00:00Et Raphaël, le vote du budget, c'est désormais clair, c'est impossible, ça sera 49-3 ou ordonnance, indique Matignon, ça sera tranché d'ici mardi, concrètement, l'un ou l'autre, qu'est-ce que ça change ?
00:11Ça change beaucoup de choses, alors, pour schématiser, si le gouvernement passe par le 49-3, ce que je rappelle, Sébastien Lecornu a toujours promis qu'il ne ferait pas,
00:19eh bien, il y aura une motion de censure à chaque dépôt du 49-3, et des 49-3, il y en aura au moins trois, un premier sur la partie recette, un deuxième sur la partie dépense,
00:34et un troisième sur l'ensemble du texte après qu'il revienne du Sénat, donc trois occasions de renverser le gouvernement, puisqu'à chaque 49-3, il y aura le dépôt d'une motion de censure.
00:47Et le problème, le problème majeur avec le 49-3, c'est que si la motion de censure est votée, le gouvernement tombe, mais le budget tombe avec lui.
00:57Ça veut dire qu'il faudrait tout reprendre depuis le début, et qu'on se retrouverait début février, avec zéro budget, en fait, et ça, Emmanuel Macron ne le veut surtout pas.
01:07Pourquoi ? Parce qu'en février, lui, il a son agenda médiatique, c'est la présidence du G7, avec une ambition toute simple, je cite,
01:16c'est faire de la réduction des déséquilibres mondiaux une priorité de sa présidence, rien que ça.
01:22Ce sera surtout, pour le président de la République, l'une de ses dernières séquences importantes avant les municipales,
01:30puis le début de la campagne présidentielle.
01:33Le président veut donc faire place nette, il ne veut pas de crise budgétaire,
01:37et si possible, pas de crise agricole, c'est aussi pour ça qu'on vient de débloquer 300 millions d'euros pour les agriculteurs.
01:43Et donc, c'est pour ça que lui souhaite une alternative pour mettre fin à cet interminable épisode budgétaire,
01:52ce sont les ordonnances.
01:53Parce que vous me parlez d'Emmanuel Macron qui n'en veut pas, mais les députés sont au bout du rouleau,
01:57c'est que plus personne n'en peut des discussions sur le budget.
02:00Du coup, les ordonnances, quelle différence ?
02:01Alors, les ordonnances, c'est l'article 47, pour le coup, de la Constitution.
02:06Il permet de passer en force si le Parlement ne s'est pas prononcé sur le projet de budget dans un délai de 70 jours.
02:14Autant vous dire qu'on l'a explosé depuis longtemps, ce délai.
02:17Alors, ce qui est sûr, c'est que si le gouvernement tombe,
02:21et ça, Sébastien Lecornu le sait depuis l'automne,
02:25mais à la différence du 49-3, le budget, lui, serait voté.
02:32Les ordonnances, c'est un passage en force face au Parlement.
02:36Donc, évidemment, ces motions de censure et le gouvernement tombent,
02:40mais on a le budget dans sa version originale.
02:43C'est un retour au budget Bayrou, en quelque sorte.
02:46Et si vous lisez la presse depuis quelques deux, trois jours,
02:49vous voyez que ce scénario revient en force.
02:51Alors, le président est pour, le Premier ministre est contre,
02:55et selon nos informations, il y a eu des explications de texte,
02:58franches et directes, comme on dit la semaine dernière sur le sujet.
03:02En clair, ils se sont franchement engueulés tous les deux,
03:04mais il y a une logique dans les institutions de la Ve République,
03:07c'est que c'est le président qui a tous les pouvoirs.
03:09Et c'est d'ailleurs à lui que revient de signer les ordonnances.
03:13Le problème, c'est qu'il y a une forme d'incertitude juridique,
03:15ça serait une première, on n'a jamais passé de budget par ordonnance.
03:19C'est le SGG, le secrétariat général du gouvernement,
03:24qui avait publié une note en 2024 pour dire qu'il y avait ce risque juridique.
03:28La forme de ces ordonnances et leur régime contentieux est incertain,
03:32avait indiqué le secrétariat général du gouvernement.
03:34Bref, saisie économiste qui résume le mieux la situation cette semaine.
03:38En titrant dans son édito, on avait déjà parlé sur l'antenne,
03:41« An utter merd show », autant dire un absolu spectacle de merde,
03:46qui témoigne selon l'hebdomadaire de, je cite,
03:49« l'ineptie collective de sa classe politique », on ne saurait mieux dire.
03:54Même à l'étranger, ils n'en peuvent plus parler du budget français.