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Anne Muxel, directrice de recherches émérite au CNRS et au Cevipof, et Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise à l'Ifop, analysent les résultats du premier tour des élections municipales.
Retrouvez "L'invité de 8h20" sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-17-mars-2026-1654101
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00:00A quoi va ressembler la France des villes ?
00:02Après le premier tour des élections municipales et 24 heures de tractation,
00:06le paysage du second tour commence à s'éclaircir.
00:09La France insoumise a engrangé des succès et des alliances avec le reste de la gauche.
00:14Le Rassemblement national a confirmé son ancrage local.
00:18La polarisation à l'œuvre à l'échelle nationale s'est-elle diffusée au niveau des villes ?
00:23Et que nous dit ce paysage politique en vue de l'élection présidentielle ?
00:27Deux invités pour en parler ce matin à la table du Grand Entretien.
00:32Bonjour Anne Muxel.
00:33Bonjour.
00:33Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:35Vous êtes directrice de Recherche et Mérito au CNRS et co-auteur d'un inventaire des peurs françaises
00:40aux éditions Odile Jacob.
00:42Face à vous Jérôme Fourquet, bonjour.
00:44Bonjour.
00:44Merci d'être avec nous, politologue et directeur du département Opinion et Stratégie d'entreprise à l'IFOP.
00:49Et chers auditeurs, appelez-nous, n'hésitez pas au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:55Alors on va détailler bien sûr les enjeux de ce second tour des municipales à venir.
01:02On va parler de quelques villes symboliques.
01:04Mais d'abord la même question à tous les deux.
01:07S'il y avait un enseignement à tirer de ce premier tour, lequel ?
01:12Qu'est-ce qui vous a particulièrement marqué ?
01:15Jérôme Fourquet.
01:16Peut-être commencer par le commencement, c'est le taux de participation qui est relativement faible
01:22et qui s'inscrit quand on regarde les scrutins précédents municipaux dans une baisse tendancielle.
01:29Alors à peu près 6 Français sur 10, un peu moins, sont quand même allés aux urnes pour les municipales
01:34dont on dit que c'était un des scrutins préférés des Français avec la présidentielle.
01:37Mais c'est encore une fois une nouvelle baisse avec une prise de distance, y compris à l'échelle communale,
01:43d'une part croissante de nos concitoyens qui ne voient plus la nécessité d'aller voter.
01:48Alors peut-être que la campagne a été en partie escamotée par l'actualité internationale très chargée.
01:54Mais le fait que ce soit un mouvement tendanciel au long cours doit nous interroger.
01:59Et avec par ailleurs, Jérôme Fourquet, des différences entre les petites villes,
02:03avec d'ailleurs sans doute un impact de la réforme du mode de scrutin,
02:06ce qu'on appelle la fin du panachage, le fait de pouvoir payer dans les petites communes,
02:09et dans les grandes villes où quand il y avait de l'enjeu, là il y avait une surmobilisation.
02:13Alors il y a une participation mais qui n'est quand même pas exceptionnelle
02:16et donc ça doit interroger la façon de faire la politique, la façon de faire campagne,
02:20la façon aussi de raconter les campagnes municipales ou politiques dans les médias,
02:26et essayer de faire renouer les Français avec ce scrutin.
02:30Alors qu'on connaît son maire et qu'il y a un échelon politique qui est proche de nous,
02:33c'est bien celui de la municipalité.
02:34Anne Muxel, au-delà de la participation, qu'est-ce que vous retenez vous ?
02:38Alors je pense qu'il faut retenir d'abord effectivement ces écarts qu'il peut y avoir
02:43entre les territoires en France.
02:45On a beaucoup parlé et les analyses se sont beaucoup focalisées sur ce qui s'est passé dans les grandes
02:51villes,
02:51mais on oublie que la grande majorité, 96% des maires ont été élus au premier tour,
02:58qu'il y a eu une prime aux maires sortants bien connue,
03:01et qu'au fond, les grands gagnants, c'est quand même les partis de gouvernement,
03:07les grands partis de gouvernement, le PS, les Côté et les Républicains.
03:11Et donc effectivement, n'oublions pas qu'il y a plusieurs Frances,
03:17de multiples élections dans les élections municipales,
03:20et que donc, voilà, il faut garder à l'esprit cette grande diversité.
03:24Alors il y a l'invariant effectivement des partis traditionnels dans la majorité des cas,
03:29mais l'une des conclusions, l'une des surprises même de ce premier tour,
03:32c'est la stratégie gagnante de la France insoumise,
03:35qui a misé pour la première fois sur ces élections municipales qu'elle avait l'habitude d'enjamber,
03:40et qui réalise des percées dans plusieurs villes.
03:42Lille, Toulouse, Limoges, Brest, Roubaix, une victoire à Saint-Denis.
03:47Comment analyser ces résultats ?
03:49Oui, c'est vrai qu'on peut parler d'une percée,
03:51ou en tout cas d'une réussite de la stratégie de socle lancée par la France insoumise,
03:57qui lors des dernières municipales n'était pas particulièrement présente,
04:01et qui, oui, aujourd'hui, a obtenu une présence significative dans certaines villes.
04:11Là encore, elle est très absente de beaucoup de territoires,
04:15mais dans les grandes villes, dans des villes étudiantes,
04:18dans des villes où, effectivement, la France insoumise a pu aussi miser sur des quartiers populaires,
04:26elle a effectivement fait de très bons scores.
04:30Ça veut dire qu'elle a atteint sa cible ?
04:32Les publics, les électeurs visés se sont déplacés ?
04:35Alors oui, et puis ils se sont déplacés pour elle.
04:38Et donc, c'est la validation de la stratégie qui a été théorisée par la France insoumise
04:42de s'adresser à ce qu'on appelle à LFI la Nouvelle France.
04:46Alors, qu'est-ce que c'est que la Nouvelle France ?
04:47Quand on écoute les leaders insoumises, c'est une France qui est composée d'une population jeune.
04:52Donc Anne Muxel a parlé des villes étudiantes.
04:55On voit dans les enquêtes que toute une partie de la jeunesse étudiante
04:59se retrouve dans le discours de LFI.
05:00Et puis, c'est aussi cette Nouvelle France, une France qui, démographiquement,
05:05elle produit de 50 ou 60 ans d'immigration continue,
05:11avec des mutations démographiques importantes,
05:14et la volonté de représenter cette Nouvelle France.
05:17Et donc, on s'est arrêté, à juste titre, sur les scores emblématiques
05:21obtenus par LFI à Roubaix, dans la région lyonnaise,
05:24lilloise, qui est marquée par une très forte histoire d'immigration maghrébine.
05:29Et puis, bien évidemment, la victoire au premier tour à Saint-Denis,
05:33deuxième commune d'Île-de-France, dans le cœur de la Seine-Saint-Denis.
05:37Donc, c'est cette stratégie-là qui a payé.
05:39Avec, j'allais dire, un sous-texte pour LFI,
05:42la volonté à la fois de s'implanter,
05:44mais également de se préparer, ou de préparer le terrain pour la présidentielle,
05:49c'est-à-dire en maintenant la mobilisation dans son électorat,
05:52et également, en essayant, autant que faire se peut,
05:55d'affaiblir le Parti Socialiste,
05:56pour apparaître comme Jean-Luc Mélenchon
05:59étant le principal, ou le candidat naturel de la gauche.
06:03D'un mot, Jérôme Fourquet, sur les polémiques de cette campagne de premier tour,
06:08avec des prises de position de Jean-Luc Mélenchon,
06:11un soupçon d'antisémitisme, on en a beaucoup parlé.
06:14La question qui peut se poser, est-ce que ce succès apparent au premier tour
06:18est le résultat ?
06:19Au fond, est-ce que c'est un succès de la France Insoumise,
06:21en dépit de ces prises de position de Jean-Luc Mélenchon,
06:24ou d'une certaine manière, grâce à ce que certains ont appelé,
06:26ce que lui-même avait appelé le bruit et la fureur ?
06:28Peut-être une sorte de clivage peuple-élite
06:30qui a fini par inciter les électeurs de la France Insoumise
06:32à malgré tout se porter sur des candidats à LFI ?
06:34Alors, je dirais que c'est sans doute un peu des deux.
06:37Et si on peut faire un parallèle, on pourrait choisir la comparaison
06:43avec Jean-Marie Le Pen, dans les années 80,
06:46qui avait lui aussi l'habitude de dérapage de propos très controversés,
06:52d'une attitude très clivante, qui rendait difficile,
06:55alors c'est la différence avec la France Insoumise,
06:56qui rendait difficile les alliances avec ce parti-là,
06:59mais qui n'entamait pas le socle d'électeurs
07:03qui étaient fidélisés sur un discours très anti-système.
07:06Et on s'est interrogé au lendemain de la mort du jeune Quentin de Ranque
07:11sur l'impact éventuel sur les scores de LFI.
07:15Et force est de constater que ça n'a pas empêché LFI
07:19de faire des scores importants,
07:20donc il y a une partie de l'électorat qui aujourd'hui est fidélisée
07:22et qui passe outre, et donc c'est le fameux endépi que vous avez employé.
07:26Anne Muxel, est-ce que ces voix qu'a recueillie la France Insoumise,
07:31ce sont les voix qui manquaient à Jean-Luc Mélenchon
07:34pour atteindre le second tour de la dernière présidentielle ?
07:36Il est difficile de répondre à cela,
07:40mais effectivement ce sont des voix qui risquent en tout cas
07:44de se reporter et de consolider un électorat
07:46dans certains segments, encore une fois, de la population
07:49et qui compteront pour la prochaine présidentielle, ça sûrement.
07:54Ce qui me semble aussi important d'avoir à l'esprit,
07:58c'est que malgré tout, n'oublions pas que LFI fait des scores
08:02dans des segments bien particuliers de la population.
08:06La plupart des Français, et même une grande majorité des Français,
08:10rejettent la France Insoumise, voire même rejettent,
08:12en tout cas dans nos enquêtes, davantage la France Insoumise
08:15que le rassemblement national.
08:18La dégradation de l'image de Jean-Luc Mélenchon,
08:21la dégradation de l'image de la France Insoumise,
08:24le rejet de la France Insoumise,
08:26est vraiment très majoritaire dans l'ensemble du pays.
08:28Mais sauf, effectivement, dans les jeunes générations.
08:32Je crois que c'est très important.
08:33Donc il faut faire attention avec cette leçon générale
08:35d'une forme de dynamique uniforme.
08:37Et j'ajoute par ailleurs Anne Muxell
08:39que quand on regarde certains au lieu de proches de Jean-Luc Mélenchon,
08:42notamment en Ile-de-France,
08:43il y a certains endroits, je pense par exemple au 18e arrondissement de Paris,
08:46où il y a eu même une sous-mobilisation des électeurs insoumis
08:49par rapport à de précédents scrutins.
08:51Si on parle du Parti Socialiste,
08:53c'est vrai que la réussite de la France Insoumise,
08:55c'est de s'être rendue incontournable pour le reste de la gauche
08:57en vue du second tour.
08:59Malgré les consignes à l'échelle nationale,
09:01il y aura des alliances à Toulouse, à Limoges, à Avignon, à Brest, à Nantes, à Clermont-Ferrand.
09:06Ça veut dire, Jérôme Fourquet,
09:07que les socialistes seuls,
09:09ils étaient perdants dans ces seconds tours.
09:11C'est ce qui les a contraints à nouer des alliances ?
09:14Bien sûr, quand vous regardez les scores dans un certain nombre de ces villes,
09:19la France Insoumise atteint des niveaux tout à fait conséquents.
09:22Et c'est le cas encore de manière plus spectaculaire à Toulouse,
09:26où la liste LFI est devant celle du Parti Socialiste.
09:30Et donc, le PS, s'il veut conquérir, par exemple, comme à Toulouse, cette ville,
09:34ou s'il veut conserver ses positions,
09:37se voit contraint de passer un accord.
09:40Alors, fusion, accord technique, accord programmatique,
09:46les options varient selon les villes.
09:49On a eu une position très acrobatique de la direction nationale du Parti Socialiste,
09:54qui avait dit, aucun accord programmatique national,
09:57et tout ça sera réglé dans une poignée de villes au cas par cas.
09:59On voit que la poignée s'est un peu étoffée,
10:02mais tout ça était inscrit dans les chiffres.
10:04C'est-à-dire que, est-ce qu'on accepte la perspective de perdre ou de ne pas gagner la
10:09ville,
10:09ou est-ce qu'on passe un accord ?
10:11Et vous voyez que tout ça aussi prépare le scrutin de la présidentielle,
10:15parce que c'est des débats,
10:17on entend M. Glucksmann s'offusquer de ses accords,
10:21ce sont des débats qui vont traverser la gauche dans la perspective de la présidentielle.
10:26Mais Anne Muxel, qu'est-ce que ça donne comme image de la politique,
10:30quand on dit quelque chose, pas d'alliance avec la France insoumise,
10:34et qu'on fait précisément l'inverse ?
10:36En tout cas, c'est très risqué.
10:37Oui, étant donné dans un contexte où il y a une très forte défiance vis-à-vis du personnel politique,
10:44dans une situation vraiment maintenant d'installation très forte d'une crise de la représentation politique,
10:52dont on sent bien les traces d'ailleurs dans cette abstention dont on a parlé tout à l'heure,
10:56Eh bien, évidemment que ces petits combats au niveau des appareils,
11:02de ces arrangements de politique politicienne,
11:05le fait de ne pas respecter les promesses tenues de revenir sur sa parole,
11:11c'est évidemment très délétère par rapport à cette restauration
11:17qu'il faut plus que jamais dans ce pays du lien des Français à la politique.
11:23Mais un mot aussi sur l'efficacité de ces alliances,
11:26puisqu'il y a la question de l'image que ça renvoie de la politique,
11:29et aussi des lecteurs qui, peut-être, se sentent floués,
11:32et donc du fait qu'il n'y ait pas une addition parfaite, pure et parfaite,
11:36des scores des socialistes et des insoumis,
11:38même s'il s'agit de faire barrage, par exemple, au Rassemblement National.
11:41Alors, ce sera tout l'enjeu du second tour,
11:43de voir quelle a été l'efficacité de ces alliances et de ces accords,
11:47et toutefois, même s'il y aura sans doute dans certains endroits des pertes en ligne,
11:53parce que souvent, comme vous l'indiquiez,
11:541 plus 1, ça ne fait pas 2 à l'arrivée en arithmétique électorale,
11:59parfois ça suffira.
12:00On verra, notamment, je réinsiste encore sur le cas de Toulouse,
12:04si vous prenez la liste insoumise et la liste socialiste,
12:08on est à peu près à 50% des voix pour le total.
12:12Ça devrait suffire pour le total, on verra où est-ce qu'il y aura des pertes en ligne.
12:15À Toulouse, c'était intéressant, en 2020, la gauche était aussi majoritaire,
12:21mais très divisée au premier tour,
12:23et les alliances se sont faites dans des conditions très chaotiques,
12:26ce qui a permis à Jean-Luc Moudinck, le sortant de droite, d'être réélu.
12:31Donc, il faudra regarder, effectivement, les additions du second tour.
12:34Encore un petit mot à gauche,
12:36on attendait un reflux des écologistes par rapport à 2020,
12:39on s'aperçoit qu'ils résistent plutôt bien dans les grandes villes.
12:43Qu'est-ce que ça dit, encore une fois,
12:46de la sociologie des métropoles versus le reste de la France ?
12:50Anne Muxel a parlé des différences très importantes
12:52qu'il y avait entre les différents territoires
12:55qui constituent notre pays,
12:57et notamment cet écosystème très particulier
13:01qui se situe aujourd'hui dans les grandes métropoles françaises,
13:04qui s'observe notamment par des comportements électoraux
13:07qui sont assez spécifiques, avec, par exemple,
13:10c'est une des illustrations,
13:11la capacité d'équipes écologistes
13:13à obtenir des bons scores à Strasbourg, à Besançon, à Lyon, bien évidemment.
13:20Et à l'inverse, on parlera peut-être tout à l'heure du Rassemblement National,
13:24un Rassemblement National qui, dans ces grandes villes,
13:26hormis celles qui sont situées dans le sud du pays,
13:29ne parvient pas à s'implanter dans ces territoires.
13:31Il y a un cas tout à fait emblématique,
13:32c'est Paris, où la liste du Rassemblement National fait moins de 2% dans la capitale.
13:37C'est quand même un écart qui est tout à fait spectaculaire
13:41avec ce qu'on observe dans le reste du pays.
13:42Justement, sur le Rassemblement National,
13:44on a vu Anne Muxel, un certain nombre de maires,
13:47élus, réélus des Dimanchois.
13:50Comment est-ce que vous qualifieriez la dynamique locale du RN ?
13:54Certains ont dit enracinement,
13:56d'autres ont constaté que si on sortait des grandes zones de force
13:59du Rassemblement National, le Sud-Est, le Nord-Est,
14:02le RN ne progressait pas avec, par exemple,
14:05effectivement, Jérôme Bourquet le disait,
14:06l'exemple des grandes villes,
14:07où là, on voit bien que le Rassemblement National
14:08continue de plafonner sévèrement.
14:10À l'exception de Marseille.
14:11À l'exception de Marseille.
14:12Une ville du Sud.
14:12Oui, du Sud, de tout l'arc méditerranéen.
14:17Oui, bien sûr.
14:18Alors, le Rassemblement National,
14:19il avait déjà assez peu de listes à la base.
14:23Donc, encore une fois,
14:24par rapport à sa stratégie aussi de conquête,
14:28de pouvoirs locaux,
14:30de pouvoirs municipaux,
14:33on peut dire que sa performance est tout à fait réussie,
14:37d'une certaine façon,
14:38parce que n'oublions pas,
14:38on n'a pas parlé jusqu'à présent,
14:40que pour le Rassemblement National,
14:42notamment, mais aussi pour LFI,
14:43la perspective des sénatoriales,
14:45la perspective de gagner des conseillers municipaux,
14:49même si ce ne sont pas des têtes de liste,
14:51de se placer au niveau de ses pouvoirs communaux,
14:56c'est aussi avoir plus de grands électeurs
14:59pour gagner des sièges au Sénat.
15:02Et donc, dans la perspective de 2027,
15:04c'est aussi quelque chose qui compte.
15:06Et de ce point de vue-là,
15:08oui, d'une certaine façon,
15:09le Rassemblement National réussit.
15:12Après, concernant sa sociologie électorale,
15:15on sait évidemment que dans les grandes villes,
15:17à part quelques exceptions,
15:19évidemment Marseille,
15:21oui, il n'est pas implanté
15:23et il n'a jamais été implanté.
15:25Juste, sur les alliances,
15:26on a parlé effectivement tout à l'heure
15:28de la nécessité pour le Parti Socialiste
15:31de faire alliance pour l'emporter.
15:33Et quand même, Marseille et Paris,
15:35on l'a entendu tout à l'heure sur la matinale,
15:37ne sont pas dans ce cas-là
15:39et peuvent peut-être gagner sans alliance.
15:42Alors, on y vient.
15:42Justement, Paris,
15:44l'hélice de Rachida Dati
15:46et celle de Pierre-Yves Bournazel
15:48vont donc fusionner.
15:49Ça veut dire qu'il y aura 4 candidats
15:51au second tour des municipales à Paris.
15:53Emmanuel Grégoire, pour le PS,
15:55Rachida Dati,
15:57Sophia Chikirou
15:57et Sarah Knafo.
15:59Est-ce que la fusion
16:01qui a été conclue hier
16:02peut permettre à Rachida Dati
16:04de rattraper ses 13 points de retard
16:06par rapport à Emmanuel Grégoire ?
16:08On verra, encore une fois,
16:09est-ce que l'arithmétique fonctionne
16:11et respectée
16:12ou est-ce qu'il y a des pertes en ligne importantes ?
16:14Le simple fait que
16:15Pierre-Yves Bournazel lui-même
16:18indique qu'il ne figurera pas sur la liste
16:21et a laissé entendre
16:22qu'on lui avait quand même
16:23gentiment tordu le bras
16:24pour accepter cette alliance
16:26montre que les choses vont être compliquées.
16:29On verra si l'électorat de centre-droit
16:31qui a voté pour la liste Bournazel
16:33passe outre
16:34et met comme objectif principal
16:37le fait de sortir la gauche à Paris ou non.
16:40Il faudra aussi regarder
16:42le comportement des 2 fois 10%
16:44ou 10 et 11%
16:45qui ont voté pour la liste
16:47Sophia Chikirou, la France Insoumise
16:48et la Sarah Knafo.
16:50Est-ce que ces électeurs restent
16:52fidèles à leur vote de premier tour
16:53ou est-ce qu'ils décident de voter utile
16:55en allant,
16:56parce qu'on a déjà vu ça
16:56dans les triangulaires
16:57ou les quadrangulaires par le passé,
16:59en allant se reporter
17:00sur les deux grandes listes
17:01qui feront la course en tête ?
17:02Si on s'arrête sur
17:04le sort du bloc central à Paris
17:06et les deux candidats du bloc central
17:08qui étaient Pierre-Yves Bournazel
17:09et Rachida Dati.
17:09Pour Rachida Dati,
17:10c'est une assez nette contre-performance
17:12puisqu'elle arrive 13 points derrière
17:14Emmanuel Grégoire.
17:14Pour Pierre-Yves Bournazel,
17:16effectivement,
17:17il y a fusion
17:18mais lui se retire.
17:19Est-ce que c'est à l'image
17:20de la performance générale
17:22du bloc central
17:23qui, mis à part le succès
17:25d'Edouard Philippe
17:26au premier tour au Havre,
17:28montre qu'il a sans doute
17:29été davantage spectateur
17:30qu'acteur
17:30à l'occasion de ce premier tour
17:31des municipales ?
17:32Oui, et puis ce bloc central
17:33était assez peu présent
17:34aussi dans cette compétition électorale
17:39pour les municipales.
17:41Donc ça marque,
17:41c'est un des signes supplémentaires
17:44qui marque quand même
17:45l'échec du macronisme.
17:47Il n'y a pas vraiment de relève,
17:49il n'y a pas eu de dynamique
17:50qui s'est créée
17:53et qui a pu effectivement
17:54s'emparer d'une certaine façon
17:56des territoires
17:57au travers de pouvoirs municipaux
17:59bien installés.
18:00Effectivement, à part cette performance
18:02d'Edouard Philippe au Havre
18:06dont on craignait un petit peu
18:09la réussite,
18:12on ne voit pas trop
18:14effectivement de signes
18:19qui dénotent en fait
18:20cet affaiblissement quand même
18:21du bloc central et du macronisme.
18:24Alors il faut qu'on parle
18:25de cette élection passionnante
18:27à Marseille
18:28puisque là on a quatre candidats
18:29qualifiés pour le second tour
18:31qui se maintiennent.
18:32Pas d'alliance
18:33ni entre Benoît Payan,
18:35le maire sortant
18:35et le candidat LFI,
18:37Sébastien Delugu,
18:38ni entre Franck Alizio
18:39pour le Rassemblement National
18:40et Martine Vassal,
18:42soutenue par les macronistes
18:43et les LR.
18:43On rappelle que
18:44l'ERN et le maire sortant
18:46sont dans un mouchoir de poche.
18:48Qu'est-ce qui peut se passer
18:49à Marseille ?
18:50Est-ce que la deuxième ville de France
18:53peut basculer
18:54au Rassemblement National ?
18:55C'est un peu la même
18:59situation
18:59avec des acteurs
19:01bien sûr différents
19:01que ce qu'on décrivait à Paris.
19:03C'est-à-dire qu'il faudra regarder
19:03encore une fois
19:05le comportement
19:05des électeurs
19:06de Martine Vassal
19:07et de M. Delugu
19:08en disant
19:09est-ce qu'ils restent fidèles
19:09à leur vote de premier tour
19:10ou est-ce qu'ils alimentent
19:12la dynamique
19:13des deux listes
19:14qui y sont arrivées
19:15très largement en tête ?
19:17Alors le cas de Marseille
19:18est quand même intéressant
19:19à de nombreux points de vue.
19:20La première observation
19:22qu'on peut faire
19:23c'est qu'à Paris,
19:24à Lyon
19:25et à Marseille
19:26on voit que les listes
19:27insoumises sont quand même
19:28à des niveaux relativement faibles
19:29alors qu'à l'élection présidentielle
19:31Jean-Luc Mélenchon
19:32obtient des scores
19:33très importants d'un civil
19:34parce qu'il y a un réflexe
19:35de vote utile
19:35de toute une partie
19:36de l'électorat de gauche
19:37qui vote pour la liste
19:39dite unitaire
19:40au premier tour.
19:41Le deuxième constat
19:43qu'on peut faire
19:43c'est de l'autre côté
19:44de l'échiquier politique
19:46Marseille c'est la ville
19:47historiquement de M. Godin
19:49et vous voyez que
19:50la liste de droite
19:51et macroniste
19:52Martine Vassal
19:53arrive à 12%
19:54donc elle est 23 points
19:56derrière la liste
19:57du Rassemblement National
19:58et ça montre
19:59dans tout le sud
20:00de la France
20:01on pourrait parler
20:01du cas de Nice
20:02également
20:03comment cette droite
20:04qui historiquement
20:05était assez forte
20:06dans le sud de la France
20:08est en train
20:08de se faire vampiriser
20:09par le Rassemblement National
20:12dont on rappelle
20:12qu'il est représenté
20:14à Marseille
20:14par un candidat
20:16M. Alizio
20:16qui vient de l'UMP
20:17qui a été historiquement
20:18de la droite
20:19donc on a aujourd'hui
20:22une phagocitation
20:22de toute une partie
20:23de l'électorat de droite
20:24par le Rassemblement National
20:26ce qui alimente
20:26cette dynamique
20:27dans cette partie du pays.
20:28Et j'ajoute aussi
20:28sur la France Insoumise
20:29à Paris et à Marseille
20:30deux candidats
20:31qui ont franchement
20:32assumé l'étiquette LFI
20:33là où dans d'autres villes
20:34ils étaient sans doute
20:34un peu plus discrets
20:35par rapport à leur appartenance
20:37au mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
20:38On a une question
20:38de Jean-Louis
20:39fidèle auditeur à Marseille
20:41qu'on salue
20:41qui nous pose la question suivante
20:43Marseille est-elle en train
20:43de nous jouer
20:44la bande-annonce
20:44de la présidentielle de 2027
20:46avec des caractéristiques
20:48proches du National
20:48pensez-vous aussi
20:49que Marseille
20:50peut être un laboratoire
20:51de 2027 ?
20:52Allez-vous le suivre de près
20:53sur la question
20:54du laboratoire
20:55comme ça avec
20:57effectivement
20:57quatre listes
20:59qui se maintiennent
21:00au second tour
21:00Anne Muxel ?
21:02Oui, laboratoire
21:03c'est clair
21:04que tout le monde
21:04scrute
21:05ce qui va se passer
21:07à Marseille
21:08pour ajouter à ce qui a été dit
21:09il y a une question
21:10de mobilisation aussi
21:11est-ce que
21:12pour un deuxième tour
21:14dans ce cas de figure
21:15comment les électorats
21:17vont-ils se mobiliser
21:19vont-ils aller voter
21:22le résultat aussi
21:23du scrutin
21:24pour Marseille
21:25va dépendre aussi
21:26de cette mobilisation
21:27dont on sent bien
21:28qu'elle n'est pas
21:29si forte
21:30y compris
21:31dans les grandes villes
21:33donc comment
21:34les jeunes
21:35à Marseille
21:36vont se mobiliser
21:38comment
21:39les électorats
21:41des catégories
21:41populaires
21:42vont se mobiliser
21:43ou se démobiliser
21:44c'est quand même
21:46un peu
21:47une part importante
21:48de l'équation
21:49Jérôme Bourquet
21:49et puis pour répondre
21:50à Jean-Louis
21:51on rappelle qu'à la présidentielle
21:54il n'y a que deux finalistes
21:55et là on en a quatre
21:56sur ce type de liste
21:58et donc Marseille
21:59c'est un cas assez singulier
22:00mais deuxième ville de France
22:01donc évidemment
22:02il y aura des répercussions
22:04et puis autre élément
22:06cette ville de Marseille
22:08a placé en tête
22:09un candidat socialiste
22:11et donc on voit
22:12que si on essaye
22:13de décalquer ça
22:14ou de projeter ça
22:16sur une situation nationale
22:17le PS n'est pas du tout
22:18en situation
22:19de faire 30%
22:20au premier tour
22:21en tout cas
22:21à l'heure où on se parle
22:23sur un scrutin
22:24sur un scrutin national
22:25néanmoins
22:25il faudra regarder
22:27ce qui se passe à Marseille
22:27et notamment dans
22:28les fameux quartiers nord
22:30les quartiers populaires
22:31qui sont marqués
22:32par une abstention structurelle
22:33et est-ce que la perspective
22:35d'un accès au pouvoir
22:36du rassemblement national
22:37à la mairie centrale
22:39de Marseille
22:40crée une surmobilisation
22:41crée une surmobilisation
22:42en faveur
22:43de la liste de gauche
22:44pour conclure
22:46et très rapidement
22:47qu'est-ce que cette situation
22:48de la France
22:49de l'entre-deux-tours
22:50des municipales
22:51nous dit
22:52du terrain
22:53à venir
22:54pour la présidentielle
22:55dans un an
22:56alors il y a un paradoxe
22:57c'est qu'Anne Muxel
22:58l'a rappelé
22:58les partis
23:00qui s'en sortent
23:01quand même
23:01à l'issue du premier tour
23:02relativement bien
23:03le parti socialiste
23:04et les républicains
23:05ont nombre d'élus
23:07sont des partis
23:08qui sont donc
23:08très ancrés localement
23:09mais qui souffrent
23:10d'un déficit
23:11d'incarnation
23:12au niveau national
23:13alors qu'à l'inverse
23:15les deux partis
23:15dont on parle beaucoup
23:17le rassemblement national
23:18et la France insoumise
23:19comme ayant obtenu
23:20des percées
23:20vont au bilan
23:22avoir dans leur escarcelle
23:23un nombre de villes
23:24assez limité
23:25mais eux jouent déjà
23:26la pole position
23:27pour la présidentielle
23:28et donc ça aussi
23:28c'est un élément important
23:29c'est la dichotomie
23:31aujourd'hui
23:31entre le niveau local
23:32et le niveau national
23:34Merci à tous les deux
23:35merci Anne Wixel
23:37merci infiniment
23:38d'avoir été avec nous
23:40ce matin
23:41au micro de France Inter
23:44merci Jérôme Fourquet