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  • il y a 10 minutes
Le premier invité du Grand Entretien, au lendemain du second tour des élections municipales est François-Xavier Bellamy, député européen, chef de file Les Républicains au Parlement européen. Comme tous les autres partis, il estime que ces municipales sont une victoire pour LR. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-23-mars-2026-2388890

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Transcription
00:00Bienvenue dans un grand entretien spécial consacré ce matin, il est vrai, au résultat du second tour des municipales.
00:07Dans un instant, dans ce studio, la présidente du groupe insoumis à l'Assemblée, Mathilde Panot,
00:12le député Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée, Sébastien Chenu.
00:16Mais d'abord, nous recevons le député européen et vice-président des Républicains, François-Xavier Bellamy.
00:23Bonjour.
00:23Bonjour.
00:24Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:26On attend vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.
00:33Alors François-Xavier Bellamy, on va parler des bonnes nouvelles, évidemment, pour la droite dans un instant.
00:37Mais on ne peut pas ne pas commencer par ce principal échec pour les Républicains, pour la droite à Paris.
00:45Rachida Dati, largement battu par Emmanuel Grégoire, malgré cette envie d'alternance qui avait été exprimée dans les sondages,
00:52malgré la fusion avec Pierre-Yves Bournazel et le retrait de Sarah Knafou.
00:57Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment est-ce que vous expliquez cette défaite ?
00:59C'est évidemment une très grande déception parce que je pense que les Parisiens avaient besoin de l'alternance à
01:05Paris.
01:06Et cette alternance, elle était nécessaire pour la capitale parce qu'au fond, la gestion socialiste de la ville apparaît,
01:13même aux électeurs de gauche, comme un immense échec.
01:17Et je pense en particulier à ce scandale immense qui touche le périscolaire parisien,
01:21avec des enfants qui sont victimes, qui ont été victimes de trop nombreux enfants,
01:26d'une absence de réaction de la mairie face à la réalité des faits de viol,
01:34des faits d'agression sexuelle qui se sont multipliés dans des écoles à Paris.
01:36Ce qui n'a pas empêché François-Xavier Bellamy, les sympathisants parisiens,
01:40les sympathisants socialistes de plébisciter Emmanuel Grégoire.
01:43Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que c'est quoi ?
01:44Est-ce que c'est un problème de stratégie de campagne ?
01:47Est-ce que c'est un problème de candidate ?
01:48Est-ce que Rachida Dati s'est trompé de campagne ?
01:51Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:52Il s'est passé aussi, comme vous l'aurez constaté,
01:55qu'il y a eu une multiplication de candidatures au premier tour
01:59qui ont empêché que les électeurs ne se retrouvent réellement au deuxième tour.
02:05Et je crois que...
02:06Au second, Pierre-Yves Bournazel s'est fusionné avec Rachida Dati.
02:09Sarah Knafro a fait le choix de se désister.
02:11Tout en laissant entendre clairement qu'il ne la soutenait pas en réalité.
02:14Donc voilà, on voit bien que la division...
02:16Donc c'est de la faute des autres ?
02:17Non, non, je pense qu'il faudra tirer tous les enseignements de cet échec.
02:21C'est un échec.
02:22Mais encore une fois, le plus important, quand on parle de ces élections municipales,
02:26c'est de ne pas se focaliser que sur Paris.
02:28Parce que le grand piège de l'analyse, c'est de confondre ces municipales avec Paris.
02:33Les Français qui nous écoutent savent que Paris, c'est important,
02:36mais que Paris, ce n'est pas toute la France.
02:37Exactement, sortons de Paris, partons pour Nice, avec cette large victoire d'Éric Ciotti sur Christian Estrosi.
02:43Dans l'entre-deux-tours, vous aviez refusé de soutenir Christian Estrosi, le maire sortant,
02:47alors que votre parti était censé être derrière lui.
02:50Du coup, vous êtes content ce matin de la victoire d'Éric Ciotti ?
02:54Ce que nous avons dit avec Bruno Retailleau, c'est que,
02:56et je crois que c'est un enseignement qui vaut aussi pour toute la France,
03:00et j'espère qu'on en reparlera parce que pour moi, le fait majeur, il est ailleurs.
03:03Mais ce que nous avons dit avec Bruno Retailleau, c'est que vouloir gagner une élection municipale,
03:07c'est légitime, mais ça n'autorise pas tout et ça n'autorise pas de faire n'importe quoi.
03:12Et malheureusement, Christian Estrosi, dans cette campagne,
03:15et notamment dans cette dernière ligne droite de la campagne,
03:17a tenté de rallier avec une stratégie communautariste
03:22des voix qui venaient de partout.
03:24Il a tenté d'obtenir le soutien, y compris de l'extrême-gauche.
03:28Et nous n'avons fait que dire que nous ne pouvions pas soutenir une stratégie campagne qui était...
03:33On peut aussi considérer que vous ne lui avez pas facilité la tâche.
03:36Quand le président des Républicains, dans une campagne d'entre-deux-tours,
03:39refuse et renvoie dos à dos Christian Estrosi et Éric Ciotti,
03:42quand vous-même, vous refusez d'appeler à voter pour le candidat du parti dont vous êtes le vice-président,
03:47franchement, vous ne lui avez pas rendu la vie exactement facile dans cette campagne.
03:51Moi, j'ai toujours dit qu'à Nice, et d'ailleurs, il n'y avait pas de candidat investi par
03:54les Républicains à Nice,
03:55pour une raison assez simple, c'est que les deux candidats en présence
03:58sont tous les deux des élus qui ont quitté notre formation politique.
04:02Éric Ciotti en 2024, Christian Estrosi en 2017.
04:06Et donc, c'était d'une certaine manière au Niçois de trancher, ils ont tranché.
04:09Mais ce qui est absolument certain, c'est que cette dernière ligne droite de campagne
04:12aura montré que la rupture, avec la clarté nécessaire à une campagne,
04:19ne peut pas aller de pair avec le succès.
04:21Donc vous avez trouvé qu'Éric Ciotti était plus clair que Christian Estrosi ?
04:24Éric Ciotti, il a tenu sa ligne, on peut être d'accord, on peut être en désaccord avec lui,
04:28mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas été, dans la dernière ligne droite
04:31de cette campagne,
04:32chercher des soutiens à l'extrême gauche.
04:35Donc il a eu vos faveurs davantage que Christian Estrosi ?
04:37Non mais ce que nous avons dit, c'est que c'était au Niçois de trancher.
04:40Maintenant, on ne va pas commenter indéfiniment la seule élection dans laquelle LR n'avait pas de candidat.
04:44Non mais c'est juste que, François-Xavier Bellamy, visiblement c'est difficile pour vous
04:48de porter un jugement clair sur ce qui s'est passé à Nice.
04:51Éric Ciotti, il se fait fort d'être le héros de l'union des droites.
04:56Est-ce que vous considérez que ce qui s'est passé à Nice valide cette stratégie d'union des droites
05:00?
05:01Moi je vais vous dire, le grand message pour moi de cette élection municipale,
05:04c'est que des candidats de droite, des candidats LR, des candidats qui n'ont jamais dévié de leur ligne
05:10sont ceux qui, hier, ont permis de faire obstacle à l'union de la gauche et de l'extrême gauche
05:15un peu partout dans le pays.
05:17À Brest, à Limoges, à Clermont-Ferrand, à Besançon, à Toulouse,
05:22ce ne sont pas des candidats qui ont dévié, qui ont changé, qui ont cherché les alliances de circonstances, qui
05:28ont gagné.
05:28Ce sont des candidats qui sont restés fidèles à leur identité politique.
05:32Et pour moi c'est ça le grand message, c'est la droite qui aujourd'hui est la première force
05:36politique locale.
05:37Ce sont les Républicains qui restent la première force politique dans nos villes.
05:40Vous avez constaté ce matin, François-Xavier Bellamy, que chaque parti politique vient dans les studios de radio et de
05:43télévision
05:43pour dire que ce sont eux les grands gagnants de ces élections municipales.
05:46Oui mais Benjamin Duhamel, vous êtes là pour faire l'avare, si je puis me permettre l'expression, c'est
05:50vous l'arbitre.
05:51Vous avez la capacité de regarder les chiffres et de dire en toute objectivité ce qui est aujourd'hui la
05:57réalité du terrain.
05:58La force politique qui a gagné dans ce premier et dans ce deuxième tour des élections municipales.
06:02Jugeur de la barre, ça veut dire arbitrage vidéo.
06:03L'arbitrage vidéo dans une compétition sportive.
06:06En l'occurrence, on se réfère à un arbitre neutre pour dire, et c'est la vérité des chiffres encore
06:11une fois.
06:11Aujourd'hui, regardons simplement le premier tour la semaine dernière sur les villes de plus de 9000 habitants.
06:16La droite en a remporté 417 au premier tour.
06:19Le Parti Socialiste 82, le Rassemblement National 12.
06:21Voilà, les chiffres sont assez éloquents.
06:23Et nous restons, nous resterons la première force politique locale.
06:26Mais surtout, le plus important, c'est que nous restons le barrage le plus efficace
06:30pour faire obstacle à cette alliance indécente de la gauche et de l'extrême gauche
06:33qui aura été le fait marquant et le plus inquiétant de cette élection municipale.
06:37Alors, le standard vous est ouvert, chers auditeurs.
06:39Et on a justement David au standard de France Inter.
06:42Bonjour, bienvenue David.
06:43Je crois que vous étiez, vous avez été électeur de droite, mais que vous ne l'êtes plus.
06:48Oui, bonjour M. Bellamy.
06:50J'ai été électeur de droite pendant une bonne dizaine d'années.
06:53J'étais militant UMP, puis LR.
06:56Et aujourd'hui, voilà, maintenant, je suis militant et électeur RN.
07:00Et je voulais demander à M. Bellamy quelle justification il a encore à la non-alliance
07:05qui a donné encore hier à Nîmes une ville aux communistes,
07:09alors que M. Proust et M. Plantier auraient pu saisir la main tendue de M. Sanchez
07:15à Marseille de Mme Bassal.
07:18Voilà, jusqu'à Caen, en fait.
07:19Jusqu'à Caen.
07:21Merci David.
07:22Réponse de François-Xavier Bellamy.
07:23Alors, à Nîmes, de fait, l'alliance de ces deux candidats pouvait gagner.
07:26Donc, ils ne se sont pas maintenus pour le plaisir.
07:28Ils se sont maintenus parce qu'ils avaient une chance de garder une mairie
07:31dans laquelle la droite était majoritaire.
07:33Et si la question se pose, cher monsieur, posez-la alors aux dirigeants du Rassemblement National
07:38qui se sont maintenus un peu partout dans le pays.
07:40Je pense, par exemple, à Limoges.
07:41Je pense à Clermont-Ferrand.
07:42Dans ces villes, pardon, où nous avons...
07:44Mais vous ne répondez pas du tout à David.
07:46Ce qui s'est passé, là, pour le coup, vous avez Jordan Bardella qui, dimanche soir,
07:49dernier, a dit, moi, je tends la main à ce qu'il appelle la droite sincère.
07:52C'est vrai que si, par exemple, à Nîmes, il y avait eu une alliance entre les candidats
07:56de droite et M. Sanchez, le candidat du Rassemblement National, vraisemblablement,
08:00le candidat communiste n'aurait pas gagné.
08:02Mais encore une fois, à Nîmes, nos candidats pouvaient gagner.
08:05On ne va pas demander à des candidats de se désister quand ils peuvent gagner.
08:07En revanche, à Limoges, à Clermont-Ferrand, des villes qui étaient menacées
08:10par l'alliance de la gauche et de l'extrême-gauche, les candidats du RN ne pouvaient pas gagner.
08:14Ils se sont maintenus malgré tout.
08:16Et donc, c'est la même chose dans de très nombreuses villes.
08:18Je le redis et je voudrais dire à David que s'il a milité parmi nous,
08:22alors il est urgent qu'il revienne parce que la vérité, c'est que le barrage à l'alliance
08:26entre la gauche et l'extrême-gauche, c'est nos candidats qui l'ont rendu efficace hier.
08:30Ce ne sont pas des candidats d'une autre formation politique,
08:32ce sont des candidats de droite qui ont gagné à Besançon, à Limoges, à Clermont-Ferrand,
08:37à Toulouse, à Brest, à Tulle, dans toutes ces villes où nous avons fait obstacle à cette alliance indécente.
08:41Et permettez-moi de revenir sur ce point parce que je crois que c'est le fait majeur.
08:45C'est l'enseignement le plus important.
08:46Le Parti Socialiste, il y a moins d'un mois, publie un communiqué pour dénoncer
08:51le fait que Jean-Luc Mélenchon est en train de dériver vers l'antisémitisme.
08:55Il y a un mois, la France Insoumise couvre un lynchage en pleine rue à Lyon.
09:01Et bien aujourd'hui, malgré cela, le Parti Socialiste s'est rangé derrière la France Insoumise.
09:06La véritable alliance de la honte, elle est là.
09:08Et cette alliance hier, qui a conduit au déshonneur du Parti Socialiste,
09:12elle l'a conduite aussi à sa défaite un peu partout dans le pays.
09:16Et c'est, je crois, la grande et la bonne nouvelle de cette élection municipale.
09:20Mais c'est aussi le grand et le vrai danger pour la vie politique française dans les années qui viendront.
09:24Que des élus de gauche soient capables de s'aligner derrière l'antisémitisme,
09:30derrière la violence, derrière la brutalisation de la vie politique,
09:33derrière l'islamisation du pays. C'est cela le danger majeur pour notre pays.
09:36Et on interrogera dans un instant Mathilde Panot, qui vous succédera,
09:39la présidente des députés insoumis.
09:41Juste, il faut qu'on parle d'un mot, des conséquences de ce scrutin sur 2027.
09:45Vous avez, dès hier soir, Laurent Wauquiez, qui a dit,
09:49il faut qu'il y ait un seul candidat de la droite et du centre jusqu'à même reconquête.
09:54Il faut qu'on organise une grande primaire qui ira d'Edouard Philippe jusqu'à Sarah Knafaut.
09:58Est-ce que vous tirez la même conclusion que Laurent Wauquiez sur les résultats de ces élections municipales ?
10:04Moi, je crois, comme Laurent Wauquiez l'a dit, qu'il faut réunir tous les électeurs de droite,
10:09tous les électeurs qui veulent l'alternance dans ce pays.
10:11Et ma conviction profonde, c'est que le message d'hier soir, c'est que ça ne se fera que
10:16dans la clarté.
10:17En 2027, les Français ne voudront pas la continuation du macronisme.
10:22Ils voudront l'alternance, ils voudront le changement.
10:24Et c'est la raison pour laquelle notre devoir aujourd'hui, c'est de leur apporter cette perspective d'alternance
10:29qui est l'espérance dont la France a tellement besoin.
10:31Avec une primaire ou pas ?
10:32Je ne sais pas comment on s'y prendra.
10:34Et on va en parler entre nous, on va en parler pour pouvoir organiser la compétition.
10:39Bruno Retailleau est candidat et je crois qu'il peut incarner cet espoir d'alternance.
10:44Maintenant, ce sont, et c'est ce que nous avons dit avec Bruno, ce seront à nos adhérents de trancher.
10:49Si vous voulez participer à la désignation, je le dis à tous ceux qui nous écoutent, du candidat qui portera
10:53les valeurs de la droite à l'élection présidentielle,
10:56c'est nos adhérents qui décideront parce que nous sommes une formation démocratique.
10:59Mais mon sentiment, et je le redis, c'est que le message que les Français nous ont envoyé hier soir,
11:03c'est que c'est la clarté qui gagne et que la confusion, au contraire, conduit au déshonneur et à
11:08la défaite à la fois.
11:09Merci, merci François-Xavier Bellamy d'avoir été au micro de France Inter ce matin.
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