00:00Le Petit Matin Sud Radio, 5h07, Benjamin Glaze.
00:066h40, Sud Radio, la vie en vrai, la hausse des prix des carburants, ce n'est pas la seule conséquence
00:10en France de la guerre au Moyen-Orient,
00:12puisqu'à cela s'ajoute pour les agriculteurs l'augmentation du prix des engrais.
00:17Et pour cause, 30% du commerce mondial des engrais passe par le détroit d'Hormuz, aujourd'hui bloqué.
00:22Bonjour Jean-François Lamassé.
00:24Bonjour Benjamin Glaze, et merci pour votre invitation.
00:27Merci à vous d'être parmi nous ce matin sur Sud Radio Céréalier, à Sabonner, en Haute-Garonne, à Hamo,
00:35avant de parler des engrais.
00:36On vous avait eu il y a quelques petites semaines pour parler des inondations,
00:40puisqu'une partie de votre exploitation avait été inondée, était sous l'eau.
00:44Vous en êtes où aujourd'hui Jean-François Lamassé ?
00:48Les gens sont courts, on peut dire.
00:51Ça s'est drainé un peu.
00:53Il y a encore des zones où c'est mouillé.
00:58La semaine dernière, la semaine avant, on avait pendu des engrais.
01:02Bon, c'est passé, mais il y a des endroits où c'est passé, et les endroits où c'est
01:07pas passé.
01:07Donc, on ne plante pas le diable.
01:09Donc, si vous voulez planter un tracteur au milieu d'un champ, ça sert à rien.
01:13Donc, voilà.
01:15Il y en a même une partie, moi j'ai un voisin qui en a fait une partie.
01:19Bon, c'est pas bien grand, mais il en a fait une partie à la main.
01:22Donc, voilà, et bien oui.
01:23Il faut encore s'en donner de patience.
01:26Et avec les engrais, je disais, qui augmentent,
01:31certains agriculteurs ont eu la chance d'avoir fait des stocks auparavant.
01:34C'était votre cas ou pas ?
01:36Oui, moi c'est mon cas, moi c'est mon cas.
01:38Je vais vous dire, aujourd'hui, les céréaliers, on est sur le qui-vive toute l'année.
01:43Donc, quand on arrive après les moissons, on essaye de finir, quand on peut,
01:49on essaye de suivre les engrais.
01:51Et quand ça convient à peu près à ce que vous voulez payer,
01:55par rapport à votre coût de revient,
01:57vous essayez, parce que c'est un peu la bourse,
02:00ça monte, ça descend, c'est compliqué.
02:02Bon, mais quand vous arrivez à peu près dans les clous,
02:05il faut penser à se couvrir, quoi.
02:06Donc, en prendre le...
02:09Enfin, à peu près ce qu'il vous faut.
02:11Moi, il m'en reste un petit peu à acheter pour le tournesol,
02:15mais il n'y a pas grand-chose.
02:17Donc, voilà, quoi.
02:18Donc, vous allez attendre pour le tournesol, pour acheter vos engrais ?
02:21Oui, oui, pour le tournesol, mais ce n'est pas beaucoup.
02:25Mais moi, le plus gros est rentré.
02:26Moi, pour le blé, pour les orges, pour le reste,
02:29tout est rentré depuis le mois de novembre.
02:31Tant mieux, tant mieux, parce que j'imagine que vous l'avez payé
02:33beaucoup moins cher à cette époque-là, votre engrais,
02:36que les agriculteurs qui doivent l'acheter aujourd'hui.
02:39Ce que j'ai payé 350 euros, ça me vaut 700.
02:42Même 720.
02:43Quasi le double.
02:44Voilà.
02:45Donc, il faut savoir une chose.
02:46En une semaine, ça a pris à peu près
02:50entre 100 et 120 euros.
02:52Voilà.
02:53C'est-à-dire que si vous voulez,
02:55sur de l'urée qui était entre 560 et 580,
03:00vaut aujourd'hui 720.
03:01C'est fou, une augmentation brutale
03:04et en seulement quelques jours,
03:06tout ça à cause de la guerre au Moyen-Orient ?
03:08Oui, tout ça à cause de la guerre au Moyen-Orient.
03:11Il y a quand même des spéculateurs au milieu.
03:13Une chose qu'il faut savoir, c'est que pour déplacer
03:16un support tanker qui fait 72 000 tonnes,
03:20avant, les assurances comme l'Aloïd prenaient 20 euros tonne.
03:23Aujourd'hui, ils en prennent entre 100 et 110.
03:25Donc, ça joue aussi forcément sur ces prix des engrais.
03:28Donc, voilà.
03:29Est-ce que ça ne doit pas nous interroger aussi
03:31sur la provenance des engrais ?
03:32Parce qu'on se rend compte, peut-être,
03:33pour ceux qui ne connaissent pas,
03:34qu'une grosse partie des engrais,
03:36ils ne sont pas faits en France,
03:37ils sont faits à l'étranger.
03:39Mais bien sûr.
03:40On a en France un lobby écologiste
03:42qui ne veut plus rien.
03:44Il n'y a plus d'usine.
03:45Mais vous le voyez bien.
03:47Sans parler des engrais,
03:48on manque d'œufs.
03:50Parce qu'aujourd'hui,
03:50quand un jeune veut monter un poulailler,
03:52on se donne le papier et on dit oui, oui, oui.
03:55Au moment de le faire, c'est non, non, non.
03:57Est-ce que pour vous, c'est à cause des écolos,
03:59Jean-François Lamassé,
04:01qu'aujourd'hui, on ne produit plus d'engrais en France ?
04:04Pour une grosse partie, oui.
04:06Pour une grosse partie, oui.
04:07Parce que, je veux vous dire,
04:11on avait AZF à Toulouse.
04:13Bon, il ne s'est pas si ce qui s'est passé.
04:14Parce que là aussi, l'affaire n'est pas claire.
04:16Mais enfin, bon.
04:18On avait AZF à Toulouse.
04:19Et puis, il n'y a plus rien, quoi.
04:21Et puis, au fur et à mesure,
04:23on ne veut plus produire d'engrais rajoutés.
04:27en France.
04:27Mais avec cet accident, effectivement,
04:29dont on se souvient tous, AZF.
04:32Voilà.
04:32Oui, bien sûr.
04:33Bien sûr, ça joue.
04:35Je pense aussi aux agriculteurs,
04:36à vos collègues qui, pour le coup,
04:38n'ont pas pu acheter,
04:39n'ont pas acheté à temps, finalement,
04:41leurs engrais,
04:42et qui, là, vont devoir payer le prix fort.
04:43Ça va avoir des conséquences.
04:45Non.
04:45Oui, mais bien sûr.
04:46Parce que le prix fort,
04:47je pense qu'ils ne vont pas le payer.
04:48Pour la simple et bonne raison,
04:50c'est qu'ils vont changer le rassolomand.
04:52C'est-à-dire qu'au lieu de faire du maïs,
04:54ils vont faire du rassolomand.
04:55Par exemple.
04:57Mais, bon, c'est une solution.
05:01Mais derrière, il faut savoir qu'il y a des marchés.
05:03Donc, à un moment donné,
05:04il risque de manquer du produit
05:06et de certaines productions.
05:08Et s'il en manque,
05:09ça va être au moins cher.
05:11Et puis, il y a une chose qu'il faut savoir.
05:12Moi, cette année, je me suis couvert.
05:14Mais l'année prochaine,
05:15si le prix reste pareil,
05:16moi, je vous dis sincèrement,
05:18je ne produis pas.
05:19Je ne produis pas parce qu'on va avoir
05:23un coût de production plus cher
05:24que le prix de vente.
05:28Les céréales étaient légèrement remontées
05:30depuis trois jours.
05:32Et hier, tout est à la baisse.
05:33Tout a perdu hier.
05:35Effectivement, ça va avoir des conséquences
05:36directement pour vous.
05:38Et puis, vous le disiez aussi,
05:39pour les consommateurs.
05:40Et même pour vous.
05:40Pour les consommateurs,
05:41avec la hausse des prix.
05:42Pour les consommateurs.
05:43Oui, bien sûr.
05:44Ce n'est pas compliqué.
05:46Dès qu'il manque un produit,
05:47ça coûte très cher.
05:49Alors, vous savez,
05:50on a eu, bon,
05:50là, je peux comprendre
05:51par rapport aux engrais,
05:52mais on a eu le Covid.
05:55C'est à cause du Covid.
05:56C'est à cause de la Chine.
05:57Après, on a eu à cause de l'Ukraine.
05:58Maintenant, on a à cause
06:00du Moyen-Orient.
06:01À un moment donné,
06:02il va falloir arrêter
06:03de nous prendre
06:03pour des vaches salées.
06:05Et puis, à un moment donné,
06:06il va falloir se poser
06:07les bonnes questions.
06:08Est-ce qu'on veut continuer
06:09à produire en France ?
06:10Oui ou non ?
06:11Merci beaucoup,
06:12Jean-François Lamassé,
06:13d'avoir été avec nous ce matin
06:14sur Sud Radio.
06:15Je rappelle,
06:15vous êtes céréalier
06:16à Sabonner en Haute-Garonne.
06:17Merci et bonne journée à vous.
06:19Bon courage pour la suite.
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