00:00Raphaël Legendre au second tour des municipales aura lieu dimanche.
00:03Ce matin, vous nous dites que tout le monde s'est trompé sur l'analyse du premier tour.
00:08Non, le RN et l'FI n'ont pas gagné.
00:10Oui, alors tout le monde y compris moi, je vais me mettre dans le lot d'ailleurs,
00:12parce que la première réaction lundi c'était « waouh, quelle percée ».
00:15En réalité, pas du tout.
00:16Quand on se plonge dans le détail des chiffres,
00:18on se rend compte qu'ils ont baissé à l'extrême droite comme à l'extrême gauche
00:22par rapport aux européennes de 2024.
00:25On va commencer par la France insoumise,
00:28dont on nous parle d'une vague.
00:29La réalité, c'est qu'ils n'ont engrangé que 654 000 voix.
00:35Dans le même temps, la gauche non-mélenchoniste,
00:38comme le rappelle l'opinion ce matin,
00:40elle, c'est plus de 5 millions d'électeurs.
00:43LFI n'arrive en tête que dans 5 communes.
00:475 communes sur les 35 000 que compte le pays.
00:51On est franchement très loin d'une conquête du territoire.
00:54Alors pourtant, on a quand même vu des scores impressionnants dans certaines villes.
00:57Oui, dans deux.
00:58Saint-Denis et Roubaix, c'est à peu près tout.
01:00Ce sont les deux vitrines.
01:02Quand on compare aux Open encore une fois,
01:04et là on compare des scrutins à peu près comparables d'ailleurs,
01:07c'est un recul à peu près de partout pour la France insoumise.
01:11Moins 10% à Vitry,
01:13moins 11,3 à Créteil,
01:14moins 16,7 à Argenteuil,
01:16moins 20% à la Courneuve,
01:18moins 33,8 à Garges-les-Gonesses,
01:21et même jusqu'à moins 45 points à Clichy-sous-Bois.
01:26Ce n'est plus une percée, c'est un trou d'air en réalité,
01:30quand on le compare avec cette grille de lecture.
01:32Même à Paris,
01:33Sophia Chikirou dépasse à peine 95 000 voix.
01:37C'est 40 000 de moins que la liste de Manon Aubry aux européennes.
01:43Et malgré ça, on a Jean-Luc Mélenchon qui explique sur tous les plateaux,
01:47dans tous les meetings,
01:48qu'il est le grand gagnant de cette élection,
01:50parce qu'il a réussi à acheter,
01:53à faire quelques accords avec le parti socialiste.
01:56Mais c'est la plus grande supercherie politique de ce début d'année.
01:59Mais pourquoi on sait raconter une fausse histoire ?
02:02On sait raconter une fausse histoire,
02:04parce que le narratif politique a permis d'eux.
02:06Il n'y a pas qu'à l'extrême-gauche,
02:08il y a aussi au Rassemblement National.
02:10C'est pareil, qui plastronne sur tous les plateaux en disant
02:13« Quelle victoire ? Regardez ! »
02:16Le Rassemblement National, c'est 1,4 million de voix.
02:19Alors, c'est plus qu'en 2014,
02:20pour les municipales de 2014, d'accord,
02:22mais le score moyen, si vous le prenez au niveau national,
02:25c'est 18,9%.
02:28Aux européennes, on était à plus de 30%.
02:30C'est donc un recul,
02:32et c'est une réalité territoriale très claire.
02:36Le RN progresse,
02:37là où il était déjà, en fait,
02:39très bien implanté,
02:40c'est-à-dire le Sud-Est et le Pas-de-Calais.
02:42Ailleurs, c'est quasiment le désert des Tartares.
02:45Dans les grandes villes, c'est encore plus frappant.
02:47La progression se concentre sur trois villes,
02:49Paris, Marseille, Nice.
02:51Et là, ce ne sont même pas vraiment,
02:52pour Paris et Nice,
02:53ce ne sont même pas vraiment les listes RN
02:55qui tirent les cordes,
02:56puisque c'est soit Sarah Knafow,
02:59soit Eric Ciotti.
03:00Pour l'UDR, dans les métropoles,
03:03le RN recule même dans plusieurs cas,
03:04Montpellier, Nantes, Grenoble ou Limoges.
03:07Et il n'atteint les 10 %
03:09que dans 24 grandes villes.
03:11Sur 42, c'est moins qu'en 2014.
03:14Il recule par rapport au municipal de 2014.
03:17Et dans les petites communes,
03:18c'est bien simple,
03:19le RN est absent dans un tiers
03:21des départements de France.
03:22Absent, tout simplement.
03:23Donc là aussi, on est loin d'une vague.
03:25On est sur une implantation
03:27très incomplète et très fragmentée.
03:30On a donc eu une sorte de grande illusion politique
03:35avec des narratifs qui n'ont rien à voir
03:36avec la réalité des chiffres.
03:38Encore une fois,
03:38n'écoutez pas les discours politiques.
03:40Concentrez-vous sur les chiffres.
03:41Merci beaucoup.
03:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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