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  • il y a 22 minutes
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, dénonce la stratégie "Nouvelle France" de La France insoumise, appliquée notamment pendant les élections municipales.

Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien

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Transcription
00:00Dans le grand entretien ce matin, nous recevons donc le secrétaire national du Parti Communiste Français.
00:06Vos questions et réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.
00:12Bonjour Fabien Roussel.
00:13Bonjour à vous, bonjour à vos auditeurs et vos auditeurs.
00:15Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter pour votre première interview dans les médias depuis à peu
00:21près trois mois.
00:21Vous avez été particulièrement discret dans le débat public national en campagne à Saint-Amant-les-Eaux.
00:27Vous avez été réélu dès le premier tour, réélu maire.
00:30On va donc évidemment vous demander quelles leçons vous tirez de ces municipales.
00:35Comment vous vous projetez vers 2027 ?
00:38Mais d'abord, Fabien Roussel, dans le quotidien des Français, il y a le prix des carburants.
00:422,20 euros le litre de gasoil en moyenne, c'est 30% de plus qu'il y a un
00:46mois.
00:46Un record depuis 1985.
00:49Le gouvernement a annoncé des aides ciblées pour aider les secteurs de l'agriculture, de la pêche et du transport.
00:54Est-ce que c'est suffisant ?
00:56Non, ce n'est pas suffisant.
00:59Je voudrais exprimer ici les énormes inquiétudes que j'entends de la part de nos concitoyens, mais aussi leur colère.
01:05Des inquiétudes parce qu'entre les prix de l'essence qui augmentent fortement, mais pas que, il y a aussi
01:11le gaz et l'électricité qui vont arriver derrière.
01:14Ça crée un climat anxiogène pour chacun d'entre nous, pour les familles, pour les entreprises.
01:18Il y a aussi des plans sociaux qui tombent.
01:20On n'en parle pas assez, mais la France continue de se désindustrialiser et ça tombe comme à grave lotte.
01:25Et puis, il y a de la colère parce que tout simplement, on a le sentiment que notre pays ne
01:32fait pas assez.
01:33C'est très, très loin du compte.
01:35Alors qu'il y a la possibilité de protéger le pouvoir d'achat des Français, de protéger nos entreprises, de
01:42protéger nos communes, nos services publics, c'est possible.
01:44Sur le prix des carburants ?
01:46Parlons des prix des carburants.
01:48Tout simplement, déjà, vous pouvez regarder ce qui se passe en Europe.
01:51On va rester à l'échelle de l'Union Européenne.
01:52Il y a des pays qui ont fait le choix ou de baisser les taxes.
01:57Je pense à l'Espagne qui, elle, injecte 5 milliards d'euros pour baisser les taxes sur le gaz, l
02:02'électricité et l'essence.
02:04Qui, sans doute, Fabien Roussel, ont des moyens financiers que nous n'avons pas tout à fait.
02:08Je vais y venir, monsieur Duhamel, laissez-moi un petit peu discourir.
02:125 milliards d'euros et de l'autre côté, d'autres pays comme la Hongrie qui bloquent, qui bloquent à
02:181,50 euro le prix du gazole.
02:21Vous allez me dire, on n'a pas les sous et ce n'est pas juste que ce soit l
02:24'État qui paye.
02:24Et ce n'est pas toujours très efficace.
02:26Je suis plutôt d'accord avec vous et je serais plutôt, nous serions plutôt, nous, partisans, au Parti communiste français
02:33et avec d'autres,
02:34de bloquer les prix, de bloquer les prix et encadrer les marges des raffineurs, notamment Total.
02:40C'est d'ailleurs la proposition de loi que nos parlementaires déposent au Sénat, allant dans ce sens.
02:45Il faut être joué sur les deux tableaux.
02:48Bloquer les prix, c'est possible.
02:50La loi nous le permet, ça a déjà été fait en 90.
02:53Nous le faisons d'ailleurs dans les territoires d'outre-mer.
02:55C'est le préfet qui fixe le prix de l'essence, par exemple, à La Réunion.
02:58Pour être très précis en 90, Fabien Roussel, ce n'était pas un blocage des prix du carburant, c'était
03:01effectivement un encadrement des marges.
03:02Et si vous jouez sur les marges qui, en France, sont particulièrement faibles si on parle du carburant, les prix
03:07continuent d'augmenter.
03:08Alors, on peut... Oui, mais d'accord.
03:10Je vais vous citer les marges de Total.
03:13Total Energy, le groupe Total, qui achète sur les tankers le pétrole, le raffine et le vent dans nos réseaux
03:20de distribution.
03:21Total a fait 65 milliards d'euros de bénéfices en l'espace de 4 ans.
03:2611 milliards en 2025, 15 milliards en 2024, 20 milliards en 2023, 19 milliards en 2022.
03:32Cet argent-là, il existe.
03:34Il existe et il est pris dans nos poches.
03:36Les marges de Total sur le raffinage, rien que sur le raffinage, elles ont été multipliées par 5 en l
03:43'espace d'un an.
03:44Par 5.
03:45Vous vous rendez compte que là, il y a une possibilité tout de suite de baisser le prix de l
03:50'essence.
03:50Vous parlez de Total qui plafonne le prix à 1,99€.
03:53Donc, vous pouvez mettre en avant les marges qui sont faites.
03:56Oui, d'accord.
03:56Total qui plafonne et qui gagne beaucoup d'argent.
03:59Beaucoup, beaucoup d'argent sur notre eau quand même.
04:01Quand on a un litre de gasoil qui est aux alentours de 2,20€ pour le sangplon 95 et 98,
04:05on est un peu en dessous.
04:06Si on plafonne à 1,99€, on fait déjà un effort pour les Français.
04:10On doit plafonner les prix de l'essence, du gazole, du sangplon à 1,60€ le temps que la crise
04:17passe.
04:19Et je vais finir là-dessus.
04:21Et il faut agir beaucoup plus fortement la diplomatie française, la France, pour que ce conflit cesse au plus vite.
04:27On a un président de la République, Donald Trump, qui est le président du chaos avec le président israélien, le
04:35premier ministre israélien Netanyahou.
04:36Ils sont en train d'organiser le chaos au Moyen-Orient et ça pèse sur les peuples.
04:40Les premiers à en souffrir sont les peuples.
04:42Le peuple iranien, le peuple libanais, mais aussi les peuples en Europe.
04:47Nous, les travailleurs, ces aides-soignantes, ces aides à domicile, ces routiers, ces salariés qui ont besoin de leur voiture,
04:54vont se déplacer.
04:55Il y a un moment donné où il faut dire stop à un président des Etats-Unis qui n'est
05:00pas fou.
05:01Il est représentant d'une idéologie impérialiste, extrémiste et extrêmement dangereuse.
05:07Et il y a un moment donné, il faut dire stop. Ce n'est plus un allié, c'est un
05:11homme dangereux.
05:13On va revenir sur la géopolitique dans un instant, mais pour terminer sur ce chapitre du prix des carburants.
05:18Si vous bloquez les prix, vous risquez de créer des pénuries parce que vendre à perte ou vendre à très
05:23peu de marge, ça les distributeurs n'ont pas du tout envie.
05:28J'entends ce risque et je ne vais pas vous dire là avec un coup de baguette magique, voilà ce
05:33qu'on va faire, etc.
05:34Le sujet, il est complexe. Je ne le nie pas. Le sujet, il est complexe.
05:37On est sur un conflit qui, je l'espère, va s'arrêter au plus vite et il faut tout faire
05:43pour peser dans ce sens-là.
05:45Et si ça devait durer longtemps, oui, ce serait compliqué. Le blocage des prix, les risques de pénuries.
05:51Et d'ailleurs, il faut jouer sur les réserves stratégiques que nous avons. Nous avons 108 jours de réserve.
05:56Ce qui est déjà fait pour le coup de jouer sur les réserves stratégiques.
05:59Oui, mais justement, le gouvernement nous a dit qu'on va libérer des réserves avec l'Agence internationale à l
06:04'énergie.
06:05Ça nous donne 40 jours de marge. Vous allez voir, les prix vont baisser.
06:08Tintin, il y a derrière des traders, des spéculateurs qui, eux, s'empressent de spéculer sur nos vies, quelque part,
06:15sur notre pouvoir d'achat, dont Total.
06:18C'est lui, Total, qui est le trader, qui rachète sur les tankers à prix d'or du pétrole.
06:23Il se fait en plus des sous sur le raffinage et derrière, il nous le vend très cher.
06:29Et donc, il y a un moment donné, il faut encadrer tout ça.
06:31Donc vous dites que le gouvernement doit être beaucoup plus offensif dans cette régulation, dans ce marché.
06:35Nous avons des réserves stratégiques en cas de crise internationale.
06:40Je pose une question, je mets sur la table une idée.
06:42Pourquoi les pays d'Europe ne s'organisent pas ensemble ?
06:45Je parle des nations, pas des entreprises, des industriels.
06:47Pourquoi les nations européennes ne s'organisent-elles pas ensemble pour acheter ce pétrole-là,
06:53et non pas les traders, pour acheter ce pétrole sur les tankers aux pays du Moyen-Orient, pour l'acheter
06:58?
06:58Avoir ses propres réserves et pouvoir justement influer sur le prix à l'échelle de nos pays.
07:05On doit reprendre la main sur ces matières premières.
07:07On l'a laissé entre les mains de l'industrie, des traders, des boursicoteurs.
07:12Je rappelle qu'avant, Total Energy, c'était Elf et c'était une entreprise nationalisée.
07:16Et donc nous devons reprendre la main sur nos économies.
07:19Il faut nationaliser Total ?
07:19Mais nous l'avons dit, quand il y a eu une grande crise, nous avons proposé la nationalisation de Total.
07:23Et là vous le redites ce matin ?
07:24Mais bien sûr, on doit reprendre la main sur nos matières premières.
07:29Et l'énergie, c'est capital.
07:32C'est un capital, c'est capital, pas dans le sens capitalistique, mais c'est indispensable.
07:37Le prix de l'électricité, on doit reprendre la main dessus avec une entreprise publique,
07:41pour avoir l'électricité la moins chère de toute l'Europe, parce que nous l'avons.
07:44C'est possible et c'est décarboné.
07:47Et reprendre la main sur le pétrole.
07:50Donc il faut nationaliser Total, c'est ce que dit Fabien Roussel, le patron du Parti Communiste ce matin.
07:54Mais si Total ne s'exécute pas à baisser ses marges,
07:58oui, il faut reprendre la main sur cette belle entreprise
08:02qui doit aujourd'hui accompagner la France,
08:05accompagner nos entreprises et les ménages français,
08:07et non pas se faire du beurre sur le pétrole.
08:10Fabien Roussel, vous évoquiez le contexte international
08:14qui, bien évidemment, explique cette crise énergétique.
08:17Au moment de la capture de Nicolas Maduro par Donald Trump,
08:19vous aviez dénoncé, je cite, un président de la République
08:21qui se couche et qui fait le paillasson devant Donald Trump.
08:25On a entendu Pierre Aski il y a quelques instants.
08:27Je rappelle que le président américain s'en est pris à la France
08:29en lui reprochant d'être, je cite, très peu coopératif.
08:32Est-ce que là, pour le coup, vous vous en félicitez ?
08:33Vous considérez que la France, la voix de la France est à sa place face à Donald Trump ?
08:38Disons que le président de la République a légèrement, légèrement modifié sa position
08:46vis-à-vis des Etats-Unis en faisant le choix, là, de ne pas participer à cette guerre.
08:52Heureusement.
08:54Heureusement.
08:55Mais, et j'ai eu l'occasion de le dire au Premier ministre quand il nous a réunis,
09:00j'aurais mille fois préféré que la France, aujourd'hui, ait la même attitude que l'Espagne, par exemple,
09:06qui interdit strictement le survol de son espace aérien à tout avion qui participe à ce conflit,
09:11y compris donc des ravitailleurs, ce que ne fait pas la France.
09:14Ce que la France fait, disons, au cas par cas, fonction d'émission des avions.
09:18Oui, mais au cas par cas, c'est bic et bouc et bouc et bic, ça veut dire qu'on
09:22ne sait pas où on va,
09:23et il fait un petit peu ce qu'il veut, Emmanuel Macron.
09:26C'est simple les questions internationales quand on vous écoute, Fabien, en celle-là.
09:29Mais non, mais je m'oppose un petit peu à Trump, mais en même temps, je ne vais pas me
09:32fâcher avec lui.
09:33Mais enfin, Trump, Donald Trump, ce n'est pas un fou.
09:37Donald Trump, c'est le représentant d'une idéologie à la tête des Etats-Unis,
09:42qui est une grande puissance, et c'est une idéologie dangereuse.
09:45Je salue les près de 9 millions de manifestants américains qui s'élèvent contre cette gouvernance
09:51qui fait du mal aussi au peuple américain.
09:53Nous devons être aux côtés du peuple américain, justement,
09:55pour empêcher cet homme de continuer à provoquer le chaos dans le monde.
09:59Et donc, il nous faut une diplomatie beaucoup plus ferme.
10:02Il faut se désaligner totalement des Etats-Unis.
10:05Il faut oser le faire.
10:07Fabien Roussel, cette guerre lancée par les Etats-Unis et par Israël contre l'Iran,
10:11vous la jugez totalement illégitime ?
10:13Mais totalement illégitime.
10:15On a même...
10:15Alors, pour être clair, nous, notre slogan, c'est ni les balles des Mollahs,
10:20ni les bombes des USA.
10:23Voilà.
10:23Ça veut dire que le régime...
10:25Pourquoi vous renvoyez les deux dos à dos ?
10:26Non, je ne les renvoie pas dos à dos.
10:29Je veux être clair là-dessus.
10:29Le régime des Mollahs, c'est celui qui a décimé, d'ailleurs, les communistes iraniens.
10:34Et je salue le parti Today, dont les principaux dirigeants sont réfugiés à l'étranger, que j'ai rencontré récemment.
10:42Et de l'autre côté, pour autant, la guerre que provoquent Trump et Netanyahou est terrible et provoque le chaos
10:51dans le monde.
10:52Et donc, les guerres n'ont jamais réglé les conflits.
10:56Et d'ailleurs, on se rend bien compte, ce que Donald Trump veut, ce n'est pas la fin du
11:01régime iranien.
11:02On voit bien qu'il discute avec eux, et on va voir ce qu'il dira cette nuit.
11:06Mais il est capable de s'accommoder de ce régime, si derrière, il a une bonne négociation sur le pétrole.
11:12C'est une guerre illégitime.
11:14La France devrait d'ailleurs beaucoup plus dialoguer avec les BRICS,
11:17et appeler à une coalition des pays qui s'opposent à cette guerre.
11:21On a parlé d'international.
11:23Il faut, puisque, vous le rappeliez, on ne vous a pas beaucoup entendu ces derniers mois,
11:26parler de la politique intérieure, avec d'abord un mot sur vos résultats aux élections municipales,
11:30avec un bilan mitigé.
11:33Vous avez gagné, vous, Fabien Roussel, au premier tour à Saint-Amant-les-Eaux.
11:36La ville de Nîmes, 150 000 habitants, est aussi une victoire du Parti communiste.
11:39Mais vous avez perdu, notamment à la Courneuve, notamment à Vénitieux,
11:44qui ont des maires insoumis désormais, alors que c'était des maires communistes sortants.
11:48Est-ce que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a éclipsé vos performances, Fabien Roussel ?
11:53Non, pourquoi vous dites ça ?
11:55Je ne sais pas, non.
11:57Non, d'abord, ces élections municipales...
12:00On a plus parlé du succès de la France insoumise, ou des succès de la France insoumise,
12:03que des succès du Parti communiste.
12:04Moi, je suis venu ici de parler de l'avenir de la France,
12:08des intérêts de nos concitoyens qu'il faut défendre.
12:12Je suis content que le Parti communiste français ait été très utile et très rassembleur
12:17pendant ces élections municipales.
12:18Nous avons travaillé à des listes de rassemblements les plus larges possibles,
12:23d'intérêts communaux, au service des gens.
12:26Et nous avons fait gagner de nombreuses listes.
12:29D'abord, le Parti communiste français est la deuxième force politique en nombre d'élus à gauche.
12:33Et donc, nous sommes encore une force importante.
12:37La troisième force politique, toute tendance confondue, avec plus de 400 maires.
12:42Effectivement, je suis fier que Vincent Bouget ait gagné cette ville de Nîmes
12:47face au Rassemblement national,
12:49ce qui est la preuve aussi qu'il est possible de faire reculer le Rassemblement national.
12:53Je salue Patrice Bessac, le maire élu au premier tour à Montreuil.
12:58C'est la seule ville de plus de 100 000 habitants à avoir élu son maire au premier tour.
13:02Et c'est Patrice Bessac.
13:03À Saint-Amant-les-Eaux, nous avons réussi à diviser par deux
13:06le résultat du Rassemblement national.
13:08Comme quoi c'est possible ?
13:09Et donc, ce travail-là, je veux le saluer.
13:12Et nous, nous avons gagné des villes face à la droite et à l'extrême droite.
13:15Ce qui n'est pas le cas de la France insoumise,
13:17qui, quand elle gagne des villes, c'est sur le dos de la gauche, notre dos.
13:20La seule ville qu'elle gagne à droite, c'est Roubaix.
13:23Et donc, ce qui montre aussi la nature des choix que font ses dirigeants.
13:30C'est-à-dire, c'est quoi ?
13:31La France insoumise a voulu faire quoi ?
13:32Perdre les communistes ?
13:34Ne fait pas le choix du rassemblement.
13:37Fait le choix de la division.
13:39Fait le choix de se présenter plutôt comme un adversaire
13:42que plutôt comme une force qui s'unit avec d'autres
13:47pour faire reculer la droite et l'extrême droite.
13:49C'est un choix.
13:50Mais c'est leur choix.
13:51C'est tout.
13:52C'est fait.
13:52C'est plié.
13:53Et donc, comme nous l'avons dit ce week-end lors de notre conseil national,
13:59ce sont des choix dont nous tiendrons compte.
14:01On se demande quand même ce qui s'est passé, Fabien Roussel,
14:04quand on lit cette phrase du maire de Saint-Denis dans les colonnes du Monde.
14:09Voilà ce qu'il dit.
14:10Il dit la victoire d'Ali Diawara, le nouveau maire de la Courneuf,
14:14tout comme la mienne.
14:15C'est Bali Bagayoko qui parle.
14:16Ces victoires sont des victoires communistes
14:20qui gardent une forte empreinte dans nos territoires.
14:23Mais la France insoumise, voilà ce qu'il dit,
14:25a été plus rapide et plus ambitieuse
14:27en maintenant en tête de liste des gens issus des quartiers populaires.
14:31On a l'impression que vous avez loupé le coche, Fabien Roussel,
14:34que vous êtes passé à côté d'un certain nombre de talents.
14:37Puisque Bali Bagayoko, il était militant PCF.
14:40Ah oui, c'est même Patrice Braouezek,
14:43quand il était maire de Saint-Denis,
14:44qui avait été le chercher et qui lui a permis d'accéder à des responsabilités.
14:48Mais vous l'avez perdu.
14:49Je salue tous ces maires qui, justement,
14:52comme Patrice Braouezek,
14:53mais je pense à Michel Piccard aussi, maire de Vénitieux,
14:57qui avait dans sa liste aussi des élus,
15:01des adjoints à l'image de sa ville.
15:04Non mais vous pouvez les saluer, Fabien Roussel.
15:05Mais là, vous avez un nouveau maire qui dit,
15:07au fond, parce que je suis issu d'un quartier populaire,
15:11le Parti communiste ne m'a pas fait confiance
15:13et j'ai dû aller toquer à la porte,
15:15ou du moins c'est la France insoumise qui est venue me chercher,
15:16pour pouvoir me faire confiance.
15:18Et c'est comme ça que j'ai été élu maire de Saint-Denis.
15:20C'est quand même une critique sévère vis-à-vis du Parti communiste.
15:24Mais d'abord, il a été élu au premier tour.
15:29Je salue son élection.
15:30Je dénonce les attaques indignes dont il fait l'objet.
15:35Je souhaite aussi pouvoir le dire.
15:39Et de l'autre côté, je ne comprends pas qu'il ait ses mots.
15:44Et quelque part, d'ailleurs, je n'ai pas compris pourquoi,
15:46dès qu'il a été élu au premier tour à Saint-Denis,
15:49il s'est empressé d'aller soutenir le candidat insoumis
15:54contre un maire communiste à Vitry.
15:55Vous voyez, quelque part, il a participé aussi à cette campagne de division.
16:00C'est regrettable.
16:00Tout ça, c'est regrettable.
16:02Moi, je pense qu'aujourd'hui, on a intérêt à tenir compte des leçons de cette élection.
16:10Les élections municipales, elles donnent aussi une image de ce qu'est la France, à un moment donné.
16:16Il y a eu un taux d'abstention qui est énorme.
16:18Il y a un rejet des partis politiques.
16:20Il y a un rejet de ces anathèmes que les uns et les autres, nous nous jetons.
16:24Pendant ce temps-là, et ça fait là 3-4 minutes que l'on parle de ça,
16:27on ne parle pas de la situation de nos écoles.
16:30On ne parle pas de la situation de nos hôpitaux publics.
16:33On ne parle pas du pouvoir d'achat de ces usines.
16:35Et on a parlé, Fabien Roussel, on a même commencé cet entretien sur la question du pouvoir d'achat.
16:38Oui, on n'a pas parlé juste de la grève des enseignants d'hier.
16:40Mais vous voyez, on a des sujets qui sont, pour nous à gauche, très importants
16:45et sur lesquels nous avons besoin de nous rassembler.
16:48Puisque vous avez parlé de la France, quel regard est-ce que vous portez sur cette nouvelle expression,
16:53ce concept de nouvelle France, qui a été celui utilisé par Jean-Luc Mélenchon,
16:57des candidats insoumis et des maires qui ont été élus.
17:00Est-ce que cette nouvelle France est aussi la vôtre, Fabien Roussel ?
17:04Je ne m'y retrouve pas du tout.
17:05Je ne m'y retrouve pas du tout.
17:07Pourquoi ?
17:07Le concept de la nouvelle France, tel que je l'ai entendu de la part de ces nouveaux élus
17:12et de la part des dirigeants de la France insoumise, elle contribue à toujours fracturer la France
17:17et la diviser entre une nouvelle France et une ancienne France.
17:20Entre une nouvelle France et une vieille France qui ne serait pas belle et qu'il faudrait écarter.
17:29Et puis en plus, en faisant ça, je pense qu'on ne pose pas la question de fond sur tout
17:35ce qui provoque ces fractures dans notre pays.
17:37Je pense à ces cols blancs qui pratiquent la fraude fiscale.
17:40Je pense à ces propos homophobes qui divisent les gens en fonction de leur sexe, de leur genre.
17:48Bref, je n'aime pas cette conception de la nouvelle France.
17:51Je préfère, moi, la conception, défendre une conception d'une nouvelle République.
17:56Une République qui défend l'égalité stricte de nos concitoyens,
18:00quelles que soient leurs couleurs, leurs origines, leurs religions.
18:04Vous trouvez que c'est une conception, au fond, identitaire de la politique qui ne vous convient pas ?
18:09Je vais mettre les pieds dans le plat.
18:10Il y a un sujet profond qui nous préoccupe, au Parti communiste français aussi.
18:17Il y a un racisme énorme contre les personnes d'origine africaine, noire, arabe.
18:25Et il y a un rejet profond, une discrimination profonde des personnes de confession musulmane.
18:31Les musulmans, les arabes, les noirs, pour parler directement, sont stigmatisés,
18:37mais de manière quasi systémique, y compris dans certains médias.
18:44Des propos qui, avant, auraient suscité des tollés,
18:47aujourd'hui, passent crème à la radio, à la télévision.
18:51Je pense aux médias Bolloré, je pense à la campagne de Stérin, etc.
18:55Enfin, ça passe crème, c'est souligné, il y a des plaintes, on parle.
18:58Oui, oui, oui, il faut derrière soulever des plaintes, etc.
19:01C'est gravissime.
19:02C'est gravissime.
19:03Et donc, c'est pour ça que je parle d'une nouvelle république.
19:07Une république qui défend l'égalité stricte des droits
19:10et qui mène un combat ferme contre le racisme et l'antisémitisme
19:15qui, lui aussi, grandit à côté.
19:17Et donc, nous devons avoir une république qui garantisse les mêmes droits pour tous.
19:21Or, ce que fait la France insoumise avec ce principe de nouvelle France ?
19:26Il ne se bat pas pour l'égalité des droits.
19:29Lui, il fait du communautarisme.
19:31Il a un concept identitaire.
19:34Il essentialise les gens.
19:36Au lieu de se battre pour l'égalité des droits,
19:39quel que soit notre sexe, notre couleur de peau, notre religion.
19:45Et c'est ça la France des Lumières.
19:48Et c'est ça la nouvelle république que nous devrions défendre.
19:50C'est ce que vous avez fait à défendre pendant cette campagne des municipales.
19:52On a beaucoup parlé, notamment dans des interviews ici, dans ce studio,
19:55sur la façon dont Jean-Luc Mélenchon avait tenu des propos.
19:58Ça ne vous a pas plu, cette campagne des municipales ?
20:01Ah non, je ne m'y retrouve pas du tout.
20:03Par exemple, la manière dont pose la question Jean-Luc Mélenchon
20:08et qui essentialise les citoyens en fonction de leur couleur de peau,
20:13il occulte du coup complètement le combat de classe,
20:18c'est-à-dire l'exploitation des hommes,
20:20quelle que soit leur couleur de peau.
20:21Moi, je discute justement avec beaucoup de nos concitoyens,
20:25ouvriers, salariés, d'origine immigrée,
20:29qui sont exploités, mais comme d'autres.
20:34La question de l'exploitation, de la domination justement du capital sur l'être humain,
20:41elle devrait nous rassembler à gauche et nous permettre de faire front commun.
20:45Et c'est ce combat-là, moi, que j'aimerais mettre au cœur des débats à venir.
20:49Puisqu'il est question de rassemblement, évidemment, on pense à 2027,
20:53avec ce débat à gauche.
20:55Est-ce qu'il faut une primaire sans la France insoumise ?
20:58Il y a débat au sein même du Parti Socialiste.
21:00Vous, vous avez tranché la question au Parti Communiste.
21:03Il n'y aura pas de primaire.
21:04Il y aura un candidat en 2027.
21:07On imagine que c'est vous.
21:09Vous nous le confirmez ce matin ou pas ?
21:10Alors, mais là, vous allez vite en besogne.
21:13C'est notre genre, ça.
21:13Vous allez vite en besogne.
21:16D'abord, c'est dans plus d'un an.
21:17On sort des élections municipales.
21:19Nous avons des combats à mener.
21:21Je reviens sur cette question de l'énergie, du pouvoir d'achat.
21:24Vous n'allez pas répondre.
21:27Si, je vais répondre.
21:28Et donc, je vais répondre.
21:32Je vais répondre en vous disant d'abord que ce qui doit nous rassembler,
21:34c'est justement les propositions fortes sur lesquelles des hommes et des femmes de gauche
21:40devraient être offensives.
21:42Battons-nous là-dessus.
21:42Et c'est parce que nous voulons nous battre là-dessus.
21:45C'est parce que nous, nous voulons mettre cette question du projet,
21:48de l'avenir de la France, de l'avenir de nos enfants,
21:51au cœur de l'actualité.
21:52Que nous posons le principe d'une candidature à l'élection présidentielle
21:59portant un projet de rupture avec 10 ans d'Emmanuel Macron
22:04et permettant de rassembler largement.
22:06Fabien Roussel, la dernière fois en 2022, vous avez rassemblé 2,28% des voix.
22:10Ça ne vous a pas vacciné ?
22:14D'abord, nous, pour nous vacciner, nous on est vaccinés.
22:19Oui, on fait plusieurs doses.
22:21Non, mais on se bat contre un système économique qui broie l'être humain.
22:27Et on se battra toujours pour la défense de la dignité humaine,
22:31pour la paix, pour mettre le travail au cœur de la société.
22:33On est là-dessus.
22:34Et donc, on veut porter ce débat.
22:35Maintenant, qu'est-ce que nous disons ?
22:37D'abord, nous entrons en phase de réflexion avec un congrès
22:40qui va se tenir début juillet.
22:41Nous, ce que nous voulons, c'est faire en sorte que...
22:44Oui, c'est fini Fabien Roussel.
22:45...travailler un projet que nous voulons mettre en dialogue avec nos concitoyens.
22:49Et puis, on a quelques semaines et quelques mois devant nous pour en parler.
22:53Voilà, à la prochaine élection, mystère.
22:55Mystère, mais pas de primaire.
22:57Non, pas de primaire.
22:58Voilà, pas de primaire.
22:59Au moins, les choses sont...
22:59Merci Fabien Roussel d'avoir été au micro d'interesse.
23:01Non, non, mais on va fêter.
23:03Je peux finir quand même là-dessus.
23:04Non, non, on n'a pas 30 secondes.
23:07Le fond populaire, c'est les 90 ans.
23:09Et nous allons faire un showcase avec Céline Dion, place du colonel Fabien,
23:12le 9 mai prochain.
23:13C'était une annonce que je voulais vous faire.
23:16Ah oui, on est le 1er avril, très drôle.
23:17C'était la bonne blague de Fabien Roussel.
23:19Merci, la revue de presse à suivre.

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