- il y a 12 heures
DB - 10-03-2026
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00:00:00Musique
00:00:51Vous me laissez parler, n'est-ce pas ?
00:00:53En ma qualité de huissier, j'ai sur vous l'avantage de connaître Mazira.
00:00:57Ce sont des gens bizarres mais inoffensifs.
00:01:01Des relations ?
00:01:03Professionnels. Je leur fais visite deux ou trois volants.
00:01:07Généralement, j'obtiens qu'ils règlent leurs dettes avant saisi.
00:01:11Mais cette fois, on s'entête des deux côtés.
00:01:14Robert Mazira refuse de payer ses consommations de gaz.
00:01:20Et vous connaissez les administrations, n'est-ce pas ?
00:01:23Elles font encore moins de sentiments que les huissiers.
00:01:28Ah, Robert Mazira, le neveu, est une espèce de poète, un inventeur.
00:01:36Moi, je le considère ça comme un fumiste.
00:01:40Mais enfin, lui se prétend inventeur.
00:01:42Ah, incapable de la moindre grâce.
00:01:51Seulement, voilà, il y a les deux temps.
00:01:55Alors là, ouvrez-le.
00:01:56Un jour, l'aîné m'a envoyé le contenu d'un pistolet à eau en pleine figure.
00:02:05C'est pas très méchant ?
00:02:06Ah, j'ai dit le contenu, je n'ai pas dit que c'était de l'eau au mercure au
00:02:15gros.
00:02:21Jean-Monsieur, c'est à quel sujet ?
00:02:23Mademoiselle, nous désirons voir M. Robert Mazira.
00:02:26Absent.
00:02:27Mademoiselle, vous auriez tort de faire une quelconque opposition.
00:02:30Vous savez très bien qui je suis.
00:02:32Et ce monsieur est le commissaire de votre quartier.
00:02:35Oh, enfin, depuis le temps que nous l'attendions, celui-là, entrez, monsieur le commissaire.
00:02:39Mais pas vous.
00:02:39Non, mademoiselle, je ne puis mener à bien ma mission sans ces messieurs.
00:02:42Ah bon, entrez ?
00:02:43Eh, il n'y a que le vieux qui m'énerve.
00:02:45L'autre a l'air assez bien élevé.
00:02:47Tuez-moi.
00:03:03Je vous en prie, messieurs, asseyez-vous.
00:03:13Robert, tu peux descendre, c'est le commissaire.
00:03:19Il y a aussi le vieux rapace, mais lui, je lui conseille de ne pas ouvrir le bec.
00:03:24Je viens, tati.
00:03:25Fais attendre ces messieurs.
00:03:27C'est le téléphone ?
00:03:31Ah non, c'est le maziraphone.
00:03:34Une invention de mon neveu.
00:03:37Oh, santé.
00:03:38Ah ben, les tulipes, ça ne sent rien.
00:03:40Si, si, santé.
00:03:43Le muguet, c'est extraordinaire, ça sent le muguet.
00:03:45C'est aussi votre neveu qui...
00:03:47Ah non, non, non, les fleurs, c'est moi.
00:03:49Vous devriez venir au mois de mai, je vous ferai respirer mon muguet.
00:03:51Non, mais sentez ça.
00:03:52Ah, peut-être sent-il la tulipe.
00:03:55Non, monsieur, le lit là.
00:03:56C'est du travail, je vous prie de croire.
00:03:58Et puis d'abord, vous, ça ne vous regarde pas, là.
00:04:01Monsieur le commissaire, je devine l'objet de votre visite.
00:04:03Un jour ou l'autre, le conflit devait éclater et qu'il éclate.
00:04:06Mais sachez bien ceci.
00:04:08Quelques procès que j'ai à faire,
00:04:10j'obtiendrai l'expulsion de ce Gabriel Taderski.
00:04:13Je dois vous avouer, mademoiselle, que je ne comprends pas très bien.
00:04:17J'accompagne maître Legevy, ainsi que la loi m'en fait obligation en matière de saisir.
00:04:22Mais oui, saisissez, saisissez.
00:04:25Mais vous, maintenant que je vous tiens, j'ai quelque chose à vous demander.
00:04:28Mais enfin, mademoiselle, saisir quoi ?
00:04:30Vous avez fait le vide.
00:04:31Je ne vous écoute même pas.
00:04:33Mademoiselle, pour la créance, c'est minime, mademoiselle.
00:04:36122 francs 60, représente en quittance impayée, plus les frais.
00:04:39Vous vous arrangerez ça avec mon neveu.
00:04:41Non, la question est de savoir comment un propriétaire peut faire
00:04:45pour se débarrasser d'un sale individu.
00:04:47Je trouve votre attitude vis-à-vis de maître Legevy tout à fait agressive.
00:04:50Mais non ! Il s'agit d'un autre, sale individu.
00:04:53Oh, c'est très déplaisant. Extrêmement déplaisant.
00:04:56Je vais établir un procès verbal de carence.
00:04:58Et vous verrez où cela vous mènera.
00:05:02Messieurs ?
00:05:02Ah, Bobby, tu tombes bien.
00:05:04Comme d'habitude, ils n'y comprennent rien.
00:05:06Ils s'imaginent que nous ne sommes pas assez riches pour payer une malheureuse note de gaz.
00:05:09Vous voyez, elle est parfaitement au courant.
00:05:11Elle sait très bien au quoi il retourne.
00:05:12Je vous en prie, maître.
00:05:14Vous êtes monsieur Robert Mazira ?
00:05:16Oui.
00:05:19Tout ça est assez compliqué.
00:05:21Tati, sois gentil.
00:05:22Laisse-moi parler à ces messieurs.
00:05:23Je préfère être seul avec eux.
00:05:25Mais tout peut encore s'arranger.
00:05:27Bon, je vous laisse.
00:05:29Mais comme je ne tiens pas à ce que ça s'arrange...
00:05:34Monsieur Taderski !
00:05:36Monsieur Taderski, vous n'êtes qu'un sale Rastacouère !
00:05:40Un commissaire et de mon avis...
00:05:42Mais non, mademoiselle, qu'est-ce qu'il vous prend ?
00:05:43Je vous interdis de...
00:05:44Maintenant, messieurs, arrangez tout ça pour le mieux.
00:05:51Excusez-la, mais...
00:05:52Tante Anna est demeurée très jeune de caractère.
00:05:54Moi, je dirais Tante Anna est demeurée.
00:05:57Tout simplement.
00:05:59Monsieur Taderski est notre locataire.
00:06:01Et je dois le dire aussi, la bête noire de mes tantes.
00:06:05Personnellement, je n'ai rien contre lui.
00:06:07Nous étions même très amis, autrefois.
00:06:10Existe-t-il un rapport entre lui et le sculpteur Taderski ?
00:06:13C'est le sculpteur, si on peut appeler ça comme ça.
00:06:16Oui, mais enfin, quoi de commun entre ce locataire et notre démarche ?
00:06:19Parce qu'il faut tout de même en arriver.
00:06:20Nous lui avons loué un grand atelier dans le fond du jardin.
00:06:22Alors, tout allait très bien, jusqu'au jour où Tante Anna a désiré recouvrir l'usage de cette immense verrière
00:06:27pour ses fleurs.
00:06:29C'est sa partie, les fleurs.
00:06:30Et pour ça, il faut expulser un artiste, un sculpteur, peut-être, Rodin.
00:06:34Je ne pense pas que Taderski exécute des œuvres de votre goût.
00:06:37Mais peu importe, d'ailleurs, peu importe.
00:06:39Le local qui l'occupe est sous notre entière dépendance.
00:06:42Je veux dire pour l'eau, le gaz et l'électricité.
00:06:45Tous les compteurs sont dans cette maison.
00:06:47Alors, pour l'obliger à abandonner les lieux, Tante Anna a imaginé cela.
00:06:50Nous n'avons pas le droit de lui couper ses diverses fournitures, n'est-ce pas ?
00:06:53Mais en refusant de payer les factures, c'est à nous qu'on supprime l'alimentation.
00:06:57Donc, à lui.
00:06:58Mais c'est la première des deux raisons pour lesquelles j'ai refusé d'acquitter les dernières quittances.
00:07:02Et la seconde ?
00:07:04La seconde ?
00:07:05La seconde raison.
00:07:06Ah oui, écoute, c'est encore plus dénué de sens commun.
00:07:10Mazira estime que le gaz de ville sent très mauvais.
00:07:12Mais moi aussi ! Si c'est ça que tu as bien manqué...
00:07:14Attends, attends, sur ce point, tout le monde est d'accord.
00:07:16Même la compagnie Carreille a fourni un rapport, des études, etc.
00:07:19Donc, son projet est de désodoriser le gaz.
00:07:22Parfait !
00:07:23D'où accroissement notable des accidents.
00:07:25La semaine dernière, par exemple, si je n'avais pas été alerté par l'odeur...
00:07:28Oh, écoute, on peut tout de même oublier de fermer le robinet de temps en temps.
00:07:31C'est pas un crime.
00:07:33Si, une seule fois, et c'est un drame.
00:07:35Donc, il désodorise.
00:07:37Mais pour permettre aux usagers de conserver...
00:07:39Enfin, comment dirais-je plutôt...
00:07:40De déceler sa présence, tu comprends ?
00:07:43Il le colore.
00:07:44Et c'est bleu.
00:07:46Et sa tâche.
00:07:47Oui, oui, en se combinant au vapeur en suspension.
00:07:51C'est pratiquement indélébile.
00:07:52Bien entendu, l'administration a refusé son procédé.
00:07:54Alors, il boude.
00:07:55Mais il a tout de même fini par payer.
00:07:57Oui, enfin, si l'on peut dire.
00:07:59Tu comprends ?
00:08:00Ces gens-là, c'est une autre planète.
00:08:02Je ne sais pas comment t'expliquer.
00:08:02C'est toujours entre l'innocence et les farces et la trappe, tu vois.
00:08:06Alors, on a envie de les connaître mieux.
00:08:08Et on sent qu'on ne sera jamais tout à fait dans le coup.
00:08:11Et je n'ai vu que la plus jeune des deux sœurs, Mazira, il paraît que l'autre, est encore
00:08:14plus étonnante.
00:08:16Bon, alors, je ne me fais pas de billes.
00:08:17Tu trouveras bien un prétexte pour retourner chez eux dès demain matin.
00:08:20Non, elle n'est pas chez eux.
00:08:21Elle est en cure.
00:08:22C'est sa formule, paraît-il.
00:08:24Lorsqu'elle perd un peu la tête, elle part en cure.
00:08:27Et elle ne rentre que lorsqu'elle a inventé un nouveau point de tricot.
00:08:30Ah oui, c'est sa spécialité.
00:08:32Bon, tu as raison.
00:08:33Dès que j'aurai l'adresse, je trouverai bien le prétexte.
00:08:42Bonjour.
00:08:43Bonjour, Monsieur le Commissaire.
00:08:44Bonjour, Monsieur le Commissaire.
00:08:45Alors, vous avez passé un bon dimanche, toujours Fontainebleau, Lavarap.
00:08:48Vous savez, avec ce qui est tombé hier.
00:08:50Ah oui, il a plu ?
00:08:51Ah oui, tenez, Monsieur le Commissaire, j'ai quelque chose pour vous.
00:08:54Ah là là, je n'aime pas beaucoup ça.
00:08:57C'est quelqu'un que vous connaissez bien ?
00:09:00Mais...
00:09:04Non, c'est une vieille dame, une amie, probablement.
00:09:07Mais, Monsieur le Commissaire, il y a quelque chose d'écrit là-derrière.
00:09:13C'est curieux, ça.
00:09:14Monsieur le Commissaire, ceci est l'annonce de mon propre décès.
00:09:18N'inquiétez personne, je me suis bien amusé, mais maintenant tout m'ennuie.
00:09:22Il y a trois choses que j'aimais bien.
00:09:25Le dimanche à 11h du soir, parce que c'est l'heure de ma naissance,
00:09:29les macarons frais et le port et le pont Alexandre III.
00:09:35Alors, je vais me gaver de macarons demain soir et plouf.
00:09:40Et c'est signé Angèle Mazira.
00:09:43Et ça a été posté samedi à Meudon.
00:09:45Le Blanc.
00:09:48Monsieur le Commissaire ?
00:09:49Filez au pont Alexandre III et renseignez-vous.
00:09:52D'accord.
00:09:56Mareuil, vous passez chez l'imprimeur.
00:09:58Ou plutôt non, venez avec moi, venez.
00:10:08Allô, j'écoute ?
00:10:15J'espère qu'ils sont informés, j'aimerais pas être le mauvais messager.
00:10:25Vous venez pour moi ?
00:10:27Ah, excusez-moi, monsieur, je n'ai pas l'honneur.
00:10:29Gabriel Tadersky, sculpteur.
00:10:31Permettez.
00:10:36Eh bien, non, monsieur, nous ne venons pas pour vous.
00:10:42Ça tombe bien.
00:10:44Je ne reçois jamais le lundi matin.
00:10:56Donc, ils ne sont pas au courant.
00:10:58C'est épouvantable.
00:10:59Ça commence à y prendre avec d'aussi vieux enfants.
00:11:15Ah, commissaire.
00:11:16Ah, commissaire, croyez-vous, quel malheur.
00:11:18Quel affreux malheur.
00:11:23Non, enfin, monsieur Mazira, je ne comprends pas.
00:11:26Je parle d'Angèle.
00:11:28De ma tante, Angèle.
00:11:31Mais vous êtes au courant ?
00:11:33La famille, il me semble que...
00:11:35Pas que c'est assez normal.
00:11:37Mais qui vous a informé ?
00:11:38Elle.
00:11:39Le faire part.
00:11:41Elle nous a envoyé un faire part.
00:11:43Écoutez, je viens de le prendre dans votre boîte.
00:11:46Mais il faut le remettre.
00:11:47Moi aussi, je l'ai lu et je l'ai remis.
00:11:53C'est tout de même insensé.
00:11:55Mais qu'est-ce que c'est que ces manières ?
00:11:56Enfin, monsieur Mazira, vous voulez-vous vous expliquer ?
00:11:59Je dois m'absenter.
00:12:01Tante Anna elle-même est absente.
00:12:02Quand elle rentrera, je veux qu'elle prenne connaissance de la nouvelle.
00:12:05Un faire part, n'est-ce pas ?
00:12:06C'est tout à fait important.
00:12:08Un peu de logique, tout de même.
00:12:10Messieurs.
00:12:13Ça, alors.
00:13:28A l'occasion d'une saisie,
00:13:30le commissaire Lambert a fait la connaissance de Robert Mazira
00:13:33et d'une de ses tantes, Anna.
00:13:36La sœur de celle-ci, Angèle,
00:13:39annonce son suicide.
00:13:42La sœur de celle-ci, Angèle,
00:14:09qu'est-ce que c'est ?
00:14:11Pas de précipitation, camarade.
00:14:14Un tournage, l'affaire de Tour des Rennes, ça se discute.
00:14:18Je ne vous demande rien.
00:14:20Elle t'a plaqué.
00:14:21Je ne comprends pas.
00:14:22Ou bien c'est une histoire de picaillons.
00:14:2626 ans de quai, je ne sais pas si je connais la musique.
00:14:30J'en ai vu passer plus d'un.
00:14:32De 18 à 35 ans, c'est fille ou fric.
00:14:35De 35 à 50, c'est les affaires.
00:14:38Le surmanage et tout le bazar.
00:14:39Après 50 ans, ça remet ça.
00:14:41C'est oseille et sentiments.
00:14:43Regarde moi, cette saleté, tu vas tout de même pas voir ça.
00:14:46Hein ?
00:14:46Allez, amène-toi.
00:14:47Allez, amène-toi, j'appelle des flics.
00:14:51Bravo.
00:14:53Ah ben là, ça change tout.
00:14:55On ne vous en tient pas.
00:14:59C'est pas très gentil, ça.
00:15:00On a ses opinions.
00:15:03Janvier, Louis, Léon, Berthe, anarchistes de droite.
00:15:06Jusqu'à ce qu'ils fassent leur saleté d'autoroute sur Berge.
00:15:09J'étais anarchiste de gauche sur notre rive.
00:15:12Maintenant, je suis sur la rive droite, anarchiste de droite.
00:15:15On pourrait collaborer tout de même.
00:15:16Non, jamais.
00:15:17Ou avec le grand système, c'est la lutte.
00:15:20Ou alors, alors, ça coûte, hein ?
00:15:23Ah oui ?
00:15:25Même que c'est pas donné.
00:15:26Ben, j'écoute.
00:15:296 litres du 12 degrés.
00:15:32Non, non, non, non, non.
00:15:33Des litres.
00:15:34Litres, pas d'argent.
00:15:35J'accepte pas d'argent du grand système.
00:15:40Oh !
00:15:40Du 12 degrés.
00:15:44La question que je vous pose est très claire.
00:15:46Si Mlle Mazira a subi une cure dans votre établissement,
00:15:49ainsi que son neveu nous l'a affirmé,
00:15:50il y a forcément une trace de son passage,
00:15:52c'est-à-dire une date d'entrée et une date de sortie.
00:15:54Oui, ben, je veux les connaître.
00:15:56Je vous en prie.
00:15:58Ils disent qu'ils n'ont jamais eu d'Angèle Mazira dans leur établissement.
00:16:00Ils font des recherches.
00:16:01Ça, je pense qu'ils sont très empoisonnés.
00:16:03Ils cherchent à gagner du temps.
00:16:04On leur confie des vieillards difficiles
00:16:06s'ils les laissent filer comme des lapins.
00:16:08Ah, allô, oui ?
00:16:09Ah, docteur, bonjour.
00:16:11Eh bien, je vais recommencer ma petite explication.
00:16:13Ah, votre secrétaire vous a mis au courant.
00:16:15Très bien.
00:16:17Deux secondes, s'il vous plaît, je prends note.
00:16:21Oui ?
00:16:22Euh, cornouillé.
00:16:24Il y a neuf jours.
00:16:28Oui ?
00:16:29Sur sa demande, samedi dernier à 17h.
00:16:36Mais est-ce que vous avez le droit de faire cela ?
00:16:41Bon, bon, je vous remercie.
00:16:43Au revoir, docteur.
00:16:45Alors, pas de noiselle Angèle,
00:16:47mais une madame veuve cornouillée, Angèle.
00:16:49Bon, et alors ?
00:16:50Et alors ?
00:16:50Elle est encore sur sa demande,
00:16:52accompagnée de son neveu Robert Mazira,
00:16:54il y a neuf jours.
00:16:55Elle est repartie samedi avant le repas du soir,
00:16:57c'est-à-dire à 17h,
00:16:58et toujours sur sa demande.
00:16:59Mais c'est un peu semblable.
00:17:00Comment ont-ils pu l'autoriser ?
00:17:01Oh, ben, le docteur me dit qu'elle était parfaitement normale
00:17:03et que ce n'est pas la première fois
00:17:04qu'elle vient se reposer chez lui.
00:17:05Normal ?
00:17:06Elle envoie des faire-parts de suicides.
00:17:07Bon, ben si.
00:17:09Écoutez, je n'invente rien.
00:17:09Regardez.
00:17:10Angèle Mazira a décédé-le de sa propre volonté.
00:17:13C'est même souligné en rouge.
00:17:14Et pourquoi tout ça, son nom de jeune fille ?
00:17:16Ni veuve ni cornouillée là-dedans.
00:17:19C'est bien ce que je dis.
00:17:20Alors, on n'était pas normal.
00:17:21Et je vais voir ça de près.
00:17:23Ah, bon, vous filez chez l'imprimeur
00:17:24qui a rédigé cette plaisanterie.
00:17:26Enfin, j'espère que c'est une plaisanterie,
00:17:27même si je la trouve mauvaise.
00:17:57C'est lui 12 degrés, hein ?
00:18:00Ben, où sortez-vous ?
00:18:02J'ai mes petites entrailles.
00:18:05Ben, ça va.
00:18:07Pour ce qui est de la vieille dame,
00:18:08deux minutes et je suis à vous.
00:18:24Ben, oh, qu'est-ce que vous faites ?
00:18:26Je détruis les stocks.
00:18:29Anti-alcoolique, janvier.
00:18:33C'est toujours ça qui rapporte
00:18:34tout le pauvre monde.
00:18:36Pour ce qui est de la vieille toupie,
00:18:38là, on a causé, là, tous les deux,
00:18:39tout l'après-midi.
00:18:40C'est ici, là, juste devant chez moi.
00:18:43Elle aussi, elle était contre le grand système.
00:18:46Vous dites été. Pourquoi été ?
00:18:47J'ai pas fini.
00:18:49Ben, hé, celui-là, vous allez tout de même le voir.
00:18:51Ah non, camarade, celui-là,
00:18:52je vais l'échanger contre du lait.
00:18:53À ce moment-là, il fallait me demander du lait.
00:18:55Ben, pour le foutre dans la Seine.
00:18:57Ça, ça coûte plus cher.
00:18:58Et plus ça coûte,
00:19:00plus ça détruit le grand système.
00:19:03Bon, dites-moi,
00:19:05si on revenait à la vieille dame ?
00:19:06La vieille dame ?
00:19:08Tout ce qu'il en reste de la vieille dame.
00:19:11J'ai laissé là, le nez sur l'eau.
00:19:12Il était 6h15, à peu près,
00:19:13j'allais à la messe.
00:19:14Ah, la messe.
00:19:16J'allais à la sortie de la messe
00:19:17pour la quête.
00:19:19Quand je suis revenu,
00:19:19elle n'était plus là.
00:19:21Elle était là.
00:19:22Elle était dans le grand bain, quoi.
00:19:25Ah, c'est rectal, camarade.
00:19:27Sur ceux qui plongent,
00:19:28il y en a toujours un sur deux
00:19:29qui se déchausse.
00:19:30J'aurais tout de même pu laisser la paire.
00:19:31Donnez.
00:19:326 litres.
00:19:33Ah non, ça suffit, maintenant.
00:19:34Bon.
00:19:40Je tiens, vous êtes fous, non ?
00:19:42Ça continue, je vais vous faire coller en cabane, moi.
00:19:44Vraiment, je ne causse plus.
00:19:46Autant, j'ai encore des choses à dire.
00:19:48Si on me bouscule, moi...
00:19:49Ah oui, oui, c'est malin.
00:19:50Maintenant, il va falloir que je fasse venir
00:19:51les hommes grenouilles.
00:19:53Et ça coûte cher, tout ça.
00:19:55Et moi, petit à petit,
00:19:56le grand système, je le...
00:19:57Bon, alors...
00:19:59Est-ce que vous avez encore
00:20:00quelque chose à me dire ?
00:20:03Angèle, elle a dû plonger
00:20:04vers les 11 heures.
00:20:06Comment le savez-vous ?
00:20:07Bien avec moi.
00:20:16Je suis arrivé vers 11 heures,
00:20:1811 heures 10.
00:20:19Je suis trouvé ça qui flottait.
00:20:21Un sac en papier ?
00:20:22Oui.
00:20:23Ils flottaient ?
00:20:23Justement.
00:20:24C'était tout récent.
00:20:26Elle ne devait pas être bien loin.
00:20:27Elle devait être là sous le pont.
00:20:30Qu'est-ce qui vous fait penser
00:20:31qu'elle a plongé
00:20:32pour parler comme vous ?
00:20:33Elle me l'a dit.
00:20:34On en a parlé tout l'après-midi
00:20:36en mangeant des macarons.
00:20:38Elle aime bien ça,
00:20:39les macarons,
00:20:39la peau vieille.
00:20:41Elle en a mangé un kilo.
00:20:42Ah oui,
00:20:43peut-être même deux.
00:20:44Le macaron sec,
00:20:45en mettant avec le macaron,
00:20:46c'est le chaplon.
00:20:48Ah !
00:20:48Elle en a causé comme ça.
00:20:50Même qu'à un moment donné,
00:20:51j'hésitais à savoir
00:20:52si je ne ferais pas
00:20:52le voyage avec elle.
00:20:53Ah, c'était une bonne personne,
00:20:55Angèle.
00:20:55Vous permettez ?
00:20:57Elle et moi,
00:20:58on s'entendait bien.
00:21:00C'est tellement...
00:21:01Moi, j'ai ma mission,
00:21:04détruire le grand système.
00:21:07Je l'ai laissé partir toute seule.
00:21:09Comment était-elle habillée ?
00:21:11Noire.
00:21:11Out en noir.
00:21:12Elle portait déjà son deuil.
00:21:14Elle a un chapeau,
00:21:15voilette.
00:21:16Mais attention,
00:21:17hippie.
00:21:18Oh, putain.
00:21:19Elle m'a même laissé un souvenir.
00:21:21Et seulement moi,
00:21:22j'ai les doigts trop gros.
00:21:24Vous voyez ?
00:21:24Oh, non.
00:21:25Allez.
00:21:27Voilà.
00:21:29Allez, garde.
00:21:31Vous savez que j'aurais besoin
00:21:32de vous pour témoigner ?
00:21:33Ah non, ça,
00:21:33alors pas question,
00:21:34zéro, vœu, tout ça.
00:21:35Oui, oui,
00:21:35c'est ce qu'on verra.
00:21:36Bon, alors à la rigueur,
00:21:37il faudrait m'envoyer chercher.
00:21:39C'est pas les cartes
00:21:39qui vous manquent.
00:21:40En tout cas,
00:21:41je vous remercie,
00:21:42monsieur Jeanvier.
00:21:43Dites-moi mon sac.
00:21:44Hé.
00:21:45C'est six litres
00:21:46et du douze.
00:21:58Il m'a encore rappelé
00:21:59pour me demander
00:21:59de le prévenir
00:22:00deux jours à l'avance
00:22:01si on avait besoin de lui.
00:22:02Gros de gars.
00:22:04Oui.
00:22:05Ensuite,
00:22:06j'ai poussé jusqu'à
00:22:06la brigade fluviale.
00:22:07Ils ont commencé
00:22:08les recherches,
00:22:08mais sans grand espoir.
00:22:10D'après eux,
00:22:10on les prévient trop tard.
00:22:11Il faudra peut-être
00:22:12qu'un jour ou plus
00:22:12pour retrouver le corps.
00:22:13Par contre,
00:22:14un marinier leur a rapporté
00:22:15le chapeau de la vieille dame.
00:22:16Ah bon ?
00:22:17Oui.
00:22:17Et toi ?
00:22:18Ben, moi,
00:22:18je suis passé
00:22:19prendre une photo
00:22:19chez Mazira.
00:22:21Alors,
00:22:21l'imprimeur a reconnu
00:22:22sa cliente.
00:22:22Elle s'est présentée
00:22:23chez lui samedi soir.
00:22:24C'est bien elle.
00:22:26Pauvre Angèle.
00:22:27On pourra même pas
00:22:28lui mettre de fleurs.
00:22:31Ah, ça c'est papa.
00:22:34Robert,
00:22:35tu veux ouvrir ?
00:22:37C'était un homme extraordinaire.
00:22:40Il s'entose du Mont,
00:22:42Blériot,
00:22:43la Tam,
00:22:43les amis à lui.
00:22:44Il s'intéressait
00:22:45à l'aviation.
00:22:46À tout.
00:22:46Mais l'aviation,
00:22:48et pas celle d'aujourd'hui,
00:22:49la vraie.
00:22:50Il en est mort, d'ailleurs.
00:23:05Ce monsieur,
00:23:05vous le connaissez ?
00:23:06Ben, c'est mon...
00:23:07Non, pas lui, l'autre.
00:23:08Ah non, je le connais pas.
00:23:10Non.
00:23:10Vous ne le connaissez curieux,
00:23:11c'est parce que moi,
00:23:12j'avais le...
00:23:13le sentiment de...
00:23:16Votre visage
00:23:17ne m'étais pas inconnu,
00:23:18mais évidemment,
00:23:18j'étais loin d'établir
00:23:19le rapprochement
00:23:20entre le visiteur
00:23:21d'un homme aussi respectable
00:23:22que Robert Mazira
00:23:23et cette vieille connaissance
00:23:25de pépée l'orgueil.
00:23:26En tout cas,
00:23:27moi, je vous ai remis tout de suite.
00:23:28Le nom,
00:23:29la profession,
00:23:30tout le toutime.
00:23:30Ah ben bravo,
00:23:31après 10 ans.
00:23:31Deux.
00:23:32Encore bravo.
00:23:34C'est professionnel.
00:23:35Les chiffres,
00:23:36les tronches,
00:23:36enfin, je veux dire...
00:23:37Non, mais ne vous excusez pas.
00:23:39Professionnel,
00:23:39à quel point de vue ?
00:23:40Ben, vous connaissez mon passé.
00:23:42Je suis interdit
00:23:43dans tous les établissements
00:23:44de jeu.
00:23:45Casinos,
00:23:46cercles,
00:23:46enfin,
00:23:47les autoriser, quoi.
00:23:48Alors,
00:23:48à force d'être repéré
00:23:49par les physionomistes,
00:23:50je me suis mis
00:23:51à les repérer
00:23:51à mon tour
00:23:52et de fil en aiguille,
00:23:53je le suis devenu.
00:23:55Vous êtes devenu ?
00:23:57Physionomiste.
00:23:57Ah.
00:23:59Mémoire visuelle,
00:24:00le portrait dans l'œil,
00:24:01ça je sais.
00:24:02Mais Robert Mazira et vous,
00:24:05expliquez-moi un peu.
00:24:06C'est un flambeur.
00:24:08Mazira, joueur ?
00:24:09Mesdames,
00:24:10il venait chez nous.
00:24:12Et régulièrement.
00:24:13Cercle privé chez nous.
00:24:15C'est moi qui surveille
00:24:17les entrées.
00:24:18Alors je l'ai repéré
00:24:18tout de suite.
00:24:19Deux fois par semaine.
00:24:21Et il gagne ?
00:24:23Ce serait bien le premier.
00:24:25Seulement lui,
00:24:26la différence avec les autres,
00:24:27c'est que plus il perd
00:24:28et mieux ça va.
00:24:30On dirait que ça lui fait plaisir.
00:24:31Non.
00:24:32Plus il perd, vraiment ?
00:24:33Des fois, ça l'entraîne.
00:24:35Il veut vérifier.
00:24:36Alors il remet ça.
00:24:37Et si la poisse continue,
00:24:39alors là, c'est la nouba.
00:24:41Moi, il me doit
00:24:41un bon paquet.
00:24:43Et comme ça traînait,
00:24:44forcément,
00:24:44je suis venu
00:24:45pour les réclamations.
00:24:46Parce que la vieille,
00:24:47celle qui est morte,
00:24:48c'est elle qui banquait.
00:24:49Je le sais,
00:24:50j'ai eu des chèques,
00:24:50je suis au courant.
00:24:51Chez nous,
00:24:52il se faisait appeler,
00:24:53il se fait appeler
00:24:53d'ailleurs toujours,
00:24:54l'antimidas Bob.
00:24:55l'antimidas.
00:24:57Remarquez que moi,
00:24:57je n'ai rien contre lui.
00:24:58Il m'a réglé.
00:24:59Tenez, voici le chèque.
00:25:07Oui, merci.
00:25:08Oui, entrez.
00:25:10Dans une seconde, Mareuil.
00:25:12Je vous reconvoquerai probablement.
00:25:14Si cela vous amuse.
00:25:16En tout cas,
00:25:17vous avez vu.
00:25:18Citons votre coup de fil,
00:25:19j'étais là.
00:25:20C'est au plaisir.
00:25:31Mais à votre avis,
00:25:32Mareuil,
00:25:33Robert Mazira est-il homme
00:25:34à pousser une vieille dame
00:25:36dans la scène?
00:26:05Sous-titrage Société Radio-Canada
00:26:16Sous-titrage Société Radio-Canada
00:26:48Le Blanc a obtenu confirmation
00:26:50du suicide d'Angèle Mazira
00:26:52par les témoignages
00:26:54d'un pittoresque clochard,
00:26:55Janvier,
00:26:56ce qui reste sujet à caution.
00:26:59Le commissaire Lambert
00:27:00n'aurait qu'à refermer
00:27:01tristement le dossier
00:27:02s'il ne découvrait
00:27:04une bizarrerie
00:27:05du comportement
00:27:06chez Robert Mazira,
00:27:08neveu de la disparue.
00:27:10Celui-ci jouait gros jeu
00:27:11et dès la mort de sa tante,
00:27:13il a réglé toutes ses dettes.
00:27:15N'aurait-il pas accéléré
00:27:16le cours du destin?
00:27:22Ève, ça fait vraiment plaisir.
00:27:25Qu'est-ce qui fait plaisir?
00:27:26Je suis dans le journal en photo.
00:27:27Oh, mon chou, ça c'est épatant.
00:27:29Irène va en faire une jaunisse.
00:27:31Écoute, alors ça,
00:27:31si quelqu'un doit en faire
00:27:32une jaunisse,
00:27:33je ne pense pas
00:27:33que ce soit Irène.
00:27:35C'est bien une photo de moi,
00:27:36mais il y a une erreur de légende.
00:27:37D'après ce,
00:27:37tu aurais épousé
00:27:38Jacques Stenkerk,
00:27:39dit pépé l'orgueil,
00:27:40escroc international
00:27:41et proxénète.
00:27:42Oh, cette histoire,
00:27:44cette histoire.
00:27:45Je commence à le rafard
00:27:46dessus la tête de cette histoire.
00:27:47Les premiers jours,
00:27:48bon, maintenant, zut.
00:27:49Oh, on parle de toi, là.
00:27:51Je vais acheter
00:27:51un autre exemplaire,
00:27:52je vais découper ça,
00:27:53je vais le coller
00:27:53et je vais tout de même
00:27:54le montrer à Irène.
00:27:55Non, non, attends, attends.
00:27:56La disparition de Louis-Janvier,
00:27:57clocheur de son état,
00:27:58seul témoin du suicide
00:27:59de l'excentrique vieille dame,
00:28:00ne manquera pas
00:28:01de faire rebondir une affaire
00:28:02que les services de police
00:28:03semblaient vouloir
00:28:04classer un peu prématurément.
00:28:06Janvier disparu.
00:28:07À première nouvelle,
00:28:08on pourrait me prévenir.
00:28:09Mais mon chéri,
00:28:09c'est à ça que ça sert, le journal.
00:28:11Ça y est, tu es prévenu.
00:28:12Oui, j'y vais.
00:28:16Allô?
00:28:18Non, écoute.
00:28:19Non.
00:28:21Écoute.
00:28:23Oh!
00:28:32Mais qu'est-ce qu'il y a?
00:28:34Tu as l'air bouleversée.
00:28:35C'est Irène.
00:28:37Elle a acheté le journal.
00:28:38Un autre journal.
00:28:39Et ils ont commis
00:28:40la même erreur?
00:28:41Non, non.
00:28:43La légende est bonne.
00:28:45Mais à la place de ta photo,
00:28:47il paraît que c'est
00:28:47celle d'un clochard.
00:28:52Vos excuses ne me suffisent pas.
00:28:54Je veux une rectification.
00:28:56Non, mais je ne vous remercie
00:28:56même pas, c'est tout à fait normal.
00:28:58C'est insensé, non?
00:29:00Eh bien, eh bien, Lander.
00:29:01Le tout, la vulnérable Lander.
00:29:03Je ne vous ai jamais vu
00:29:04aussi accro,
00:29:05pour une malheureuse erreur.
00:29:06Ah non, deux, excusez-moi.
00:29:07Bon, coïncidence.
00:29:08J'apprends par le journal
00:29:09que l'affaire Mazira
00:29:10a été classé d'une part
00:29:11et d'autre part
00:29:11que le témoin numéro un a disparu.
00:29:13Si je compte le père,
00:29:14la mère, le mari,
00:29:15Angèle et Jean-Bier,
00:29:16nous en sommes
00:29:17à sainte disparition.
00:29:18Six.
00:29:19Il y a un oncle
00:29:20qui s'est volatilisé
00:29:21dans les étangs du Arctique
00:29:22au début du siècle.
00:29:23C'est une famille comme ça.
00:29:24Il y a quelque part
00:29:25une pape qui les avale.
00:29:27De toute manière,
00:29:28on laisse tomber.
00:29:29J'ai une affaire
00:29:30vous proposer,
00:29:30quelque chose
00:29:31qui vous passionnera.
00:29:32Une histoire de trafic.
00:29:34Oui ?
00:29:37Excusez-moi,
00:29:38M. Martial,
00:29:39on vient me téléphoner.
00:29:40Il y a eu une explosion.
00:29:40Une explosion ?
00:29:41Ben, ça concerne
00:29:42plutôt les pompiers.
00:29:43On verra ensuite.
00:29:44C'est ce que j'ai répondu,
00:29:45mais comme c'est arrivé
00:29:46chez les Mazira...
00:29:48Bon, allons-y.
00:29:53Excusez-moi, Martial.
00:29:53Téléphonez-moi
00:29:54dans l'après-midi.
00:29:55Entendu.
00:30:00Et voilà.
00:30:02Des semaines de travail
00:30:03gâchées, fiches et sales.
00:30:08Une commande.
00:30:09Un Américain.
00:30:13Et ça.
00:30:14À quoi ça ressemble,
00:30:15maintenant ?
00:30:15Vous pouvez me le dire ?
00:30:17Ah, non.
00:30:18Et avant ?
00:30:19Vous ne voyez pas ?
00:30:20Eh, non.
00:30:21Et quinox ?
00:30:23Ah, oui.
00:30:26Ah, ben,
00:30:27dis-moi,
00:30:27il marche.
00:30:29Et tout ça,
00:30:30pourquoi ?
00:30:31À cause des Mazira.
00:30:33C'est une vengeance,
00:30:34vous comprenez ?
00:30:35Je n'aime pas du tout,
00:30:36mais de là
00:30:36faire sauter l'atelier,
00:30:37ben, non.
00:30:39Du reste,
00:30:39ils sont très gentils,
00:30:40les Mazira.
00:30:41Oui, oui,
00:30:41ils sont très gentils
00:30:42et pas rétrogrades
00:30:43pour dessous.
00:30:44Des rêveurs,
00:30:44des naïfs,
00:30:45mais pas des criminels.
00:30:47On n'essaye pas
00:30:47de tuer des gens
00:30:48lorsqu'on invente
00:30:49des fleurs,
00:30:49des points de tricot
00:30:50et des cannes lumineuses
00:30:51pour aveugles.
00:30:52Vous les aimez,
00:30:53c'est votre droit.
00:30:54Moi aussi,
00:30:54je les aimais,
00:30:55ces imbéciles.
00:30:56En principe,
00:30:57ils ne feraient pas
00:30:57de mal à une mouche.
00:30:58Mais rien ne vous dit
00:30:59qu'un jour ou l'autre,
00:31:00ils ne découvriront pas
00:31:00que vous êtes un ennemi
00:31:01des mouches.
00:31:02Et alors là,
00:31:04boum !
00:31:04M. Taderski,
00:31:06je suis policier.
00:31:07Alors,
00:31:07vos spéculations intellectuelles,
00:31:10je veux des faits,
00:31:11des preuves,
00:31:12des heures,
00:31:13des mobiles.
00:31:14Figuratif.
00:31:16Bon,
00:31:17je vais te passer
00:31:18une semaine
00:31:18au Guatemala.
00:31:20Une église à décorer.
00:31:22Je rentre
00:31:238h30 du matin.
00:31:26Robert a ses fenêtres.
00:31:27Il me fait
00:31:28un signe amical
00:31:29de la main.
00:31:30Le premier,
00:31:31depuis 14 mois
00:31:32et deux semaines.
00:31:33Il ferme ses persiennes.
00:31:35Je rentre dans l'atelier.
00:31:37Je réfléchis.
00:31:38C'est long.
00:31:40Et puis,
00:31:41je prends le chalumeau
00:31:41et je l'allume.
00:31:42Et boum,
00:31:43panamoum !
00:31:43C'était dans le chalumeau.
00:31:45Et le signe amical
00:31:46n'était à mon avis
00:31:47qu'un signe d'adieu.
00:31:48Mais,
00:31:49ce chalumeau,
00:31:50une invention de Robert
00:31:51du temps de notre amitié.
00:31:53Ça pompe l'oxygène de l'air
00:31:54et l'hydrogène de l'eau.
00:31:55Ça refait de l'eau
00:31:56et de l'air
00:31:57et c'est gratuit.
00:31:58Et ça marche ?
00:31:59Bon,
00:31:59des fois.
00:32:02Mais ce matin...
00:32:04La preuve.
00:32:18Mademoiselle,
00:32:18je suis navré,
00:32:19mais ce que j'ai à vous dire
00:32:20n'est pas totalement dénué
00:32:21d'importance.
00:32:22Monsieur le commissaire,
00:32:22je vous ai demandé
00:32:23un peu de patience.
00:32:24Dès que ma soupe est prête,
00:32:25je suis à vous.
00:32:26Et vous n'allez pas
00:32:27éplucher tout ça ?
00:32:28Ici ?
00:32:29Pour vous ?
00:32:30Non.
00:32:31Mais non,
00:32:31c'est pour la soupe des oiseaux
00:32:32dans le jardin.
00:32:33Vous n'allez pas défendre
00:32:34un seul petit bote
00:32:35de mes ma soupe,
00:32:35si vous l'aime.
00:32:36Mademoiselle Mazira,
00:32:37un attentat a été commis
00:32:38ce matin
00:32:39contre monsieur Gabriel Tadersky,
00:32:40votre locataire.
00:32:41Il vous soupçonne.
00:32:43C'est grave.
00:32:44C'est très grave.
00:32:46Non,
00:32:46bien sûr que c'est grave
00:32:47de soupçonner le monde,
00:32:48mais lui,
00:32:48il est fou.
00:32:50Et à quelle heure ?
00:32:518h15.
00:32:53Ah,
00:32:53ben justement,
00:32:54je faisais mes courses.
00:32:54J'étais à l'autre bout de Paris,
00:32:56rue Mouffetard.
00:32:57Oui,
00:32:58c'est un taxi qui vient me prendre
00:32:58tous les mardis
00:32:59et tous les vendredis.
00:33:00Il vous confirmera.
00:33:01Pourquoi ?
00:33:02Vous faites vos courses
00:33:03rue Mouffetard ?
00:33:04Bien sûr,
00:33:05c'est beaucoup moins cher.
00:33:06Oui,
00:33:06mais le taxi,
00:33:08enfin,
00:33:08vous devez bien payer le taxi,
00:33:09non ?
00:33:10Il n'y a pas que l'argent
00:33:11dans la vie,
00:33:12mon petit.
00:33:13Il y a aussi les principes.
00:33:15Et votre neveu ?
00:33:16Oh,
00:33:17un soupçonneur.
00:33:18Pourquoi un soupçonneur ?
00:33:19Premièrement,
00:33:20parce que c'est un Mazira.
00:33:21Deuxièmement,
00:33:22parce que c'est Robert.
00:33:24Et troisièmement,
00:33:25parce qu'il a quitté la maison
00:33:26à 8h45.
00:33:27C'est-à-dire,
00:33:28avant que ce monsieur Taderski
00:33:29n'ait prouvé le besoin
00:33:30d'attirer une fois de plus
00:33:31l'attention sur lui.
00:33:32On fait du bruit
00:33:33comme on peut.
00:33:34Mademoiselle,
00:33:34l'absence de votre neveu
00:33:36à l'heure précise
00:33:36où l'attentat a été commis
00:33:37ne l'innocente pas.
00:33:39Taderski était en voyage
00:33:40depuis une semaine,
00:33:41il me l'a dit.
00:33:42On a très bien pu
00:33:42s'introduire dans l'atelier
00:33:44et saboter je ne sais trop quoi.
00:33:45Mais c'est stupide !
00:33:47Mais on prend les clés
00:33:48de l'atelier !
00:33:48Je connais l'ingéniosité
00:33:49de votre neveu.
00:33:51Je ne pense pas
00:33:51qu'un inventeur comme lui
00:33:57dira.
00:33:58Eh ben voilà !
00:33:59Ça c'est intelligent !
00:34:00Attendez-le !
00:34:02Oh !
00:34:03Vous ne savez pas
00:34:03ce que vous devriez faire
00:34:04tous les deux ?
00:34:05Au lieu de rester plantés là,
00:34:06vous devriez m'aider à éplucher
00:34:07mes légumes !
00:34:07Oh écoutez mademoiselle !
00:34:09Oui au fond, pourquoi pas ?
00:34:10Qu'est-ce qu'on doit attendre ?
00:34:11Bon ouais, faites comme vous voulez
00:34:12Marie, attendez-le ici
00:34:13mais moi je retourne
00:34:14pas du sculpteur !
00:34:15Merci !
00:34:16Oh !
00:34:18Ah !
00:34:18Ah !
00:34:19Madameoiselle !
00:34:23Vous êtes sûr ?
00:34:24Oui !
00:34:25Ah !
00:34:25Vous savez ce qu'il me raconte ?
00:34:27Ça vient du gaz !
00:34:28Ces brigands me l'ont coupé
00:34:29il y a deux mois
00:34:30ils l'ont rétabli
00:34:30sans me prévenir !
00:34:31Et pourquoi ?
00:34:32Pour que...
00:34:32Bam !
00:34:33J'ai fait marteler
00:34:34les canalisations !
00:34:35De toute manière
00:34:35l'installation n'est pas
00:34:36réglementaire
00:34:36il n'y a pas de compteur !
00:34:38Chez eux !
00:34:39Il est chez eux le compteur !
00:34:41Ah bon !
00:34:42Ah je comprends tout !
00:34:43Ils savaient comprenez-vous !
00:34:44Ils savaient que j'allais exploser !
00:34:47On ouvre son compteur
00:34:48mais on ferme les persiennes
00:34:50avant de partir !
00:34:51Il y a autre chose !
00:34:52On vient de retrouver
00:34:53un radiateur à gaz justement !
00:34:54C'est le mien !
00:34:55Où l'avez-vous retrouvé ?
00:34:56Par là !
00:34:57Quelqu'un l'a saboté !
00:34:59Oh magnifique !
00:35:01Oh formidable !
00:35:03Mais c'est génial tout simplement !
00:35:06Quelle allure ça !
00:35:07Quel genre de sabotage ?
00:35:09Regardez !
00:35:11On l'a fait sauter le robinet !
00:35:13Mais c'est un criminel !
00:35:23C'est la matérialisation
00:35:24de l'apocalypse tout simplement !
00:35:26Je vous en prie Taderski
00:35:28vous donnerai libre cours
00:35:28à vos divagations un peu plus tard !
00:35:30Dites-moi simplement
00:35:31si vous pensez que Robert Mazira
00:35:33a pu s'introduire chez vous
00:35:34en votre absence
00:35:35pour enlever le robinet
00:35:36de cet appareil !
00:35:37Impossible !
00:35:41Le robinet !
00:35:43Il est là !
00:35:45C'est moi qui l'ai démonté !
00:35:46J'avais besoin d'une moustache !
00:35:48Enfin c'est !
00:35:49Il faut être dément !
00:35:50Puisque le gaz était coupé !
00:35:52On pouvait le remettre !
00:35:53La preuve !
00:35:54On peut aussi prévenir !
00:35:56Et un débit pareil !
00:35:56Ça va se sentir non ?
00:35:58Oui !
00:35:59Mais en effet !
00:36:02En effet maintenant que vous me le dites !
00:36:04Il y avait une odeur !
00:36:07Une forte odeur !
00:36:09Je me suis demandé si c'était pas du gaz !
00:36:11Bon alors ?
00:36:12Alors monsieur le fonctionnaire !
00:36:13Un artiste ne s'occupe pas des odeurs
00:36:16lorsqu'il crée !
00:36:17Oui bien entendu !
00:36:19Oui je crois que je ne vais pas pouvoir
00:36:20rester davantage mademoiselle !
00:36:22Oh que le dommage !
00:36:23Nous nous entendions si bien !
00:36:24Vous savez !
00:36:25Robert ne sort jamais très longtemps
00:36:26ou alors il laisse un mot !
00:36:28Et bien quand il rentrera
00:36:28vous lui demanderez de passer
00:36:29au commissariat de police là
00:36:30je vous note la bresse !
00:36:32Merci !
00:36:33Voilà !
00:36:34Et qu'il demande ma reuille !
00:36:35Oui c'est moi !
00:36:39Je ne le garderai pas très longtemps !
00:36:41J'en suis convaincue !
00:36:42Au revoir mademoiselle !
00:36:43Au revoir !
00:36:45Au revoir !
00:36:48Quel charmant jeune homme !
00:36:54Ça devient hallucinant !
00:36:56Le service du gaz prétend avoir été reçu
00:36:58par mademoiselle Mazira ce matin à 9 heures !
00:37:00C'est une erreur !
00:37:01Elle dit qu'elle est à l'amour !
00:37:01Ah oui elle dit !
00:37:02Elle dit !
00:37:02Oui elle dit !
00:37:03Mais sait-elle bien ce qu'elle dit !
00:37:04Et dans ce cas-là dit-elle la vérité !
00:37:06Angèle Mazira nous annonce son suicide !
00:37:08Mais est-ce bien Angèle Mazira ?
00:37:10Elle est imprimeur !
00:37:11Nous avons son témoignage formel !
00:37:14Formel !
00:37:14Ah ça m'a reuille alors les témoignages !
00:37:17L'imprimeur a reçu la visite d'une vieille femme
00:37:20le visage dissimulé par une voilette !
00:37:22Je vous concède qu'elle a reconnu Angèle !
00:37:24Mais enfin sous un voile, une sœur,
00:37:26il existe un certain air de famille non ?
00:37:28Mais oui mais pourquoi ?
00:37:29Pourquoi ?
00:37:30C'est Angèle qui tenait les cordons de la bourse !
00:37:32Les inventions de Robert lui coûtent une fortune !
00:37:36Par ailleurs ce doux rêveur, ce poète est également un joueur
00:37:39qui se fait appeler l'antimidas !
00:37:41C'est curieux non ?
00:37:43Il a réglé toutes ses dettes le lendemain du suicide de sa tante
00:37:46laquelle a effectué un virement massif sur son compte,
00:37:49sur le compte de son neveu, peu avant sa disparition !
00:37:52Mais j'ai vérifié moi-même !
00:37:53C'est normal, elle veut disparaître, elle aime son neveu,
00:37:56elle fait tout ce qu'elle peut pour l'aider !
00:37:58Peut-être l'a-t-il menacée ?
00:38:00Contrainte !
00:38:01Mais non mais non, elle en aurait parlé à son clochard !
00:38:03Qui peut-être un complice de Robert !
00:38:05Oh bien sûr, avec décider peut-être !
00:38:07Et d'ailleurs sans ce malheureux accident, le dossier était classé !
00:38:10Non, Mazira va venir, je l'ai convoqué, il s'expliquera,
00:38:13et je crois que pour cette fois c'est moi qui vois juste !
00:38:15Eh ben je l'espère !
00:38:16Non si si, moi je le souhaite sincèrement !
00:38:18S'il se rend à votre convocation...
00:38:20J'admettrai la thèse de l'accident !
00:38:22Quelle thèse ?
00:38:23Mais ça crève les yeux, quoi d'autre ?
00:38:25Tedersky savait peut-être des choses,
00:38:27des choses compromettantes pour vous protéger !
00:38:35Je te serre !
00:38:37Un pneumatique !
00:38:38Pour qui ?
00:38:39Je ne sais pas, c'est Marquis Commissariat !
00:38:40Bon madone, tiens !
00:38:42Tu veux une tablette ?
00:38:44Ah oui monsieur !
00:38:45Tiens !
00:38:45Merci monsieur !
00:38:46Pas de quoi !
00:38:47Un croissant de...
00:38:55Mon dieu, faut que ça tombe sur moi ça !
00:38:59Et le blanc, viens voir, viens voir !
00:39:02J'ai des convocations à terminer pour mercredi, tu...
00:39:04Tu peux pas porter ça au patron, s'il te plaît, très gentil hein !
00:39:10Je vais faire un coup de sang le patron !
00:39:12C'est Mazira qui nous met un mot !
00:39:15Il a décidé de disparaître !
00:39:18En fait, il va biener pour nous !
00:39:29En suite...
00:39:33Je vous remercie !
00:39:33Je vous remercie !
00:39:35Je vous remercie !
00:39:41J'ai vu une fois !
00:39:41J'ai vu une prête !
00:39:44Non plus, j'ai vu une prête !
00:39:45Dès que j'ai vu une prête !
00:39:45J'ai vu une prête !
00:39:47Je vous remercie !
00:40:14Sous-titrage MFP.
00:40:28Est-ce Robert Mazira qui, avant de disparaître, a fait sauter l'atelier de son locataire, le sculpteur Gabriel Taderski
00:40:35?
00:40:36Et si cela était ? Ne serait-ce pas qu'il en savait trop long sur la disparition d'Angèle
00:40:41?
00:41:10Dis, Mareuil, quand tu auras fini, on pourra faire une partie de vie. J'ai trouvé un paquet là-bas.
00:41:16Allons, le blanc, allons, allons. Dites-moi plutôt si vous avez trouvé quelque chose d'intéressant là-dedans.
00:41:22C'est plutôt le superfouillis, monsieur le commissaire.
00:41:25Des recettes de cuisine, des poèmes, un alphabet, des centaines de gadgets, mais enfin rien de très intéressant.
00:41:33Oh, c'est formidable. Le ciel expliqué aux enfants et l'astronomie sont en difficulté.
00:41:41Fais voir.
00:41:43Mais je t'ai un oeil.
00:41:44Pardon.
00:41:45Très chouette.
00:41:46Mars, Vénus, la Voie lactée, Andromède, Orion.
00:42:00Ça j'en étais sûr.
00:42:03Mazira Stella.
00:42:07Ils se sont même inventé une étoile.
00:42:09Ce doit être là qu'ils se retrouvent tous.
00:42:11Ils ne meurent pas, ils disparaissent et en route pour Mazira Stella.
00:42:18Alors qu'est-ce qu'on fait ici puisqu'on pense la même chose ?
00:42:21C'est plutôt moche de fouiller là-dedans.
00:42:23Ben nous ne sommes pas sur leur petite planète, Mareuil.
00:42:25Nous sommes sur la nôtre.
00:42:27Et jusqu'à nouvel ordre, nous avons à accomplir un certain nombre de choses.
00:42:31Comme par exemple, d'établir si Robert n'est qu'un doux maniaque qui a fait une fugue,
00:42:36ou l'assassin en fuite d'une vieille dame très charmante.
00:42:40Pour être sincère, je penche pour la première hypothèse.
00:42:43Bon, allez les enfants, on rentre à la maison.
00:42:45Vous me remettez un peu d'ordre dans tout ça.
00:42:47Ah, et surtout Mareuil, n'oubliez pas la clé sous le paillasson.
00:42:51Sous le paillasson, la clé, je n'oublierai pas.
00:42:58Allô, oui, j'écoute.
00:43:02Non, mademoiselle, monsieur Robert Mazira est absent.
00:43:05C'est à quel sujet ?
00:43:09Allô, mademoiselle, c'est à quel sujet ?
00:43:11Allô ?
00:43:24Dis donc, je vais finir par croire que c'est toi qui as raison et que je m'y prends
00:43:27mal avec les demoiselles.
00:43:29Bon, ça va, ça va.
00:43:30Colette, où est-ce que j'ai vu ça, Colette, moi ?
00:43:34Ah, mais j'y suis.
00:43:39Colette.
00:43:41Voilà, Colette, 468, 10, 10.
00:43:44Qu'est-ce que c'est déjà, ça, le 468 ?
00:43:46Dis, Mareuil, le 468, c'est bien eu, non ?
00:43:49Non, non, invalide.
00:43:52J'ai bien envie de rappeler.
00:43:55Si tu veux vraiment savoir quelque chose, c'est pour moi.
00:44:00Tu vas t'amuser.
00:44:05De vraies petites femmes de ménage.
00:44:10Encore mieux rangées qu'avant notre arrivée.
00:44:15Allô, 468, 10, 10.
00:44:17Colette, allô ?
00:44:19Eh bien, non, non, je voudrais parler à Colette.
00:44:22Et pourquoi, il y en a plusieurs ?
00:44:25Eh bien, eh bien, oui, c'est de la part du petit poussé des Batignolles, oui.
00:44:32Ah, excusez-moi.
00:44:35C'est une agence de voyage.
00:44:37Ben oui, tu es beaucoup plus fort que moi.
00:44:48Vous les avez rappelés ?
00:44:49Ben, nous, on voulait, on voulait d'abord vous en parler.
00:44:52Ben, ça y est, vous m'en avez parlé.
00:44:54Alors maintenant, tâchez de savoir s'il y a quelque chose d'intéressant de ce côté-là,
00:44:57ce qui m'étonnerait d'ailleurs.
00:44:59Un nom à côté d'un numéro de téléphone,
00:45:01on rêve un peu et puis on s'aperçoit qu'il n'y avait aucun rapport entre eux.
00:45:05C'est-à-dire que...
00:45:08Écoute, dis-lui, toi.
00:45:10Non, non, non, moi, je m'excuse, mais je suis pour rien.
00:45:12Alors, voilà.
00:45:13Non, mais c'est fini, tous ces mystères.
00:45:16Ben, justement, non.
00:45:17Ben, oui, en partant, j'ai mis les clés sous le paillasson,
00:45:20et il y avait une enveloppe à mon nom.
00:45:39Allô, Martial ?
00:45:41Comment ça a disparu ?
00:45:42Non, j'ai sa lettre sous les yeux.
00:45:44Je vous la lis, hein.
00:45:45Cette vie me paraît tellement absurde
00:45:46que je préfère rejoindre ma pauvre soeur et mon neveu.
00:45:51C'est signé Anna.
00:45:52Ben, Anna Mazira, bien entendu.
00:45:54Il y a longtemps ?
00:45:56Vous avez eu ça au courrier ce matin ?
00:45:57Non, c'était sous le paillasson.
00:46:00Non, le paillasson, chez elle.
00:46:02Vous savez, c'est cette chose qu'on met devant la porte.
00:46:05Voilà, très bien.
00:46:07Marie, venez avec moi.
00:46:16Nous avons fait les recherches.
00:46:18Nous avions une place retenue pour le vol 691
00:46:20à destination de Nice-Côte d'Azur,
00:46:22pour le 16, au nom de Robert Mazira.
00:46:24À Nice, Nice-Monté-Carles-Cassinou.
00:46:26Je vous demande pardon,
00:46:27mais M. Mazira a fait annuler sa réservation.
00:46:30Ah, il n'est pas parti ?
00:46:31Non, nous avions deux annulations pour le 16.
00:46:34Et l'autre, comment s'appelle l'autre personne ?
00:46:36Mlle Colette Gaillon.
00:46:39Merci, Mlle.
00:46:40Au revoir.
00:46:43Votre conduite, Mlle Gaillon,
00:46:44est d'une extraordinaire légèreté.
00:46:47Enfin, la presse a suffisamment parlé de cette affaire
00:46:48pour que vous compreniez qu'il était de votre devoir
00:46:50de nous fournir tous les renseignements en votre possession.
00:46:53Mais quels renseignements ?
00:46:54Je ne savais rien.
00:46:56Je ne sais rien.
00:46:57Enfin, ce voyage, vous êtes tout de même au courant.
00:46:59Nous en avions parlé, oui, plusieurs fois.
00:47:02Mais j'ignorais que Robert avait pris les billets.
00:47:04Ben, vos rapports étaient cependant assez...
00:47:07Enfin, pour que Mazira prenne votre billet,
00:47:09j'imagine qu'il estimait avoir les plus grandes chances
00:47:11de vous voir l'accompagner.
00:47:12Nous étions fiancés.
00:47:14Officiellement ?
00:47:15J'avais été présentée chez lui.
00:47:17Drôle de corvée, oui.
00:47:19Avec ces deux vieilles fées qui ne me quittaient pas du regard
00:47:21comme si j'allais emporter le magot.
00:47:22Quel magot ?
00:47:23Un magot.
00:47:24Je dis ça comme ça.
00:47:25De l'argent, quoi.
00:47:26Assez pour envisager une petite cure de roulette.
00:47:28Monsieur le commissaire ?
00:47:29Non, excusez-moi, Mlle,
00:47:30mais j'ai sur ce point d'autres informations.
00:47:31Elles sont formelles.
00:47:32Il avait ses habitudes dans un cercle privé.
00:47:34C'est là où je l'ai connue.
00:47:36Quoi ?
00:47:37Oui, le soir, je tiens le vestiaire.
00:47:39Il partait toujours le dernier.
00:47:41Il m'a raccompagnée une fois ou deux.
00:47:43Mais tout ce qui l'intéressait,
00:47:44c'était d'écrire un livre
00:47:45pour démontrer qu'on ne peut jamais gagner.
00:47:47Il avait même trouvé un pseudonyme.
00:47:48L'Anti Midas.
00:47:50Oui, Midas, c'est un vieux type
00:47:52qui changeait à nord tout ce qu'il touchait.
00:47:55Robert, c'était L'Anti Midas.
00:47:57Il était contre, quoi.
00:47:59Mais merci, Mlle, je crois que j'avais compris.
00:48:01Mais pourquoi a-t-il décommandé ce voyage ?
00:48:03J'avais rompu.
00:48:06C'est ça qui m'inquiète.
00:48:07Il était si sensible.
00:48:09Mais vous aviez un motif de rompre ?
00:48:11Oui.
00:48:13L'autre.
00:48:15Quel autre ?
00:48:16Mon autre fiancé.
00:48:20Tu aurais pu me le dire,
00:48:22l'expert certifie que là-bas
00:48:23que ma remise janvier est un bijou authentique.
00:48:26Quoi ?
00:48:29La pierre à elle seule
00:48:30vaut plus de 40 000 francs.
00:48:32Et dire qu'il me l'a donné.
00:48:33Et que ce qu'il voulait garder,
00:48:35c'était le sac en papier.
00:48:36Quel monde bizarre, quand même.
00:48:37T'aurais pu me le dire,
00:48:38t'aurais pu me le dire.
00:48:39Moi, j'ai reçu son rapport ce matin.
00:48:40Toi, t'étais chez les dingues.
00:48:42Pourquoi les dingues ?
00:48:43Parce que toi aussi,
00:48:44tu passes de l'autre côté, toi.
00:48:45Mais les types du gaz ont confirmé.
00:48:46D'ailleurs, je voulais te le dire,
00:48:47mais ça m'a sorti de la tête.
00:48:48Et regarde.
00:48:50Ils ont procédé
00:48:51à la remise en fonctionnement
00:48:52le 17 à 8h45.
00:48:54La dame qui les a reçues
00:48:55a signé ce papier-là.
00:48:56Ah, Mazira.
00:49:00Vous permettez ?
00:49:01Ma démarche concerne également
00:49:02une dame, Mazira.
00:49:04Ah ben, voilà quelqu'un
00:49:06à qui vous allait faire plaisir.
00:49:07C'est le commissaire.
00:49:09Et voyons.
00:49:10Le 11,
00:49:11Angèle Mazira quitte la clinique.
00:49:14Passe chez l'imprimeur,
00:49:15fait un virement à son neveu.
00:49:17Le 12,
00:49:19elle passe l'après-midi
00:49:20avec Janvier.
00:49:21À 11h du soir,
00:49:22suicide.
00:49:24Le 13,
00:49:25Robert paye ses dettes.
00:49:26Le 16,
00:49:27il rompt avec Colette.
00:49:29Il annule leur voyage.
00:49:31Janvier disparaît le 17.
00:49:34Explosion du gaz à 9h.
00:49:36Robert disparaît à son tour.
00:49:37Dépression nerveuse
00:49:38d'après Colette,
00:49:39consécutive à leur rupture.
00:49:41Le 18,
00:49:42c'est au tour d'Angèle,
00:49:43etc.
00:49:44Qu'est-ce qu'il y a,
00:49:45Badi ?
00:49:46Ah, faites-moi ça,
00:49:47bien proprement,
00:49:48Mareuil,
00:49:48qu'on essaie de se remettre
00:49:50les idées en place.
00:49:56Eh bien, Badi.
00:49:57C'est un type qui vous attend
00:49:59depuis bientôt une heure.
00:50:00Il fait toutes sortes de secrets.
00:50:01Il veut vous voir personnellement.
00:50:02Non, demain.
00:50:02Aujourd'hui,
00:50:02j'en ai ma claque.
00:50:03Mais c'est au sujet de Mazira.
00:50:05Mais alors,
00:50:05vous ne pouviez pas le dire plus tôt.
00:50:06Voyons tout de suite.
00:50:15Bonjour, monsieur.
00:50:16C'est vous qui avez demandé
00:50:17à me parler ?
00:50:18Oui, monsieur.
00:50:19Ah, très bien.
00:50:19Suivez-moi.
00:50:27J'ai demandé à l'entretien personnel,
00:50:28vous allez comprendre.
00:50:30Banque de la Seine et du Rhône,
00:50:31directeur de l'Agence de Paris,
00:50:32André Jérôme,
00:50:33c'est moi.
00:50:34Je dois à mes clients
00:50:35une discrétion à toute épreuve,
00:50:36cependant les circonstances...
00:50:38Oui, très bien.
00:50:39Rassurez-vous,
00:50:39vous avez pris
00:50:40toutes les précautions oratoires possibles.
00:50:42Maintenant,
00:50:42passons au motif de votre démarche.
00:50:44Je vous en prie, monsieur.
00:50:45Asseyez-vous.
00:50:47On m'a laissé entendre
00:50:48que les Mazira...
00:50:49Exactement.
00:50:51Voici cinq chèques
00:50:54tirés du comte d'Angèle Cornuyer,
00:50:57veuve et tragiquement disparu,
00:50:59et signés Mazira.
00:51:01Ah, Mazira.
00:51:03Faux nom,
00:51:04fausse signature.
00:51:09Ce sont de petits chèques.
00:51:11Entre 2000 et 4000 anciens francs.
00:51:14Le montant n'a pas d'importance.
00:51:15Le compte est bloqué, monsieur.
00:51:17Celui d'une vue également.
00:51:18Et si mademoiselle Anna Mazira
00:51:20est de votre clientèle,
00:51:21je vous annonce que son compte
00:51:22est également à Mazira.
00:51:24Anna.
00:51:25Elle aurait tiré de l'argent
00:51:26sur le compte de la disparue ?
00:51:28Si vous parlez de la soeur,
00:51:30monsieur le commissaire,
00:51:31effectivement,
00:51:31elle est de mes clients.
00:51:32Mais ce n'est pas sa signature.
00:51:34J'ai vérifié,
00:51:35et dans son cas,
00:51:36tout de même,
00:51:36je pense que le deuil
00:51:37lui aurait coupé l'appétit.
00:51:40Or,
00:51:40tous ces chèques modestes
00:51:41règlent de petits...
00:51:42Enfin,
00:51:43de petits gueuletons,
00:51:43si vous permettez
00:51:44cette audace de langage.
00:51:46J'ai téléphoné
00:51:47aux restaurateurs intéressés,
00:51:48et c'est toujours
00:51:49la même réponse.
00:51:50Une vieille dame
00:51:51qui a un joli coup de fourchette,
00:51:53qui ne prend pas de décès,
00:51:55mais qui prend son café
00:51:56avec trois sucres
00:51:57et qui paie par chèque.
00:51:58de la fin.
00:53:08Après sa sœur Angèle et son neveu Robert,
00:53:12Anne Mazira a également disparu en prévenant de sa décision le commissaire Lambert.
00:53:17Celui-ci ne dispose plus pour lever le voile que d'une seule journée et d'une seule piste.
00:53:24Celle de la vieille dame gourmande qui paie par chèque sans provision.
00:53:30Il y a bien trois ans que ça ne s'était pas arrivé de travailler le soir.
00:53:35A ton avis, quel genre de vieille dame peut-être à la fois payer par chèque sans provision...
00:53:40Une escroc.
00:53:41Non, écoute, mon rêve le chui, mon chéri.
00:53:43D'abord, escroc est invariable.
00:53:46Ensuite, tu as tout ton temps, ce n'est pas un jeu télévisé.
00:53:49Chèque sans provision, premier point.
00:53:52Deuxième point, jamais de décès.
00:53:57Diabétique.
00:53:58Mais oui, mais voilà !
00:54:01Or, si les Mazira n'ont pas réinventé la médecine, quelqu'un les soigne.
00:54:04Et si quelqu'un les soigne, je le saurai par le médecin de famille.
00:54:07Oui, mais comment le trouveras-tu ?
00:54:10La routine, sécurité sociale.
00:54:13Mais pas eux, pas des inventeurs rentiers.
00:54:16Nous referons une perquisition.
00:54:22Oh là là là, je ne me souvenais plus de ça.
00:54:24Quelle barbe là !
00:54:25Pas de dessert, mais trois sucres dans le café.
00:54:27Non, c'est noté là, toutes les déclarations concordes.
00:54:31C'est une vieille dame, probablement diabétique, et qui adore le café avec trois sucres.
00:54:36Ça n'a rien à voir, mon chou.
00:54:38C'est très féminin, je t'affirme.
00:54:40Pâtisserie, non.
00:54:41Trois sucres, oui.
00:54:43Et que le diabète se débrouille.
00:54:45Allons, commissaire, oublie ce café.
00:54:47Il va t'empêcher de dormir.
00:54:50Les Mazira, perron !
00:54:52Quel Mazira !
00:54:53Ça fait deux jours que je pleure à leur porte.
00:54:55À genoux.
00:54:56Rien !
00:54:57Amenez-moi les Mazira, je remballe tout et je m'arrange avec eux.
00:55:00Tous les compteurs coupés, tous.
00:55:03Je ne vous parle pas de l'artiste, l'artiste il y en a vu d'autres.
00:55:05Mais l'homme, la bête, il faut que ça mange.
00:55:07Des choses cuites, il faut que ça boise.
00:55:10Qu'est-ce que c'est que ça, qu'est-ce que ça signifie ?
00:55:12Ah, la l'autre.
00:55:13Non mais dites-donc, vous avez envie de passer quelques jours à l'abri ?
00:55:16Exactement, comme tous les gens civilisés.
00:55:17Un abri, l'eau, le gaz.
00:55:21Ah ben dis.
00:55:26Bon.
00:55:35Qu'est-ce qu'ils veulent ?
00:55:36Les Mazira ont fermé les compteurs, ils prétendent qu'on doit l'héberger.
00:55:39Bon, alors faites tout remballé par les agents et faites-le reconduire.
00:55:46C'est incroyable, ça.
00:55:48C'est elle ?
00:55:53Marie !
00:55:59Ah, tâchez de me trouver l'adresse du médecin personnel des Mazira.
00:56:03Vous lui téléphonerez aussitôt pour lui demander si Anna Mazira est diabétique et vous m'appelez.
00:56:08D'accord.
00:56:09Ah, Mareuil, vous savez où sont les clés ?
00:56:12Oui, sous le paillasson.
00:56:23Ben alors, il n'y a pas de clé.
00:56:27Sinon qu'on parle là-dedans.
00:56:37Excusez-moi, monsieur, du calme.
00:56:38Si vous voulez bien patienter quelques minutes, j'ai déjà deux personnes qui visitent.
00:56:48Allô ?
00:56:49Un quoi ?
00:56:51Un agent immobilier ?
00:56:52Mais qu'est-ce qu'il fabrique là ?
00:56:56Ah bon, dites-moi, et pour le docteur ?
00:56:59Pas de diabète.
00:57:01Ni l'une ni l'autre.
00:57:03Bon, merci.
00:57:04Bon, ben alors, faites sortir les visiteurs et ramenez les clés, hein.
00:57:07Mais je ne sais pas, mon vieux, débrouillez-vous.
00:57:12Un agent immobilier a été chargé de vendre la maison.
00:57:14Par lettre.
00:57:16Une lettre qui précisait qu'on trouverait les clés sous le paillasson.
00:57:18Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ces gens-là ?
00:57:20Vous m'avez demandé jusqu'à demain en m'annonçant une idée.
00:57:23Oui, voilà, c'est très simple et c'est même trop simple.
00:57:26La signataire des chèques ne règle de cette manière qu'une seule et même nature de dépense.
00:57:30De somptueux petits baltazards dans les meilleurs établissements.
00:57:33D'après le directeur de l'agence bancaire, il ne reste qu'un seul chèque dans le carnet de la
00:57:38vieille dame.
00:57:39J'ai demandé à la chambre syndicale des restaurateurs d'alerter ses affiliés
00:57:44et de me prévenir s'ils recevaient un chèque signé à Mazira.
00:57:48Puisque vous ne m'accordez qu'une seule soirée, j'attendrai ici toute la nuit s'il le faut.
00:57:59Rien de spécial, patron ?
00:58:01Non, non, non, non, à demain, je ferai la fermeture.
00:58:04Tiens, j'en ai, là, vous les connaissez ceux-là.
00:58:06Je sais pas qu'ils soient difficiles, mais ils n'en finissent plus.
00:58:08Ah, ben tant mieux, ça occupe.
00:58:09Bon, ben je vous laisse les clés.
00:58:10Oui, merci.
00:58:11Bonne nuit.
00:58:13C'est ça, bonne nuit à venir.
00:58:15C'est ça, bonne nuit.
00:58:55S'il vous plaît.
00:58:56On va bien voir sa signature sur le chèque.
00:59:03Merci.
00:59:04C'est bien ça.
00:59:05Je vous apporte votre café dans deux minutes.
00:59:07Avec trois sucres.
00:59:08Un kilo, si vous voulez.
00:59:15Mazira.
00:59:17Mazira, je crois bien que c'est ce nom-là.
00:59:23Allô ?
00:59:23Oui, j'écoute.
00:59:26Ah, très bien, vous avez bien fait.
00:59:28Non, non, retenez-la.
00:59:29Ah, retenez-la, j'arrive.
00:59:36Le café filtre, c'est meilleur, mesdames, c'est plus long à passer.
00:59:40Nous avons toute la vie, mon bon monsieur.
00:59:43Vous m'en auriez demandé, des macarons, j'en ai.
00:59:46Mais pas de comme ça.
00:59:48Ils sont spéciaux.
00:59:50Je les ai chippés.
00:59:51Mais c'est pas bien ça, madame.
00:59:54Mademoiselle.
00:59:54Oh, pardon.
01:00:00Où est-elle ?
01:00:01C'est la dame qui est toute seule là-bas à la table.
01:00:07Je peux m'asseoir ?
01:00:09Enfin, je veux dire, à votre table, madame ?
01:00:12Mademoiselle.
01:00:13Ah, pardon.
01:00:14Il faut que je le répète à tout le monde.
01:00:16Mademoiselle et veuve.
01:00:19Et veuve.
01:00:21Vous avez donc été mariée, mademoiselle Anna Mazira ?
01:00:25Non, par Anna.
01:00:27Angèle.
01:00:29Vous avez un chiquine sur vous ?
01:00:32Oui, mais alors, celui que je possède est à mon nom, il ne vous servirait à rien.
01:00:36Oh, oui, si, si, si.
01:00:37On signe et ça marche.
01:00:39J'ai très bien dîné.
01:00:41Oui, oui, très bien.
01:00:42Ça n'arrive pas tous les jours.
01:00:44Une fois sur deux.
01:00:45Et puis on assommeille.
01:00:46On dort.
01:00:47Et puis on a encore faim.
01:00:49Et puis on commence.
01:00:52Mais permettriez-vous de vous reconduire, mademoiselle Angèle ?
01:00:56Mais c'est-à-dire que j'habite assez loin.
01:00:58Non, mais j'ai ma voiture.
01:00:59Oh, bien alors, allons-y.
01:01:00Oui. Seulement, c'est moi qui conduis.
01:01:04T'es venu.
01:01:05Oui.
01:01:05Pardon.
01:01:07Je me sens.
01:01:16Je ne te félicite pas ton ami, attends.
01:01:19Quoi ?
01:01:20Vous ?
01:01:21Oui, il n'est épatant, tu sais.
01:01:23Si Cornouiller ne se décide pas de demander main de main, je crois que ce sera lui le gagnant.
01:01:28Tu vas lui donner une chambre.
01:01:29Non, non, non, non.
01:01:30C'est très aimable, mais ma femme ne...
01:01:33Vous avez le téléphone ?
01:01:35J'en étais sûr.
01:01:37Tout de suite le téléphone.
01:01:40Angèle, ce type, puis le système à plein nez.
01:01:45C'est un policier.
01:01:47C'est même un commissaire.
01:01:48Oui.
01:01:50Oh, vous pourriez avoir le courage de vos opinions.
01:01:53Que dommage.
01:01:54Un si gentil garçon.
01:01:56Dites-moi, madame, le...
01:01:58Pardon, mademoiselle.
01:01:59La moto qui est dans le jardin, j'espère que ce n'est pas l'une de vous qui l
01:02:03'avez volée.
01:02:03Oh, mais non.
01:02:05C'est Colette qui est venu présenter son fiancé à Robert.
01:02:08Maintenant que tout est arrangé entre eux, c'est bien normal.
01:02:10D'ailleurs, c'est un garçon qui est très habile de ses dix doigts et Robert lui laissera tous ses
01:02:14brevets.
01:02:14Et nous, notre fortune.
01:02:16Enfin, quand nous serons vraiment en porte.
01:02:18Parce que moi, je le suis déjà, vous savez.
01:02:20Et je le suis vraiment beaucoup amusée.
01:02:25Bonsoir.
01:02:26Je vous présente Colette, ma fiancée.
01:02:28Enfin, mon ex-fiancée.
01:02:30Marcel Albi, le nouveau.
01:02:31Monsieur Lambert, commissaire...
01:02:32Non, je vous en prie, c'est...
01:02:34On voulait laisser dire tout ce dingue, mais pas méchant.
01:02:36Moi, je la trouve même très chouette.
01:02:38Mais moi aussi.
01:02:40Vous alliez vous...
01:02:42Vous alliez... Non, pardon, c'est pas...
01:02:44Vous alliez vous reposer.
01:02:45La nuit ? Oh, ça nous bat le temps.
01:02:47Il y a assez de la journée pour essayer de se reposer.
01:02:50Non, la nuit, nous essayons de rester ensemble.
01:02:53C'est ça. Dites-moi, est-ce que nous pourrions bavarder tout de suite ?
01:02:55Enfin, c'est possible.
01:02:56Louis !
01:02:57Oui ?
01:02:57Des matins rond pour tout le monde.
01:02:59Oui, Angèle, deux kilos, comme d'habitude.
01:03:03Alors, c'était un faux suicide ?
01:03:05Mais oui, bien sûr.
01:03:06Elle a décidé... Merci, mon cher.
01:03:07Elle a décidé un beau matin d'effacer 50 ans de sa vie, merci,
01:03:11et de se débarrasser de son nom d'Angèle Cornouillet
01:03:14pour redevenir Angèle Mazira.
01:03:17Mais tu vois, je crois qu'elle a réussi.
01:03:19Elle a retrouvé le cœur de ses 20 ans.
01:03:22Elle voulait déposer janvier, le clochard sympathique,
01:03:25celui qu'elle avait rencontré sur les quais.
01:03:27Et c'est lui qui ne veut pas, parce que ce serait entré dans le grand système.
01:03:31Mais Robert, Anna...
01:03:33Ben, ils en suivent tout de suite.
01:03:35Le faire part.
01:03:35Un vieux code des Mazira.
01:03:37Ils l'utilisaient déjà lorsque Robert était en pension tout gamin.
01:03:42Un code ?
01:03:43Oui.
01:03:45Tout ce qui était souligné de rouge est faux.
01:03:48Tu comprends ?
01:03:49Par exemple, la soupe est très bonne.
01:03:52Souligné signifiait non, elle est infecte.
01:03:54Alors, pour décéder, souligné, traduire, je vis.
01:03:57Seulement, elle avait oublié de dire où, en quel endroit elle avait fixé la petite planète.
01:04:01Alors, elle est revenue le 17 au matin, mettre un mot sur le bureau de Robert,
01:04:05et c'est elle qui a reçu les gens du gaz, en l'absence des deux autres.
01:04:09Mais puisqu'ils sont riches, pourquoi ces histoires de chèques ?
01:04:12Personne n'est légalement mort, puisque nous n'avons pas retrouvé les corps.
01:04:15Seulement, puisqu'ils avaient tous disparu, les comptes en banque avaient été bloqués.
01:04:19La seule chose à laquelle ils n'avaient pensé ni les uns ni les autres.
01:04:22Mais Angèle, Robert, Anna, ils sont fous.
01:04:27Oui, enfin non, peu importe.
01:04:31C'est dans une histoire pareille, il ne faut pas essayer de tout comprendre.
01:04:35J'espère que Martial n'essaiera pas.
01:04:39Je plaiderai.
01:04:40C'est vrai, ce serait injuste, ce serait cruel.
01:04:42Il faut faire ce que j'ai fait, il faut laisser conduire la vieille dame,
01:04:45en tenant le frein à main serrée, parce que sinon...
01:04:49Non, mais d'ailleurs, des détails, tu en auras dimanche,
01:04:52parce que nous sommes invités, oui, avec Mareuil, Anna l'aime beaucoup.
01:04:56Dimanche ? Mais je croyais que tu n'étais pas sûre de retrouver leur cachette.
01:05:00Ah oui, c'est vrai, mais janvier doit passer nous prendre.
01:05:03Je suis très content, il y aura des macarons.
01:05:05Bon, en attendant, va te coucher, hein ?
01:05:11Je t'apporterai ton petit déjeuner dès le matin.
01:05:13Avec trois sucres.
01:06:24C'est parti.
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