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De juillet 1942 à février 1943, le récit saisissant de la bataille de Stalingrad à travers des écrits d’habitants de la ville et des lettres de soldats russes et allemands.
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00:00:07« Volgograd » s'étend sur plus de 60 kilomètres le long de la rive occidentale de la Volga inférieure.
00:00:14Fondée au tournant du XVIIe siècle, la ville s'est appelée Tsaritsine, puis Stalingrad.
00:00:22C'est sous ce nom qu'elle est entrée dans l'histoire.
00:00:30Depuis 1925, elle porte le nom du dirigeant soviétique et un programme ambitieux,
00:00:36devenir une cité modèle du socialisme qui exhibe l'épanouissement des citoyens soviétiques.
00:00:43Située à un peu moins d'un millier de kilomètres au sud-est de Moscou, elle compte alors près d
00:00:48'un demi-million d'habitants.
00:01:00Été 1940, l'Europe est en guerre.
00:01:04Deux ans encore, et le conflit aura atteint Stalingrad et la fera plonger en enfer.
00:01:15Un musée rend hommage à celui qui a organisé la défense de Tsaritsine, menacée par l'armée blanche en 1918
00:01:22au début de la guerre civile.
00:01:27Ce succès a forgé son aura de stratège militaire et donné son nom à la ville.
00:01:41En 1940, Stalingrad est un centre majeur de production industrielle et militaire.
00:01:49Son usine de tracteurs, la plus grande d'Europe, produit aussi des chars d'assaut.
00:02:04C'est le dernier été avant la Grande Guerre patriotique.
00:02:09En juin 1941, l'Union soviétique est attaquée par l'Allemagne nazie.
00:02:19Ce film repose sur des journaux intimes et des lettres, rédigées par les soldats qui ont combattu à Stalingrad et
00:02:27par ses habitants.
00:02:54Été 1942
00:03:2416 juillet 1942
00:03:28Ce fichu pays nous fait perdre tout sens de la mesure.
00:03:32Certes, il est bon de se confronter au côté abject de la vie,
00:03:35mais nous y sommes déjà tellement habitués que nous ne les remarquons même plus.
00:03:41Beaucoup de choses que nous trouvons horosho, bien, nous dégoûteraient au plus haut degré en d'autres circonstances.
00:03:48Et cela est dangereux.
00:03:51Je sacrifie volontiers mes jeunes années à notre grande et juste cause.
00:03:54Mais en Russie, non seulement nous perdons notre temps, mais nous nous abétissons.
00:04:01Nous devrions bientôt atteindre la grande courbe du don.
00:04:25La situation aux portes de Stalingrad se dégradait.
00:04:28L'adversaire avait l'avantage au niveau des forces engagées et cherchait à tout prix à atteindre la Volga, une
00:04:34fois le don franchi.
00:04:36Nous faisions tout notre possible pour nous servir de la puissante barrière que constituait le fleuve.
00:04:41Mais pour l'adversaire, manifestement supérieur sur le plan de l'artillerie et aussi et surtout de l'aviation,
00:04:47le don ne posait en réalité pas de problème particulier.
00:04:51Les combats avaient éclaté directement aux abords de Stalingrad et au sud de la ville.
00:04:56Des affrontements très durs se succédaient jour et nuit.
00:05:04Les combats sont de l'arrière de l'arrivée de la ville.
00:05:09Les combats sont des combats de l'arrivée de la ville.
00:05:13Les combats des combats sont des combats du corps.
00:05:15le lieutenant Lébédéva.
00:05:25Sur l'un des участques,
00:05:27les zénitistes, depuis quelques jours,
00:05:29ont mis 14 fachistes.
00:05:3619 juillet.
00:05:37À 3h du matin, nous avons reçu
00:05:39un appel radio.
00:05:41Le camarade Staline va vous parler.
00:05:44Staline a demandé quelle était
00:05:45la situation dans la ville.
00:05:47Il s'est intéressé à l'activité des usines
00:05:49du secteur de l'armement,
00:05:51puis nous a transmis les directives du comité central
00:05:54concernant le contexte général
00:05:55de plus en plus difficile.
00:05:57Il nous a dit en conclusion
00:05:59« Stalingrad ne tombera pas.
00:06:02Faites le savoir à tout le monde. »
00:06:0620 juillet.
00:06:08Les militants du parti de la ville
00:06:10se sont réunis dans la soirée.
00:06:11La salle était bondée.
00:06:13Il y a eu plusieurs alertes aériennes.
00:06:16Lors de mon intervention,
00:06:18j'ai insisté sur les demandes
00:06:19du comité central.
00:06:20La ville ne doit en aucun cas
00:06:22être cédée à l'ennemi.
00:06:25La responsabilité des communistes
00:06:26dans la défense de la ville
00:06:27doit être renforcée.
00:06:29Et il convient de lutter
00:06:30avec détermination
00:06:31contre les sentiments de panique
00:06:33et les velléités d'évacuation,
00:06:34quels que soient ceux
00:06:35qui les propagent.
00:06:37Lutter avec détermination
00:06:39contre les sentiments de panique
00:06:40et les velléités d'évacuation.
00:06:43En clair,
00:06:44les civils ont interdiction
00:06:46de quitter Stalingrad.
00:06:48Il faut empêcher
00:06:49l'engorgement des voies de communication
00:06:51réservées aux convois militaires.
00:06:54Et l'évacuation de la ville
00:06:55qui porte le nom du dirigeant
00:06:57serait un mauvais signal
00:06:58envoyé au peuple.
00:07:02Au début du conflit,
00:07:04Stalingrad comptait
00:07:05un peu plus de 450 000 habitants.
00:07:08A l'été 1942,
00:07:11300 000 réfugiés
00:07:12de l'ouest du pays
00:07:13sont venus s'y ajouter.
00:07:15La ville est saturée.
00:07:18Faute d'hébergement,
00:07:20de nombreuses familles
00:07:21vivent dehors,
00:07:22sans toit au-dessus
00:07:23de leur tête.
00:07:25Le 24 juillet 1942,
00:07:27les premières unités
00:07:29de la sixième armée
00:07:30de la Wehrmacht
00:07:31sont à 85 kilomètres
00:07:32à l'ouest de Stalingrad.
00:07:35Les ouvriers de l'usine
00:07:36de tracteurs creusent des tranchées.
00:08:00Huit août,
00:08:02avant intercepté
00:08:04un ordre secret de Staline.
00:08:06Il enjoint les Russes
00:08:07à mourir au combat
00:08:08plutôt que céder
00:08:09la moindre parcelle de terrain,
00:08:10car sinon le pays
00:08:11serait perdu.
00:08:13C'est aussi un aveu
00:08:14des pertes considérables
00:08:15qu'ont subi les bolcheviques.
00:08:17Et en effet,
00:08:18nous constatons
00:08:19que leurs soldats
00:08:19préfèrent se faire abattre
00:08:21plutôt que de se rendre.
00:08:24Il s'agit de l'ordre
00:08:25numéro 227
00:08:26du 28 juillet 1942.
00:08:29Les défaitistes
00:08:30et les lâches
00:08:30seront exécutés
00:08:31sur le champ.
00:08:33«Vrac »
00:08:34«Vrac »
00:08:34«Оtcriventes
00:08:35«Открил огонь
00:08:35по нашим переправам.
00:08:38В ответ
00:08:38заговорили
00:08:39орудия
00:08:40Воскрой
00:08:40военной
00:08:41плотины.
00:08:48Maricisca-Nanerki-Chapaev,
00:08:50avec l'équipe de l'équipe de Varoni,
00:08:52groment les batteries.
00:09:2011 août.
00:09:21« Zimenkov, le président du comité exécutif, est passé ce matin et m'a demandé d'un air inquiet si
00:09:27nous allions faire souffrir nos familles encore longtemps. J'ai compris à quoi il faisait allusion. Que proposes-tu ?
00:09:35D'envoyer dès aujourd'hui les familles de tous les dirigeants de la ville et du district de l'autre
00:09:39côté de la Volga ? »
00:09:42« La question était délicate. Le départ de nos proches pouvait nourrir la propagande ennemie. Mais il n'y avait
00:09:48manifestement pas d'autre solution. Après tout, le petit Valéry d'un an et demi n'y peut rien si
00:09:54son père est secrétaire du comité régional. Pourtant, il est tellement nerveux qu'il en bégait. »
00:10:04Tandis que les cadres du parti mettent leurs familles en sécurité, le peuple creuse des tranchées. Les Allemands ont atteint
00:10:11la ligne de défense extérieure de la ville.
00:10:13« Un bateau à roue à aube, camouflé en îlot, remonte la Volga. Staline a envoyé un homme de confiance
00:10:28se faire une idée de la situation. »
00:10:34« 12 août. Le camarade Malenkov, membre du comité national de défense et secrétaire du comité central, est venu rendre
00:10:41visite à l'état-major du front de Stalingrad. »
00:10:45Le conseil de guerre s'est réuni ce matin. Celui-ci a fixé à l'organisation du parti et aux
00:10:50constructeurs de chars de la ville la difficile mission de doubler la production de blindés d'ici 8 à 10
00:10:55jours.
00:11:28« 16 août. Cela fait dix jours que des combats acharnés se déroulent dans la grande boucle du don. La
00:11:35situation est extrêmement difficile.
00:11:38Le front a plus que jamais besoin de mode de transport fiable pour traverser la Volga.
00:11:43Sur la rive gauche sont concentrées les unités logistiques des forces engagées en première ligne.
00:11:49Deux nouvelles voies de franchissement du fleuve spécialement consacrées aux transports militaires ont été inaugurées hier dans le centre de
00:11:55la ville.
00:11:56« 19 août. Les avions russes attaquent la nuit, rarement en journée.
00:12:21Quatre corps d'armée sont massés dans un espace restreint.
00:12:24Le grand coup de butoir, qui doit nous permettre de passer le don pour atteindre la Volga et Stalingrad, est
00:12:30pour bientôt.
00:12:32La frénésie des préparatifs a complètement mis à sac l'inquiétude de ce paysage fluvial vallonné.
00:12:4120 août. Le départ est pour demain.
00:12:45Ce sera un pas crucial.
00:12:47Pas seulement pour notre partie du front, mais je pense pour toute l'offensive de cet été.
00:12:52Car c'est maintenant qu'il faut percer le front.
00:12:55On dit que l'ennemi est fort.
00:12:59« Nos services de renseignement ont intercepté l'ordre du général Paulus, qui commande la 6e armée germano-fasciste.
00:13:06Il ordonne de lancer un assaut décisif sur Stalingrad.
00:13:11Les Allemands acheminent des troupes fraîches vers le front.
00:13:14Que pouvons-nous leur opposer ?
00:13:17Allons nous tenir.
00:13:18Ces pensées nous hantent jour et nuit. »
00:13:24« Un seul Panzer soviétien. Il a mis la première ligne de l'arrivée germano-fasciste. »
00:13:33« On est à la route. »
00:13:408 000 personnes travaillent en permanence aux portes de la ville.
00:13:44Chaque jour, après avoir terminé leur service à l'usine,
00:13:48jusqu'à 3 000 ouvriers et employés viennent participer au chantier.
00:13:52Près de 20 kilomètres de barrières anti-chars et 500 postes de combat ont d'ores et déjà été mis
00:13:57en place.
00:14:26Le 23 août 1915,
00:14:281942, les premiers chars allemands atteignent les faubourgs nord de Stalingrad, la partie industrielle de la ville.
00:14:34« J'ai passé la journée à l'usine Tractorni avec l'équipe de direction.
00:14:45Coup de téléphone. C'est Khrushchev.
00:14:48Les Allemands ont percé le front. Ils approchent de l'usine. Il faut organiser la défense. »
00:14:54La réaction a été immédiate.
00:14:56On a commencé à évacuer les chars le long d'un influent de la Volga derrière l'usine,
00:15:01à armer les ouvriers, le bataillon de réparation.
00:15:04Une cinquantaine de chars ont été déployés, ce qui n'est pas rien.
00:15:09Le soir, je me suis rendu à l'état-major du front.
00:15:12Un certain nombre de mesures de défense de la ville ont été prises.
00:15:29D'intenses bombardements aériens débutent dans l'après-midi du 23 août.
00:15:52Il était environ 4 heures de l'après-midi et le soleil descendait petit à petit à l'ouest.
00:15:57À la radio, on nous a soudain annoncé que la menace d'une attaque aérienne était toujours d'actualité.
00:16:04Personne n'a été surpris.
00:16:06Souvent, les alertes n'étaient suivies d'aucun bombardement.
00:16:09À ce moment-là, je me promenais dans la rue avec des amis
00:16:12et nous ne prétions nullement attention ni à l'alerte ni aux détonations qui retentissaient au loin.
00:16:18Et tout à coup, dans le ciel, nous avons entendu le grand banc de plusieurs avions
00:16:22et le bruit des rafales tirés par la défense anti-aérienne.
00:16:27J'ai regardé du côté du soleil couchant et j'ai vu une multitude d'avions qui approchaient lentement
00:16:34et des obus qui éclataient.
00:16:38Nous avions à peine atteint un abri lorsqu'un sifflement strident a déchiré l'air
00:16:43et qu'un bruit d'impact a retentillé tout près.
00:16:46Une grand-mère et un grand-père ont été propulsés dans un fossé par l'onde de choc.
00:16:50Le vacarme des bombes était effrayant.
00:16:53À chaque nouvelle explosion, des mottes de terre pleuvaient par la porte grande ouverte,
00:16:58soulevant la poussière.
00:17:00L'air était lourd et sentait la poudre et la fumée.
00:17:03Quand le sifflement s'approchait de plus en plus strident,
00:17:06il fallait ouvrir la bouche et se boucher les oreilles pour éviter que les tympans n'éclatent.
00:17:12Il y avait tellement de poussière qu'on n'y voyait pas à deux pas.
00:17:15Et puis cette poussière a lentement commencé à se dissiper.
00:17:19Le bruit s'est estompé.
00:17:21Nous étions pressés de voir où les bombes avaient explosé
00:17:24et nous sommes sortis de l'abri.
00:17:27Tout le nord de la ville, au-delà du centre, était embrasé.
00:17:31Vers l'est, l'incendie était de moins en moins violent.
00:17:34Mais encore plus à l'est, sur les rives de la Volga,
00:17:38il reprenait de la vigueur.
00:17:39Une bande jaune foncée couvrait le ciel et cachait le soleil.
00:17:5525 août.
00:17:57Un gigantesque nuage de fumée a flotté au-dessus de Stalingrad toute la journée.
00:18:02L'ensemble de la ville doit être en feu.
00:18:06Dans l'obscurité, le ciel s'embrase.
00:18:10Au cours de la nuit, des raids aériens incessants sur le colcos et ses environs
00:18:15nous forcent à dormir dans les tranchées.
00:18:19L'évacuation des femmes, des enfants et des personnes âgées est finalement ordonnée.
00:18:25La première vague de bombardement de la ville aura duré une semaine.
00:18:30Personne ne sait combien elle a fait de victimes.
00:18:34La ville est détruite, elle brûle.
00:18:37Les autorités locales, comités de district, comités exécutifs sont prises au dépourvu.
00:18:43Sur la proposition du camarade Malenkov,
00:18:46une commission extraordinaire dont j'ai été nommé président a été créée.
00:18:49Nous nous sommes mis au travail.
00:18:52Il faut mettre en place une évacuation des gens de l'autre côté du fleuve.
00:18:55Des dizaines de milliers de personnes sont regroupées sur la rive
00:18:59et les Allemands bombardent.
00:19:00Il y a beaucoup de victimes.
00:19:02Il faut enterrer les morts, nourrir les vivants.
00:19:06Il n'y a pas d'eau, pas d'électricité.
00:19:09La plupart des boulangeries industrielles,
00:19:11des moulins, des conserveries et des entrepôts
00:19:14sont détruits et enflamment.
00:19:16Des mesures draconiennes ont été prises contre les pilleurs
00:19:19et les détrousseurs de cadavres.
00:19:21Ils peuvent désormais être abattus sur place.
00:19:45Dans son bureau,
00:19:47le secrétaire du comité régional du parti,
00:19:50Alexei Chouyanov,
00:19:52travaille sous l'œil de la caméra.
00:19:53Car la défense de Stalingrad sera portée à l'écran.
00:19:57La caméra tourne.
00:20:03...
00:20:11...
00:20:12...
00:20:13...
00:20:15...
00:20:15...
00:20:15...
00:20:17...
00:20:47«Здравствуйте, товарищ Сталин!
00:20:50«В городе полный порядок.
00:20:54«Все заводы, несмотря на бомбежку,
00:20:58«работают нормально.
00:21:00«Истребительные батальоны,
00:21:02«части народного ополчения,
00:21:05«рабочие отряды приведены
00:21:07«в полную бревую готовность.
00:21:11«Ваше указание, товарищ Сталин,
00:21:13«бороться беспощадно
00:21:15«с паникерами и трусами
00:21:16«будет выполнено.
00:21:19«Город Сталинград не вгодим.
00:21:22«До свидания, товарищ Сталин!»
00:21:50«Stалинград a brûlé.
00:21:52«Ce serait trop long à décrire.
00:21:54«Stалинград a brûlé.
00:21:56«Elle a brûlé.
00:22:15«
00:22:18«Des immeubles gigantesques,
00:22:20«des monuments,
00:22:21«des squires,
00:22:22«des amoncellements de câbles,
00:22:24«un chat qui dort à une fenêtre,
00:22:26«un peu de verre dans les jardinières.
00:22:31«Au milieu des mastodontes
00:22:33«de pierres incendiées
00:22:34«à moitié détruites,
00:22:35«se dresse par miracle
00:22:36«un pavillon en bois,
00:22:37«un kiosque où l'on vendait
00:22:39«de l'eau gazeuse.
00:22:41«On dirait Pompéi,
00:22:43«surprise par la mort
00:22:44«un jour de grande animation.
00:22:45«Des tramways,
00:22:47«des voitures sans vitres,
00:22:49«des immeubles calcinés
00:22:51«portant encore des plaques commémoratives,
00:22:53«Joseph Staline a fait ici
00:22:55«un discours en 1919.
00:22:58«Des enfants errent dans les rues,
00:23:00«beaucoup sourient,
00:23:01«beaucoup ont l'air à moitié fous.
00:23:07«Le soleil se couche sur la place.
00:23:10«Spectacle d'une beauté étrange,
00:23:12«effrayante.
00:23:13«Le ciel rose pâle apparaît
00:23:15«à travers des milliers,
00:23:16«des dizaines de milliers de fenêtres
00:23:18«etois vides.
00:23:20«Une immense pancarte aux couleurs mornes
00:23:22«le proclame vers la lumière.
00:23:25«Un sentiment de calme après un long tourment.
00:23:29«La ville est morte,
00:23:31«tel le visage d'un défunt
00:23:33«qui serait décédé d'une pénible maladie
00:23:35«et aurait trouvé la paix dans le sommeil éternel.
00:23:39«Et les bombardements qui reprennent.
00:23:42«Les bombardements d'une ville déjà morte.
00:23:47«Zuka starten gegen Stalingrad.
00:23:58«Unter uns starten weitere Wellen.
00:24:05«Tag und Nacht liegt die starke Wolga-Festung
00:24:07«im Hagel der deutschen Bomben.
00:24:09«Heer- und Luftwaffe haben starke Kräfte
00:24:11«zum Sturm auf Stalingrad angesetzt.
00:24:38«Nous sommes le dimanche 30 août.
00:24:41«Cela fait déjà une semaine que nous vivons dans une tranchée.
00:24:44«Depuis le bombardement du 23.
00:24:47«Il ne reste plus de Stalingrad que des pierres calcinées
00:24:50«et de nombreuses victimes innocentes ont été tuées.
00:25:03«1er septembre.
00:25:05«En quelques jours, les Allemands ont effectué de nouvelles percées.
00:25:09«Nos forces reculent.
00:25:11«Les Allemands sont aux portes de la ville en plusieurs endroits.
00:25:16«Le 27 août, ils ont bombardé l'usine Barricade.
00:25:21«Notre aviation n'est guère efficace, en particulier nos avions de chasse.
00:25:25«Les Allemands sont toute la journée au-dessus de la ville.
00:25:30«Aujourd'hui, j'ai pu observer de près, à environ un kilomètre,
00:25:34« nos chars en action.
00:25:36«Ils avancent directement vers les mines et les canons anti-chars de l'adversaire.
00:25:40«Ils se sacrifient pour rien.
00:25:44«En l'espace de 20 ou 30 minutes, les Allemands ont anéanti une quinzaine de nos T-34.
00:25:49«Tandis que nous, nous ne neutralisions que deux de leurs chars.
00:25:59«4 septembre. J'ignore quand tout cela finira.
00:26:03« Combien de larmes ont été versées ces 13 derniers jours ?
00:26:06« Les bombardements continuent alors qu'il n'y a plus rien à bombarder.
00:26:10« Cela a duré toute la nuit et juste avant le lever du soleil,
00:26:13« ils ont lancé des bombes incendiaires dans notre rue.
00:26:16« Nous nous sommes retrouvés dans un cercle de feu,
00:26:18« mais grâce à Dieu, nous en sommes sortis indemnes.
00:26:21« Oh Seigneur, survivrons-nous à tout cela ?
00:26:25« On élève des barricades dans les rues.
00:26:27« Le pire cauchemar reste manifestement à venir.
00:26:30« J'écris ceci sur une marche de l'escalier qui mène à notre abri enterré.
00:26:35« Cher journal intime, quand finiront toutes ces souffrances ? »
00:26:41« Sous une porte cochère, sur un tas d'objets divers,
00:26:44« les habitants d'un immeuble incendié mangent de la soupe aux choux.
00:26:48« Par terre, un exemplaire de humilié et offensé.
00:26:52« Un combattant leur dit en passant, vous aussi vous êtes humilié et offensé.
00:26:58« Une jeune fille lui répond, offensé oui, humilié non.
00:27:03« La journée dans notre abri se déroulait ainsi.
00:27:09« Le matin, le jour à peine levé et le calme revenu,
00:27:13« maman sortait de la tranchée et se mettait à la cuisine.
00:27:16« On faisait chauffer la bouilloire, pleine d'une eau couleur de rouille,
00:27:20« on faisait cuire du bon pain.
00:27:22« Et quand tout était prêt, on passait à table.
00:27:25« Quand il n'y avait pas d'eau, il fallait aller en chercher dans la volga,
00:27:29« ce qui n'était pas toujours possible.
00:27:31« Dans la journée, quand des avions tournaient dans le ciel
00:27:34« et que les tirs de la défense anti-arienne retentissaient,
00:27:37« nous admirions le spectacle, même s'il n'était pas très agréable.
00:27:41« Les jours calmes étaient très rares.
00:27:43« La plupart du temps, nous étions obligés de rester au fond de l'abri,
00:27:47« à écouter le terrible grondement des bombardements
00:27:50« et les explosions qui faisaient tout trembler.
00:27:53« Parfois, les quêtes ou chalances roquettes prenaient position aux intersections.
00:27:58« Les obus, en traversant le ciel, laissaient derrière eux une fumée noire le jour
00:28:02« et une traînée de feu la nuit.
00:28:13« Le 13 septembre, la famille d'Oleg parvient à traverser la volga
00:28:19« à bord d'un bateau à moteur.
00:28:21« Il survivra à la guerre et deviendra un linguiste réputé.
00:28:25« .
00:28:28Sous-titrage Société Radio-Canada
00:28:58Stalingrad menace de tomber, mobilisation immédiate de toutes les forces disponibles, toute forme de retard équivaut à un crime.
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00:38:05La division est parfaitement approvisionnée. Repas chaud, vêtements propres, chocolat, lait condensé, les blessés sont évacués de façon exemplaire.
00:38:14Nous avons des réserves pour trois jours et des renforts en hommes, des ouzbeks.
00:38:21Les offensives massives ont été remplacées par les échanges entre tireurs d'élite. La guerre est changeante.
00:38:28Un immeuble est pris d'assaut par un groupe de dix hommes munis de quelques bouteilles.
00:38:31Un groupe de renforts, des munitions, des provisions pour six jours, une tranchée creusée en cas d'encerclement.
00:38:39La division s'est répartie entre les différents immeubles, comme sur un échiquier, face aux Allemands.
00:38:45Le renseignement est rendu très difficile. Le moral, fatigué mais ça va.
00:38:50Les poux, on s'en débarrasse à coup de fer chauffé sur les braséraux.
00:38:54Nous vivons dans des caves, des appartements ou des tranchées couvertes.
00:39:00Les gens, les gens, les gens sont précieux.
00:39:05Première étape, ils sont passés à l'attaque contre les Allemands qui s'approchaient du fleuve.
00:39:10Ils ont pris le courgat de Mamaïev à raison de 10-15 attaques par jour.
00:39:18À la fin du mois d'octobre, la Wehrmacht a pris pied dans six arrondissements sur sept.
00:39:23Les complexes industriels dans le nord de la ville sont particulièrement disputés.
00:39:28C'est aussi là que Séraphima Voronina est prise au piège.
00:39:3325 octobre. Nous sommes dans l'abri et nous n'en sortons pas.
00:39:38Quelques affares. Les poux nous dévorent.
00:39:41La nuit, nous dormons assis car l'abri est exigu et il y a beaucoup de monde.
00:39:45Mon Dieu, quand finiront donc nos tourments ?
00:39:48Hier au petit matin, un vieil homme est passé nous dire que nos forces étaient stationnées sur une bande étroite
00:39:53qui va de la voie de chemin de fer à la Volga
00:39:56et qui passe par l'endroit où nous nous trouvons.
00:39:59Nous sommes sur la ligne de feu.
00:40:02Nous ne pouvons pas partir.
00:40:04Nous pouvons juste nous en remettre au destin.
00:40:07Pendant que j'écris ces lignes, les bombes continuent de tomber.
00:40:11Ils sont en train de bombarder l'usine.
00:40:13Ça brûle de ce côté-là.
00:40:15Finalement, les Allemands ne doivent pas être si forts que ça
00:40:18pour mettre autant de temps à prendre la ville.
00:40:22Il s'agit des dernières lignes du journal de Séraphima Voronina.
00:40:27Un soldat de l'armée rouge le retrouvera dans les décombres et le conservera.
00:40:31C'est la seule trace que la jeune femme a laissée.
00:40:42C'est-à-dire qu'il s'agit de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée
00:40:46de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l
00:40:52'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de
00:40:52l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée
00:40:52de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l
00:40:56'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de
00:40:57l'armée de l'armée de l'armée de l'armée de l'
00:41:04C'est parti de l'Octobre.
00:41:05C'est parti de l'Octobre.
00:41:06C'est parti de l'Octobre.
00:41:07Ils ont pris un soutien de l'Octobre.
00:41:14Dans chaque étape, les combats sont en place de l'Octobre.
00:41:24Il y a un coup de l'Octobre.
00:41:26La victoire de l'Octobre.
00:41:32La victoire de l'Octobre.
00:41:49Cherov avait remarqué qu'il lui était plus facile d'atteindre un homme en marche
00:41:53que lorsqu'il était immobile.
00:41:55Il le touchait alors en pleine tête.
00:41:57Il avait fait une autre découverte qui lui permettait de ne pas être vu de l'adversaire.
00:42:02On repère le plus souvent un tireur à la lueur qui sort de son arme.
00:42:07Lorsqu'il tirait, Cherov veillait toujours à être devant un mur blanc.
00:42:11Car sur un front blanc, on ne voit pas la lueur de la décharge.
00:42:17Il ne voulait plus que les Allemands marchent dans la ville à tête haute,
00:42:20boivent de l'eau claire, prennent leur petit déjeuner et puis leur déjeuner.
00:42:24Il ne souhaitait qu'une chose, les enfoncer sous terre.
00:42:28Le jeune Cherov, qui aimait tant les livres et la géographie, qui rêvait de voyages lointains,
00:42:34ce fils et ce frère aimant qui, petit, ne voulait pas se servir d'un lance-pierre
00:42:38pour ne pas faire de mal à un être vivant, était devenu un redoutable tueur,
00:42:43un exterminateur d'occupants.
00:43:08Ce reportage, tourné fin octobre et diffusé un mois plus tard
00:43:13dans les salles allemandes, est le dernier que les actualités cinématographiques
00:43:17consacrent à Stalingrad.
00:43:19Après, il n'y a plus eu de nouvelles parlant de Stalingrad.
00:43:22«Zerstœurte Industriewerke.
00:43:40»Kampfpause hart am Feind.
00:43:42Die Essenholer haben Verpflegung herangebracht.
00:43:45Die Schlachtung Stalingrad stellt ungeheure Anforderungen an die seelischen
00:43:49et de körperlichen Kräfte jedes einzelnen Mannes.
00:44:11Ceux qui résistent d'un côté comme de l'autre tiennent à peine debout et continuent de se battre.
00:44:377 novembre.
00:44:39Discours du commandant en chef à l'occasion de l'anniversaire de la révolution d'octobre.
00:44:43«Сталинградская битва не имеет в себе равных историй.
00:44:49Как по длительности атак 90 дней непрерывной атаки,
00:44:54так и по наблюдению техники.
00:44:56Такое сражение можно иметь раз в жизни.
00:45:01Вот уже три месяца противник атакует непрерывную
00:45:04Сталинградскую твердень.
00:45:06Но гордые бойцы Сталинграда стоят непреклонной волей,
00:45:11защищая Сталинград, защитят его,
00:45:13и никогда не удастся фашистским гражданцам владеть этой тверденью.
00:45:25Стойкость Сталинградских бойцов командиров,
00:45:28стойкость Сталинградских сосей сорвали все планы Гиппера,
00:45:32сорвали его план кампании 42-го года.
00:45:35Это существенно повлияло на ход войны».
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00:46:23« 13 novembre.
00:46:27On a retrouvé une lettre sur le corps de l'officier fasciste
00:46:30tué dans le secteur du 344e Régiment de la 138e Division.
00:46:36Voilà ce qu'il écrivait le 11 novembre.
00:46:38« Il ne nous reste qu'un kilomètre à parcourir pour atteindre la Volga,
00:46:43mais nous ne parvenons pas à avancer.
00:46:45Nous nous battons pour ce kilomètre depuis plus de temps
00:46:48qu'il ne nous en a fallu pour conquérir toute la France.
00:46:50Nous avons perdu ici plus de soldats que pour la prise de Sébastopol,
00:46:54mais les Russes résistent, tels des blocs de pierre.
00:46:59Les faucons hitlériens ont enfin compris qu'ils n'auront pas Stalingrad
00:47:02et que les rives de la Volga seront leur cimetière. »
00:47:13Mi-novembre, l'arrivée de l'hiver.
00:47:16La Wehrmacht occupe environ 90% de la ville.
00:47:19La 62e armée soviétique tient toujours une étroite bande de terre le long de la Volga.
00:47:28« Sur le front, on parle souvent de courage.
00:47:31Les conversations à ce sujet tournent en général à la dispute.
00:47:36Les uns disent que le courage, c'est une forme d'insouciance que l'on ressent au combat.
00:47:41Les autres avouent que dans les actes les plus valeureux, ils éprouvent une véritable peur.
00:47:46Ils doivent vraiment prendre sur eux pour s'obliger par la force de leur volonté à garder la tête haute,
00:47:52à accomplir leurs devoirs et à aller à la rencontre de la mort. »
00:47:57« Les grands corps vous disent qu'ils sont courageux parce qu'ils se sont persuadés qu'ils s'en
00:48:02sortiront toujours. »
00:48:17Vassily Grossman écrira son grand roman sur Stalingrad, « Vie et destin au lendemain de la guerre ».
00:48:24Mais il faudra attendre Mireille Gorbatchev et sa perestroïka
00:48:28pour que le livre soit publié et devienne un immense succès mondial,
00:48:32bien après la disparition de son auteur, mort en 1964.
00:48:54Préparatif pour la contre-offensive près de Stalingrad,
00:48:57l'opération Uranus.
00:49:00Le haut commandement soviétique a mobilisé les réserves stratégiques,
00:49:04des troupes fraîches de l'arrière-pays.
00:49:06En tout, plus d'un million de soldats.
00:49:11Objectif, encercler et éliminer la 6e armée allemande et ses alliés.
00:49:15C'est parti.
00:49:17C'est parti.
00:49:21C'est parti.
00:49:29C'est parti.
00:49:31C'est parti.
00:49:44C'est parti.
00:49:48C'est parti.
00:49:49C'est parti.
00:49:51C'est parti.
00:49:53C'est parti.
00:50:0319 novembre.
00:50:05Aujourd'hui, nos voisins, les bataillons des fronts sud-ouest et du Don, ont lancé une offensive décisive.
00:50:12Les services d'information de l'État n'en parlent pas encore.
00:50:15Mais nous savons pour notre part que cette offensive se déroule bien et qu'elle a totalement pris les Allemands
00:50:20par surprise.
00:50:2320 novembre.
00:50:25C'est notre tour.
00:50:28Aujourd'hui, au lever du jour, le front de Stalingrad est passé à l'offensive.
00:50:34Nous attendions ce jour depuis longtemps.
00:50:42Sur le champ de bataille, Gisun Roumain est l'un des nôtres.
00:50:47Le Roumain a sur lui une feuille de papier et un dessin d'enfant.
00:50:52Un lapin et un bateau.
00:50:54Le soviétique, une lettre.
00:50:57Bonjour, ou peut-être bonsoir, papa.
00:51:01Et à la fin de la lettre,
00:51:03rentre vite, papa.
00:51:05La maison est triste sans toi.
00:51:08Tu me manques beaucoup.
00:51:10Viens au moins pour une heure que je puisse te voir.
00:51:13Je t'écris en pleurant à chaudes larmes.
00:51:16Ta fille Nina.
00:51:3623 novembre.
00:51:38L'armée rouge a formé un immense cercle autour de la 6e armée allemande dirigée par le général Paulus.
00:51:45Plus de 300 000 hommes sont pris au piège dans Stalingrad.
00:51:50Ces images qui montrent la jonction des troupes soviétiques ont été mises en scène pour la caméra.
00:51:56En réalité, la jonction s'est faite en fin d'après-midi, dans l'obscurité.
00:52:02En traversant la Volga, nous avons vu passer devant nous des bateaux à vapeur qui remorquaient des barges remplies de
00:52:09prisonniers roumains.
00:52:13Revêtus de capotées limées et de hautes toques blanches, ils tapaient des pieds et frottaient leurs mains gelées.
00:52:21« Voilà, ils ont vu la Volga ! » se sont exclamés les matelots.
00:52:30En règle générale, 200 prisonniers sont convoyés par deux ou trois soldats de l'armée rouge.
00:52:39Les Roumains marchent avec discipline.
00:52:42Parfois même en rang, au pas, en faisant sonner leurs gamelles et leurs gourdes,
00:52:47seins de cordes et de bouts de fils de fer, les épaules couvertes de couvertures chamarrées.
00:53:10La troisième armée roumaine, alliée des Allemands, est anéantie.
00:53:1529 000 soldats sont faits prisonniers.
00:53:3924 novembre.
00:53:41À notre tour d'être pris au piège, pour la première fois.
00:53:44Il reste une petite brèche au sud-ouest, mais elle est hors d'atteinte,
00:53:48car nous sommes bloqués à l'autre extrémité.
00:53:51100 Juncker U-52 assurent notre ravitaillement par les airs.
00:53:56À 9h30, nous recevons un télégramme du corps d'armée.
00:54:00Ordre de préparer la destruction de tout appareil, bagage, dossier et véhicule superflu.
00:54:06La retraite et l'abandon de Stalingrad sont donc actés.
00:54:10Nous sommes tous affligés, car il n'y a rien de plus déprimant que de détruire ce que l'on
00:54:14a construit
00:54:15et d'abandonner une position conquise par le sang, les sacrifices et des efforts surhumains.
00:54:3026 novembre.
00:54:31Des avions de chasse attaquent notre poste de commandement.
00:54:35Quelques bombes tombent entre les bunkers sans dégâts.
00:54:38Les avions ont largué des tracts avec un communiqué spécial des Russes.
00:54:42Percés et opérés sur 30 km de large et 70 km de profondeur.
00:54:47Tropes allemandes encerclées à Stalingrad.
00:54:50Le Führer ne va pas nous abandonner après nous avoir ordonné de tenir bon.
00:54:55Le soir, nous en avons le cœur net.
00:54:57L'ensemble de notre sixième armée est encerclé.
00:55:01Nous ne devions rien dire aux hommes, ce qui ne fait qu'ajouter à l'inquiétude.
00:55:12Début janvier 1943, le Major Von Lossow est blessé et évacué par avion.
00:55:18Son détachement comptait environ 400 hommes.
00:55:22Seuls quatre survivront.
00:55:26C'est-à-dire qu'il y a des
00:56:019 décembre
00:56:03Quand cesseront enfin les combats ?
00:56:06Le travail en temps de paix me manque terriblement
00:56:09Même si je sais qu'il ne sera pas facile
00:56:12La ville est détruite
00:56:14De nombreuses usines sont démolies
00:56:17Les troupes d'Hitler ont pillé et saccagé les quartiers qu'elles ont occupés
00:56:21Nous préparons des plans à courte échéance
00:56:24Le plus dur est derrière nous
00:56:26L'armée allemande est bloquée à Stalingrad
00:56:29Mais de durs combats nous attendent encore
00:56:32Et il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à la victoire totale
00:56:47Hier soir à Rheilgorod
00:56:48Nous avons reçu la visite de nos amis allemands
00:56:51Walter Ulbricht, Erich Weinhardt et Willy Bredel
00:56:55Nous les avons accueillis chaleureusement, fraternellement
00:56:58Ils veulent s'adresser aux troupes germano-fascistes encerclées
00:57:02Pour les convaincre qu'il est inutile de continuer à résister
00:57:1016 décembre
00:57:12Les techniciens descendent péniblement la pente
00:57:15Pour rapprocher les haut-parleurs autant que possible des lignes ennemies
00:57:19Je mets tout mon pouvoir de persuasion dans mes paroles
00:57:23Un poème à moitié improvisé pour clore mon intervention
00:57:27Dieu vous a-t-il abandonné ?
00:57:29Que crèvent donc ceux qui veulent crever ?
00:57:31Mais vous, dites stop tant qu'il est temps
00:57:33Face aux massacres éminents
00:57:35Sortez sans armes de vos tranchées
00:57:37Trois d'hommes déjà s'en sont allés
00:57:39Ceux qui se rendent choisissent la vie
00:57:42Et reverront leur mère patrie
00:57:46Des extraits de lettres écrites par des soldats allemands
00:57:49Encerclés à Stalingrad
00:57:52Aucune n'est arrivée à destination
00:57:55Ma chère mère
00:57:56Serais-je à nouveau près de toi un jour ?
00:57:59Retrouverais-je ta tendresse et la douceur de tes gestes ?
00:58:01Ce bonheur me semble aujourd'hui à peine imaginable
00:58:06Personne ici ne se demande ce que nous apportera la nouvelle année
00:58:09Nous n'avons plus d'exigence
00:58:10Et nous n'espérons plus grand chose
00:58:12De peur d'être trop déçus
00:58:16Parfois je prie pour que mon sort s'améliore
00:58:18Et parfois je le maudis
00:58:20Alors que plus rien n'a de sens
00:58:22J'attends la délivrance
00:58:23Mais je ne sais ni quand ni comment elle arrivera
00:58:26Mes chers parents
00:58:28Envoyez-moi des vivres si vous le pouvez
00:58:30Il me coûte de l'écrire
00:58:31Mais ma faim est trop grande
00:58:34Si vous pouviez nous voir
00:58:36Moi et mes camarades
00:58:37Vous penseriez que la mort se tient en face de vous
00:58:42Aujourd'hui
00:58:42Un ravitailleur s'est écroulé de faiblesses
00:58:45Après cinquante pas
00:58:46Il était mort avant que nous n'ayons pu le ramener au bunker
00:58:50L'ennemi numéro un reste la faim
00:58:53Elle nous fait tellement souffrir
00:58:54Que nous fouillons les cadavres russes
00:58:56À la recherche de pain
00:58:58Souvent nous trouvons de la farine de pois chiche
00:59:00Que nous faisons cuire avec de l'eau chaude
00:59:01Sans celle bien sûr
00:59:03Voilà
00:59:04Tu peux t'imaginer à quel point notre faim est grande
00:59:09Un cimetière militaire allemand près de Volgograd
00:59:1361 700 soldats sont enterrés ici
00:59:188 janvier 1943
00:59:21Dîner avec le général
00:59:23Il m'a dit qu'une capitulation honorable
00:59:25Allait être proposée à Paulus
00:59:27Un ultimatum doit être envoyé ce soir
00:59:29Aux allemands encerclés
00:59:32Comme il est rédigé en allemand
00:59:33On me prie d'en faire la lecture au microphone
00:59:42Toutes les troupes allemandes encerclées
00:59:43Vous et l'état-major à votre tête
00:59:45Doivent cesser toute résistance
00:59:48Toutes les forces de la Wehrmacht
00:59:50Doivent se rendre simultanément
00:59:53Nous attendons votre réponse écrite pour le 9 janvier 1943
00:59:56A 15h00 heure de Moscou
01:00:02Les allemands tirent sur les négociateurs soviétiques
01:00:05Ce n'est qu'à la seconde tentative
01:00:08Le lendemain
01:00:08Que le texte peut finalement être transmis
01:00:27Les généraux soviétiques voient leur ultimatum rejeté par Paulus
01:00:31Le 10 janvier
01:00:32L'offensive contre la poche de Stalingrad
01:00:35Stalingrad est lancé sous le nom d'opération Coltso
01:00:38Anneau en russe
01:00:43Je dois te dire très sincèrement
01:00:44Que je préférerais une fin rapide
01:00:46Plutôt qu'une mort lente et inéluctable
01:00:48Pour le dire dignement
01:00:58La situation est de plus en plus difficile
01:01:00Nous sommes à bout
01:01:02Si rien ne se passe rapidement
01:01:04Nous allons tous périr
01:01:07Nous sommes déjà en train de perdre le courage
01:01:09Car on nous a promis de l'aide extérieure
01:01:11Mais le destin en a décidé autrement
01:01:15Je t'en prie reste calme
01:01:16Et n'agis pas dans la précipitation
01:01:19Nous allons nous battre jusqu'au bout
01:01:20Et dès lors
01:01:21Dieu ne nous refusera pas son aide
01:01:24J'espère vraiment beaucoup
01:01:25Que nous nous reverrons
01:01:31Ceci est la dernière lettre
01:01:33Que je peux vous adresser
01:01:35Nous n'avons pas eu de chance cette fois-ci
01:01:37Lorsque ces lignes vous parviendront
01:01:39Votre fils ne sera plus là
01:01:42Je veux dire
01:01:43Qu'il ne sera plus de ce monde
01:02:0214 janvier
01:02:04La force de l'offensive ne faiblit pas
01:02:07Nous avons appris qu'une gigantesque percée
01:02:10A isolé la partie ouest de la poche
01:02:11Jusqu'à Karpovka
01:02:25Karpovka est un vaste village
01:02:27Qui ressemble à un immense marché aux puces
01:02:31Ce ne sont que canons renversés
01:02:33Chars enrayés
01:02:34Camions abandonnés au milieu des routes
01:02:37Ils ont même laissé les mitraillettes
01:02:40Partout s'entassent les munitions
01:02:41Les grenades, les bombes
01:02:44Ils ont dû quitter leurs trous
01:02:45Dans la précipitation
01:02:46Qui ressemble à un Kris
01:03:17Un détachement de prisonniers se traîne le long de la rue principale.
01:03:21La moitié d'entre eux boitent, tellement leurs pieds sont gelés.
01:03:25Des visages crasseux me regardent avec des yeux hagards.
01:03:29« C'était horrible, monsieur », me dit un grand individu à la barbe noire laineuse et hirsute.
01:03:33« Jusqu'à la fin de ma vie, je me souviendrai de ce pilonnage. Je ne sais pas comment je
01:03:37m'en suis sorti. »
01:03:39« Alors pourquoi n'avez-vous pas capitulé avant le début de l'offensive, bande d'imbéciles, leur dis-je
01:03:43? »
01:03:44« Et voilà qu'ils se mettent tous à se lamenter comme une bande de vieilles femmes. Mais monsieur, si
01:03:49nous avions eu le choix, nous l'aurions fait depuis longtemps. Mais comment voulez-vous qu'un simple soldat aille
01:03:54contre les ordres de ses officiers ? »
01:04:3115 janvier. L'offensive progresse à grands pas. La poche est désormais découpée en plusieurs parties.
01:04:39En certains endroits, ils opposeraient toujours une résistance désespérée. Ailleurs, ils abandonnent tout et disparaissent aux premiers tirs d'artillerie.
01:04:50L'air vibre à nouveau. Il doit y avoir de terribles affrontements non loin d'ici.
01:05:06L'étau se resserre autour de Stalingrad. Le pont aérien, mis en place pour ravitailler la sixième armée, s'écroule.
01:05:24Le 25 janvier, la poche de Stalingrad, qui ne mesure plus que 24 km sur 15, est rompue et coupée
01:05:32en deux.
01:05:33La vieille ville au sud, la zone industrielle au nord.
01:05:40Les caméramans se sont répartis entre les différentes unités combattantes, afin qu'aucun secteur ne soit oublié.
01:05:46Pour qu'en ces heures historiques, pas un épisode n'échappe aux caméras.
01:05:50Au cours des derniers jours, alors que deux petits groupes allemands encerclés résistaient encore,
01:05:54mais que leurs heures étaient comptées, les caméramans ont filmé en continu,
01:05:58ne perdant pas une minute de ces courtes journées d'hiver.
01:06:01Le 25 janvier, la zone industrielle au nord.
01:06:39Messages radio d'Hitler du 24 janvier 1943.
01:06:43L'armée tient sa position jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière munition.
01:06:48Grâce à sa ténacité héroïque, elle livre une contribution mémorable à la construction du front défensif
01:06:54et à la sauvegarde de l'Occident.
01:07:1327 janvier.
01:07:15Les prisonniers affluent de toutes parts.
01:07:19Des spectres enveloppés de haillons, déambulants et claudiquants.
01:07:23C'est à cela que devaient ressembler les grenadiers de Napoléon après le passage de la Bérezina.
01:07:30Désormais, le principal problème consiste à loger et nourrir ces naufragés,
01:07:35en attendant de les transférer ailleurs.
01:07:37Les plus vaillants doivent immédiatement se mettre en marche, un pain sous le bras,
01:07:42vers le dépôt central à Karpovka.
01:07:44Un trajet de 25 kilomètres.
01:07:47Le général Rokossovski, commandant du front du Don.
01:07:52En 1945, il conquérera la Prusse orientale et la Pomeranie.
01:08:01Les plus faibles, ceux qui souffrent d'engelures,
01:08:04sont entassés temporairement dans tous les bunkers et remises disponibles.
01:08:09Le ravitaillement en nourriture de ces milliers d'hommes est particulièrement difficile.
01:08:14D'autant plus que les camions avancent péniblement dans la neige.
01:08:25En juillet 1943, Erich Weinhardt sera nommé président d'une organisation de prisonniers de guerre allemands
01:08:32créée sous les auspices de Staline.
01:08:35Le Comité national pour une Allemagne libre sera un vivier de cadre pour un futur État allemand.
01:08:44Les chars soviétiques occupent le centre-ville de Stalingrad.
01:08:48La fin des souffrances approche.
01:08:49La fin des souffrances approche.
01:09:05Le général Rokossovski, le général Rokossovski.
01:09:17Le général Rokossovski.
01:09:19Le général Rokossovski.
01:09:41les guerrilles, les usilies en tant qu'ils ont dénissé et
01:09:45les dénissé le front de l'arrivée contre le camp de l'arrivée.
01:09:51Ils ont dénissé le dénissé l'arrivée du camp de l'arrivée,
01:09:54les dénissé l'arrivée du camp de l'arrivée.
01:09:57Ils se sont assis dans le camp de l'arrivée,
01:09:58et je suis sûr que le dernier dernier
01:10:02est le camp de l'arrivée de l'arrivée contre l'arrivée
01:10:24En avril 1945, Tchouikov jouera un rôle de premier plan dans la prise de Berlin.
01:10:33Ces vainqueurs épuisés ont encore un long chemin à parcourir.
01:10:44Les cadavres de soldats allemands sont rongés par les bêtes.
01:10:48190 000 sont tombés au cours de la bataille de Stalingrad.
01:10:59Parallèlement au combat, il fallait filmer les très nombreux soldats et officiers allemands qui rendaient les armes.
01:11:04Et la capitulation des généraux qui avaient dépêché leurs négociateurs un peu partout.
01:11:18Dans un secteur de l'ouest des faubourgs de Stalingrad, nous avons filmé la reddition du commandant de la 376e
01:11:25division, le général von Daniels.
01:11:28Quand on a appris au général où se trouvait désormais la ligne de front, il a écarquillé les yeux.
01:11:35En
01:12:0531 janvier. Nous avons filmé Paolos au moment de son arrivée au PC du bataillon qu'il avait fait prisonnier.
01:12:13Une voiture de l'état-major allemand est arrivée.
01:12:15Paolos en est descendu, l'air sombre, mal rasé.
01:12:20Si le Feldt maréchal lui-même affichait une mine aussi défaite, que pouvait-on attendre de ces soldats ?
01:12:31Depuis la fenêtre, nous avons vu approcher un groupe d'automobiles.
01:12:36« Bien, apparemment les voici ! » s'est exclamé le général Shumilov en se levant.
01:12:41Son visage juvénile a soudain affiché un air à la fois soucieux et vaguement triomphant.
01:12:47On a fait entrer un militaire maigre vêtu d'une tunique élimée.
01:12:51C'était le Feldt maréchal allemand Paolos.
01:12:54Il était accompagné de son aide de camp, le colonel Adam.
01:12:57Et du chef d'état-major, Schmitt.
01:13:00On a ouvert la porte de la pièce voisine.
01:13:02Il y avait là une vingtaine de correspondants.
01:13:05La pièce était petite et ils étaient tous debout, serrés les uns contre les autres, essayant de voir quelque chose.
01:13:11Shumilov, vos papiers s'il vous plaît.
01:13:16Paolos, j'ai mon carnet militaire.
01:13:20Un document prouvant que vous êtes bien général, promu Feldt maréchal ?
01:13:25Je n'en ai pas.
01:13:28Il y a un télégramme à ce sujet.
01:13:31J'ai été notifié par radio de la décision du Führer.
01:13:37Au début de l'entretien, Paolos s'est dit agacé par la présence de tous ses correspondants, photographes et cinéastes,
01:13:43et a demandé à ce que la conversation se poursuive sans eux.
01:13:48Shumilov lui a répondu, votre presse montre à toute l'Allemagne nos soldats et nos officiers capturés.
01:13:54Nous devons donc montrer au monde entier le Feldt maréchal que nous avons fait prisonnier.
01:14:03Me trouvant face à Paolos, je n'ai pu m'empêcher de lui demander par le biais d'un interprète
01:14:08pourquoi ils avaient détruit Stalingrad avec un tel acharnement, avec une telle sauvagerie.
01:14:14La guerre, c'est la guerre, m'a répondu Paolos, et je n'ai fait qu'appliquer les ordres venus
01:14:20d'en haut.
01:14:22La veille, Hitler a promu Paolos au rang de général Feldt marshal, le deuxième grade le plus élevé de l
01:14:29'armée allemande.
01:14:30Parce que jamais, dans l'histoire de l'Allemagne, un maréchal n'avait capitulé.
01:14:35Une promotion qui ordonnait de fait à Paolos de mourir en héros ou de se suicider.
01:14:43La petite maison qui abritait l'état-major de la 64e armée soviétique existe toujours.
01:14:50Paolos a capitulé, mais la bataille n'est pas terminée.
01:14:54Les combats se poursuivent dans la poche nord, autour des usines.
01:14:592 février.
01:15:02Aujourd'hui, les troupes du front du Don ont lancé le dernier assaut contre l'adversaire,
01:15:07retranché dans le quartier des usines de Stalingrad,
01:15:10notamment dans les ateliers de l'usine de tracteurs de la ville.
01:15:13Cette usine est donc l'endroit dans Stalingrad où les combats auront duré le plus longtemps.
01:15:19Une unité de la milice populaire y a mené les premiers combats le 23 août 1942.
01:15:24Et le 2 février 1943, les troupes soviétiques y ont scellé la défaite totale des envahisseurs fascistes.
01:15:35La bataille de Stalingrad est terminée.
01:15:41Alexei Chouyanov restera secrétaire du parti à Stalingrad jusqu'en 1946.
01:15:48Il mourra en 1977.
01:15:51Il est inhumé au mémorial érigé sur la colline de Mamaïev à Stalingrad.
01:16:20Les images prises par les caméramans affluent depuis quelques heures au QG du front.
01:16:24Depuis tous les secteurs de Stalingrad.
01:16:27Au petit matin, nous avons déposé environ 2000 mètres de pellicules à l'aérodrome,
01:16:32où attendait un avion spécialement affrété.
01:16:35Cette pellicule a été envoyée au studio central pour y être développée dans les meilleurs délais.
01:16:42Romain Carmen et sa caméra ont été sur tous les fronts.
01:16:47En Espagne pendant la guerre civile, en Chine, au siège de Moscou, à Stalingrad, à Berlin, en Indochine et à
01:16:54Cuba.
01:16:55Il aura chroniqué en image les guerres et conflits du XXe siècle.
01:17:06Retour dans une ville en ruines.
01:17:263 février.
01:17:27Le thermomètre affiche toujours moins 30.
01:17:31Dans l'après-midi, nous avons parcouru une centaine de mètres sur un sentier étroit pour monter au sommet de
01:17:36la colline de Mamaïev.
01:17:39Entre les troncs déchiquetés des arbres fruitiers, gisaient des casques, des cartouches, des éclats de grenades.
01:17:47Quelques restes de neige recouvraient le sol défoncé et gelé.
01:17:51Je n'ai vu aucun cadavre.
01:17:53Seulement un grand crâne noirci par le temps, dont la dentition blanche nous renvoyait un sourire moqueur.
01:18:00Avait-il appartenu à un Russe ou à un Allemand ?
01:18:03Un major nous a expliqué que les Russes avaient été enterrés,
01:18:06mais que 1500 Allemands étaient toujours entassés de l'autre côté de la colline.
01:18:14Des visites de la ville meurtrie sont organisées pour les journalistes étrangers basés à Moscou.
01:18:31On voyait que Stalingrad avait été une ville moderne.
01:18:34Le centre, comme les usines, était récent, construit ces 10, 12 dernières années.
01:18:40Sur la place centrale, de grands immeubles d'habitation désormais éventrés,
01:18:45des bâtiments administratifs et la gare détruite.
01:18:49Elle avait plusieurs fois changé de main durant les violents combats de septembre.
01:18:54Au milieu de la place, une fontaine.
01:18:58À moitié détruite, les statues d'enfants poursuivaient leur ronde joyeuse autour du jet d'eau gelée.
01:19:06Dans un coin de la place, on avait rassemblé un énorme tas de débris.
01:19:11Des lettres, des cartes et des livres.
01:19:13Des photographies d'enfants allemands et de femmes allemandes regardant d'un air satisfait par-delà le Rhin.
01:19:19Un livre de prière catholique à la relure verte.
01:19:22La lettre d'un garçon prénommé Rudy qui disait
01:19:25« Maintenant que tu as conquis la grande forteresse de Sébastopol,
01:19:29la guerre contre ces fichus bolchevistes sera bientôt terminée. »
01:19:43Plus de 90 000 soldats allemands sont faits prisonniers.
01:19:47Seulement 6 000 d'entre eux rentreront en Allemagne.
01:19:573 février.
01:19:58Après avoir pris un bain, Paulus retrouve les autres généraux.
01:20:02Ils ne savent pas qu'ils sont filmés,
01:20:05mais les caméramans les attendent déjà près du bâtiment.
01:20:08« Paulus, tout cela est inutile. »
01:20:12« Schmitt, plus qu'inutile, c'est un scandale. »
01:20:16Ils se détournent de l'objectif.
01:20:20Ils montent dans la voiture et vont jusqu'au bâtiment où se trouvent les autres généraux.
01:20:27À bord de plusieurs voitures arrivent les officiers restants,
01:20:30dont le général Walter Heitz.
01:20:32Les caméramans filment fièvreusement les retrouvailles.
01:20:36Paulus serre les mains, les unes après les autres,
01:20:39adressant quelques mots.
01:20:41« Bonjour mes amis.
01:20:43Faisons preuve de cœur et de dignité. »
01:20:47Le lieutenant Tarabrine a été mis à disposition du général Feldmarshal.
01:20:52Les prisonniers ignorent qu'il comprend et consigne par écrit tous leurs échanges.
01:21:06Les caméras continuent de tourner.
01:21:08Les généraux, répartis en plusieurs groupes, parlent avec animation.
01:21:12Les conversations tournent essentiellement autour de la question de savoir qui est ici et qui ne l'est pas.
01:21:19Paulus est calme.
01:21:20Il regarde droit dans l'objectif.
01:21:23Schmitt est nerveux et s'efforce de se détourner de la caméra.
01:21:26Lorsqu'un caméraman plus entreprenant s'approche de lui à le toucher,
01:21:30avec un sourire sarcastique,
01:21:32il masque l'objectif de la main.
01:21:35Les autres généraux ne réagissent pour ainsi dire pas aux caméras.
01:21:39Certains cherchent apparemment à être filmés,
01:21:41en particulier à côté de Paulus.
01:21:43Un colonel circule entre eux, répétant sans cesse,
01:21:47« Ce n'est rien, ce n'est rien.
01:21:49Ne nous énervons pas.
01:21:50L'important, c'est que nous soyons tous en vie. »
01:21:54Personne ne lui prête attention.
01:21:56Le tournage se termine.
01:21:58Les gens se dispersent.
01:22:00Paulus, Adam et Schmitt rentrent dans leur baraquement.
01:22:03Schmitt, une partie de plaisir.
01:22:06Un coup à attraper froid après le bain.
01:22:09Tout est fait pour que nous tombions malades.
01:22:11Paulus, le pire, ce sont ses caméras.
01:22:14Une honte.
01:22:16Le maréchal n'est probablement pas au courant.
01:22:19« C'est une atteinte à la dignité.
01:22:22Mais que voulez-vous, je suis prisonnier.
01:22:24C'est une bonne chose qu'on ne puisse pas prévoir son destin.
01:22:27Si j'avais su que je serais un jour Feld maréchal et le lendemain captif,
01:22:31une pièce de théâtre sur un sujet pareil,
01:22:34on n'y croirait même pas. »
01:22:39Paulus restera prisonnier de guerre en Union soviétique jusqu'en 1953.
01:22:45Il vivra ensuite en RDA jusqu'à sa mort en 1957.
01:22:574 février.
01:22:58Toute la ville était littéralement dévastée.
01:23:01Il ne restait que des ruines.
01:23:02J'ignore s'il y avait des immeubles intacts.
01:23:05On voyait partout du matériel militaire détruit,
01:23:08allemand principalement.
01:23:10Beaucoup de cadavres également,
01:23:11qui n'avaient pas été ramassés.
01:23:13Et très peu de personnes en vie.
01:23:16Les habitants marchaient tels des ombres,
01:23:19émaciés et tenaillés par la faim.
01:23:40Un jeune garçon de 12 ou 13 ans surgit de je ne sais où.
01:23:44« Comment as-tu survécu ici ? »
01:23:46Il était noir de crasse, en loque.
01:23:49Je me suis débrouillé.
01:23:51J'ai mangé des charognes.
01:23:53Après, à la tannerie, il restait plein de pots,
01:23:55des tas de produits.
01:23:57J'ai pris une pot, je l'ai découpée,
01:23:59je l'ai fait bouillir, je l'ai mangée,
01:24:01et j'ai bu le bouillon.
01:24:02C'est comme ça que j'ai survécu.
01:24:13Le spectacle de la ville était épouvantable.
01:24:28Une réunion a été organisée.
01:24:31J'ai pris la parole.
01:24:37Nikita Khrushchev annonce la reconstruction de Stalingrad.
01:24:41Il succédera à Staline à la mort de celui-ci en 1953.
01:24:46Dans le cadre de la déstalinisation, la ville sera rebaptisée Volgograde.
01:25:10La colline de Mamaïef, la côte 102, sur les cartes d'état-major,
01:25:15avait été âprement disputée, plusieurs fois occupée par la Wehrmacht
01:25:19et reprise par l'armée rouge.
01:25:21De son sommet, on a l'ensemble de la ville dans son champ de vision
01:25:25et en ligne de mire.
01:25:29L'appel de Mère Patrie.
01:25:31L'une des plus grandes statues au monde.
01:25:34Plus de 470 000 soldats soviétiques ont trouvé la mort
01:25:38au cours de la bataille de Stalingrad et Stimton.
01:25:4135 000 sont enterrés ici.
01:25:59Sous-titrage Société Radio-Canada
01:26:42Sous-titrage Société Radio-Canada
01:26:45A l'été 1942, la ville comptait 750 000 habitants et réfugiés de guerre.
01:26:52Au lendemain de la bataille, ils sont un peu plus de 32 000.
01:26:57On estime les victimes civiles à plus de 180 000.
01:27:06Les combats ont duré 200 jours et coûté la vie à plus d'un million d'êtres humains.
01:27:3023 février.
01:27:33C'est aujourd'hui le premier bal.
01:27:35Avec les filles, on n'arrivait pas à y croire.
01:27:39Et puis, on s'est demandé ce qu'on allait bien pouvoir mettre.
01:27:42Tonia n'a peur de rien.
01:27:44Elle est allée découper des bouts de manteau sur les cadavres des boches.
01:27:48Avec la toile, on s'est fait des chaussons.
01:27:51Et après, on a fait un sirop de sucre bien épais
01:27:54pour en enduire les chaussons et les rendre brillants.
01:28:00Pourvu que maman n'apprenne pas ce que j'ai fait du sucre.
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