- il y a 12 minutes
Les invitées du Grand Entretien par Marion L’Hour et Ali Baddou est Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT et Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés, ils sont tous deux membres du Pacte du Pouvoir de Vivre. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-du-we-du-samedi-14-fevrier-2026-1152109
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et un grand entretien ce matin, des regards croisés en pleine campagne pour les élections municipales.
00:06Avec Marion Lourdes, nous recevons la secrétaire générale de la CFDT et le délégué général de la Fondation pour le
00:14logement des défavorisés.
00:16Marie-Lise Léon, Christophe Robert, bonjour à tous les deux.
00:19Bonjour.
00:19Bonjour.
00:20Et bienvenue, vous êtes tous les deux membres du pacte du pouvoir de vivre.
00:25C'est une plateforme qui avait été mise en place il y a quelques années pour défendre des mesures d
00:30'urgence pour changer la vie des Français.
00:33Ensemble, vous publiez le pouvoir de ville.
00:36C'est une série de propositions avant d'aller voter pour nos maires et nos conseillers, conseillères municipaux, municipales.
00:44On va évidemment dialoguer avec les auditeurs qui peuvent nous appeler au 0145 24 7000 ou sur l'application Radio
00:52France.
00:53Mais partons d'abord de cet ensemble de propositions « Pouvoir de ville », c'est donc le titre.
00:59Vous les avez rédigées, ces pouvoirs de ville, aux côtés d'autres associations en vue des municipales.
01:05Quinze thématiques absolument nécessaires, fondamentales, qui concernent les besoins les plus élémentaires de la vie humaine,
01:12qui sont abordées à chaque fois avec un constat des solutions qui concernent le logement, l'eau, l'accès aux
01:19soins.
01:19On va y revenir. Vous formulez une série de propositions pour influer sur le débat public à un mois des
01:25municipales.
01:26C'est aux maires, aux candidats, aux impétrants que s'adresse avant tout ce pacte de pouvoir de ville.
01:34Marie-Lise Léon, pour comment on fait ?
01:35Oui, oui. L'idée, c'est de donner à voir une société civile qui est mobilisée, qui a des propositions,
01:41qui a envie que la vie des gens évolue, s'améliore et qu'il y a un bouquet de réponses
01:50à apporter de la part de ces candidats et de ces candidates.
01:52Et que nous, on est là pour dire, on est aussi là pour faire avec vous.
01:56Sollicitez-nous, débattons ensemble et ayons des vrais débats sur ce qui anime les citoyens et les citoyennes.
02:04Et je pense qu'on a besoin dans la campagne actuellement de parler de la vraie vie et de parler
02:09des vrais problèmes.
02:10C'est le moins qu'on puisse dire.
02:11En matière de mobilité, d'éducation, etc.
02:12Donc, on est là pour remettre ces éléments-là au cœur des débats dans l'ensemble des municipalités
02:19où il y a cette élection qui est extrêmement importante pour le quotidien de chacun et de chacune.
02:23Parce qu'il y a les élections municipales, la campagne a commencé officiellement.
02:28Je ne sais pas si elle a vraiment démarré dans la tête des gens.
02:31Christophe Robert, vous proposez une plateforme, mais la politique, ce sont des choix politiques.
02:37Ce sont des choix qui existent même sur le plan des municipales.
02:41Une mairie n'a pas les mêmes priorités selon qu'elle est de gauche ou de droite.
02:46Est-ce qu'il y a malgré tout des sujets qui transcendent l'esclivage ?
02:49Est-ce que vous vous êtes arrêté uniquement là-dessus ?
02:51En fait, ce qu'on voit, et c'est là-dessus qu'on est parti avec les 60 organisations du
02:56Pacte du Pouvoir de Vivre,
02:57c'est que les villes ne peuvent pas tout, parce qu'il y a aussi la responsabilité de l'État,
03:01des régions, des départements,
03:02mais elles peuvent beaucoup, beaucoup, beaucoup.
03:05Et elles peuvent beaucoup, beaucoup sur des sujets qui préoccupent nos concitoyens
03:10et qui ne font pas l'objet du débat public globalement dans le pays.
03:13Et donc, on est à un moment où on sort du budget, maintenant il faut agir,
03:17on sait qu'il y a la présidentielle, mais il y a ce temps des municipales.
03:19Et ce temps des municipales, il est précieux, parce que c'est là où ça se joue, la vie des
03:23gens.
03:23Mais des maires qui se privent de leur puissance d'agir, de leur force d'agir,
03:28c'est une tribune qui a été publiée au début du mois.
03:30Oui, parce qu'il y a des enjeux financiers, par exemple, de la dotation globale que l'État a fournie
03:35aux collectivités,
03:35qui a baissé, qui réduit leurs capacités.
03:38Mais il n'y a pas, il y a la question de l'argent qui est essentielle, mais il n
03:40'y a pas que ça.
03:41Quand on propose dans ce document, j'invite vraiment tout le monde à le lire et à s'en saisir
03:46pour aller voir leur candidat, candidate, et les questionner sur ces sujets.
03:49Quand on dit qu'on peut réguler les marchés, je vais prendre juste un exemple qu'on propose,
03:53la tarification sociale de l'eau.
03:55De dire que les premiers mètres cubes, ceux qui sont essentiels à la vie de tout un chacun,
03:59peuvent être gratuits ou moins chers, et plus on consomme, plus ça va coûter.
04:03Et puis que ce système-là s'équilibre.
04:04Parce qu'il y a des usages de confort de l'eau, mais il y a des usages qui sont
04:08essentiels.
04:09Pareil sur l'électricité, pareil sur les cantines scolaires.
04:12On a un ensemble de réponses que peuvent apporter les collectivités,
04:14et d'ailleurs que certaines apportent, et qui sont une réponse vraiment à la vie quotidienne
04:20et aux difficultés que peuvent rencontrer un certain nombre de nos concitoyens.
04:23Donc on peut agir, et évidemment il y a des choix politiques,
04:27tout ceci n'est pas homogène, il faut choisir.
04:30Et donc nous on dit, prenez notre document,
04:32nous on va faire, avec les groupes locaux du Pacte de Pouvoir de Vivre,
04:35on va faire pas mal d'interpellations de candidats, leur demander de se positionner.
04:38Mais c'est ça, on peut maîtriser un peu plus notre destin,
04:41et nos maires et les présidents d'interco ont la capacité d'agir.
04:45Marie-Lise Léon, Christophe Robert parlait des contraintes financières,
04:48c'est vrai que vous avez tous deux co-signé une tribune dans Le Monde,
04:52qui expliquait qu'il ne fallait pas opposer l'augmentation des dépenses de défense
04:56à celles des dépenses de solidarité.
04:58Mais ça, ça veut dire qu'il faut trouver de l'argent.
05:01Est-ce que vous êtes favorable, parce qu'il y a des mesures qui demandent de l'argent,
05:04du financement, à l'augmentation de certains impôts ?
05:07Je pense à la taxe d'habitation qui a été supprimée,
05:09il y a apparemment 4 Français sur 10, d'après un récent sondage,
05:11seraient favorables à sa réinstauration pour financer les services publics.
05:15Ça fait partie des questions qui sont effectivement importantes,
05:19de se dire comment localement il peut y avoir aussi des marges de manœuvre.
05:23Effectivement, ça fait partie des débats qui peuvent être sur la table,
05:25mais je n'ai pas envie de résumer non plus la question politique à la question financière.
05:30Je pense qu'on en a tous eu notre dose en matière de budget,
05:34que ce soit de la sécurité sociale ou de l'État,
05:36et que je ne veux pas que la question financière non plus soit l'alibi
05:40pour un certain nombre de responsables politiques d'expliquer qu'ils ne peuvent pas faire.
05:43Il y a des choix politiques qui doivent être faits,
05:46des modalités de régulation qui peuvent être imaginées,
05:49des besoins auxquels il faut pouvoir répondre.
05:51Je prends un exemple, la question de l'éducation et des jeunesses,
05:55la question de l'accueil de la petite enfance.
05:57C'est une des prérogatives des maires, des municipalités, des intercommunalités.
06:0290% des salariés qui travaillent en horaires atypiques,
06:06c'est-à-dire qui sont dans des horaires différents
06:09de ceux qui peuvent être considérés comme les horaires de bureau,
06:1190% nous disent qu'on a des problèmes pour la garde de nos enfants.
06:16Est-ce que c'est un sujet dont les maires souhaitent s'emparer
06:20et imaginer des modalités différentes d'organisation de ces accueils ?
06:24C'est extrêmement important.
06:26Sur 100 enfants qui attendent d'avoir accès à un mode de garde,
06:31donc extra-scolaire, il y a 60 places.
06:34Donc il y a des vrais sujets qui doivent pouvoir être évoqués.
06:38Et je fais le lien en tant que...
06:39Là, j'ai ma double casquette, pas que du pouvoir de vivre et responsable syndical.
06:44Je ne supporte plus d'entendre dans le débat public
06:47que les personnes qui sont sans emploi ne veulent pas travailler.
06:50Il y en a qui sont empêchées de travailler.
06:52Donc c'est un vrai enjeu aussi de pouvoir accéder à l'emploi
06:56et en plus d'avoir une intégration pleine et entière,
07:00une inclusion et de faire partie de cette société
07:03dans laquelle on souhaite qu'elle soit de plus en plus appellée.
07:06Oui, par rapport à votre question,
07:08je m'assois complètement à ce que vient de dire Marie-Lise,
07:10c'est que...
07:11Sur le financement, vous voulez dire ?
07:12Oui, voilà.
07:12C'est-à-dire qu'il y a des enjeux financiers,
07:13par exemple, s'il faut rénover les écoles,
07:16pour que ce ne soit pas des passoires thermiques...
07:17Même embaucher du personnel dans les crèches.
07:20Absolument, s'il faut rénover les logements
07:22parce que ça va faire baisser la facture des ménages
07:24et ça va éviter l'émission de gaz à effet de serre,
07:27là, il y a un enjeu à coupler des aides locales
07:30avec les aides nationales.
07:31Donc l'enjeu de MaPrimeRénov', ce stop-and-go
07:32est vraiment délétère.
07:34On ne va pas nier...
07:34Parce qu'elle a été réduite, cette primité d'avoir...
07:36Elle a été réduite, stoppée...
07:37Pour faire l'isolation des logements
07:39pour éviter les passoires thermiques.
07:40Mais regardez, dans ce qu'on propose,
07:41je vous prends un exemple.
07:42Aujourd'hui, les villes tendues ont la capacité
07:45d'encadrer les loyers.
07:45Ça ne coûte rien.
07:46Mais ça fait baisser les niveaux de loyers.
07:48On le sait aujourd'hui parce que Paris,
07:50depuis 2019, le fait.
07:51Aujourd'hui, il y a à peu près 70 communes
07:54qui se sont engagées sur la base du volontariat
07:56sur cet encadrement des loyers,
07:58considérant que c'est le premier poste de dépense des ménages
08:01et que beaucoup de gens ne peuvent pas
08:02avoir une mobilité professionnelle
08:04ou tout simplement vivre dans de bonnes conditions.
08:05Ça, c'est un choix politique.
08:07Est-ce que vous voulez avancer ?
08:08Qui appelle au sujet des loyers, de l'immobilier.
08:12Il n'y a pas que la question de se loger
08:17quand on est défavorisé,
08:18mais quand on est étudiant, par exemple,
08:21quand on est jeune couple,
08:22dans les grandes villes, particulièrement à Paris.
08:24Vous parlez d'encadrement des loyers,
08:26mais il y a aussi la question du prix même,
08:29du mètre carré.
08:30Et ça, pour le coup, comment est-ce qu'on peut agir ?
08:33Mais justement, et là, la question des collectivités.
08:35Alors évidemment, l'État, il va par exemple financer plus ou moins bien
08:39et en ce moment plutôt moins bien le logement social.
08:41Donc ça va limiter la production.
08:43On a eu une baisse de production de logement social
08:45du fait d'une ponction très importante de l'État
08:47d'un milliard trois par an sur les bailleurs sociaux.
08:48Mais qu'est-ce que peut faire la ville ?
08:51Elle peut mettre à disposition du foncier.
08:53Elle peut choisir de construire ceci plutôt que cela
08:55parce que ça correspond aux besoins des travailleurs modestes
08:59ou des travailleurs pauvres ou des plus pauvres.
09:01Elle peut dans son CCAS tendre la main aux personnes sans abri.
09:04CCAS, traduction.
09:04Le centre communal d'action sociale.
09:06Elle peut avoir une attention, une main tendue
09:09aux personnes qui sont sans abri.
09:11Elle peut ouvrir des espaces, par exemple,
09:13pour les personnes sans domicile,
09:14pour créer des lieux d'accueil de jour
09:16qui vont être avec les associations,
09:17le lieu où les personnes vont pouvoir se reconstruire,
09:20reprendre un départ.
09:21Donc on voit bien que, là aussi, vous le disiez,
09:23ce sont des choix politiques.
09:25Eh bien, tant sur le plan écologique, démocratique,
09:29que sur le plan de la lutte contre les exclusions,
09:31il y a vraiment beaucoup à faire.
09:33Et allez voir ce document.
09:34Oui, vous avez prononcé un mot.
09:36Le mot climatique.
09:37Le mot climatique a disparu du débat public.
09:39Mais en l'occurrence, Florence vous demande
09:41si la question du changement climatique
09:43va enfin s'inviter dans la campagne électorale des municipales.
09:47Parce qu'à part des aménagements cosmétiques
09:50qu'on a vus et pour les villes les plus emblématiques du pays,
09:53bon, la question est assez peu, finalement, prise de front.
09:56Elle est au cœur de l'alliance du Pacte du pouvoir de vivre.
09:59L'idée initiale en 2019, c'était de ne pas être juste dans l'yac à faucon,
10:04mais de se dire comment on articule les enjeux démocratiques,
10:06les enjeux sociaux, les questions de services publics
10:09et la question environnementale.
10:10C'est exactement le cœur de notre union, de notre alliance.
10:15Et dans le cadre de ce document du pouvoir de ville,
10:19bien entendu que la question climatique, elle est prise en compte.
10:22Sur la question de la prise...
10:23Mais elle est absente dans le débat public.
10:25Elle est absente malheureusement.
10:26Et lorsqu'on interroge les Français, Marie-Dzné Léon,
10:28quand on interroge les Français sur leur priorité pour ces municipales,
10:3141% disent c'est la sécurité, devant le logement, devant l'écologie.
10:37Et ça, pour le coup, c'est une thématique que vous abordez en filigrane.
10:39Nous, on l'aborde largement parce qu'on est tous...
10:42Elle n'est pas au cœur de ce pacte.
10:45Elle est au cœur du pacte du pouvoir de ville.
10:47Nous, on est convaincus qu'il faut pouvoir, Christophe l'évoquait,
10:51l'intégrer dans la question de l'accès au logement,
10:54mais des logements avec une qualité de rénovation thermique,
10:57ou en tout cas une performance énergétique.
10:59On sait que ce sont les personnes les plus pauvres,
11:02les plus éloignées de l'emploi,
11:04qui ont une difficulté à avoir un logement.
11:07Non, pardon, je parlais de la sécurité.
11:08Oui, alors, il y a un enjeu, bien entendu,
11:12autour de répondre aux problématiques des citoyens et des citoyennes.
11:16Je pense que ce sont des sujets qui doivent être débattus.
11:20Je regrette que la campagne ne traite que de ces questions.
11:25Vous aussi, vous n'abordez pas cette question de la sécurité.
11:27La question climatique, ça fait partie des sujets qui sont évoqués
11:31dans le cadre du pacte du pouvoir de vivre de façon globale.
11:35Ce n'est pas dans le cadre du pouvoir de ville, Christophe Lambert.
11:38D'abord, vous parliez du changement climatique.
11:41Regardez les propositions du pacte sur le sujet dans ce document.
11:44La question de la biodiversité, la lutte contre l'artificialisation des sols,
11:48la pollution lumineuse, la végétalisation de la ville, par exemple,
11:51qui peut faire réduire sensiblement les degrés.
11:54C'est de 0,5 à 2 degrés. On peut agir.
11:57Oui, mais armés ou non les polices municipales, par exemple.
11:59Pardon ?
11:59Armés ou non les polices municipales. C'est dans le débat, on le voit.
12:02Oui, mais je ne crois pas que ce soit à nous de définir ce contexte-là.
12:05Là où nous avons quelque chose à dire et là où nous disons quelque chose au sein du pacte,
12:09c'est de dire que la sécurité est un enjeu majeur.
12:12Notamment, compte tenu de ce pour quoi nous travaillons,
12:16c'est que souvent ceux qui payent le prix de l'insécurité, c'est souvent les cases populaires.
12:19Je pense au quartier populaire.
12:21Donc évidemment, c'est un enjeu majeur.
12:23Mais vous voyez bien quel est, à mon avis, notre avis, l'objectif.
12:28C'est de dire, il y a plein de sujets, vous l'avez dit,
12:30qu'on ne traite pas, qui font le quotidien des gens,
12:32qui font leur inquiétude, leur peur du déclassement,
12:34qui font leur colère, si on n'en parle pas.
12:36Alors, il faut parler de sécurité, il faut parler de géopolitique.
12:40On est dans un moment terrible, de la montée des populismes.
12:43Mais quand même, de quoi avons-nous besoin pour vivre ?
12:47De l'eau ? De l'électricité ?
12:49Du logement ? Du vivre ensemble ?
12:51De la solidarité ?
12:53Vous voyez ce que je veux dire ?
12:54Nous sommes des humains.
12:54Mobilité, de l'alimentation.
12:55De la mobilité, de l'alimentation saine et durable.
12:58Donc, à un moment, on ne peut pas squeezer tout ça,
13:01qui fait le quotidien de tout un chacun.
13:03Et peut-être un dernier mot.
13:06On sent un petit peu un esprit de renoncement,
13:08parfois, ici ou là, dans les débats publics en France aujourd'hui.
13:10Nous, ce qu'on voit, c'est qu'il y a énormément d'initiatives,
13:13de citoyens, d'associations, d'organisations, de syndicats,
13:16de bailleurs sociaux, de fondations.
13:18Et que, toutes ces initiatives extrêmement positives,
13:22ancrées localement, qui répondent aux besoins du pays,
13:24il faut les démultiplier.
13:25Il faut les encourager.
13:27Parce qu'elles sont force de lien social.
13:29Elles sont force de résolution des problèmes.
13:31Et tout ça, on en parle globalement peu.
13:34Et c'est pour ça que nous, on veut les remettre au cœur de l'action publique.
13:36Et Marie-Lise Léon, il y a la question de l'emploi aussi.
13:38C'est pas une prérogative, en principe, c'est plutôt une prérogative nationale.
13:42Mais vous dites, vous, dans ce pacte du pouvoir de ville,
13:44qu'au niveau municipal, ça peut se jouer aussi,
13:47et la question de l'emploi.
13:48Oui, ça peut se jouer.
13:49Je rebondis sur ce que disait aussi Christophe juste avant.
13:53Le pacte du pouvoir de vivre,
13:55et dans les propositions qui sont faites du pouvoir de ville,
13:58on est, nous, convaincus qu'il faut faire des choix radicaux.
14:02C'est-à-dire qu'il faut traiter les problèmes à la racine
14:05et avoir une palette d'actions
14:08qui permettent de traiter à la fois les questions de logement,
14:10de mobilité, de transport, etc.
14:12Il y a aussi une question,
14:15on évoquait, comment on répond aux aspirations profondes des citoyens,
14:21une des aspirations profondes, c'est d'avoir accès à l'emploi.
14:23On défend l'idée d'avoir un droit à l'emploi.
14:26Mais que peut faire un maire ?
14:26Un maire peut tout à fait s'impliquer dans la création d'une association.
14:31On est, nous, des défenseurs des projets du type
14:35Territoire zéro chômeur longue durée,
14:37qui sont des associations qui créent des entreprises à but d'emploi.
14:41Et donc, ça permet des emplois en proximité,
14:44qui ont une utilité,
14:45qui sont sur un terrain non concurrentiel.
14:49C'est-à-dire qu'on crée une niche d'activité
14:52qui permet de remettre dans l'emploi
14:55des personnes très éloignées de l'emploi,
14:58qui, pour certaines, n'ont pas eu accès à l'emploi
15:00depuis 5, 6, 7, 8 ans.
15:02Et on voit d'ailleurs, comme levier,
15:04qu'il y a 50% de la commande publique,
15:06le chiffre est énorme,
15:08qui provient des communes.
15:1150% des commandes publiques de la collectivité.
15:13Exactement, et nous, on dit qu'il faut des cahiers des charges.
15:15Les cahiers des charges des collectivités pour les emplois locaux
15:17dont vient de parler Marie-Élise,
15:18ils peuvent être aussi orientés dans une dimension sociale.
15:21dimension sociale, dimension écologique, dimension démocratique.
15:25Donc tout ça, ce sont des leviers
15:26à la disposition des collectivités,
15:28qui ne coûtent pas forcément plus cher,
15:29puisqu'ils vont choisir d'embaucher.
15:31Mais qui vont-ils embaucher ?
15:33Pour faire quoi dans la ville ?
15:35Pour le bien commun, pour l'ensemble de la société.
15:37Il y a cette question des propositions
15:40qui s'inscrivent dans ce que je rappelais,
15:42le pacte de pouvoir de vivre,
15:44cette plateforme commune qui a été lancée
15:46il y a quelques années,
15:47qui rassemble votre syndicat, la CFDT,
15:49Marie-Élise Léon, d'autres associations,
15:51dont la vôtre, Christophe Robert.
15:54On a l'impression que ce n'est plus le politique
15:56qui est à l'initiative.
15:57Est-ce qu'on se trompe quand on se dit
15:59que c'est aujourd'hui à la société civile
16:01de prendre le relais ?
16:02Alors ça vous fait sourire, Marie-Élise Léon ?
16:05Oui, parce que...
16:06Mais c'est un constat câblant quand même.
16:09Non mais je pense qu'il ne faut pas le considérer
16:11que c'est pas l'un ou l'autre,
16:13c'est pas fromage ou dessert.
16:15Et les politiques, et la société civile.
16:18Je pense qu'on est à un moment clé démocratique
16:22dans notre pays,
16:23mais c'est aussi le cas à l'échelle internationale.
16:27Et je pense qu'aujourd'hui,
16:29le message qu'on envoie, nous aujourd'hui,
16:31en tant que représentants de cette alliance,
16:33d'une société civile qui représente
16:36des millions d'adhérents, de bénévoles,
16:40de personnes engagées,
16:42c'est qu'il y a une envie.
16:44Il y a une envie de participer,
16:47de débattre, et il y a une envie de faire.
16:49Et que les responsables politiques
16:51doivent l'intégrer.
16:53J'ai l'impression qu'on le répète
16:54depuis un certain nombre d'années maintenant.
16:56C'est pas fini, je pense.
16:57J'espère que ça percole petit à petit.
17:00Et l'idée n'est pas que la société civile
17:02face à la place des partis politiques,
17:05mais qu'on puisse travailler en complémentarité.
17:07Et donc, c'est extrêmement important
17:09de pouvoir se dire que c'est un dialogue
17:12qui doit s'instaurer et se nourrir.
17:15Alors, puisqu'on vous tient, Marie-Lise Léon,
17:16on sort un tout petit peu du pouvoir de ville.
17:18Vous avez entendu le président du MEDEF,
17:20Patrick Martin, qui propose un contrat jeune,
17:23un CDI, qui pourrait être rompu sans motif
17:25pendant les premières années.
17:27Il a été présenté dans une réunion
17:28à laquelle vous participez.
17:30Qu'est-ce que vous en pensez de ce contrat jeune ?
17:33Il a été effectivement évoqué
17:35par le responsable du MEDEF.
17:37Moi, je pense que ce n'est pas du tout
17:38la bonne façon de démarrer une discussion.
17:41Mon organisation de la CFDT
17:43a été très impliquée sur les retraites.
17:45Je pense que tout le monde s'en est rendu compte.
17:47Aujourd'hui, je pense qu'on a une responsabilité collective,
17:50c'est de parler des jeunesses.
17:51On a besoin de s'adresser aux plus jeunes
17:54qui ont des grandes difficultés d'entrer dans l'emploi.
17:56Les propositions qui ont été faites
17:59sont des propositions qui appartiennent au MEDEF.
18:03Je ne considère pas qu'elles soient...
18:05Moi, je n'ai pas envie de discuter sur cette base-là.
18:08Néanmoins, je reste convaincue
18:09qu'il faut qu'on puisse se parler
18:11entre organisation syndicale et patronale
18:13pour se dire, c'est quoi notre responsabilité partagée aujourd'hui ?
18:17Quel signal on envoie aux jeunes ?
18:18Et comment on a de vraies propositions
18:21et de vraies actions
18:22pour mieux les insérer dans l'emploi,
18:25durables, les sortir pour un certain nombre de la précarité ?
18:29Et donc, la CFDT fera d'autres propositions très prochainement.
18:32Merci en tout cas à tous les deux.
18:34Un dernier mot, mais très rapide, Christophe Omer.
18:35Juste par rapport à votre question,
18:36pour le résumer,
18:37on ne va pas pouvoir régler nos problèmes,
18:40les enjeux sociaux-écologiques,
18:41depuis le perron de l'Elysée.
18:42On ne change pas la société
18:43depuis le perron d'un ministère ou d'un autre.
18:44Donc, il faut engager toutes les forces vives
18:46qui sont contre la xénophobie,
18:49qui sont pour changer la donne
18:50sur le plan social et écologique.
18:51Et il faut les entraîner plutôt que de leur mettre des bâtons dans les roues.
18:55Et nous, on veut faire partie de ceux
18:56qui changeons la vie des territoires,
18:58qui changeons la vie du pays
18:59et qui puissent apaiser aussi cette société française.
19:02Et d'où ce pouvoir de ville
19:04et ces propositions
19:06que vous avez formulées
19:08avec d'autres associations.
19:10C'est très facile à trouver en ligne
19:12et on engage les candidats
19:13et les très nombreux candidats
19:16qui sont sur les listes des 36 000 communes
19:19qui vont se présenter
19:21à aller y faire un tour
19:23ainsi que les citoyens.
19:24Merci infiniment à tous les deux.
19:25Merci.
19:26Merci beaucoup.
19:27Merci à vous.
Commentaires