voit qu'il continue à se battre.
14:55Et on voit qu'il continue notamment à alimenter son compte Instagram,
14:59toujours à répondre aux gens tous les jours.
15:01Et on se rend bien compte que ça donne vraiment un sens à sa vie, ce combat.
15:05J'aspire à pouvoir choisir le moment où je m'en irai,
15:08où je quitterai la jôle que devient mon propre corps.
15:11Moi, c'est pour.
15:13Tout c'est ma reine.
15:14Tout ce moment.
15:18Bérangère Lepetit, le lendemain de la diffusion de ce reportage,
15:21le mardi 24 septembre,
15:22vous apprenez la mort de Loïc Rézibois.
15:25Il avait 47 ans.
15:26Vous échangez au téléphone avec son épouse quelques jours plus tard.
15:29Vous êtes d'abord frappé par sa voix qui reste claire.
15:32Cette femme vient de perdre l'homme qu'elle aimait depuis 30 ans.
15:36Elle est très courageuse.
15:38Elle n'a aucun moment pendant l'interview où elle flanche.
15:42Et sa voix, voilà, je l'ai au téléphone,
15:44mais sa voix reste très claire, très précise dans ses propos.
15:48Elle vous raconte comment Loïc est parti à un moment très apaisé,
15:52où il a même fait de l'humour.
15:53En fait, elle me raconte qu'avec sa fille Capucine,
15:57elle était assise près de son lit,
15:59et que Loïc était alité, qui s'est tourné vers sa femme et sa fille
16:03et leur a dit « Ah, vous êtes belles ! »
16:05Et là, il a vu l'infirmière à côté,
16:09un peu par gentillesse,
16:10et puis pour faire une pointe d'humour,
16:12il lui a dit, il s'est retourné vers l'infirmière,
16:14elle se dit « Et vous aussi, vous êtes belles ! »
16:16Et apparemment, tout le monde a explosé de rire.
16:18Après l'injection du produit,
16:19Loïc Rézibois s'est endormi
16:21et il est mort peu de temps après,
16:23contrairement à ce que craignaient Caroline et la famille.
16:25Cette femme que vous avez eue en ligne,
16:27qu'est-ce qu'elle vous dit de l'attitude de son mari
16:29dans les derniers moments de sa vie ?
16:31En fait, c'est très beau et très touchant
16:33ce qu'elle dit, Caroline Rézibois.
16:35Elle dit qu'elle doit être digne de Loïc Rézibois,
16:37que finalement, il lui a donné l'exemple,
16:39il a tracé le chemin en restant droit,
16:41en restant digne, en restant courageux,
16:43et qu'en fait, elle doit suivre son exemple
16:45et que c'est une leçon de vie qu'il lui a donnée,
16:48et qu'elle, elle veut vraiment aussi reprendre
16:50le flambeau de son combat pour ça,
16:53pour être exemplaire comme il a été exemplaire.
16:56Et pour Caroline, le combat de son mari continue,
16:59même s'il n'est plus là.
17:00Caroline Rézibois, elle a vraiment envie
17:02de continuer ce combat, voilà, pour son mari,
17:05parce qu'elle l'a promis aussi à son mari.
17:07Elle va continuer à alimenter le compte Instagram,
17:09elle va continuer à répondre aux nombreux messages
17:12que lui adressent les malades tous les jours.
17:15Caroline Rézibois, avec notamment le député Olivier Falorni,
17:18elle veut continuer à militer pour qu'il y ait enfin
17:21une loi en France.
17:22Et concrètement, ça peut bouger dans les mois qui viennent ?
17:24À partir du moment où le gouvernement, là,
17:27s'est prononcé en faveur de la reprise des débats,
17:29enfin, il y a quand même eu une parole claire
17:31du Premier ministre sur le sujet,
17:32on peut espérer qu'à partir de début 2025,
17:36ça bouge ouai.
17:51Merci à Bérongère Lepetit.
17:53Cet épisode de Code Source a été produit par
17:55Raphaël Pueillot, Clémentine Spiller et Thibault Lambert.
17:58Réalisation, Julien Moncouquiol.
18:00Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
18:03N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode.
18:06Et puis n'oubliez pas le second podcast du Parisien,
18:09Crime Story, chaque samedi une affaire criminelle
18:12racontée par Claudia Prolongeau
18:13avec Damien Delsenis,
18:14le chef du service police-justice du Parisien.

Recommandations