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Alors que 2025 marque une année record en termes d'immigration, nos équipes ont parcouru toute la France : grandes métropoles sous tension, zones rurales en pleine transformation, frontières… Partout, une même question : que disent réellement les chiffres ? Entre idées reçues, données officielles et zones d’ombre, ce documentaire lève le voile sur les véritables enjeux d’un phénomène au cœur du débat public.
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00:01Il y a un an, les propos chocs de François Bayrou sur un sentiment de submersion migratoire
00:05déclenchaient une tempête politique et médiatique.
00:08Dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion, de ne plus reconnaître votre pays.
00:14Depuis, le débat n'a cessé de s'intensifier.
00:17On a un modèle social qui est généreux et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.
00:23Submersion migratoire, je ne sais pas pour dire qu'on est envahi par les Arabes et les Noirs.
00:27Si vous gouvernez avec les préjugés de l'extrême droite, nous finirons gouvernés par l'extrême droite et vous en
00:32aurez été le complice.
00:35Jusqu'à s'imposer comme l'un des sujets les plus brûlants du moment.
00:38L'immigration, c'est vraiment devenu une réalité qui a des impacts sur tous les aspects de notre vie en
00:42société.
00:43Dernière illustration en date, la régularisation de 500 000 sans-papiers en Espagne
00:47suscite de vives inquiétudes de l'autre côté de la frontière, en France.
00:51Certains redoutent des arrivées massives, facilitées par la libre circulation au sein de l'espace Schengen.
00:56Mais qu'en est-il vraiment des faits ?
00:58Alors que 2025 marque une année record.
01:01Il n'y a jamais eu autant d'immigration en France qu'aujourd'hui.
01:04La situation actuelle n'est pas satisfaisante.
01:06Nos équipes ont parcouru toute la France pour enquêter sur la réalité de l'immigration.
01:11Vous avez dit quoi ?
01:14Grande métropole sous tension.
01:19Dans les grandes villes, les étrangers sont surreprésentés dans les crimes et délits.
01:23Campagne en pleine mutation.
01:25Ils n'ont rien à faire chez nous.
01:26Il y en a beaucoup.
01:28Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire et ça je le maintiens.
01:31Zone frontalière.
01:32C'est inhumain.
01:33Je le dis franchement, ce qu'on fait subir aux migrants, c'est atroce.
01:37L'immigration est partout.
01:39Alors que disent réellement les chiffres ?
01:41Derrière les statistiques, il y a des réalités humaines.
01:44Migrants en quête d'avenir.
01:45Vous venez d'où ?
01:46D'Erythrée.
01:48Nous sommes servés ici seulement pour gagner la vie, pour aider ta famille.
01:52Français confrontés aux conséquences concrètes des politiques migratoires.
01:56Maintenant c'est moi qui vais me retrouver devant un tribunal en correctionnel.
02:01En gros, j'aurais dû laisser ma brasserie aux migrants.
02:03Et là j'aurais été vue comme quelqu'un, oh là là, quel acte courageux.
02:07J'attends le coup de massue qui me fera tout perdre réellement.
02:12Entre idées reçues, données officielles et zones d'ombre, coup de projecteur sur les véritables enjeux d'un phénomène plus
02:18que jamais au cœur du débat public.
02:20Voici les vrais chiffres de l'immigration.
02:27Un an après les propos de François Bayrou évoquant un sentiment de submersion migratoire.
02:32Où en est réellement la situation en France ?
02:35En 2025, l'immigration a atteint un niveau record.
02:39384 000 titres de séjour ont été délivrés, soit une hausse de 11% par rapport à l'année précédente.
02:45Il n'y a jamais eu autant d'immigration en France qu'aujourd'hui.
02:48L'immigration c'est vraiment devenu un fait social total, c'est-à-dire une réalité qui a des impacts
02:52sur tous les aspects de notre vie en société.
02:54Dès que vous avez une enquête d'opinion sur l'immigration, vous avez toujours entre deux tiers et les trois
02:59quarts des sondés
03:00qui estiment que les niveaux d'immigration reçus en France sont aujourd'hui trop élevés.
03:03C'est évidemment 95% des électeurs du Rassemblement national, c'est cohérent.
03:07Mais c'est aussi deux tiers de l'électorat macroniste du bloc central.
03:10C'est souvent une petite moitié de l'électorat de gauche.
03:13Même tendance du côté du droit d'asile.
03:16Dispositif permettant à une personne étrangère de rester en France lorsqu'elle est menacée dans son pays.
03:2178 000 personnes en ont bénéficié en 2025.
03:24En augmentation de 12% sur un an.
03:27Sur le papier, ce droit pourrait concerner un grand nombre de personnes à travers le monde,
03:31susceptibles de venir vivre légalement en France.
03:34Nous avons pu estimer à l'Observatoire de l'immigration et de la démographie
03:37qu'il y a près de 600 millions de personnes, 580 millions à travers le monde
03:41qui remplissent aujourd'hui objectivement au moins l'un des critères
03:45qui permettent d'obtenir un statut d'asile en France.
03:48Et donc évidemment, quand on dit ça, on ne dit pas que 600 millions de personnes vont arriver vers la
03:53France,
03:53mais il n'en demeure pas moins que si ces personnes atteignent le territoire français
03:57pour déposer une demande d'asile, elles obtiendront l'asile.
04:00Sans tricher, sans mentir, simplement parce que c'est l'état actuel du droit
04:03et que le régime de l'asile ne connaît aucune limite quantitative
04:07et aucune capacité d'intervention du politique.
04:12Face à cette dynamique, le gouvernement a durci le ton.
04:15En 2025, deux circulaires ont été mises en place par l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot.
04:22Objectif, restreindre les conditions de naturalisation
04:24et compliquer la régularisation des étrangers en situation irrégulière.
04:28Des mesures qui ont eu un impact mesurable.
04:31Les régularisations ont reculé de 10%
04:33et les naturalisations par décret ont baissé de 13%.
04:36Face à la crise migratoire qui frappe la France,
04:39la plupart des communes du pays et leur centre-ville se retrouvent en première ligne.
04:44L'immigration n'est plus un phénomène qui serait largement concentré
04:48dans les tours de la Seine-Saint-Denis ou les tours des quartiers nord de Marseille
04:52ou certaines régions post-industrielles.
04:54Ça concerne maintenant tout le territoire.
04:55Comme ici à Lyon, ville dirigée par l'écologiste Grégory Doucet
04:59qui, à l'inverse d'autres dirigeants, ne semble pas prendre ce problème au sérieux.
05:04Natacha, membre d'une association venant en aide aux migrants,
05:08va nous faire découvrir un camp insalubre dans un quartier proche du centre.
05:11Je suis la présidente de l'association Thé Glorieuse
05:15et là, je suis venue pour voir mes frères africains des migrants
05:19qui vivent dans le campement châtreux.
05:23Il y a au moins plus de 320 personnes qui vivent ici,
05:27voilà, sous la neige, dans le froid.
05:29320 personnes qui viennent pour la plupart d'Afrique subsaharienne.
05:33La Guinée, la Côte d'Ivoire, en plus l'Afrique de l'Ouest.
05:37Dans ce camp de fortune où vivent également une vingtaine de mineurs,
05:40la situation sanitaire est plus que préoccupante.
05:45Il y a les tentes à côté, les gens, ils dorment.
05:48Et puis, il y a aussi les déchets.
05:50Ils n'ont pas de poubelle.
05:52Et ça, c'est des moustiques, ça.
05:54Ça donne les moustiques.
05:55C'est lamentable.
05:57Venez, je vais vous montrer les douches que la mairie de Lyon,
06:01au premier arrondissement, a installées pour eux.
06:03Je viens d'apprendre que l'eau a été coupée.
06:05Donc, du coup, ils se débrouillent tout seuls.
06:09Et puis, ils ont installé les douches.
06:11C'est comme s'ils approuvaient le fait qu'il y ait des tentes
06:14et qu'ils veulent que ces jeunes gens restent.
06:17Regardez l'État.
06:18Ils ont coupé l'eau.
06:20L'eau a été coupée.
06:21Début hiver, ils ont placé des gaz.
06:23Il y avait de l'eau chaude pendant trois jours.
06:27Et après ça, ils ont dit qu'ils n'ont plus les moyens de mettre des gaz encore,
06:30qu'ils n'ont plus d'argent pour acheter des gaz.
06:32Bon, c'est resté avec de l'eau glacée.
06:34Lanceuse d'alerte, Natacha lutte depuis longtemps contre ce type d'immigration
06:38qui ne fait de bien à personne.
06:40En Afrique, tout le monde pense que l'Europe, c'est l'île de Rado.
06:43Et c'est la raison pour laquelle je lutte contre l'immigration.
06:46En venant en France, ce jeune homme de 17 ans ne pensait pas vivre dans de telles conditions.
06:51La France encore qui est plus développée, un pays plus développé.
06:54C'est impossible que les gens dorment dehors pendant un an.
06:58Il y a deux qui sont là, plus d'un an dans la rue.
07:00Aujourd'hui, Natacha veut s'adresser directement au maire de la ville, Grégory Doucet,
07:05qui se définit lui-même comme un humaniste.
07:07Je ne comprends pas que quelqu'un d'humaniste puisse laisser des jeunes migrants
07:12de 15, 16 ans, 17 ans dormir sous des tentes dans la pluie.
07:17Natacha est également remontée contre Jean-Luc Mélenchon et son parti, la France insoumise.
07:21A chaque fois, M. Mélenchon, il est toujours en train de prôner pour l'immigration, l'immigration.
07:25Mais en fait, il ne fait rien.
07:27Après, analyse, je me rends compte qu'ils nous utilisent pour leur électorat.
07:33Et en réalité, ils ne font rien pour nous.
07:35Les LFI, ils n'aiment pas nous les Noirs, ils nous utilisent.
07:38Et l'immigration ne concerne pas uniquement les grandes villes.
07:41Depuis plusieurs années, de plus en plus de zones rurales sont également touchées,
07:45avec l'installation de CADA, centre d'accueil pour demandeurs d'asile.
07:49A Abesnak, petit village de 370 habitants au cœur de la Corrèze,
07:53un centre de ce type a vu le jour.
07:55Certains habitants excédés affirment subir des tensions au quotidien,
07:59jusqu'à installer pour certains des panneaux en langue arabe
08:02afin de dissuader des intrusions sur leur propriété.
08:05Là, c'est de l'anglais, c'est notre langue, et là, c'est de l'arabe.
08:09Vous savez lire l'arabe ?
08:10Non.
08:12Salut, jeanette.
08:14Il y a deux ans, Laurent et d'autres riverains découvrent avec surprise
08:18l'installation d'un CADA, à quelques mètres de leur habitation.
08:21Moi, j'habite là.
08:23Le terrain, c'est du terrain agricole, mais c'est ma ferme.
08:26On y a nos vaches et tout ça, et le CADA est là-bas.
08:29Une nouvelle qu'ils ont appris par voie de presse,
08:31et qui a profondément bouleversé leur quotidien.
08:34À l'image de Jeanne, propriétaire dans le village,
08:37qui évoque un changement brutal de mode de vie.
08:40Nous, on y vient beaucoup moins souvent.
08:42Moi, vous voyez, j'y venais avec mes petits-enfants,
08:44ils allaient faire du vélo, on n'avait même pas besoin de les surveiller.
08:50Et alors maintenant, on n'y va plus.
08:51Moi, on faisait le jardin, maintenant, le jardin, c'est fini.
08:55On n'y va pas tranquille.
08:57Quand moi, je suis seule, et j'y vais rarement,
08:59mais enfin, quelquefois, je referme avec le CADA derrière moi,
09:02je vais sur les derrière, je fais ce que j'ai à faire.
09:04Et il faut bien reconnaître qu'au moindre bruit,
09:08instinctivement, quand même, je tourne la tête.
09:10Avant, je ne faisais pas ça.
09:13Cette grand-mère confie qu'elle n'aurait pas choisi de s'installer ici,
09:15si le centre avait déjà existé.
09:17Elle évoque également un impact financier,
09:20notamment sur la valeur des biens immobiliers.
09:22Si on voulait vendre la maison,
09:24ou si nos enfants, plus tard, quand on ne sera pas là,
09:26vous voulez, ben, vous rendez compte.
09:28Elle est dépréciée de moitié,
09:31et encore, vous trouvez le client.
09:32Non, parce qu'il n'est pas certain que quand vous arrivez là-bas,
09:38c'est bien, vous avez en face quoi ?
09:41Face à cette situation, une partie de la population
09:43entend se mobiliser pour obtenir le départ du centre.
09:46On a créé une association au mois de février 2023.
09:51Et puis, suite à ça, nous nous sommes partagés la tâche,
09:55nous avons fait une pétition.
09:56Une colère qui traduit un sentiment d'incompréhension
09:59chez certains habitants,
10:00qui peinent à accepter l'implantation d'un tel dispositif.
10:03Quand l'État nous dit que c'est pour repeupler la campagne,
10:07c'est pas possible.
10:08Ils ne veulent pas rester.
10:09Ils n'ont qu'un souci, c'est de partir.
10:12Qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent ?
10:13Il n'y a aucun magasin.
10:15Il n'y a rien, quoi.
10:16Aller travailler quoi ? Dans la ferme du coin ?
10:18Aller ramasser les pommes ?
10:20Non, ça ne se fera pas.
10:23Si aucune solution n'est trouvée,
10:25plusieurs d'entre eux envisagent de quitter le village.
10:29Je suis au ministre.
10:32Et là, on est pris à partir.
10:34Il faudra partir.
10:35Mais oui, on restera pas.
10:36À cause du cadavre.
10:37À cause du cadavre.
10:38On nous a indirectement chassé un peu de chien.
10:42Ces gens-là n'ont pas la même culture,
10:44pas les mêmes mœurs.
10:46Il y a des arrivées massives de migrants
10:49dont les populations ne veulent pas.
10:51Il y a de nombreuses polémiques,
10:53notamment sur les centres d'accueil aux migrants.
10:55Et à chaque fois,
10:56les maires n'ont pas demandé à leurs administrés
10:58ce qu'ils en pensaient.
11:00Au-delà de ce cas local,
11:01une question plus large se pose.
11:03Peut-on établir un lien entre immigration et délinquance ?
11:07Dire qu'il y a un lien entre immigration et délinquance,
11:11aujourd'hui, c'est possible.
11:13Il y a quelques années, ce n'était pas possible.
11:14C'était tabou.
11:15Avec les chiffres que nous publions,
11:17cette question n'est plus une question.
11:19Pourquoi ? Parce qu'on voit que 25% des personnes incarcérées en France
11:23sont étrangères,
11:25alors que la population étrangère ne représente que 7% de la population.
11:28Dans les grandes villes,
11:29les étrangers sont surreprésentés dans les crimes et délits.
11:32À Paris, c'est 48% des interpellés.
11:34À Marseille, c'est 55% des interpellés.
11:36Et à Lyon, c'est 39% des interpellés.
11:41L'écrasant de majorité des étrangers dans notre pays qui y vivent se comportent bien.
11:47Étrangers, ça ne veut pas dire délinquants.
11:49Mais dans certaines filières de délinquance,
11:51il y a une proportion importante de personnes en situation,
11:56notamment irrégulière,
11:57parce qu'il y a des filières de recrutement.
12:00Mais malgré les chiffres et la réticence d'une partie de la population
12:03face à une immigration jugée trop importante,
12:06certains estiment que la loi française peut parfois donner le sentiment
12:09d'une forme de préférence étrangère.
12:11Les sans-papiers peuvent par exemple bénéficier de l'aide médicale d'État
12:14qui leur offre une palette de soins 100% gratuits,
12:17sans avancée de frais.
12:18Parmi les prestations proposées,
12:20une rhinoplastie,
12:21une gastroplastie pour les personnes obèses,
12:24ou encore une opération pour se faire recoller les oreilles.
12:26Coût total de l'AME,
12:28plus d'un milliard trois d'argent public par an.
12:31Autre sujet sensible,
12:32l'accès au logement.
12:34Par l'intermédiaire de certaines associations,
12:36des migrants peuvent être accompagnés dans leur démarche
12:38pour obtenir un logement social.
12:40À Grenoble, nous rencontrons Mimoune,
12:43habitant d'un quartier populaire,
12:44qui se dit préoccupé par l'évolution de son environnement
12:47depuis l'arrivée en masse de migrants.
12:49Ces associations, quand elles font habiter des gens,
12:52elles les livrent avec des meubles récupérés,
12:54que ce soit des réfrigérateurs, des gaz, des chalapés,
12:57j'en sais rien.
12:57Ils font le tri chez eux,
12:58et tout ce qu'ils n'ont pas besoin,
13:01ça jette.
13:02C'est pour ça que tous les jours maintenant,
13:03vous avez,
13:04où vous voyez une poubelle là,
13:05c'est pas une poubelle,
13:05là c'est une déchetterie.
13:06Le quartier de Fille-Poubelle,
13:08on est la décharge de Grenoble.
13:09Là, ils jettent tout dehors,
13:11là derrière, pareil,
13:13la nourriture et tout.
13:15Pardonnez-moi, mais
13:16on a des gens qui viennent habiter là,
13:19et on est n'importe qui.
13:20Là, ils jettent les poubelles de partout.
13:22Tout le monde devient vraiment lamentable.
13:26Soins gratuits,
13:27logements à moindre coût,
13:28les immigrés illégaux peuvent même se marier en France,
13:31aussi absurde que cela puisse paraître.
13:33C'est ce qu'a récemment dénoncé le maire de Béziers,
13:35Robert Ménard.
13:36En juillet 2023,
13:37Eva, une jeune femme française,
13:39se présente à la mairie pour se marier avec Moustapha,
13:41un Algérien de 23 ans,
13:43sous le coup d'une OQTF.
13:44Il nous dit « Je fais l'objet d'une obligation de quitter le territoire français »
13:48et il nous précise qu'il a eu des problèmes avec la police
13:52et effectivement, il a été condamné,
13:54il me semble, c'est à 8 mois de prison,
13:56avec sursis,
13:58pour vol, violence en Réunion.
14:00La demande semble ubuesque,
14:02mais elle est pourtant bien légale.
14:03« Moi, je m'étonne de cette situation,
14:06parce que c'est la première fois que moi-même
14:09j'ai été confronté à cette situation-là.
14:11Et là, je saisis la préfecture
14:14en lui disant « Mais attendez, comment je fais ?
14:16Je vais marier quelqu'un
14:18qui a l'obligation de quitter le territoire. »
14:22Je saisis le procureur,
14:25je lui dis « Mais attendez,
14:26qu'est-ce que c'est cette situation invraisemblable
14:28où on me demande de marier quelqu'un
14:30qui normalement ne devrait pas être en face de moi ? »
14:33Et à mon grand étonnement,
14:34je dois vous dire,
14:36personne ne se formalise plus que ça.
14:37On me dit « Oui, mais il y a une obligation en France
14:39de marier les gens,
14:41quelle que soit leur situation. »
14:42Je dis « Attendez,
14:43c'est un peu se moquer du monde. »
14:45Robert Ménard refuse catégoriquement
14:46de marier le couple.
14:47« N'importe quelle personne sensée
14:49ne peut pas comprendre qu'un maire
14:52soit obligé de marier des gens
14:54qui sont eux-mêmes obligés,
14:56pour l'un d'entre eux,
14:57obligés de quitter le territoire.
14:59Il est en situation irrégulière,
15:00il a eu des problèmes avec la police,
15:02il a fait l'objet d'une obligation
15:04de quitter le territoire,
15:05donc il quitte ce pays.
15:06Alors le comble maintenant,
15:08c'est quoi ?
15:08Le comble, c'est que maintenant,
15:09c'est moi qui vais me retrouver
15:12devant un tribunal en correctionnel
15:14pour avoir refusé de faire
15:15ce que n'importe quelle personne sensée
15:17aurait refusé de faire.
15:19Pour avoir refusé de marier ce couple
15:21pas comme les autres,
15:22Robert Ménard encoure jusqu'à 5 ans de prison,
15:2475 000 euros d'amende
15:26et une peine d'inéligibilité.
15:28Quant au couple Eva-Moustapha,
15:30ils vont se marier dans les semaines
15:31qui viennent en Algérie.
15:32Leur union sera reconnue en France
15:34et devrait donc donner droit
15:35à un visa pour Moustapha.
15:38Entre décisions politiques,
15:39réalité locale et situations individuelles,
15:42les conséquences de l'immigration
15:43se font sentir à tous les niveaux.
15:47Elia, restauratrice de 40 ans,
15:48est une victime collatérale
15:50de la gestion des flux migratoires en France.
15:52Son établissement,
15:53situé à quelques mètres
15:54de la salle de spectacle
15:55La Guêté Lyrique,
15:57a été en première ligne
15:58lors de l'occupation des lieux
15:59par plus de 400 migrants
16:01pendant plusieurs mois l'an dernier.
16:04Lorsque nous l'avons rencontrée
16:05il y a un an,
16:07Elia était taboue.
16:08La présence massive de migrants
16:09aux abords de son restaurant
16:11faisait fuir la clientèle.
16:12Son activité, elle, s'effondrait.
16:15Je n'ai plus de clients
16:16parce que les gens ne veulent pas venir
16:17quand ils voient zoner,
16:19quand ils voient se battre.
16:20Les gens ont peur.
16:21Donc je ne travaille plus.
16:23Ça fait trois mois
16:23qu'on a une perte de chiffre d'affaires
16:25de plus de 60%.
16:26On ne travaille plus.
16:28À cela s'ajoutaient
16:29des tensions quotidiennes
16:30avec des militants associatifs
16:32à l'origine
16:33de cette installation de migrants.
16:35Moi, je n'ai rien
16:35contre les migrants.
16:36Eux, c'est juste
16:38les pantins des associations.
16:39Moi, plusieurs matins,
16:40je suis arrivée,
16:40ils étaient sur ma terrasse
16:41le matin en train
16:43de rouler du chiite,
16:45de zoner.
16:46Je leur demande de partir.
16:47Mais c'est moi qui les dérange
16:48parce que je leur demande
16:48de partir de mon commerce.
16:49Donc moi,
16:50quand je me prends la tête
16:51avec le collectif
16:51en leur expliquant
16:52que je n'ai pas à subir ça,
16:54le collectif leur dit
16:55oui, la patronne d'à côté,
16:57c'est une raciste,
16:58c'est une facho.
16:58Donc moi,
16:59ils arrivent à me menacer de mort.
17:01Ils veulent me brûler,
17:02ils veulent me tuer,
17:02ils veulent me violer
17:04parce que je ne les laisse pas
17:06faire leur trafic.
17:07Les femmes disent
17:08dans leur slogan,
17:09ils sont chez eux,
17:09ils ne partiront pas.
17:10Et c'est moi
17:11qui suis en train
17:11de tout perdre.
17:12Donc on va faire
17:13une liquidation judiciaire
17:14parce qu'on ne peut plus
17:15tenir à un moment donné.
17:17Et quand je dis
17:18au collectif,
17:19à une personne du collectif,
17:20moi quand je vais tout perdre
17:20avec mon mari et mes enfants,
17:22on va aller dormir où ?
17:22Et qui me répond
17:23mais votre mari,
17:23il est noir,
17:24on fera une exception,
17:25vous viendrez dormir
17:26avec nous à la gaieté
17:26parce qu'ils ne prennent
17:27que les subsahariens,
17:29ils ne prennent pas
17:29les arabes,
17:30ils ont refusé.
17:31Sur place,
17:32nos équipes avaient été
17:33prises à partie
17:33par des militants
17:34et des migrants
17:35alors qu'elles tentaient
17:36simplement de recueillir
17:37des témoignages.
17:38Non, il faut arrêter
17:39de les filmer.
17:39Vous voyez le...
17:40Il faut arrêter
17:40de les filmer.
17:41Je ne prends pas l'appareil.
17:42Non, pourquoi
17:42je ne prends pas l'appareil ?
17:43Parce que moi,
17:44j'ai clé la préfecture
17:45de police de Paris.
17:45On s'en fout
17:46de la préfecture.
17:46Votre quartier
17:47pour les poissons !
17:48Votre quartier !
17:50Le ratus !
17:51Le ratus !
17:52Le ratus !
17:55Le 17 mars 2025,
17:57les occupants
17:58ont finalement été expulsés.
18:01À l'intérieur,
18:02la salle de spectacle
18:03a été laissée
18:03dans un état
18:04de grande insalubrité.
18:06La majorité des migrants
18:07a ensuite été dispersée
18:08dans la capitale.
18:11Un an plus tard,
18:12nous retrouvons Elia.
18:14Les migrants ne sont plus là,
18:15mais pour cette mère
18:16de trois enfants,
18:17la galère continue.
18:18Le plus dur,
18:19je pensais,
18:20qui a été passé.
18:22Je récupérais de la clientèle
18:24que j'avais perdue,
18:25mais on se retrouve toujours
18:27dans une situation
18:28un peu complexe.
18:30Pour avoir pris la parole
18:32publiquement
18:32afin de sauver son commerce,
18:34elle affirme être aujourd'hui
18:35la cible de critiques
18:36et d'insultes.
18:37Certains la qualifient
18:38de fasciste
18:39et appellent au boycott
18:40de son établissement.
18:41Mes chers voisins,
18:42la gaieté lyrique
18:43disent à leurs clients
18:43de ne pas venir chez moi
18:44parce que je suis une facho.
18:45Ils agressent mon serveur,
18:47ma serveuse,
18:47en disant que c'est
18:48un repère à fachos,
18:49qu'on est des racistes.
18:50J'étais en terrasse
18:52l'hiver dernier
18:52avec un ami d'enfance
18:53et là,
18:54il y a un prestateur
18:54qui a organisé
18:55le fiscal Arte
18:56à la gaieté lyrique
18:56qui sort et qui dit
18:57à mon ami d'enfance
18:58« il ne faut pas rester ici,
19:00c'est des fachos,
19:01lève-toi si ça tente au verre »
19:02sans savoir que j'étais la gérante.
19:03Et là,
19:04mon ami d'enfance
19:04lui dit « tiens,
19:05je te présente ma gérante
19:06qui est mon ami d'enfance. »
19:07Et là,
19:08il était mal,
19:08il s'est assis,
19:09il a dit « je suis désolé,
19:10mais nous,
19:10on dit à tous les prestataires
19:11de ne pas venir chez vous,
19:12donc je ne comprends pas
19:13pourquoi ils surfent
19:14sur cette vague
19:15qui est totalement fausse. »
19:17Des attaques répétées
19:18qui la blessent profondément.
19:19« Bien sûr,
19:19ça fait mal
19:20parce que moi,
19:20je n'ai rien demandé de base,
19:21moi,
19:21je suis une victime en fait.
19:22Moi,
19:23ma préoccupation,
19:23c'est mes enfants,
19:24ma brasserie.
19:25Je perds ma brasserie,
19:25je me retrouve à la rue.
19:27En gros,
19:28j'aurais dû laisser ma brasserie
19:29aux migrants
19:30et là,
19:30j'aurais été vue comme quelqu'un
19:31« oh là là,
19:32quel acte courageux ! »
19:35Cette crise
19:35a également eu des conséquences
19:37sur la vie personnelle d'Elia.
19:38« Du coup,
19:39on s'est séparés
19:39avec mon dernier mari
19:41parce que la pression,
19:43on n'a pas supporté en fait.
19:44On travaille ensemble,
19:45on vit ensemble.
19:46Moi,
19:47je suis tombée en dépression
19:48donc j'étais une charge aussi
19:49donc pour lui,
19:50psychologiquement,
19:50ça n'a pas été facile.
19:52Lui,
19:52du fait qu'il soit noir aussi,
19:53il se faisait insulter.
19:54En fait,
19:54ça a été un tout. »
19:57Côté finances,
19:58la situation est catastrophique.
20:00Le restaurant est désormais
20:01au bord de la fermeture.
20:02« J'ai accumulé
20:03des grosses dettes.
20:04L'Ursaf,
20:04je fais à 55 000 euros
20:05de dettes à l'Ursaf
20:06parce qu'en fait,
20:06même si on retravaille bien,
20:07il y a tout le passif à régler.
20:09Ma brasserie
20:09ne peut pas me verser de salaire
20:10donc je travaille
20:1170 heures par semaine.
20:12Je suis au RSA
20:13depuis un mois. »
20:15Elia a déposé plainte
20:16contre la mairie de Paris.
20:17À ce stade,
20:18aucune suite n'a été donnée.
20:19Aujourd'hui,
20:20Elia est épuisée
20:21et ressent un profond
20:22sentiment d'injustice.
20:24« Moi,
20:24ça va faire 10 ans
20:25que je travaille
20:26dans cette brasserie-là.
20:27J'ai commencé ici
20:28en tant qu'extra.
20:29Après,
20:29j'ai été serveuse,
20:30je suis assez responsable
20:31et mon propriétaire,
20:35par ma responsabilité,
20:37par mon travail,
20:38m'a laissé la gérante.
20:40Il avait confiance en moi.
20:41Je ne suis pas arrivée ici
20:42comme ça en claquant des doigts.
20:43J'ai fait un crédit
20:44auquel je suis caution personnelle.
20:45Je n'ai pas papa et maman
20:46derrière qui sont là
20:47pour régler les factures
20:49à payer.
20:50Donc là,
20:51je perds mon logement
20:52parce que comment
20:53je vais payer mon loyer ?
20:54Merci la Gaîté Lirique,
20:55merci la mairie de Paris,
20:56merci la préfecture de police,
20:57merci à tous les gens
20:58qui pouvaient faire
20:58quelque chose
20:58qu'ils n'ont pas fait.
20:59Une cagnotte a été lancée
21:01pour soutenir Elia.
21:02Plus de 70 000 euros
21:03ont été récoltés
21:04grâce à la mobilisation
21:06de nombreux soutiens.
21:07Heureusement que l'année dernière,
21:08j'ai eu une cagnotte
21:09que je remercierai toujours
21:10les Français
21:11d'avoir été aussi généreux
21:11avec moi.
21:12Donc j'ai payé mes loyers à payer,
21:13j'ai payé les salaires
21:14que j'avais en retard
21:14et l'URSSAF avait fait
21:15une saisie de 30 000 euros.
21:19Mais ce montant
21:20reste insuffisant
21:20pour redresser l'établissement
21:22qui, plus que jamais,
21:23risque la fermeture
21:24dans quelques semaines.
21:25Le 30 mars,
21:27j'ai le huissier
21:28qui est venu m'apporter
21:29le fameux dossier
21:30de ma convocation
21:31au tribunal
21:32pour une mise en liquidation.
21:34Ça veut dire
21:34que je dois comparaître
21:36le 12 juin
21:38à 11h30
21:39au tribunal
21:41du commerce
21:42pour une liquidation
21:43pour une cessation
21:43d'activité immédiate.
21:45Ça veut dire
21:45la mort de ton commerce ?
21:46La mort de moi,
21:48de mon commerce,
21:48de mes enfants,
21:49la fin de tout quoi.
21:50J'attends
21:51le coup de massue
21:53qui me fera
21:54tout perdre réellement.
21:56À 40 ans,
21:57je viens retourner
21:57chez ma mère
21:57avec mes 3 enfants
21:59ruinés,
22:00faussés,
22:01dépressives.
22:02Bon,
22:03une cessation
22:03que je ne sais pas demander.
22:06Malgré tout,
22:07elle continue de se battre
22:08pour son restaurant
22:09et surtout
22:09pour ses enfants.
22:11Ils viennent à la maison ?
22:12Ouais.
22:13Bienvenue chez nous.
22:16Comment elle va, maman ?
22:17Bien.
22:19Un peu mieux
22:20depuis que les migrants
22:21sont partis.
22:22Au restaurant,
22:23tu travailles
22:23sur le gérant.
22:24il y a de l'argent
22:25pour manger,
22:27pour payer
22:28le loyer.
22:30Sans argent,
22:30on va se trouver
22:31à la rue.
22:33Et si on se retrouve
22:34à la rue,
22:36c'est fini.
22:39mes enfants,
22:39ça a été compliqué
22:40un peu pour eux.
22:41Mon fils est très sensible,
22:42donc les choses l'ont touchée.
22:44Alors,
22:44il a du mal
22:44de me voir sombrer.
22:46Aux côtés de son fils aîné,
22:47elle nous montre
22:48les nombreux commentaires
22:49virulents laissés en ligne
22:50contre son restaurant.
22:51Si j'avais envie de manger
22:52ou boire un café
22:52chez les fachos,
22:53j'irais volontiers ici.
22:54J'y rende complotiste
22:55et dépourvue de bon sens.
22:56En vrai,
22:57il y a plein de bons cafés
22:57dans le quartier
22:58avec une ambiance plus safe.
22:59Ironiquement,
23:00dans la gaieté lyrique,
23:02accueil très désagréable.
23:03J'y rentre ne sachant
23:03apparemment pas
23:04se comporter
23:05avec les clients.
23:06Voilà.
23:07C'est alors que rien de tout ça,
23:08mais en fait...
23:09Alors, t'as la ronde sur la sonde.
23:10Mais oui,
23:10mais on met des commentaires,
23:11mais haineux tout le temps.
23:13Donc,
23:13au début,
23:13j'y répondais,
23:14maintenant,
23:14je ne réponds même plus.
23:16Dans les semaines à venir,
23:18Elia saura
23:18si elle peut poursuivre
23:19son activité.
23:20D'ici là,
23:21elle espère voir
23:22revenir les clients
23:23et retrouver,
23:24enfin,
23:24une vie normale.
23:31Dans les Hauts-de-France,
23:32Calais est l'une des villes
23:33les plus concernées
23:34par la crise migratoire.
23:36Située au bord de la Manche,
23:37elle permet à des milliers
23:38de migrants
23:38de transiter
23:39entre leur pays d'origine
23:40et le Royaume-Uni
23:41dans des conditions
23:42extrêmement périlleuses.
23:43Marc De Florian,
23:45député de la circonscription,
23:46a accepté de nous montrer
23:47la réalité du terrain.
23:49Avec l'endestin,
23:50ils viennent à Calais
23:51parce que c'est l'endroit
23:51le plus près de l'Angleterre
23:52pour traverser.
23:53Alors avant,
23:53ils venaient parce que
23:55ils essayaient de traverser
23:56à partir des bateaux.
23:57Ils montaient dans les camions
23:58qui montaient dans les ferries
23:59qui traversaient la Manche.
24:01Ils essayaient aussi
24:02de passer par le tunnel.
24:03Maintenant que le port
24:04et le tunnel sont sécurisés,
24:06eh bien,
24:07on a assisté à l'émergence
24:08d'un nouveau phénomène
24:09qui est celui des small boats.
24:12Et donc,
24:13ils prennent la mer
24:14dans des pneumatiques,
24:15dans des zodiaques
24:16pour rejoindre l'Angleterre,
24:17mais cette fois
24:18par la voie maritime
24:19en bateau.
24:20Là, on arrive au quartier
24:21du pont du Leu
24:22qui est un endroit
24:23où se trouve
24:24un campement clandestin
24:25qui est lié à la tranquillité
24:26des habitants.
24:32Alors là, ici,
24:33on arrive aux abords
24:33du campement clandestin.
24:36Vous allez voir
24:37le problème d'insalubrité
24:38que ça pose
24:39qui saute aux yeux
24:39et qui a un amoncellement
24:40de déchets absolument considérable.
24:52Je pense que les clandestins
24:53dorment encore.
24:54Ils sont dans leur tente.
24:55Ils sont tous fermés,
24:56donc je pense qu'ils sont là
24:57et qu'ils dorment.
24:57Bonjour.
24:58Ça va ?
24:59Hello.
25:00Interpellés par la présence
25:01de notre caméra,
25:02deux migrants sortent
25:03de leur tente.
25:04Le député essaye
25:05d'instaurer un dialogue
25:06avec eux
25:06pour comprendre
25:07leur situation.
25:12Vous venez d'où ?
25:14D'Erythrée.
25:16Et toi ?
25:17D'Erythrée aussi.
25:19Et vous allez en Angleterre,
25:21c'est ça ?
25:22Oui.
25:24Ça fait combien de temps
25:25que vous êtes là ?
25:25Combien de jours ?
25:26Trois semaines.
25:28Pourquoi vous allez là-bas ?
25:30Moi, j'ai de la famille
25:31en Angleterre.
25:32Ah oui, où ça ?
25:33À Londres.
25:36Ok, donc tu veux rejoindre
25:37ta famille à Londres.
25:38Les deux hommes sont
25:40originaires d'Erythrée,
25:41pays du nord-est de l'Afrique,
25:43l'un des plus fermés
25:44du continent.
25:45Ils ont pris l'avion
25:46direction Malte
25:46avant de rejoindre Paris,
25:48puis Calais
25:49pour fuir la misère
25:50et le manque de liberté.
25:57Donc vous avez décollé
25:58de Malte
25:59et vous avez atterri
25:59à Paris ?
26:00Oui.
26:01Et après,
26:01vous êtes venu ici
26:02en bus ou en train ?
26:04Non, en voiture.
26:06Car.
26:06Car.
26:07Ok.
26:08Depuis trois semaines,
26:09ils sont dans l'attente
26:10d'un bateau pour rejoindre
26:11le Royaume-Uni
26:12à la recherche
26:13d'une vie meilleure.
26:14Vous attendez le bon moment
26:16ou alors qu'il fasse beau ?
26:18Oui.
26:19Une traversée dangereuse
26:20est très coûteuse.
26:22Chaque migrant
26:22doit débourser
26:23plusieurs milliers d'euros
26:24pour traverser la Manche
26:25au risque de sa vie.
26:26Car pour certains,
26:28l'immigration illégale
26:29est un business.
26:30Il existe des filières,
26:32des réseaux de passeurs
26:33qui relèvent
26:35du crime organisé
26:36qui relèvent
26:37de ce qu'on appelle
26:37le trafic illicite
26:39de migrants
26:41et ces filières
26:43sont plus que jamais
26:44actives.
26:45Ce ne sont pas
26:45les migrants
26:46qui ont imaginé cela.
26:48Ce sont des réseaux
26:49de passeurs
26:49qui se sont dit
26:51puisqu'on ne peut plus
26:52faire passer
26:54les migrants
26:55par les ports
26:55ou par le tunnel
26:56transmanche,
26:57on va,
26:58en leur faisant prendre
26:59des risques considérables
27:01pour leur vie,
27:03les inciter
27:04à traverser la Manche
27:05sur de petites embarcations.
27:08Alors,
27:08c'est particulièrement criminel
27:10d'abord parce que
27:11la traversée de la Manche
27:12est tout sauf
27:13une partie de plaisir.
27:15Je rappelle
27:16que l'année dernière,
27:17le nombre
27:18des personnes
27:19qui sont décédées
27:20en tentant de traverser
27:21la Manche
27:22s'est élevées
27:23à 78,
27:25ce qui correspond
27:26à une tragédie humaine
27:27terrible.
27:28À l'autre bout du pays,
27:30Menton,
27:30dans les Alpes-Maritimes,
27:31est la première porte
27:33d'entrée
27:33de l'immigration irrégulière
27:34en France métropolitaine
27:36avec pas moins
27:37de 15 000 interceptions
27:38par an.
27:39À la frontière
27:40avec l'Italie,
27:41nous retrouvons
27:41la députée fraîchement
27:42élu maire,
27:43Alexandra Masson.
27:44Alors ici,
27:45on est à la porte
27:46d'entrée
27:47de l'Italie
27:48vers la France.
27:49On vient d'arriver
27:50juste au poste frontière.
27:52Nous avons la direction
27:54des polices aux frontières
27:55qui est juste derrière nous
27:56et c'est là
27:57que se gère
27:58la totalité
27:59des arrivées
28:00et des sorties
28:01des migrants.
28:02Il y a encore
28:04quelques années,
28:05cette frontière
28:05était particulièrement
28:06perméable.
28:07De nombreux migrants
28:08en situation irrégulière
28:09parvenaient à passer
28:11sans difficulté.
28:12Mais un événement politique
28:13à l'échelle européenne
28:14est venu changer la donne.
28:16C'est vrai qu'après
28:17l'élection
28:18de Mme Méloni
28:19côté italien,
28:20on a vu petit à petit
28:21malgré tout
28:22une déflation
28:23de presque la moitié
28:25de passage
28:25sur l'année 2025.
28:28Donc sur le principe,
28:29c'est une bonne nouvelle.
28:31La présidente
28:32du conseil italien,
28:33Giorgia Méloni,
28:34défend une ligne
28:34plus stricte
28:35en matière d'immigration
28:36avec l'objectif
28:37de renforcer
28:38les contrôles
28:38et de limiter
28:39les arrivées.
28:40Ce qu'il faut comprendre,
28:41c'est pourquoi vous allez me dire
28:42qu'il ne resterait pas en Italie ?
28:43Pourquoi venir en France ?
28:45Parce que tout simplement,
28:46les aides sociales en Italie,
28:47entre autres,
28:48et les aides en général,
28:49sont beaucoup moins importantes
28:51que ce qu'elles ne le sont en France.
28:52Ici en France,
28:53ils sont accueillis,
28:54ils sont hébergés,
28:55ils ont des aides,
28:55ils peuvent subvenir
28:56à leurs besoins
28:57sans être obligés
28:58de retourner dans leur pays
29:00ou de faire autre chose.
29:01Donc c'est pour ça
29:02qu'il y a cette aspiration
29:03entre l'Italie
29:03et la France.
29:05Malgré une amélioration
29:06constatée ces dernières années,
29:08les forces de l'ordre
29:09restent sous pression.
29:11Chaque jour,
29:12de nombreux migrants
29:12tentent encore
29:13de franchir la frontière
29:14et tous
29:15ne peuvent être interceptés.
29:17Oui, nous-mêmes,
29:17on en voit régulièrement
29:19juste là derrière,
29:20au poste frontière,
29:21sur le pont,
29:22le matin,
29:22le soir,
29:23il arrive de voir des passages,
29:24on en voit en bord de mer.
29:26C'est 90% des hommes,
29:29généralement jeunes,
29:30c'est-à-dire en dessous de 30 ans,
29:32et généralement
29:32d'Afrique subsaharienne.
29:34Parmi les 15 000 interceptions
29:35enregistrées,
29:37environ 10%
29:37concernent des migrants
29:38se déclarant mineurs.
29:40Ils sont alors pris en charge
29:41par les services de protection
29:42de l'enfance
29:43aux frais de l'État.
29:45Un mineur isolé
29:46dans le département
29:47des Alpes-Maritimes,
29:48c'est entre 50 et 55 000 euros
29:50par an.
29:51Donc ça veut dire
29:51que quand vous avez
29:53100 mineurs isolés
29:54dans le département,
29:55ce qui est la moyenne actuelle,
29:57c'est un complexe sportif
29:58que vous ne réalisez pas,
30:00un collège,
30:01puisque ça dépend du département,
30:02que vous ne pouvez pas réaliser.
30:04Le statut de mineur non-accompagné,
30:06il est extrêmement attractif.
30:07Être reconnu comme mineur non-accompagné,
30:09c'est être pris en charge intégralement
30:11par l'aide sociale à l'enfance.
30:13Ça veut dire le logement,
30:15la nourriture, la formation,
30:16c'est une sorte de prise en charge familiale
30:18plus plus.
30:19C'est aussi une voie d'accès
30:21privilégiée à la nationalité française,
30:23parce que quand vous êtes
30:24un mineur non-accompagné
30:25qui a été pris en charge
30:26pendant trois ans
30:27par l'aide sociale à l'enfance,
30:28vous avez le droit,
30:30de plein droit,
30:30à la nationalité française.
30:31Il vous suffit de la demander.
30:33Une fois sur le sol français,
30:34certains d'entre eux sont impliqués
30:36dans des faits de délinquance
30:37et parfois même
30:38dans des affaires beaucoup plus graves.
30:40Il y a par exemple le terroriste de Nice
30:42qui a égorgé trois victimes
30:44à la basilique de Nice
30:46en octobre 2020,
30:48qui a été passé par Lampedusa,
30:50Monton et puis Nice.
30:52Accompagné de son suppléant,
30:53Gabriel Tomatis,
30:54Alexandra Masson
30:55se rend au poste frontière.
30:58Objectif, faire un point complet
30:59avec les forces de l'ordre
31:00sur les interpellations du jour.
31:02Les gardes à vue
31:03et l'activité globale.
31:05Au même moment,
31:06à quelques centaines de mètres de là,
31:07nous rencontrons Michael.
31:09Ce Sénégalais de 29 ans,
31:11père de trois enfants,
31:12est arrivé en Italie il y a six mois
31:14et s'apprête à tenter
31:15de passer en France
31:16dans quelques heures.
31:17Nous sommes servés ici
31:18seulement pour gagner la vie,
31:20pour aider ta famille.
31:21Pour arriver jusqu'en Europe,
31:23il a traversé plusieurs pays
31:25avant d'embarquer
31:26sur un bateau clandestin
31:27en direction de Lampedusa.
31:29une traversée longue,
31:30dangereuse et coûteuse.
31:32Tu es le bâton,
31:33tu traverses,
31:34tu es allé à Mali,
31:35tu es rentré de Mali,
31:36tu es allé de Burkina Faso,
31:38après Burkina Faso,
31:39tu es rentré de Libye.
31:40Avant de rentrer de l'Europe,
31:41minimum,
31:42tu payes 1500 euros,
31:431700 euros
31:44pour rentrer ici.
31:46Michael explique
31:47être venu chercher du travail,
31:49dans l'espoir
31:50d'envoyer de l'argent
31:50à sa famille
31:51restée en Afrique.
31:52Mais la réalité
31:53est bien différente
31:54de ce qu'il imaginait.
31:55En Italie,
31:57il enchaîne péniblement
31:58les petits boulots
31:58non déclarés,
32:00avec un coût de la vie élevé
32:01qui rend son quotidien difficile.
32:03Ici,
32:04tu as gagné 1200 euros,
32:05tu fais location
32:06de minimum 350 euros
32:09avec l'autre personne,
32:10tu amènes de Sénégal
32:11minimum 500 euros.
32:12Aujourd'hui,
32:13Michael va donc franchir
32:14la frontière française
32:15en sachant que l'opération
32:16sera risquée.
32:17Ce n'est pas facile
32:18pour rentrer de France
32:19parce que la France,
32:20tu demandes le césure,
32:21tu demandes le passeport
32:23quand tu viens ici,
32:25ce n'est pas facile.
32:26Désormais,
32:26il envisage sérieusement
32:27de rentrer au Sénégal
32:28dans quelques mois.
32:30Là-bas,
32:30ses conditions de vie
32:31lui paraissaient finalement meilleures.
32:33Peut-être un jour viendra
32:34qu'il s'enchaîne la vie
32:35sur l'Afrique
32:36parce qu'en Europe,
32:37il n'y a rien.
32:37Il y a africains
32:38qui passent comme ça.
32:39Au contraire,
32:39il n'est pas comme ça
32:40parce qu'il y en a
32:41beaucoup de personnes
32:42comme nous de l'Afrique
32:43qui travaillent là
32:44qui gagnent de plus que de nous.
32:45De retour au poste frontière,
32:47Alexandra Masson
32:48et Gabriel Tomatis
32:49terminent leur échange
32:51avec les forces de l'ordre.
32:52Le bilan du jour
32:53est plutôt positif.
32:55Alors comme on le pensait,
32:56effectivement,
32:57aujourd'hui,
32:57il y a quand même une baisse
32:58par rapport à ce qu'on a connu
32:59dans les années 2022-2024.
33:01Il y a eu quand même
33:02des arrestations ?
33:03Oui,
33:03il y en a eu
33:04effectivement dans la nuit.
33:06Là où il y en avait 40
33:06pour faire très simple
33:07il y a deux ans,
33:09sur une demi-journée,
33:10aujourd'hui,
33:11on est plutôt
33:12autour de 15-20.
33:15Mais la pression migratoire
33:17reste constante.
33:17Chaque jour,
33:19plusieurs dizaines de migrants
33:20sont placés en garde à vue.
33:22Au-delà des chiffres,
33:23Alexandra Masson
33:24alerte également
33:24sur les conditions de vie
33:25de ces migrants.
33:26Des parcours marqués,
33:27selon elle,
33:28par un manque de dignité
33:29et parfois
33:30par des situations
33:31de maltraitance
33:32tout au long de leur trajet.
33:33Il y en a des fois
33:34dans les coffres des voitures,
33:35il y a un point de passage
33:36au péage de la Turbie.
33:37S'il y en a dans les coffres
33:38de voitures,
33:39ça veut dire qu'il y a des gens
33:39qui se sont fait payer
33:41pour les prendre avec eux.
33:43Donc ce qu'on contrôle aussi ici,
33:44c'est le trafic des passeurs.
33:46Mais bien sûr que c'est un business.
33:47Il y en a qui prennent
33:48jusqu'à 150, 200 euros le passage.
33:50Il y a deux kilomètres.
33:52Alors deux kilomètres,
33:53200 euros,
33:53c'est assez rentable
33:54comme business.
33:55C'est inhumain.
33:56Je le dis franchement,
33:57ce qu'on fait subir aux migrants,
33:58c'est atroce.
34:00Chez les femmes,
34:01c'est des viols à répétition,
34:02c'est des agressions sexuelles
34:03sur tout le trajet de migration.
34:06Chez les hommes,
34:06ce sont des fois
34:07des agressions sexuelles aussi.
34:09C'est du vol,
34:10c'est de la violence.
34:12Donc oui,
34:12le trajet des migrants,
34:14c'est quelque chose d'atroce.
34:15Il faut le dire.
34:15On est toujours en train de dire
34:16qu'il faut protéger les migrants.
34:17Oui, bien sûr.
34:17Mais la première protection
34:18qu'on peut leur apporter,
34:19c'est que les demandes de papier
34:21pour les pays européens
34:22se fassent des ambassades
34:24et des consulats de départ.
34:25C'est le B.A.B.
34:27de retrouver un parcours digne
34:29pour les gens
34:30qui veulent venir
34:31dans les pays européens.
34:35Entre aspirations humanitaires
34:37et contraintes concrètes,
34:38la question de l'immigration irrégulière
34:40est particulièrement complexe.
34:41Elle l'est d'autant plus
34:43que l'exécution des obligations
34:44de quitter le territoire français,
34:46les OQTF,
34:47se heurte à de nombreux obstacles,
34:49notamment diplomatiques,
34:50dans un contexte de relations
34:51parfois tendues
34:52avec certains pays d'origine,
34:53comme l'Algérie.
34:54L'année dernière,
34:55environ 140 000 OQTF
34:56ont été délivrés.
34:57Mais dans l'immense majorité des cas,
35:00les personnes visées par une OQTF
35:01ne quittent pas la France
35:02de leur propre chef.
35:03Mais d'où sont-ils originaires ?
35:05Nous vous dévoilons
35:06les 10 principales nationalités
35:07des personnes
35:08qui ont reçu une OQTF en 2025.
35:10On y retrouve
35:11les ressortissants congolais,
35:12guinéens,
35:13afghans,
35:14géorgiens,
35:15ivoiriens,
35:16turcs,
35:17bangladés,
35:18à la troisième place,
35:19les marocains,
35:20puis les tunisiens.
35:21Enfin,
35:21le pays le plus représenté
35:23parmi les personnes
35:24sous OQTF en 2025
35:25est l'Algérie.
35:26Dans l'immense majorité des cas,
35:28les personnes visées
35:29par une OQTF
35:30ne quittent pas la France
35:31de leur propre chef.
35:32On sait que ce retour volontaire
35:34ne marche pas
35:34parce que les étrangers
35:36qui sont venus
35:37de façon peut-être clandestine,
35:39qui ont payé un passeur,
35:41qui ont un travail illégal,
35:43etc.,
35:44n'ont pas la volonté
35:45de quitter le territoire
35:47de manière volontaire.
35:49Conséquence,
35:5090% des OQTF en France
35:52ne sont pas exécutés.
35:53Un véritable échec
35:54reconnu par les autorités.
35:56Je pense que si nous arrivions
35:57au moins à 50%
35:59d'exécution des OQTF,
36:00nous aurions
36:01une certaine crédibilité.
36:03C'est plus facile
36:04d'échapper à une OQTF
36:05que de l'exécuter.
36:08Chaque OQTF coûte
36:0913 794 euros à la France,
36:12soit plusieurs centaines
36:13de millions d'euros par an.
36:14Un coût important pour l'État
36:15qui prend en charge
36:16l'intégralité des frais,
36:17de l'interpellation
36:19au billet d'avion,
36:20en passant par le placement
36:21en CRA,
36:22le centre de rétention
36:23administrative.
36:27Nous avons eu accès
36:28à l'un de ces centres.
36:29Le local de rétention
36:30administrative de Nanterre
36:32accueille jusqu'à 12 personnes
36:33en situation irrégulière,
36:35qui constitue une menace
36:36pour l'ordre public
36:37avant d'être renvoyés
36:38vers leur pays d'origine.
36:39La plupart d'entre eux
36:40sortent directement de prison.
36:42Ici, c'est la zone de rétention,
36:45c'est la zone de vie
36:46des retenues.
36:46Ils ont une télé.
36:49Ici, au l'air alimentaire,
36:50il y a trois chambres
36:51de quatre couchages,
36:52donc capacité des douze retenues.
36:54Trois douches,
36:55trois toilettes.
36:57Ils ont également
36:57deux cabines téléphoniques.
37:00Ici, la cour extérieure,
37:04où ils peuvent fumer
37:06des cigarettes.
37:07Ces personnes sous OQTF
37:09séjournent ici
37:10pendant maximum six jours
37:11avant leur expulsion.
37:13Un délai utilisé
37:14pour identifier
37:15la nationalité des étrangers
37:16ou obtenir le fameux
37:18laissé-passer consulaire
37:19de la part de leur pays d'origine.
37:21Si entre 40 et 60%
37:22de ces étrangers
37:23seront expulsés,
37:24une importante partie
37:25finira par rester en France,
37:27principalement en raison
37:28de failles administratives.
37:31Pendant notre tournage,
37:32un homme séjournant
37:33dans ce local nous interpelle.
37:35Voilà, c'est fini.
37:36Vous avez dit quoi ?
37:37C'est un Algérien
37:40de 33 ans
37:40qui sort tout juste
37:41de prison.
37:42Il a été condamné
37:43pour des faits
37:44d'agression sexuelle
37:44et de vols aggravés.
37:47T'as fait quoi
37:48si c'est pas...
37:49Comme monstre ?
37:49Comme monge.
37:50Comme Moyen-Live ?
37:51Ouais, ça, ça, ça.
37:51C'est la première fois
37:52que t'as une OQTF ?
37:53Non, non, non.
37:55J'en ai déjà,
37:55je te demande pas.
37:56L'homme demande aujourd'hui
37:58l'asile politique en Belgique,
37:59mais les autorités françaises
38:01tentent de le renvoyer
38:02en Algérie.
38:03Moi, je suis asile politique
38:04en Belgique.
38:04ils veulent pas m'envoyer
38:06en Belgique.
38:06Il semble maîtriser
38:07à la perfection
38:08le système d'immigration
38:09vers l'Europe
38:09grâce à l'asile politique
38:11et se vante même
38:12d'être entré
38:12sans aucune difficulté
38:13dans plusieurs pays.
38:15Moi, je suis rentré
38:16en Allemagne,
38:17en Espagne,
38:18en Belgique,
38:19en Suisse,
38:20à la Hollande, ici.
38:21Moi, j'ai pas visé asile politique
38:23ici parce que je sais très bien
38:24qu'ils donnent pas ça.
38:25Avant, ils donnaient ça,
38:26mais maintenant,
38:26ils donnent pas ça
38:27à la France.
38:27D'accord.
38:28C'est pour ça,
38:28je les fais en Belgique.
38:29Pour revenir ici, en fait.
38:30Ben oui,
38:31pour que mon ami,
38:31papy, en Belgique,
38:32ils reviennent
38:33en France.
38:33Je te vois pas,
38:34moi, j'aime bien Paris.
38:35Et je connais toute
38:36Spanamo.
38:38L'asile est devenu
38:39une filière
38:40d'immigration irrégulière.
38:42Bien sûr que la France
38:44doit offrir l'asile
38:46pour les personnes
38:47qui sont persécutées
38:48en faveur de leur combat
38:49pour la liberté,
38:50bien sûr.
38:50Mais on s'aperçoit
38:52que depuis quelques années,
38:53on a détourné le sens
38:54de l'asile
38:54pour en faire une filière
38:55réelle d'immigration irrégulière.
38:57L'an dernier,
38:59157 000 demandeurs d'asile
39:01sont arrivés dans notre pays.
39:02Bien qu'ils souhaitent vivre ici,
39:04le retenu algérien
39:05se montre très critique
39:06envers la France.
39:08La France, elle est morte,
39:09c'est bon.
39:10C'est pas la France
39:10que je connais moi
39:12en 2014, 2015, 2006.
39:14Ils n'avaient pas les temps.
39:15Par ailleurs,
39:16il se plaint des conditions de vie
39:17dans ce local
39:18de rétention administrative
39:19qu'il décrit
39:20comme bien pire que la prison.
39:22Ici, j'ai beaucoup stressé,
39:23plus stressé que la prison.
39:25Je te jure.
39:26Je mange bien.
39:27J'achète tout.
39:27J'achète des pâtes,
39:28j'achète de la viande,
39:30j'ai placard,
39:31je compte à cuisiner,
39:33tout.
39:34J'ai bien.
39:34Ici, je fais du sport le matin,
39:36je n'ai pas pour récupérer mon frère.
39:38Il faut dire qu'en CRA,
39:39les retenues ne sont pas
39:40considérées comme des prisonniers.
39:42Pas de cellules individuelles,
39:44pas d'enfermement,
39:45un environnement accidentogène.
39:47Les centres de rétention
39:48sont explosifs.
39:49Il y a déjà des communautés
39:51qui se créent
39:51entre les pays de l'Est
39:52et les pays d'Afrique.
39:53qu'il y a des rixes,
39:55il y a des violences quotidiennes,
39:57des incidents envers le personnel médical.
40:00Moi, dans les CRA,
40:01qui étaient dans mes départements,
40:03ils arrachaient les fenêtres,
40:05le bord des fenêtres,
40:06le cadre en aluminium
40:07pour se faire des couteaux
40:09qu'ils aiguisaient
40:10sur les murs ou contre les sols.
40:12C'était pour se battre entre eux.
40:14Des tentatives de suicide,
40:16il y a beaucoup d'étrangers
40:18qui se mutilent
40:19et qui cherchent à aller à l'hôpital.
40:21En pensant qu'à l'hôpital,
40:22on pourra s'échapper,
40:24s'enfuir tous les jours.
40:27Quel que soit le centre de rétention,
40:29vous avez un incident
40:30avec une personne
40:31ou un groupe de personnes,
40:33notamment dans certaines phases.
40:34Je pense en particulier
40:36à la phase du Ramadan.
40:37En fin de soirée,
40:38il y a des incidents
40:39parce qu'il y a une grande nervosité,
40:42les retenues sont fatiguées.
40:44En France,
40:45il n'existe que 2000 places en CRA
40:47pour 140 000 OQTF.
40:49Un manque de places
40:50qui constitue l'un des principaux obstacles
40:52à leur exécution.
40:54Le gouvernement souhaite construire
40:55prochainement 10 nouveaux centres
40:56pour au total
40:571000 places supplémentaires.
40:59Pour comprendre les enjeux migratoires
41:01auxquels la France est confrontée aujourd'hui,
41:03il faut remonter le fil de l'histoire.
41:06Depuis la deuxième moitié du 19e siècle,
41:09la France est un pays d'immigration,
41:10bien avant la mise en place
41:11de l'espace Schengen,
41:12le pays a bénéficié
41:14de plusieurs vagues migratoires,
41:15dont les plus importantes
41:16après la Première
41:17et la Deuxième Guerre mondiale.
41:19Nous avons,
41:21si ma mémoire est fidèle,
41:2235 ou 36 nationalités.
41:24En principe,
41:25ils restent deux ans.
41:2718 mois,
41:27quelquefois deux ans.
41:28Et puis ils repartent chez eux.
41:29Nous avons constitué
41:30un petit pécule.
41:31Il faut bien voir qu'à l'époque,
41:33ces vagues d'immigration,
41:33elles étaient liées
41:34à notre situation démographique.
41:37Les clashes d'âge jeunes
41:38avaient été fauchées
41:39par la Première Guerre mondiale.
41:41La France avait besoin
41:42de reconstituer son potentiel
41:44de main-d'œuvre.
41:45Et ça a expliqué,
41:47à partir des années 1920,
41:50l'immigration notamment des Polonais,
41:53des Italiens, des Belges,
41:54enfin, etc.
41:56Et puis après la Deuxième Guerre mondiale,
41:58le pays avait besoin
41:58d'être reconstruit.
42:00Et on a eu une vague
42:01d'immigration significative.
42:03Je suis venu ici pour étudier,
42:06le savoir, le travail et tout ça.
42:08C'est pour cela
42:09que je suis venu en France.
42:11C'est pas question de l'argent
42:12que je suis venu en France.
42:13Mais même durant ces périodes,
42:15ces vagues migratoires désirées
42:17en France
42:17étaient moins importantes
42:18qu'aujourd'hui.
42:19En 2024,
42:21c'est plus de 330 000 titres
42:23de séjour attribués
42:25à des ressortissants
42:26de pays tiers.
42:27Entre 1960 et 1966,
42:31donc au moment
42:32où la vague migratoire
42:34qui suit la Deuxième Guerre mondiale
42:36est à son apogée,
42:38la France délivre en moyenne
42:40180 000 titres de séjour par an,
42:42dont la moitié
42:43à des ressortissants
42:45de l'Union européenne.
42:46Selon certains observateurs,
42:47l'une des causes
42:48de la mauvaise intégration
42:49de plusieurs groupes
42:50d'immigrés en France
42:51est la politique de l'habitat
42:52menée par le pays
42:53au début des années 70.
42:56Après coup,
42:56on se rend compte
42:57que ça a été horrible.
42:58Dans des villes,
42:59on disait là,
43:00c'est la tour des Maliens.
43:02Là, ça va être la tour
43:05des gens venant du Maghreb.
43:08Là, ça va être la tour
43:09que sais-je.
43:10Il y a parfois eu
43:11des affectations
43:12de logements
43:13avec ces critères-là.
43:15Ça ne peut pas fonctionner.
43:17Parce que bien évidemment,
43:18il y a la question
43:19de la proportion.
43:20quand, dans un quartier,
43:22on va réunir au même lieu
43:25comme une assignation
43:26à résidence
43:26des personnes venant
43:28d'une autre culture,
43:29évidemment,
43:30à un moment donné,
43:30ça peut poser question
43:31sur notre capacité
43:32après à aller vers
43:33des semaines d'intégration.
43:34Mais le fait
43:35qu'il y ait une telle politique
43:36de l'habitat
43:38peut créer en effet
43:39des formes
43:40de communautarisation.
43:43C'est la réalité
43:44de le dire.
43:46Alors que les flux migratoires
43:47atteignent des niveaux records,
43:49la France poursuit paradoxalement
43:50une politique d'accueil.
43:51Sur des canaux d'immigration,
43:53on choisit proactivement
43:54d'augmenter les flux.
43:55L'archétype de ça,
43:56c'est vraiment
43:57l'immigration étudiante.
43:58Le nombre de nouveaux titres
43:59de séjour
44:00pour motifs étudiants
44:01qu'on accorde chaque année
44:02a augmenté de 70% en 10 ans.
44:04Et ça, ça vient vraiment
44:05d'un objectif politique
44:06qui a été fixé
44:07à la fin des années 2010.
44:09Il s'agissait d'avoir
44:09à tout prix
44:10500 000 étudiants étrangers
44:11en France en 2027.
44:12Et donc, on a augmenté
44:14fortement ce canal.
44:15Le coût net
44:15de l'immigration étudiante
44:17célébré à 1 milliard d'euros par an.
44:19Mais dans un contexte
44:20où la dette publique française
44:21est au plus bas,
44:22le pays a-t-il encore
44:23les moyens de financer
44:24cette politique migratoire,
44:25qu'elle soit choisie ou subie ?
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