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Extrait d’une interview sur BFMTV avec Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français (2005-2007), ancien ministre des Affaires étrangères et diplomate reconnu pour son opposition à la guerre en Irak à l’ONU.
Il analyse la politique internationale de Donald Trump, l’instabilité mondiale, la crise avec l’Iran et les tensions entre les États-Unis et l’Europe. Villepin évoque aussi le risque d’une démocratie illibérale, le rôle du droit international, la puissance militaire européenne et la nécessité pour l’Europe de reprendre son destin stratégique face aux grandes puissances.
Une analyse géopolitique sur la diplomatie, la guerre, l’équilibre mondial et l’avenir de la démocratie dans un contexte de tensions internationales croissantes.

#politique #geopolitique #guerre #actualite #trump

Vidéo complète disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=96aSpIgc6Jo
Pour s’abonner : https://www.youtube.com/@BFMTV
Musique: https://youtu.be/RNsyw2tfPnk
Montage: lakl42

Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
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Vers quel type de régime Dominique de Villepin craint-il une évolution des États-Unis ?
➡ Démocratie illibérale.

Quel dirigeant de l’OTAN Dominique de Villepin critique-t-il devant le Parlement européen ?
➡ Mark Rutte.

Quel budget de défense Dominique de Villepin attribue-t-il aux États-Unis ?
➡ 1000 milliards.

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Transcription
00:00Ayons le courage, à un moment donné, de montrer à Donald Trump, par l'exemple, qu'il s'égare.
00:06Et ayons le courage de lui dire que non seulement il s'égare, mais il nous égare.
00:19La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement,
00:30dans la paix.
00:32Et c'est un vieux pays, la France d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le
00:40dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie.
00:47Il faudrait que la France, le président français, se lève et prononce les mêmes mots aujourd'hui face à Trump.
00:53Il ne s'agit pas seulement de prononcer des mots, vous avez la gentillesse de passer cet extrait ce soir.
00:57Quelques semaines après cette déclaration, qu'est-ce que je faisais ?
01:02J'embarquais mon collègue britannique et mon collègue allemand en Iran, parce que nous craignions à l'époque le risque
01:08d'une frappe sur l'Iran,
01:09pour engager les premières négociations pour arrêter le programme nucléaire iranien.
01:14C'est-à-dire arrêter les perspectives de prolifération qui se développaient également en Corée du Nord.
01:19Vous voyez, le monde, à force d'avoir perdu cette boussole de la diplomatie, mais aussi de l'action,
01:26c'est-à-dire utiliser toute l'énergie qui est la nôtre pour renverser le cours de l'histoire quand
01:31il se dessine de façon aussi tragique,
01:33eh bien nous avons perdu finalement le goût de l'action et la capacité d'agir.
01:37Donc la France, elle n'a pas fait que parler ce jour-là, elle a mis en place un autre
01:42regard sur le monde,
01:43une autre exigence et une capacité d'entraînement.
01:45Donc vis-à-vis de Donald Trump, il faut donner des repères à Donald Trump.
01:50Donald Trump, il mène une politique erratique qui n'a pas d'autre but que de créer de l'instabilité
01:55et de l'imprévisibilité,
01:57avec un corollaire.
01:58C'est que le désordre qu'il crée partout dans le monde, il le crée également à l'intérieur des
02:04États-Unis,
02:04qui sont au bord d'une sorte de guerre civile culturelle,
02:08avec un risque pour la démocratie américaine,
02:11où on voit basculer ce régime de la démocratie libérale vers la démocratie illibérale.
02:17Et c'est un risque qui nous menace, nous aussi.
02:20Et c'est pour cela que nous devons être si vigilants sur la défense du droit international comme de l
02:25'État de droit.
02:26Et les Européens qui ont cette expérience, que n'ont pas les Américains,
02:30qui ont cette capacité à un moment donné à porter des idéaux,
02:33eh bien ils doivent s'engager bien davantage.
02:35Et c'est pour cela que le spectacle aujourd'hui de Marc Routet,
02:39admonestant le Parlement européen, est une véritable honte.
02:42Jouant sur la peur, le patron de l'OTAN, jouant sur la peur des Européens,
02:48une chose est certaine, prenons notre destin en main.
02:51Mais sur le plan de nos programmes militaires, sur le plan de nos objectifs stratégiques,
02:57nous avons besoin de renforcer notre puissance,
03:00et nous avons besoin de penser à un monde où l'Amérique ne viendra plus à notre soutien.
03:04Je vais vous faire hurler, Dominique Routet.
03:05Est-ce que ça n'est pas naïf de croire précisément que vous pouvez faire entendre à Trump
03:11cet argument du droit international, de nos idéaux, de nos valeurs ?
03:15Est-ce que ça n'est pas naïf ?
03:16Est-ce que précisément, comment vous dites, vous parlez des fanatiques de la force,
03:21est-ce que ces fanatiques de la force peuvent entendre vos arguments aujourd'hui ?
03:25– Mais ils peuvent d'autant plus l'entendre qu'il y a une très grande vanité,
03:28il y a une très grande impuissance de la puissance.
03:30Regardez M. Trump au Groenland, il a fait machine arrière, regardez M. Trump au Venezuela,
03:36vous savez, le réel, il est têtu.
03:38Nous, ce qu'il faut de façon très décidée faire, c'est prendre appui sur le réel.
03:45Quand nous parlons du droit, quand nous parlons de l'action, c'est en appui sur le réel.
03:51M. Trump est en train, drame après drame, de se heurter au réel.
03:57Il se heurte au réel en Ukraine, il se heurte au réel à Gaza, le ridicule de ce Conseil de
04:02paix.
04:03Mais ayons le courage, à un moment donné, de montrer à Donald Trump, par l'exemple, qu'il s'égare.
04:10Et ayons le courage de lui dire que non seulement il s'égare, mais il nous égare.
04:16Il est aujourd'hui important qu'aux États-Unis, en Europe, tous les alliés des États-Unis à travers le
04:22monde
04:22prennent conscience que nous ne pouvons pas laisser les clés du monde à un Donald Trump imprévisible et inconséquent
04:30et par ailleurs si peu des grands idéaux et notamment des idéaux démocratiques.
04:35Pensons-nous que nous sommes seuls à avoir à faire face à cette obligation de l'ordre du monde et
04:43d'un monde humaniste.
04:44Est-ce que ça veut dire que pour cela et pour porter ces idéaux dont vous parlez ce soir,
04:49il faut malgré tout être fort militairement, nous, Français, nous, Européens ?
04:54Ça veut dire mettre plus d'argent, on sait que le budget de la défense va être augmenté.
04:58Est-ce que vous dites, pour défendre ces idéaux, il faut aussi avoir les porte-avions, il faut aussi avoir
05:02les troupes ?
05:02Bien sûr, mais pas seulement des porte-avions.
05:05Il faut que nous retrouvions une souveraineté numérique.
05:08Il faut que nous retrouvions une souveraineté technologique.
05:11Il faut que nous retrouvions une souveraineté financière.
05:13Car aujourd'hui, nous prenons l'eau, pas uniquement dans le domaine de la défense,
05:17mais dans beaucoup d'autres domaines sur le plan industriel.
05:20Et chaque Européen voit son avenir en ordre dispersé en se disant
05:24la garantie nucléaire américaine, de toute façon, elle restera là.
05:29Prenons acte du fait qu'aujourd'hui, la parole des États-Unis ne vaut pas ce qu'elle valait.
05:34Et qu'à partir de là, notre meilleure garantie, c'est notre capacité ensemble à mettre en avant un pacte
05:42européen de souveraineté.
05:44Et en unissant nos forces, ça veut dire une capacité de mutualisation de nos moyens.
05:48Ça veut dire une capacité à mettre nos programmes ensemble pour déterminer une capacité à agir.
05:55Ça veut dire une capacité également à faire en sorte qu'il y ait une interopérabilité de nos systèmes d
06:02'armes,
06:03de nos stratégies, de nos réflexions.
06:06Ça, c'est un élément très fort de la puissance européenne.
06:09Je vais prononcer un gros mot. Une armée européenne ?
06:11Alors justement, là, il s'agit de faire fonctionner ensemble les moyens qui sont les nôtres.
06:15Les chiffres sont connus.
06:16Nous avons un peu plus de 500 milliards d'efforts de défense, 560 milliards.
06:21Les Américains ont 1 000 milliards aujourd'hui et ils visent 1 500 milliards.
06:26Mais les Chinois ont la moitié de la force qui est la nôtre et les Russes encore moins, de l
06:31'ordre de 150 milliards.
06:32Donc nous avons des atouts. Nous avons des capacités.
06:35Notre problème, c'est que nous ne croyons pas en nous-mêmes et que le leadership européen aujourd'hui n
06:41'est pas à la hauteur de l'histoire.
06:42Donc je crois que les peuples européens doivent désormais se mêler de la partie.
06:47Ils ont la tentation d'écouter les sirènes populistes des partis dits patriotes qui sont tous sauf patriotes.
06:54Il est important que la démocratie, qui est notre force, et on le voit quand on voit la dérive américaine,
07:00eh bien nous la considérions comme aujourd'hui notre véritable armure.
07:03C'est la démocratie et notre capacité à travailler ensemble qui doit constituer l'élément de retour de l'Europe
07:10dans la scène internationale.
07:10Oui, mais précisément, les leaders européens, ils ont autre chose en tête.
07:13Peut-être qu'ils se disent qu'ils ont besoin de Donald Trump.
07:15Vous parliez de l'Ukraine tout à l'heure. Sans les Américains, comment on fait ?
07:19Les Européens comptent sur Donald Trump pour apporter des garanties de sécurité.
07:25Quelles garanties avons-nous que le moment venu, ces garanties de sécurité ne connaîtront pas un chantage qui sera fait
07:31par l'administration Trump ?
07:32Vous n'avez aucune confiance dans la parole de Trump.
07:34Mais je crois qu'il faut juger sur les actes. Il faut le souhaiter.
07:38Il faut faire tout pour que nous puissions les garder à bord.
07:41En matière de renseignements, nous le savons. En matière de défense anti-aérienne, nous le savons.
07:45Mais il faut tout préparer.
07:47Comme si, du jour au lendemain, cet appui devait cesser.
07:52Donc je crois qu'il faut être lucide.
07:53D'ores et déjà, il faut tirer les conclusions.
07:56Que nous maximisions les chances de garder l'administration avec nous.
08:00Mais nous sommes désormais, quand on regarde ce qui se passe avec la police de l'immigration, la bataille que
08:06vont se livrer les Américains entre eux,
08:09eh bien, il faut constater que l'allié américain a désormais beaucoup changé.
08:14Dominique de Villepin. Je parlais des fanatiques de la force. C'est une expression que vous utilisez.
08:18Vous me dites, si je me trompe, vous mettez dans cette catégorie-là Trump, Poutine, Netanyahou ?
08:23Ce sont deux aussi dont vous parlez ?
08:25Ce sont ceux qui ont, dans les dernières années, mobilisé la force sur la scène internationale,
08:32en pensant que ce raccourci-là allait leur permettre de satisfaire à tous leurs devoirs.
08:37Je précise ma question.
08:38Mais je ne compare pas Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou.
08:43Chacun, dans sa région, pense que la force est la solution.
08:48Mais précisément, vous dites, qu'ont-ils obtenu cela ?
08:51Oui, parce que je constate...
08:53Ils ont obtenu le pouvoir. Ils sont tous les trois au pouvoir.
08:55Un pouvoir qui est suspendu à la prochaine bataille et qui les rend fragiles,
09:00qui les condamne en permanence à utiliser davantage de force.
09:04Donald Trump au Venezuela, qu'est-ce qu'il a obtenu ?
09:06Il a changé le président vénézuélien, la vice-présidente a pris le pouvoir,
09:11les majors américains vont revenir exploiter le pétrole.
09:14Dans quel nombre d'années ?
09:16Et quand est-ce que la démocratie reviendra au Venezuela ?
09:19De la même façon, au Proche-Orient, Benjamin Netanyahou est suspendu en permanence
09:24à une nouvelle bataille à mener.
09:27Et donc, nous sommes très loin d'un ordre international.
09:30Et c'est là où les Européens, avec l'ensemble des puissances émergentes,
09:34les puissances du SUS global, ont un rôle à jouer pour rééquilibrer ce monde,
09:39réinventer un multilatéralisme, réinventer des mécanismes,
09:42ne serait-ce qu'entre ces États, avec une règle du jeu, avec un objectif,
09:46avec des idéaux.
09:47Nous devons repenser les choses et ne pas attendre que Donald Trump quitte la scène,
09:52sachant que peut-être lui succèdera quelqu'un qui sera aussi disrupteur que lui.
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