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Le chirurgien François Jourdel vient de passer un mois dans la bande de Gaza, en mission pour l’association humanitaire MSF.
Il raconte dans Code source le quotidien des gazaouis et le chaos de la guerre. Récit.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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NewsTranscription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:04Le procès de Cédric Jubilard s'est ouvert ce lundi 22 septembre,
00:08jugé pour le meurtre de sa femme Delphine Jubilard, dont le corps n'a jamais été retrouvé.
00:13Nous vous renvoyons vers notre podcast Crime Story, qui raconte l'affaire en 6 épisodes,
00:19et nous reviendrons bien sûr sur ce procès dans Codesource.
00:27Plus de 65 000 morts, dont une majorité de civils, dans la bande de Gaza depuis le début de la
00:33guerre d'Israël contre le Hamas,
00:35guerre provoquée par l'attaque terroriste du 7 octobre 2023,
00:39dans laquelle plus de 1200 Israéliens ont été tués, en majorité des civils.
00:43Des dizaines d'Israéliens ont aussi été pris en otage.
00:47L'ONU a déclaré officiellement l'état de famine à Gaza le 22 août.
00:51Le vendredi 19 septembre, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gautierrez,
00:57a déploré une situation, je cite, « moralement, politiquement et légalement intolérable à Gaza ».
01:04Alors pour essayer de comprendre ce que vivent les Gazaouis aujourd'hui,
01:07nous avons un invité dans Codesource, François Jourdel, un chirurgien français,
01:12qui vient de faire une mission humanitaire d'un mois à Gaza pour MSF.
01:22Bonjour François Jourdel.
01:23Bonjour.
01:24Alors quelques mots pour vous présenter d'abord, pour mieux vous connaître,
01:27avant que vous nous racontiez ce que vous avez vu à Gaza, un témoignage rare,
01:30puisque les journalistes étrangers n'ont pas le droit de s'y rendre.
01:33Vous avez 54 ans, vous avez trois filles qui ont 20, 18 et 16 ans.
01:38Vous êtes originaire de Lille, dans le Nord, mais vous vivez depuis une vingtaine d'années
01:42en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa.
01:44Nouméa, d'où vous nous parlez aujourd'hui ?
01:46La Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud.
01:49Pourquoi est-ce que vous aimez vivre en Nouvelle-Calédonie ?
01:52Alors pour plusieurs raisons.
01:55Je dirais la première, pour être très honnête,
01:57c'est qu'habitant le nord de la France, j'ai toujours aimé pratiquer la planche à voile,
02:02tous les sports nautiques.
02:03Et il se trouve que pendant mon adolescence,
02:06je regardais les magazines qui s'appelaient que « Wind Magazine », par exemple,
02:10et il y avait régulièrement des images d'un windsurfer célèbre en Nouvelle-Calédonie
02:14qui s'appelle Robert Territéo.
02:16Et depuis toujours, j'avais un peu ce rêve d'aller voir ces plages où il y a du vent.
02:22Et donc, à l'issue de ma formation de chirurgien orthopédiste en Nouvelle-Calédonie,
02:27après quelques années d'internat, d'assistanat, de chef de clinique à Grenoble,
02:31j'ai eu l'opportunité de venir faire un remplacement en 2004.
02:35Et j'ai rencontré la Nouvelle-Calédonie
02:39et l'équipe de chirurgiens orthopédistes, dirigée à l'époque par le docteur Jean-Louis Labbé.
02:45Et en fait, le contact a été très bon.
02:47Et il se trouve que Jean-Louis Labbé partait aussi régulièrement avec Médecins Sans Frontières.
02:52Donc le contact a été très très bon avec le chef de service et l'ensemble des collègues.
02:58Donc la conjonction de tout ça a fait que je m'y suis senti bien
03:01et que je suis parti avec mon épouse et ma toute jeune fille à l'époque,
03:06qui avait quelques mois, Emma.
03:07Et on a posé nos valises en Nouvelle-Calédonie.
03:10Et vous avez fait votre première mission pour Médecins Sans Frontières en 1997 en Angola,
03:17pendant six mois.
03:18Et depuis, régulièrement, vous prenez sur vos vacances pour effectuer des missions humanitaires,
03:22souvent sur des terrains de guerre,
03:24ou pour soigner des personnes qui ont été blessées dans des pays voisins touchés par la guerre.
03:29Vous avez été au Timor-Oriental, au Nigeria, au Pakistan, au Sri Lanka ou encore en Afghanistan.
03:35Pourquoi faire ces missions ?
03:36Alors, parce que j'aime être un petit peu au cœur de ce qui se passe dans le monde.
03:42Et c'est vrai que par mon métier, j'ai non seulement la possibilité de comprendre ce qui se passe,
03:46mais aussi de me rendre utile.
03:48Donc, il y a évidemment le désir d'aider les populations les plus démunies dans le cadre d'un tremblement
03:54de terre comme à Haïti ou d'un conflit.
03:57Il y a aussi le côté un petit peu aventure et puis découverte d'autres cultures, d'autres pays.
04:05Avant Gaza, où vous vous êtes rendu en 2023 et cet été, quelle avait été votre mission la plus dure
04:11?
04:11Alors, avant Gaza, il n'y a vraiment presque pas de comparatif par rapport à Gaza parce que c'est
04:17de très très loin la mission la plus éprouvante
04:20en termes de stress, de quantité de travail, d'intensité.
04:25Même l'Afghanistan, la Libye, où il y avait quand même des bombardements, ça n'avait rien à voir.
04:30Et puis, on était un petit peu à distance. La Libye, c'était quand même intense parce qu'on était
04:35bombardés par des roquettes
04:37du camp adverse, du camp Kadhafi. Mais c'était en termes de violence, d'explosion, rien à voir avec ce
04:43qu'on peut vivre à Gaza actuellement.
04:45C'est des déflagrations d'une puissance inouïe avec un effet de séisme et de tremblement de terre de temps
04:50en temps.
04:51Il y a une espèce d'intensité de bombardement qui est nullement comparable entre tous les pays où j'ai
04:56pu aller,
04:57et pays de conflit, l'Albanie, l'Afghanistan, la Libye, ça n'avait rien à voir.
05:04Alors justement, vous allez pouvoir prendre le temps de nous raconter ce que vous avez vu à Gaza dans cet
05:09épisode de Code Source.
05:11Vous partez pour votre seconde mission dans la bande de Gaza au mois d'août.
05:15Vous allez rester sur place entre le 15 août et le 15 septembre.
05:17Vous atterrissez d'abord à Amman, en Jordanie. Vous traversez ensuite Israël.
05:22Décrivez-nous en fait comment se passe le trajet pour entrer dans la bande de Gaza.
05:26Alors déjà, il faut attendre la green light. Il faut depuis Amman avoir la permission finale de pouvoir rentrer.
05:33En l'occurrence, on était un groupe de trois à vouloir rentrer.
05:36Un logisticien, quelqu'un qui s'occupait aussi de l'eau.
05:39Et au dernier moment, un des trois a été refusé d'entrer alors qu'il avait organisé tout son temps
05:45libre.
05:46Donc on est parti finalement à deux sur trois.
05:49Depuis Amman. À Amman, on a rejoint d'autres ONG.
05:52On s'arrête d'abord à la frontière d'Israël.
05:55On change de véhicule.
05:56On monte dans un autre véhicule.
05:58Et là, on est en convoi avec des militaires devant.
06:01On arrive de nouveau à la frontière, cette fois-ci, de Gaza.
06:04Là, on constate à la frontière, de toute façon, qu'il y a de plus en plus de militaires.
06:10On voit les chars israéliens Merkava qui sont positionnés à la frontière.
06:16Et donc là, on descend du bus.
06:18Il se passe pas mal de temps parce que le trajet entre Amman et notre destination finale,
06:25qui est pourtant pas si loin, va durer presque 14 heures.
06:28Donc on se retrouve à la frontière d'Israël.
06:30Et là, on descend du bus.
06:32On constate qu'il y a une dizaine de véhicules des Nations Unies qui nous attendent.
06:38Et donc, on est à peu près, peut-être une trentaine.
06:41Donc on monte en général, nous, l'équipe de l'MSF, dans un véhicule.
06:47Et là, on nous dit, maintenant, vous enfilez le gilet pare-balles et le casque.
06:52Interdit de filmer.
06:52Et on va traverser la zone de guerre.
06:56Donc ce que j'avais pas connu il y a deux ans,
06:59puisqu'il y a deux ans, on était passé par la frontière égyptienne.
07:01Et on était passé avec notre véhicule, Médecins sans frontières,
07:05sans gilet pare-balles et sans casque.
07:07Et sans escorte des Nations Unies.
07:09Là, on est en convoi des Nations Unies, véhicules blindés.
07:12Et on voit qu'il y a des militaires israéliens armés tout autour des véhicules.
07:19Et ça communique, je pense, probablement pour dire,
07:22attention, là, il y a un convoi des Nations Unies.
07:24Bon, évitez de tirer.
07:26Et donc là, on franchit la frontière.
07:28Et on passe d'Israël, qui est un beau pays, avec des champs d'oliviers,
07:33des cultures, avec de l'irrigation, des zones assez vertes,
07:37à une zone qui ressemblerait à Verdun, mais sous le soleil,
07:41c'est-à-dire du sable, des débris de pierre.
07:44Et en fait, on se rend compte qu'on traverse une zone
07:47qui était une zone, en fait, agricole ou une zone urbanisée.
07:50Parce que de temps en temps, on voit un pan de mur, un bout de maison.
07:54Et là, pendant plusieurs kilomètres, on traverse un no-man's land
07:58où il n'y a pas âme qui vive, il n'y a qu'un champ de ruines.
08:02Il n'y a plus de végétation.
08:04Mais on sent qu'il y a eu une vie avant, quand même.
08:07Que ce n'est pas des dunes, c'est des zones qui ont été détruites.
08:11Pour être clair, ce sont des zones où l'armée israélienne,
08:14avec des engins de chantier, détruit les bâtiments après les bombardements, etc.
08:18Ce sont des zones qui sont maintenant des zones tampons,
08:20où tout a été rasé volontairement.
08:24Voilà, c'est des zones où, en fait, globalement, tout est aplani
08:28pour pouvoir probablement voir éventuellement s'il y a des gens qui s'approchent.
08:31J'imagine, je ne sais pas.
08:33Mais en tout cas, on sent qu'il y a eu une vie, mais qu'il n'y a vraiment
08:36plus rien.
08:37Et donc, vous roulez vers l'hôpital de campagne de MSF,
08:40qui est à Der Elbala, près de la Méditerranée.
08:42Vous allez aussi travailler pendant cette mission à l'hôpital Nasser de Ragnounès.
08:47Qu'est-ce que vous voyez après cette zone où, en gros, tout est rasé ?
08:50Est-ce qu'il y a un moment où vous revoyez des immeubles, etc. ?
08:53Qu'est-ce que vous voyez ensuite ?
08:54Alors, on arrive dans la zone de Der Elbala,
08:57et petit à petit, en fait, on reconnaît des maisons.
08:59C'est un petit peu moins détruit.
09:01On voit quand même qu'il y a des immeubles qui ont été effondrés.
09:03On n'est pas dans une zone complètement indemne de destruction.
09:08On voit toutes les tentes de personnes qui se sont réfugiées.
09:12Et puis, on constate qu'il n'y a quand même plus trop de véhicules qui circulent
09:16et que le peu de gens qui se déplacent se déplacent.
09:20Mais c'était déjà le cas, il y a deux ans, dans des charrettes tractées par des ânes.
09:26Les gens sont beaucoup à pied.
09:28On voit des gens qui essayent de trouver de l'eau,
09:30qui déambulent à peut-être chercher quelque chose à manger.
09:33En fait, on ne sort pas du véhicule.
09:34Et puis, on rejoint enfin notre lieu de vie,
09:37qui se trouve à quelques centaines de mètres de notre hôpital de campagne.
09:41Il y a une équipe d'expatriés.
09:43Alors, par rapport à la première mission effectuée il y a deux ans,
09:47je me rends compte que je suis le seul soignant direct.
09:51C'est-à-dire que l'équipe est une équipe plutôt de gens
09:54dans le management de travailleurs nationaux palestiniens.
09:58Et que je me rends compte que je vais être peut-être un des seuls
10:02à être vraiment en prise directe avec des corps mutilés.
10:06À quoi ressemble le lieu de vie où vous allez rester avec les autres humanitaires ?
10:11Alors, on est tous dans une seule et même maison avec plusieurs chambres.
10:16Les hommes, en fait, on est regroupés dans la pièce dite de sécurité.
10:20On est à cinq dans une pièce qui doit faire 20 mètres carrés
10:25où les vitres ont été barricadées.
10:27Donc, il n'y a pas de lumière.
10:28Ça reste tout à fait confortable.
10:30Alors, on n'a pas accès vraiment à l'eau facilement
10:33puisque l'eau, c'est de l'eau saumâtre, c'est de l'eau salée pour se doucher.
10:38Mais bon, on a une petite réserve d'eau douce.
10:41On mange un petit bout le matin avant d'aller au bloc opératoire
10:45parce qu'on a un petit repas.
10:46Et puis après, on attaque la journée complète.
10:48Les Gazaouis, eux, ils vivent dans des tentes, dans des abris, c'est ça ?
10:51Alors, pour ceux qui ont la chance d'avoir un appartement,
10:54ils sont dans un appartement où ils se concentrent en général à toute une famille.
11:00Alors, ça peut être 10, 15 personnes dans une ou deux pièces.
11:03Et les autres, la plus grande partie des gens sont sous des tentes.
11:09Décrivez-nous l'hôpital de campagne où vous allez travailler pendant un mois.
11:13À quoi ça ressemble ?
11:13Et qui sont les personnels soignants ?
11:16Quels sont les moyens ?
11:16Alors, l'hôpital de campagne de Médecins sans frontières,
11:20donc à Derelbala, est un hôpital sous tentes.
11:23Il y a plusieurs modules.
11:24Il y a une partie hospitalisation avec les tentes pour les patients, évidemment.
11:30Des tentes plutôt pour la logistique, des tentes pour la pharmacie.
11:34Et puis après, le bloc opératoire.
11:38On a donc une salle qui est réservée à la sédation pour faire les pansements.
11:42Et une autre salle qu'on utilise pour des interventions chirurgicales un petit peu plus lourdes.
11:48On a ce qu'il faut pour opérer.
11:49Alors, on n'a pas tout ce qu'on voudrait, évidemment.
11:52Mais on peut faire ces interventions qui sont un peu plus compliquées.
11:57À quoi ressemble une journée type dans cet hôpital de campagne pour vous ?
12:00Et quelles blessures vous soignez ?
12:02Alors, on soigne des blessures liées à la guerre.
12:06Donc, ça peut être des plaies pare-balles.
12:09Ça peut être des plaies liées à des éclats d'obus.
12:12Ça peut être des gens qui ont été écrasés sous un immeuble.
12:16Ça peut être des gens ou des enfants brûlés.
12:21Brûlés par une explosion.
12:23Mais aussi brûlés parce qu'en fait, les familles cuisinent dans des tentes.
12:26Alors, ils allument des feux.
12:27Il y a de l'huile bouillante.
12:28Et voilà, vous imaginez des enfants en bas âge dans un milieu restreint
12:32où les gens sont les uns sur les autres avec un feu.
12:35Et donc, nous, l'idée, c'est d'essayer de faire cicatriser ces plaies
12:40sur des corps déjà meurtris et affaiblis par des semaines,
12:44voire des mois de malnutrition.
12:46Alors, on a un listing important de patients tous les jours.
12:50On en opère entre 10 et 15.
12:52Mais on n'a pas tout le temps qu'on veut.
12:54On est pris par le temps.
12:55On ne peut pas passer 4 heures sur tous les patients.
12:58Donc, on est un peu obligé.
12:59C'est le côté frustrant d'aller vite.
13:02On n'est quand même pas dans un vrai bloc opératoire.
13:04Donc, on fait avec ce qu'on a.
13:06Il y a un côté frustrant de ne pas pouvoir proposer mieux que ça.
13:11Mais bon, on fait ce qu'on peut.
13:15Pour les autres patients, il y a beaucoup de civils, de femmes et d'enfants.
13:18Alors, on ne sait jamais si ce sont des civils ou pas.
13:22Mais ce que je peux vous dire à coup sûr, sans me tromper,
13:26c'est que quand le patient a 4 ans et que c'est une petite fille,
13:30ce n'est pas un militaire.
13:31Ou que quand la patiente a 80 ans et qu'elle a le bras explosé,
13:36elle ne fait pas partie du Hamas.
13:38Après, il y a des hommes qu'on soigne, en effet, qui ont l'âge d'être adulte.
13:42Mais nous, moi, ce n'est pas quelque chose que je demande.
13:44Mais dans notre activité, on a 40% qui ont moins de 18 ans.
13:50Environ 20% qui ont moins de 10 ans.
13:53Et puis, il y a beaucoup de femmes.
13:55Donc, je peux vous dire sans me tromper que 80% au moins de mes patients
14:01ne peuvent pas être du Hamas, si c'était votre question.
14:08Est-ce qu'il y a un ou une patiente qui vous marque pendant cette mission
14:12et dont vous auriez envie de nous parler ?
14:14Alors, il y en a beaucoup.
14:16On est toujours marqué par ces visages d'enfants.
14:20Et les visages d'enfants brûlés, ça nous marque.
14:23Il y a peut-être une patiente en particulier qui m'a le plus marqué,
14:27qui était une jeune femme qui devait avoir l'âge de ma fille,
14:30qui avait une fracture épouvantable de la cheville
14:34et une fracture épouvantable du bras,
14:37avec une paralysie complète du bras,
14:39avec un coude complètement explosé, quasiment plus d'articulation,
14:42et infecté.
14:43Et pour qui, probablement, il aurait fallu proposer
14:46d'amputer le bras et la jambe.
14:48Et c'est très dur à proposer.
14:50Et personnellement, j'ai essayé de faire comprendre à mes collègues
14:55qu'il valait mieux faire ça.
14:57Et en fait, mon collègue palestinien et moi-même,
15:00on n'a pas eu le courage de le faire.
15:02On a repoussé, on a dit, on m'attend, on va refaire des pansements.
15:06Mais c'est vrai que c'est un vrai crève-cœur
15:08de voir des jeunes gens, des enfants,
15:10à qui il faut couper un bras ou une jambe.
15:13Donc ça, c'est des moments très difficiles
15:14où on est extrêmement malheureux.
15:20Vos collègues Gazaoui, est-ce qu'ils vous parlent
15:22un peu de ce qu'ils vivent en dehors du travail ?
15:24Est-ce qu'ils vous parlent de leur situation personnelle ?
15:26Oui, parce qu'en fait, on passe toute la journée avec eux.
15:28On passe 12 heures par jour.
15:29Donc il y a des moments entre les blocs opératoires
15:32où on partage un café.
15:34Moi, j'avais ramené du chocolat.
15:35On se pose un peu ensemble.
15:37Et puis c'est des gens que je connais.
15:39La plupart, j'ai travaillé avec eux deux ans avant.
15:41Donc ils me parlent de leur famille.
15:43Et ça, c'est des moments extrêmement touchants.
15:45Je me souviens d'un collègue
15:47avec qui j'ai travaillé il y a deux ans
15:49qui me dit « Mais tu me reconnais ? »
15:50Mais je lui dis « Bien sûr que je te reconnais. »
15:52Et il me montre son téléphone
15:54et il me fait comprendre que c'est son fils.
15:57Il ne parle pas très bien anglais.
15:58Et donc je vois une photo de jeune homme
16:01qui doit avoir 12 ans.
16:02Et un instant plus tard, il me montre une vidéo.
16:04Et je ne comprends pas tout de suite
16:06où il veut en venir.
16:07Et je constate que c'est une grosse explosion.
16:10Et on tombe dans une rue
16:11où on voit 33 enfants
16:13qui ont été projetés contre un mur.
16:15et la personne devant retourne le corps
16:17et on voit le visage de cet enfant
16:20avec ses grosses lunettes
16:21qui correspondent à son fils.
16:23Et là, c'est dur
16:23parce qu'il ne maîtrise pas bien l'anglais.
16:27Et puis, en fait, c'est du non-verbal.
16:29Donc je lui pose ma main sur son épaule.
16:32Je frotte son épaule
16:33et je vois les yeux qui se mouillent.
16:34Et puis moi aussi.
16:35Et puis voilà.
16:36L'ONU a officiellement déclaré
16:38l'état de famine à Gaza
16:39le vendredi 22 août.
16:41Est-ce que ça se voit ?
16:42Est-ce que la famine a des conséquences
16:44sur les collègues Gazaouis
16:46avec qui vous travaillez ?
16:47Oui, c'est quelque chose
16:48qui nous frappe dès les retrouvailles.
16:51Quand on retrouve l'équipe
16:52et c'est presque systématique,
16:55les corps sont amégris,
16:56les traits tirés
16:57et on leur demande si ça va.
17:00Et on en vient à discuter
17:01un petit peu de leur état de santé.
17:04Et bon, voilà, ils nous avouent,
17:05enfin, ils nous disent
17:06qu'ils ont perdu 20, 30 kilos pour certains.
17:09Donc ça, c'est quelque chose
17:10de très concret
17:11et qui nous fait comprendre
17:13qu'en fait, ils ont souffert
17:14depuis deux ans,
17:15qu'on ne les a pas vus.
17:16Quand vous êtes sur place,
17:17est-ce que vous,
17:18vous entendez des explosions,
17:20des tirs ?
17:20Et est-ce que par moment,
17:21vous avez dû évacuer
17:22l'hôpital de campagne
17:23où vous êtes
17:24ou bien l'hôpital Nasser de Ranunesse
17:26où vous avez aussi travaillé
17:27donc régulièrement ?
17:28Alors, des tirs,
17:29on en entend toute la journée.
17:30Donc, c'est des explosions.
17:32Moi, j'ai un petit peu l'habitude
17:34dans le sens où j'y étais
17:35il y a deux ans
17:36et quand on entend l'explosion,
17:38c'est qu'on est vivant en fait
17:39et qu'elle a eu lieu.
17:40Il y a différents types d'explosifs.
17:42Il y a des tirs de Kalachnikov,
17:44il y a des tirs d'armes lourdes
17:45ou il y a des tirs de temps
17:46qu'on reconnaît en fait
17:47les différents tirs.
17:48Le côté le plus effrayant,
17:50c'est le sifflement
17:52probablement d'un missile
17:53parce que ça veut dire
17:54que quand on entend le sifflement,
17:56c'est que ça ne va pas tomber très loin.
17:57Donc là, quand même,
17:59on recroqueville un petit peu les épaules
18:01et on baisse la tête
18:02même si ça ne sert à rien,
18:03on est sous une tente.
18:04Mais là, c'est impressionnant
18:05parce qu'on a le sifflement
18:06et puis après, on a la déflagration
18:08et en général,
18:09elle est beaucoup plus violente
18:10et on a un peu un effet souffle
18:12sur la tente.
18:13On sent que toute la tente
18:15bouge en fait.
18:16Donc ça, ça fait peur.
18:17Ouais, ça c'est sûr.
18:18Il y a des balles perdues
18:19qui traversent les tentes.
18:21Ça nous est arrivé deux fois.
18:22Ça, c'est pour ce qui concerne
18:24l'hôpital de Derelbala.
18:25Pour l'hôpital Nasser,
18:26donc où j'y allais régulièrement,
18:29le jour où j'avais voulu y aller,
18:31en fait, j'avais dû au tout début
18:35repousser mon intervention
18:36parce que j'avais finalement
18:37des lambeaux à faire
18:38sur Derelbala.
18:39Et ce jour-là, en fait,
18:41il y a eu une attaque
18:41sur l'hôpital Nasser
18:43qui a visé visiblement
18:44un journaliste
18:45avec un premier tir
18:46pour éliminer le journaliste
18:48et un deuxième tir.
18:50Je ne peux pas vous expliquer
18:51pourquoi ils ont tiré
18:52dix minutes après
18:53au moment où tous les secouristes
18:55et tous les soignants
18:56étaient sur la zone d'impact.
18:57Mais il y a eu un deuxième tir
18:59qui a fait énormément de victimes
19:00avec une vingtaine de morts
19:01et une centaine de blessés.
19:03Donc ce jour-là,
19:04je n'étais pas à l'hôpital Nasser.
19:05Je devais y être.
19:06Je m'y suis rendu après.
19:08Et là, ce qu'on voit
19:10sur les caméras de vidéosurveillance,
19:12c'est des images
19:13que vous ne voyez pas
19:14dans l'Occident
19:16parce que c'est des images
19:17qui sont juste insoutenables
19:18de corps qui sont pulvérisés
19:21tout autour de l'hôpital.
19:22C'est ça que ça veut dire
19:23de tirer sur un hôpital
19:25ou sur une foule compacte.
19:27Ça n'a rien de beau,
19:28ni de romantique,
19:29ni de justifiable.
19:30Et moi, je peux vous témoigner
19:32en tant que chirurgien
19:33de voir ce que c'est
19:34qu'une explosion
19:36sur un corps humain.
19:37C'est horrible.
19:38C'est des corps
19:39dont il ne reste plus grand-chose.
19:41Voilà.
19:42Là, on parle du double bombardement
19:44de l'hôpital Nasser,
19:45le lundi 25 août.
19:47Donc, il y a fait 20 morts
19:48des soignants
19:49et des journalistes
19:50qui ont été tués
19:51dans cette frappe.
19:52Les images de vidéosurveillance
19:53que vous avez vues,
19:53j'imagine qu'elles vont vous
19:54hanter à vie ?
19:56Ben oui, c'est difficile
19:57de les oublier.
19:58Et le problème,
19:59c'est que c'est quotidien.
20:01C'est-à-dire qu'il y a ces images
20:02qui ont un petit peu
20:03fait le tour du monde
20:04parce que les journalistes
20:04étaient tués
20:05et on en a parlé.
20:07Mais il faut imaginer
20:07que chaque tir
20:08sur un édifice,
20:10c'est un édifice
20:11qui s'écroule
20:11et c'est des gens
20:12qui recherchent
20:13leur famille
20:14dans les débris.
20:15Et c'est aussi des images,
20:17celle qui m'a le plus troublée,
20:18c'est l'image
20:20aussi d'un infirmier
20:22qui va sur l'immeuble
20:23des voisins
20:23et qui cherche
20:25les restes de la famille
20:26et qui tombe
20:28sur ce qui ressemblait
20:29vraiment
20:29à une petite statue.
20:31Et on voit
20:32au moment où
20:33ils attrapent le corps
20:34qu'en fait,
20:35c'est un corps
20:35et que ce n'est pas du tout
20:36une statue.
20:37Et oui,
20:38c'est des images horribles
20:39et c'est le quotidien
20:42parce que des explosions,
20:43il y en a tout le temps
20:44et à chaque fois
20:44qu'il y a une explosion,
20:45on peut se dire
20:45que c'est encore
20:46des vies brisées.
20:48Donc voilà,
20:49c'est beaucoup d'images
20:50un peu terribles
20:51et donc
20:52terrifiantes même.
20:54François Jourdel,
20:55dans l'interview
20:55que vous avez accordée
20:57aux Parisiens
20:57le 16 septembre,
20:59vous avez raconté
21:00que des Gazaouis
21:01que vous avez soignés
21:02ou plutôt leurs proches
21:03d'ailleurs,
21:03ont été particulièrement généreux
21:05avec vous.
21:05Ils vous ont fait
21:06des cadeaux
21:06qui ont beaucoup de valeur
21:08vu la situation.
21:09Oui,
21:10dès que je suis arrivé,
21:11en fait,
21:11j'étais en contact
21:11avec la plupart
21:12donc ils savaient
21:13que j'arrivais
21:14et j'étais très touché
21:16par la venue
21:17d'une infirmière
21:18qui s'appelle Anadi.
21:19Elle a 25 ans,
21:20elle travaillait avec nous
21:21en novembre 2023,
21:23qui cette fois-ci
21:24ne travaillait plus,
21:24qui m'a contacté
21:25via WhatsApp.
21:26Elle m'a dit
21:26ça y est,
21:26tu es arrivé ?
21:27Alors je lui dis
21:27ben oui.
21:28Elle me dit
21:28je viens te rendre visite
21:30et je lui dis
21:31mais t'es où Anadi ?
21:32Elle me dit
21:33je suis à Ragnones.
21:34Je lui dis
21:34mais c'est pas à côté,
21:35nous on est à Derelbala.
21:36Elle me dit
21:37mais je viens.
21:38Mais je lui dis
21:38Anadi comment tu vas faire ?
21:39Ben je vais venir à pied.
21:41Et donc
21:42elle est venue à pied,
21:43je venais d'arriver,
21:45elle avait fait
21:45deux heures de marche
21:46en plein soleil
21:47et elle tenait
21:48à m'offrir
21:49une petite boîte
21:49de biscuits
21:50qu'elle avait acheté
21:51à prix d'or au marché
21:53et ça,
21:54ça donne les larmes aux yeux.
21:55On en...
21:57ça donne envie de pleurer.
21:59Et donc j'ai pu lui consacrer
22:01cette première fois
22:01qu'une dizaine de minutes
22:02parce qu'elle est arrivée
22:04entre deux interventions
22:05et elle est repartie
22:07pour deux heures de marche
22:07dans l'autre sens.
22:09Et puis elle est venue
22:10me rendre visite régulièrement.
22:12Un jour,
22:13elle me demandait
22:13tu préfères les pêches
22:15ou les ananas ?
22:15Je savais ce qu'elle allait faire.
22:17Je dis
22:18mais Anadi,
22:18ne va pas acheter
22:19quoi que ce soit.
22:20Si, si, si,
22:21tu préfères les pêches
22:21ou les ananas ?
22:23Et je lui dis
22:24ben les pêches.
22:25Et elle est venue
22:27non seulement
22:27avec une boîte
22:29de conserve de pêche
22:29mais en plus
22:30elle m'avait ramené
22:31un petit stylo
22:32bic.
22:32Elle m'avait ramené
22:33un petit carnet
22:34low kitty
22:35pour mes filles.
22:35Elle avait acheté
22:37un t-shirt
22:39Lacoste
22:40de contrefaçon.
22:41Elle avait acheté
22:42une petite montre.
22:44Voilà.
22:44Donc c'est un petit peu
22:45ça le quotidien.
22:46Alors je vous parle
22:46d'Anadi
22:47mais tous m'ont offert
22:48un petit peu
22:48des petits cadeaux
22:49des petites choses
22:51un petit mug
22:52à mon nom.
22:53Voilà.
22:54Tous des petits souvenirs
22:55qui m'ont extrêmement touché
22:57qui peuvent vous paraître
22:58insignifiants.
22:59Et c'est des choses
23:00qui m'ont été
23:02systématiquement confisquées
23:03au passage de la frontière.
23:05C'est-à-dire qu'ils ont
23:05constaté que c'était
23:06des cadeaux
23:07et un par un
23:08tous les petits signes
23:09qui pouvaient laisser penser
23:10que c'était la Palestine
23:11ou que c'était un cadeau
23:12étaient jetés
23:13et voilà.
23:14Ça fait de la peine
23:15quand les gens
23:15se sont décarcassés
23:17pour vous offrir
23:17un petit cadeau
23:19et puis de voir
23:19que tout est confisqué
23:21et jeté à la poubelle.
23:23Justement,
23:24qu'est-ce que vous ressentez
23:25au moment de partir
23:26quand vous quittez Gaza
23:27mi-septembre ?
23:28Vous vous dites quoi ?
23:29Alors c'est peut-être
23:30encore plus dur
23:31que la première fois.
23:32La première fois
23:33où j'étais parti
23:34un petit peu
23:35parce que l'hôpital Nasser
23:37dans lequel je travaillais
23:37était évacué
23:38donc on avait évacué
23:39et on n'avait pu dire
23:40au revoir à personne.
23:41Donc je m'étais dit
23:41là au moins
23:42je vais leur dire au revoir
23:43et c'est peut-être
23:44encore plus dur
23:45de leur dire au revoir
23:46parce qu'on ne sait pas
23:47si on va aller revoir.
23:48On ne sait pas quoi leur dire.
23:50C'est-à-dire
23:50leur dire bon courage
23:51ça paraît complètement idiot
23:52et l'incertitude absolue
23:54sur leur sort
23:57rend le départ
23:58très douloureux
23:59d'autant que
23:59quand on revient
24:01comme ça
24:01les liens se sont encore
24:02resserrés.
24:03Donc le départ
24:04est extrêmement douloureux.
24:06Alors il y a des accolades
24:08quand c'est des hommes.
24:09Alors quand c'est un adit
24:11on aurait envie
24:12de faire une accolade
24:12mais évidemment
24:13il n'y a pas de contact
24:14du tout de physique.
24:15Donc on joint les deux mains
24:17et puis on essaye
24:19de lui montrer
24:19toute notre affection
24:21par quelques mots
24:22mais ce n'est pas évident.
24:24Vous comptez revenir
24:25à Gaza
24:26d'ici quelques temps ?
24:27Alors oui
24:28bien sûr
24:28que j'aimerais y revenir
24:29mais ce n'est pas si simple.
24:31Déjà c'est très très loin
24:32de la Nouvelle-Calédonie
24:34ça demande
24:35et puis je pars
24:36sur mes congés
24:37donc je n'ai pas
24:39énormément de congés
24:40il faut que je compose
24:41avec mes collègues
24:41qui sont plus ou moins
24:43compréhensifs
24:43parce que
24:46voilà
24:46ça impacte
24:47leur quotidien
24:48donc voilà
24:49donc là j'ai eu la chance
24:52de pouvoir le faire
24:53mais ce n'est pas toujours évident
24:54et puis il y a aussi
24:54la famille qui est très inquiète
24:57donc personnellement
24:58j'aurais envie d'y retourner
24:59mais la réalité
25:00fait que ce n'est pas
25:00si simple que ça à organiser.
25:02Vous témoignez
25:03vous précisez bien
25:03que vous n'êtes pas
25:04anti-Israélien
25:05mais que c'est important
25:07pour vous de raconter
25:08tout simplement
25:08ce que vous avez vu à Gaza
25:10si on parle d'MSF
25:11est-ce qu'il y a une peur
25:13de la part d'MSF
25:14de ne plus avoir le droit
25:15de pouvoir travailler à Gaza
25:16si justement
25:17les chirurgiens comme vous
25:18témoignent
25:19et racontent ce qu'ils voient ?
25:20Alors c'est vraiment quelque chose
25:21sur lequel j'insiste
25:23lourdement
25:24j'ai aucune
25:26connotation politique
25:27j'ai beaucoup d'affection
25:29pour les Israéliens
25:30et je sais que c'est aussi
25:32un peuple
25:32qui souffre énormément
25:33et c'est pareil en fait
25:35pour les Palestiniens
25:36les Palestiniens
25:37ne supportent plus
25:38quand j'en discute avec eux
25:39le Hamas
25:40alors c'est vrai
25:41que je fais attention
25:42à mes propos
25:43par rapport à ça
25:44parce que
25:44si on a des propos
25:46trop agressifs
25:48sur le gouvernement israélien
25:50on peut ne plus pouvoir
25:52y rentrer
25:52donc je vous décris
25:54ce que je constate
25:55en tant que chirurgien
25:56sans exagérer
25:59sans vouloir dramatiser
26:02c'est un constat
26:04et c'est encore une fois
26:06sans aucune animosité
26:07contre les Israéliens
26:22Merci François Jourdel
26:24je rappelle que vous avez fait
26:25cette mission à Gaza
26:26pour Médecins Sans Frontières
26:28merci à Anissa Amadi
26:30pour son aide
26:31cet épisode de Code Source
26:32a été produit par
26:33Pénélope Gualquierotti
26:34Clara Garnier-Amourou
26:35et Thibaut Lambert
26:36réalisation
26:38Julien Moncouquiol
26:39avec Éthène Contestabilé
26:41Code Source
26:42est le podcast
26:42d'actualité du Parisien
26:43n'oubliez pas
26:44Crime Story
26:45chaque samedi
26:46une affaire criminelle
26:47racontée par
26:48Claudia Prolongeau
26:49et Damien Delsenis
26:50avec
26:50comme je vous le disais
26:51au début actuellement
26:53un podcast
26:53en 6 épisodes
26:54sur l'affaire Jubilat
26:56qui
26:57Allez Nazaire
26:57disait
26:57pour la riviste
26:57vous allez
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