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  • il y a 6 mois
Ce jeudi 12 mars, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur les résultats d'une étude portant sur le budget des trois métropoles (Paris, Lyon et Marseille), afin de comprendre comment l'argent public est dépensé. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Raphaël, le think tank libéral Génération Libre s'est plongé dans les budgets des trois métropoles Paris, Lyon et Marseille
00:06avec un objectif simple,
00:07comprendre où va l'argent public et alors le résultat est assez spectaculaire.
00:10Effectivement, l'auteur de l'étude Edouard S.E. a mouliné l'ensemble des données disponibles sur les subventions aux
00:18associations
00:18et c'est vrai que les chiffres donnent le tournis lors à L3, ces trois métropoles Paris, Lyon, Marseille, les
00:25trois plus grandes métropoles de France
00:27distribuent près d'un demi-milliard d'euros de subventions chaque année aux associations.
00:34Dans le détail, à Paris, c'est plus de 240 millions répartis sur plus de 5200 subventions, s'il vous
00:42plaît, tenez-vous bien.
00:43À Lyon, c'est plus raisonnable, c'est 110 millions ventilés sur plus de 3200 lignes tout de même
00:48et à Marseille, 84 millions d'euros auxquels s'ajoutent 38 millions pour les régies culturelles.
00:54C'est colossal, des montants payés par les contribuables et dont on n'a absolument pas parlé durant la campagne.
01:02Sur la dernière mandature, on approche quand même les 3 milliards d'euros de dépenses publiques.
01:09Alors ça va directement à qui ?
01:10Alors ça va avoir un empilement d'associations, d'opérateurs, de structures satellites, très divers et variés.
01:16Vous avez vu des milliers et des milliers de lignes qui rendent la lecture budgétaire presque impossible.
01:21C'est un peu ça le problème, avec des montants qui d'ailleurs parfois frisent l'absurde.
01:26On prend l'exemple à Paris, la moitié des subventions sont inférieures à 5000 euros.
01:31Certaines descendent même sous les 100 euros.
01:35C'est vraiment de l'arrosage à grande échelle.
01:39Autant dire que suivre l'utilisation de ces chèques relève de la mission quasiment impossible.
01:42Oui, mais il y a une partie un peu délégation de services publics.
01:45Ça sert à quelque chose, cet argent de nos associations ?
01:47C'est de l'argent qui va aux associations, effectivement.
01:50Beaucoup font un travail utile, servent du sport, l'animation, on fait du social, la solidarité.
01:56Le problème, ce n'est pas tant leur existence.
01:58Le problème, c'est la mécanique budgétaire.
02:00Vous avez ces milliers de subventions distribuées comme un arrosage automatique,
02:06avec des reconductions, parfois elles aussi automatiques, sans véritable contrôle,
02:11et des montages parfois un peu baroques.
02:13À Paris, par exemple, vous avez 20 millions d'euros qui sont versés à deux associations
02:19qui gèrent les chèques vacances des agents municipaux.
02:23On se demande pourquoi les services de la municipalité sont externalisés
02:27vers des associations subventionnées sur les deniers de la mairie.
02:32C'est un peu baroque.
02:32Autre exemple, vous avez près de 3 millions d'euros qui partent chaque année
02:36dans une caisse de complément de retraite d'anciens élus parisiens.
02:40C'est externalisé depuis les années 90, mais sauf que ces élus, eux, ne cotisent plus depuis 92.
02:463 millions de transferts, voilà.
02:48Et puis parfois, à Lyon et Marseille, vous avez aussi des agents municipaux
02:51qui sont mis très directement au service des associations.
02:58À Marseille, par exemple, ça représente 3,5 millions d'euros par an,
03:02sans que l'on sache précisément quelles missions sont exercées.
03:05Donc voilà, tout le problème, c'est cette opacité,
03:07un système qui finit par produire un véritable écosystème local sous perfusion publique.
03:13Alors, ce n'est pas forcément illégal,
03:15mais c'est surtout très confortable pour les majorités municipales.
03:19On touche ici à une vieille mécanique qu'on connaît bien, la politique locale.
03:23On entretient un tissu associatif qui dépend largement des décisions budgétaires de la mairie.
03:28Ça a un mot, ça s'appelle le clientélisme.
03:31Et là-dessus, on pourrait faire quelques économies.
03:33Génération Libre propose autour de 200 millions, 185 millions,
03:37qui pourraient être économisés chaque année avec une gestion plus rigoureuse.
03:41Et même 240 millions en étant un peu plus ambitieux.
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