00:00Raphaël, le think tank libéral Génération Libre s'est plongé dans les budgets des trois métropoles Paris, Lyon et Marseille
00:06avec un objectif simple,
00:07comprendre où va l'argent public et alors le résultat est assez spectaculaire.
00:10Effectivement, l'auteur de l'étude Edouard S.E. a mouliné l'ensemble des données disponibles sur les subventions aux
00:18associations
00:18et c'est vrai que les chiffres donnent le tournis lors à L3, ces trois métropoles Paris, Lyon, Marseille, les
00:25trois plus grandes métropoles de France
00:27distribuent près d'un demi-milliard d'euros de subventions chaque année aux associations.
00:34Dans le détail, à Paris, c'est plus de 240 millions répartis sur plus de 5200 subventions, s'il vous
00:42plaît, tenez-vous bien.
00:43À Lyon, c'est plus raisonnable, c'est 110 millions ventilés sur plus de 3200 lignes tout de même
00:48et à Marseille, 84 millions d'euros auxquels s'ajoutent 38 millions pour les régies culturelles.
00:54C'est colossal, des montants payés par les contribuables et dont on n'a absolument pas parlé durant la campagne.
01:02Sur la dernière mandature, on approche quand même les 3 milliards d'euros de dépenses publiques.
01:09Alors ça va directement à qui ?
01:10Alors ça va avoir un empilement d'associations, d'opérateurs, de structures satellites, très divers et variés.
01:16Vous avez vu des milliers et des milliers de lignes qui rendent la lecture budgétaire presque impossible.
01:21C'est un peu ça le problème, avec des montants qui d'ailleurs parfois frisent l'absurde.
01:26On prend l'exemple à Paris, la moitié des subventions sont inférieures à 5000 euros.
01:31Certaines descendent même sous les 100 euros.
01:35C'est vraiment de l'arrosage à grande échelle.
01:39Autant dire que suivre l'utilisation de ces chèques relève de la mission quasiment impossible.
01:42Oui, mais il y a une partie un peu délégation de services publics.
01:45Ça sert à quelque chose, cet argent de nos associations ?
01:47C'est de l'argent qui va aux associations, effectivement.
01:50Beaucoup font un travail utile, servent du sport, l'animation, on fait du social, la solidarité.
01:56Le problème, ce n'est pas tant leur existence.
01:58Le problème, c'est la mécanique budgétaire.
02:00Vous avez ces milliers de subventions distribuées comme un arrosage automatique,
02:06avec des reconductions, parfois elles aussi automatiques, sans véritable contrôle,
02:11et des montages parfois un peu baroques.
02:13À Paris, par exemple, vous avez 20 millions d'euros qui sont versés à deux associations
02:19qui gèrent les chèques vacances des agents municipaux.
02:23On se demande pourquoi les services de la municipalité sont externalisés
02:27vers des associations subventionnées sur les deniers de la mairie.
02:32C'est un peu baroque.
02:32Autre exemple, vous avez près de 3 millions d'euros qui partent chaque année
02:36dans une caisse de complément de retraite d'anciens élus parisiens.
02:40C'est externalisé depuis les années 90, mais sauf que ces élus, eux, ne cotisent plus depuis 92.
02:463 millions de transferts, voilà.
02:48Et puis parfois, à Lyon et Marseille, vous avez aussi des agents municipaux
02:51qui sont mis très directement au service des associations.
02:58À Marseille, par exemple, ça représente 3,5 millions d'euros par an,
03:02sans que l'on sache précisément quelles missions sont exercées.
03:05Donc voilà, tout le problème, c'est cette opacité,
03:07un système qui finit par produire un véritable écosystème local sous perfusion publique.
03:13Alors, ce n'est pas forcément illégal,
03:15mais c'est surtout très confortable pour les majorités municipales.
03:19On touche ici à une vieille mécanique qu'on connaît bien, la politique locale.
03:23On entretient un tissu associatif qui dépend largement des décisions budgétaires de la mairie.
03:28Ça a un mot, ça s'appelle le clientélisme.
03:31Et là-dessus, on pourrait faire quelques économies.
03:33Génération Libre propose autour de 200 millions, 185 millions,
03:37qui pourraient être économisés chaque année avec une gestion plus rigoureuse.
03:41Et même 240 millions en étant un peu plus ambitieux.
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