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DB - 10-03-2026
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00:28La condamnation de la mort
00:29La condamnation du chauffeur de taxi Mourlac pour le meurtre de l'usurier était-elle une erreur judiciaire ?
00:36La découverte de l'arme du crime trois ans plus tard dans un secrétaire relance l'enquête.
00:44Madame Fressol, commissaire principal Lambert, je désirerais parler à votre mari.
00:49Monsieur, mon mari n'est plus de ce monde depuis bientôt deux ans.
00:53Pardonnez-moi.
00:54Vous êtes tout excusé, entrez. De quoi s'agissait-il ?
00:58Monsieur Fressol, vous vous en souvenez, il y a trois ans, avait fait la découverte du corps d'un nommé
01:02paladuc, prêteur, alors qu'il se rendait chez lui pour honorer une traite.
01:06Il avait ensuite averti la police par téléphone et bien sûr fait sa déposition.
01:11Si je m'en souviens, on avait été tout retourné pendant longtemps.
01:17À cette époque, votre mari était accordeur de piano.
01:19On puisse aller, monsieur.
01:21Quand j'ai connu monsieur Fressol à Périgueux pendant la guerre, il était facteur.
01:26Facteur ?
01:27Enfin, c'est le terme, facteur de piano.
01:29C'est-à-dire qu'il les fabriquait.
01:33Oui, je peux dire sans vanité que mon mari était considéré dans la profession comme un artiste.
01:37Il était d'une habileté manuelle remarquable.
01:41Oh, je sais, maintenant la jeunesse ne s'intéresse plus qu'au jazz, à la trompette, à la guitare, que
01:46sais-je encore, mais de mon temps, chaque famille honorable se devait d'avoir un piano, peut-être vous-même,
01:51monsieur.
01:51Depuis la mort de votre mari, de quoi vivez-vous ? Enfin, quelles sont vos ressources ?
01:56Je vends mes meubles.
01:58Les miens et ceux de mon pauvre mari, tout part, tout disparaît.
02:02Un secrétaire Louis-Philippe, entre autres.
02:04Oui, comment le savez-vous ?
02:06Ben, nous le savons.
02:07C'était un souvenir de ma pauvre maman.
02:09Allez, asseyez-vous, monsieur.
02:11Merci.
02:13J'avais aussi quelques obligations du trésor.
02:16Pas grand-chose.
02:18Enfin, j'y pense, vous vous prendrez peut-être un apéritif ?
02:20Non, merci.
02:21Une petite anisette.
02:23Bon, bien, alors je boirai seule.
02:25Saviez-vous que votre secrétaire avait un tiroir secret ?
02:29Bien sûr.
02:30Quand j'étais jeune fille, j'y cachais même mes premières lettres d'amour.
02:34Ensuite, j'y ai mis mes bijoux.
02:38Ils sont partis comme le reste.
02:40Est-ce que votre mari, madame, possédait un revolver ?
02:42Hélas, oui.
02:44Plusieurs, même.
02:45C'est avec l'un d'eux qu'il s'est tué.
02:48Comment cela ? Vous voulez dire qu'il s'est suicidé ?
02:50Mais non.
02:52Il faut que je vous explique.
02:54Comme je vous l'ai dit, mon mari était un artiste.
02:57Il fallait toujours qu'il fasse quelque chose de ses mains.
03:00Quand il a eu abandonné ses pianos, il s'est mis à fabriquer de petites machines.
03:04Ses inventions, comme il le disait.
03:07Il a même eu plusieurs récompenses au concours l'épine.
03:10Mais son rêve, voyez-vous, c'était d'avoir une médaille d'or.
03:14Ensuite ?
03:14Il y a un peu de temps avant sa disparition, il avait eu en tête un système d'alarme contre
03:19les cambrioleurs.
03:20Une sorte de piège qui déclenchait une arme.
03:22Enfin, il vous aurait expliqué tout cela mieux que moi, le pauvre homme.
03:24Il a voulu l'expérimenter lui-même et ça a trop bien marché, c'est ça ?
03:28Hélas.
03:30Ces armes qu'il possédait, vous les détenez encore ?
03:34Parti. Vendu comme le reste.
03:36C'est bien triste tout ça.
03:38Vous ne voulez pas boire quelque chose avec moi ?
03:39Non, non, merci.
03:41Votre mari, vous le saviez, empruntait de fortes sommes à l'usurier Paladuc.
03:46Vous aviez donc des difficultés financières.
03:48Nous aurions pu vivre honnêtement.
03:51Joindre les deux bouts, tant bien que mal, mais il y avait ses inventions.
03:54Le matériel, les brevets, vous comprenez.
03:57Un gouffre, un véritable gouffre.
04:01Rappelons-nous ces vers immortels.
04:04Votre temps suspendait le bol.
04:05Et vous, heureux propice, suspendez votre cou.
04:11Voilà ma fille Liliane.
04:13Elle prépare le baccalauréat.
04:16Elle est pleine de bonne volonté, la chère petite.
04:19Moi, je n'ai eu que le brevet de mon temps.
04:21On n'en demandait pas plus aux jeunes filles.
04:22Il vous faudra subvenir à l'entretien et aux études de votre enfant.
04:26Et ce sont toujours vos meubles qui...
04:28Ce sont des meubles de prix.
04:29Et puis ma grande soeur nous aide un peu.
04:32Ah, parce que vous avez aussi une grande soeur.
04:33Ben oui, monsieur. Juliette.
04:35Ah, que fait-elle, mademoiselle Juliette ?
04:37Elle est artiste.
04:38Ben oui, artiste.
04:39Quoi, artiste ?
04:41Comédienne, chanteuse, danseuse ?
04:42Elle est mannequin.
04:44Mais pour maman, c'est comme si elle était artiste.
04:46Parce qu'elle a drôlement de la classe, Juliette.
04:48Maman, je t'en prie.
04:49Elle habite avec vous, votre grande soeur ?
04:52Mais non.
04:54Mon aînée est très indépendante.
04:57Elle a beaucoup de son pauvre père.
04:58Un caractère, comment dire, fantasque.
05:02Elle va, elle vient.
05:04Je la vois guère.
05:06Et où demeure-t-elle, alors ?
05:07Mais nulle part.
05:08Un jour, elle est à Deauville.
05:09Le lendemain, à Nice, à Cannes ou à Bruxelles.
05:12Elle est mannequin volant, vous comprenez ?
05:14Mais oui, oui, parfaitement.
05:15Bon, ben, je crois, madame, que je n'ai plus beaucoup de questions à vous poser.
05:19Mais, puis-je vous demandais pourquoi toutes ces questions ?
05:23Oh, pour rien, un supplément d'enquête.
05:26Rien de grave.
05:28Excusez-nous.
05:30Oui, oui, c'est ici.
05:44Encore une affaire qui ne s'est pas faite.
05:47Je vous demandais pourtant pas grand-chose.
06:07Eh, papa, il ne faut pas se gêner.
06:09C'est le secret professionnel, alors.
06:12Bon, le blanc, notez l'adresse et allez vous renseigner tout de suite.
06:14Je crois que la bonne dame s'est un petit peu payée notre tête, hein.
06:17Et à boire et à manger là-dedans.
06:19Surtout à boire, monsieur le commissaire.
06:25En tout cas, vous conviendrez que Fressol est maintenant le suspect à part entière.
06:29Oui, elle est d'outre-tombe, malheureusement.
06:31Bon, alors, supposons...
06:32C'est ça, supposons.
06:35Fressol avait des ennuis pécuniaires.
06:37Il va chez Paladuc pour obtenir un délai.
06:40Paladuc le lui refuse.
06:43Fressol d'un six, supplie, menace.
06:46En parole, bien sûr.
06:48Paladuc a alors un réflexe stupide.
06:50Il empoigne son revolver.
06:52Fressol le désarme ou tente de désarmer.
06:55Et peut-être, il le tue involontairement.
06:58Est-ce qu'on peut admettre aussi qu'il est éganté?
07:00Ah, ben, pourquoi pas.
07:01Et ensuite?
07:03Ensuite, eh bien, nous sommes coincés.
07:07À cause des traites, dont celle de Fressol dans le taxi.
07:10À l'heure où Fressol arrivait au rendez-vous, soit 16 heures,
07:14Mourlac était déjà loin.
07:17À moins que Fressol n'étue pas la duc avant l'arrivée de Mourlac.
07:21Juste après le départ du masseur, par exemple.
07:24Il dévale l'escalier, saute dans le taxi.
07:27Mais le chauffeur Mourlac n'est pas là.
07:28Il se restaure au bon coin.
07:31Fressol décide d'abandonner le taxi.
07:33Auparavant, il s'est débarrassé des traites.
07:35En y laissant les siennes.
07:36Pour détourner les soupçons, voyons.
07:38Il remonte chez Paladuc, ayant peut-être oublié quelque chose de compromettant.
07:42Par exemple, le revolver.
07:43Nous avons dit qu'il était ganté.
07:45N'oublions pas, Lambert, qu'il y avait d'autres traces sur la crosse que celle de Paladuc.
07:48Ou quelque chose d'approchant.
07:50Ayant pris le revolver, Fressol se sauve de nouveau.
07:53Il est surpris par l'arrivée de Mourlac.
07:55Il se camoufle.
07:57Voyant le cadavre, Mourlac repart en trombe.
08:00Fressol décide de signer le crime à la police, disons, pour sauver la face.
08:04C'est QFD.
08:06Alors, première chose à faire, revoir la femme qui lui a prêté son téléphone.
08:10Vous êtes Madame Stropolewska, Marie-Antoinette, d'origine polonaise, je présume.
08:15Non, Monsieur, mon mari, mais naturalisé.
08:18L'utant-colonel Stropolewski, de l'armée française, dont je suis veuve depuis bientôt 40 ans.
08:25Ah, très bien.
08:25Oh, pardon, excusez-moi.
08:27Non, je veux dire, après cette mise en point, venons-en à cette affaire sur laquelle je dois, hélas,
08:31encore vous interroger l'assassinat de l'usurier Paladuc, votre voisin de palier.
08:36Vous vous en souvenez, sans doute.
08:38J'ai pas de souvenance de tout, Monsieur le Commissaire.
08:40À force d'avoir répété tant de fois la même chose.
08:44Le jour du crime, vers 16h, vous rentriez chez vous,
08:47quand vous avez vu sortir du couloir un homme, Monsieur Fressol,
08:52qui paraissait, avez-vous dit, vous le versez.
08:53Oh, il l'était vraiment. Il m'a dit qu'un malheur était arrivé,
08:56qu'il voulait de trouver le cadavre, ou plutôt le corps, plus exactement, de Monsieur Paladuc.
09:01Il voulait aller sur la police immédiatement, et il cherchait un téléphone.
09:04Oui, vous lui avez alors proposé de venir téléphoner chez vous.
09:07Il est donc entré dans votre appartement, et nous a averti.
09:10Vous étiez, bien sûr, resté à ses côtés.
09:13Un instant seulement, Monsieur le Commissaire.
09:16Je dois être franche.
09:17Je n'ai pas pu me retenir d'aller jeter un petit coup d'œil
09:20par la porte de Monsieur Paladuc, qui était entre-ouverte.
09:23Oh, un spectacle affreux.
09:25J'en ai eu les sortes tournées.
09:27Lorsque vous êtes revenu chez vous, Monsieur Fressol avait fini de téléphoner ?
09:31Il reposait l'écouteur, justement.
09:33N'avez-vous pas remarqué, en remontant avec lui,
09:36ou plus tard, chez vous, qu'il portait à la main une serviette, par exemple,
09:40ou toute autre chose ?
09:42Non, Monsieur le Commissaire.
09:43Mais le lendemain matin, de très bonne heure, ce Monsieur est revenu.
09:46Ah, et pour quelle raison ?
09:48Il avait oublié chez moi une sorte de petit sac de cuir,
09:51dans le genre de celui-ci, voyez-vous ?
09:53Un petit sac vert, je crois.
09:55Vert, très foncé.
09:57Il m'a dit que c'était là son matériel d'accordeur de piano.
10:00Nous avons bavardé de tout cela à un moment.
10:02Je lui ai montré mon fléguel et...
10:04Où l'avait-il laissé ?
10:06Pardon ?
10:07Ce sac, où était-il ?
10:09Dans le rentré, près du porte-parapluie.
10:12Je ne l'ai pas vu tout de suite.
10:14D'ailleurs, chez ma femme de ménage...
10:15Et alors, Madame ?
10:18Il était fermé à clé, Monsieur le Commissaire.
10:21Bon, pardonnez-moi de vous avoir dérangé,
10:22et merci de votre bonne volonté, pardon.
10:25Je vous en prie.
10:28Demandez-moi à Martial, s'il vous plaît.
10:32Il n'y a aucun doute.
10:33Tout était là-dedans. L'argent volé, l'enlève le verre.
10:37Le Commissaire Martial est absent.
10:39Bon, dites-lui de m'appeler dès qu'il sera de retour.
10:45Vous aviez raison, Monsieur le Commissaire.
10:46Elle s'affiche de nous.
10:47Ce qui veut dire, le Blanc ?
10:48Elle a acheté des meubles.
10:50Elle continue d'en acheter.
10:51Et pas du bois blanc, croyez-moi.
10:53Renaissance espagnole, empire, restauration...
10:55Et même un boule, parait-il.
10:57Vrai ou faux, il n'en savent rien,
10:58mais toujours est-il que ça vaut de l'argent.
11:00J'ai l'impression, Madame Fressol,
11:01mais ce n'est peut-être qu'une impression
11:03que voilà beaucoup d'invendus.
11:06Il eût été vraiment dommage
11:07de vous séparer de si belles choses.
11:10Le Blanc, vous qui êtes un peu expert,
11:12qu'en pensez-vous ?
11:13Un crime, Monsieur le Commissaire.
11:14Et vous, Madame Fressol,
11:15que pensez-vous de votre nouveau décor,
11:17en bas de toute cette mise en scène ?
11:19Mais, Monsieur le Commissaire, je vous jure.
11:21De dire la vérité, rien que la vérité.
11:23Je vous écoute.
11:24Ah, mais dites-moi auparavant,
11:25comment il se fait qu'étant aux abois
11:28et dans une sombre misère il y a peu de temps,
11:30vous pouvez aujourd'hui vous offrir
11:31ces meubles de style ?
11:35J'ai menti.
11:38Tiens.
11:40Il est vrai, Monsieur le Commissaire,
11:42que du temps de mon pauvre mari,
11:43nous avons eu des moments difficiles,
11:44mais un petit héritage est arrivé à point.
11:47Un parent, bien entendu.
11:48Oui, une tante, du côté de ma pauvre maman.
11:52Et quand, cet héritage ?
11:53Pas tout à fait deux ans.
11:56Ah, peu de temps, donc,
11:57après la mort de votre mari.
11:58Ah oui.
12:00Il n'en a guère profité, le pauvre homme.
12:03Quel notaire s'est occupé de la succession ?
12:05Il n'y a pas eu de notaire,
12:06j'étais la seule héritière.
12:10Vous êtes compréhensif, Monsieur le Commissaire.
12:14Tante Rose m'avait dit de prendre tout l'argent liquide
12:16qui se trouvait chez elle
12:18si elle venait à disparaître.
12:19Et que faisait-elle ?
12:20Enfin, où habitait-elle ?
12:21Elle avait quitté son petit commerce
12:23de maroquinerie pour Angoulême.
12:25Son nom ?
12:27Prado, Rose Prado.
12:29Il s'agissait sans doute d'une grosse somme.
12:32Vous l'avez, j'imagine, déposée dans une banque.
12:36C'est-à-dire que...
12:36Enfin, oui ou non ?
12:40Oui.
12:41Quelle banque ?
12:43La Franco-Européenne.
12:46Mais, Monsieur...
12:48Excusez-moi, je crois que c'est moi, ma sœur.
12:58Je suis peut-être en avance.
12:59Mais non, Monsieur Perrault, entrez.
13:01Dez...
13:03...
13:04...
13:05Sous-titrage MFP.
13:44C'est parti.
14:06C'est parti.
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