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Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français de 2005 à 2007, ancien ministre des Affaires étrangères et diplomate, réagit sur BFMTV aux tensions internationales et à la stratégie des États-Unis au Moyen-Orient. Dans cet échange, il critique la politique de Donald Trump, alerte sur les risques d’escalade militaire, la déstabilisation du Moyen-Orient et la remise en cause du droit international.
Villepin évoque aussi la responsabilité de l’Europe, le rôle d’Emmanuel Macron et la situation à Gaza, au Liban et en Iran. L’ancien chef du gouvernement appelle à une réponse politique forte, à une coalition d’États démocratiques et à la défense du multilatéralisme face aux nouvelles tensions géopolitiques mondiales.

#politique #macron #trump #iran #villepin

Vidéo complète disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=rILcxSsobAg
Pour s’abonner : https://www.youtube.com/@BFMTV
Musique: https://youtu.be/RNsyw2tfPnk
Montage: lakl42

Réponses au quiz de fin :
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Selon Dominique de Villepin, qui doit réagir face à la situation internationale actuelle ?
➡ L’Europe.

Selon Dominique de Villepin, quelle guerre passée est citée comme référence pour la position française en 2003 ?
➡ La guerre d’Irak.

Selon Dominique de Villepin, quel concept décrit selon lui le monde si le droit international disparaît ?
➡ Une jungle.

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Transcription
00:00Qu'est-ce que c'est dire non aujourd'hui à Donald Trump en 2026 ?
00:04Dire non, c'est dire non.
00:07Un, nous n'accepterons en aucun cas de participer à cette guerre.
00:11Nous la condamnons dans toutes les instances internationales
00:14et nous en tirons les conséquences.
00:16Nous sanctionnons.
00:17Nous sanctionnons Israël pour être en train aujourd'hui
00:22d'enclencher une situation humanitaire tragique au Moyen-Orient.
00:26Nous pouvons prendre des mesures.
00:27Vous savez, on dit toujours, nous sommes dépendants.
00:29Oui, nous sommes dépendants pour les moyens de paiement.
00:31Nous sommes dépendants pour la guerre numérique.
00:34Mais les Américains sont très dépendants de nous aussi.
00:36Ne sous-estimons pas nos capacités.
00:45Donald Trump n'est pas un homme de raison.
00:48C'est un homme d'impulsion.
00:49Vous pensez vraiment ? J'essaie de m'en détacher.
00:51C'est un homme d'impulsion.
00:54Et il a flairé la bonne opportunité.
00:56Comme dans le bureau Oval, il flair la bonne télévision.
00:59Et c'est ça qui lui a plu.
01:01Il s'est dit, là, il y a un coup à faire.
01:02On a un renseignement.
01:03Vous savez, c'est une guerre qui est fondée sur un bon tuyau.
01:07Il y avait une très célèbre émission de télévision.
01:10Hutchie, les bons tuyaux.
01:11Huggy les bons tuyaux, Starsky et Hutch.
01:13Exactement.
01:13Là, il a reçu un bon tuyau en même temps que les Israéliens.
01:16Et les Israéliens, d'ailleurs, très habilement, ont su la pâté.
01:20Et à partir de là, il s'est dit, tiens, c'est une occasion formidable.
01:22On va liquider l'Ayatollah Khamenei.
01:26Mais le problème, c'est qu'on peut liquider l'Ayatollah Khamenei.
01:29On peut liquider son successeur.
01:30Et celui qui viendra après, ça ne fait pas tomber le régime.
01:32Ce régime, il tient par encascade une série de structures,
01:36dont les gardiens de la Révolution, dont les Basidji,
01:39qui sont autrement plus nombreux que les quelques-uns qu'il a tués dans son bunker.
01:43Ils étaient convaincus que décapiter le régime, c'était faire tomber le régime.
01:49Mais on devrait punir des chefs d'État pour bêtise ou pour ignorance.
01:56Et là, croyez-moi, il y aurait de la sanction à prendre.
02:00Il n'y a vraiment pas d'adulte dans la pièce, dans la Maison-Blanche ?
02:02Vous avez écouté Peter Exet ?
02:04Oui, je ne pensais pas à lui en termes d'adulte.
02:06Oui, mais alors vous pensez à qui ?
02:08Citez-moi en un.
02:11Et ce qu'il faut savoir, c'est, et c'est en ça que l'Europe doit réagir,
02:16c'est que ça ne s'arrête pas là.
02:17Ils vont ouvrir un front sur Cuba si on ne les arrête pas.
02:21Et c'est là où l'Europe, l'Europe, à chaque fois n'a pas réagi.
02:26Et ce sont autant d'occasions perdues.
02:28On n'a pas réagi sur la guerre tarifaire.
02:30On n'a pas réagi sur la guerre numérique.
02:33On n'a pas réagi quand Thierry Breton et quelques autres ont été sanctionnés.
02:37On l'a fait sur le Groenland.
02:38On l'a fait en déployant quelques individus.
02:41Et on s'est rendu compte que les symboles pesaient aussi sur les Etats-Unis.
02:45Et donc, on n'est pas à la hauteur.
02:47Vous êtes l'homme qui a dit non, vous l'avez rappelé tout à l'heure.
02:50Qu'est-ce que c'est dire non aujourd'hui à Donald Trump en 2026 ?
02:54Dire non, c'est dire non.
02:57Un, nous n'accepterons en aucun cas de participer à cette guerre.
03:01Nous la condamnons dans toutes les instances internationales.
03:05Et nous en tirons les conséquences.
03:06Nous sanctionnons.
03:07Nous sanctionnons Israël pour être en train aujourd'hui d'enclencher une situation humanitaire tragique au Moyen-Orient.
03:16Nous pouvons prendre des mesures.
03:18Vous savez, on dit toujours, nous sommes dépendants.
03:20Oui, nous sommes dépendants pour les moyens de paiement.
03:22Nous sommes dépendants pour la guerre numérique.
03:24Mais les Américains sont très dépendants de nous aussi.
03:26Ne sous-estimons pas nos capacités.
03:29Mais est-ce que justement c'est là ?
03:30Je crois que le simple fait d'avoir un conseil exceptionnel des Européens réunis avec un discours martial disant aux
03:38Etats-Unis et disant à Donald Trump,
03:40Monsieur le Président des Etats-Unis, vous faites n'importe quoi.
03:43Aujourd'hui, vous nourrissez la guerre dans le monde.
03:46Aujourd'hui, vous déstabilisez l'Europe.
03:49Vous déstabilisez les régions du monde.
03:51Et nous ne vous accompagnerons plus dans cette aventure.
03:55et qu'on en tire les conclusions, qu'on arrête d'acheter des F-35, qu'on arrête d'imaginer
04:00que les Etats-Unis seront là pour nous aider en Ukraine.
04:01Mais tous les Européens ne sont pas sur la position que vous dénoncez là.
04:05Mais c'est bien pour ça que je dis qu'on a besoin de la France.
04:07Je sais tout ça.
04:09Mais en 2003, ils n'étaient pas non plus dans leur immense majorité, les Européens, sur notre ligne.
04:14Mais les peuples du monde entier étaient avec nous.
04:17Et c'est en ça qu'il faut être capable de renforcer la légitimité de notre parole.
04:22Et comme la catastrophe va se dérouler, comme je suis en train de vous le dire,
04:29eh bien au bout du compte, les Européens, peut-être, ont une chance d'ouvrir les yeux
04:32et de cesser de se rendre dans le bureau ovale en priant Donald Trump de bien vouloir leur concéder ceci
04:39ou cela.
04:40Donc dire clairement aux Etats-Unis que leur guerre est illégale, qu'elle est illégitime, qu'elle est inefficace et
04:49qu'elle est dangereuse,
04:49rien que ça, dans la bouche de M. Macron, eh bien excusez-moi, ça ferait du bien aux Français, ça
04:54ferait du bien aux Européens,
04:55ça ferait du bien à tous les peuples du monde.
04:57Et en plus, ce serait vrai.
05:00Avertir ce que nous avons fait en 2003, les Américains, de ce qu'ils sont en train de semer le
05:06désordre,
05:07de semer le malheur, partout où ils vont,
05:11eh bien je crois que c'est un avertissement salutaire qu'un ami doit se permettre devant la situation que
05:18nous connaissons.
05:19Or là, nous en disons le moins possible, nous agissons le moins possible,
05:24nous nous promenons et nous refusons de prendre nos responsabilités.
05:28Vous savez, il y a de quoi aujourd'hui construire.
05:30Vous me demandiez, que faire par rapport aux Etats-Unis ?
05:33Construisons une grande coalition des pays démocratiques
05:38qui s'opposent à la vision des Etats-Unis et la vision que défend aujourd'hui Israël.
05:43La démocratie, ce n'est pas les Etats-Unis et ce n'est pas Israël aujourd'hui.
05:48Eh bien incarnons cette démocratie, soyons l'avant-garde d'une nouvelle organisation multilatérale
05:55et je crois que nombreux sont les pays du monde qui attendent cela.
05:58Être l'ami d'un peuple, ce n'est pas l'abandonner aux faits accomplis.
06:01C'est vous qui avez écrit ça sur X.
06:03Est-ce que vous considérez qu'Emmanuel Macron et la France ont abandonné le Liban ?
06:07Je crois que la France est en train de rater le coche, de rater l'histoire.
06:14D'abord en ne regardant pas en face ce qui est en train de se passer
06:18et en ne disant pas aux Etats-Unis et à Israël la responsabilité qu'ils prennent.
06:23Deuxièmement, en ne se battant pas sur le front européen
06:25pour mobiliser l'ensemble des acteurs.
06:29Figurez-vous qu'en Europe, c'est Pedro Sanchez qui sauve l'honneur de l'Europe.
06:35Est-ce que M. Macron ne pourrait pas...
06:37Donc Pedro Sanchez qui a refusé que les avions américains décollent des bases espérieures.
06:41Mais parce que nous savons, nous savons ce qui va se passer.
06:46La catastrophe, ce n'est pas une surprise.
06:48La catastrophe, elle est écrite.
06:49C'est très lassant, vous savez, d'être dans la situation qui est la mienne.
06:52Depuis 25 ans, je répète la même chose.
06:54Certains ont voulu considérer que j'avais eu un moment warolien aux Nations Unies.
06:58Mais malheureusement, et ce n'est pas de mon fait,
07:00ce moment warolien, il dure depuis 25 ans.
07:03Et malheureusement, il n'a pas fini de durer.
07:05Parce que nos dirigeants ne veulent pas ouvrir les yeux.
07:09Sur le Liban, Emmanuel Macron a fait savoir très vite qu'il avait contacté les autorités,
07:14qu'il avait promis de l'aide humanitaire.
07:15Il se déplace lui-même dans la région la semaine prochaine.
07:17La réponse, elle est politique.
07:19La réponse, elle est politique.
07:20Elle est stratégique.
07:21Ce n'est pas uniquement de se déplacer, de faire le joli cœur et d'envoyer de l'aide humanitaire,
07:25même si c'est très important.
07:26Mais c'est de dire que des sanctions seront prises,
07:30de se mobiliser pour que ces sanctions soient prises.
07:32Donc, figurez-vous que la finule a été frappée des soldats ganiens.
07:35Nous avons 700 Français.
07:37Et si 10 de nos compatriotes avaient été tués dans une frappe par Israël
07:41qui considèrent qu'elle est en terrain conquis,
07:45eh bien ça, nous le refusons.
07:47Cette idée qu'Israël désormais n'a plus de frontières
07:49et peut à tout moment envahir le Sud-Liban,
07:52envahir la Sud-Syrie,
07:54envahir un autre pays voisin,
07:56il est temps qu'Israël se comporte en démocratie
07:59et se comporte en État tout court.
08:02Alors que le pari d'Israël,
08:03c'est de multiplier les États faillis de la région,
08:06dans la région,
08:07et à partir de là, d'intervenir quand bon lui semble.
08:10Eh bien, la normalisation de la région
08:12passe par la création d'un État israélien normal,
08:18c'est-à-dire avec des frontières reconnues,
08:20en respectant la règle de droit qui s'impose à tous les autres.
08:23Parce qu'au bout du compte,
08:24la sécurité à tout prix que vise Israël,
08:27qui est convaincue aujourd'hui,
08:29M. Netanyahou et malheureusement une grande partie du peuple israélien,
08:32qu'ils avancent vers plus de sécurité.
08:34Moi, je le dis très solennellement ici.
08:36Là encore, ils seront déçus.
08:39Cette sécurité ne sera pas réalisée.
08:42Pourquoi ?
08:43Parce qu'aucun peuple du monde,
08:45dans aucune région du monde,
08:46ne peut accepter le fait accompli,
08:49ne peut accepter l'injustice de telles frappes.
08:51On nourrit le terrorisme
08:53comme on est en train de nourrir la prolifération,
08:56la première leçon qu'on va tirer de cette intervention en Iran,
08:59pour n'importe quel État du monde.
09:01D'autant nous de l'arme nucléaire.
09:03Et nous allons,
09:04et c'est pour cela que je parlais d'un Vietnam global,
09:06non seulement d'une guérilla
09:07qui va s'étendre à l'échelle internationale,
09:09mais nous allons vers une déstabilisation
09:12de l'ordre mondial par la prolifération.
09:14Et c'est là où le principe de responsabilité,
09:17ça ne consiste pas seulement
09:18à faire de très beaux discours
09:19et très utiles à l'île longue,
09:21ça consiste à être en avant des événements.
09:24Et nous savons exactement ce qu'il va se passer.
09:28Vous savez, la géopolitique, la diplomatie,
09:30ce n'est pas un art de divination,
09:32c'est un art qui est fondé sur l'expérience.
09:36Or, on a cette expérience ou on ne l'a pas.
09:39Et c'est fondé, deuxièmement, sur les principes.
09:41Certains responsables politiques veulent considérer
09:43que le droit international, désormais,
09:44ne sert à rien parce que c'est la force qui domine.
09:46Mais ça veut dire quoi ?
09:47Que dans la loi de la jungle,
09:49désormais, on doit se soumettre aux exactions,
09:52aux actions illégales des uns et des autres.
09:54Mais nous sommes en train de rentrer dans un monde de la jungle
09:57qui est un monde insécure pour tout le monde.
10:00Et demain, les assassinats ciblés que l'on utilise au Moyen-Orient,
10:05pourquoi est-ce qu'ils n'auraient pas lieu en Europe ou aux États-Unis ?
10:08Et que dirons-nous ?
10:09Vous savez, la règle absolue du droit international,
10:12pas de deux poids, deux mesures.
10:14Et donc, il y a deux règles à défendre dans le monde.
10:17Respecter le droit, c'est l'intérêt de tous et c'est l'intérêt des peuples.
10:20Et deuxièmement, respecter le principe de justice.
10:23Ce qui a été fait à Gaza est inacceptable.
10:26Ce qui est fait en Cisjordanie est inacceptable.
10:29Ce qui est fait au Liban est inacceptable.
10:31Et le président français serait bien inspiré de le dire.
10:35De le dire fermement, clairement,
10:39et de prendre la tête d'une coalition d'États pacifiques, européens.
10:45Bientôt, les États-Unis vont ouvrir les yeux
10:47et vont constater qu'on les entraîne dans une catastrophe.
10:51Et on voit bien que leur modèle est fondé sur l'économie,
10:54sur la finance et sur la stabilité.
10:56Et bien ce modèle, il est mort.
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