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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Bonjour à tous et bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel.
00:04Bonjour Laurence.
00:05Heureuse de vous entendre, impatient même de vous entendre sur cette analyse de la guerre en Iran
00:11et les bouleversements en cours au Moyen-Orient.
00:13C'est bien sûr la question de cette attaque conjuguée, Michel, des Américains et des Asraéliens
00:17contre la République islamique d'Iran qui est au cœur de l'actualité de la semaine,
00:21des frappes aériennes qui se poursuivent et qui ont décimé le premier jour d'intervention,
00:26il y a tout juste une semaine, les principaux dignitaires et notamment l'Ayatollah Khamenei,
00:30successeur de Roménie.
00:32Qu'est-ce qui est en jeu à vos yeux dans ces attaques contre l'Iran ?
00:35Neutraliser une menace nucléaire réelle ?
00:37Empêcher l'Iran de tenter d'éradiquer Israël comme il l'a toujours clamé ?
00:42Est-ce une guerre de civilisation ou non ?
00:44Et puis du côté du peuple iranien qui s'est soulevé héroïquement dans les derniers mois,
00:48qui a été massacré sans pitié par les gardiens de la révolution,
00:51y a-t-il une possibilité de retrouver un régime non théocratique ?
00:55Et pourquoi pas démocratique un jour ?
00:57Pour l'instant, l'Iran est sous les bombes,
00:59mais y a-t-il une relève si le régime des Mollahs venait à tomber ?
01:03On évoquera aussi, Michel Onfray, les conséquences en France.
01:06Avec la grande inquiétude de nos compatriotes,
01:09la guerre est une réalité qu'ils ont parfaitement intégrée.
01:11La menace de l'Iran ne s'en prendra tous ceux,
01:14et notamment l'Europe qui entrerait dans le conflit, est à prendre très au sérieux.
01:17Notre pays a été endeuillé à de nombreuses reprises
01:20par des attentats terroristes commis par des proches des Iraniens.
01:22On se souvient des attentats de la rue de Rennes,
01:25dans les années 80,
01:26et du Drakkar à Beyrouth où 58 parachutistes français avaient perdu la vie.
01:30La France s'engage aussi dans ce conflit au Moyen-Orient.
01:33Le président Macron a décidé l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle
01:35pour sécuriser nos bases dans la région,
01:38assurer leur sécurité, évidemment, ainsi que nos ressortissants.
01:41Des accords de coopération militaire nous lient,
01:44notamment aux Émirats arabes unis,
01:45qui ont été attaqués par les Iraniens.
01:47Jusqu'à quel point pouvons-nous être entraînés dans ce conflit ?
01:51Le président Macron a aussi évoqué cette semaine la dissuasion nucléaire française,
01:55qui est la véritable garantie de la survie de notre nation,
01:58mise en place par le général de Gaulle.
02:00Une dissuasion qui associerait des partenaires comme l'Allemagne,
02:03la Suède, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark ou la Grèce,
02:07mais qui ne serait pas, selon Emmanuel Macron, une dissuasion partagée.
02:11Je suppose que cette idée vous hérisse, cher Michel,
02:14vous nous expliquerez pourquoi.
02:15Enfin, le point philo,
02:17à l'heure où cette guerre qui oppose les Israéliens et les Américains
02:19à la République islamique d'Iran,
02:21vous nous proposez une œuvre co-écrite en 1933
02:24par Einstein et Freud.
02:27Pourquoi la guerre ?
02:28Ces deux hommes avaient répondu à la question.
02:31C'est passionnant.
02:31On y viendra à la fin de l'émission.
02:33On y va, Michel ?
02:34On va commencer par ces bombardements intensifs sur Téhéran
02:38de la part des forces israéliennes et américaines.
02:41Le président américain et son état-major
02:43sont mobilisés H24 sur cette opération
02:45qui pourrait durer plusieurs semaines.
02:47Donald Trump s'est dit persuadé
02:49que l'Iran allait attaquer en premier.
02:51C'est pour ça qu'ils ont déclenché cette opération.
02:54Écoute ce qu'il a dit à la Maison-Blanche.
02:56Nous négocions avec ces fous
03:01et selon moi, ils allaient attaquer.
03:05S'ils n'avions pas attaqué, ils allaient le faire.
03:10Et nous avons dépêché de très grands négociateurs,
03:16négociateurs de grands talents, de grandes expériences.
03:18Et au vu des négociations,
03:21je pensais qu'ils allaient attaquer en premier.
03:24Je voulais l'éviter, évidemment.
03:26Et donc, je crois que j'ai forcé la main d'Israël.
03:29Mais Israël était prête.
03:31Nous étions prêts.
03:33Nous avons frappé lourdement
03:36car tout a été détruit.
03:40Pour Donald Trump,
03:41on va se poser la question des buts de la guerre dans un instant.
03:44Mais c'est vrai qu'il y avait une menace existentielle pour Israël
03:48puisque l'Iran a toujours,
03:49même dans sa constitution,
03:51voulu éradiquer l'État d'Israël.
03:53Donc, ils allaient passer à l'acte
03:56d'un moment ou d'un autre, Michel.
03:58Écoutez, vous me faites l'amitié de cette émission
04:00pour que justement on puisse faire un peu d'histoire
04:01et de philosophie,
04:02je pense que cette guerre a 1300 ans,
04:04presque 1400 ans.
04:05C'est-à-dire que quand le Coran arrive,
04:09qu'il soit dicté, qu'il soit donné,
04:11qu'il soit écrit, je ne sais quoi,
04:12ce n'est pas le sujet ici,
04:14eh bien, il dit très précisément
04:16qu'il faut en finir avec les Juifs.
04:17On n'a pas le temps de rentrer dans le détail.
04:20Il y a eu un judaïsme, il y a eu un christianisme,
04:21il y a eu l'islam et ça s'explique.
04:25Il y a eu effectivement des Juifs qui attendaient le Messie,
04:27des chrétiens qui ont dit que le Messie était arrivé.
04:29Quand ils ont dit qu'il était arrivé,
04:30qu'il avait fait ceci ou cela,
04:32des Nazoréens et des Hébionnites
04:34ont dit très précisément que,
04:35oui, Jésus existe, Marie existe également,
04:37qu'il y a bien eu une crucifixion,
04:38mais que ça ne s'est pas exactement passé comme ça.
04:40Et donc, l'islam se constitue ainsi
04:42contre le judaïsme des origines.
04:44Donc, il y a une guerre très ancienne idéologiquement.
04:49Dans cette région précisément, Michel ?
04:50Oui, oui, non, pas seulement.
04:52C'est-à-dire que partout, il y a des Juifs
04:53et partout, il y a des musulmans.
04:55C'est-à-dire que quand Trump dit,
04:56il fait le matamor,
04:57là, en nous expliquant,
04:58j'ai forcé la main, etc.
05:00Puisque la question qui a été posée,
05:01c'est que c'est Israël qui vous a forcé la main.
05:02Il dit non, c'est plutôt l'inverse.
05:03Oui, oui.
05:04Bon, simplement, Israël a entre 3 000 et 4 000 ans d'existence
05:07et les États-Unis, 250 ans.
05:09Donc, s'il veut penser en termes civilisationnels,
05:11qu'il arrête un peu de faire le matamor comme ça,
05:13c'est une guerre que l'islam mène aux Juifs.
05:16D'abord, pour des raisons théologiques.
05:18Je lui dis, on n'a pas le temps de développer,
05:19mais on pourrait le faire.
05:20Pour des raisons théologiques.
05:21Et puis, parce qu'il est dit
05:22que le paradis est à l'ombre des épées.
05:24C'est écrit très précisément dans les textes
05:26que les musulmans reconnaissent eux-mêmes.
05:28C'est-à-dire que l'islam est un bellicisme revendiqué.
05:31Et si c'est à l'ombre des épées,
05:33aujourd'hui, on peut écrire que le paradis
05:35est à l'ombre de la bombe atomique.
05:36C'est à l'ombre du feu nucléaire.
05:38De sorte que la chose est dite très précisément
05:40depuis que les chiites sont au pouvoir en Iran.
05:43Ils veulent détruire Israël.
05:45Exactement comme M. Mélenchon.
05:46Exactement comme la France Insoumise.
05:48Tous ces gens qui veulent que la Palestine
05:50soit du fleuve à la mer.
05:52Du Jourdain à la Méditerranée.
05:53C'est-à-dire qu'on supprime Israël.
05:57Et donc, ce sont des gens qui disent
05:58nous, on construit une bombe atomique
05:59et on veut détruire Israël.
06:01Ce n'est pas très compliqué de se dire
06:02que depuis 40 ans, ils travaillent
06:03un programme nucléaire pour viser
06:05la destruction de l'État d'Israël.
06:07Qui plus est, dans une tradition chiite
06:09qui, elle, est très dans le martyr.
06:11C'est-à-dire que si vous souffrez,
06:12si vous mourrez,
06:13si vous perdez la vie
06:16parce que vous avez mené un combat
06:17en faveur de Mahomet,
06:19alors vous avez le paradis
06:20et tous les avantages afférents.
06:22De sorte que si vous pouvez détruire
06:2410 millions de Juifs d'un seul coup
06:25et éradiquer de la carte
06:27la population juive,
06:28vous imaginez le paradis
06:30que vous aurez, la fête
06:31qu'on vous fera quand vous ferez,
06:32quand vous arriveriez.
06:34Donc, c'est existentiel.
06:35Israël a raison de dire
06:36qu'effectivement,
06:37si la bombe atomique avait été mise au point,
06:39elle n'aurait pas été là pour dire
06:40nous vous en menaçons
06:41puisque tous les jours,
06:42ils menacent depuis 40 ans Israël.
06:45Donc, évidemment, Israël se défend
06:47et je rappelle que cette guerre
06:48a donc 1 400 ans,
06:51mais c'est la suite du 7 octobre,
06:53si on veut vraiment l'écrire.
06:54C'est-à-dire que le 7 octobre,
06:56quand les Gazaouis,
06:58ou en Cisjordanie,
06:59mais quand les Gazaouis
07:00peuvent très bien fabriquer leur État,
07:02en disant,
07:02regardez cette terre que vous nous donnez,
07:04je vous rappelle que Tsaal a quitté
07:05le territoire de Gazaoui
07:07pour le donner.
07:08En 2005.
07:08Oui, en faites-en quelque chose.
07:09Ils en ont fait quoi ?
07:10Ils en ont fait un navire de guerre
07:12avec la possibilité d'avoir des souterrains
07:15à 50 mètres sous terre
07:16et plus de 500 kilomètres de souterrains.
07:18Ils ont fait une économie de guerre.
07:20Quand vous ne faites pas une économie de paix,
07:22mais une économie de guerre,
07:22c'est que vous voulez mener la guerre.
07:24Donc, d'un côté,
07:25vous avez l'Iran,
07:26mais vous avez après le Hezbollah.
07:28C'est pour ça que j'ai entendu des amis
07:29qui m'ont dit
07:29qu'ils attaquent encore le Liban.
07:31Je dis qu'ils libèrent le Liban.
07:33Et c'est le Hezbollah
07:33qui a attaqué Israël ?
07:35Depuis toujours.
07:36Depuis tout le temps.
07:38Je suis allé plusieurs fois au Liban.
07:39J'ai vu comment les choses fonctionnaient.
07:40Il faut aller sur place.
07:41Quand vous allez à Jérusalem,
07:42quand vous allez dans les territoires occupés,
07:44quand vous allez au Liban,
07:45vous comprenez les choses.
07:46Quand vous voyez les choses,
07:47quand vous voyez les bâtiments éventrés, etc.
07:49Donc oui, c'est une guerre existentielle.
07:51C'est une vieille guerre
07:51qui dure depuis très longtemps.
07:53Avec la menace nucléaire,
07:54c'était catastrophique pour Israël
07:55puisque c'était la disparition totale
07:57d'Israël et des Juifs d'Israël.
07:59Et donc, cette guerre,
08:00il fallait la mener.
08:01Et en fait,
08:02Israël n'est pas du genre
08:03à faire le matamor
08:04en disant
08:04nous avons forcé le bras à Trump.
08:06C'est plutôt du genre de Trump.
08:07Mais simplement,
08:08cette guerre était nécessaire
08:09parce que c'est une guerre de civilisation.
08:10Parce que ce n'est pas étonnant
08:12que nous ayons l'Occident
08:14et l'Orient
08:14qui s'opposent sur ce sujet-là.
08:16Et pourquoi nous avons
08:17la France insoumise,
08:18les socialistes,
08:19une bonne partie des socialistes,
08:20y compris M. Gage,
08:20qui finissent par se retrouver
08:22derrière tous ces gens-là.
08:23On va en reparler dans un instant.
08:25Restons encore un instant sur Israël
08:27qui se bat,
08:28vous l'avez dit,
08:28à la fois sur le front iranien
08:29et sur le front du Hezbollah
08:32qui est en train, effectivement,
08:33d'éradiquer ce qui restait du Hezbollah.
08:36On va écouter l'ambassadeur
08:37d'Israël en France,
08:38Joshua Zarka,
08:40qui explique comment,
08:41et j'évoquais au début de l'émission,
08:42cette opération
08:43d'une précision chirurgicale
08:45qui a permis d'éradiquer 45
08:46aux dignitaires iraniens
08:47dès la première frappe,
08:49le samedi,
08:50il y a pile une semaine.
08:51Il dit à quel point
08:53le service de renseignement israélien
08:56était infiltré en Iran
08:57et avait des données extrêmement précises.
08:59Écoutons Joshua Zarka.
09:01Ces cadres dont vous parlez
09:02ont été réunis dans deux réunions.
09:04l'une là où se trouvait
09:08le guide suprême
09:09et l'autre dans un autre endroit.
09:11Ces deux réunions ont été touchées
09:12et tous les participants
09:16ont été éliminés.
09:17Je pense qu'on a prouvé
09:18depuis assez longtemps
09:19qu'on a un bon contrôle
09:22de tout ce qui se passe en Iran
09:23et un bon savoir
09:24de tout ce qui se passe en Iran
09:26de quel côté du lit
09:28certaines personnes dormaient.
09:30C'est-à-dire que sur certains dignitaires,
09:31vous saviez de quel côté du lit
09:32ils dormaient dans leur maison ?
09:34Vous étiez à ce niveau-là
09:35de renseignement ?
09:36On savait exactement
09:37ce qu'ils faisaient.
09:38C'est très intéressant
09:39de voir à quel point
09:41cette opération a été menée
09:42grâce aux renseignements
09:43israéliens et américains.
09:44Le propre du renseignement,
09:46c'est qu'il faut être au plus près
09:48de la tête du régime.
09:50Et on voit bien que là,
09:51il y avait probablement des gens
09:52qui étaient au plus proche
09:53puisque quand Yathol Al-Khamenei
09:55est mort,
09:56des photos ont été faites
09:57et ont été envoyées.
09:58C'est-à-dire que si vous êtes
09:59en train de faire des photos,
10:00c'est que vous êtes sur place.
10:01Donc je présume que,
10:03je ne pense pas me tromper,
10:04mais que les services secrets israéliens
10:07ont infiltré également
10:09tout le programme nucléaire iranien
10:11et qu'ils savaient très bien
10:12où c'en était.
10:14Et donc si ça démarre
10:15et si vous avez 50 ans devant vous,
10:17ce n'est pas exactement la même chose
10:18que si vous êtes en train
10:19de constater que les ogives
10:20sont presque prêtes
10:21et que finalement,
10:22la disparition d'Israël
10:24était prévue
10:24pendant 3 ans,
10:262 ans ou quelques mois.
10:27Michel Enfrayané,
10:28dans votre émission
10:29sur CNews et sur Europe 1,
10:31évoquons maintenant l'Iran,
10:32ce qui se passe en Iran.
10:35Donald Trump appelle
10:36les Iraniens à se révolter.
10:38En tout cas, pour l'instant,
10:39ils sont sous un tapis de bombe.
10:41Donc il y a très peu de mouvements
10:42dans les rues
10:43et on le comprend
10:43parce qu'ils risquent la mort
10:44à chaque instant.
10:45Est-ce qu'il y a une option
10:47de changement de régime ?
10:50Est-ce que ce régime des Mollas
10:51qui est encore extrêmement solide,
10:52on le voit avec les gardiens
10:53de la Révolution
10:54qui sont importés partout
10:55sur le territoire iranien,
10:57peut s'effondrer
10:58un moment ou un autre ?
10:59Est-ce qu'on n'en est pas encore là
11:00à l'heure où on se parle ?
11:01Tous les ennemis de Trump
11:02disent que c'est un populiste.
11:04Ils se moquent des peuples.
11:05Trump se moque des peuples.
11:06Et ils se moquent du peuple iranien.
11:08Quand il leur dit
11:08« Résistez, nous arrivons »,
11:10il met combien de temps
11:11avant d'arriver ?
11:12Et combien de gens meurent
11:14avant d'arriver ?
11:15Moi, le normand que je suis,
11:16c'est combien il y a eu de morts
11:17le 6 juin 1944.
11:19Il y en a eu 20 000.
11:20On nous dit qu'il y a eu
11:21presque le double de morts
11:22dans la rue
11:23parce que le régime des Ayatollahs
11:25a tiré quasiment la mitraillette
11:26sur les gens qui étaient dans la rue.
11:27On a fait savoir
11:28qu'il fallait viser les yeux,
11:30donc pas les jambes
11:31pour dissuader je ne sais quoi.
11:33Donc, il a juste envie
11:35de changer de régime,
11:36mais pas pour faire une démocratie.
11:38Lui, il s'en moque
11:38s'il doit négocier
11:39avec un passe d'Aran
11:41ou un gardien de la Révolution
11:43qui, finalement,
11:43serait présenté
11:44comme un type sympathique
11:45dont les enfants
11:46feraient leurs études aux Etats-Unis.
11:47Ça existe.
11:48Et de dire,
11:49avec celui-là,
11:50on va pouvoir s'entendre.
11:50Regardez ce qui s'est passé
11:51avec Maduro.
11:52Il a pris le numéro 2.
11:53Il a dit,
11:53c'est vous le numéro 1
11:54parce que vous êtes
11:55plus facile à gérer.
11:56Et si vous avez un Iranien,
11:57un Ayatollah
11:58qui est susceptible
12:00de faire du business avec moi,
12:01tout va bien se passer.
12:02Et puis le peuple,
12:04tant pis pour lui.
12:05Mais les Iraniens,
12:07est-ce qu'ils ont la capacité
12:08de reprendre le contrôle
12:09de ce pays ou pas ?
12:11Ou est-ce que c'est trop tôt ?
12:11Parlez très conclètement,
12:12il faut un peuple armé.
12:14C'est tout.
12:15Et le peuple est désarmé.
12:15Le peuple n'est pas armé.
12:17Et le peuple est désarmé.
12:18Et vous imaginez bien
12:19que dans une dictature,
12:19on n'avait pas la possibilité
12:20d'avoir un fusil de chasse,
12:22d'avoir un revolver
12:23ou un pistolet
12:24pour faire du tir
12:25dans un stand.
12:26Ce n'est pas possible.
12:27Et donc, il faut aider.
12:28Il y a eu des parachutages
12:29pendant la Deuxième Guerre mondiale.
12:31Il y a eu des parachutages
12:32et puis les armes arrivaient
12:33et on a armé
12:35la résistance française.
12:37Donc là, je ne sais pas
12:38s'il y a des gens
12:39qui sont susceptibles
12:39d'être identifiés
12:40comme procédant
12:41d'une vraie résistance.
12:42Mais cette résistance-là,
12:44il faut l'armer.
12:44Et si vous voulez armer,
12:45il faut que des pays arment.
12:46Ce n'est pas compliqué.
12:47Les vendeurs d'armes,
12:49ce sont des gens
12:49qui travaillent théoriquement
12:50avec les pays,
12:51avec les États,
12:52avec les nations.
12:52Moi, j'en connais en France.
12:54À chaque cérémonie officielle,
12:55il est facile à reconnaître
12:56par son physique.
12:57On dirait un personnage
12:58d'Astérix.
12:59Et c'est un des grands
13:02qui décident,
13:03alors ils ne décident pas
13:03tout seuls,
13:04mais qui vend des armes
13:05ou les donnent,
13:05ou les prêtres,
13:06ou les loups en disant
13:07on verra ça plus tard.
13:09Et à qui les donne-t-on ?
13:10C'est ça le problème.
13:11J'ose espérer que les États-Unis
13:12sont en train de songer
13:13à ce genre de choses,
13:14mais on ne parachute pas
13:15non plus le rézap à la vie
13:17en disant il arrive
13:18en parachute,
13:19il fait quoi ?
13:19Il se met où ?
13:20Et qui assure sa sécurité ?
13:22Et qui assure sa sécurité ?
13:23Il donne des ordres à qui ?
13:24À qui s'adresse-t-il ?
13:25Tout ça est assez problématique.
13:26Donc si on dit à Trump
13:27qu'on a trouvé
13:27un ayatollah sympathique
13:29avec lequel,
13:30un nazi gentil
13:31avec lequel vous allez pouvoir
13:32continuer à faire
13:33votre business,
13:35vendre votre pétrole,
13:36acheter votre prétole,
13:36etc.
13:37Des gens qui diront
13:38non, non,
13:38on ne va rien faire avec Israël,
13:39on s'entendra bien avec Israël,
13:40il va passer le deal,
13:41c'est ça qui est problématique.
13:43Ce n'est pas quelqu'un
13:43qui a le sens de l'histoire,
13:44il n'a que le sens de lui-même.
13:45J'en connais un autre
13:46qui est comme ça.
13:47Alors justement,
13:48on va évoquer la position
13:49de la France,
13:50celle d'Emmanuel Macron
13:50qui dans un premier temps
13:52a dit que la France
13:52n'était donc ni impliquée
13:54ni tenue au courant,
13:55histoire de bien montrer
13:56qu'elle n'a pas été
13:58du tout associée
13:58à la réflexion
13:59par ni Donald Trump
14:01ni Benjamin Netanyahou
14:02et la position a changé
14:04au moment où
14:05deux bases aériennes françaises,
14:07deux bases, pardon, françaises
14:09aux Émirats Arabes Unis
14:10notamment ont été touchées
14:12par des attaques iraniennes.
14:14On voit que la doctrine française
14:17a évolué.
14:17On va écouter le président Macron,
14:18il s'est adressé solennellement
14:19à la nation cette semaine
14:20depuis son bureau de l'Elysée.
14:25Aujourd'hui,
14:26le détroit d'Ormouz
14:27est de fait fermé.
14:29Le canal de Suez,
14:32la mer Rouge
14:32sont aussi sous tension
14:34et menacées.
14:35Nous sommes à l'initiative
14:37pour bâtir une coalition
14:38afin de réunir les moyens,
14:40y compris militaires,
14:42pour reprendre
14:43et sécuriser le trafic
14:44dans ces voies maritimes
14:46essentielles
14:46à l'économie mondiale.
14:48J'ai donné ordre
14:49que le porte-avions
14:51Charles de Gaulle,
14:52ses moyens aériens,
14:54son escorte de frégates
14:56fasse route
14:57vers la Méditerranée.
14:59Alors,
14:59c'est une façon
14:59de s'engager
15:00sans s'engager.
15:01On est sur une posture défensive,
15:02nous dit-on,
15:03du côté de l'Elysée,
15:04c'est-à-dire qu'on assure
15:06la sécurité
15:06et de nos ressortissants.
15:08400 000 Français
15:09dans la région du Golfe,
15:1030 000 qui étaient là
15:11plutôt de passage
15:11en vacances,
15:12et de nos bases
15:14et de nos soldats
15:14Michel Onfray.
15:16C'est au théâtre ce soir,
15:17le plan-là.
15:19Pourquoi ?
15:19C'est sérieux,
15:20c'est un porte-avions
15:20qu'on envoie,
15:21c'est une frégate
15:21C'est sérieux,
15:22c'est un porte-avions
15:22qu'est-ce que ça vient
15:22faire Pablo Neruda
15:24à un premier plan ?
15:25Alors, vous parlez
15:26du décor.
15:27Non, non, non,
15:27il n'y a que du décor.
15:28Oui, je l'explique
15:29pour nos auditeurs
15:29qui n'ont peut-être pas
15:30vu l'image
15:31et qui avait un petit livre
15:33de Pablo Neruda
15:33à côté d'Emmanuel Macron.
15:38Mais peut-être
15:39on s'intéresse d'abord
15:39à ce qu'il dit, non ?
15:40Non, non, non.
15:41Alors, vous voulez
15:41vous intéresser au décor ?
15:42Ce n'est pas que je m'arrête,
15:43c'est qu'il n'y a que du décor.
15:44Il n'y a que du décor.
15:46C'est-à-dire,
15:47le discours,
15:47c'est tout.
15:48C'est-à-dire,
15:49vous n'avez pas par hasard
15:50un très gros livre de poésie
15:51d'un poète stalinien chilien
15:54présenté comme
15:54le grand opposant
15:55de Pinochet.
15:58Et donc,
15:58vous avez vu,
15:59moi je suis le poète
16:00pendant qu'il y a une menace
16:01qui est Pinochet,
16:02Pinochet,
16:02c'est Jordan Bardella,
16:03enfin bon,
16:04il faut lire tout ça.
16:04En plus de ça,
16:05c'est un très gros livre
16:06et il a bien mis un signé
16:07pour montrer qu'il était
16:07presque à la fin.
16:08C'est-à-dire qu'il lit vraiment.
16:10Après ça,
16:10il a une lampe de mineur
16:12comme qui ?
16:12Comme le général de Gaulle.
16:13Après ça,
16:14il est un petit soldat
16:15de l'Empire.
16:16Donc, il n'y a pas
16:16que ce qu'il dit,
16:18Emmanuel Macron.
16:18Il y a ce qu'il montre
16:19avec Pinochet.
16:19J'entends.
16:20Et ça, c'est un vrai signal.
16:21Mais il dit des choses
16:22quand même.
16:23Il dit des choses
16:23avec Neruda,
16:24il dit des choses
16:25avec la lampe
16:25parce que moi,
16:27je prends toujours
16:27le pari avec quelqu'un
16:28qui me dit,
16:28t'as vu,
16:28il a dit ça.
16:29Je dis,
16:29on prend 24 heures,
16:3048 heures,
16:30il va dire le contraire.
16:31Et il dit le contraire.
16:32Qu'est-ce que ça veut dire
16:33j'ai décidé d'envoyer
16:35le Charles de Gaulle ?
16:35C'est un escargot
16:36le Charles de Gaulle.
16:37Oui.
16:37Ça va mettre 10 jours.
16:38Ben oui.
16:39Peut-être que ce sera fini
16:40la guerre dans 10 jours.
16:41Et qu'est-ce qu'on va faire
16:42avec...
16:42Quand il sera arrivé sur place,
16:44on va faire quoi ?
16:46Sécuriser nos bases,
16:47c'est ce qui est dit.
16:48Sécuriser nos bases.
16:48Elles sont attaquées.
16:49Mais vous n'avez pas besoin
16:50de ça.
16:50Vous avez des avions
16:51qui vous permettent
16:51de faire ça
16:52sans avoir besoin
16:53d'un porte-avions.
16:54Donc ça veut dire quoi ?
16:54Pourquoi ce déploiement
16:55de France ?
16:55Ce sont des effets d'annonce.
16:57C'est du Macron.
16:57Ce sont des effets d'annonce.
16:58La France ne compte plus
16:59pour rien du tout.
17:00Il fait du théâtre.
17:01Il ne manque plus
17:01que Jacqueline Maillan
17:02qui arriverait sur scène.
17:03Vous exagérez, mais...
17:04Non, c'est du théâtre.
17:05Il ne fait plus que du théâtre.
17:06Les gens ont compris
17:06depuis 10 ans.
17:07Il dit quelque chose,
17:08il dit le contraire,
17:09il fait le contraire,
17:09il fait autre chose,
17:10il dit ailleurs,
17:10autre chose, etc.
17:11Comment le croire ?
17:12Il nous dit
17:13j'envoie le porte-avions...
17:14Là, on peut le croire.
17:15Non, je ne le crois pas.
17:16Je ne le crois pas.
17:16La France est sortie du jeu.
17:18Le porte-avions se dirige
17:19vers la mérite.
17:19Mais oui, d'accord.
17:20Et après,
17:20on va arriver à la fumée des sièges.
17:22Donc ça ne sert à rien
17:25ce genre de discours.
17:26Exactement le même discours
17:27qui est fait devant
17:28un sous-marin nucléaire.
17:30Tout ça, c'est de la communication.
17:31La France est sortie du jeu.
17:32Il a sorti la France du jeu.
17:34Il est l'homme de la sortie
17:35du jeu clair et net
17:36sur la totalité de la planète.
17:38Il n'a plus que ça.
17:39Je donne un claquement de doigts.
17:41Je fais un claquement de doigts.
17:42La presse arrive
17:43et le président de la République
17:44s'exprime.
17:45S'exprime pour dire quoi ?
17:47Pour montrer quoi ?
17:48Mais quand même,
17:49que la France soit présente
17:50sur ce théâtre d'opération
17:51avec le navire amiral
17:53de sa flotte,
17:55ce n'est pas rien, Michel.
17:55C'est quand même dire
17:56que la France est là
17:57elle est présente
17:58et qu'on peut la respecter.
18:00Vous qui aimez notre pays
18:01plus que tout.
18:02Parce que j'aime mon pays
18:03plus que tout.
18:04Je n'ai pas envie
18:04qu'il soit maltraité comme ça.
18:05Je n'ai pas envie
18:06qu'un personnage comme ça
18:07l'incarne.
18:08Je n'ai surtout pas envie
18:09qu'un personnage comme ça
18:09parle en son nom
18:10pour faire ce qu'il fait.
18:11Oui, mais c'est le président
18:12de la République.
18:12Oui, mais alors ?
18:14Donc il est démocratiquement élu.
18:15Oui, avec un président de la République
18:17qui à chaque fois
18:17qu'il perd des élections
18:18dit qu'il les gagne.
18:19Mais celle-là, il les gagne.
18:19Non, non, non.
18:22L'élection présidentielle ?
18:23Je n'allais pas vous parler
18:24des présidentielles,
18:25j'allais vous parler
18:27des élections législatives.
18:28Je suis d'accord.
18:29C'est l'après, pourquoi pas ?
18:29Non, mais il a perdu
18:30les législatives
18:31et il a nommé en Premier ministre
18:33des gens qui ont perdu
18:34ces législatives.
18:35Vous perdez votre légitimité
18:36si nous voulons être gaulliens.
18:37Si vous avez une légitimité,
18:38c'est parce que le peuple
18:39vous la donne.
18:40Si le peuple vous reprend
18:41cette légitimité,
18:42vous ne l'avez plus.
18:44Au minimum,
18:44il fait profil bas,
18:45d'une part.
18:46D'autre part,
18:47s'il n'a pas été consulté,
18:48c'est parce qu'il ne pèse plus rien.
18:50Donald Trump,
18:50l'a appelé depuis
18:52pour l'informer
18:53des opérations militaires.
18:54Il suffisait juste
18:55qu'il regarde la télévision
18:56pour être un peu au courant.
18:57Je pense que parfois,
18:59le président de la République
19:00découvre les informations
19:01à la télévision
19:02alors qu'en temps normal,
19:03les services secrets américains
19:04ou les services secrets israéliens
19:06auraient pu l'en informer
19:06si nous avions eu
19:07de bonnes relations
19:08avec ces pays,
19:09ce qui n'est pas le cas.
19:10Un petit mot, Michel Onfray.
19:11J'ajoute quand même
19:13quand les Etats-Unis
19:15et Israël attaquent,
19:16ils ont tort
19:17d'un point de vue
19:17du droit international.
19:18C'est ça, absolument.
19:19Que le lendemain,
19:19quand il a dit...
19:20Il ne respecte pas
19:21le droit international.
19:22Après, il ajoute
19:22nous envoyons le porte-avions
19:24et après, il dit
19:25à Pedro Sanchez...
19:26Voilà, j'y venais.
19:27Ah ben, je ne savais pas.
19:28C'était ça.
19:28Il apporte son soutien
19:29à Pedro Sanchez,
19:30premier ministre espagnol,
19:31qui a refusé
19:32deux bases aériennes espagnoles
19:34pour les opérations
19:35militaires américaines.
19:36Voilà.
19:36Donc, un coup de barre à droite,
19:38un coup de barre à gauche,
19:39un coup de barre au centre,
19:39un coup en avant,
19:40un coup en arrière,
19:40ça s'appelle la France.
19:41Non, ce n'est pas ça,
19:42la France.
19:43C'est un cap.
19:44Nietzsche disait
19:44un oui, un non,
19:45une ligne droite.
19:46Chef d'État, c'est ça.
19:47C'est le contraire,
19:48Emmanuel Macron.
19:49Et là, il s'en vient dire
19:50au nom de l'Europe,
19:51mais qui est-il
19:51pour parler au nom de l'Europe ?
19:53Déjà, je vous disais
19:54qu'il est assez peu habilité
19:55à parler au nom de la France
19:56parce qu'il a perdu des élections
19:57qu'il a fait comme s'il
19:58les avait gagnées,
19:59législatives.
20:00Et là, vous avez un personnage
20:01qui dit au nom de l'Europe,
20:03je vous dis,
20:03mais qui le mentionne,
20:04qui le mandate, pardon,
20:05pour parler au nom de l'Europe
20:06et dire à ce Premier ministre...
20:08Mais Trump a menacé l'Espagne
20:10de rupture de négociation commerciale
20:11d'embargo total.
20:12Quand même,
20:13il y a une menace réelle.
20:14Il a raison.
20:15Il a raison.
20:16Écoutez, l'Espagne dit
20:18vous n'utiliserez pas nos bases.
20:20Trump dit très bien.
20:21Moi, je vais voir
20:22ce que je peux faire
20:22avec le commerce.
20:23Il a raison.
20:24Ça peut faire de la politique.
20:26Simplement, le premier qui dit
20:28vous n'allez pas poser vos avions,
20:30il déclare les hostilités.
20:31C'est tout.
20:32Il faut choisir son camp.
20:33dans cette aventure.
20:34C'est sûr.
20:34Eh bien, l'Espagne a choisi
20:36l'Iran des Ayatollahs,
20:38comme Mélenchon,
20:39comme le Parti communiste,
20:40comme une partie de la gauche.
20:41Ils ont choisi leur camp.
20:42Vous avez le droit,
20:43quand vous êtes dans le camp d'en face,
20:44de dire que vous ne faites pas
20:45partie des amis.
20:46C'est tout.
20:47Nous avons choisi avec la France,
20:48et je ne suis pas représenté
20:50par ce chef de l'État,
20:51il a choisi de célébrer
20:53Pedro Sanchez qui lui dit
20:54qu'il ne fallait pas toucher
20:55à ce régime,
20:56dont je vous ai dit tout à l'heure
20:57qu'en quelques jours,
20:58il avait fait autant de morts
20:59que le débarquement en Normandie.
21:00Non, moi, j'ai choisi mon camp.
21:02Je suis du côté...
21:03Je n'ai pas été du côté
21:04des attaques de l'Irak,
21:05du côté des attaques de la Syrie,
21:06des attaques de la Libye.
21:08Je ne fais pas partie
21:08de ces philosophes
21:09vatanguères qui estiment
21:10que dès qu'il y a un problème,
21:11il faut envoyer des avis américains.
21:13Mais je pense que sur ce sujet,
21:14il y a effectivement
21:15un avenir civilisationnel,
21:16et si on veut même redonner un peu,
21:19ne serait-ce qu'un présent,
21:20je ne parle même pas d'un avenir,
21:21mais à la France,
21:22eh bien, on choisit son camp.
21:23Mais c'est quoi,
21:23choisir son camp,
21:24si on choisit le camp
21:25des Américains et d'Israël ?
21:26Ça veut dire que 20% des gens
21:28qui votent pour Mélenchon,
21:29tous ces gens qui sont
21:29dans les banlieues,
21:30tous ces gens qui sont
21:31narcotrafiquants
21:31et qui sont dans des perspectives
21:34de relation avec l'Iran,
21:35c'est que l'Iran, parfois,
21:36va chercher chez les narcotrafiquants
21:38des petites mains
21:39qu'on ne paye pas très cher
21:40pour aller abattre des gens.
21:41L'Iran, aujourd'hui,
21:42est en train de menacer
21:43certains Iraniens
21:44qui sont aujourd'hui
21:44sur nos plateaux de télévision
21:47en train de défendre l'Iran.
21:48Et ces gens-là
21:48sont menacés
21:49par des petites frappes
21:51qui sont payées par...
21:54Donc un chef de l'État
21:55qui n'a pas le souci
21:56de la population iranienne,
21:58de la population israélienne,
22:01de la France,
22:02du souci de la France,
22:03de la présence de la France
22:04et qui n'a que le souci
22:05de lui-même
22:05et de ces banlieues
22:06qu'il faut calmer,
22:08n'est plus quelqu'un
22:08qui dirige la France.
22:09Il ne le dirige que lui-même.
22:11Michel Onfray.
22:11On va faire une toute petite pause.
22:12On se retrouve dans un instant.
22:13Le débat est passionnant.
22:14On va le reprendre
22:15sur CNews et sur Europe 1.
22:17Tout de suite dans
22:17Face à Michel Onfray.
22:18On se retrouve pour la seconde partie
22:20de Face à Michel Onfray
22:20sur CNews et sur Europe 1.
22:22Michel, parlons un peu
22:23des Français,
22:23des inquiétudes des Français
22:24parce que, je le disais tout à l'heure,
22:26ils savent très très bien
22:27ce que c'est la guerre.
22:28Ils savent toujours
22:28que c'est une mauvaise nouvelle.
22:30Ils ont compris
22:31ce qui se passe au Proche-Orient,
22:32qu'ils seraient impactés
22:33d'une façon ou d'une autre.
22:34Ça peut se faire
22:35à travers l'économie
22:36puisque le fait
22:37que le détroit d'Hormuz
22:38où passent les tankers
22:40avec du pétrole et du gaz
22:42soient bloqués,
22:42bien évidemment,
22:43ça va faire monter
22:44les prix des carburants.
22:46Il y a aussi cette menace
22:47sur la sécurité intérieure.
22:48On l'a évoqué il y a quelques instants
22:49avec ce risque d'attentat terroriste.
22:51L'Iran menace l'Europe
22:53et tous ceux
22:53qui interviendraient
22:54dans le conflit
22:54et le passé.
22:55Il nous a enseigné
22:56que la menace iranienne
22:57était très présente
22:58sur le sol français.
22:59La France a payé
23:00le prix du sang.
23:00L'attentat dans les années 80
23:01à Paris.
23:02Je pense aussi
23:03aux parachutistes français
23:05morts à Beyrouth
23:06dans l'attentat du Drakkar
23:07en 1983.
23:09On connaît cette menace.
23:11Évidemment,
23:11elle est omniprésente.
23:13Ils sont assez lucides
23:14les Français
23:15sur ce qui est en train
23:15de se passer,
23:16Michel Onfray.
23:17Oui, bien sûr.
23:19Mais ça fait des mois
23:20et des mois
23:20qu'on nous dit
23:21que le danger c'est Poutine
23:22et que ce que nous craignons
23:25sur les Champs-Élysées
23:26ce sont les chars russes
23:27qui feraient le tour
23:30de l'Arc de Triomphe.
23:32On nous dit
23:33qu'il faut se préparer
23:33à la guerre.
23:34Je vous rappelle
23:34que quand on a
23:35le chef d'état-major
23:36qui s'en vient nous dire
23:37qu'il faut se préparer
23:37à la guerre,
23:38ce n'est pas une guerre
23:38contre l'Iran.
23:39C'est une guerre
23:40contre les Russes
23:40qui ont très précisément
23:42fait savoir
23:43quel était leur projet
23:44civilisationnel,
23:45leur projet culturel
23:46qui n'intègre pas la France.
23:48Alors je veux bien
23:48qu'on soit plus polonais,
23:50ukrainiens,
23:51lettoniens,
23:51listoaniens,
23:52estoniens, etc.
23:53que français.
23:54Je veux bien
23:54dans cette perspective
23:55européiste
23:55qui fait la loi désormais.
23:57Mais là,
23:58nous avons effectivement
23:59des menaces concrètes.
24:01Nous avons des cellules dormantes
24:02et je vous le disais
24:03tout à l'heure,
24:03tous ces gens
24:04qui grenouillent
24:06dans les milieux
24:07des narcotrafiquants,
24:09tous les gens
24:09un peu jeunes gardes,
24:10etc.
24:11toute cette milice
24:12qui n'attend que ça.
24:13C'est une milice
24:14qui est au service
24:14de la haine de l'Occident.
24:16Oui,
24:16mais pas forcément
24:17au service de l'Iran.
24:18La haine de l'Occident,
24:19elle est portée par qui aujourd'hui ?
24:21Par malheureusement
24:21beaucoup de monde.
24:22Oui,
24:22mais actuellement
24:23de manière dangereuse.
24:23Malheureusement beaucoup de monde.
24:24Oui,
24:24mais on ne craint rien.
24:25Vous savez,
24:26moi un temps,
24:26j'ai voulu faire un livre
24:27qui aurait opposé
24:28les Iraniens
24:29à l'Arabie Saoudite.
24:30Je suis allé
24:31dans les Émirats Arabes
24:32et j'ai vu comment
24:34surgissaient du désert
24:34des villes incroyables
24:36avec une tradition culturelle nulle.
24:39Je ne veux pas être méprisant.
24:40Je veux dire,
24:40dans l'hôtel où j'étais,
24:41il y avait des photos
24:42où on disait
24:42il y a 80 ans,
24:43voilà ce que c'était ici.
24:45Vous avez des chameliers,
24:46des gens qui gardent des moutons
24:47et qui sont là
24:47avec des toiles de tente.
24:49On s'est dit,
24:49effectivement,
24:50il y a eu un passage incroyable.
24:51Alors que vous avez
24:524 voire 5 000 ans
24:54d'histoire perse.
24:56Et donc,
24:56j'ai été reçu deux fois
24:57à l'ambassade d'Iran
24:58il y a plusieurs années
25:00pour voir la faisabilité
25:01de ce voyage.
25:02Donc,
25:02il y avait quelqu'un
25:03qui urbanait,
25:04qui m'écoutait
25:05et puis il y avait quelqu'un
25:06qui prenait plein de notes
25:06et puis ça ne s'est pas fait.
25:08Mais je crois qu'effectivement,
25:10on doit pouvoir opposer
25:11aujourd'hui
25:11dans le monde musulman
25:13des chiites,
25:14des sunnites
25:14et éventuellement,
25:15parmi les chiites,
25:16des gens qui ne sont pas
25:17pour un djihad planétaire.
25:18C'est ça qui est très intéressant.
25:20C'est-à-dire qu'on voit
25:20d'un seul coup,
25:21hop,
25:21un missile qui est parti
25:22en direction de la Turquie.
25:23Il se passe quoi ?
25:24De Chypre.
25:25Oui,
25:26missile en direction de...
25:28Alors Chypre,
25:28donc oui,
25:29bien sûr,
25:29l'Azerbaïdjan,
25:30etc.
25:31Et autres pays.
25:32C'est-à-dire qu'il y a vraiment
25:34un problème
25:36entre les musulmans.
25:37C'est le moment
25:37de faire de la politique,
25:39véritablement.
25:39C'est d'ailleurs
25:40ce que faisaient
25:40les Israéliens
25:41quand ils avaient
25:41un certain nombre d'amis
25:42qui étaient en train
25:43de régler le problème.
25:44Pourquoi y a-t-il eu
25:45le 7 octobre ?
25:45Parce qu'effectivement,
25:46il fallait casser
25:47ce processus de paix,
25:48ce processus d'amitié.
25:49Nous en parlerons
25:50avec Freud et Einstein
25:52tout à l'heure.
25:53Mais la construction
25:54de quelque chose
25:55de politique
25:56qui permettrait de dire
25:56et si nous baissions
25:57un peu la pression.
25:58Nous avons,
25:59avec le Maroc,
25:59un allié potentiel.
26:01Le roi du Maroc
26:02assure la position
26:03qui est comme
26:05le grand commandeur
26:05des croyants
26:06et qui a une position
26:07très intéressante
26:08avec laquelle
26:08nous aurions pu travailler.
26:11Moi, il y a très longtemps
26:11que j'ai fait savoir
26:12que nous pouvions travailler
26:13avec la Turquie
26:14avant que la Turquie
26:15ne se braque
26:15parce qu'on voulait
26:16l'intégrer à l'Europe
26:17ce qui n'était pas
26:17une bonne solution
26:18mais il fallait travailler avec.
26:19Nicolas Sarkozy
26:20avait fait un magnifique discours
26:22sur la question
26:23des deux rives
26:23de la Méditerranée.
26:24J'en avais parlé
26:24à Henri Guénaud
26:25qui était un peu la plume
26:27de ce discours magnifique
26:29mais ça,
26:29c'était un beau projet.
26:30Cette façon de dire
26:31qu'il faut réunir
26:32les deux rives
26:32de la Méditerranée
26:33et il y avait
26:34alors ça,
26:34c'est moi qui parle
26:35pour le coup,
26:35ce n'était pas Nicolas Sarkozy
26:36mais il y avait
26:37la possibilité
26:38de donner
26:39à la Turquie
26:40à qui on n'aurait pas
26:40donné l'adhésion
26:41à l'Europe
26:41en disant
26:42vous avez le leadership
26:43de la relation
26:43entre l'Europe
26:44entre le nord
26:45de la Méditerranée
26:45et le sud
26:46de la Méditerranée
26:46et faites de telle sorte
26:48qu'avec un certain nombre
26:48de musulmans fréquentables
26:50souvent les sunnites
26:51même si les chiites
26:52sont parfois fréquentables
26:53quand ils ne sont pas
26:54des terroristes
26:54et quand ils ne sont pas
26:55etc.
26:56Faites de telle sorte
26:57que vous puissiez
26:59produire un arc
27:00civilisationnel
27:00parce qu'il y a
27:01un arc civilisationnel
27:02méditerranéen
27:02parce qu'il y a eu
27:03dans tous ces endroits-là
27:04des temples romains
27:05et des présences grecques
27:07et des présences romaines
27:08parce qu'il y a
27:09un point commun
27:09et un trait commun
27:10ça c'était faire
27:11de la politique
27:11c'était faire
27:12ce que le général de Gaulle
27:13aurait pu faire
27:13nous n'avons pas fait ça
27:15ça fait 20 ans
27:15que ça dure
27:16et nous sommes effectivement
27:18perdus dans cette aventure
27:19parce que nous n'existons plus
27:20nous ne comptons plus
27:20au Liban nous avions
27:22un rôle à jouer
27:22le Liban était un pays formidable
27:24mais toujours d'ailleurs
27:25un pays formidable
27:26mais quand vous y allez
27:27c'était gangréné
27:29par le Hezbollah
27:29c'était gangréné
27:30par le Hezbollah
27:30et quand vous voyez
27:31aujourd'hui que le Hezbollah
27:32est en train de se faire
27:33attaquer par les Israéliens
27:34ça libère le Liban
27:37les Libanais se disent
27:38mais si le Liban
27:39pouvait redevenir Libanais
27:40s'il pouvait commencer
27:41continuer à travailler
27:43qu'il pouvait continuer
27:43à exister
27:44ce beau pays
27:45qui lui aussi fait
27:46les frais du terrorisme
27:48de l'Iran
27:49on se dit
27:50bah oui
27:50il y a des positions
27:51à prendre
27:51qui sont très claires
27:52et qui ne sont pas prises
27:54d'un point de vue de la France
27:54Michel Onfray
27:55on est dans votre émission
27:56sur CNews et sur Europe 1
27:57évoquons maintenant
27:58la dissuasion nucléaire française
28:00gros dossier
28:00le président Macron
28:01avait prévu depuis longtemps
28:02un discours
28:03qui est tombé cette semaine
28:04sur une nouvelle stratégie
28:06concernant cette dissuasion nucléaire
28:08elle associerait des partenaires
28:10comme je le disais
28:11l'Allemagne
28:12la Suède
28:12les Pays-Bas
28:12la Belgique
28:13le Danemark
28:13et la Grèce
28:14on va l'écouter
28:14il avait fait une allocution
28:16pour le coup
28:17très mise en scène
28:17sur l'île longue
28:19vraiment
28:20le décorum
28:20était vraiment
28:21très intéressant
28:22et imposant
28:23écoutons ce qu'il dit
28:24et on va s'intéresser
28:25à cette dissuasion nucléaire française
28:27une nouvelle étape
28:29de la dissuasion française
28:31peut donc se concrétiser
28:34nous entrons
28:35sur le chemin
28:37de ce que j'appellerais
28:39la dissuasion
28:40avancée
28:43je préfère le dire
28:44tout de suite
28:45il n'y aura aucun partage
28:47de la décision ultime
28:48ni de sa planification
28:51ni de sa mise en oeuvre
28:54en vertu de notre constitution
28:56elle appartient
28:58au seul président
28:59de la République
29:01comptable
29:01devant le peuple français
29:04en conséquence
29:06il n'y aura pas non plus
29:07de partage
29:08de la définition
29:08des intérêts vitaux
29:09qui restera
29:11d'appréciation souveraine
29:12pour notre pays
29:14et pour cette raison
29:16comme dans les autres
29:17alliances nucléaires
29:18y compris
29:20lorsqu'elles ont des plans
29:21et des procédures
29:23il n'y aura pas
29:24de garantie
29:25au sens strict
29:26du terme
29:28ce que dit Emmanuel Macron
29:29alors aucun partage
29:31de la décision ultime
29:32elle n'appartient
29:33qu'au président français
29:34est-ce que ça vous va
29:35sur la dissuasion nucléaire
29:36Michel Onfray ?
29:37ouvrez le feu
29:37alors moi je pense
29:39qu'Emmanuel Macron
29:39quand il dit quelque chose
29:40il le fait
29:41qu'il est un homme de parole
29:43que quand il dit quelque chose
29:45il ne dit pas le contraire
29:46alors vous me perdez là
29:47allez-y
29:47c'est de l'ironie
29:49j'ai bien compris
29:50donc la stratégie
29:51d'Emmanuel Macron
29:52il le fait avec le drapeau
29:54européen derrière lui
29:55français aussi
29:56oui français aussi
29:58la France qui court derrière
29:59en disant
30:00je vous rappelle
30:00que depuis Maastricht
30:01je permettez que je cite le mot
30:03au moins une fois par émission
30:04au moins une fois par émission
30:05au moins une fois par émission
30:06le drapeau européen là
30:07et le drapeau français
30:07un peu derrière
30:08là ils étaient côte-côte
30:09oui oui
30:09c'est métaphorique
30:11c'est métaphorique
30:12j'entends bien
30:12qu'ils sont confondus
30:13pour des logiques
30:14de communication
30:15mais il nous a dit
30:17très précisément
30:18ce qu'il allait faire
30:19il ment autant que Trump
30:21il nous a dit
30:22il faudra une défense
30:23européenne
30:23qui sera d'ailleurs
30:24une défense allemande
30:25l'Allemagne triomphe
30:27l'Allemagne triomphe
30:28d'ailleurs Mertz
30:28était flatté par Trump
30:32qui ne fait que flatter
30:34ou qu'insulter
30:34ou cracher au visage des gens
30:35c'est sa logique
30:36et son comportement
30:37nous avançons
30:38à petits pas
30:40vers une défense
30:41européenne commune
30:42dans laquelle
30:43le bouton nucléaire
30:44ne sera pas
30:45à la main
30:46du chef de l'état
30:47il y a des dossiers
30:48qui existent
30:49et qui nous montrent
30:50qu'il va y avoir lieu
30:51qu'ils vont
30:54constituer
30:54un conseil
30:55qui sera décisionnaire
30:56qui sera le patron
30:58du conseil décisionnaire
30:59la France dit-il
31:00oui bah lui
31:01bah oui
31:02lui
31:02c'est notre décision nucléaire
31:03non c'est pas la France lui
31:04c'est lui
31:05je pense que lui
31:06il se dit
31:06dans quelques mois
31:07il va falloir que je trouve un job
31:08et ce sera un job formidable
31:10pendant 5 ans
31:11de piloter
31:14le conseil
31:14qui pilotera
31:15l'usage nucléaire
31:17moi j'ai quelques bouteilles
31:18de vin
31:19je ne les mets pas
31:19chez des bons copains
31:20un peu partout en France
31:21en disant
31:22j'ai des bouteilles
31:22chez un copain de Dunkerque
31:23chez un copain de Brest
31:24chez un copain de Strasbourg
31:25et chez un copain d'Avignon
31:27parce que
31:27ces copains
31:28ils peuvent se fâcher avec moi
31:29et je risquerai de perdre
31:30mes bouteilles
31:30et bien c'est exactement
31:31la même chose
31:32quand vous allez
31:33disséminer l'ensemble
31:34de votre dispositif nucléaire
31:36sur des pays
31:37qui sont susceptibles
31:38d'être nos ennemis
31:38ils sont tellement susceptibles
31:39d'être nos ennemis
31:40qui le sont déjà
31:41je vous rappelle
31:42que quand l'Allemagne
31:42quand l'Allemagne
31:43n'achète pas
31:44ah oui
31:45quand l'Allemagne
31:46n'achète pas
31:46d'avions français
31:47d'avions français
31:47quand il y a un projet
31:49d'avions européens
31:49et que l'Allemagne
31:50torpille l'avion européen
31:52pour acheter des avions américains
31:54est-ce que ce sont des amis ?
31:55Le général de Gaulle
31:57disait fort justement
31:57que nous n'avions pas d'amis
31:58nous n'avions que des intérêts
31:59et il a raison
32:00et il avait raison
32:01et c'est comme ça
32:02avec les humains aussi
32:02il faut lire la Rochefoucauld
32:03il faut lire les moralistes français
32:04du XVIIe siècle
32:05et quand ces gens
32:06d'un seul coup
32:07deviennent nos ennemis
32:07qui aurait pu croire
32:08qu'un jour
32:09un chef de l'état américain
32:10ait envie d'envahir
32:11le Groenland
32:12qui aurait pu penser ça
32:13il y a deux ans ?
32:15Personne
32:16donc là on dit
32:17les Etats-Unis
32:17ils l'ont dit depuis longtemps
32:18mais bon
32:18ils voulaient racheter le Groenland
32:20ça fait plusieurs années
32:21qu'ils le disent
32:21mais disons depuis dix ans
32:24si vous voulez
32:24j'ai tort sur deux ans
32:25mais disons sur dix ans
32:27personne ne pouvait imaginer
32:28une chose pareille
32:29donc là c'est quand même
32:30très visible
32:30que l'Allemagne
32:32que l'Europe de Maastricht
32:33elle a été allemande
32:35il faudrait s'expliquer
32:36d'ailleurs
32:36on fait d'ailleurs un numéro
32:37sur la collaboration
32:39les collaborations
32:40sans lâche du terme
32:41à Front Populaire
32:42mais pourquoi Mitterrand
32:43a-t-il à ce point
32:44méprisé la France
32:45abandonné la France
32:46voulu offrir la France
32:47à l'Allemagne
32:47et pourquoi ça continue aujourd'hui
32:49et pourquoi est-ce que
32:50le premier déplacement
32:51à l'étranger
32:52moi je dis à l'étranger
32:53je ne fais pas
32:53comme ceux qui disent
32:54que le ministre des Affaires étrangères
32:56est de l'Europe
32:56non on va à l'étranger
32:58quand on s'en va
32:58en Allemagne
32:59pourquoi est-ce que
33:00c'est le premier vol
33:02de tous les présidents
33:03oui mais de François Hollande
33:05qui se prend la foudre
33:05d'ailleurs il aurait dû
33:06relire un peu les grecs
33:08et savoir que quand la foudre
33:09vous tombe dessus
33:09c'est que les dieux
33:10ont des choses à vous dire
33:11et pourquoi est-ce qu'il s'en va
33:12voir Mme Merkel
33:13je viens d'être élue
33:14j'arrive juste
33:15chez Mme Merkel
33:16en lui donnant
33:17les clés
33:17c'est une soumission française
33:18oui c'est une soumission française
33:20à l'Allemagne
33:20c'est une soumission française
33:21à l'Europe
33:22c'est donc une démission
33:23de la part de la France
33:24c'est-à-dire que cette stratégie nucléaire
33:25pour faire avaler
33:26les petits morceaux
33:28comme avec les enfants
33:28une demi-cuillère pour papa
33:30une demi-cuillère pour maman
33:31là on vous dit
33:33le bouton sera français
33:34non le bouton ne sera pas français
33:35il y aura une commission
33:36qui décidera
33:36dans laquelle le président
33:37de la commission
33:38peut être français
33:39mais quand on a un français
33:41si peu français
33:41c'est pas la France
33:42ah le général était là Michel
33:44ben oui
33:45on va l'écouter
33:45moi ce qui me gêne le plus
33:46c'est que des Marine Le Pen
33:47et des Marion Maréchal
33:48aient gobé le truc
33:50et qu'il n'y a que Florian Philippot
33:52par exemple
33:52qui lui a clairement vu
33:54comment ça fonctionnait
33:55mais les autres disent
33:56bon si le bouton reste français
33:57mais enfin
33:59vous savez il y a du performatif
34:00en linguistique
34:01c'est-à-dire quand vous dites
34:01dire c'est faire
34:02c'est Austin qui est un philosophe
34:04qui a appelé son livre comme ça
34:05dire c'est faire
34:06je vous déclare mari et femme
34:07quand vous êtes mère
34:08ou quand vous êtes prêtre
34:09d'un seul coup
34:10du simple fait que la chose
34:11ait été dite etc
34:12le meilleur des chefs de l'État
34:13c'est celui qui parle peu
34:14qui parle bien
34:15et qui quand il a parlé
34:16fait
34:17c'est très exactement
34:18le contraire de lui
34:19le général de Gaulle aurait dit
34:20le bouton restera
34:21restera aux mains de la France
34:23tout le monde aurait cru
34:24alors écoutons ce qu'il disait
34:25notre général de Gaulle
34:26en 1965
34:27à propos de cette dissuasion française
34:30très intéressante
34:31dans les mots qu'il emploie
34:32mais oui
34:33au point de vue de la sécurité
34:36notre indépendance exige
34:38à l'ère atomique
34:39où nous sommes
34:41que nous ayons les moyens
34:43de dissuader nous-mêmes
34:45un éventuel agresseur
34:49sans préjudice
34:50de nos alliances
34:52mais sans que nos alliés
34:54tiennent notre destin
34:55dans leurs mains
34:58or ces moyens
34:59nous nous les donnons
35:01sans doute nous impose-t-il
35:03un méritoire renouveau
35:05mais il ne coûte pas plus cher
35:08que ceux
35:09qu'il nous faudrait fournir
35:11à l'intégration
35:14atlantique
35:15sans être sûrement
35:17protégés
35:18pour autant
35:19si nous continuions
35:21de lui appartenir
35:22comme auxiliaires
35:25subordonnés
35:27nous en venons
35:29au point
35:32où aucun
35:34état du monde
35:35ne pourrait porter
35:38la mort chez nous
35:40sans la recevoir
35:42chez lui
35:43ce qui est certainement
35:45la meilleure garantie
35:46possible
35:47Voilà Michel Onfray
35:48le général de Gaulle
35:49en 1965
35:50tout est dit
35:51tout est dit
35:52on peut même
35:53le réécouter
35:53on peut le faire
35:54en replay
35:55sur l'appli
35:56CNews Europe
35:56et quiconque dira
35:58qu'il est gaulliste
36:00aujourd'hui
36:01en nous faisant savoir
36:01qu'il faut aller
36:02disséminer
36:03nos armes nucléaires
36:04partout en Europe
36:05et qu'un conseil
36:06doit décider
36:07du bien fondé
36:08de l'utilisation
36:08il est un menteur
36:10exactement comme
36:11est menteur
36:12celui qui ajoute
36:12une croix de Lorraine
36:13sur les armes
36:14de l'Elysée
36:15je ne parle de personne
36:16de personne
36:16non non non
36:17arrêtez
36:18arrête au feu
36:19ou vous dites
36:20le général de Gaulle
36:21est quelqu'un
36:22qui m'inspire
36:22moi en tant que chef
36:23de l'Etat
36:23moi Emmanuel Macron
36:24auquel cas
36:25je suis légitime
36:26à ajouter
36:26une croix de Lorraine
36:28ou vous ajoutez
36:28une croix de Lorraine
36:29et en même temps
36:29vous faites le contraire
36:30de ce que dit
36:31le général de Gaulle
36:31là c'est quand même
36:31très clair
36:32lui c'est pas
36:33en berlificoté
36:33sujet verbe complément
36:34point sujet verbe complément
36:36une idée
36:36une pensée
36:37on va jusqu'au bout
36:38on a une théorie
36:38on a une thèse
36:39c'est comme ça
36:39que ça fonctionne
36:40Emmanuel Macron
36:41ça fonctionne pas
36:41très exactement
36:43de la même manière
36:44la doctrine elle est là
36:45elle est très précisément dite
36:47ce sont nos meilleurs amis
36:49qui souvent deviennent
36:50nos meilleurs ennemis
36:51hélas
36:52prêtez de l'argent à quelqu'un
36:53vous allez vous en faire un ennemi
36:54votre meilleur ami
36:55prêtez lui de l'argent
36:56etc
36:56donc c'est ainsi
36:57que fonctionne la nature humaine
36:58on paye toujours
36:59les bienfaits qu'on fait
37:00qu'on donne
37:00faites du bien à quelqu'un
37:02à un moment donné
37:03on vous fera payer
37:04on n'est jamais bon
37:05impunément
37:06le mal vous revient au visage
37:07quand vous avez donné
37:08du bon et du bien
37:09ça marche avec les états
37:10exactement de la même manière
37:11et on ne peut pas dire
37:12que l'Allemagne avance masquée
37:13ce n'est pas son genre
37:14et donc quand elle avance
37:16elle avance très précisément
37:17en disant
37:17nos intérêts d'abord
37:18et pas les intérêts français
37:19et la France dit
37:20vous avez tellement raison
37:21que nos intérêts
37:22sont aussi les vôtres
37:23allez Michel
37:24il est temps de faire
37:25le point philo
37:25à l'heure justement
37:26où cette guerre est partout
37:28notamment dans le golfe Persique
37:31vous nous proposez une oeuvre
37:32alors que je ne connaissais
37:33absolument pas
37:34qui a été co-écrète en 1933
37:37par Einstein et Freud
37:38pourquoi la guerre
37:39alors expliquez-nous déjà
37:40comment cette oeuvre est née
37:41et qu'est-ce qu'elle dit
37:42pourquoi la guerre
37:43alors vous êtes honnête
37:44en disant
37:45que vous ne la connaissez pas
37:46parce qu'il faut vraiment
37:47avoir lu l'oeuvre complète
37:48pour retrouver
37:49ces quelques lettres échangées
37:50qui ont fait l'objet
37:51d'une belle édition
37:53chez Lerne
37:54d'une petite éditeur
37:55et ce sont quelques lettres
37:57échangées entre ces deux individus
37:58qu'on avait sollicitées
37:59justement à l'approche de la guerre
38:00en disant alors
38:00guerre ou pas guerre
38:021933 donc on est en 1933
38:03oui oui oui
38:04avec le nazisme
38:05qui arrive au pouvoir
38:06c'est très bien à ce moment-là
38:07que dès qu'Hitler arrive au pouvoir
38:08il suffit de lire Mein Kampf
38:09il suffit de voir l'effort militaire
38:11il suffit de
38:11pas besoin de dire
38:13est-ce qu'ils veulent
38:13ou est-ce qu'ils veulent pas
38:14la guerre
38:14il la prépare
38:15il la feront donc
38:15et donc la thèse d'Einstein
38:17elle est extrêmement simple
38:18lui il est optimiste
38:20il est pour un genre
38:23de société des nations
38:25de fédération des peuples
38:26qui empêcherait la guerre
38:27et tout le monde s'aimerait
38:28bon c'est généreux
38:31mais il était meilleur
38:32physicien que psychologue
38:33et il a mieux fait
38:35avec la relativité
38:36et la fission de l'atome
38:37qu'en termes de philosophie
38:38Freud n'est pas mon pain quotidien
38:41on le sait
38:41je ne défends pas
38:43on a l'occasion de l'évoquer
38:44la psychanalyse
38:45au sens de la psychanalyse
38:46freudienne
38:47soigne
38:48j'ai rencontré récemment
38:49une jeune psychanalyste
38:50et il y a des jeunes psychanalystes
38:51qui sont revenus aussi
38:53de la théorie freudienne
38:54de l'analyse
38:56qui ne fonctionne pas
38:57lui-même Freud le dit
38:58à la fin il écrit un livre
38:59qui s'appelle
39:00Analyse avec fin
39:00Analyse sans fin
39:01où il dit
39:01moi j'ai fait ce que j'ai pu
39:03pour régler des problèmes
39:05mais un jour la pharmacie
39:06réglera le problème
39:06c'est lui-même qui le dit
39:08parenthèse fermée
39:08la réponse de Freud
39:09sur la question
39:10pourquoi la guerre
39:10il dit qu'il y a une pulsion de mort
39:12Thanatos
39:13et il y a aussi chez l'homme
39:14une pulsion de vie
39:15Eros
39:15et il y a un combat perpétuel
39:19Thanatos
39:19si vous ne contenez pas
39:20cette puissance de mort
39:21vous aurez la guerre
39:22ou vous aurez l'agressivité
39:23et comment contient-on
39:24les pulsions de mort
39:25par ce qu'il appelle un surmoi
39:26le surmoi c'est quoi
39:28c'est l'état
39:28c'est la morale
39:29c'est la religion
39:30c'est tout ce qu'on fait
39:31pour contenir l'inconscient
39:32il dit
39:33il y a un inconscient
39:34qui nous fait fonctionner
39:37avec un cerveau reptilien
39:38qui nous fait agresser
39:40voler
39:40piller
39:41désirer
39:41massacrer
39:42ou je ne sais quoi
39:43et il dit la civilisation
39:44et c'est là que je défends Freud
39:45parce qu'il y a
39:46un Freud théoricien de l'analyse
39:48je pense que ça ne marche pas
39:50lui-même le dit d'ailleurs
39:51à la fin
39:51et puis un Freud
39:52qui est penseur de la civilisation
39:54l'avenir d'une illusion
39:55malaise dans la civilisation
39:56et c'est tout petit texte
39:57ce sont des échanges de lettres
40:00et Freud dit à un moment donné
40:01si vous voulez vraiment
40:02travailler à l'empêchement de la guerre
40:04il vous faut un régime aristocratique
40:06pas démocratique
40:07autoritaire
40:08qui soit capable de contenir
40:10les pulsions des individus
40:11c'est ce qui fait qu'il a
40:13un psychanalyste italien
40:14qui vient le voir un jour
40:15et qui lui dit
40:15vous ne pourriez pas faire
40:16une petite dédicace
40:17à un certain Benito Mussolini
40:18et Freud prend le livre
40:20et le livre
40:20et pourquoi la guerre
40:21et il signe une dédicace
40:23il rédige une dédicace à Mussolini
40:25en disant
40:26bravo Mussolini
40:27en substance
40:28bravo Mussolini
40:29vous êtes l'homme
40:29qui effectivement
40:30contient la guerre
40:32c'est une erreur
40:34mais bon
40:34la guerre elle arrive après
40:35avec Hitler
40:36et les gens qui vont le suivre
40:37les puissances de l'axe
40:38et ce genre de choses
40:39donc c'est très intéressant
40:40cette pensée civilisationnelle
40:41de Freud
40:42qui nous dit
40:42que si on lâche
40:44les instincts
40:44s'il n'y a plus de surmoi
40:46s'il n'y a plus de morale
40:47s'il n'y a plus d'école
40:48si vous voulez parler
40:49pour aujourd'hui
40:49s'il n'y a plus de morale familiale
40:51s'il n'y a plus de morale religieuse
40:52et bien effectivement
40:53les instincts se lâchent
40:54donc ça c'est les pulsions de mort
40:55c'est la guerre
40:56qui survient régulièrement
40:57voilà
40:58et lui il a été choqué
41:00d'abord parce que
41:01son fils est parti à la guerre
41:02et qu'il a vu
41:04la première guerre mondiale
41:05pour le coup
41:05et qu'il a vu ce ravage
41:07qui était la première guerre mondiale
41:08et il a vu comment ça fonctionnait
41:10il dit
41:10mais il y a en l'homme
41:11une pulsion de mort
41:11alors on dit
41:12c'est comme la vertu dormitif
41:13de l'opium
41:14c'est à dire
41:14l'opium fait dormir
41:15bah oui
41:15mais c'est pas comme ça
41:16qu'on a défini l'opium
41:17mais il y a quand même
41:18quelque chose comme ça
41:19et qui est physiologique
41:20chez Freud
41:20c'est ça qui m'intéresse
41:21et qui m'intéresse
41:22et qui m'intéresse
41:22au départ il dit
41:23il y a un plasma germinal
41:24c'est quoi le plasma germinal ?
41:25c'est du corps
41:26aujourd'hui on dirait
41:27le système neuro-végétatif
41:28si vous voulez
41:28du corps et de la chair
41:29et puis il dit
41:30dessus je pose une métaphore
41:31l'inconscient
41:32il appelle ça des topiques
41:33inconscient, pré-conscient, inconscient
41:34premier topique
41:35deuxième topique
41:36moi ça sur moi
41:37donc c'est de la métaphore
41:39il le dit lui-même Freud
41:40et par la suite
41:41les gens diront
41:42de cette métaphore
41:42que c'est une existence scientifique
41:44c'est pas une existence scientifique
41:45l'existence scientifique
41:46c'est le plasma germinal
41:47et il dit
41:48dans le plasma germinal
41:49et c'est pas du tout métaphorique
41:51il y a ce truc
41:52qu'il appelle
41:52la pulsion de mort
41:53et il dit
41:54cette pulsion de mort
41:55si on ne la retient pas
41:56si on ne la contient pas
41:57si on n'en fait pas
41:57quelque chose
41:58civilisationnel
41:59de civilisationnel
42:00alors elle va générer
42:01la violence sociale
42:02ce qu'on voit
42:02gamin de 14 ans
42:03qui donne des coups de couteau
42:04à leurs copains
42:05dans un collège
42:05des garçons
42:07qui violent
42:07des petites copines
42:08des petites filles
42:09aux primaires
42:10des gens qui
42:12parce que vous avez
42:12klaxonné
42:13parce que le type
42:13n'y débarrerait pas assez vite
42:14sort de la voiture
42:15vous mettez un coup de couteau
42:16il vous égorge
42:17etc
42:17et la réflexion de Freud
42:19la réflexion civilisationnelle
42:20de Freud
42:20elle est extrêmement intéressante
42:21et cette idée
42:22que si vous avez
42:23un régime démocratique
42:24il ne fait jamais
42:25le nécessaire
42:26pour que les pulsions
42:27soient contenues
42:28de son tragique
42:29alors donc
42:30ça veut dire
42:30quelle est la solution
42:31si ce n'est pas
42:32un régime démocratique
42:34c'est pour
42:35pour lui
42:37c'est une aristocratie
42:38de type
42:39autoritaire
42:40autoritaire
42:41un peu néofasciste
42:41il fait l'éloge
42:42du chancelier
42:43austro-fasciste
42:44du chancelier
42:44hongrois
42:46mais
42:46nous préférons
42:47la démocratie
42:47non non
42:48moi je défends
42:48la démocratie
42:49mais il y a quelqu'un
42:50qui n'est pas
42:51autoritaire
42:52qui n'est pas
42:52enfin
42:52j'enlève autoritaire
42:54qui est républicain
42:55démocrate
42:56et qui ne veut pas
42:57d'un régime fasciste
42:57et qui a bien compris
42:58ces choses-là
42:59il s'appelle
42:59le général de Gaulle
43:00et voilà
43:00on y revient
43:01comme toujours
43:01merci
43:02merci beaucoup
43:03Michel Onfray
43:03pourquoi la guerre
43:06cette correspondance
43:07entre Einstein
43:08et l'édition de LERN
43:08parce qu'il y a une jolie
43:09édition de LERN
43:11voilà
43:11pas facile à trouver
43:12mais on la recommande
43:14si
43:14on trouve ça
43:15chez notre libraire
43:16évidemment
43:16merci beaucoup
43:17Michel Onfray
43:18on se retrouve la semaine prochaine
43:19sur CNews et sur Europe
43:20on se retrouve la semaine prochaine
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